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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 22:42
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La réponse de la direction générale de la Bic

 

Tout d’abord, nous nous étonnons que monsieur Pierre Abdalah Itibar, auteur de propos très orientés, négatifs et mensongers à l’encontre de la BIC recueillis par le journaliste Kamardine Soulé, ne soit pas venu nous voir pour nous interroger sur nos pratiques bancaires, car nous n’avons jamais refusé de recevoir quiconque et l’attaque est facile sans contradicteur.


Nous rappelons que la BIC est filiale du groupe Bnp Paribas qui bénéficie des meilleures notations internationales quant à la qualité de sa gestion, au respect des ratios prudentiels et des principes déontologiques. Notre personnel est formé aux standards du Groupe Bnpp et nous appliquons au quotidien les méthodes de travail de notre Groupe d’appartenance, reconnues et saluées par l’ensemble de la profession bancaire et les régulateurs, notamment dans la distribution du crédit et les règles d’orthodoxie financières y afférentes. Tous les ans nos comptes sont audités et certifiés par un cabinet d’expertise comptable indépendant affilié au réseau international Mazars qui n’a jamais mentionné de réserve sur la gestion de la banque.

Nous publions ensuite un rapport annuel, disponible pour tous, qui relate les faits marquants de l’exercice et les résultats obtenus, tout ceci dans la plus grande transparence.

 

Contrairement à l’article de presse, nous ne faisons aucune affirmation gratuite mais développons nos propos à partir de faits réels et vérifiés. D’autre part, notre organisme de tutelle, la Banque centrale des Comores, n’a jamais relevé aucun manquement dans notre gestion, carnous sommes soucieux de répondre à la loi bancaire en vigueur dans le Pays et respectons scrupuleusement les textes réglementaires. C’est donc faire injure à cette institution que de prétendre le contraire dans l’article de presse et ceci est inadmissible de la part d’un soi disant “expert“ dont nous ignorons tout des compétences et du parcours professionnel. Il est présenté dans l’article comme “un consultant mandaté par des ] entreprises locales en litige avec leurs banques“, c’est dire si ce monsieur ne peut que développer des arguments tendancieux et partiaux, allant dans le sens de ses mandants, en se faisant au passage une publicité gratuite servant ses intérêts personnels.

 

Il est regrettable, que suite à des litiges commerciaux entre une banque et ses clients, des affaires en cours d’instruction soient divulguées dans la presse en mentionnant le nom des parties en présence, ce qui est une faute professionnelle au regard du devoir de réserve que chacun doit observer. C’est pour cette raison que nous n’avons pas répondu immédiatement à l’article de 28 février, ne voulant pas entretenir la polémique et voulant respecter ce devoir de réserve entre la Banque et ses clients, mais trop c’est trop, surtout face à des faits totalement inexacts, voire diffamatoires lorsque l’auteur se permet d’affirmer, nous citons “la banque n’informe ni ne conseille son client, au contraire, elle met en place un stratagème pour détruire non seulement son client, mais sa famille et toute sa génération….“

De telles assertions ne sont pas dignes d’un professionnel objectif dans sa démarche, et c’est faire outrance à l’ensemble de la profession bancaire des Comores que de les tenir. De plus, ce monsieur, non content de critiquer la profession bancaire et les différentes institutions qui s’y rapportent, se permet d’être un donneur de leçons vis-à-vis du gouvernement et des autorités monétaires, il s’agit là d’une attitude irresponsable et totalement irrévérencieuse. Que des litiges commerciaux puissent naître au cours de la relation de partenariat entre la banque et certains de ses clients, il s’agit là des aléas d’une conjoncture économique qui peut s’avérer parfois défavorable, mais à chaque fois que cela a pu se produire, nous avons toujours favorisé le dialogue pour la recherche d’une solution amiable et constructive, permettant de dénouer la situation au meilleur des intérêts des deux parties, et nul ne peut se permettre d’affirmer le contraire.

 

De plus nous ne sommes pas comptables des erreurs de gestion constatées dans certains dossiers et chacun doit assumer ses responsabilités en toute connaissance de cause, car il est trop facile de toujours rejeter la faute sur autrui, en faisant endosser ses propres manquements ou ceux des autres, aux banques. La BIC, mais aussi ses confrères, ont toujours répondu présents pour le financement de l’économie et nous accompagnons nos clients dans leurs projets avec le plus grand professionnalisme, avec toujours la volonté de nouer une relation de partenariat équitable, contrairement aux allégations de monsieur Itibar, qui lui développe des thèses partisanes, car mandaté pour défendre certains opérateurs avec lesquels nous sommes en procédure judiciaire de recouvrement de créances. Mais laissons à nos avocats et à la Justice faire leurs métiers en toute liberté d’appréciation et de jugement des dossiers en cours d’instruction.

 

Sur la problématique des taux d’intérêt, nous appliquons la fourchette de taux autorisée par la directive Ministérielle et les taux consentis sont fonction de la prime de risque du dossier étudié. Il ne sert à rien de jeter de l’huile sur le feu, il s’agit d’une attitude que nous laissons à nos détracteurs car critiquer est à la portée de tous, mais construire est chose plus difficile et, quant à nous, c’est cette dernière posture que nous voulons privilégier. Concernant l’article 22 avril 2011 Nous ne ferons aucune observation sur cet article signé par A.A.A, tellement il est tendancieux en reprenant les arguments développés dans l’article du 28 février et en commentant les propos de son auteur, propos déjà erronés et diffamatoires. Il s’agit là d’un tissu d’inexactitudes qui ne mérite pas que l’on s’y attarde et le mieux est d’en ignorer le contenu.

Dans les deux articles de presse ci-dessus mentionnés et notamment dans le deuxième, les affirmations faites seraient issues d’un rapport restreint destiné aux opérateurs locaux, mais en guise de rapport, il s’agit surtout de désinformation orientée car nous n’avons jamais eu connaissance qu’un organisme officiel ait été saisi pour la rédaction d’un tel document, présenter les choses ainsi c’est tromper de façon intentionnelle l’opinion à son profit. Nous regrettons ces agissements et au travers de ce droit de réponse, voulons rétablir la vérité sur les pratiques réelles des banques aux Comores.

