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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 12:03

"KIARA ET MAYLOR", le dernier roman de Coralie Frei est un vrai régal.

Les premiers mots remuent la curiosité et incitent à sa lecture pour découvrir une belle histoire authentique d'un jeune couple des années 60 formé à Ouani, sur l'île d'Anjouan, aux îles Comores.

L'histoire de Kiara,  une amie d'enfance de l'auteure, et Maylor, "un jeune homme peu conventionnel mais très original " est celle de deux " presqu'enfants (qui, non seulement, ) se sont rencontrés,  se sont plus et se sont aimés " mais ont aussi osé "bravé les préjugés de leurs naissances,  ont contourné les obstacles qui se dressaient sur leur chemin et sont parvenus à former,  contre vents et marées,  le couple de rêve qu'ils sont encore ce jour..."

Avec ce quatrième roman en langue française, l'on retrouve et reconnaît facilement  Coralie Frei car elle est tout simplement restée fidèle à son style. 
Un style poignant que j'aime et apprécie.  Il me caresse et m'adoucit :  de la fluidité, des mots profonds et doux, des images colorées et réalistes, ... Un mélange de brutalité et d'amour et une belle leçon de combat.
 
Et voilà.  Comme d'autres lecteurs, je suis tombé dans le piège de "Kiara et Maylor " et de Coralie Frei. Je n'arrive plus à les lâcher. Un vrai régal !

Bonne et belle lecture. 

Halidi Allaoui 

https://t.co/xEV0hoQNRK

LITTÉRATURE / " KIARA ET MAYLOR ", LE DERNIER ROMAN DE CORALIE FREI EST UN VRAI RÉGAL
LITTÉRATURE / " KIARA ET MAYLOR ", LE DERNIER ROMAN DE CORALIE FREI EST UN VRAI RÉGAL
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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 07:46

Mon cri reste le même :

Feu Soidridine Abdallah, 
 l'homme du scoutisme ouanien,
Un amoureux  de la culture
L'éducateur 
Un grand Monsieur 

 Il est temps que Ouani ( Ndzuwani - Comores) rende à Feu Soidridine Abdallah, ce qui lui appartient. Et à d'autres personnalités de la ville. Cela contribuera à la grandeur et à une vraie politique culturelle et touristique de notre ville. 
Que l'actuel Maire et tous ceux qui prennent les décisions entendent mon cri !

Halidi Allaoui 

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 11:16

"Petit pays, je t'aime beaucoup 
Petit pays, je l'aime beaucoup "
Cesaria Evora 

Nous n'y sommes pas depuis des années. Pourtant, nous en parlons quasiment tous les jours.
Eh oui, ce pays nous habite même si nous n'y habitons pas. Ce pays m'habite même si je n'y habite pas.

Ce beau pays mystérieux nous hante et hantera toujours. Malgré ce qu'il est et ce qu'il subit,  ce pays est une vraie thérapie pour moi.  À chaque fois que j'y suis, je me sens bien. Pourtant, je n' y reste pas !!!! ????  Ah ! le paradoxe. Nostalgique,  mélancolique...?
 Mes Cris d'ici et d'ailleurs 
Oh, je scrute mes îles lunaires

Halidi Allaoui 

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 20:21

 Beaucor vous donne rendez-vous à la foire "made in Comoros " qui se tiendra à l'hôtel le Retaj  à  Moroni,  la capitale des Comores,  du 5 au 7 novembre 2018.
Madame Karima Jaffar ( Karida Jaffar), la patronne de Beaucor et son équipe vous réservent d'agréables surprises. 
" Votre beauté,  Notre passion "
 

BEAUCOR À LA FOIRE MADE IN COMOROS DU 5 AU 7 NOVEMBRE 2018 À MORONI
BEAUCOR À LA FOIRE MADE IN COMOROS DU 5 AU 7 NOVEMBRE 2018 À MORONI
BEAUCOR À LA FOIRE MADE IN COMOROS DU 5 AU 7 NOVEMBRE 2018 À MORONI
BEAUCOR À LA FOIRE MADE IN COMOROS DU 5 AU 7 NOVEMBRE 2018 À MORONI
BEAUCOR À LA FOIRE MADE IN COMOROS DU 5 AU 7 NOVEMBRE 2018 À MORONI
BEAUCOR À LA FOIRE MADE IN COMOROS DU 5 AU 7 NOVEMBRE 2018 À MORONI
BEAUCOR À LA FOIRE MADE IN COMOROS DU 5 AU 7 NOVEMBRE 2018 À MORONI
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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 19:05

CULTURE / POÉSIE :

''Mutsa, mon amour...'', le recueil de poèmes d'Aboubacar Said Salim, un vrai régal.

