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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 18:21

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

Comores /

Gouvernement Azali I :

Mini portrait des membres du gouvernement

Moroni, mercredi 01 juin 2016 (HZK-Presse)Le nouveau président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, a rendu public, hier son premier gouvernement. La Gazette des Comores vous propose un mini-portrait des nouveaux ministres et secrétaires d’État de l’Union des Comores.

Djaffar Ahmed Said Hassani : vice-président chargé du ministère de l’Économie, du Plan, de l'Industrie, de l'Artisanat, du Tourisme, des Investissements, du Secteur privé et des Affaires Foncières. Avant de se présenter aux élections présidentielles, Djaffar était le directeur des affaires judiciaires au ministère de la justice. Il a été nommé plusieurs fois procureur général. Il est aussi initiateur et président d’honneur du parti blanc.

Moustadroine Abdou : vice-président chargé du Ministère de l'Agriculture, de la Pêche, de l'Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme. Ancien délégué à la coopération sous l’ancien régime du colonel Azali, Moustadroine est un militant de premier plan de la CRC. Enseignant de français de profession, il était nommé coordinateur de l’Union à Anjouan, toujours sous Azali avant d’occuper le poste de secrétaire général de la CRC à Anjouan.

Abdallah Saïd Sarouma (Chabhane) : vice-président chargé du Ministère des Transports, des Postes et Télécommunications, des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), Chabhane a été élu plusieurs fois député dans sa région à Mohéli.

Fahmi Said Ibrahim : ministre d'Etat Garde des sceaux, Ministre de la Justice, des Affaires Islamiques, des Administrations publiques et des Droits Humains. Avocat de métier, Fahmi Said Ibrahim est fondateur et leader du PEC avant de rejoindre le parti Juwa aux dernières élections présidentielles dont il sera le candidat. Il a été élu plusieurs fois député de sa région d’Itsandra et a occupé le poste de ministre des relations extérieures à l’époque du président Sambi.

Mohamed Daoudou (Kiki) : ministre de l'Intérieur, de l'Information, de la Décentralisation, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement. Il est l’actuel maire de la capitale. Candidat à la députation pour le parti Orange et en même temps candidat à l’élection présidentielle de cette année 2016, Mohamed Daoudou était, à l’époque Sambi, directeur général de la douane.

Mohamed Bacar Dossar : ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, chargé des Comoriens de l’étranger. Membre influent du parti Juwa, il a été élu récemment député de la région de Mutsamudu à Anjouan. Dossar a été nommé ministre en charge de la défense puis des finances sous le régime Sambi.

Abdou Mhoumadi : ministre de l'Éducation Nationale, de l’Enseignement, de la Recherche et des Arts. Natif de Mitsamiouli, Abdou Mhoumadi est un ancien ministre de l’éducation nationale et ancien dirigeant du FD (Front Démocratique). Il représente dans ce gouvernement, le candidat malheureux à l’élection présidentielle Ali Nassor.


Said Ali Said Chayhane : ministre des Finances et du Budget. Il était le directeur de campagne du président Azali Assoumani lors des dernières élections présidentielles. Ancien secrétaire régional de la CRC, Chayhane est aussi un ancien directeur général des Douanes.

Salime Mohamed Abderemane : ministre de la Jeunesse, de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle, de la Culture et des Sports. Natif de Domoni (Anjouan), Salime M. Abderemane est avant tout un entrepreneur de la place et membre important du parti CRC à Anjouan.

Moussa Mahoma : ministre de la Santé, de la Solidarité, de la Protection sociale et de la Promotion du Genre. Né à Mohéli, il est partisan de la CRC.

Sitti Attoumane : secrétaire d'Etat chargé du Tourisme et de l’Artisanat auprès du Vice-président Chargé du Ministère de l’Économie, du Plan, l'Industrie, de l‘Artisanat, du Tourisme, des Investissements, du Secteur privé et des Affaires Foncières. Native de Nioumakélé (Anjouan), Sitti Attoumane, la seule femme du gouvernement, est la coordinatrice adjointe du parti Juwa à Anjouan et en même temps présidente du mouvement des femmes à Anjouan. Déléguée aux droits de l’Homme, elle était commissaire à la production avant d’être nommée directrice au plan à Anjouan. Sitty Attoumane a fait un passage au commissariat des transports comme secrétaire générale avant d’être nommée conseillère politique de l’ancien gouverneur de l’île d’Anjouan, Anissi Chamssidine. Récemment, elle occupait le poste de conseillère spéciale au Conseil de l’île d’Anjouan.

Wahadi Madi : secrétaire d'État chargé des Transports auprès Vice-président chargé du Ministère des Transports, des Postes et Télécommunications, des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC).

