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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 12:47

Source : Alwatwan.net / 31 mars 2009

Transport-aerien Peu avant de s’envoler pour le Qatar, le président Sambi a promis de recevoir, à son retour, les responsables de Yemenia Airways pour poursuivre ces négociations. L’objet de la prochaine rencontre entre les responsables de Yemenia et ceux de l’Union des Comores va consister non seulement à trouver un compromis sur les tarifs des billets d’avions, mais aussi “à aboutir à une amélioration des conditions de transit des passagers comoriens au Yémen”.

Les pourparlers sur la révision à la baisse des tarifs des billets d’avion, entre la compagnie Yemenia airways et les autorités et la diaspora comoriennes continuent. Selon le président de Sos-Voyage, une association de la diaspora comorienne en France, Farid Soilihi, le président Sambi a promis de recevoir, dès son retour de Qatar, les responsables de la compagnie aérienne du Yémen pour poursuivre ces négociations.
La délégation de Sos-Voyage, a été reçue par le président Sambi peu avant son départ samedi dernier. Selon le vice-président Idi Nadhoim, en charge du ministère des Transports et du Tourisme, cette rencontre fait suite à la mission effectuée, le 18 mars à Sanaa au Yémen, par le vice-président et d’autres responsables du transport aérien et des représentants de la diaspora comorienne en France.
Cette mission conduite par le vice-président s’était rendue au Yémen pour étudier avec les responsables locaux, notamment de la compagnie aérienne Yemenia airways, de meilleures conditions de voyage pour les passagers comoriens en provenance ou à destination de France. “Nous allons poursuivre ces démarches jusqu’à ce que la diaspora comorienne bénéficie d’un tarif réduit des billets d’avion”, a déclaré le Vice-président Nadhoim.

Près de quatre mille Comoriens font, durant les grandes vacances, la navette Paris-Moroni via Sanaa en payant des tickets dont les prix montent d’une année à l’autre. Le voyageur comorien est contraint de payer un billet d’avion qui lui coûte 1.800 euros. “Depuis dix sept ans, les Comoriens vivent cette situation de hausse continue de tarifs”, a rappelé Farid Soilihi de Sos-voyage. Selon lui, le gouvernement yéménite et les responsables de la compagnie Yemenia reconnaissent “la dure épreuve financière” qu’ils font subir à la diaspora comorienne, a-t-il ajouté. Le suivi des négociations est un signe positif par rapport à notre premier rendez-vous avec le gouvernement de Yémen et les responsables de Yemenia airways. “Nous pensons que le gouvernement de l’Union aboutira à quelque chose de positif par rapport à cette question”, espère Farid. “Il est urgent que Yemenia réduise ses prix”, lance-t-il Pour sa part, la compagnie yéménite aurait promis de réduire ses tarifs, mais “elle attend juste une bonne formule de négociation avant de s’engager”, croit savoir un autre membre de Sos.

L’objet de la prochaine rencontre entre les responsables de Yemenia et ceux de l’Union des Comores va consister non seulement à trouver un compromis sur les tarifs des billets d’avions, mais aussi “à aboutir à une amélioration des conditions de transit des passagers comoriens au Yémen.

Elie-Dine

 

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Mariama HALIDI Alwatwan - dans TRANSPORTS ET TOURISME
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 12:15

Suite au discours du Président de l'Union des Comores, Monsieur Ahmed Abdallah Sambi, d'hier à Doha à l'occasion du 21 sommet des pays arabes dans lequel il avait appelé les membres de la ligue arabe  à exprimer "leur solidarité avec le peuple des îles Comores dans la défense de son droit légitime, juridique et souverain à recouvrer l'île de Mayotte et à publier, à l'instar de l'Union africaine, un communiqué rejetant le référendum nul", ceux ci viennent de réagir  favorablement.

En effet, la ligue arabe, dans une résolution publiée ce jour, a
déclaré son "rejet de l'occupation française (de l'île comorienne de Mayotte) et demande à la France de poursuivre le dialogue avec le gouvernement comorien pour parvenir à un règlement qui garantit le retour de l'île Mayotte sous la souveraineté des Comores".

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 18:59
Comme il fallait s'y attendre le "oui" de la force l'a emporté ce soir  au pseudo référendum sur la départementalisation forcée de l'île comorienne de Mayotte, selon les premiers résultats publiés par la Préfécture de Mayotte.

L'on parle de plus de 95% de oui après la dépouille de 25 bureaux de vote sur 133 pour un taux de participation d'à peu près 60%.


Ces résultats n'ont aucune valeur juridique en délà du territoire de la France. En effet, la France occupe par la force dépuis le 06 juillet 1975, date de la proclamation unilatérale de l'indépendance des Comores en violation du droit international; Mayotte, une île comorienne.

Au régard du droit international, Mayotte n'est pas et ne sera jamais  un territoire français d'outre mer. C'est une terre comorienne occupée illégalement par une puissance étrangère comme l'ont souligné récemment à juste titre le député communiste français Jean Paul LECOCQ et le professeur André ORAISON de l'Université de la Réunion. Désolé pour ceux que cela agace mais c'est la réalité juridique, historique, géographique, socioculturelle....  Les autorités comoriennes comme les organisations internationales (UA, ONU...)  ont également  rappelé à maintes réprises que la tenue d'un quelconque pseudo reférendum est nulle et non avenue et est une violation grave de la souveraineté et de l'unité des Comores. Elles ont  ont déjà rejeté les résultats. Idem pour la population.