Source Al-watwan N° 1743 du jeudi 28 avril 2011

 


 

La Bic épinglée par un rapport restreint

 

La Bic est encore une fois sur la sellette. Cette fois, elle est gravement épinglée par un rapport restreint destiné aux opérateurs locaux, établi par un expert en matière. “Il est incontestablement justifié que ces écarts et ces comportements délictuels du système bancaire sont prémédités“, y lit-on. Une conclusion qui porte des accusations sans détours.

Ce rapport doit interpeller la conscience et la responsabilité des dirigeants de la société et leur devoir d’explication face à une clientèle sur le tapis. L’auteur évoque, en termes de droit des obligations et de droit des contrats, des concepts nouveaux aux Comores, mais vieux de trente ans en Europe : vices du consentement, violence économique... Dans ce rapport retreint sur la situation bancaire aux Comores, l’auteur s’est basé sur l’examen de deux dossiers contentieux, Dini Charif et Bazi pour se rendre compte de la gravité de la situation bancaire dans notre pays. Selon lui, l’aide proportionnelle octroyée par la Bic aux premiers opérateurs économiques pour les motiver et pour pouvoir en attirer d’autres, en accordant notamment des facilités de caisses, une prise en charge de la gestion des comptes, une mise en place des crédits documentaires, etc., fait partie des usages entretenus par la banque pour sa forte rentabilité. Ils sont, pourtant, à l’origine des déboires des opérateurs.

 

Appât


La Bic accorde une facilité de caissesans trop de difficultés. Le client appâté, qui devient opérateur de fait, se sent redevable des largesses accordées. Cette pratique viole déjà, selon l’auteur, les lois bancaires, bien qu’elle soit présentée comme une participation de la banque au développement du pays et un soutien constant à la croissance. En adoptant cette pratique, la responsabilité de la banque, dans son obligation de mise en garde, de conseil et d’information, se trouve entièrement engagée. Parce, dès que la machine s’enclenche, les agios s’accumulent, précise-t-il, “le piège à rat s’auto-active“. La banque demande la mise en place de garanties et monte encore plus haut le découvert consenti.

 

L’opérateur, en quasi cessation de paiement, va poiroter pendant une période de vingt mois, assistant impuissant à l’augmentation exponentielle des agios. La banque propose la création de différents comptes (sans contrats, sans accord de l’opérateur) pour éclater le découvert sur plusieurs comptes faisant miroiter un compte bénéficiaire.


Violence économique


Selon lui, la banque commet l’immixtion de gestion de fait. Dès lors, la banque est coupable de faute délictuelle. Si la victime bénéficie d’une justice compétente en la matière et formée dans les droits cambiaires, elle peut réclamer le vice-de consentement qui annule le contrat. Il peut par la suite engager la responsabilité civile de la banque et une demande légitime de réparation en dommages et intérêts. Parce qu’en raison de la conception volontariste du contrat, la loi rattache l’abus de dépendance économique au concept à la violence. Ainsi, on parle de violence économique. La jurisprudence admet que le consentement de l’un des cocontractants peut être vicié de violence dès lors que l’autre partie au contrat a exploité abusivement de la situation de dépendance de la première afin de tirer profit de la crainte d’un mal menaçant directement les intérêts légitimes de cette personne.

La Cour de cassation en France a affirmé que “ l’exploitation abusive d’une situation de dépendance économique, faite pour tirer profit de la crainte d’un mal menaçant directement les intérêts légitimes de la personne, peut vicier de violence son consentement “ (Cass.civ. 1, 3 avril 2002).

 

Dès lors, la violence économique est sanctionnée par divers textes de droit de la consommation et de droit de la concurrence qui vont affecter la validité des contrats. Des termes nouveaux feront leur apparition tels que “l‘abus de position dominante“, “l’abus de dépendance“ et “l’abus dans la fixation des prix“, qui entrainent la nullité des conventions (v. Cass.com. 14 décembre 1999). La situation de faiblesse s’apprécie d’après l’ensemble des circonstances en tenant compte, notamment, de la vulnérabilité de la partie qui la subit, de l’existence de relations antérieures entre les parties ou de leur inégalité économique. Aux Comores, ces pratiques coutumières considérées “illégales“, du fait qu’un système est mis en place pour gagner par le biais de découvert et une seconde fois par la réalisation des sûretés. La banque accorde un prêt en bonne et due forme, avec des cautions, des garanties, des nantissements, des hypothèques, la victime parviendra à résister quelques mois pour payer avant de sombrer. Et puis vient l’assignation en justice qui se résume à payer la dette et à réaliser des sûretés sans que la justice ne demande l’origine et la composition de cette dette. Selon l’auteur du rapport, dans la plupart des cas, la banque est rentrée dans ses sous, mais les agios accumulés et les manoeuvres mises en placediluent les vérités.


La Bic rentre dans ses sous


L’auteur n’y va pas par quatre chemins et demande ni plus ni moins l’audit du système informatique de gestion de la Bic, estimant que plusieurs paramètres sont désactivés et ne fonctionnent qu’au forfait. Il estime qu’il est impératif d’expertiser les méthodes de gestion d’agios, mettre en place des prêts adaptés à chaque type d’investissement, initier les contrats dans lesquels sont décrits les obligations de chacun et les taux appliqués, transformer les découverts qui dépassent les six mois en un prêt à court terme de plus de vingt huit mois, estimant au passage que les garanties ne doivent pas excéder plus de 90% du montant sollicité.