Dans ''Mutsa, mon amour'' , publié aux éditions Coelacanthe en 2014, fundi Aboubacar Saïd Salim, à travers ses souvenirs, combats, amours s'expose. Une poésie autobiographique et fluide.... Un mélange de son histoire personnelle et de celle de son pays, les Comores.

J'aime la poésie d'Aboubacar Said Salim (Abou pour les intimes), car elle me sourit et me caresse. Même si dès fois, je lui offre mes larmes, le plus souvent, je lui jette mes éclats de rire. Elle est douce et simple.  Son agressivité est tendre. Comme son auteur.

Je me régale tout simplement à chaque fois que je relis ''Mutsa, mon comme aujourd'hui.

Halidi Allaoui.

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 15:29

Ensemble GABOUSSI, un acteur et passeur de Traditions Comoriennes
Par Chanchiddine Ousseni

Depuis une vingtaine d’années, Zarcach Hissami Eddine, fin connaisseur de Culture et Traditions Comoriennes, préside aux destinées de l’association « Ensemble GABOUSSI de Domoni » (Anjouan). Ce groupe artistique indexé au Tamadoune (culture populaire, danses & chants traditionnels…) a pignon sur rue en tant qu’acteur et passeur de Musiques, Danses et Chants Traditionnels des Comores. Contrairement à ce que laisse sous-entendre sa dénomination, Ensemble GABOUSSI de Domoni est pluridisciplinaire. En effet, cette organisation associative pratique avec professionnalisme une diversité de danses traditionnelles mises en œuvre lors de cérémonies de mariage, de réceptions ou de communication événementielle, à l’occasion de manifestations festives ou de promotion culturelle. Elle a fait ses preuves dans ces domaines d’activités tant au niveau local & national qu’au niveau international (Iles de l’Océan Indien, Pays arabes, Europe, etc.). Aussi, elle dispense une palette de formations thématiques axées notamment sur les disciplines suivantes : Gaboussi (première danse enseignée et pratiquée à la création de la structure), Biyaya, Zifafa, Kimbizi, Gomaliyawo, Balolo, Mangota, Namandziya, Ngoma Zabanarajou, Wadaha Wa Zikélé (Chtêté), Wadaha contemporain, Mchogoro, Chigoma, Hambaroussi, Tari, Deba, etc. Rappelons que derrière chaque danse traditionnelle, il y a une histoire, une culture. D’où la nécessité de transmettre fidèlement ce pan de notre patrimoine musical et culturel, d’améliorer le rapport de la jeunesse aux Traditions, à l’Identité Culturelle et à l’Histoire.

Précisons au passage que la « danse Gaboussi » dont il est question ici, est cette danse classique au masculin souvent exécutée en duo dans un mouvement de balancement du corps de gaude à droite, avec beaucoup de grâce et d’élégance. Le chant d’accompagnement soliste aux inflexions mélodieuses et poétiques, est chanté en dialecte comorien ou en arabe. Le chanteur s’accompagne de l’instrument à cordes pincées appelé aussi Gaboussi. Cet instrument de type lyre ou luth, est originaire de Yémen. Il est à considérer comme un référent symbolique fort de l’identité culturelle Yéménite. Depuis plusieurs siècles, il est en usage dans de nombreux autres pays (Oman, Koweit, Maghreb, Andalousie, Iran, Turquie, Egypte, Irak, Indonésie, Malaisie, Kenya, Tanzanie, Madagascar…). La musique qui accompagne à la fois le chant et la danse est douce, elle génère une ambiance festive de détente, de relaxation. Somme toute, c’est une musique d’ambiance pour cocooning. Cette présentation sommaire du Gaboussi en tant que genre musical indissociable du chant et de l’instrument, éclaire plus ou moins sur l’éclectisme de nos traditions culturelles. L’on sait que l’Archipel des Comores est une société melting-pot, ayant des origines arabe et chirazienne (persane), indonésienne, bantoue (dont les habitants de la zone Swahilie), malgache…

* Ensemble GABOUSSI et Hissami-Eddine n’en font qu’un !