Mmadi Kapachia : secrétaire d'État chargé de l'Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme auprès du Vice-Président chargé du Ministère de l'Agriculture, de la pêche, de l'Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme. Coordinateur de la CRC à Mbadjini, il était auparavant fonctionnaire du ministère de l’éducation nationale. Mmadi Kapachia est un partisan de premier plan de la CRC.

Hamidou Karihila : secrétaire d’État Chargé de la Coopération avec le Monde Arabe auprès du Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Chargé des Comoriens de l’étranger. Ancien ambassadeur des Comores en Arabie Saoudite et docteur en Lettres arabes, Karihila était le secrétaire général de la CRC. Il était candidat au poste de gouverneur de Ngazidja.

Rassemblées par Mohamed Youssouf

010616/my/hzkpresse/15h00

21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 11:45

Mes yeux et mes oreilles sont en ce moment à Mayotte.

En France, on n'a pas le droit de faire expulser qui que ce soit d'un logement, terrain... sans décision de justice C'est une question d'application stricte et de respect du droit dans un pays qui se proclame État de droit.

Le droit concernant les expulsions locatives ou des occupants sans droit ni titre est le même pour tous. Rien ne permet de l'appliquer différemment à Mayotte.

Ne cautionnons,donc, pas les actes barbares et arbitraires à Mayotte. Cela n'a rien à voir avec le contentieux international qui oppose l'Etat comorien à l'Etat français sur cette île ou le problème des kwasa kwasa.

En France, détruire, dégrader ou détériorer volontairement (voire même involontairement) le bien appartenant à autrui en employant des moyens dangereux (incendie...) est sévèrement sanctionné par la loi pénale. Pourtant c'est ce qui se passe actuellement à Mayotte. On voit même sur des vidéos diffusées sur internet certaines personnes notamment des mères de famille le faire avec allégresse et en dansant ! ....

Refusons la barbarie et l'arbitraire à Mayotte. C'est une question de respect et de l'application stricte du droit. Cela n'a rien à voir avec le contentieux international qui oppose l'Etat comorien à l'Etat français sur cette île ou le problème des kwasa kwasa.

Halidi Allaoui

18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 09:20

Source : Page Facebook de Ahmed Ali Amir / (le 18/05/2016)

Mayotte. Violences contre les Comoriens des autres îles (AHMED ALI AMIR - AL-WATWAN)

PENDANT QU’A MAYOTTE, DES FAMILLES COMORIENNES SONT SOUS LA PLUIE, LES ENFANTS DORMENT A MÊME LE SOL, A CIEL OUVERT, VIVANT SOUS LA MENACE D’AGRESSIONS, MORONI SE CONTENTE DE DÉCLARATIONS VASEUSES ET SE PERD DANS DES COMMUNIQUES SANS RELIEF.

Plus de 500 personnes, originaires des trois autres îles des Comores, se retrouvent dans les rues de Mayotte, chassés de leur terre, ballotés d’une commune à l’autre, leurs maisons saccagées et brulées. Ces expulsions sont devenues une pratique tolérée, sinon encouragée par l’impunité qui les entoure.

Depuis le début de l’année 2016, les actions de violence contre les Comoriens de l’archipel ne cessent de se multiplier et de prendre des proportions inquiétantes. Elles sont aujourd’hui revendiquées et conduites par des associations constituées, des collectifs villageois connus et menées massivement en toute impunité.

Pendant que des familles sont sous la pluie, les enfants dorment à même le sol, à ciel ouvert, vivant sous la menace d’agressions, Moroni se contente de déclarations vaseuses et se perd dans des communiqués sans relief. Aucune condamnation, même timide, n’a été jusqu’ici enregistrée de la part des autorités comoriennes. Les demandes d’enquête sont formulées avec les précautions diplomatiques d’usage auprès de ceux qui sont directement responsables de ces exactions.

«Si la menace et les expulsions de familles comoriennes par des villageois mahorais n’est malheureusement pas un fait nouveau, c’est le caractère visible, revendiqué et assumé par une partie de la population, n’entraînant quasiment aucune réaction des autorités publiques, qui singularise ce type d’événements » lit-on dans un communiqué de la Cimade.

Il y a trois mois à Tsimkoura, des expulsions ont été opérées. Un mois après celles de Poroani, les habitants laissés à l’abandon sont toujours dans une situation des plus précaires. Sans emplois déclarés, ils vivent dans des conditions plus dures, parce que vivant dans leur grande majorité sans logements décents.

A Poroani, les autorités publiques ont été informées de l’expulsion imminente de Comoriens. Aucune consigne de protection n’a été donnée, les autorités ont ordonné seulement de tripler le nombre de gendarmes présents sur place.