AAA

Al-watwan N° 1740 du vendredi 22 avril 2011

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Mariama HALIDI HALIDI - dans BANQUES
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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 11:37

Lu pour vous :

Source :http://www.crash-aerien.aero/www/news/article.php?id=244347

Les avions d'Air Madagascar peut-être interdits d'Europe

Le 19 Apr 2011 à 11:02


Antananarivo (Madagascar) - Les deux Boeing 767-300 d'Air Madagascar assurant les longs courriers ne devraient plus avoir le droit de se poser sur les aéroports européens. Ils devraient être placés sur liste noire par la Conférence européenne pour l’aviation civile (CEAC), l'instance européenne chargée de contrôler le niveau de sécurité de tous les appareils desservant l'Europe. Air Madagascar ne peut donc plus desservir Paris et Marseille. La décision d'interdiction sera notifiée à la compagnie ce mercredi 20 avril ou ce jeudi 21 avril 2011. Les rotations régionales moyens courriers effectuées par la compagnie malgache entre Madagascar, La Réunion et Mayotte ne devraient pas être concernées par cette interdiction

Les avions d'Air Madagascar peut-être interdits d'Europe

Air Madagascar était dans le collimateur des autorités de la sécurité aérienne européenne depuis janvier 2011. Les dessertes longs courriers de la compagnie sont assurées par deux Boeing 767-300 datant de 1991. Ils réalisent toutes les semaines cinq rotations Antananarivo – Paris dont une via Marseille et une via Moroni (Comores) ainsi que deux rotations Antananarivo – Guangzhou (Chine) via Bangkok (Thaïlande). L'un des appareils effectuant la rotation Tananarive – Paris a été contrôlé par la CEAC à Paris sur l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, comme le sont régulièrement tous les appareils se posant sur le sol européen.

L'appareil est contrôlé selon la procédure SAFA (Safety Assessment of Foreign Aircraft - un protocole de vérification du respect des normes de sécurité des avions). L'inspection détermine alors une anomalie qu'elle qualifie de «grave» sur une trappe du fuselage. Un problème de sécurité majeur selon la CEAC.

Le B 767-300 en cause est immédiatement cloué au sol par la CEAC. Il restera trois jours à Paris. Il reprendra les airs, à vide, après avoir été réparé, mais le mal est fait. Cela d'autant plus que le contrôle du second B 767-300 de la compagnie malgache laisse apparaître un certain nombre de manquements – moins importants que celui de la mauvaise fermeture de la soute -, aux règles européennes de sécurité.

Dans un communiqué publié ce lundi, la compagnie malgache affirme, en substance, s'être pliée à toutes les exigences du protocole SAFA. Cela n'a visiblement pas suffit. Dans son communiqué Air Madagascar dit «accepter et positiver ces remises en question qui n’ont comme objectif que l’amélioration continue de son exploitation».

Le transporteur aérien fait aussi remarquer qu'il est une compagnie majeure sur l'océan Indien, qu'il fête ses 50 ans et qu'il n'a jamais eu de problème majeur. La compagnie souligne que son centre de maintenance d'Antananarivo, où sont effectuées toutes les "grandes visites" des avions (démontage complet, inspection et maintenance des appareils) bénéficie de tous les agréments internationaux dont «le JAR 145 et IOSA qui viennent d'être renouvelés».

La décision de la CEAC n'affecte pas les liaisons régionales effectuées par Air Madagascar. Les 11 rotations entre la Grande Île et La Réunion et les 9 en direction de Mayotte continuent sans problème. Il en va de même pour les vols en direction de l'Afrique du Sud, des Comores, du Kenya et de Maurice Ces vols sont effectués par des ATR 42 et 72 ainsi que par des Boeing 737-300. Les vols longs courriers en direction de Guangzhou (Chine) via Bangkok (Thaïlande) sont également maintenus.

Concernant la desserte vers l'Europe, la direction d'Air Madagascar est à la recherche d'un avion de location et de places à acheter sur les compagnies régulières afin d'assurer les rotations normalement. Un code share (accord de coopération pour la commercialisation des places) a d'ailleurs récemment débuté avec Air France.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 09:53

 

Comme c’était prévu, le tribunal de première instance de Moroni a rendu son verdict jeudi 14 avril 2011 dans l’affaire « Rébellion ». Celui-ci ayant estimé que  le délit de rébellion n'est pas constitué a décidé la relaxe pour l’ex chef d’état major de l’AND (Armée National de Développement), le général Salimou Mohamed Amiri et dix autres prévenus.

Pour quatre autres prévenus – des gardes corps de l’ex chef d’état major de l’AND poursuivis pour le même chef d'accusation, le Tribunal a requalifié l’infraction et les  a reconnus coupables de violence. Ils sont condamnés  à un an de prison dont dix mois ferme.

Néanmoins, le Général Salim Mohamed Amiri n'a pas retrouvé sa liberté. En effet, il est toujours, en résidence surveillée dans l’attente du procès concernant l’assassinat du lieutenant-colonel Combo Ayouba.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 20:03

Lu pour vous :

Source : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/ 

C'est donc une Dame comorienne en situation irrégulière qui, par la vertu de sa douce conviction, a amené la Cour de cassation (Assemblée plénière, 15 avril, 10-17049) à briser l'archaïque régime de la garde-à-vue, en appliquant directement et immédiatement le droit européen. J'imagine que notre amie est rentrée depuis belle lurette aux Comores, mais du fond du cœur, je l'embrasse affectueusement. Gloire et respect à ceux qui, dans l'adversité, savent affirmer des opinions minoritaires, et remerciements à ses avocats, avec notre ami Didier Bouthors qui in fine a porté le fer.


