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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:59

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /  Interview

Houmed M’saidié, secrétaire général de la CRC :

« La CRC a donné congé à Bolero pour accomplir une mission d’intérêt général »

        

 

Moroni, vendredi 12 Octobre 2012 (HZK-Presse) Quelques heures après la nomination de Boléro comme directeur de cabinet en charge de la défense, les réactions tombent de partout. Pour la CRC, Bolero n’est pas au gouvernement sous l’étiquette du parti, mais ils l’appuieront pour accomplir sa mission. Pour en parler Houmed M’saidié, secrétaire général de la CRC répond aux questions de La Gazette/HZK. Interview

 

Question : Quelle est votre réaction par rapport à la nomination de Bolero comme directeur de cabinet en charge de la défense?

 

Houmed M’saidié : D’abord on le félicite à deux titres. En 2010, ensemble avec la convergence et la grande majorité de la population mohélienne se sont battus pour que la tournante mohélienne ait lieu. Il ne faut pas quand même oublier que l’ancien président Sambi et la plupart des élus voulaient s’éterniser au pouvoir. Il y a eu un combat et Bolero faisait partie des leaders de ce combat. Ensuite, j’ai noté dans mes discussions avec beaucoup de dirigeants politiques de Mohéli, plus particulièrement ceux de l’opposition que tous ont envie que la tournante mohélienne réussisse. Et à ce titre, je crois qu’il fait partie de ceux qui peuvent apporter leur pierre pour que cette tournante réussisse. On en a discuté et il m’a dit de parler en tant que secrétaire général du parti et on a parlé lorsqu’il a été reçu par le chef de l’Etat. J’ai compris la démarche et le parti lui a donné congé pour accomplir une mission d’intérêt général. Puisque vous savez très bien que les partis sont des organisations partisanes et là on lui a demandé d’accomplir une mission d’intérêt général et on a accepté. Ce qui ne veut pas dire que la CRC est au pouvoir. Non, ce monsieur Bolero, ancien secrétaire fédéral actuellement en congé qui a été sollicité par le chef d’Etat pour accomplir une mission et bien sûr nous appuierons cette mission si elle va dans le bon sens effectivement de l’intérêt général. Si cette mission va dans le sens du développement socio-économique du pays. Mais nous gardons notre statut de parti de l’opposition.

 

Question : A vous entendre, la CRC ne fait pas son entrée dans le gouvernement Ikililou ?

 

H.M : On n’a pas discuté avec le chef de l’Etat et on ne sait pas quand cela viendra. En tous cas le président nous avait sollicités pour la commission anti-corruption, on a donné notre accord et on a désigné un des nôtres. Mais ce Bolero lorsqu’il s’est entretenu avec le chef de l’Etat, il est venu nous en parler. On a donné notre accord à Bolero mais le parti en tant que tel n’a pas eu de discussion avec le chef de l’Etat sur ses orientations immédiates et futures. Donc on ne peut pas parler d’une entrée de la CRC au sein du pouvoir actuel.

 

Question : Cette nomination peut-on la considérer comme une rupture avec de l’époque Sambi ?

 

H.M : Attendons voir. Nous le souhaitons parce qu’il y a eu des pratiques particulièrement répréhensibles qui relèvent des délits et qui jusqu’à preuve du contraire n’ont pas connu de suite judiciaire alors que la justice en est saisie. Donc ce n’est pas par une nomination que nous allons dire que les choses ont changé. Nous attendons à voir des actes concrets. C’est vrai que quelque part c’est un coup de semonce.

 

Question : Sa nomination a-t-elle une couleur insulaire ?

H.M : Bolero a dépassé ce cadre. C’est vrai qu’en tant qu’originaire de Mohéli, il était dans le combat pour la tournante mohelienne et il était aussi candidat à Mohéli pour la présidentielle. Mais il a dépassé largement ce cadre. C’est pourquoi j’ai dit : attendons voir la prochaine semaine ce qui va se passer et après on pourra apprécier. Mais je sais que sa nomination répond à une mission par rapport au devenir immédiat du pays et au programme affiché par le président de la République. Mais maintenant, c’est l’affaire de Bolero et avec le président qui l’a nommé mais la CRC a toujours sa position et le maintient jusqu’à preuve du contraire.