 Pas plus tard que vendredi dernier et ce matin, les Comoriens ont encore manifesté massivement à Moroni contre la tenue forcée de ce pseudo reférendum sur une de leurs îles. Nous avons assisté à la même chose à Paris hier après midi.

En fait, avec la tenue de ce pseudo reférendum, la France ne fait que prouver que quand on est fort et puissant on peut faire impuniment ce qu'on veut dans ce monde et violer à sa guise le droit international même si l'on a contribué à son élaboration. Mais ce combat de "David contre Goliath" continuera tant que cette injustice perdurera. Le géant peut tout piétiner sur son passage mais il n'impréssionne pas le petit mkomori d'aujourd'hui.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES) 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 01:28

Hommage au célèbre comédien et conteur de Ouani "président zaglo"

 

L’homme de la verve et conteur ouanien, "Président ZAGLO" alias '' Baha le fils" est mort.

 

Baha-le-fils.jpgQuelle personne ayant vécu à Ouani entre 1980 et ce jour n’a pas connu ou entendu parler de Baha le fils alias Président zaglo ?


Quel fidèle auditeur de Radio Comores de la fin des années 80 ne se rappelle pas des émissions du Président Zaglo du dimanche matin ?

 

L’homme est décédé à OUANI – ANJOUAN le vendredi 13 mars 2009 à l’âge de 84 ans.

 

Abdallah Abdérémane Mchindra, de son vrai nom, était arrivé avec sa famille à Ouani, sa ville natale, après avoir passé plusieurs années à Madagascar, en 1977, suite aux évènements dramatiques de Majunga de décembre 1976. Certains journalistes préfèrent plutôt parler « d’un massacre tant par le nombre de victimes, près de deux milles,  que par la rapidité avec la tuerie a été exécutée (trois jours) » [1]. Tailleur de profession, il y avait ouvert un atelier de couture, mais il s'était surtout fait connaître grâce à un autre talent : celui d'inventeur d’histoires et de conteur.

 

Baha le fils avait commencé sa carrière artistique dans son atelier de couture où il contait régulièrement  ses histoires - le plus souvent il s’agissait de ses souvenirs mais avec exagération - à un petit groupe de jeunes fidèles. L'information  s'était vite propagée dans la ville. Au fil du temps, le public s'était élargi au point qu’il était nécessaire de trouver un autre endroit approprié.

 

C’est la raison pour laquelle, il avait, par la suite, pris l'habitude d’organiser ses séances de contes tous les après midis de 16h00 à 18h30 au stade de foot ball d’Ouani. Et là, c'était devenu un rituel et un vrai spectacle gratuit en plein air : toujours  la même place ; la même pierre qui lui servait de siège ; les fidèles qui attendaient impatiemment son arrivée. Et les enfants qui guettaient l’apparition de sa silhouette pour le signaler à leurs ainés et ensuite aller l'escorter comme un chef d’Etat jusqu'au stade. L'homme moustachu, habillé souvent en chemise bleue ciel à manches longues avec un kofia pointu  sur la tête était toujours accueilli par des applaudissements. Après avoir salué la foule nombreuse, il s'installait sur sa pierre. Les badauds rejoignaient les fidèles et s'attroupaient autour de lui. C’était parti. Ça y allait dans tous les sens : la concentration, les fous rires, les cris de joie et les tapages de mains. Le conteur se lançait dans son art préféré durant au moins 2 heures 30 tous les jours : conter, conter encore, conter toujours. Souvent c’étaient des histoires inventées…. Ce qu’il appelait des «zaglo » -entendez par là – des mensonges ou encore de la pure invention. D’où son pseudonyme « Président Zaglo ».

 

Président Zaglo avait effectivement un talent incroyable et impressionnant d’inventer des histoires et mensonges pour agrémenter ses aventures et souvenirs de matelot à Madagascar. Il avait aussi la facilité d’improviser des réponses quand on lui demandait des précisions sur ses histoires.

 

C’était un moment agréable et un vrai bonheur pour ses fans.

 

 Il est à l'origine de certains mots utilisés couramment à Ouani. Est-ce un emprunt à d'autres langues ou une invention ? Les linguistes nous le diront un jour.

 

C'est le cas par exemple  du mot célèbre "zaglo" qui signifie maintenant "mensonge",  "invention", "verve". Ou encore le nom "Bingwa" qui, souvent dans ses contes, avait le sens d'une personne robuste. Aujourd'hui, à Ouani, certains membres d'une  famille portent allégrement ce surnom sans peut être savoir son origine. On peut aussi citer "ma parapé" (parpaing en français) dont le sens figuré en shindzuwani est  "des mensonges".

 

  La notoriété du "président Zaglo" avait de loin dépassé les frontières de la ville et la région d’Ouani. Elle était devenue nationale à cause des émissions qui lui ont été consacrées à la fin des années 80, par Radio Comores, l’unique radio et station nationale de l’époque.

 

D’ailleurs, Jean Claude Klotchkoff dans son livre ‘’Les Comores Aujourd’hui’’[2] n’a pas manqué de le souligner : «  A Ngazidja - Grande Comore, un conteur de soixante quatre ans Monsieur Abdallah Abderemane Mchindra, s’est fait connaître du grand public sous le nom de ‘’Président Zagloo’’. Ancien matelot, tailleur, il a l’art d’amuser les grands comme les petits par sa verve et son art de raconter ses souvenirs à l’antenne de radio-Comores, le dimanche matin. Au cours de son émission, ‘’ fou- rire ‘’ » a-t-il écrit à juste titre.