L'affaire

Cette juste et noble Dame s'est faite arrêter par la police en situation irrégulière, le 1° mars 2010. Elle a été placée en garde à vue à 11 heures 30, et a demandé aussitôt à s'entretenir avec un avocat. Refus car le Code de procédure pénale ne le prévoyait pas, et audition de 12 heures 30 à 13 heures 15, avant un entretien avec un avocat de 14 heures 10 à 14 heures 30. Le préfet lui a ensuite notifié un arrêté de reconduite à la frontière, le juge des libertés l'a maintenue en centre de rétention et tout s'est enchaîné vers l'expulsion.
Mais notre amie comorienne a tout contesté, expliquant que ces décisions de justice étaient illégales. Motif d'illégalité invoqués par l'irrégulière ? Elle rappelait que par deux arrêts Salduz c./ Turquie et Dayanan c./Turquie, rendus les 27 novembre 2008 et 13 octobre 2009, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) avait jugé que, pour que le droit à un procès équitable, consacré par l'article 6 § 1 de la Convention, soit effectif et concret, il fallait qu'elle puisse bénéficier de l'assistance d'un avocat dès le début de la garde à vue et pendant ses interrogatoires », ce dont elle avait été privée.
Annulation de rien du tout avait répondu le président de la Cour d'appel : « Les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme ne lient que les Etats directement concernés par les recours sur lesquels elle statue, que ceux invoqués par l'appelante ne concernent pas l'Etat français, que la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'impose pas que toute personne interpellée ne puisse être entendue qu'en présence de son avocat et que la garde à vue, menée conformément aux dispositions actuelles du code de procédure pénale, ne saurait être déclarée irrégulière ». Cocorico, la loi française et plus forte que la Convention Européenne des Droits de l'Homme, juste bonne calmer les Turcs, voire les Ukrainiens. Mais pour la patrie des droits de l'homme, faut pas charrier.
C'est là que ça casse, et ça casse sec : « Attendu que les Etats adhérents à cette Convention sont tenus de respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme, sans attendre d'être attaqués devant elle ni d'avoir modifié leur législation ; que, pour que le droit à un procès équitable consacré par l'article 6 § 1 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales soit effectif et concret, il faut, en règle générale, que la personne placée en garde à vue puisse bénéficier de l'assistance d'un avocat dès le début de la mesure et pendant ses interrogatoires ».

 

C'est l'arrêt Shynthol : beaucoup de bien là où ça fait mal.

 

1. La garde à vue

La garde à vue est la première étape du processus d'accusation pénale, et les droits de la défense doivent être garantis de façon effective. Donc, des choses simples et naturelles : l'avocat présent dès le premier interrogatoire, avec l'accès aux pièces qui accusent son client et la possibilité de participer aux interrogatoires en posant des questions. Pour la personne en garde à vue, c'est le droit au silence et donc de refuser de répondre aux questions sans que ce silence soit interprété comme un aveu.

2. La loi du 14 avril 2011 sur la réforme de la garde à vue déjà ratatinée

Le Parlement, comme les mauvais élèves, ne travaille que sous la contrainte. Il redoutait que le 15 avril la Cour de cassation impose une réforme immédiate, et s'est empressé de voter une réforme par une loi du 14 (Loi n° 2011-392 du 14 avril 2011 relative à la garde à vue). Bel effort, et je compatis aux souffrances du groupe UMP, obligé d'accorder des garanties de procédure aux gardés à vue et aux étrangers en situation irrégulière. Mais tout ceci pour rien... La Cour de cassation dit que la jurisprudence de la CEDH s'impose, même à la loi, et la loi du 14 est en retrait des exigences rappelées le 15. Notamment, la loi n'accorde pas à l'avocat l'accès aux pièces et ne lui permet pas d'intervenir lors des interrogatoires. Moins de 24 heures de vie pour une loi, le record sera difficile à battre. Le groupe UMP va devoir s'aligner, et je prévois la livraison à l'attention de nos brillants députés d'une semi-remorque d'antidépresseurs.

3. Toutes les gardes à vue sont has been

La Cour de cassation ne crée pas le droit à compter de ce 15 avril. Elle dit que ce droit existait et s'imposait en France, au moins depuis l'arrêt Salduz du 27 novembre 2008. La solution retenue pour notre amie comorienne a vocation à jouer pour maintes autres procédures. On verra à travers la diversité du contentieux les annulations qui suivront, mais c'est une grande brèche procédurale qui s'est ouverte.

4. Une bâche pour le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel, saisi dans le cadre d'une question prioritaire de constitutionnalité, avait rendu une décision qui, sans le dire, s'inspirait largement de la jurisprudence de la CEDH (Décision n° 2010-14/22 QPC du 30 juillet 2010). Il avait déclaré les articles du Code de procédure pénale relatifs à la garde à vue contraires à la Constitution, très bien, mais avait laissé la loi perdurer pendant près d'un an, le temps d'adopter une réforme. Il fallait donc appliquer en toute sérénité une loi violant les droits de la défense. La Cour de cassation refuse ce système, aberrant, et colle un joli bonnet d'âne au Conseil constitutionnel. Ambiance...

5. Une nouvelle jeunesse pour la Cour de cassation

Avec la question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel est entré de plein pied dans le paysage juridictionnel, et se verrait bien, héritant de toutes les affaires les plus délicates, devenir Cour suprême. J'ai cru comprendre que cette perspective n'emballait ni la Cour de cassation, ni le Conseil d'Etat. Or, en jouant pleinement le jeu du droit européen, ces deux juridictions peuvent se ressaisir de l'autorité. Si la Cour de cassation avait saisi les maintes occasions qui se sont présentées à elle, elle aurait pu rendre cet arrêt bien plus tôt, et il n'aurait pas été besoin de saisir le Conseil constitutionnel. Une Cour de cassation vraiment européenne laisserait peu d'espace pour le Conseil constitutionnel. Le Conseil d'Etat itou. Personne ne s'en plaindrait.

6. L'application directe et effective des arrêts de la CEDH

Last, but non least, cet attendu de la Cour de cassation : « Les Etats adhérents à cette Convention sont tenus de respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme, sans attendre d'être attaqués devant elle ni d'avoir modifié leur législation ». Réformant le raisonnement de principe du président de la cour d'appel selon lequel les arrêts de la CEDH ne lient que les Etats directement concernés par les recours sur lesquels elle statue. Tout faux, archi-faux : la jurisprudence de la CEDH entre immédiatement dans le droit positif, et place au rebut les lois contraires. C'était une donnée générale, assortie d'aménagements : les arrêts de ce 15 avril en font une règle d'or, et les applications seront générales, bien au-delà du seul cas de la garde à vue.
Nous voici européens :
enfin ! Et merci encore à notre amie comorienne qui a beaucoup fait pour la République.