 

Propos recueillis par Mohamed Youssouf

121012/my/hzkpresse/06h00

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:56

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Coopération entre Paris et Moroni :

Philipe Lacoste prône l’instauration de nouvelles bases sur la question de Mayotte

        

 

Moroni, vendredi 12 Octobre 2012 (HZK-Presse) L’ambassadeur de France à Moroni M. Philipe Lacoste s’est entretenu durant 38 minutes avec deux journalistes de l’ORTC dans une émission diffusée le vendredi 05 Octobre. Le diplomate français a passé en revue la coopération bilatérale entre Paris et Moroni. Sur la question de l’île comorienne de Mayotte, l’ambassadeur estime qu’il serait bien de « partir sur des nouvelles bases ». L’ambassadeur est revenu sur les problèmes de délivrance des visas depuis le mois d’août dernier.

 

L’ambassadeur de France à Moroni a répondu aux questions des journalistes de la télévision nationale dans une émission diffusée vendredi soir à 19h 45mn. Sur la question de l’île comorienne de Mayotte, pomme de discorde entre la France et l’Union des Comores, « de nouvelles bases devront être instaurées dans l’intérêt des deux parties ».

 

Selon lui, intensifier la coopération bilatérale dans le domaine de l’économie serait « une option intéressante ». D’ailleurs, le diplomate a précisé, que la France reste toujours le premier partenaire économique des Comores, en s’appuyant sur les projets conjoints de développement tels que le Co-développement et le Programme d’appui au secteur de la santé aux Comores pour ne citer que ces ceux-là.

 

A propos des visas d’entrée dans l’espace Schengen, le diplomate français a signifié « qu’un dossier bien ficelé bénéficie d’une délivrance de visa ». Il s’agit selon lui d’un dossier qui « ne présente aucune falsification et qui répond parfaitement aux conditions requises ». Le cas des demandeurs de visa désirant se rendre en France, à la Réunion ou à Mayotte pour des raisons médicales refusé, a été posé.  « Malheureusement, ces cas sont enregistrés, a reconnu l’ambassadeur tout en précisant qu’il s’agit là des conséquences de plusieurs réseaux de fraudeurs démantelé ».

 

Du coup la moindre défaillance constatée sur un dossier, le décrédibilise. M. Philipe Lacoste a même donné  un exemple des femmes enceintes désirant accoucher à l’Hexagone qui prétendent vouloir rendre visite à des familles au lieu de présenter un certificat médical précisant la raison de ce choix, telle une complication de la grossesse.

 

Sur la question des nouveaux passeports biométriques comoriens, l’ambassadeur a expliqué qu’ils ont finalement décidé de délivrer des visas d’entrée en France mais pas dans l’espace Schengen. « La raison est simple, les polices de la zone n’ont pas été informées des nouvelles mesures de sécurité incrustées dans les ces nouveaux passeports ».

 

A propos de la place de la France dans le développement  de l’Union des Comores, l’ambassadeur a estimé que son pays  joue le rôle d’avocat dans le dossier des Comores aux instances internationales dans le cadre de l’Initiative pays pauvre très endetté (IPPTE), dont l’archipel converge vers le point d’achèvement. Avant de finir l’entretien, l’ambassadeur de France à Moroni a fait part de sa confiance quant à un avenir meilleur de ce vieux couple franco-comorien.

 

Liyassian Iliasse Mohamed

121012/lim/hzkpresse/09h00

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 22:44

Le Président de l'Union des Comores, Ikililou, avant de prendre l'avion ce jour (mercredi 10 octobre 2012) pour la RDC (le Congo Kinshasa) afin de participer au sommet de la francophonie a promulgué deux décrets relatifs à deux nominations importantes. D'autant plus qu'elles touchent à la défense et à la sécurité du pays. Ces deux décrets concernent Hamada Madi Boléro, un cadre influent de la CRC, le parti politique de l'ancien Président de l'Union, le colonel Azali et ancien premier ministre (justement sous Azali) qui est désormais le Directeur de Cabinet à la Présidence de l'Union, chargé aussi de la Défense  en remplacement de Mmadi Ali et le Colonel Youssouf Idjihadi qui devient le nouveau Chef d'Etat Major de l'AND (Armée Nationale de Développement).