Aucune initiative n’est prise pour protéger les victimes ou stopper ces expulsions illégales. La préfecture de Mayotte ne s’est engagée à rien. Elle laisse, par son silence et son inaction, perdurer une situation d’impunité totale, se plaçant en rupture totale avec ses missions de préservation de l’ordre public. Et pourtant, des plaintes contre X ont été déposées par des habitants, sans qu’il y ait un retour de la justice.

Mais les dérapages se multiplient, encouragés par des déclarations publiques sur place, incitant à la haine : un premier adjoint du chef-lieu de l’île de Mayotte considère ces actes barbares comme des actes de « guerre de libération » ; un directeur de publication d’un hebdomadaire local, qui nous rappelle la radio Mille collines au Rwanda, demande à l’armée de nettoyer les bidonvilles des clandestins… La Cimade ne cesse de lancer des cris d’alarme, sans grand résultat.

Et pourtant, la plupart ce sont des enfants nés à Mayotte, certains sont de nationalité française et fréquentent l’école. Les expulsés sont détenteurs de papiers réguliers, de cartes de séjour temporaires d’un an ou de cartes de résident de dix ans. Mayotte se transforme chaque jour en zone de non droit, sous le silence de la France.

Le 10 janvier, une vague d’expulsions, le 17 janvier, une deuxième vague d’expulsions, suivi de représailles le 21 février. Le dimanche 20 mars, commencent les expulsions à Poroani et le dimanche 27 mars, une autre vague d’expulsions a lieu. Depuis, la violence s’est installée dans l’île. Aucun Comorien n’est en sécurité à Mayotte. Cette situation de danger permanent de nos concitoyens doit inciter les autorités comoriennes à agir. A agir vite.

Ahmed Ali Amir

9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 17:34
Le clin d'oeil de Me HALIDI à Salwa Mag et la femme comorienne

Source : Salwa Mag 09/03/2016

Me Halidi Allaoui, Avocat

"La femme comorienne doit continuer à s'imposer..."

La journée internationale de la femme se prolonge sur Salwa Mag avec sa semaine spéciale qui consiste à donner la parole aux hommes pour parler de la femme. Aujourd'hui, le tour revient à Halidi Allaoui de nous exposer sa vision de la femme comorienne. Cet avocat dans la région parisienne, nous livre quelques pistes que la femme comorienne doit emprunter pour triompher. Marié et père de famille, Halidi n'a pas manqué de saluer le travail abattu par Salwa Mag. Micro.

"La femme comorienne doit continuer à s'imposer dans tous les domaines surtout dans le domaine politique. Elle ne doit pas faire preuve de passivité ou se sous-estimer. Elle ne doit pas avoir peur d'affronter l'homme politique comorien.
Bref, elle doit être ambitieuse sur le terrain politique et tout faire pour atteindre ses objectifs. Elle ne doit pas attendre qu'on vienne la servir.

La création de SALWA MAG est une aubaine pour les COMORES, en général, et la femme comorienne, en particulier.

- Oui, une aubaine pour les COMORES. Car il véhicule une image très positive et contribue à la découverte de la beauté du pays un peu partout dans le monde.

- Oui, une aubaine aussi et surtout pour la femme comorienne. En effet, SALWA MAG, avec son objectif principal d’assurer la promotion de la femme comorienne, met en valeur, d’une manière régulière les Grandes Dames comoriennes qui illuminent les îles Comores dans des domaines diversifiés. Des Femmes qui peuvent servir de modèle pour les autres !

Eh bien. Moi, qui aime fortement la femme comorienne, je ne peux pas me passer de SALWA MAG. Je consulte quotidiennement sa page Facebook .

Quel régal ! Quel bonheur ! Je ne m’en lasse pas.

A vous l’équipe de COMORES MAG, merci infiniment. Persévérez dans cette belle voie qui vous honore.

Continuez à être la belle voix à forte résonance de la femme comorienne."

Propos recueillis par Salwa Mag

8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 10:59
08 mars 2016 : "Ce que je réclame" par Madame Sittou Raghadat Mohamed*

08 mars 2016 : Ce que je réclame

Par Madame Sittou Raghadat Mohamed*

La journée du 8 mars nous donne l’occasion de célébrer les progrès accomplis dans la promotion des droits des femmes et d’évaluer les difficultés auxquelles elles sont encore confrontées. Elle nous permet aussi de chercher les moyens à mettre en œuvre pour que les femmes et les filles obtiennent leurs droits.

Dans mon pays, même si la situation de la femme s'améliore, il me parait nécessaire d'imposer la parité et la discrimination positive là où c'est nécessaire.