 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 12:39

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Affaire rébellion :

Les avocats de l’ex-général Salimou se disent « sereins »

 

Moroni, mardi 12 avril 2011 (HZK-Presse) Vingt quatre heures après le procès de l’ancien patron de l’AND accusé de rébellion, ses avocats ont tenu ce lundi après-midi une conférence de presse pour donner leur point de vue sur le déroulement de l’audience et démontrer la pertinence de leur ligne de défense.

 

Après la comparution samedi dernier pour acte de rébellion, les avocats de l’ancien chef d’Etat-major, Salimou Mohamed Amiri ont critiqué dans une conférence de presse ce lundi la procédure engagée contre leur client au sujet d’une rébellion dont les faits remontent au 31 Août 2010. « Il était démontré que l’acte de rébellion n’est pas constitué et qu’aucune infraction ne peut leur être imputé », déclare Me Louis Marie Duroux, avocat au barreau de Paris, avant d’ajouter que « il n’y a pas eu de rébellion car il n’y a pas de victime, condition nécessaire à la constitution de l’infraction ».

 

Accompagné par deux confrères français à la résidence « très surveillée » de l’ex-général Salimou, Me Harmia Ahmed a évoqué l’état d’esprit de l’ancien patron de l’armée nationale dans l’attente du délibéré fixé pour demain jeudi. « Salimou Mohamed Amir est serein et attend avec impatience la décision de la justice », affirme Me Harmia Ahmed. Les avocats se réjouissent de la façon dont s’est déroulé le procès samedi malgré certaines irrégularités.

 

« C’est le samedi même qu’on a su qui va présider l’audience et je trouve cela anormal ». Le bâtonnier est même allé prendre un exemple dans le régime d’Hitler en démontrant que « même dans les procès de Nuremberg, on savait qui va rendre la décision ».

 

Au cours de leurs interventions, les avocats de l’ancien patron de l’AND n’ont pas épargné l’actuel chef d’Etat-major et le magistrat instructeur sur « le  rôle » qu’ils ont joué dans cette affaire. « Le juge d’instruction voulait se substituer à la police et à la gendarmerie en voulant exécuter lui-même sa décision », regrette Me Harmia Ahmed.

 

A deux jours de la délibération, les avocats de Salimou pensent que cette affaire va être un tournant pour le peuple comorien ainsi que pour le pays « parce que ce sera l’occasion pour les autorités judiciaires, qui sont les premiers chefs exclusivement concernés de marquer leurs considérations à la fois à la constitution et au code de procédure pénale », martèle Me Hugo Levis, avant d’ajouter que « nous serons attentifs sur le dossier et que le droit, la constitution et les procédures pénales soient respectées ».

 

Les avocats de Salimou ont aussi évoqué l’affaire de l’assassinat du lieutenant-colonel Combo Ayouba dans laquelle leur client est détenu en résidence surveillée pour complicité. « L’affaire est devant la chambre d’accusation et nous ne sommes pas encore convoqués », réaffirme Me Harmia Ahmed. Venu pour l’affaire de rébellion, les deux avocats français à savoir Me Louis Marie Duroux et Me Hugo Levis, vont assister aussi Me Harmia et Baco dans le volet criminel lié à l’affaire Combo. « Nous disposons de très peu d’éléments à propos de ce dossier, mais nous sommes entrain d’obtenir une copie et j’espère que ça va vite se régler », conclut Me Hugo Levis.

 

Mohamed Youssouf

120411/my/hzkpresse/21h00

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 21:23

 Vous trouverez ci-dessous la vidéo (en deux parties) du match qui a opposé lundi 28 mars dernier la Lybie aux Comores à Bamako dans le cadre des éliminatoires de la CAN (Coupe d'Afrique des Nations) 2012 réalisée par http://www.00269.net/

 

1ere vidéo (1er mi-temps)

2eme vidéo (2eme mi-temps)

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 1ère vidéo (mi-temps)

 

2eme vidéo (2eme mi-temps)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans VIDEOS
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 21:02

Lu pour vous :

Source : http://www.francefootball.fr/#!/news/2011/04/05/144135_bourhani-comorien-et-fier-de-l-etre.html 

5 avril 2011

Bourhani : «Comorien et fier de l'être»

Le nouvel international comorien(EQ)

A la recherche d'un club depuis son départ de Vannes (L2) l'été dernier, Kemal Bourhani (29 ans) continue de s'entretenir en vue d'un prochain transfert. Sa motivation, l'ancien attaquant lorientais la puise en sélection des Comores... (Photo Presse-Sports)


«Kemal, on vous avait un peu perdu de vue depuis Vannes...


Je suis à la recherche d'un club. J'ai multiplié les essais à l'étranger, dans les pays du Golfe, en Suède, en Angleterre, mais rien d'intéressant. Je m'entretiens physiquement dans un club de la région parisienne, à Sannois Saint-Gratien, ce qui me permet de me maintenir en forme. Ça m'était déjà arrivé d'être sans club, mais pas aussi longtemps.

Comment vivez-vous cette inactivité ?


On cherche un point de chute dans des Championnats qui ont repris ou vont reprendre, scandinaves, asiatiques ou nord-américain. Moralement ça va, j'arrive à gérer. Et puis il y a la sélection...

«J'ai vécu une émotion incomparable»

Laquelle ?


Je suis devenu international comorien la semaine passée, à Bamako, face à la Libye (0-3) en éliminatoires de la CAN 2012. Mes parents sont comoriens, je comprends la langue, et j'avais été approché plusieurs fois par la Fédération. Cette fois, c'est fait et c'était un immense honneur, une fierté, d'endosser le maillot des Coelacanthes et d'entendre résonner l'hymne national. J'ai vécu une émotion incomparable, moi qui ai la double culture.

Les Comores, c'est plutôt modeste puisque la sélection est 187e au classement FIFA...