 

Ses émissions sont aussi couronnées d’un succès incontestable à Anjouan où elles sont aussi diffusées régulièrement sur les ondes de différentes radios locales de l’île.

 

Cet homme ayant contribué à l’édification du royaume de notre enfance et fait connaître Ouani et un volet de la littérature comorienne à sa façon  grâce à ses maparapé, zaglo et contes, il était de notre devoir de lui rendre un hommage ne serait-ce que petit. Car nous sommes intimement convaincus qu’un jour Ouani, l’histoire et la culture des Comores lui rendront le vrai hommage qu’il mérite comme c’est le cas actuellement avec les Mbaé Trambwé et autres.

 

Paix à ton âme Président ! Tu n’es pas mort pour tous ceux que tu as émerveillé avec tes contes, maparapé et zaglo.  Et les souvenirs du royaume restent vivaces et joyeux.

 

HALIDI ALLAOUI (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

[1] Kashkazi n°58 du 07 décembre 2006. Pour approfondir le sujet voir Nakidine Mattoir , les Comores de 1975 à 1990, L’Harmattan 2004, 192 pages

[2] Editions JA p 49 1989

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Mariama HALIDI HALIDI - dans HOMMAGES
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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 14:26

Source : Alwatwan.net / 24-03-09

Premier anniversaire du débarquement. Journée de fête et de regain d’espoir à Anjouan

Parade-militaire Les moments forts de la fête ont cependant été la décoration du président tanzanien et son chef d’état-major par le chef de l’Etat comorien, ou encore la savoureuse prestation offerte par les jeunes recrues de l’armée comorienne dans leur parade, qui décrit un Karibu (bienvenue) sur le sol après un complexe tour de positionnement.

Anjouan a bien été au rendez-vous pour son premier accueil d’un chef d’Etat. La journée du mercredi toute entière, consacrée à la fête, a, selon certains, ravi la vedette à une traditionnelle Ide el Fitr et même un 6 juillet. De Wani, où a atterri à 9 heures la délégation tanzanienne, devancée une heure avant par celle du président comorien et du corps diplomatique, à la place Mzingaju, où avait lieu la fête, la marée humaine formait une clôture infinie des deux côtés de la voie. Si bien que pour aller doucement et pouvoir saluer tout le monde, le cortège des présidents a mis environ une heure pour parcourir les 5 kilomètres séparant l’aéroport de la capitale.
Parmi la pléthore d’invités (nationaux et étrangers) arrivés sur le lieu du défilé militaire, la personne de ustadh Soulaymane (tel que appelé par le président Sambi) a recueilli une ovation particulière. En fait, pendant un laps de temps, une partie non négligeable de l’assistance a confondu l’envoyé spécial du colonel Kaddafi avec le Guide de la Jamahiriya. Rien de moins!
Les moments forts de la fête ont cependant été la décoration du président tanzanien et son chef d’état-major par le chef de l’Etat comorien, ou encore la savoureuse prestation offerte par les jeunes recrues de l’armée comorienne dans leur parade, qui décrit un Karibu (bienvenue) sur le sol après un complexe tour de positionnement.
Avant que le spectacle ne commence à s’émousser sur la place célèbre place, l’entrée au pont de Mtsambamwe, sur la voie principale de Gungwamwe, était déjà bondée de monde. C’est ici que la manifestation joyeuse allait se poursuivre, avec l’inauguration de la succursale d’Exim Bank, abritée dans un bâtiment de location situé sur les lieux. Avant que le ruban ne soit coupé par le président Ahmad Abdallah Sambi, Yogesh Malec, le président directeur général d’Exim Bank a rappelé : “On est ici pour voir le président Sambi honorer sa promesse, celle d’ouvrir cette boite ici à Anjouan, un an après Ngazidja. Nous le remercions de nous permettre de mener nos activités sur le sol comorien, qui est, contrairement à ce que l’on dit, plein de ressources inexploitées.” Yogesh Malec a promis de doter la représentation anjouanaise d’exim Bank des dernières innovations technologiques afin de faire profiter sa clientèle du meilleur service bancaire.

MS



Fête de la libération à Ndzuwani : deux grands discours au stade de Missiri
 

Kikwete-a-Ndzuwani Le diable a donc été chassé, mais le président s’interroge sur “ce qu’ont gagné les Anjouanais depuis leur libération?” Son constat à ce sujet reste amer. L’île est toujours “marquée des empreintes d’une sévère pauvreté, perceptible partout.” Le président de l’Union a appelé à un “apaisement des cœurs”, car le bonheur ne doit, à sa connaissance, être loin. Sambi demande juste qu’on lui fasse confiance : “Croyez-moi, je connais des choses que vous ne connaissez pas.” Le président Kikwete, pour sa part, ne doute pas de la volonté des Comoriens de vouloir du bien à leur pays, mais appelle les uns les autres à mettre un terme aux tiraillements inutiles qui n’ont pour rôle que de miner ses véritables potentialités.

