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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 13:33

Source : http://masiwamane.over-blog.com/article-au-palais-de-justice-de-moroni-une-jurisprudence-revolutionaire-97292447.html

 

Notre jurisprudence vient d’inventer une nouvelle forme d’assignation, l’assignation par téléphone !

Il faut peut-être rappeler qu’une assignation, c’est l’invitation qu’une personne (le demandeur) lance à une autre (le défendeur,) à se présenter devant le juge  qui doit régler le litige  opposant ces 2 personnes.
Cette invitation est nécessairement portée par un huissier de justice. SI quelqu’un d’autre le faisait (un avocat par exemple, un greffier, un juge, ou un quidam quelconque) l’acte serait nul et n’aurait aucune valeur juridique.
Elle doit porter nécessairement  des indications précises sur l’huissier, le demandeur et le défendeur, et surtout sur l’objet du litige de manière à ce que la personne convoquée puisse savoir exactement ce qui lui est reproché et prépare r sa défense en conséquence.
Toutes ces indications sont prescrites par le code de procédure civile à peine de nullité et de dommages et intérêts  en faveur du défendeur ; Il est évident qu’elles ne peuvent être communiquées par téléphone : l’huissier doit être un huissier visible, en chair et en os, les mentions obligatoires doivent être lues et comprises par la personne invitée devant la juridiction.

C’est pourquoi le code de procédure énumère limitativement les modes de signification des assignations : une assignation  est signifiée à personne, à domicile, à résidence, à parquet ! Il n’existe pas d’assignation téléphonique dans notre code de procédure !

Pourtant, la jurisprudence comorienne vient de la créer (ordonnance  du Président du tribunal de 1ère instance   statuant en référé, en date du 22 novembre 2011 confirmée par arrêt de la Cour d’Appel de Moroni du 17 décembre 2011)
Ces deux décisions qui ne sont susceptibles désormais d’autre recours que la cassation disposent que le défendeur cité par téléphone et qui ne comparait pas est réputé avoir été cité à personne et que par conséquent la décision qui intervient contre lui est réputée contradictoire !!!!

Ce n’est pas seulement une innovation, c’est une révolution.

Nous attendons toujours la rédaction de l’arrêt pour pouvoir publier et commenter les deux décisions dont la portée historique n’échappe à personne. Nous espérons que l’argumentation de la Cour sera plus convaincante que celle du juge des référés qui  d’ailleurs n’a donné aucune explication !!!
 

Maître ELANIOU

Avocat à la cour

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 14:52

ÉDUCATION À NGAZIDJA AUX COMORES : LE GOUVERNEUR APPUIE L’INSPECTION PÉDAGOGIQUE

Réflexion sur la problématique du Rendement scolaire aux Comores

Opinion libre de Dr. Mohamed Ali Mohamed, Ph.D.
Professeur-Chercheur en éducation

 

Toronto, le 14 janvier 2012

À Dr. Ikililou Dhoinine, Président de l’Union des Comores,
Courriel : presidence@comorestelecom.km

À Monsieur Mouigni Baraka Said Soilihi, Gouverneur de l’île de Ngazidja,

À Monsieur Salami Mohamed, Commissaire à l’Éducation, à la Formation Professionnelle et Technique, à la Culture, à l’Artisanat, chargé des affaires Islamiques S/c de Monsieur Mbaé Ahamada, Inspecteur pédagogique au Commissariat à l’Éducation de Ngazidja,

Au Syndicat National des Instituteurs des Comores (SNIC),

Aux Instituteurs de Ntsudjini S/c d’Ali Hamadi Saandi,

À Monsieur Ahmed Ali Amir, Journaliste d’Al-watwan,

À Monsieur Ali Moindjié, Journaliste d’Al-balad,

Monsieur le Gouverneur, c’est aujourd’hui que j’ai eu connaissance de votre équipe. J’ai constaté que vous êtes entourés par des Commissaires compétents. Des cadres qui ont fait leurs preuves au pays. Certains vont dire que ce docteur est déconnecté de la réalité du pays. Et que je reste à l’étranger avec mon doctorat et de vous envoyer des articles et propositions. Pourquoi, ne rentre-t-il pas au pays pour travailler ? Mais sachez aussi que la matière grise des Comores peut être utile en étant à l’étranger. Ça ne fait même pas un an depuis que vous êtes au pouvoir. Donc il est très tôt pour faire un bilan. Mais je vous rappelle aussi que cinq (5) ans passent vite pour gouverner.

Le 14 janvier 2012, le hasard a fait que je vienne de tomber sur le site Internet «http://gouvernorat-ngazidja.com» du gouvernorat de l’île de Ngazidja. Je vous félicite de cette initiative. J’ai eu un grand temps de plaisir à lire et à relire toutes les parties et sections composant ce Site.
En tant qu’enseignant de carrière dans l’enseignement primaire Comorien pendant de nombreuses années et spécialiste en Administration et politique scolaires, j’ai beaucoup appris par l’entremise de ce site. Je me suis rendu compte en lisant la Feuille de route pour les Actions en cours et perspectives (2011-2016) du gouvernorat que l’Éducation de la maternelle au primaire et au secondaire relève uniquement des compétences du gouvernorat de Ngazidja. Dans la Feuille de route du Gouvernorat de Ngazidja, on trouve les points suivants :

«4.2.6 : Commissariat à l’Education
•    Réhabilitation des établissements scolaires du primaire (UE-FADC).
•    Aménagement des centres de lectures, des CIPR (10) et des inspections pédagogiques.
•    Renforcement des capacités des encadreurs, des enseignants et du personnel administratif.
•    Elaboration de manuels scolaires pour le primaire(APC).
•    Dotation de manuels scolaires aux enseignants et aux élèves (Dubai-CARE).
•    Construction et équipement des salles de classes ECR intégré dans le primaire (6).
•    Elaboration des programmes et des manuels des ECR.
•    Formation des directeurs et des enseignants.
•    Elaboration d’un règlement intérieur des établissements.
•    Centre de lecture ouvert dans le primaire, collège et lycées (UE-PASSEC).
•    Prise en charge des enfants déscolarisés et non scolarisés par des cours de soutien.
•    Implication des autorités communales comme partenaires à part entière dans le système éducatif.
•    Construction des latrines et points d’eau (Croissant rouge-UNICEF-Fawecom)» (Feuille de route, p. 21)

Si j’ai bien compris, le niveau de l’enseignement supérieur et des enseignants chercheurs œuvrant à l’université relèvent du Ministère de l’éducation nationale. Je me demande alors, pourquoi cette appellation d’un Ministère de l’éducation nationale? Pourquoi ne pas avoir tout simplement, un Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche?