Comment peut-on parler de Ensemble GABOUSSI sans présenter brièvement son président fondateur Hissami-Eddine qui est au demeurant devenu une référence incontournable dans le domaine du Tamadoune ? Outre son statut d’ingénieur agronome diplômé, Hissami-Eddine est bien connu en tant qu’amoureux inconditionnel des traditions Comoriennes, de la Culture et du Scoutisme. C’est un infatigable acteur de terrain, qui plus est, passionné de la transmission de l’Identité Culturelle y compris historique des Comores. Il a fait ses preuves en qualité de grand maître de Tamadoune, manager et meneur de troupe hors-pair, au sein de diverses organisations associatives. Son sens aigu des relations humaines, son ouverture d’esprit et sa rigueur, font de lui un acteur social qui a une approche à la fois inclusive et transgénérationnelle. Ce faisant, Hissami-Eddine est une fierté pour Domoni.

* Quelles ressources humaines, quelles actions éducatives, quel public-cible, et quel rôle social ?

Ensemble GABOUSSI fonctionne avec un vivier de pointures du Tamadoune. Ce sont notamment des professionnels de la danse & de la chorégraphie, des professionnels des chants traditionnels & de la chorale associée, des instrumentalistes, mais aussi des artisans concepteurs d’instruments de musique traditionnels, etc. Cette équipe pluridisciplinaire et compétente crée bien souvent des occasions de distraction collective tout en faisant la promotion du Tamadoune qui est un vecteur de cohésion sociale à travers laquelle les citoyens de tous âges s’en donnent à cœur joie et à moindre coût. À ce titre, le Tamadoune est un passe-temps qui aide à optimiser le bien-être, à décompresser, à s’évader afin d’évacuer les soucis notamment d’ordre économique auxquels les citoyens sont de plus en plus confrontés au quotidien. Forts de leurs compétences respectives, Hissami-Eddine et son Groupe Ensemble GABOUSSI organisent des cours de danses traditionnelles qui s’adressent à un large panel d’hommes, femmes et enfants désireux de faire de l’initialisation, de se perfectionner ou de se professionnaliser. Le cœur de l’enseignement est centré sur les répertoires traditionnels locaux. Les répertoires d’autres régions sont également abordés avec bienveillance. Au vu des animations festives qui rythment la vie dans la cité Domonienne, il est clair que ce fleuron du patrimoine culturel Comorien qu’est le Tamadoune, jouit d’un engouement jamais remis en cause. La demande, en l’occurrence des jeunes, est en nette progression. La jeunesse participe massivement aux différentes festivités à dominante traditionnelle. Autrement dit, elle a soif de Tamadoune, ce qui est bon signe.

Du côté de chez Ensemble GABOUSSI, tout est mis en œuvre pour coller à cet enthousiasme social qui va crescendo. Face à une demande qui évolue, il faut être réactif avec une équipe opérationnelle motivée, une stratégie mise à jour et un plan d’action qui tient compte des nouvelles aspirations. C’est pour ce défi que Hissami-Eddine, responsable de la coordination pédagogique, travaille d’arrache-pied en renforçant la stratégie à long terme qui prend appui sur les atouts de Domoni en tant que ville de Culture par excellence, avec un fort ancrage dans le Tamadoune.

En accomplissant ses objectifs statutaires, Ensemble GABOUSSI participe à due proportion au passage de témoin entre générations. C’est dire si ce groupe artistique, participe à sa manière, lui-aussi, à la transmission du patrimoine culturel des plus âgés aux plus jeunes en vue de sa préservation, de son développement et de sa pérennisation. Il accomplit un travail de titan en redonnant vie à ces chants authentiques qui ont été légués par nos anciens, ou puisés dans la mémoire orale voire dans des recueils manuscrits ou imprimés. Quelle noble mission que d’utiliser la pédagogie basée sur la méthode démonstrative pour transmettre des savoirs, savoir-faire et savoir-être ; pour les léguer à la prospérité, aux générations actuelles et futures ! Sans conteste, cette démarche citoyenne s’inscrit dans le principe de l’éducation populaire qui consiste à promouvoir, en dehors du système d’enseignement traditionnel, une éducation visant le progrès social, la socialisation, la citoyenneté, la cohésion intergénérationnelle. Bravo les Artistes !
Force est de dire que Ensemble GABOUSSI est un authentique centre de formation continue mixte qui concourt à la sauvegarde et à la transmission de la culture traditionnelle et populaire. Les apprenants peuvent s’y inscrire à tout âge. À l’issue de leur apprentissage, ils y acquièrent a minima le « savoir-danser Tamadoune » et le « savoir-chanter les standards Tamadoune ». Ensemble GABOUSSI mériterait à terme d’être reconnu d’utilité publique et en plus labellisé « Centre de formation artistique diplômante ».