C'est vrai, mais notre groupe est composé à la fois de joueurs locaux et d'expatriés, essentiellement venus de France comme Ben Attoumani d'Aubervilliers, Gaston Mbelizi de Villemomble. On a aussi Nadjim Abdou (ex-Sedan, Millwall) qui n'a pas pu venir. Les Comores ont la chance d'avoir une jeune génération qui pointe le nez dans le circuit pro français. Moi, à 29 ans, je faisais figure de doyen ! Sur le plan du déplacement, les dirigeants nous ont mis dans de bonnes conditions.

Pour votre première cape, vous avez joué sur terrain neutre, au Mali, face à la Libye en pleine guerre...


Deux jours avant notre match, on a assisté à Bamako au match Mali-Zimbabwe. Et il y avait moins de ferveur, moins de soutien pour le Mali que pour les Libyens ! L'ambiance était incroyable. A l'origine, on aurait dû jouer au Soudan mais la Libye a refusé. Ensuite, il a été question de l'Algérie et de la Tunisie, mais ces pays ont apparemment refusé. Finalement, ça s'est fait au Mali, un pays dans lequel Kadhafi a énormément investi. L'hôtel où on logeait, par exemple, est un établissement libyen.

«Prenons le temps de bâtir ce groupe»

Sur le terrain, vous n'avez pas pesé lourd (0-3)...


On a eu peu de temps pour se préparer ensemble. Ensuite, les Libyens alignaient une équipe rodée sur le plan collectif, fluide, jouant bien au ballon. On les a sentis soulagés quand ils ont marqué le premier but. Ensuite, on s'est effondré en fin de rencontre. Pour pas mal d'entre nous, c'était la première fois, et il y a des motifs d'espoir. C'est pour ça qu'on a demandé à calmer le jeu vis-à-vis de notre sélectionneur, Chamité. Il y avait des bruits de limogeage. Prenons le temps de bâtir ce groupe, ce n'est pas un solution de virer qui que ce soit.

Comment voyez-vous la suite ?


Je continue de bosser pour reprendre avec un club. Le fait d'avoir porté le maillot national alors que je suis sans club m'a donné une force énorme. Début juin, on joue le match retour contre la Libye chez nous. On en est encore à identifier des joueurs qui peuvent intégrer le groupe comorien. Ils sont les bienvenus. Aujourd'hui, on est à la recherche de notre première victoire, mais aussi de notre premier buteur dans ces éliminatoires. Celui-là deviendra un vrai héros national !

On vous voit venir...


C'est clair, jamais je n'aurais pensé devenir international. Alors marquer pour le pays, ce serait formidable !»

Propos recueillis par Frank Simon

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Mariama HALIDI HALIDI - dans SPORT
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 19:19

Comores / France : Appel aux intellectuels comoriens


 
Comores / France : Appel au intellectuels comoriensPar Ahmed Ali Amir
Rédacteur en chef du journal Alwatwan



Intellectuels : Parler, écrire et agir au nom de ceux qui ne peuvent pas le faire


Les intellectuels comoriens vivent reclus comme des moines. Ils se complaisent dans leur silence et leur méditation et sont même agacés si on tente tant soit peu de les déranger dans leurs rêveries. Ils se posent en innocents, souvent en victimes. Adulés par les pouvoirs, ils en tirent le maximum de profit, en se dissimulant dans les pénombres des palais, pour rédiger discours, préparer les accommodements juridiques qui justifieront les coups tordus, donnant en tout temps un sens presque romantique aux bruits de bottes de Kandani, aux bruis sourds des zodiacs des mercenaires, aux dilapidations criminelles des fonds publics, ou aux dramatiques naufrages quotidiens des Kwassas entre Mayotte et Anjouan.
De fortes personnalités de la place, qui ont, avec le recul, joué par accident, le rôle de gardiens des valeurs morales et communautaires, des socles de l'unité et de l'intégrité du pays quand elles étaient fortement menacées, se sont rangées derrière des causes moins gratifiantes.


“AMITIÉ”, FINANCES, AVANTAGES DIVERS, ETC.


Au nom d'une prétendue amitié entre la France et les Comores, ou de relations éphémères avec les représentants de la France aux Comores, ou plus humiliante encore, en raison d'avantages financiers, de bourses d'études, de voyages culturels, ou d'expertises lucratives, ils lâchent leur pays, violent leurs propres repères, au profit du réalisme politique, avec tout ce que cette expression comporte de concessions, de compromis, de compromissions, voire de trahison.
Nous avons pourtant des noms de sommités nationales qui ont autorité pour s'engager dans la sphère publique. Leurs analyses, leurs points de vue, leurs positions, sur tous les sujets pour défendre les valeurs qui fondent le désir du peuple comorien de partager un destin commun, peuvent entretenir ou provoquer des mouvements d'opinions. Lors de la période sécessionniste, nous avons eu droit aux textes salvateurs de Chamanga, Thabit, Mahamoud Ibrahim, Ali Yachroutu...


A l'université des Comores, comme une fourmilière, des éminences grises se bousculent, têtes baissées, préoccupées à éviter les guets-apens qu'elles se dressent entre eux, dans la conquête des postes de doyens de l'institution...


HAUT LIEU DE LA CONTESTATION ?


Alors que l'université est contestée dans ses programmes et la qualité de ses enseignants, les étudiants et le pays n'ont pas droit à l'éclairage de ceux qui en ont la charge, mais à une bataille de chiffonniers pour le poste de président.
L'université, le haut lieu de la contestation, du savoir et de la culture, a donné lieu à un spectacle qui traduit le malaise interne. Des étudiants n'ont pas hésité à hisser le drapeau français pour revendiquer la tournante mohélienne. Parce que les enseignants pensent qu'il suffit de déballer leurs cours académiques pour en faire une université de référence. Ils risquent, et ils le savent, de former une génération d'automates, qui ne trouveront aucun emploi digne. Elle est loin, très loin l'Ecole nationale supérieure de Nvuni, qui a envahi les rues de Moroni en 1989 pour exiger le départ de Bob Denard après l'assassinat du président Ahmed Abdallah.