En réalité, pour Boléro, ce n'est pas du tout une surprise car il était attendu à ce poste depuis longtemps. En effet, même si Boléro faisait semblant de s'opposer à Ikililou, il y a toujours eu une certaine connivence entre les deux hommes. Non seulement, ils sont tous les deux issus de la même région, Mdjoiezi sur l'île de Mwali mais avant de devenir Vice-Président de Sambi en 2006, Ikililou faisait partie de ces cadres de Mwali qui soutenaient Bolero. Il était même son Directeur de  campagne il ya quelques années quand il était candidat à des élections législatives. Ce n'était pas pour rien que Boléro, candidat malheureux aux primaires insulaires lors des dernières présidentielles, avait préféré garder le silence au lieu de soutenir un des deux candidats de l'opposition ! Boléro a toujours été un conseiller officieux du Président de l'Union.

Quant au Colonel Youssouf  Idjihadi, depuis mai dernier il était le Commandant de la Gendarmerie. il remplace un autre Colonel, Abdallah Gamil en mission actuellement au Maroc.

Le limogeage du Colonel Gamil n'est pas aussi une surprise. On en parlait beaucoup ces derniers temps. On comptait même les jours. Mais ce qui est maladroit et ridicule c'est de l'avoir fait alors qu'il est en mission importante jusqu'au 12 courant à l'étranger. Pourquoi il était impossible d'attendre la fin de sa mission ? Quelle image piteuse le Président de l'Union donne des Comores à l'extérieur !!!!!

 Halidi Allaoui

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ARMEE
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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 20:09

Enseignement au rabais, un danger pour l’avenir des Comores

 

Par amour pour mon pays natal, je ne peux pas rester indifférent, en découvrant par hasard sur une page publicitaire du journal Al-watwan, qu’une école privée forme des médecins aux Comores.

 

 L’idée de former nos médecins  aux Comores est excellente en soi, malheureusement notre pays ne dispose pas encore de  ressources humaines et financières suffisantes pour créer une faculté de médecine digne de ce nom.

 

 Aussi, il faut reconnaître que la formation de médecins est tellement délicate et complexe pour être confiée à des privés dans un pays comme le nôtre où les familles ne pourront  pas financer les études de leurs enfants dans une école de médecine digne de ce nom. Car cela suppose un investissement colossal compte tenu du coût de la formation laquelle nécessite des spécialistes  qualifiés  aussi  bien dans le domaine scientifique pur (mathématiques, physiques- chimie, biophysiques, biochimie...) que médical alors que notre pays ne disposent pas suffisamment  de cadres supérieurs. Et l’invitation des missionnaires étrangers  pour dispenser des cours, en dehors d’une coopération bilatérale ou multilatérale coûterait extrêmement cher, donc insupportable pour une école privée qui cherche des profits dans un pays pauvre comme le nôtre.

 

C’est pourquoi en ma qualité de simple citoyen soucieux de l’avenir de son pays, je ne peux pas m’empêcher de condamner l’indifférence ou la complicité des politiques et des intellectuels Comoriens  qui privilégient les disputes pour le pouvoir avec la complicité d’une notabilité  manipulée, victime des manœuvres politiciennes et sectaires des siens.

 

Je ne peux  ni sous estimer  mon pays, ni mépriser les gens, mais je voudrais savoir, en dehors de considérations légales ou juridiques,  le lieu de stages  des étudiants  de cette école privée et le profil des  praticiens susceptibles d’encadrer ces jeunes carabins.

 

Néanmoins, je ne souhaiterais pas qu’on forme aux Comores des médecins et des para-médicaux au rabais, et qu’on abuse des familles soucieuses de l’avenir de leurs enfants. En fait, ces familles font  naïvement confiance aux gens venus d’ailleurs et aux autorités Comoriennes. Un enseignement au rabais, un danger pour l’avenir des Comores, sans aucun doute.

 

Je pèse mes mots et assume toutes mes responsabilités en qualifiant respectivement de bandits les propriétaires  de cette école privée et d’irresponsables tous ceux qui ont autorisé des  étrangers à former des médecins et des dentistes aux Comores sans se soucier de la qualité de la formation et du risque d’un enrichissement illicite sur le dos des Comoriens qui seraient tenter d’inscrire leurs enfants  dans les filières médicales et para-médicales.