* Peut-on se projeter dans l’avenir sans se nourrir dans la mémoire du passé ?

Cette question renvoie à la nécessité de se prémunir de la perte progressive des valeurs ancestrales. Ce pour quoi Ensemble GABOUSSI milite avec beaucoup de ténacité et d’efficacité. Il est évident qu’un peuple qui perd une partie de son patrimoine culturel par exemple, est un peuple qui perd son âme et sa vision du monde. La perpétuation des valeurs d’une société permet de façonner la dignité des générations à venir, de leur donner une identité propre par l’enracinement dans l’héritage de ceux qui les ont précédées. La transmission du patrimoine est donc un véritable devoir qui incombe aussi bien aux individus qu’à la Société y compris à l’État et à la Famille. L’enjeu est grand à notre époque où nous vivons de profondes mutations résultant des mouvements migratoires des populations, du déracinement, de l’intense brassage des populations rendu possible par des mariages mixtes. L’enjeu est également important au regard des moyens de communication modernes (nouvelles technologies, Internet, réseaux sociaux,..) qui traversent les frontières et des échanges qui en découlent.

À l’ère de la mondialisation, du village planétaire (le monde étant devenu village pour ainsi dire !), la préservation des identités culturelles locales et nationales, est une question cruciale voire vitale. Il s’agit pour les peuples d’être reconnus dans leur identité propre, mieux encore de pouvoir se valoriser, de jouer leur partition dans la Société Universelle du « donner et du recevoir ». On ne le dira jamais assez, mais la sauvegarde de l’Identité Culturelle passe nécessairement et impérativement par la transmission de celle-ci, de génération en génération. Ce auquel Ensemble GABOUSSI s’emploie sans relâche et selon les règles de l’art ! Il apparaît que les modes et systèmes de transmission de cet héritage ont connu une importante évolution au fil du temps. Progrès et révolution technologiques obligent ! Pour une meilleure sauvegarde de l’identité culturelle, il est primordial maintenant de privilégier les supports des nouvelles technologies au détriment des méthodes de transmission basées sur l’oralité.

Par Chanchiddine Ousseni
Professeur Hors Classe d'Économie Gestion & Comptabilité

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 22:50
LITTERATURE / NOTES DE LECTURE : ORAISONS VESPÉRALES, UNE BELLE LEÇON DE VIE ET DE POÉSIE Par Halidi Allaoui

NOTES DE LECTURE :

ORAISONS VESPÉRALES, UNE BELLE LEÇON DE VIE ET DE POÉSIE

Par Halidi Allaoui*

En 2009, le jeune poète comorien, Adjmael Halidi a publié aux éditions L’Harmattan un recueil de poèmes intitulé « Oraisons vespérales ». Depuis, nous lisons et relisons ce recueil. Nous ne nous en lassons pas. Nous nous régalons et vibrons avec ce jeune poète lunaire. Nous voyageons avec lui. Que c’est agréable de s’envoler au dessus de l’insularité lunaire et au delà des frontières ! Un rejet sans ambages de la « masiwânerie » de la part de notre poète.

Avec ses 10 « Oraisons Vespérales », en réalité, Adjmael Halidi, le « pauvre Mainate », en dépit de son qualificatif, ne chante pas mais s’écrie.

Avec des cris tonitruants et son « souffle de marbre » il joue agréablement avec les mots pour dénoncer les maux de « mes îles lunes ». Mais, aussi pour se poser en permanence la grande question que se sont posés certains grands esprits éveillés, Kant, Nietzsche, Tchikaya U Tam’si et tant d’autres : Comment vivre ?

Le cri strident « de la poésie » (notre jeune poète se considère être la poésie elle-même et non le poète) raisonne et envoute. Il ne laisse pas indifférent. Le verbe d’Adjmael Halidi cogne, bouscule et éblouit. Et cela peut empêcher certains de l’entendre et/ou de le voir. Quel dommage de s’en priver !