Mercredi après-midi, à l’occasion du meeting organisé au stade de Missiri pour la célébration du premier anniversaire de la libération d’Anjouan des mains des rebelles, deux discours ont été prononcés par les deux chefs d’Etat, comorien et tanzanien. Au préalable, Fundi Anlimdine de Domoni, parlant au nom des Anjouanais, a remercié le numéro un tanzanien ainsi que la Libye, le Sénégal et le Soudan pour “avoir prêté main forte à notre libération.” “Espérons que par la même démarche courageuse nous obtiendrons Mayotte. Les anjouanais sont confiants là-dessus ; ce soi-disant référendum de départementalisation sera peut-être un régal le matin, mais deviendra un vomi l’après-midi,” conclut-il.
Tout de suite après, le président Sambi prit la parole, faisant un récapitulatif de la situation à l’origine de cette célébration : “Il y a dans ce pays, des gens qui n’aiment pas voir les Comores en paix. Ils se sont laissés utiliser et nous avaient plongés dans la tourmente et la tristesse. Ces gens avaient tout d’abord assuré aux Anjouanais que s’ils hissaient le drapeau français, ils deviendraient des français. Leur mensonge s’est vite révélé, alors ils ont changé de mot d’ordre, mettant en avant un “manque d’équité” entre les îles pour proposer ensuite la division. Mais peu à peu, les Anjouanais se sont interrogés sur la validité de leurs thèses. C’est alors qu’ils ont transformé Anjouan en une gigantesque prison, où beaucoup d’exactions ont été commises. Des exactions qui ont touché tout le monde, y compris moi même.”
Le diable a donc été chassé, mais le président s’interroge sur “ce qu’ont gagné les Anjouanais depuis leur libération?” Son constat à ce sujet reste amer. L’île est toujours “marquée des empreintes d’une sévère pauvreté, perceptible partout.” L’exemple choisi est celui des 1520 élèves du primaire qui partagent sept salles de classes, à Hadda, dans le Nyumakele. La même situation se prévalant dans d’autres localités.

“Cessez les querelles intestines”

Une situation “en partie entretenue par la croissance rapide de la population dans l’île, qui atteindrait à l’heure actuelle 600 habitants au kilomètre carré.” Mais, convaincu que le surnombre peut des fois servir au développement (l’exemple est pris chez les Chinois), le président de l’Union a appelé à un “apaisement des cœurs”, car le bonheur ne doit, à sa connaissance, être loin. Sambi demande juste qu’on lui fasse confiance : “Croyez-moi, je connais des choses que vous ne connaissez pas.”
Le président Kikwete, pour sa part, ne doute pas de la volonté des Comoriens de vouloir du bien à leur pays, mais appelle les uns les autres à mettre un terme aux tiraillements inutiles qui n’ont pour rôle que de miner les véritables potentialités. “Cessez les querelles intestines, car c’est une cause de régression. Et n’écoutez pas les séparatistes…” Le “président le plus populaire d’Afrique”, comme l’a affectueusement nommé l’animateur de la cérémonie, s’est d’ailleurs félicité d’avoir été “un bon voisin, qui se doit d’éteindre le feu chez le voisin”. Allusion faite au soutien décisif que la Tanzanie a apporté à l’opération Démocratie aux Comores, dont il se réjouit des résultats, surtout “pour n’avoir occasionné aucune perte humaine.”
Mais la Tanzanie, comme l’a pré annoncé le président Sambi, ne nous soutient pas uniquement dans la guerre, mais aussi dans le développement. Aussi, Jakaya Kikwete a révélé les autres buts de sa visite aux Comores : “Nous sommes issus des mêmes origines (ethniques, ndlr), les Samba, les Makombe, les Wagnassa, comme vient de le souligner mon frère (parlant du premier orateur, Fundi Anlimdine). Il nous faut donc renforcer ces liens de fraternité.” C’est donc certainement une raison suffisante pour décider le président Kikwete de “réviser le coût du visa d’entrée en Tanzanie” ou de “le supprimer tout simplement”, avec l’aval des autorités comoriennes. Par cet acte, le chef de la République unie de Tanzanie souhaite impulser le commerce bilatéral, et renforcer la coopération dans le domaine de la Santé, des Transports et de la Communication.
Il faut dire que le partenariat entre les deux pays dans ces domaines existe déjà, mais d’une manière un peu “anarchique” et peu développée. Le président Kikwete ne se targue pas de pouvoir “remorquer” les Comores, mais assure que les tanzaniens sont prêts à partager le peu qu’ils ont avec leurs frères comoriens.

Moussa Sardou

 

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Mariama HALIDI ALWATWAN - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 13:07

Source : Alwatwan.net / 27 mars 2009

Manif-Mayotte Durant plus d’un tiers, le pays des doits de l’homme n’est jamais parvenu à faire valoir auprès d’aucune organisation internationale, d’aucun organisme, d’aucune association de quelque nature que ce soit, la primauté de sa version singulière du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes” sur le sacro-saint principe du respect intangible des frontières héritées de la colonisation. Pace que, tout simplement, les quatre îles formant un seul peuple, ont voté à plus de 94% pour l’indépendance des Comores. La France a opté pour le détournement de la volonté souveraine du peuple comorien en optant pour un décompte île par île du référendum d’autodétermination, violant ainsi toute la logique de la décolonisation que la République française avait elle-même engagée.