Dans le même site Internet, je viens de lire que «Le Gouverneur de l’île autonome de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Soilihi a remis un véhicule 4X4 neuf et une partie de sa dotation de carburant aux services des inspections pédagogiques de l’île. Objectif : mieux contrôler le travail des enseignants tout au long de l’année scolaire. Deux autres 4X4 pourraient être disponibles dans les semaines à venir pour que le contrôle puisse se faire au niveau de toutes les régions. Selon le gouverneur, cet appui va permettre aux services chargés du contrôle pédagogique d’être présents sur le terrain pour suivre régulièrement le travail des enseignants. «On ne peut pas accepter les résultats actuels de l’enseignement public», martèle-t-on au gouvernorat indiquant que l’année dernière, le taux réel de réussite à l’entrée en 6e était de 18%, 15% au BEPC et 7% au Baccalauréat. Pour le Gouvernorat, ces véhicules ne seront pas affectés directement aux inspecteurs, mais vont être gérés par le commissariat à l’Education. Et ils seront parqués chaque jour à Mrodjou. «C’est sur ordre du commissariat que ces véhicules seront utilisés par les inspecteurs», insiste-t-on à Ngazi-Ngomé» (Mardi, 22 Novembre 2011 07:06)

Je retiens dans ce passage qu’en dépit des efforts déployés par l’État comorien par le biais du Gouvernorat de Ngazidja, et par les différents acteurs et partenaires éducatifs en vue de combattre les échecs scolaires, les taux de redoublement demeurent élevés et les taux de réussite des élèves, peu satisfaisants. Combattre l’échec scolaire reste l’un des défis que le système éducatif comorien doit relever dans ce nouveau millénaire ou du mandat du gouverneur Mouigni Baraka.

Ces données établies par le gouvernorat de Ngazidja relèvent pour l’année dernière des taux réels de réussite de 18% à l’entrée en sixième, de 15% au BEPC et de 7% au Baccalauréat. Selon ces données du gouvernorat, on nous parle de la remise d’un véhicule 4X4 neuf et une partie de sa dotation de carburant aux services des inspections pédagogiques de l’île. Deux autres 4X4 pourraient être disponibles dans les semaines à venir.

Le Commissariat à l’Éducation de Ngazidja nous a établi une liste de 13 points essentiels aux Actions en cours et perspectives (2011-2016) sur sa Feuille de route. Nous savons tous que le système éducatif est comparable à une industrie qui consomme un budget considérable, sans pour autant atteindre toujours les buts visés. Cependant, même si des 4X4 ou même si les budgets alloués sont importants, des problèmes persistent toujours dans le système et se manifestent sous forme de déperdition. Cette déperdition est considérée comme un point noir du système de l’enseignement aux Comores, fait qui rend les dépenses considérées inopérantes.

Malgré beaucoup d’efforts pour réformer l’enseignement, on dénonce l’échec des politiques éducatives élaborées après l’indépendance, l’incapacité du système à insérer le citoyen dans le monde économique et social et l’absence de promotion collective. On décrie les politiques scolaires pour leur inadaptation à la réalité économique et démographique.

À cet égard, quelles sont les politiques du Commissariat à l’éducation de Ngazidja pour expliquer l’échec du système par l’inadéquation des ses objectifs sans, dans bien des cas, examiner les causes qui peuvent venir de l’environnement social ou des caractéristiques individuelles de l’élève ou de l’école elle-même? Tout se passe comme si on considérait l’institution scolaire sans prendre en considération le contexte social où elle se trouve et les caractéristiques individuelles de sa clientèle.

Quelle est la part de responsabilité des enseignants dans l’explication de la réussite ou de l’échec scolaire au primaire aux Comores? Quel effet les enseignants des écoles primaires des Comores exercent-ils, par le biais de leurs caractéristiques sociales et professionnelles et leurs pratiques pédagogiques, sur le rendement scolaire des élèves? Qu’advient-il de l’effet de ces caractéristiques et pratiques lorsqu’on prend en compte d’autres facteurs contextuels (taille de la classe, possession de craie, qualité de tableau noir, proportion de mères et pères analphabètes et proportion d’élèves s’abstenant de prendre le petit déjeuner, etc.)? Telles sont des questions que le Commissariat à l’éducation à Ngazidja doit se poser et non la donation des véhicule des 4X4 et de carburant.

Ainsi, le Commissariat à l’éducation doit chercher à étudier de manière générale le phénomène des déperditions scolaires à Ngazidja (ou aux Comores) et s’interroge en particulier sur les relations entre l’échec scolaire et certains facteurs d’ordre individuel, social et scolaire.

Le Commissariat à l’éducation doit faire impérativement une étude de l’échec scolaire qui s’avère nécessaire dans le contexte de Ngazidja (ou Comorien) au moment où le phénomène de la déperdition se pose comme un obstacle majeur aux réformateurs qui cherchent à mettre sur pied un système scolaire capable d’absorber des effectifs de plus en plus croissants et au moment où le niveau de scolarisation détermine en grande partie l’occupation future. Dans ce contexte, le phénomène de l’abandon ou, plus généralement, de la déperdition scolaire constitue un problème non seulement pour l’individu mais aussi pour la société comorienne toute entière.

Les facteurs qui constituent à la création et au maintient des déperditions scolaires sont multiples et hétérogène de sorte que pour les expliquer, il faut faire appel aux composantes individuelles, socio-économiques, socioculturelles et scolaires. Ainsi, prendre en considération l’un ou l’autre de ces aspects nous amènerait, certes, à voir le problème sous un angle bien spécifique, mais ne permettait en aucun cas de le voir dans sa totalité.