 

Des  Africains  avec un niveau de vie très élevé par rapport à celui des Comoriens  n’ont pas encore tenté cette aventure de confier  à des boîtes privées la formation de leurs médecins.

Dans des  pays Européens comme la France où l’enseignement est au cœur des priorités  des autorités, la formation des médecins reste l’apanage des universités publiques, par contre certaines grandes écoles d’ingénieurs et de commerce aussi  prestigieuses sont dans les mains des sociétés privées.

 

 Il appartient aux autorités de prendre la mesure de la gravité de cette affaire afin de mettre un terme à ce scandale en interdisant aux sociétés privées de former des médecins, et des para-médicaux dans leurs établissements.

 

 La politique ne doit pas s’immiscer dans une affaire privée compromettant les intérêts de notre pays. En effet, il ne s’agit ni plus ni moins que  d’une tromperie de la part des individus qui veulent s’enrichir au dépens des Comoriens en échange d’une illusion.  Par conséquent,  la  responsabilité  des autorités compétentes sera engagée en cas de complaisance.

 

 

Docteur Abdou Ada Musbahou

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 20:25

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Affaire des lingots saisis à l’aéroport :

Le tribunal ordonne la restitution des 49 kg d’or 

 

Moroni, mercredi 03 Octobre 2012 (HZK-Presse) La cour d’appel de Moroni vient de décider une main levée sur les 49 kg d’or qui étaient saisis par la douane. Cela signifie que les voyageurs qui étaient appréhendés avec cette marchandise d’une valeur de 600 millions de francs comoriens (1,2 millions d’euros) peuvent la récupérer moyennant 120 millions fc de caution qui seront déposés au greffe. Une décision qui constitue un revirement de la cour d’appel, d’où l’inquiétude de la douane.

 

L’histoire de l’or saisi par la douane comorienne fait encore des vagues. L’affaire remonte au mois de mai dernier. Le 25 mai, deux malgaches étaient attrapés avec 3 lingots d’or (soit 13 kg). Le lendemain, deux autres étrangers de passage à Moroni pour Dubaï sont aussi interpellés, cette fois, avec 48 kg. Dans les deux cas, la marchandise était saisie par la douane et précieusement gardée dans les coffres de la Banque centrale.

 

Cette dernière a considéré cette détention comme une infraction douanière. Elle parle de « prohibition surtout que les détenteurs de l’or n’avaient aucune pièce justificative pour attester la provenance et la propriété de cette marchandise ». Dans les deux cas, les avocats des supposés trafiquants ont assuré que « leurs clients étaient en transit et donc protégés par la convention de Varsovie ».

 

Dans les deux cas, le tribunal de première instance a ordonné la main levée sur cette saisie de la douane. Mais la douane a interjeté appel. Deux appels qui vont connaitre deux verdicts différents. Dans la première affaire qui concerne les 13kg d’or, la cour d’appel a renvoyé les deux parties à transiger conformément au code des douanes. Et la douane a pu obtenir des détenteurs de l’or, 50 millions fc en guise d’amende.

 

Mais pour la deuxième affaire la justice change de position. Dans un arrêt du lundi 1er octobre dernier, la cour d’appel a ordonné « la main levée de la saisie pratiquée sur les 49kg d’or » sous condition que les détenteurs « versent aux comptes du greffe du tribunal de Première instance de Moroni ». Une décision qui constitue un revirement dans la jurisprudence de la cour d’appel en si peu de temps. Et l’opinion se pose, du coup un certain nombre de questions.

 

L’on se demande d’abord pourquoi ce revirement ? Pourtant, des douaniers estiment que « ce deuxième cas est encore plus grave que le premier. Cette fois, les voyageurs sont arrivés à bord d’un avion privé. Des faits qui justifient une contrebande. Et pire encore, selon les enquêtes de la douane, ce n’est pas la première fois que ce groupe opère dans le pays ». L’on s’interroge aussi comment une marchandise de 600 millions a pu être cédée pour 120 millions de caution? Et surtout pourquoi restituer l’or aux voyageurs alors que « ils nient être les propriétaires de la marchandise », selon le procès verbal de la douane.