Oraisons vespérales : Quête – Narration – Souffrance – Beauté

« Je fais le rêve d’un monde sans ciel ni terre d’un Monde Monde
(…)
Je ne m’accroche qu’à mes
songes »

Quand Adjmael Halidi débute ses « Oraisons Vespérales » par ce rêve surprenant qu’il a fait, il donne le ton de son œuvre. Il prévient. Il met en garde le lecteur. Il n’est pas d’humeur à chanter l’amour populaire. En tout cas, il refuse de chanter comme certains poètes. Son chant d’amour est autre. L’on comprend tout de suite qu’il ne s’octroie pas la fonction de bercer ou de faire rêver. Il cherche plutôt à réveiller et éveiller les siens.

Ainsi, Adjmael Halidi se lance dans une croisade contre le silence et l’oubli qui sévissent dans ses « îles lune ».

Les « Oraisons vespérales » ne sont ni un chant ni de la musique même si elles sont fortement rythmées étant donné qu’elles sont conduite par « un mgodro sakalava »

En fait, les « Oraisons Vespérales », c’est la quête du poète, la narration de l’histoire de « mes îles – lunes et de mon Anjouan », le vomissement du venin de la souffrance, du dégout du déchirement mais aussi de la beauté poétique et originale.

Les « Oraisons vespérales », c’est aussi la poésie d’un « fou » qui côtoie le diable. Donc, il parait normal qu’elle soit comme le « trumba ». Notre poète est, en effet, en transes. Il est même logique que la langue utilisée soit forte. Car la langue d’un fou n’a pas d’os.

En quête de son identité…

Du début à la fin du recueil, le poète s’engage incroyablement à sa propre quête. Cela est très visible. Il tâtonne. Il erre. « Je me cherche mais je ne me trouve point » s’exclame t-il.

Il insiste car pour lui c’est indispensable. « Pour savoir où on va, il faut d’abord savoir d’où on vient ». Affirme t-il.

Cela se caractérise aussi par les questionnements répétitifs. On décèle dans son œuvre une multitude de points d’interrogation, d’exclamation et de suspension. Et un recours incessant à l’anaphore et à la métaphore !

Naturellement, la question évidente surgit : Qui est le poète ?

Question récurrente à laquelle il s’efforce lui-même de répondre.

Curieusement, le poète se définit à travers des objets, des animaux et une plante et non pas n’importe lesquels :

  • Des objets qui incarnent la résonance et la liberté :

Un tambour (Oraison vespérale 2)

« Je suis un tambour

Quand on me tape

Je m’écrie

Et quand on m’épargne

Je m’étends »

Du coton (Oraison vespérale 6)

« Je suis un coton dans les airs

Je ne connais point de frontière »

  • Des oiseaux emblématiques :

La colombe (Oraison vespérale 3) :

L’oiseau emblématique de la paix et de l’amour !

Le Mainate (Oraison vespérale 4)

Cet oiseau noir au bec rouge qui imite la voix de l’homme !

  • un chien (oraison vespérale 10), un animal détesté et maudit dans le pays du poète.
    Et, il le dit même avec force en skikomori :

« Wami tsi koukwihi

WAMI bwa »

Entendez par la « Moi, je ne suis pas un coq, je suis un chien »

Il ne chante pas. Il ne sait pas fuir. Il ne sait que danser. Explique t-il.

Et on ne peut pas le manger. On peut lui jeter des cailloux. Mais il s’en fout. . Il aboie et mord. Les peureux peuvent donc se cacher ou fuir.

  • Une plante caractérisée par sa résistance à la sécheresse et au froid :

    La joubarbe

Ne dit-on pas que les romains attribuaient à la joubarbe la faculté d'éloigner la foudre, alors que les anciens Scandinaves lui attribuaient le pouvoir d'éloigner les mauvais esprits de la maison ? C’est pourquoi on la plantait sur les toits !

Eh bien, notre poète, lui, n’est « qu’une joubarbe sur les morts » (Oraison vespérale 4). Une joubarbe surprenante puisqu’elle ne pousse pas sur les murs et les rochers !

A fortiori, notre poète n’est pas un humain. Il empreinte juste la voix de l’humain pour transmettre son message. Il n’est pas comme les autres. Rien ne peut arrêter le poète. Il n’écrit pas pour faire plaisir. Il est tout ce qu’on n’aime pas ou qui peut choquer ses compatriotes qui somnolent !