En effet, dans tout pays démocratique, le problème d’intégration des femmes existe. Tous les pays qui sont parvenus à un équilibre entre hommes et femmes ont commencé par appliquer la discrimination positive. Donc, on peut le faire pour aider les femmes aux Comores.

Avant, il y avait peu de femmes cadres alors qu’aujourd’hui, elles sont nombreuses et font de la politique. Tout ce que je souhaite, c’est de voir ces femmes s’asseoir également avec les hommes autour de la table de prise de décisions et qu’elles décident pour le pays parce que nous sommes tous concernés. Nous devons assumer ensemble l’avenir de notre pays.

Les femmes font beaucoup d'efforts. Elles militent, elles font leurs preuves tant dans les organisations que dans leurs emplois respectifs. Je ne vois vraiment pas de différence entre une femme politique et un homme politique. Il n’y a pas de diplômes pour cela ! Je crois que nous avons les mêmes niveaux d’études, nous vivons dans le même pays, nous traversons les mêmes problèmes, nous réfléchissons ensemble.
Pourquoi par exemple la femme comorienne ne pourrait-elle pas être choisie pour être candidat à un poste de vice président de l'Union des Comores ?

Là où les partis ne font pas preuve de bonne volonté pour imposer la femme, nos textes doivent le faire. C'est pourquoi, il me parait nécessaire et urgent de modifier l'article 13 de la constitution de l'Union des Comores et les autres textes nécessaires. En effet, il faut prévoir qu'au moins un des vices présidents doit être une femme. Ainsi, tout candidat aux élections présidentielles sera obligé d'avoir au moins une candidate vice présidente.

Nos textes juridiques doivent aussi imposer la parité au sein des gouvernements et postes de commissaires insulaires.

Les déclarations d'intention et les promesses électorales ne suffisent pas.
SRM

* Ancienne Ministre et député

Secrétaire Générale du parti RDR

Conseillère Municipale de Ouani

Présidente de FEPOI - Com (Plate-forme des Femmes en politique de l'Océan Indien / Antenne des Comores)

8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 09:30

Le 5 mars dernier, la cour constitutionnelle de l'Union des Comores a publié les résultats officiels des primaires de Ngazidja ( présidentielles 2016).

Elle a, principalement, confirmé les résultats provisoires de la CENI (http://http://halidiallaoui.over-blog.com/2016/02/comores-elections-presidentielles-resultats-provisoires-de-la-ceni.html)

Sont, en effet, autorisés à participer au 2eme tour qui se tiendra le 10 avril 2016 :

Mohamed Ali Soilih (UPDC): 19 835 , soit 17,88 %
Mouigni Baraka Said Soilih (RDC) : 17 325 , soit 15,62 %
Azali Assoumani (CRC) : 16 485 soit 14,86 %

Mariama HALIDI MH - dans ELECTIONS
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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 09:14

FEMME

Femme, je t'aime
Femme, je t'admire
Femme, je me bats
Femme, je te remercie

Halidi Allaoui
6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 22:50
LITTERATURE / NOTES DE LECTURE : ORAISONS VESPÉRALES, UNE BELLE LEÇON DE VIE ET DE POÉSIE Par Halidi Allaoui

NOTES DE LECTURE :

ORAISONS VESPÉRALES, UNE BELLE LEÇON DE VIE ET DE POÉSIE

Par Halidi Allaoui*

En 2009, le jeune poète comorien, Adjmael Halidi a publié aux éditions L’Harmattan un recueil de poèmes intitulé « Oraisons vespérales ». Depuis, nous lisons et relisons ce recueil. Nous ne nous en lassons pas. Nous nous régalons et vibrons avec ce jeune poète lunaire. Nous voyageons avec lui. Que c’est agréable de s’envoler au dessus de l’insularité lunaire et au delà des frontières ! Un rejet sans ambages de la « masiwânerie » de la part de notre poète.

Avec ses 10 « Oraisons Vespérales », en réalité, Adjmael Halidi, le « pauvre Mainate », en dépit de son qualificatif, ne chante pas mais s’écrie.

Avec des cris tonitruants et son « souffle de marbre » il joue agréablement avec les mots pour dénoncer les maux de « mes îles lunes ». Mais, aussi pour se poser en permanence la grande question que se sont posés certains grands esprits éveillés, Kant, Nietzsche, Tchikaya U Tam’si et tant d’autres : Comment vivre ?

Le cri strident « de la poésie » (notre jeune poète se considère être la poésie elle-même et non le poète) raisonne et envoute. Il ne laisse pas indifférent. Le verbe d’Adjmael Halidi cogne, bouscule et éblouit. Et cela peut empêcher certains de l’entendre et/ou de le voir. Quel dommage de s’en priver !