Mais où donc se terrent-ils, nos intellectuels? Des Comoriens, jeunes femmes et enfants, près de 16 000 en 16 ans, fuyant la misère, ont péri en mer, entre Mayotte et Anjouan, dans des conditions atroces, avec plein d'espoir dans la tête. Des Comoriens, 30.00 par mois, sont expulsés en terre comorienne par une puissance coloniale pointée du doigt par les Nations-Unies



OÙ SONT-ILS PASSÉS ?


Pendant que des commissions françaises mettent en cause des pratiques de leur gouvernement, notamment les conditions inhumaines du Centre de rétention administrative de Mayotte, pendant que la commission française de déontologie, par une seule enquête, émet des hypothèses graves mettant en cause la responsabilité de la police frontière française, assimilant ses pratiques de surveillance des mers à “homicide involontaire“, aux Comores, nos intellos détournent leur attention de ces drames, se contentent et se vantent de tapes “blanches“ sur leurs épaules.
Il est fort possible, en lisant la missive de l'ambassadeur de France adressée au vice-président de l'assemblée de l'Union, Ahamada Djaé, accusant les Comoriens tous autant qu'ils sont de “double langage“, que certains Français évoluant à Moroni ignorent que dans la continuité de Voltaire défendant Calas, Emile Zola et Octave Mirbeau, se sont engagés pour défendre le capitaine Dreyfus, et que Jean Paul Sartre et Pierre Vidla-Naquet ont dénoncé la torture en Algérie, Michel Foucault s'est bagarré pour les droits des prisonniers et Pierre Bourdieu, des chômeurs, ou encore Nioam Chomky, s'en prenant à une certaine époque à la politique guerrière des grandes puissances.
Ces hommes là ont fait la grandeur de la France tandis que ceux qui ont choisi par le silence, d'être complice des injustices ou des atrocités que perpétue la France dans le monde contribuent à sa décadence.



LA MAIN DE PÉTAIN À MONTOIRE, L'HORREUR DES EAUX À MAYOTTE


Alors, messieurs les franco-comoriens ! A défaut de choisir les Comores par amour pour la France, sachez choisir la France généreuse, de la résistance, des lumières, la France de Sartre et De Gaulle et chassez de vos esprits la France des bombes, de la torture et de la collaboration, encore nostalgique des pratiques coloniales en Afrique. L'image de la France de Pierre Laval et du maréchal Philippe Pétain, serrant la main d'Adolf Hitler à Montoire, n'est pas si différente et éloignée des poignées de main que vos objectifs fixent à longueur de journée, aves des hommes qui justifient l'horreur dans nos eaux territoriales.

Le ministre des Relations extérieures, Fahmi Saïd Ibrahim, porte haut la voix des Comores. Les membres du gouvernement choisissent ce moment de gloire pour signer un document qui restera dans les annales comme la traduction de la médiocrité de l'Etat, l'illustration de la facilité avec laquelle la France piétine l'histoire de notre Nation. Peut-on laisser les Comores entre les seuls soins d'Aboubacar Saïd Salim, Soeuf Elbadawi, Idriss Mohamed, Hassan Moindjié, Nassuf Djailani, etc.

L'intellectuel n'est pas celui qui collectionne les livres ou accumule les diplômes. Dans notre entendement, des hommes et des femmes ont accédé à des positions sociales respectables, disposent de formes variées d'autorité qu'ils doivent mettre à profit pour persuader, proposer, convaincre, débattre, permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales, de dénoncer les injustices, les abus, les dérives....


ALIBIS?


Certains d'entre eux se cachent ou s'affairent derrière les causes environnementales pour se donner bonne conscience, d'autres s'habillent des oripeaux de la cause du développement communautaire pour exister, la plupart se croisent dans les couloirs des organismes internationaux et attendent tranquillement leur retraire pour venir chez eux mesurer la profondeur de l'abime, le poids de la misère, le fardeau des détresses humaines. Tous ont conscience qu'ils tournent le dos aux Comores, tous savent que d'un moment à un autre, ce pays orphelin risque d'imploser.

Je ne fais pas ici appel à l'intellectuel pour écrire et se transformer en grand penseur réfugié dans l'abstraction, cogitant sur le doute. Le pays n'a pas besoin d'enfants coupés de la réalité ou traitant de sujets qu'ils connaissent approximativement. Il a besoin de ces intellectuels qui peuvent braver les mers tumultueuses pour accompagner les Kwasas jusqu'à destination, des hommes qui oseront enfin défendre les causes justes de leur pays, fût-ce à leurs risques et périls. Camus disait que l'écrivain “ne peut se mettre au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent“.

Votre rôle est de donc de parler, écrire et agir au nom de ceux qui ne peuvent pas le faire.


Ahmed Ali Amir
Source : Al-watwan N° 1731 du jeudi 07 avril 2011
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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 23:40

Aim--Cesaire.jpgUne mangrove ou "un nègre fondamental" au panthéon ! ?

 

Cela deviendra  une réalité à compter de ce jour.Tant pis pour ceux  qui vont verser leur venin de racisme. Car même au Panthéon, le nègre va les emmerder !

 Eh oui Le Grand Aimé CESAIRE (Photo), Un GRAND POÈTE universel qui est décédé en 2008 fera aujourd'hui son entrée au panthéon à Paris.

la cérémonie sera retransmise en direct sur France 2 à partir de 16h35. France Ô a programmé une émission spéciale.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 19:08
 
 
 
Dynamique Comorien de 30 ans, commercial dans une maison de disque en France, Kamal Ben Saïd a créé une Web TV dédiée à son pays d’origine. Le site internet propose divers sujets et reportages. Une première dans l’histoire de l’audiovisuel comorien.

En 2001, dans une période confuse de sa vie, Kamal Ben Saïd a pris la décision de quitter la France où il avait grandi pour s’installer aux Comores. A son retour dans l’Hexagone, fin 2002, il a eu l’idée de créer un site internet, sous forme de forum social dédié aux Comoriens, puis en 2004 la Web TV World4com.tv. Nous l’avons rencontré.

 

Kamal_AFRIK.COM.jpgAfrik.com : Comment vous est venue l’idée de créer World4com.tv ?