C’est dans « Oraison vespérale 8 » qu’il finit par se définir comme un humain.

Comme par hasard, il n’affirme pas qu’il est un Homme ou un comorien ou un Anjouannais mais « un pauvre M’matsaha » !

« Je ne suis qu’un pauvre M’matsaha ».

Et un peu plus loin, il apporte une précision intéressante :

« M’matsaha, je suis en quête de mon identité lacérée ».

Le « M’matsaha » est la personne de la brousse, un campagnard sur l’île d’Anjouan dont est originaire notre poète. Mais certainement, il utilise ici le terme dans son sens péjoratif : Sauvage.

Par contre, notre sauvage n’est pas un diable. Il hérite juste de « ses griffes et de sa verve » (Oraison vespérale 4)

En « quête de ses rives inconnues »

Mais, le poète ne se limite pas à sa propre quête. Car cela ne peut pas suffire. C’est pourquoi, il se lance aussi à la « quête de ses rives inconnues ».

Le poète devient Historien et archéologue. Il refuse la falsification de l’histoire Il veut comprendre ce que sont réellement « Mes îles Lune ». Pour y parvenir, il dénude et creuse l’Histoire.

Comme tout bon archéologue, il fouille et analyse minutieusement tout objet trouvé. Il creuse en profondeur la mémoire commune

Mais, l’objectif non affiché du poète dans ses fouilles est de lutter contre l’oubli et le silence. Se taire ou accepter le massacre de son histoire serait comme s’il est mort.

« Non ! non ! non !

non au grand non !

je ne suis pas mort !

Un mort ne pleure pas

un mort ne crie pas

un mort ne saigne pas

un mort ne quémande pas

un mort n’est jamais noctambule

un mort n’est jamais schizophrène

oui un mort ne fait jamais le mort »

(Fin de l’Oraison vespérale 4)

Martèle t-il avec une anaphore très forte.

Le poète est aussi historien. Il relate poétiquement la vraie histoire et l’histoire douloureuse de son pays : « les brisures de notre passé » de Majunga, « nos boutres qui chavirent et nos mères agonisent ».

Il rappelle aussi un pan d’histoire volontairement dissimulé et qui pourrait déranger certains : Celle de tumpa, de ses ancêtres Makoa dont « l’amour le plus fou fut le pouvoir de pouvoir gigoter en toute liberté ». « Ils n’étaient pas seulement animés par l’amour de la chair et des rataplans ». écrit-il.

La transmission d’informations historiques est trop frappante dans sa poésie. D’où certainement le recours en grande partie à la prose. Il cherche certainement à creuser l’énigme et le mystère des siens.

Les « Oraisons vespérales » c’est aussi la poésie d’un enfant traumatisé dont le cœur supporte tout, même l’insupportable :

mon cœur est une rive

sur laquelle viennent échouer

les mécomptes des miens

mon cœur est une rive

dont je ne peux peindre

faute de ne pas avoir la bonne plume !

(Oraison vespérale 2)

Il est donc tout à fait logique que le verbe devienne lourd. Cette lourdeur pourrait être traduite par certains comme une forme poétique hermétique. Un peu (excusez-moi du peu) comme ce que certains pensent de la poésie de Tchicaya U’TAMSI.

De l’hermétisme à l’énigme

Il est vrai qu’il n’est pas aisé de déchiffrer toute la poésie d’Adjmael Halidi. Il faut s’accrocher et la tourner dans tous les sens. A titre d’illustration, nous vous soumettons les vers ci-dessous :

Drôle de pomœrium :
De là-bas
Borée vindicatif souffle
le dahashisme.
Ici et là
Chinook voire sa Tablée
opère la réification
: djoumbéisme et mawanisme.
Derrière la baille
les matamores en proie à l’histrionisme
escompte la cynégétique familière.
- 97 … épistèmê sur les îles-lune.

- les gueules s’assèchent de maux
attentisme et arrivism
e
« Stop aux chéilites ! »
thanatos et imago
« Il faut épierrer les estomacs ! »
(Oraison vespérale 10)

Mais en réalité, sans trop de risques de nous tromper, l’hermétisme prétendu s’est imposé. Le poète n’avait aucune chance de le fuir. La poésie l’a, en effet, attrapé très jeune. Très jeune mais aussi certainement pendant une période très tourmentée de l’histoire de son pays.