 

A.A. Mguéni

031012/aam/hzkpresse/11h00

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 23:02

Hommage à Andhume Houmadi , interview du Docteur Ahmed-Chamanga Mohamed

Andhum portrait L’intellectuel par excellence à Tsémbéhou,

c’est bien évidemment feu Andhume Houmadi, juriste de formation, auteur de textes littéraires et aussi personnalité politique.

Né en 1952 à Tsémbéhou, il nous quitta brutalement le 23 novembre 2000. Docteur Ahmed-Chamanga Mohamed, linguiste, éditeur et enseignant-chercheur à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) de Paris a été un fidèle ami de feu Andhume. Tsémbéhou Nouvelle Génération l’a rencontré, malgré son emploi du temps très chargé, pour nous parler, en guise d’hommage, de ce regretté.


Tsémbéhou Nouvelle Génération : Dans quelles circonstances avez-vous fait la connaissance de feu Andhume Houmadi ?


J’ai connu Andhume, pour la première fois en 1964. En effet, cette année-là, il avait commencé sa classe de CM1 ou CM2 (je ne m’en souviens plus très bien) à Ouani avant de regagner son village de Tsembéhou, je crois un mois après, quand la classe a été ouverte là-bas. Ensuite, après le concours d’entrée en 6e, nous nous sommes retrouvés au lycée annexe de Mutsamudu en 1965.


TNG : Quel genre d’homme était-il alors ?


 Nous étions de jeunes élèves à l’époque. Andhume était, comme moi, un garçon assez réservé ; mais il était brillant en classe, cela s’était remarqué dès les premiers jours.


 TNG: Pouvez-vous nous parler de son parcours scolaire et universitaire ? 


Après l’école primaire à Mtsimba-Ntsi (Bambao Mtruni) et brièvement à Ouani, Andhume est entré en 6e à Mutsamudu, comme moi. L’internat avait renforcé notre amitié. Nous formions, avec Ali Ben Said, élève originaire de Mohéli aujourd’hui médecin, un trio qui occupait, jusqu’en 3e, les trois premiers rangs aux examens. Nous étions d’ailleurs les trois seuls reçus à l’examen du B.E. (Brevet élémentaire)

d’Anjouan, et parmi les cinq reçus de l’archipel. À partir de la 4e, Andhume était devenu le meilleur élève de notre promotion en français. Ses rédactions étaient très souvent citées et lues en classe. A partir de la seconde à Moroni en 1969, nos chemins se sont quelque peu écartés. Mais, nous sommes toujours restés amis. Après le baccalauréat en 1972, Andhum s’oriente vers des études de droit à Rouen, puis à Paris. Après ses études, il rentre aux Comores, dans les années quatre-vingts (je ne me rappelle plus de la date exacte), où il a occupé différents postes au tribunal et au ministère de la justice. Il a également enseigné à l’école nationale d’administration.


 TNG: Vous avez tous les deux milité au sein de l’ASEC (Association des Stagiaires et Etudiants des Comores) en France. Parlez-nous du militant qu’il a été.


Quand Andhume était à Rouen, on ne peut pas considérer qu’il était militant de l’ASEC. Il l’était devenu après son installation à Paris. Mais au moment où il s’engageait dans le mouvement « asecois », moi j’ai entamé ma sortie, car je ne partageais plus l’orientation prise par la nouvelle direction de l’ASEC : j’estimais qu’on se trompait de combat. Dès lors nos positions politiques ont divergé. Aussi, ne pourrai-je pas vous dire plus sur sa vie militante.


 TNG: L’Asec a publié au début des années 80 un recueil de nouvelles, qui est, de fait, la première publication comorienne d’expression française. Est-ce vrai que feu Andhume a fait partie des auteurs anonymes ? De quoi parle sa nouvelle ? Enfin, quel a été l’objectif d’une telle entreprise ? 

Chamanga5

 

Il semble effectivement qu’Andhume est co-auteur de ce recueil. Mais je n’en sais pas plus, car je ne faisais pratiquement plus partie de l’ASEC et, je n’ai jamais eu de discussion avec lui sur ce sujet. Mais cela ne m’étonne pas car il avait une belle plume.

 

TNG: En tant qu’éditeur, vous avez publié en 2005 un roman posthume de feu Andhume. Il s'intitule AUX PARFUMS DES ÎLES. Honnêtement qu’est-ce qui a motivé ce choix éditorial?