Oraisons vespérales : Quête – Narration – Souffrance – Beauté

« Je fais le rêve d’un monde sans ciel ni terre d’un Monde Monde
(…)
Je ne m’accroche qu’à mes
songes »

Quand Adjmael Halidi débute ses « Oraisons Vespérales » par ce rêve surprenant qu’il a fait, il donne le ton de son œuvre. Il prévient. Il met en garde le lecteur. Il n’est pas d’humeur à chanter l’amour populaire. En tout cas, il refuse de chanter comme certains poètes. Son chant d’amour est autre. L’on comprend tout de suite qu’il ne s’octroie pas la fonction de bercer ou de faire rêver. Il cherche plutôt à réveiller et éveiller les siens.

Ainsi, Adjmael Halidi se lance dans une croisade contre le silence et l’oubli qui sévissent dans ses « îles lune ».

Les « Oraisons vespérales » ne sont ni un chant ni de la musique même si elles sont fortement rythmées étant donné qu’elles sont conduite par « un mgodro sakalava »

En fait, les « Oraisons Vespérales », c’est la quête du poète, la narration de l’histoire de « mes îles – lunes et de mon Anjouan », le vomissement du venin de la souffrance, du dégout du déchirement mais aussi de la beauté poétique et originale.

Les « Oraisons vespérales », c’est aussi la poésie d’un « fou » qui côtoie le diable. Donc, il parait normal qu’elle soit comme le « trumba ». Notre poète est, en effet, en transes. Il est même logique que la langue utilisée soit forte. Car la langue d’un fou n’a pas d’os.

En quête de son identité…

Du début à la fin du recueil, le poète s’engage incroyablement à sa propre quête. Cela est très visible. Il tâtonne. Il erre. « Je me cherche mais je ne me trouve point » s’exclame t-il.

Il insiste car pour lui c’est indispensable. « Pour savoir où on va, il faut d’abord savoir d’où on vient ». Affirme t-il.

Cela se caractérise aussi par les questionnements répétitifs. On décèle dans son œuvre une multitude de points d’interrogation, d’exclamation et de suspension. Et un recours incessant à l’anaphore et à la métaphore !

Naturellement, la question évidente surgit : Qui est le poète ?

Question récurrente à laquelle il s’efforce lui-même de répondre.

Curieusement, le poète se définit à travers des objets, des animaux et une plante et non pas n’importe lesquels :

  • Des objets qui incarnent la résonance et la liberté :

Un tambour (Oraison vespérale 2)

« Je suis un tambour

Quand on me tape

Je m’écrie

Et quand on m’épargne

Je m’étends »

Du coton (Oraison vespérale 6)

« Je suis un coton dans les airs

Je ne connais point de frontière »

  • Des oiseaux emblématiques :

La colombe (Oraison vespérale 3) :

L’oiseau emblématique de la paix et de l’amour !

Le Mainate (Oraison vespérale 4)

Cet oiseau noir au bec rouge qui imite la voix de l’homme !

  • un chien (oraison vespérale 10), un animal détesté et maudit dans le pays du poète.
    Et, il le dit même avec force en skikomori :

« Wami tsi koukwihi

WAMI bwa »

Entendez par la « Moi, je ne suis pas un coq, je suis un chien »

Il ne chante pas. Il ne sait pas fuir. Il ne sait que danser. Explique t-il.

Et on ne peut pas le manger. On peut lui jeter des cailloux. Mais il s’en fout. . Il aboie et mord. Les peureux peuvent donc se cacher ou fuir.

  • Une plante caractérisée par sa résistance à la sécheresse et au froid :

    La joubarbe

Ne dit-on pas que les romains attribuaient à la joubarbe la faculté d'éloigner la foudre, alors que les anciens Scandinaves lui attribuaient le pouvoir d'éloigner les mauvais esprits de la maison ? C’est pourquoi on la plantait sur les toits !

Eh bien, notre poète, lui, n’est « qu’une joubarbe sur les morts » (Oraison vespérale 4). Une joubarbe surprenante puisqu’elle ne pousse pas sur les murs et les rochers !

A fortiori, notre poète n’est pas un humain. Il empreinte juste la voix de l’humain pour transmettre son message. Il n’est pas comme les autres. Rien ne peut arrêter le poète. Il n’écrit pas pour faire plaisir. Il est tout ce qu’on n’aime pas ou qui peut choquer ses compatriotes qui somnolent !

C’est dans « Oraison vespérale 8 » qu’il finit par se définir comme un humain.