« …97 » est un signe révélateur. Il est répété plusieurs fois. Le recours au néologisme l’est aussi : « Mawanisme » et « Djoubeisme ».

L’on comprend tout de suite que le poète a été traumatisé par le « séparatisme de son île ». En 1997, il n’avait que 11 ans. Un enfant qui avait besoin de la paix et de la tranquillité pour se construire et s’épanouir. Hélas ! On lui avait offert comme cadeau le bruit tonitruant des balles, la chasse à l’homme…..

Il se pose beaucoup de questions et fustige les responsables de la situation « nos politiques si lâches qu’un cœur si caméléonesques que nos vagues qui se sont crus experts en pompier et ont allumé ce feu que depuis ils n’ont jamais pu éteindre » (Oraison vespérale 2), « des faussaires avec leurs cœurs en raphia embarqués dans un boutre sans boussole sous un ciel sans étoiles » (Oraison vespérale 9)

Le poète est engagé. Il prend même position. Il refuse de cautionner ce qui se passe dans son île. Il l’exprime avec force :

Désolé, la voix qui s’élève ne saurait
être la mienne
la mienne est oiseuse mais unitair
e.
(Oraison vespérale 2)

D’ailleurs cela se caractérise entre autres par l’énigme et le mystère qui entourent sa poésie. En lisant entre les lignes, l’on a le sentiment que le poète laisse le lecteur continuer à creuser et à deviner sa pensée. De plus, c’est une poésie plein d’images, de questionnement mais aussi de réticence.

Il arrive, effectivement, en lisant Adjmael Halidi, le « peintre de l’obscure» de se perdre dans le sens de ses vers. Fort heureusement, la beauté et le charme de son verbe nous tiennent la main et nous guident.

Une vraie leçon de poésie ?

Le lecteur d’« Oraisons Vespérales » est certainement frappé par son style et sa beauté. L’on y trouve un mélange impressionnant de quasiment toutes les figures de style et des genres littéraires. Voire même un dialogue entre un de ses poètes lunaires préférés, Saindoune Ben Ali et lui-même (fin de « Oraison vespérale 6 » !

C’est ce qui fait à notre sens une des originalités de l’œuvre d’Adjmael Halidi.

Les vers et la prose vont ensemble. Pour le poète, ils sont indissociables. Chaque oraison a sa particularité.

Le jeu de mots est frappant pour dénoncer les maux de son pays surtout dans « Oraison vespérale 10 ». En voici une illustration :

Vire vole tend
eaux ragent ; si clonent de choéphores
eaux nuent… et rien
Tel un bob des nards à M’tsamboro
…pélamides à onze heures…Sisyph
es …Conte à rebours.

: « d’autres
épient des myes
, ravagent une pitance onirique. »
Oh!
Lie. Gare chie!

Ou encore ce mélange du Shikomori et du français. Quelle beauté ! Quel culot !

Dès fois, le lecteur oublie même qu’il est entrain de lire un recueil de poèmes. Car l’œuvre d’Adjmael Halidi, c’est la rime, la prose, la narration, le conte, l’essai, le récit, le dialogue, la philosophie…. Voire même un jeu de devinettes et de proverbes.

Bref, « Oraisons Vespérales » est un tout. Le poète se fait plaisir. Il joue. Il jongle.

Quant au lecteur, il est heureux et se régale.

Si les thèmes de l’œuvre cognent, la forme et les styles adoptés caressent à tel point qu’on se demande si le poète n’a pas tout simplement voulu donner une leçon d’écriture poétique au lecteur !

Cette leçon destinée au lecteur concerne particulièrement la poésie lyrique moderne caractérisée entre autres ici par la forte présence du « je » et le vers régulier ou libre.

Il est incontestable que le « je » d’Adjmael Halidi est tantôt autobiographique tantôt altruiste. Le « je » est aussi un autre comme dit Rimbaud.

Eh oui Rimbaud qui doit certainement être un modèle à tous les niveaux pour notre jeune poète. Quelle admiration ! Le titre « Oraisons Vespérales » en dit long.

A toi lecteur avisé,
A toi passionné de la belle poésie,

Si tes dents sont solides, Adjmael Halidi t’offre le maïs.
Si certains se réjouissent de leur « Oraison du soir », nous, nous sommes très fiers de nos « Oraisons vespérales ».