ANALYSE DU BILAN ET PROPOSITIONS

Les États Généraux de l’Éducation aux Comores

L’école comorienne a fait l’objet de plusieurs séminaires et toujours dans la perspective de réformer le système éducatif. Ces séminaires ont été suivis par d’autres forums nationaux importants et ont abouti à l’organisation des États Généraux sur l’Éducation tenus à Moroni en 1994. C’était la préoccupation à l’égard de la qualité de l’éducation.
Dans le Rapport des États généraux, on a précisé que : «l’amélioration des processus d’apprentissage devrait également promouvoir le rendement des systèmes scolaires : les taux de redoublement devaient baisser et le niveau d’abandon scolaire devait être retardé jusqu’à l’acquisition des habilités de bases» (Rapport des États généraux, 1994, p. 28).

Ces États généraux étaient une occasion pour la première fois dans l’histoire des Comores indépendantes de permettre à toutes les couches sociales du pays de débattre des questions touchant plusieurs aspects du système scolaire comorien. Un an plus tard, la commission chargée du suivi des États généraux a produit un rapport comprenant plusieurs recommandations et identifiant plusieurs chantiers prioritaires pour améliorer le système scolaire des Comores. Les problèmes qui ont été soulevés au niveau de l’enseignement primaire et secondaire concernent essentiellement la qualité de la formation, la gestion des ressources et le processus d’évaluation.

Pourquoi parler de ces États généraux aujourd’hui? C’est pour signaler au Commissariat à l’éducation de Ngazidja et à ses décideurs politiques que les recommandations de ces États généraux sont encore valables à nos jours. Le gouvernorat de Ngazidja n’a pas besoin de refaire d’autres États généraux de l’éducation. Dans ce cas le gouvernorat va épargner beaucoup d’argent et investir dans d’autres domaines. Il suffit que le Commissariat à l’éducation se penche sur les recommandations des États généraux et faire travailler tous les inspecteurs et conseillers pédagogiques pour un suivi, bien sur avec des améliorations à faire. Plusieurs critiques sont soulevées à l’égard du faible taux de réussite aux examens nationaux du MEN.

Ces États généraux parlent de la réussite scolaire comme d’une condition nécessaire pour permettre aux Comores de s’inscrire dans le monde en évolution. C’est l’efficacité du rendement interne et externe qui est visé. Ils préconisent une réforme majeure qui vise la diplômation des élèves tout en maintenant la qualité de l’éducation. Il est question de lutte contre l’échec scolaire, de diminuer le nombre de ceux qui quittent l’école sans diplôme.

Dans la foulée des États généraux sur l’éducation, le Ministère de l’éducation propose un plan d’action sur la réussite éducative. Les conditions pour réaliser cet objectifs : «a) la motivation des jeunes; b) la valorisation du statut du personnel enseignant; c) l’implication des parents dans la vie de l’école» (Rapport des États généraux, 1994, p. 100).

Messieurs le Gouverneur de l’île de Ngazidja et le Commissaire à l’éducation, étant un enfant de Ngazidja et expert international en Administration et politique scolaire, dans les lignes qui suivent, je vous fais certaines recommandations. Vous pouvez les étudier avec les spécialistes du domaine de l’éducation dans notre pays. C’est une petite contribution et gratuite que je vous faite. Je ne vais pas vous facturer comme je le fais d’habitude. Cette contribution, c’est juste pour vous dire de faire travailler nos inspecteurs et conseillers pédagogiques. Vous devrez leur dire qu’il y a matière à réflexion pour rehausser le rendement académique de nos élèves.

UNE TABLE RONDE

Une table ronde (au lieu des États généraux) est nécessaire et s’impose car le système éducatif de Ngazidja est dans une léthargie depuis plusieurs années. Des pourparlers pour les organisateurs et les participants vont déboucher sur plusieurs recommandations pour le système éducatif de Ngazidja (et pourquoi pas des Comores) dans son ensemble. Lorsque je dis «le système éducatif dans son ensemble», il faut comprendre et voir les composantes suivantes : maternelle, primaire et secondaire (pour le Commissariat à l’éducation de Ngazidja), supérieur et unités de recherches. Je vais vous apporter dans mes modestes idées des propositions des solutions sur ces secteurs et composants.

Secteur 1 : maternelle et primaire

C’est un secteur clé car il conditionne le plus souvent le comportement de l’enfant (apprenant) tout au long de sa scolarité. Le terme maternelle ou pré-primaire n’as pas de sens aux Comores car la plus part des crèches, des maternelles ou pré-primaires sont soient quasi-inexistantes soient des structures privés. En dehors de grandes villes (Moroni, Mitsamihuli, Mutsamudu, Ouani, Domoni voir Fomboni), dans quelle autre ville des Comores est-il possible de trouver des infrastructures capables d’accueillir les enfants d’âge inférieur à 5 ans. Avant de prendre des mesures propres à la petite enfance, l’urgence est à la mise en place des structures publiques d’accueils dans toutes les localités des Comores. Lorsque les infrastructures existent, les nounous et les professeurs d’école transmettent avec efficacité l’éducation et le savoir. Dans le même temps, nos petits enfants intégrons de manière définitive les savoirs suivants : vivre en société avec des personnes d’horizons diverses, utilisations des dispositifs sanitaires, le goût du travail (lecture et écriture), le respect des ainés et de leurs camarades.

De la maternelle au primaire, la principale recommandation visera un ratio de 30 élèves par classe. Dans le primaire, il est important d’atteindre un ratio de 30 élèves par classe à court terme. A long terme, ce chiffre devra être revu à la baisse (maximum 25 élève par classe) car c’est avec ce nombre d’élève que nos enseignants seront plus efficaces. Si le travail en amont (maternelle et pré-primaire) est bien fait, les enfants ne rencontreront pas beaucoup de difficultés dans leurs études primaires.

Les autres points iront de la mise en place de programmes et d’activités pédagogiques de qualité pouvant conduire progressivement à l’apprentissage de la langue nationale. Enfin, une priorité sera accordée à la création des établissements spécialisés pour favoriser l’accès des élèves handicapés, l’amélioration des dispositions sanitaires et sociaux et une aide aux élèves en difficulté d’adaptation et d’apprentissage.