Comme par hasard, il n’affirme pas qu’il est un Homme ou un comorien ou un Anjouannais mais « un pauvre M’matsaha » !

« Je ne suis qu’un pauvre M’matsaha ».

Et un peu plus loin, il apporte une précision intéressante :

« M’matsaha, je suis en quête de mon identité lacérée ».

Le « M’matsaha » est la personne de la brousse, un campagnard sur l’île d’Anjouan dont est originaire notre poète. Mais certainement, il utilise ici le terme dans son sens péjoratif : Sauvage.

Par contre, notre sauvage n’est pas un diable. Il hérite juste de « ses griffes et de sa verve » (Oraison vespérale 4)

En « quête de ses rives inconnues »

Mais, le poète ne se limite pas à sa propre quête. Car cela ne peut pas suffire. C’est pourquoi, il se lance aussi à la « quête de ses rives inconnues ».

Le poète devient Historien et archéologue. Il refuse la falsification de l’histoire Il veut comprendre ce que sont réellement « Mes îles Lune ». Pour y parvenir, il dénude et creuse l’Histoire.

Comme tout bon archéologue, il fouille et analyse minutieusement tout objet trouvé. Il creuse en profondeur la mémoire commune

Mais, l’objectif non affiché du poète dans ses fouilles est de lutter contre l’oubli et le silence. Se taire ou accepter le massacre de son histoire serait comme s’il est mort.

« Non ! non ! non !

non au grand non !

je ne suis pas mort !

Un mort ne pleure pas

un mort ne crie pas

un mort ne saigne pas

un mort ne quémande pas

un mort n’est jamais noctambule

un mort n’est jamais schizophrène

oui un mort ne fait jamais le mort »

(Fin de l’Oraison vespérale 4)

Martèle t-il avec une anaphore très forte.

Le poète est aussi historien. Il relate poétiquement la vraie histoire et l’histoire douloureuse de son pays : « les brisures de notre passé » de Majunga, « nos boutres qui chavirent et nos mères agonisent ».

Il rappelle aussi un pan d’histoire volontairement dissimulé et qui pourrait déranger certains : Celle de tumpa, de ses ancêtres Makoa dont « l’amour le plus fou fut le pouvoir de pouvoir gigoter en toute liberté ». « Ils n’étaient pas seulement animés par l’amour de la chair et des rataplans ». écrit-il.

La transmission d’informations historiques est trop frappante dans sa poésie. D’où certainement le recours en grande partie à la prose. Il cherche certainement à creuser l’énigme et le mystère des siens.

Les « Oraisons vespérales » c’est aussi la poésie d’un enfant traumatisé dont le cœur supporte tout, même l’insupportable :

mon cœur est une rive

sur laquelle viennent échouer

les mécomptes des miens

mon cœur est une rive

dont je ne peux peindre

faute de ne pas avoir la bonne plume !

(Oraison vespérale 2)

Il est donc tout à fait logique que le verbe devienne lourd. Cette lourdeur pourrait être traduite par certains comme une forme poétique hermétique. Un peu (excusez-moi du peu) comme ce que certains pensent de la poésie de Tchicaya U’TAMSI.

De l’hermétisme à l’énigme

Il est vrai qu’il n’est pas aisé de déchiffrer toute la poésie d’Adjmael Halidi. Il faut s’accrocher et la tourner dans tous les sens. A titre d’illustration, nous vous soumettons les vers ci-dessous :

Drôle de pomœrium :
De là-bas
Borée vindicatif souffle
le dahashisme.
Ici et là
Chinook voire sa Tablée
opère la réification
: djoumbéisme et mawanisme.
Derrière la baille
les matamores en proie à l’histrionisme
escompte la cynégétique familière.
- 97 … épistèmê sur les îles-lune.

- les gueules s’assèchent de maux
attentisme et arrivism
e
« Stop aux chéilites ! »
thanatos et imago
« Il faut épierrer les estomacs ! »
(Oraison vespérale 10)

Mais en réalité, sans trop de risques de nous tromper, l’hermétisme prétendu s’est imposé. Le poète n’avait aucune chance de le fuir. La poésie l’a, en effet, attrapé très jeune. Très jeune mais aussi certainement pendant une période très tourmentée de l’histoire de son pays.

« …97 » est un signe révélateur. Il est répété plusieurs fois. Le recours au néologisme l’est aussi : « Mawanisme » et « Djoubeisme ».

L’on comprend tout de suite que le poète a été traumatisé par le « séparatisme de son île ». En 1997, il n’avait que 11 ans. Un enfant qui avait besoin de la paix et de la tranquillité pour se construire et s’épanouir. Hélas ! On lui avait offert comme cadeau le bruit tonitruant des balles, la chasse à l’homme…..