A travers cette œuvre magistrale, Adjmael Halidi démontre que le poète de la lune doit éveiller et réveiller son peuple. Il souffre cruellement de le voir »comme morts rien ». Il refuse aussi de gober l’histoire de son pays falsifiée et mène un combat acharné contre le silence.

*Auteur des recueils de poèmes :
Cris d’ici et d’ailleurs / Komedit 2008
A la reconquête de mes lunes / Cœlaca
nthe 2014

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 19:59

BELLE LUNE

Je scrute la lune des îles
Eh oui scrutin oblige
Je souris
Oh ma belle lune !
Tu as beaucoup de choses à me raconter
Vivement la nuit
Vivement demain
Qu'on respecte le choix des lune(riens ou rois)
Je n'en sais rien ou roi
Du pareil au même
Tout simplement.
J'aime sentir
l'ylang ylang
le jasmin
la vanille
les clous de girofle
Pas le pétrole
Je sourirai
Peut être
Pas de souris sous (le) riz
jusqu'au bout

Halidi Allaoui 21/02/2016

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 16:25
Ali Nawawi (photo ci-dessous) est un vrai monument de la musique et de la chanson comoriennes des années 80. Il a bercé mon enfance. Je me demandais et me demande toujours comment il arrivait à tout faire et à bien faire.

 

Compositeur, chanteur et interprète., il jouait avec facilité et aisance à tous les instruments musicaux modernes et traditionnels. Un grand improviseur aussi. Un Wadaha sans Nawawi à Ouani, c'était une grosse déception des femmes. Un chigoma sans Nawawi à Ouani c'était inacceptable pour les hommes. Il mettait de l'ambiance et jouait toujours le rôle principal.

 

Ali Nawawi, infirmier de profession mais grand passionné de la musique moderne et traditionnelle des Comores, était l'élément incontournable de l'orchestre Asmine Band de Domoni- Ndzuwani (COMORES). Il nous régalait et était un de nos idoles. Enfant, je trouvais qu'il était un des meilleurs de sa génération pour ne pas dire tout simplement le meilleur.

 

Ali Nawawi continue d'ailleurs à nous régaler puisque ses chansons de Wadaha sont toujours présentes dans les journées culturelles. C'est le cas de "Pondzo", la chanson du clip ci-dessus. Miam miam. Je me régale.

 

De plus, comme temoigne Chanchidine Ousseni qui connait aussi bien Ali Nawawi, " cet Artiste multidisciplinaire n'a pas fini de nous en donner à coeur joie ! À Domoni, il nous régale encore et toujours avec ses compositions de chansons de mariage personnalisées, avec ses animations de Toirab et Hambaroussi au cours desquelles l'ambiance est souvent poussée à son paroxysme... "

Halidi Allaoui

 

 

Ali Nawawi, un monument de la musique et de la chanson comoriennes des années 80
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 16:19
Culture / Poésie : "Des îles et des jours à venir" Recueil de poèmes de Mohamed Loutfy. Quel régal !

Qu'est ce que je me régale avec le recueil de poèmes, "Des îles et des jours à venir" publié chez KomEDIT l'année dernière, de mon ami Mohamed Loutfy !
Quel verbe ! Quelle écriture ! Quel talent ! Quelle vision !
Un petit extrait :

"(...)
Où est-il passé
Ce croissant vert
Dont s'enorgueillissent nos père ?
Je rêve d'une autre devise
Dans cet
archipel
En deuil

PEUPLE
ÉGALITÉ

AVENIR

Parce qu'il nous faut
Penser toujours
Et fonder
L'aven
ir tant rêvé
(...)"

Mohamed Loutfy est né à Wani (Comores). Ce Professeur de Français qui a enseigné dans différents lycées de l'île de Ndzuwani avant d'intégrer le Commissariat à l’Éducation, cherche, dans son recueil, à briser toutes les frontières qui lui sont imposées, parce qu'il a compris que le silence pourrait être assimilé à un crime.

Encore un autre extrait. Miam, miam :
"(...)
N'oublie pas qu'au bord de ma rivière
Je me promène en glaneur
Grand-mère
Au sein de tes contes
Absorbant sueur
Et poussière d'or
Déposées par tes pensées millénaires
Sur la grande muraille
Épuisée
De Wani
N'oublie pas
De m'apporter
Le bâton d'encens
Pour pénétrer la danse
Des
djinns
Et me baigner
Dans le langage de la forêt
Et de la mer
(...)"

Halidi Allaoui

·

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