Aux Parfums des IlesComme je vous l’ai dit, j’étais resté ami avec lui, malgré nos « divergences » politiques. Quand, en 1998, je lui ai fait part de mon intention de créer une maison d’édition, il m’avait beaucoup encouragé. Connaissant ses capacités d’écriture, j’en ai profité pour lui demander de me proposer un texte à publier. Un an plus tard, lorsque nous nous sommes revus, il m’avait assuré qu’il avait quelque chose en chantier et qu’il me le remettrait dès que possible.

Quand, en novembre 2000, il est frappé par une brutale et terrible maladie, il a pu, avant de partir, confier à son épouse de me remettre son manuscrit inachevé. Pour des raisons que vous comprendrez bien en pareilles circonstances, je n’ai reçu le document qu’un an plus tard. Pour moi, c’était un devoir moral de sortir son texte et une façon de lui rendre hommage. Certes, le texte n’était pas bien au point. Car c’était un premier jet. Il n’a pas eu le temps de le finir, de le relire et de le reprendre. En même temps, il traitait d’un sujet qui me tenait à cœur : la lutte contre le séparatisme. Sur ce point, nous étions tous les deux totalement en phase. J’ai donc jugé utile de publier son roman, après avoir apporté quelques petites corrections d’orthographe et de forme. Je regrette toutefois de n’avoir pas suffisamment médiatisé ce roman. Mais l’œuvre est là : elle mérite d’être défendue. Avec d’autres, je m’y attellerai.


 TNG: Feu Andhume Houmadi s’est aussi intéressé à la politique. Une activité qui l’a même conduit en prison. Si vous nous parliez d’Andhum, le militant politique ?


 C’était tout naturellement, une fois rentré au pays, qu’Andhume était devenu membre actif du Front démocratique dont il était certainement un des membres fondateurs. C’est à ce titre qu’il a été en prison, suite à la tentative du putsch de 1985 dont le Front a été l’instigateur. Je ne peux pas en dire plus, vu que j’étais assez loin de cette agitation. Nous avions repris contact en 1988, quand je suis allé en vacances. Depuis, je ne manquais pas d’aller lui rendre visite régulièrement à Moroni lors de mes passages au pays tous les ans. Il en était d’ailleurs très sensible à ce geste d’amitié. Nous nous échangions beaucoup, mais j’évitais toute discussion politique, même s’il insistait souvent à ce que je rejoigne le Front Démocratique. Vers la fin de sa vie, il se plaignait beaucoup de l’incompréhension de ses camarades du parti quand il devenait de moins en moins militant du Front démocratique, pour des raisons professionnelles, vu sa position au parquet de Moroni où il était soumis à un devoir de réserve. Je sentais en réalité qu’il commençait à se poser des questions sur son engagement dans un parti dont les méthodes et la pratique devenaient de plus en plus contestables…


 TNG: Un petit mot sur sa carrière professionnelle.


 Dans ce domaine, je suis mal placé pour vous en parler, car je connais peu de chose sur cette carrière. Ce que je sais, c’est qu’il avait gardé un très mauvais souvenir au tribunal de Mutsamudu, dans une île où le clivage social entre « kabaila » et « mmatsaha » demeurait encore très vivace. Son expulsion de sa maison de fonction, avec des méthodes d’un autre âge, l’avait très marqué. A Moroni, capitale des Comores, il se sentait plus à l’aise et, en tout cas, plus épanoui.


Propos recueillis par Oirda Dahilou 

Source (Tsembéhou Nouvelle Génération)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 09:35
Nassur Djailani, le jeune poète, nouvelliste et journaliste  franco-comorien natif de Mayotte et âgé de 31 ans, a reçu les honneurs de la république française samedi dernier (15 septembre 2012), lors d'une cérémonie organisée et présidée par le Prefet de l'île, Monsieur Thomas DEGOS sur son île natale.
Au nom de la ministre française de la culture, Aurélie Filippetti, le préfet Thomas Degos a élevé Nassuf Djaïlani, "l'enfant du pays, à la fois Comorien, Mahorais, Malgache et Français" au grade de chevalier des arts et des lettres.