Secteur 2 : secondaire (enseignement général et professionnel)

Cette seconde étape des études d’un enfant est celle qui va faire de lui un homme ou une femme capable d’acquérir un savoir, de l’utiliser afin de choisir son orientation professionnelle. Pour que cette étape soit source de réussite pour nous et pour les Comores, dans le secondaire, je vous recommande notamment de supprimer dans un avenir proche le concours d’entrée en 6ème, de réformer le baccalauréat (le fait qu’on ne peut pas le supprimer comme dans les systèmes Anglo-saxons ou Nord Américains), d’arriver à un taux de 30 élèves par classe, d’accentuer la professionnalisation des formations initiales, d’ajuster les capacités en infrastructure et en ressources humaines, d’adopter les plateaux techniques, de créer des laboratoires en les dotant un équipement de pointe, de mettre en place un centre d’insertion, de renforcer la formation continue et l’instauration d’un cadre d’échanges permanents publics-privés. Ces mesures doivent concerner l’enseignement général, l’enseignement technique et l’enseignement professionnel. Espérons qu’elles ne resteront pas lettre morte comme c’est le cas de nombreux projets dans notre pays.

Par contre l’attention doit être apportée au secteur informatique et au secteur linguistique. En effet lorsque les lycéens ou étudiants Comoriens quittent leur pays et arrivent dans les pays occidentaux pour parfaire leur formation; leur manque de culture informatique (bureautique, langage informatique exemple C++ ou fortran) est un handicap sérieux pour leur réussite. Nos foyers n’étant pas identiques aux foyers occidentaux ou un enfant de 3 ans côtoient un ordinateur, il revient à l’état de mettre en place dans tous les établissements des ordinateurs pour que les élèves soient initiés à l’informatique. Il en va de même pour l’apprentissage des langues et une innovation dans ce secteur est primordiale. Des laboratoires de langue (salles équipés d’ordinateurs ou de télévisions) dans lesquels les élèves peuvent écouter des extraits de discours en arabe ou en anglais seront la bienvenue.

La dernière grande bataille concerne la mise au point d’une législation stricte des différents établissements scolaires qui pullulent Moroni et l’intérieur du pays. En effet il existe une multitude d’écoles primaires, secondaires et techniques qui se font de l’argent sur le dos des parents nécessiteux d’inscrire leur progéniture dans un établissement pour y étudier. La tâche pour laquelle ces établissements ont été crée c’est-à-dire la transmission du savoir, ne fait plus parti de leurs prérogatives mais passe au plan secondaire par rapport au profit financier. Le permis accordé à certaines personnes ou structures afin d’ouvrir des établissements scolaires privés aux Comores ne doit pas être attribué par complaisance. Si tel fut le cas, l’hémorragie doit être endiguée car ces structures ne font que rabaissées le niveau des élèves et étudiants Comoriens.

Secteur 3 : enseignement supérieur

Au niveau de l’enseignement supérieur les principales mesures iront de la création d’une structure de la vie étudiante dans tous les sites de l’Université des Comores, l’accélération du basculement au LMD, le développement d’une formation technologique courte dans le secteur industriel, la mise en œuvre dans l’espace universitaire d’un plan ambitieux de développement des technologies de l’information et de la communication.

Au niveau universitaire, les directives que préconiseront les organisateurs de la table ronde de l’enseignement iront dans le sens qu’il faut mettre plus d’accent sur les moyens financiers : équipés les laboratoires et les salles de cours. Donner aux étudiants les instruments capables de les rendre compétitifs. La recherche, la véritable doit être encouragée. Il faut mettre en place un organe de surveillance afin de vérifier et d’évaluer les laboratoires et les instituts de recherches.

Les enseignants chercheurs

Pour les enseignants chercheurs et les chercheurs œuvrant dans l’Université, les instituts cette université, les centres de recherches qui seront créés en plus du Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique des Comores (CNDRS) et les laboratoires, la mesure phare sera la mise en place d’un fond (financement) durable capable de soutenir et d’impulser une nouvelle dynamique à la recherche Comorienne.

Dans ces secteurs ou points, un condensé des principales mesures qui seront adoptés a été fait. Il est toujours important de souligner et de reconnaître les efforts de chaque personne ou entité en l’occurrence dans le cas qui nous concerne, le Gouvernement du Dr. Ikililou Dhoinine par l’intermédiaire de son Ministre de l’Éducation Nationale, de la Recherche, de la Culture des Arts, chargé de la Jeunesse et des Sports, Monsieur Mohamed ISSIMAILA. Ceci étant dit, convenez avec moi qu’aux Comores, il n’existe plus un système éducatif fiable depuis les années 90 (si je ne me trompe pas). Dans un tel pays, la réorganisation ou table ronde (ou états généraux) de l’éducation, peu importe le nom, ne doit pas être un four tout (idées non réalistes), ni du coq à l’âne, ni un mélange hétérogène (pré-primaire, primaire, secondaire, université et recherche). Un mélange hétérogène n’a en soi rien de destructif mais pour qu’il soit constructif; il ne peut être mené en quelques heures ni quelques jours vue les problèmes qui minent les différents secteurs de notre système éducatif.

Pour moi cette table ronde que je vous propose devrait se faire de manière homogène pour chaque secteur éducatif. Lorsqu’on construit une maison on ne s’attaque pas au soubassement, à la fondation, aux murs et à la toiture de manière simultanée. Il est nécessaire d’aller secteur par secteur en prenant soin d’éviter la précipitation si l’on veut qu’action rythme avec réussite. Par soucis de cohérence avec la critique ci-dessus, un couplage entre une critique constructive et des propositions concrètes sera fait pour chaque secteur.