Kamal Ben Saïd : A mon retour des Comores, j’allais sur beaucoup de sites internet afro-antillais, et l’idée a été de refaire la même chose mais en version comorienne. Je me suis donc sérieusement penché sur le sujet, à savoir créer un site internet pouvant regrouper toutes sortes de choses sur les Comores. Au début, World4com était un forum de discussion portant sur des sujets qui touchaient principalement les jeunes Comoriens de France. Ensuite, pour attirer plus de monde, on a commencé à proposer des sujets d’interviews de personnalités comoriennes ou d’exemples comoriens qui ont réussi professionnellement. World4com est née en 2004.

 

Afrik.com : Pourquoi cette envie soudaine de « retour aux sources » ?

Kamal Ben Saïd : J’avais vraiment envie d’être l’initiateur d’un portail communautaire pour la rencontre de jeunes Comoriens nés en France. Le but étant d’avoir un point de rencontre sur Internet avec des sujets autres que politique. On organisait des rencontres entre membres du forum en faisant des sorties sur Paris. Objectif : se retrouver entre personnes issues des Comores, retrouver nos identités…

 

Afrik.com : Donc, en clair, World4com.tv est à la fois un Forum social et une Web TV ?

Kamal Ben Saïd : Au début, c’était un portail communautaire. En 2007, c’était un contenu de vidéos, et en 2011 c’est devenu un petit média dont les sujets tournent autour des Comores. Désormais ce ne sont que des vidéos qui sont proposés à nos internautes. Avec la montée fulgurante de Facebook, nous avons perdu beaucoup de visiteurs, nous avons donc été obligés de diriger notre site Internet vers quelque chose d’inédit, « made in Comores ».

 

Afrik.com : Opérez-vous depuis la France seulement ou avez-vous des correspondants aux Comores ?

Kamal Ben Saïd : Tout le monde est en France, mais nous essayons d’avoir un correspondant aux Comores. Pour les reportages à l’étranger, nous nous déplaçons nous-mêmes. On a un statut d’association, nous sommes une équipe de dix personnes, des compétences dans le web développement et certains dans l’audiovisuel, advertising et des gens qui nous aident à travers les réseaux sociaux.

 

Afrik.com : World4com.tv se définit comme la première WEB TV des Comores. Considérez-vous cela comme étant une révolution ?

Kamal Ben Saïd : Totalement ! C’est une révolution, ça c’est sûr. Nous étions précurseurs sur beaucoup de choses, comme le fait de sensibiliser les jeunes dans un premier temps et essayer de faire un contenu vidéo pouvant attirer la communauté.

 

Afrik.com : Quels sont les types de sujets que vous proposez ?

Kamal Ben Saïd : Actuellement on a trois émissions en place : Une émission mensuelle qui s’appelle « Electron Libre » et qui est présentée sous forme de reportage d’une durée de 15 min. Ce sont des reportages d’investigation, rencontrer des Comoriens, d’ici et d’ailleurs, dans leur vie de tous les jours. Nous sommes, pour le moment, allés aux USA, à Londres, au Maroc, au Canada et à Dubaï. Le but est de montrer comment vivent les Comoriens dans le monde. La seconde émission est « Génération E ». On fait des interviews de personnalités comoriennes et on les retranscrit sous forme de portrait. C’est une émission courte de 6 min. Et enfin « 4TV », une émission qui surfe autour de l’actualité comorienne. On discute de sujets culturels, associatifs et des programmes de divertissements. Une prochaine émission, qui s’appellera « les chroniques urbaines de SAM », devrait apparaître en septembre prochain. Le but étant d’aller à l’encontre des gens dans la rue, une sorte de micro-trottoir. Ce programme sera principalement concentré sur les« tendances africaines urbaines ».

 

Afrik.com : Est-ce une Web TV destinée uniquement aux Comoriens ?

Kamal Ben Saïd : Non, c’est une très bonne carte de visite pour ceux qui souhaitent découvrir les Comores. J’invite d’ailleurs tout le monde à suivre nos reportages. A chaque fois que je rencontre un autre Africain, il a envie de faire la même chose pour son pays.

 

Afrik.com : La communauté comorienne de Marseille est très bien organisée et représentée. Serait-ce aussi l’une des raisons qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet ?
 

Kamal Ben Saïd : Pas du tout. Je sais que c’est un endroit à fort potentiel en termes de richesses personnelles. Mais ce n’est pas du tout pour ça que je me suis lancé dans ce projet. La communauté comorienne de Paris est à mon sens plus dynamique.

 

Afrik.com : On sent en vous une certaine amertume vis-à-vis de la communauté comorienne de Marseille…
 

Kamal Ben Saïd : On a fait une opération d’un week-end à Marseille en décembre 2007 pour présenter le projet. Les gens semblaient attentifs, mais derrière ça ne suivait pas. Sensibiliser les jeunes Marseillais n’a pas été une réussite.

 

Afrik.com : Avez-vous des chiffres officiels en termes de visites ?
 

Kamal Ben Saïd : J’ai des chiffres, mais je ne suis pas en mesure de les communiquer pour le moment. En gros World4com, par an, c’est 2,5 millions pages vu et 40 000 visiteurs uniques par mois.

 

Afrik.com : On s’aperçoit que les vidéos sont majoritairement destinées à une population de jeunes. Et les autres ?
 

Kamal Ben Saïd : La cible est jeune, c’est clair ! Les générations 80 et 90. Mais à partir de 2011,« Electron libre » sensibilisera la tranche d’âge des 40-50 ans. On aura un nouveau réseau de diffusion et on touchera une cible plus âgée et plus familiale. Cela peut aussi se traduire par le fait que World4com ne traite pas des sujets politiques, et c’est ce qui intéresse les plus âgés.

Afrik.com : Quels sont vos projets ?

Kamal Ben Saïd : Trouver de nouveaux réseaux de diffusion et devenir une plateforme de production. Nous espérons devenir, à long terme, une petite start-up.

- Le site World4com.tv

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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