CULTURE :"Nassuf Djaïlani devient chevalier des arts et des lettres"
Photo : Nassur Djailani à côté du  préfet Degos 

Le préfet de Mayotte n'a pas manqué dans son intervention de rappeler l'excellent recueil de poèmes "Roucoulement" du récipiendaire publié chez Komédit en 2004 lequel lui a valu le grand prix littéraire de l'océan Indien en 2006 et de préciser à juste titre ceci :  "Ce qui vous caractérise, c'est la volonté de ne pas être spectateur, d'être acteur de votre histoire et de construire votre identité".
 
  Pour rappel, Mayotte est une île des Comores qui est sous administration française. Une situation jugée contraire au droit international par les instances internationales.
 
Tous ceux qui ont lu les oeuvres de Nassur Djailani ont effectivement  remarqué avec allégresse qu'il n'est pas du genre à massacrer son Histoire et à renier sa comorianité,  contrairement à beaucoup de jeunes de son île natale.  Il refuse de faire l'amalgame entre la politique politicienne, son Histoire et son identité.
 
En réalité, Nassur Djailani est tout simplement un GRAND POETE DE LA LUNE. "Jeune poète" n'est qu'un trompe l'oeil.
 
Nassur Djailane  est actuellement directeur de la publication Project-îles, revue d'analyse, de réflexion et de critique sur les arts et les littératures de l'Océan indien. Il est aussi co-auteur de l'exposition "Dire l'île, ce vert paradis de mon enfance", qui a lieu en ce moment dans les barges du STM à Mayotte.
 
Tous mes respects cher ami. Je t'envoie aussi mon admiration poétique qu'il convient d'attraper avec tes deux mains talentueuses. Sans oublier mon clin d'oeil lunaire cher Nassur !

"Déterrer mon archipel acculé à l’ombre des nations,
narrer mes îles amoureuses,
rattraper mon île pressée de s’en aller,
japper mon archipel tiraillé,
roucouler mes îles chamailleuses,
désaliéner mon île aliénée,
enchanter mes îles désemparées,
choyer mon archipel meurtri,
raisonner mes îles querelleuses,
épeler mon île hippocampe,
dérider mon archipel attristé,
caresser mes îles douce-râpeuses,
affronter mon île rebelle,
hisser mon archipel englouti dans les ténèbres,
recoudre le tissu de mes îles défaites,
plonger puis replonger mon archipel
dans une partouze éternelle.
"

 

Ci-dessous une bibliographie non exhaustive de Nassur Djailani

 

Poésie

 

  • Le songe... d'une probable renaissance, suivi de roucoulement, remanié avec la traduction en anglais par Carole Beckett, éd. Komedit, 2010
  • Roucoulement, 2006
  • Spirale, aux éditions Les Belles Pages, Marseille, 2004

    Théâtre
  • Les balbutiements d'une louve, éd. Coelacanthe, 2011

    Nouvelle:
  • Une saison aux Comores, Komedit, 2005, réédité 2006


Publications en revue :

 

- Dans le vertige du trumba - Riveneuve Continents, juin 2005

- Le théâtre mahorais part à la rencontre du monde, Riveneuve Continents, 2006
- Moisson de lettres indianocéanes, Riveneuve Continents, juin 2006
- « Echanger en changeant, sans se perdre » perdre », Ubu-Scène d'Europe, juillet 2006

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 10:08
Chers compatriotes
 
Nous avons besoin de toutes et de tous pour le triage et la mise sur palettes du matériel médical au profit de l'hôpital de Hombo et des autres hôpitaux périphériques de l'île Comorienne d'Anjouan.
Pour ce faire, des humanitaires du Lions club attendent chaleureusement leurs amis Comoriens, le lundi 24 septembre et le mardi 25 septembre 2012, à partir de 8h30 au 24, avenue Gambetta 95270 VIARMES.

Pour tout renseignement appelez au 0760897556
 
Docteur Abdou Ada Musbahou
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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANNONCES
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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 19:47
Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)
 
Comores /  
Nouveau passeport biométrique :
L’ambassade de France bloque les visas sur les nouveaux passeports

 

 
Moroni, jeudi 13 septembre 2012 (HZK-Presse) Les autorités comoriennes ont récemment mis en circulation des nouveaux passeports biométriques. Mais ces passeports ne sont pas encore reconnus par l’ambassade de France, ce qui complique la délivrance des visas, surtout pour les étudiants désireux de se rendre dans ce pays.
 