Un pays pauvre comme les Comores, son salut passe par la formation de sa population. Comme l’as souvent si bien dit un de mes professeur de l’Université Laval le Dr. Miala Diambomba, Ph.D. «si l’éducation coûte chère essayer l’ignorance». En méditant sérieusement sur cette parole de mon professeur d’économie de l’éducation, nos gouvernants comprendront où est la priorité des priorités

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Mariama HALIDI HALIDI - dans EDUCATION
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 21:03
Source : Al-watwan N° 1878 du vendredi 30 décembre 2011
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Notre société, caractérisée par une trop grande proximité des gens, tend à réagir émotionnellement. Elle peut passer d'un sentiment extrême à l'autre, car elle ne prend pas le temps, ni la peine d'examiner les faits au prisme de la raison.
L'affaire Rifki, qui occupe actuellement le devant de la scène médiatique et judiciaire, vient faire oublier les affaires toutes récentes de corruption, de détournement de deniers publics dans certaines sociétés d'Etat et services publics. Elle va jeter aux oubliettes des affaires de mœurs autrement plus graves, telles et que les viols de fillettes et garçonnets de moins de dix ans, les affaires d'inceste avec sa propre fille, et la célèbre affaire désormais connue sous le nom de “bonbon au miel de fundi“.
Ces affaires-là ont, à mon sens, fait plus de dégâts à notre économie, aux fondements de notre morale et de notre religion, que le fait de vouloir plaider, argent à l'appui pour l'ouverture de débit de boissons alcoolisées. Ustadh Rifki n'a pas pris l'argent de l'Etat, privant les enfants de soins à l'hôpital ou les fonctionnaires de leur paye!
Il est vrai que la stature sociale et religieuse de Ustadh Rifki a de quoi alarmer, dégoûter même, l'opinion publique.
Haro sur le baudet

Néanmoins, il ne faut pas oublier que beaucoup de véritables corrompus et corrupteurs, enrichis à cause de leurs hautes fonctions présidentielles, ministérielles ou directoriales dans des sociétés d'Etat ou des services publics à sous, roulent impunément dans le luxe et narguent les pauvres gens à qui ils ont pris leur argent et cela ne semble choquer personne. Comme je le dit souvent, ils sont devenus des “wedzi watukufu wa dawla“ !
Au lieu de crier Haro sur le baudet, il faut que nos Uléma promptes à s'indigner, nos cadres aux discours incendiaires quand il s'agit de la paille qui est dans l'œil d'autrui, devrait s'entendre pour condamner certaines pratiques sociales qui sont, comment dirais-je, “corruptogènes“, qui portent en elles les germes de la corruption. 
Nos respectables notables, avec leur système de Mawu, taxe pour manquement aux règles du Mila nantsi qu'ils peuvent pour le besoin étendre à la gouvernance et obliger le gouvernement à payer une forte somme d'argent en réparation d'une broutille qui ailleurs aurait été sans conséquences, poussent à la corruption.
En effet, comment un fonctionnaire normalement constitué, peut-il rester honnête et intègre, lorsque après plusieurs mois d'arriérés de salaires, une certaine pression multiformes de la société notabiliaire vous oblige à être riche brusquement pour exécuter un Grand mariage onéreux en quelques jours?

Pratiques ostentatoires

Pire encore, à Ngazidja surtout qui est le nid de la corruption, cette même société notabiliaire vous oblige toujours par des pressions sournoises et des remarques désobligeantes à enterrer, en grande pompe et à coup de millions, un proche parent qui ne vous a pas téléphoné pour annoncer la date de sa mort! Comment des gens, qui n'ont aucune fonction déclarée à part être notables, peuvent-ils rouler dans des voitures luxueuses, vendre des marchandises à des sociétés d'Etat et privées sans que cela n'inquiète ni le fisc ni la fameuse commission anti-corruption!
Les Comores sont passées très rapidement du troc à l'argent comme monnaie d'échange. De part les pratiques ostentatoires de la société, surtout à Ngazidja qui donne le la aux autres îles, l'argent est vite devenu, non plus un moyen de se procurer des bien nécessaires, mais une fin en soi, une façon de “respectabilité“.
Pour pouvoir garder un soi-disant rang dans la société, il faut avoir beaucoup d'argent, c'est ce que certains ont compris qui n'ont plus de scrupules et qui ont gravi sans honte ni remords, les échelons de la hiérarchie notabiliaire grâce à l'argent détourné dans des institutions étatiques. Ce sont ces “wedzi watukufu wadawla“ qui peuvent inciter les ustadh Rifki et autres à tenter leur chance, eux aussi, pour “être dja wadru“ dans les bangwe de leurs villages et dans le pays aux cérémonies officielles avec le Djoho doré devenu un uniforme national ou le Mharuma sur l'épaule qui donne tous les droits et les passe-droits.
Comment les Uléma, qui sont tous devenus à Ngazidja du moins, des prêcheurs radiophoniques sur les ondes de l'Ortc et d'autres radios et télévisions locales; il faut signaler sans chauvinisme aucun qu'il n'y a pas d'Ustadh de Ndzuwani ou Mwali qui tiennent un Darsa à l'Ortc ou une autre radio locale de Ngazidja.

Uléma et notables

En effet, la plupart de ces Usdath, je ne dis pas tous, préparent par leurs prestations télévisées et leurs multiples conférences itinérantes, la réussite de leur Mashuhuli en se faisant connaitre par tous et partout ou encore mieux, leur candidature à des postes politiques ou à d'autres postes de responsabilité, tels des ambassades dans les pays arabes etc...
En tout cas, ils visent tous à faire leur Anda s'ils ne l'ont déjà fait ou celui de leurs enfants ou de leurs neveux et nièces. Telle est faite la société à Ngazidja. Nos Uléma et nos notables sont donc autant que nos cadres exposés à la corruption car ils visent à vivre au-dessus de leurs moyens ou pour être juste on les pousse à vivre au-dessus de leurs moyens!
Il ne faut donc pas que l'arbre de l'affaire de Ustadh Rifki vienne cacher la forêt très dense de corruption, de détournements de deniers publics, de dégradation accélérée des mœurs, j'en passe et des meilleurs. Il ne faut pas que nos Uléma montent toute une camarilla contre Ustadh Rifki parce qu'il voulait intervenir pour que l'alcool soit vendu de nouveau et accepter en même temps que l'argent de ce même alcool soit budgétisé et serve à payer les fonctionnaires musulmans, c'est de l'hypocrisie!
On ne peut pas jeter la pierre à Ustadh Rifki parce qu'il voulait intervenir pour que l'alcool soit libéré et garder le silence sur le Mluka nationale, “Maysir“ pour nos arabisants gardiens uniques de la morale, dont la publicité s'étale sur des kilomètres carrés de panneaux publicitaire et dans une certaine presse écrite et audio.
Je ne suis pas un Uléma pour un sous, mais dans mes souvenirs du Shioni, il me semble que le Aya qui condamne le vin, condamne en même temps le jeu de hasard “Mysir“, la viande de porc, “Lahmi l'hinzir“, et la consommation de sang “Dam“. Alors pourquoi s'acharner seulement sur l'alcool!
Par ailleurs, j'invite nos dirigeants, nos décideurs et nos leaders d'opinion, à prendre conscience que l'équation comorien = musulman, n'est plus vraie. Depuis un certain temps, des jeunes comoriens, d'ici et d'ailleurs, ont opté pour maintes raisons pour d'autres religions, chrétiennes notamment.