La France cherche dimanche 29 mars prochain à institutionnaliser l’annexion d’une partie du territoire des Comores, en offrant à la population de l’île, la possibilité de devenir le 101ème département français. Il a fallu à la France plus de trente-quatre ans de séparation forcée et une trentaine de tentatives de déstabilisation menée contre les Comores indépendantes pour forger de toutes pièces une opinion mahoraise farouchement hostile à l’intégration de l’île comorienne dans son giron naturel. Durant ces trente quatre ans, la France n’est jamais parvenu à faire valoir auprès des Nations unies encore moins de l’Union africaine la primauté du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sur le sacro-saint principe du respect intangible des frontières héritées de la colonisation. Pace que, tout simplement, les quatre îles formant un seul peuple, ont voté à plus de 94% pour l’indépendance des Comores et la France choisit de détourner la souveraineté de la population des Comores en optant pour un décompte île par île, violant ainsi toute la logique de la décolonisation que la République française avait elle-même engagée.
Le monde entier s’est focalisé sur ce petit archipel sans enjeux économiques, mais victimes de coups d’Etat à répétition, fomentés pour la plupart depuis la capitale française, Paris. Le Monde assiste médusé, pas plus tard qu’en 1995, à la déportation d’un président élu, vers l’île française de la Réunion, là où il y a un siècle, la France coloniale déportait ses “prisonniers”.

Depuis l’accession des Comores à l’indépendance, la France a essuyé au moins vingt résolutions des Nations unies lui intimant de stopper les consultations à Mayotte, considérés comme nulles et non avenues, exigeant l’ouverture des négociations avec les Comores pour préparer les conditions de la réintégration de Mayotte. La France prend le risque d’être pointée du doigt, se rangeant au coté des Nations qui violent le droit international. Elle adopte de surcroît une attitude négative, refusant toute piste conduisant à la résolution du contentieux territorial.
L’île de Mayotte sera maintenue sous perfusion financière de Paris, l’économie de l’île dépendant entièrement des subsides budgétaires de la France pour marquer une différence de développement avec les îles sœurs. 635 millions d’euros par an est le budget octroyé à l’île de Mayotte par la France, 13 fois le budget des trois autres îles des Comores, à la seule grande différence, que cette manne d’argent est injectée par la France alors que celui des Comores provient des contribuables comoriens, d’une économie en construction.

Le maître d’œuvre de cette départementalisation, Yves Jego, annonce que la départementalisation coûtera 40 millions de plus l’an prochain et 200 millions de plus maximum par an dans 20 ans. L’île bénéficiera à partir de 2012 de nouvelles prestations sociales, le Revenu de solidarité active (RSA) à 25% dans un premier temps.
Avec ses 186.452 habitants enregistrés au 31 juillet 2007, Mayotte compte près de 50% de chômeurs, qui espèrent le demeurer encore longtemps. Car plus que les Comoriens des autres îles, les Mahorais pensent que la France doit continuer à régler la facture de sa présence illégale dans l’île, aussi longtemps qu’ils resteront indifférents à l’appel de leurs frères des Comores.
De nombreuses options proposées pour sortir de cet imbroglio politico-juridique, elles ont un dénominateur commun : elles reconnaissent la propension de Mayotte à réintégrer les Comores. Seules les formes du nouvel ensemble de l’archipel et les échéances pour y parvenir diffèrent. Le temps ne pourra jamais jouer en faveur de la France, bien au contraire. Les Mahorais achètent des terrains en Grande-Comore, à Mohéli et à Anjouan pour y vivre, passer leur retraite, et pour leurs enfants. Personne n’y peut rien. Comme personne ne peut empêcher les Comoriens des autres îles de se rendre à Mayotte par tous les moyens et souvent au péril de leur vie.
Le référendum du 29 mars, n’est rien d’autre qu’un autre coup d’épée français dans l’eau.

Ahmed Ali Amir

Lire notre Spéciale “Le document qui accuse” dans version Pdf de l’édition du 27/03/09 en cliquant ICI

 

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Mariama HALIDI ALWATWAN - dans MAYOTTE
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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 12:55

Source : Alwatwan.net / 26 mars 2009

Hier, dix personnes étaient engarde à vue à la gendarmerie. “Je sais que les problèmes il y en a toujours, avance le commandant de la gendarmerie, mais il faut savoir se maîtriser et ne pas endommager les biens matériels. Nous devons sensibiliser les jeunes et les mettre sur la bonne voie, car ce sont eux qui commettent ces dégâts”, a déclaré Ali Djambaé, commandant de la gendarmerie. Le commandant de la gendarmerie a confié que depuis mardi soir les dispositions étaient prises pour sécuriser les deux villes de Moroni et d’Ikoni. “Le problème a coïncidé avec l’arrivé du président tanzanien et nous n’avons pas pu intervenir directement, nous attendions qu’il quitte le secteur pour intervenir”.

Depuis mardi dernier, des jeunes d’Irungudjani s’affrontent avec des jeunes d’Ikoni à Moroni.

A l’origine, un problème foncier dans la zone de Maluzini, qui divise deux personnes originaires des deux villes de Moroni et d’Ikoni, déclare un jeune d’Ikoni qui souhaite garder l’anonymat.

Selon Aboubakar Hadji Ali, natif de Moroni, ce problème a commencé depuis dimanche dernier et a fini en justice. Un certain Hadji Mvoulana de Moroni se serait rendu dans son champ qui se trouve à Malouzini et aurait été agressé et blessé par des gens d’Ikoni. “Ils sont entrés dans la maison de mon frère, le juge Omar pour le prendre en otage”, a-t-il déclaré. “Il y a des maisons du quartier Asgaraly qui ont été attaquées, la voiture du directeur de radio Ngazidja aussi. Désormais, ce n’est plus une affaire d’Irungudjani seulement, tous les jeunes de Moroni se sentent concernés et veulent savoir le pourquoi de cette histoire”, déclare Aboubakar hadji Ali.