Il se pose beaucoup de questions et fustige les responsables de la situation « nos politiques si lâches qu’un cœur si caméléonesques que nos vagues qui se sont crus experts en pompier et ont allumé ce feu que depuis ils n’ont jamais pu éteindre » (Oraison vespérale 2), « des faussaires avec leurs cœurs en raphia embarqués dans un boutre sans boussole sous un ciel sans étoiles » (Oraison vespérale 9)

Le poète est engagé. Il prend même position. Il refuse de cautionner ce qui se passe dans son île. Il l’exprime avec force :

Désolé, la voix qui s’élève ne saurait
être la mienne
la mienne est oiseuse mais unitair
e.
(Oraison vespérale 2)

D’ailleurs cela se caractérise entre autres par l’énigme et le mystère qui entourent sa poésie. En lisant entre les lignes, l’on a le sentiment que le poète laisse le lecteur continuer à creuser et à deviner sa pensée. De plus, c’est une poésie plein d’images, de questionnement mais aussi de réticence.

Il arrive, effectivement, en lisant Adjmael Halidi, le « peintre de l’obscure» de se perdre dans le sens de ses vers. Fort heureusement, la beauté et le charme de son verbe nous tiennent la main et nous guident.

Une vraie leçon de poésie ?

Le lecteur d’« Oraisons Vespérales » est certainement frappé par son style et sa beauté. L’on y trouve un mélange impressionnant de quasiment toutes les figures de style et des genres littéraires. Voire même un dialogue entre un de ses poètes lunaires préférés, Saindoune Ben Ali et lui-même (fin de « Oraison vespérale 6 » !

C’est ce qui fait à notre sens une des originalités de l’œuvre d’Adjmael Halidi.

Les vers et la prose vont ensemble. Pour le poète, ils sont indissociables. Chaque oraison a sa particularité.

Le jeu de mots est frappant pour dénoncer les maux de son pays surtout dans « Oraison vespérale 10 ». En voici une illustration :

Vire vole tend
eaux ragent ; si clonent de choéphores
eaux nuent… et rien
Tel un bob des nards à M’tsamboro
…pélamides à onze heures…Sisyph
es …Conte à rebours.

: « d’autres
épient des myes
, ravagent une pitance onirique. »
Oh!
Lie. Gare chie!

Ou encore ce mélange du Shikomori et du français. Quelle beauté ! Quel culot !

Dès fois, le lecteur oublie même qu’il est entrain de lire un recueil de poèmes. Car l’œuvre d’Adjmael Halidi, c’est la rime, la prose, la narration, le conte, l’essai, le récit, le dialogue, la philosophie…. Voire même un jeu de devinettes et de proverbes.

Bref, « Oraisons Vespérales » est un tout. Le poète se fait plaisir. Il joue. Il jongle.

Quant au lecteur, il est heureux et se régale.

Si les thèmes de l’œuvre cognent, la forme et les styles adoptés caressent à tel point qu’on se demande si le poète n’a pas tout simplement voulu donner une leçon d’écriture poétique au lecteur !

Cette leçon destinée au lecteur concerne particulièrement la poésie lyrique moderne caractérisée entre autres ici par la forte présence du « je » et le vers régulier ou libre.

Il est incontestable que le « je » d’Adjmael Halidi est tantôt autobiographique tantôt altruiste. Le « je » est aussi un autre comme dit Rimbaud.

Eh oui Rimbaud qui doit certainement être un modèle à tous les niveaux pour notre jeune poète. Quelle admiration ! Le titre « Oraisons Vespérales » en dit long.

A toi lecteur avisé,
A toi passionné de la belle poésie,

Si tes dents sont solides, Adjmael Halidi t’offre le maïs.
Si certains se réjouissent de leur « Oraison du soir », nous, nous sommes très fiers de nos « Oraisons vespérales ».

A travers cette œuvre magistrale, Adjmael Halidi démontre que le poète de la lune doit éveiller et réveiller son peuple. Il souffre cruellement de le voir »comme morts rien ». Il refuse aussi de gober l’histoire de son pays falsifiée et mène un combat acharné contre le silence.

*Auteur des recueils de poèmes :
Cris d’ici et d’ailleurs / Komedit 2008
A la reconquête de mes lunes / Cœlaca
nthe 2014

Mariama HALIDI HALIDI ALLAOUI - dans POESIE CULTURE
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 16:42
MOUIGNI BARAKA
MOUIGNI BARAKA

Vous trouverez ci-dessous le communiqué en date de ce jour de Monsieur Mouigni Baraka Said Soilih, candidat aux présidentielles des Comores placé en 2ème position à l'issue des primaires du 21 février 2016

Moroni, le 25 /02/ 2016

Communiqué

Au lendemain de la publication provisoire des résultats de la CENI, je tiens à remercier les électeurs et électrices qui m’ont accordé leurs suffrages lors du scrutin du 21 février 2016.