Jeter la pierre

Par peur de la vindicte populaire et peur de la répression, l'Islam étant une religion d'Etat aux Comores, ces Comoriens non musulmans, pratiquent en cachette leur religion. C'est entre autre le résultat du débat débridé entre Wahabisme, Shiisme, Sunnisme et le maque d'autorité du Mufti dans l'arbitrage de ces débats religieux et de société. Pour finir, je dirai, comme Al Massih, Nabi Insa Bnou Mariam, Jésus, lorsque la foule voulait lapider Marie Madeleine, une femme aux mœurs légères: “que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre“. Moi je dis: que celui qui n'a jamais été corrompu ou qui n'a jamais corrompu quelqu'un jette la première pierre sur Ustadh Rifki.
Messieurs les notables, messieurs les Uléma-notables, messieurs les cadres gouvernants, pour lutter véritablement contre la corruption et de façon pérenne condamnez en les causes inhérentes à nos pratiques sociales, faites en sorte que chacun puisse vivre décemment de son travail et ne vive plus au crochet d'un Directeur de société d'Etat, d'un homme politique ou d'un riche notable. Surtout qu'on ne lie plus “l'honneur“ et “la respectabilité“ des individus à des cérémonies ruineuses et ostentatoires, vous aurez ainsi fait un grand pas dans la lutte contre la corruption et de façon globale.

 

Aboubacar Ben Saïd Salim
Ecrivain
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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 18:59
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A vous tous, les fidèles visiteurs du blog,
A l'occasion du nouvel an, 2012, nous vous (toi, ta famille et tous ceux qui vous sont chers) présentons nos meilleurs vœux (bonne santé, bonheur,prospérité, réussite,amour...).
Que 2012 soit une année favorable à la concrétisation de nos différents projets !


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Wangnu wantru wa mahaba wangu,
Nisimubushiriyani mwaha mwemwa wa baraka, na unono, na mahaba, na bahati.
Mungu a djaanliye 2012 wuke mwaha mzuri hari mwazi ntrongo piya. Amine.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANNONCES
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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 22:07
Cesaria-Evora-MAXPPP_scalewidth_630.jpg
Une pensée profonde pour une de mes idoles qui est partie aujourd'hui (samedi 17 décembre 2011) à l'âge de 70 ans.
Une grande dame nous a quittés. La Grande CESARIA EVORA n'est plus. mais sa voix fascinante sera toujours là pour nous consoler.
"Petit pays je t'aime beaucoup ; petit, petit je l'aime beaucoup". A chaque fois que j'écoute "Petit pays", cette belle chanson dédiée à son pay le"Cap Vert, ces dix petits morceaux de terre lunaire en cercle sur le bleu foncé de la mer, à 500 km au large des côtes du Sénégal" je scrute ma Lune.
Merci beaucoup pour ce bonheur que tu me procures depuis les années 90. Je t'ai en fait découverte en 1994 grâce à ton album "Sodade". Depuis, je ne t'ai plus lachée. Tes plus belles mornas m'ont toujours bercé.
Repose en paix Césarisa Evora. Je prie et prierai pour toi Grande Dame !
Ci-dessou une vidéo de ma chanson préférée "Petit Pays"
Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)
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Mariama HALIDI HALIDI - dans HOMMAGES
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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 23:27

Vous trouverez la lettre en date du 8 décembre 2011 que le Président de la FCC (Fédération Comorienne des Consommateurs) a adressée au Vice Président de l'Union des Comores, chargé du Ministère de la production, de l'Environnement, de l'Energie, de l'Industrie et de l'Energie concernant les normes de l'installation éléctriques et des équipements du futur hôpital de Hombo à Ndzuwani en cliquant ICI (fichier en PDF).

 

Dans cette lettre, le Président de la FCC attire à juste titre  l'attention du gouvernement comorien sur la nécéssité d'équiper l'établissement hospitalier aux normes françaises et d'Europe continentale, communément adoptées dans l'archipel. 

 

Nous espérons vivement que le destinataire de la lettre  et le gouverneur de l'île de Ndzuwani feront tout pour éviter une bizarrerie éléctrique qui n'a pas lieu d'être.

 

En tout cas, en lisant une telle lettre, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander si les techniciens et conseillers techniques comoriens ont été associés à ce projet. Qui informe et contrôle le bureau d'Etude pakistanais ?

 

Que nos gouvernants sachent qu'il ne suffit pas de réaliser des projets. Il faut surtout bien les réaliser.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 22:06
Les familles Mahadali et Daou de Ouani - Ndzuwani (COMORES) ont l'immense tristesse de vous annoncer le décès de Raslane Abdou Zoubert survenu ce soir (mercredi 14 décembre 2011) au Burkina Faso où il résidait depuis plusieurs années.
certains d'entre nous se souviennent certainement que Raslane était un des meilleurs solistes de l'orchestre joujou des Comores.
Paix à son âme.
Je profite pour présenter mes sincères condoléances à ma famille maternelle et plus particulièrement à :
-l'épouse et aux enfants du défunt
-ma grande tante, maha Amina
-Mes oncles (Naki, Charaf, Nourdine, Abdallah El Had, Anli, Anthoumane, Soumet et Said Abdou Zoubert
-Mes tantes (Maha Nourdine Soidridine, Natharati et Rahati)
Qu'ils sachent que je pense fortement à eux 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANNONCES
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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 00:11

C'est avec tristesse que nous avons appris le decès de notre ami Abdouroihamane Said Omar surnommé Poupée survenu cette nuit à Paris. Nous présentons nos sincères condoléances à toute sa famille et plus particuliérement à son épouse, la styliste et militante féministe, Latufa.