Ce conflit couve depuis une semaine. Mais tout s’est emballé après une réunion des jeunes d’Irungudjani qui ont décidé d’expulser de la ville de Moroni des les originaires d’Ikoni, en guise de représailles, poursuit la même source.
Certaines personnes, selon la même source, auraient été alertées depuis lundi. Mais le conflit, assez coutumier pour les terrains de cette zone, prend vite une tournure étonnant après la prise en otage d’un magistrat : “Nous avons pris le juge Omar en otage, actuellement il est entre nos mains sain et sauf. Les notables ont rencontré les jeunes pour se convenir qu’on ne devait pas porter atteinte à l’intégrité physique du juge, mais seulement nous voulons savoir ce qui se passe exactement”, a déclaré mardi dernier, un jeune à Ikoni qui n’a pas voulu décliner son identité.

La libération du juge le même jour, après de nombreuses négociations menées par les habitants d’Ikoni, n’a pas empêché le conflit de s’enliser. Le député Said Ali Kemal a été lui aussi victime d’une intrusion nocturne dans son domicile de Moroni. Se refusant à toute déclaration, il annonce “une réunion de notable d’Ikoni pour se pencher sur le sujet”. C’était hier après-midi.

Abdou Souleymane Ibrahim, 28 ans, natif d’Iconi compte parmi les blessés. “Je suis parti à Moroni ce mardi matin avec quatre amis en quête d’images de Salim Ali Amir pour une pub sur son prochain concert à Ikoni, je ne savais même pas qu’il y avait un conflit. Arrivé au café du port, des jeunes se sont attaqués à moi blessant les côtes et le bas-ventre. Ma voiture est complètement saccagée. C’est la police qui se trouvait au port qui m’a sauvé”. Un de ses amis, Moussa Abdou Ali aurait été blessé au pied et deux autres auraient réussi à s’enfuir.

Selon Ali Djambaé, commandant de la gendarmerie, en patrouillant la soirée du mardi, la gendarmerie a constaté une maison et deux voitures brûlées à Maluzini, et des jeunes d’Ikoni aurait pris une vedette la soirée du mardi pour se rendre dans le domicile de Salimamoud où ils ont blessé une personne.
Le commandant de la gendarmerie a confié que depuis mardi soir les dispositions étaient prises pour sécuriser les deux villes. “Le problème a coïncidé avec l’arrivé du président tanzanien et nous n’avons pas pu intervenir directement, nous attendions qu’il quitte le secteur pour intervenir”, a-t-il précisé.

Hier, dix personnes étaient engarde à vue à la gendarmerie. “Je sais que les problèmes il y en a toujours, avance le commandant de la gendarmerie, mais il faut savoir se maîtriser et ne pas endommager les biens matériels. Nous devons sensibiliser les jeunes et les mettre sur la bonne voie, car ce sont eux qui commettent ces dégâts”. Le maire de Moroni, pour sa part, a refusé de faire une déclaration, considérant que la situation demeurait tendue et qu’il se donnait “le temps d’examiner le problème sérieusement”.

A. Saïd Abdallah

 

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 13:12

 

Sambi reçoit les trois présidents des îles : Va-t-on vers une sortie de crise ? (de g à d : Mohamed Ali Said de Mwali, Moussa Toiyibou de Ndzuwani, Sambi de l'Union des Comores et Abdouloihab de Ngazidja)

Moroni, mardi 24 mars 2009 (HZK-Presse)
– C'est dans un climat apaisé et serein que le chef de l'Etat a reçu hier soir en audience les trois chefs des exécutifs des îles autonomes, pour s'entretenir de l'évolution de la situation nationale et particulièrement le dossier sensible de la réforme des institutions. La coupure d'électricité survenue au milieu des discussions à huis clos n'a perturbé en rien le déroulement de ce sommet très attendu, qui semble avoir déjà donné un premier résultat positif, au terme de quatre heures d'échange sans intermédiation étrangère.

L'on sait pourtant que la communauté internationale suit avec inquiétude l'issue de l'après « dialogue inter-comorien ». L'envoyé spécial de l'Union africaine, F. Madeira est déjà de retour à Moroni, pour « aider à la mise en œuvre des recommandations », apprend-on de source diplomatique.

La seule acceptation des trois présidents des îles de se retrouver autour de la même table avec le président de l'Union, pour une franche confrontation de leur point de vue sur le processus de révision de la constitution, suffira-t-elle à redonner un nouvel espoir de sortie de crise ? C'est en tous cas le sentiment d'Ahmed Abdallah Mohamed Sambi qui avait promis dans son discours du 21 mars dernier, de prendre en compte « leur avis » avant de prendre toute décision.

Au Palais de Beit-Salam, les présidents Mohamed Abdouloihabi de Ngazidja et Mohamed Ali Said de Mwali ont eu à défendre des propositions communes, consignées dans une « Contribution des exécutifs de Mwali et Ngazidja à l'harmonisation des mandats des présidents de l'Union et des îles autonomes et des assemblées de l'Union et des iles autonomes », dont la Gazette s'est procuré une copie.