Mes remerciements vont également à la Communauté Internationale, aux Forces de sécurités et à tous les acteurs du processus électoral aux Comores.

Je salue plus particulièrement la maturité dont a fait preuve le peuple Comorien en accomplissant leurs devoir civique dans le calme et la sérénité.
C’est ainsi que je souscris à toutes démarches visant à renforcer la démocratie et la transparence dans la concertation de tous les acteurs politiques de notre pays.

Cependant, nous regrettons les erreurs constatés lors de l’attribution des pourcentages des suffrages obtenues par chaque candidat, qui dépasse les 100% requis (104,41%), qui ont beaucoup défavorisé notre candidat au poste de gouverneur Youssouf Mohamed Boina.

Enfin, je déplore l’affichage tardif des listes électorales dans les localités et l’attitude irresponsable de l’un des membres de la CENI lors de la cérémonie de publication des résultats par cet organe.

Mouigni Baraka SaidSoilihi

Candidat à l’élection présidentielle 2016

Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS COMMUNIQUES
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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 00:26
COMORES / ELECTIONS PRESIDENTIELLES : RESULTATS PROVISOIRES DE LA CENI
COMORES / ELECTIONS PRESIDENTIELLES : RESULTATS PROVISOIRES DE LA CENI

Il n'est jamais trop tard pour bien faire !

Vous trouverez ci-dessous les résultats provisoires des élections présidentielles que la CENI vient de publier au palais du peuple de Moroni il y a à peu près 30 minutes (il est 00h30 heure de Paris / 24 février 2016):

1 - Mohamed Ali Soilihi (UPDC) avec 17,61%
2- Mouigni Baraka Said Soilihi (RDC) avec 15,09%
3 - AZALI Assoumani (CRC) avec
14,96%

4 - Fahmi Said Ibrahim (Juwa) avec 14,45%

(...)

Nombre inscrit : 158645
Nombre de votants : 118057
Taux de participation : 74,42%
Suffrage exprimé valable
: 110947

Il faut maintenant attendre les résultats officiels qui relèvent de la compétence de la Cour constitutionnelle.

Pour rappel, les 3 premiers candidats participeront au prochain scrutin national du 10 avril 2016 à l'issue duquel le prochain Président de l'Union des Comores sera élu.

Nous attendons impatiemment la réaction de Me Fahmi Said Ibrahim. D'autant qu'hier, il avait publié sur son mur Facebook le communiqué ci-dessous :

" Depuis Moroni, le 23 février 2016

Dimanche 21 février 2016 s’est tenu le premier tour de scrutin de l’élection présidentielle aux Comores. Par sa forte mobilisation et la vigueur du débat public, le peuple comorien a démontré son attachement aux institutions démocratiques et son vif intérêt pour l’avenir de notre nation. Cette confiance et cette attente engagent chacun des responsables publics de notre pays.

Mais alors que le scrutin s’est clos il y a 48 heures, que les urnes ont été dépouillées et les procès-verbaux intégralement transmis à la capitale de notre Etat, le Gouvernement des Comores tarde à proclamer les résultats du premier tour.

Devant l’inquiétude et l’étonnement de mes concitoyens, j’en appelle au calme et à l’attente sereine des résultats. A cette heure, je sais qu’un grand nombre de Comoriens m’ont désigné pour participer au second tour de scrutin. Leur confiance et leur désir de changement ne sauraient être trahis.

Devant les risques immédiats de manœuvres frauduleuses et d’atteinte à la sincérité du scrutin, j’en appelle à la ferme résolution des observateurs internationaux et à l’attention de toutes les parties prenantes comoriennes. Le libre choix de mes compatriotes ne saurait supporter la moindre entrave ni le moindre détournement. La paix civile exige que les intimidations et menaces soient condamnées.

Il en va de la légitimité d’un scrutin attendu par les citoyens des Comores et par la diaspora.

-

Fahmi Saïd Ibrahim

Ses colistiers Mohamed Elhad Hassane Soilihi, Mohamed Bacar Abdou Dossar et Mohamed Mansoib"

D'ores et déjà, le chargé de Communication du parti CRC, Msa Ali Djamal a qualifié, sur son mur facebook, ces résultats "de la magouille du clan VP Mamadou et Houmedie" (Il fait allusion ici au Candidat Mohamed Ali Soilih et un de ses vices présidents, Houmed Msaidié)

Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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