 

Ayant connu et cotoyé Abdouroihamane en 1997 au sein de l'association Fraternité Anjouannaise (devenue par la suite Fraternité Comorienne) aux côtés de Mohamed Ahmed Chamanga, Salim Combo, Abdallah Mirghane, Abana, Mahmoud Ibrahime et les autres, nous gardons le souvenir d'un vrai combattant et militant sincère pour l'intégrité territoriale de notre pays natal. Ce comorien de  Mutsamudu, a, en effet, fait partie de ces  rares  Anjouanais qui avaient réfusé en 1997, dès le début, de suivre la folie séparatiste. Il affichait avec fierté ses positions unionistes en France. Un Homme très courtois, discret mais fidèle à ses nobles convictions qui était toujours présent aux différentes manifestations et réunions de la diaspora comorienne en région parisienne pour défendre l'unité des Comores et l'amour entre les comoriens.

 

Répose toi en paix cher ami de combat. Nous ne t'oublierons jamais. Ton decès est un grand choc et une Grosse perte pour nous.

 

Comoriennement,

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans HOMMAGES
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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 12:48

 

 

Quand les comoriens expriment leur fierté partout où ils se trouvent. J'AIME et JE ME REGALE. Miam miam.

 

REGARDEZ ET ECOUTEZ L'HYMNE NATIONAL DES COMORES : UDZIMA

 

 

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans VIDEOS
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 23:57

Une pensée pour le Président Ahmed Abdallah Abdérémane, père de l'indépendance des Comores assassiné dans la nuit du 26 au 27 novembre 1989 dans son palais de Beit Salam à Ngazidja, une des îles Comores. Ci-dessous sa biographie :


Hommage au père de l’indépendance des Comores

 

 

Ahmed Abdallah Abdérémane est né le 12 juin 1918 à Domoni d’une famille de riches propriétaires terriens. Après des études primaires passées à Sima, au Nord de l’île, et trois années d’enseignement secondaire passées à l’école régionale de Majunga à Madagascar, il rejoignit son île natale en 1940 et s’associa à l’entreprise commerciale familiale.

 

Dynamique, pugnace et volontaire, il s'intéressa de suite au sort de ses concitoyens, au niveau de son village où il devint écrivain public, puis au niveau de sa région et connut des démêlés avec l’administration coloniale de l’époque à propos des questions agraires concernant l’île d’Anjouan. Sa carrière politique commença en 1945 lorsqu’il s’engagea avec enthousiasme aux côtés du Docteur Said Mohamed Cheikh alors candidat aux élections à l’Assemblée constituante française. Il devint par la suite son disciple et ami, le plus fidèle de tous, tout au long de la longue et éprouvante marche qui allait conduire les Comores, du statut de colonie française érigée en simple province de Madagascar au statut de territoire autonome d’outre­mer.

 

En 1946, Ahmed Abdallah est élu conseiller général puis vice-président en 1947 et Président du Conseil Général en 1950. De 1947 à 1951, il est désigné membre de la commission agraire de l’île d’Anjouan. A ce titre, il rencontre le Président de la République française, Vincent Auriol en 1951, compte tenu de l’acuité du problème, dans cette île déjà surpeuplée. En octobre 1953, il devint représentant des Comores à l’Assemblée de l’Union française où il y resta cinq ans. En effet, de 1945 à 1957, l’organisation du territoire fut réglementée par deux décrets respectivement du 24 septembre et du 25 octobre 1946. Le premier érigeait les Comores en territoire d’outre-mer et conférait à l’administration supérieure, assistée d’un conseil privé, des pouvoirs plus étendus que par le passé. Le second apportait une certaine innovation en créant une assemblée territoriale élue, dénommée à l’époque Conseil Général mais dotée de compétences plus étendues. Durant toute cette période, les deux hommes, Ahmed Abdallah et Said Mohamed Cheikh, le premier en qualité de Conseiller général, le second, comme député au Palais Bourbon, vont façonner le paysage politique des Comores.

« Je ne saurai énumérer toutes les actions qu’ils ont accomplies ensembles et les résultats qu’ils ont obtenus dont la récupération de la quasi - totalité des terres spoliées par les cruels occupants qui étaient deux grandes sociétés coloniales », a commenté à leur sujet, le Président

Said Mohamed Djohar.

La loi cadre du 23 juin 1956 et le décret du 22 juillet 1957, accentuèrent la décentralisation administrative, d’une part en créant un conseil de gouvernement chargé d'exécuter les décisions de l’Assemblée territoriale qui pouvait désormais délibérer sur tous les sujets se rapportant aux intérêts locaux.

 

Lors du référendum du 28 septembre 1958, les Comoriens approuvèrent massivement le projet de constitution de la 5ème république, présenté par le Général de Gaulle et le 11 décembre de la même année, l’Assemblée territoriale, exerçant le choix ouvert par l’article 76 de la nouvelle constitution, opta pour le maintien de l’archipel dans l’ensemble français.

En avril 1959, Ahmed Abdallah est élu à son tour sénateur des Comores au Palais de Luxembourg, poste qu’il occupa jusqu’en 1972, date à laquelle il devint président du conseil de gouvernement.

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En décembre 1961, sur intervention des parlementaires comoriens, les députés Said Mohamed Cheikh et Said Ibrahim et le Sénateur Ahmed Abdallah, une autonomie de gestion est accordée à l’archipel et en janvier 1968, un statut d’autonomie interne, dernière étape avant l’indépendance, fut également octroyé par le Parlement français.