Dernièrement, le gouvernement comorien a mis en circulation des nouveaux passeports biométriques pour leurs ressortissants. Cette mise en circulation du précieux document de voyage n’est pas encore connue au niveau international. « Dès qu’un Etat met en place un nouveau titre de voyage, il doit suivre des procédures internationales afin que les autres pays reconnaissent ce document », lit-on dans un communiqué de presse de l’ambassade de France auprès de l’Union des Comores.
 
Dès réception de ce modèle type du nouveau passeport le 20 Août dernier, l’Ambassade de France à Moroni qui représente à Moroni les Etats de l’Union Européenne l’a immédiatement transmis aux services compétents pour diffusion à tous les pays de l’espace Schengen. « Un comité d’experts se réunira à Bruxelles dans les prochaines jours pour la validation de ce document. Cette étape est nécessaire pour que le passeport soit reconnu par la police de frontière », précise ce communiqué.
 
Face à cette situation, l’Ambassade de France à Moroni attend la décision du comité européenne car sans cette décision, l’Ambassade de France ne délivrera pas des visas sur le nouveau passeport comorien. « Sans l’autorisation du comité européen, l’Ambassade de France ne peut pas délivrer de visa pour le nouveau passeport comorien », ajoute ce communiqué.
 
Toutefois, elle continue d’examiner toutes les demandes des personnes qui disposent d’un passeport « ancien modèle » en cours de validité. Interrogé sur cette question, le ministère de l’intérieur attendait cette réaction de leur part. « Arrivé à ce stade, c’est l’affaire des diplomates », lance Mohamed Abbas Elhad, le directeur de cabinet du ministre de l’intérieur.
 
Pour rappel, ce nouveau passeport biométrique avait causé des problèmes pour les étudiants qui devaient partir à l’étranger poursuivre leurs études. Mais l’Ambassade de France à Moroni semble avoir trouvé une solution.
 
Mohamed Youssouf
130912/my/hzkpresse/09h00
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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 21:12

Une proposition – une seule parmi les 53 que nous avons faites dans le rapport sur Mayotte que j’ai présenté avec mes collègues Christian Cointat (UMP) et Félix Desplan (rattaché PS) - suscite un faux procès à Mayotte. Cette proposition (n°24) est la suivante : « Mettre fin au "visa Balladur" qui n’a aucunement mis fin à l’immigration illégale et lui substituer un dispositif d’attribution de visas plus réaliste et rigoureux afin de mieux maîtriser l’immigration ».
Cette proposition est claire. Nous pensons qu’il faut mettre en place un dispositif « plus réaliste et rigoureux » que le « visa Balladur ».
Cette proposition est détournée et dénaturée dans plusieurs prises de positions qui nous accusent d’un laxisme qui n’est nullement notre position.
Car quelle est la réalité ?
La réalité est que le « visa Balladur » prévoit des règles strictes pour l’immigration depuis les Comores vers Mayotte. Mais que ces règles n’ont aucun effet. Elles sont contredites tous les jours et toutes les nuits par une immigration massive qui conduit des êtres humains à embarquer très nombreux dans des barques de fortune – les kwassas kwassas – au plus grand bénéfice des passeurs,  au péril de la vie des passagers et au risque quotidien de tragédies toujours plus nombreuses. Comme on vient encore de l’apprendre.

Face à cette réalité et à ces tragédies, notre rapport qui, faut-il le redire, est cosigné par des sénateurs de l’UMP et du PS, refuse la politique de l’autruche et lance un appel très précis : il faut revoir ce dispositif, mettre en place des règles plus « réalistes » et « rigoureuses » (les deux termes sont importants),  sauver des vies, instaurer enfin une maîtrise de l’immigration qui n’existe pas aujourd’hui et apporter des solutions concrètes aux problèmes très difficiles que pose la situation actuelle pour Mayotte et les Mahorais. C’est ce que le gouvernement s’apprête à faire suite à la mission que vient d’accomplir sur place Alain Christnacht – ce qui est assurément positif.

Jean-Pierre Sueur

10 septembre 2012

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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