Il ressort de ce document le constat selon lequel l'avant-projet de loi référendaire initialement proposé par le chef de l'Etat constituait une initiative « dangereuse » à leurs yeux, car contraire aux « principes fondamentaux du droit et du pacte comorien » consacré par l'accord de réconciliation nationale du 17 février 2001.
Les deux autorités insulaires qualifient d'« inacceptable » toute démarche visant à lier l'harmonisation des institutions à la durée du mandat du président de la république en exercice, rejetant toute prorogation de mandat « par un plébiscite référendaire », ou d'en raccourcir celui des présidents des îles, assimilable à « un troc que ne peut reconnaitre ni le droit ni l'équité ».
Mais ils suggèrent un calendrier électoral qui, à les en croire, respectera la légalité tout en préservant la paix civile. L'idée est de réviser d'abord les lois fondamentales des îles, en prolongeant le mandat des députés insulaires de 4 à 5 ans, pour que les prochaines législatives se tiennent en 2014, et de renouveler sans tarder les assemblées de l'Union et des îles, ce qui permettrait d'envisager la réforme souhaitée des institutions, par la voie d'un Congrès entre 2010 et 2014. Ensuite se tiendrait en 2010 l'élection du président de l'Union.

Concernant le cas des présidents des îles dont les mandats respectifs se terminent en 2012 et 2013, ils proposent la mise en place de trois « Exécutifs consensuels de transition » pour gérer les affaires courantes jusqu'en 2014.

L'objectif d'harmoniser les mandats et de réduire la fréquence des scrutins serait réalisé dès 2014 par la tenue d'élections générales de tous les exécutifs et de toutes les assemblées tant de l'Union que des îles autonomes. Dans cette optique, les comoriens seraient appelés aux urnes dans la même période pour choisir simultanément le président de la république, les présidents des îles, ainsi que les députés de l'Union et des îles, soit quatre élections groupées tous les 5 ans. Une régularité quinquennale qui aurait le mérite de résoudre dans la sérénité l'épineuse question de la rationalisation de l'agenda électoral aux Comores, soutiennent les auteurs du document.

Rendez-vous est pris pour vendredi 27 mars à Anjouan où les trois présidents des îles remettront au chef de l'Etat leur proposition définitive, intégrant le point de vue du numéro un anjouanais Moussa Toybou, qui semblait encore vaciller entre la position du pouvoir central et celle de ses homologues Abdouloihabi et Ali Said. C'est probablement à l'issue de ce deuxième round des discussions au sommet des exécutifs que le président de l'Union tranchera.

El-Had Said Omar
240309/eso/hzkpresse/6h00
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans CONFLIT DE COMPETENCES
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 21:42

Source : Alwatwan.net/24 mars 2009

Lycee “La mission du centre est de promouvoir des connaissances capables de donner à la société le savoir et le savoir-faire nécessaires pour améliorer les conditions de vie et de bien être de la population. Ce fait permet à lui seul de justifier et d’apprécier la stratégie du ministère de toujours considérer l’apprentissage du français comme une priorité de stratégie éducative”, a déclaré, à la cérémonie inaugurale du Clef, le ministre de l’Education nationale, Kamal Eddine Afraitane, qui a fondu d’éloges pour le projet français.

C’est au rythme de danses folkloriques que sont accueillis les invités venus inaugurés le Centre de Langue et d’Etudes Français (Clef) du lycée Saïd Mohamed Cheikh de Moroni, le samedi 21 mars dernier.

Cette cérémonie inaugurale a été marquée par la présence des ministres de l’Education nationale et de l’île de Ngazidja, de l’ambassadeur de France auprès de l’Union des Comores Luc Hallade, de Jérôme Gardon délégué général des alliances franco-comoriennes, des directeurs généraux des ministères de l’Education, plusieurs enseignants et élèves du lycée.

“La mission du centre est de promouvoir des connaissances capables de donner à la société le savoir et le savoir-faire nécessaires pour améliorer les conditions de vie et le bien être de la population. Ce fait permet à lui seul de justifier et d’apprécier la stratégie du ministère de toujours considérer l’apprentissage du français comme une priorité de stratégie éducative”, a déclaré, dans son allocution, le ministre de l’Education nationale, Kamal Eddine Afraitane, qui a fondu d’éloges pour le projet français.

Pour sa part, Luc Hallade a “tenu à dire que nous avons aujourd’hui un bel exemple de réactivité et de professionnalisme des enseignants qui, mobilisés, apportent une contribution importante à un problème d’envergure nationale. Je sais que c’est avec leurs moyens personnels et le soutien du proviseur de cet établissement et de son ministère que ce centre peut-être inauguré aujourd’hui”.

Le lycée Saïd Mohamed Cheikh considéré comme étant le lycée national de référence doit se procurer les outils nécessaires pour améliorer la qualité de l’enseignement du pays. “C’est ainsi que je n’ai pas hésité à attribuer une salle au département de français, vu l’importance que je donne au français, comme discipline, mais surtout comme langue d’enseignement et de formation”, a renchérit pour sa part, le proviseur de ce lycée, Youssouf Idi dans son mot de bienvenue.

Le Clef a été créé suite aux résultats catastrophiques des examens nationaux de ces dix dernières années, à la chute vertigineuse du niveau des élèves en français dans le secondaire, et “aux pratiques pédagogiques inadaptées aux réalités actuelles”. Il va combler le vide laissé par la quasi-inexistence d’outils didactiques, d’auxiliaires pédagogiques et de formation continue et de recyclage et à l’inexistence d’un lieu d’échange de connaissances et de partage d’expérience entre les enseignants.

Dans ces circonstances, Mohamed Hamza, doyen du département de français a dit : “le collège des enseignants de français du public et du privé, le département de français du Lycée de Moroni a jugé plus que nécessaire et urgente la mise en place d’une structure pédagogique qui contribuerait à l’amélioration des conditions de travail pour les enseignants et les élèves”.