 

En fait, lorsque les Comores demandèrent en 1958, à rester dans la république française, elles pensaient que relevant de Paris depuis 1946 mais tout de même oubliées, elles allaient pouvoir bénéficier par rapport aux autres territoires français d'outre-mer qui avaient opté pour l’indépendance, d’un grand intérêt de la part du gouvernement de la république. Elles espéraient des mesures économiques et sociales qui leur permettraient de se hisser au niveau de leurs voisins immédiats. Mais rien ne fut fait. C’est pourquoi, dès 1960, le problème de l’évolution de l’archipel vers l’indépendance commença à se poser avec acuité.

De 1970 à 1972, la situation politique du territoire devint préoccupante. Le 10 septembre 1972, les deux principaux partis politiques de l’archipel, l’Union Démocratique Comorienne (UDC), animé par Mohamed Taki Abdoulkarim et le Rassemblement Démocratique du Peuple Comorien (RDPC) de Mouzaoir Abdallah, réunis en congrès, sous l’impulsion de Ahmed Abdallah, votèrent une résolution demandant l’indépendance dans l’amitié et la coopération avec la France. Le 23 décembre 1972, la Chambre des députés vota une résolution chargeant Ahmed Abdallah, élu Président du conseil de gouvernement, de négocier l’indépendance dans l’amitié et la coopération avec la France.

Avant d’accepter cette nouvelle responsabilité, Ahmed Abdallah se rendit d’abord en France pour rencontrer le président Georges Pompidou afin de sonder ses intentions quant à l’octroi de l’indépendance aux îles Comores. Le Chef de l'état lui aurait alors autorisé de dire au peuple comorien que la république française acceptait d’entamer des pourparlers pour l’accession des Comores à l’indépendance. Le 15 juin, une déclaration commune, affirmant la vocation de l’archipel à l’indépendance, était signée entre le ministre des territoires d’outre­mer et le président des Comores.

Au cours du premier semestre 1974, divers événements surgirent à nouveau dont le décès du Président Georges Pompidou, le 2 avril. Les élections présidentielles qui suivirent, donnèrent lieu à une empoignade intense entre les partis politiques métropolitains, avec des répercussions sur la politique locale. Avant le scrutin du premier tour, le Président Ahmed Abdallah demanda aux principaux candidats en présence, François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing, de lui confirmer leurs positions au sujet de la déclaration du 15 juin. Leurs réponses furent sans équivoque quant à leur détermination à mettre en application le s engagements de la France vis –à-vis des Comores.

Au mois de juin, une forte délégation, composée du président du conseil de gouvernement, des parlementaires, de plusieurs ministres et députés territoriaux, demanda au tout nouveau secrétaire d’Etat aux Dom-tom, Olivier Stirn, de déposer un projet de loi organisant une consultation de la population des Comores, conformément aux accords.

 

Ce projet de loi souleva la protestation du Mouvement Populaire Mahorais qui souhaitait maintenir l’île de Mayotte dans la mouvance française.

 

Malgré tout, et en application de son engagement, le gouvernement français fit voter le 18 octobre 1974, une loi prescrivant une consultation des populations comoriennes. Cette consultation eut lieu le 22 décembre 1974 en présence d’observateurs étrangers et de parlementaires français. Sur 163 037 suffrages exprimés, 154 184 voix se prononcèrent en faveur de l’indépendance et seulement 8 853 voix, pour le maintien dans l’ensemble français, soit 94,56%.

 

 

Cette situation déplaisant un certain nombre de personnalités politiques françaises, nostalgiques de la colonisation, une campagne auprès de l’opinion publique française et comorienne, tendant à dénigrer systématiquement les responsables comoriens et en premier lieu, le Président Abdallah, fut orchestrée à Paris, en vue de faire accréditer l’idée de la vocation de Mayotte à demeurer française.

 

Devant cette situation, le gouvernement français demanda dans un premier temps au Président Abdallah de ne pas réagir et de lui laisser le soin de convaincre le parlement. Mais, sous la pression qui s’accentuait et les pressions internes qui s’exerçaient au sein de la droite majoritaire, il laissa voter la loi du 3 juillet 1975 qui reconnaissait l’indépendance des Comores, sous la condition que le parlement français eut au préalable approuvé la constitution du nouvel état, île par île.

 

Devant l’intransigeance du parlement français, le président Ahmed Abdallah, qui s'est senti à la fois trahi, trompé et blessé dans son orgueil mais qui est resté soutenu par son peuple unanime, décida de réagir immédiatement avec vigueur et détermination. Rentrant précipitamment à Moroni, il fit voter le 6 juillet 1975 l’indépendance de l’archipel par l'Assemblée territoriale par 33 voix sur 40.

 

De leur côté, les cinq députés de Mayotte ayant voté contre la déclaration d’indépendance, adressèrent dès le jour même aux plus hautes autorités de l’Etat français, un télégramme dans lequel ils réaffirmèrent leur appartenance à la république française.

 

C’est cette position dictée par les Mahorais qui sera finalement retenue par le gouvernement français à l’issue du conseil des ministres, tenu trois jours plus tard

 

Le 7 juillet 1975, l’Assemblée territoriale, devenue Assemblée constituante désigne à l’unanimité, Ahmed Abdallah comme Premier chef de l’Etat comorien. Un mois plus tard, le dimanche 3 août 1975, alors que celui-ci se trouvait sur son île natale, Ali Soilihi, chef du parti « Mranda », à la tête d’une poignée de militants armés de fusils et de manchettes, s’empara du pouvoir, en plein milieu de la journée. Le président Abdallah qui, dans un premier temps chercha à organiser une résistance des Anjouanais contre les putschistes, est capturé le 23 septembre par les « mapidouzi » avec l’aide de Bob Denard. Ramené à Moroni, il est immédiatement placé en résidence surveillée, à son domicile de « Djoumdjou », situé sur les hauts de Moroni. Il sera autorisé quelques temps plus tard à s’exiler en France où il n’y restera que deux ans.

 

 Fait à Paris, le 26 novembre 2000

Extrait un destin lié à l'histoire

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Mariama HALIDI HALIDI - dans HOMMAGES
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