La mission du Clef est d’améliorer surtout la qualité du français, langue d’enseignement et objet d’enseignement, de multiplier et de diversifier les ateliers d’écriture et d’animation culturelle, d’échanger les compétences entre enseignants, de doter les enseignants et les élèves des moyens de compétences appropriées.
Une fois ce pari gagné, “nous pouvons espérer de meilleurs résultats”. Pour tout cela, l’ouverture de ce centre est une bonne initiative”, a, enfin, “salué” le ministre de l’Education nationale.

Mariata Moussa
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Mariama HALIDI ALWATWAN - dans EDUCATION
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 21:23

Communiqué du GISTI du 23 mars 2009

Départementalisation de Mayotte, frontière coloniale et guerre aux migrantsCommuniqué du GISTI du 23 mars 2009

Le 29 mars prochain, les électeurs mahorais sont appelés à se prononcer au cours d'une consultation sur la départementalisation de l'île de Mayotte (une des quatre îles de l'archipel des Comores, les trois autres étant rattachées à l'Union des Comores). Alors que l'Outre-mer fait la une de l'actualité depuis plusieurs semaines, et qu'ont été annoncés des états généraux chargés de réfléchir à d'éventuelles évolutions institutionnelles, la classe politique locale et métropolitaine est quasi-unanime à se réjouir de la victoire annoncée du « oui ».
La perspective d'une départementalisation de Mayotte est pourtant l'objet de l'opprobre d'une partie des organisations internationales [1] qui ne font, en cela, que placer leurs pas dans ceux de l'ONU : entre 1976 et 1994, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une vingtaine de résolutions réaffirmant la « souveraineté de la République fédérale islamique des Comores sur l'île de Mayotte ». En effet, en droit international, la partition de l'archipel des Comores, opérée en 1975-1976 au moment d'une tardive « décolonisation », est illégale : les référendums d'autodétermination devaient s'effectuer dans le cadre des frontières coloniales.

La partition de l'archipel et le séparatisme de Mayotte ont des conséquences meurtrières. Depuis 1995 et l'instauration du « visa Balladur », les côtes de l'île de Mayotte sont de plus en plus militarisées afin d'empêcher la circulation des habitants des autres îles. Ces derniers sont de fait interdits de séjour sur une partie de ce qu'ils considèrent être leur sol, sur lequel ils ont, bien souvent, des attaches nombreuses. Afin d'empêcher ces migrations ancestrales, depuis cinq ans, les effectifs de la police et de la gendarmerie ont été presque triplés et richement dotés : trois radars et quatre vedettes surveillent la circulation des frêles barques qui transportent les migrants [2]. La force des liens familiaux et économiques est cependant telle que ni les refus de visa, ni les poursuites en mer, ne peuvent empêcher les échanges. Les soixante-dix kilomètres qui séparent l'île d'Anjouan de celle de Mayotte sont ainsi devenus un des principaux cimetières marins de la planète : entre 3 000 et 6 000 personnes y auraient perdu la vie depuis 1995.

Pour les Comoriens présents sur le sol mahorais, l'accès à un droit au séjour est extrêmement rare même lorsqu'ils résident sur place depuis bien longtemps. Ils sont victimes d'une politique du chiffre particulièrement inhumaine en Outre-mer. Chaque année depuis 2006, au mépris de toutes les règles de droit, plus de 16000 personnes (comoriennes pour la plupart) dont plus de 2000 mineurs ont été expulsées après avoir été traquées et enfermées dans des conditions indignes.
Le processus de départementalisation n'est porteur ni de l'égalité des droits sur les sols métropolitains et mahorais ni de l'abolition de la législation et des pratiques d'exception dont sont victimes, aussi bien les Mahorais en certains domaines (en particulier les droits et minima sociaux) que les migrants. Le «
Pacte pour la départementalisation » est particulièrement clair sur ces points et prévoit notamment que « les règles de droit de l'entrée, de l'éloignement et du séjour sur le territoire national, spécifiques à Mayotte, ne sauraient être affectées par la départementalisation ».
Yves Jego, secrétaire d'État à l'Outre-mer, répète depuis plusieurs mois que la départementalisation de Mayotte devra avoir pour contrepartie «
davantage de fermeté dans la lutte contre l'immigration clandestine », tandis que le préfet de l'île, Denis Robin, en appelle au « civisme » des Mahorais, en leur affirmant que « l'efficacité de [la politique actuelle] ne peut reposer uniquement sur l'Etat. Les Mahorais doivent apporter leur concours à cette politique par une attitude civique et responsable ».
Le Pacte parle « d'inventer un nouvel avenir qui inscrira pleinement Mayotte dans sa géographie ». Comment y parvenir sans l'abolition du visa Balladur, sans le respect du droit à la circulation au sein de l'archipel des Comores et des droits fondamentaux de tous ? A défaut, la départementalisation ne sera qu'une nouvelle étape dans la guerre faite à toute une partie de la population de Mayotte, indûment considérée comme « étrangère ».

Paris, 23 mars 2009
Notes
[1] Le 9 février dernier, l'Union africaine a affirmé avec force qu'elle « condamne l'organisation, le 29 mars 2009, d'un référendum sur la départementalisation de l'île comorienne de Mayotte et exige l'arrêt immédiat de ce processus » ; elle a également rappelé que « l'inscription de l'île comorienne de Mayotte dans la Constitution de la République française est contraire au droit international ». Dans un rapport du 25 février dernier consacré à Mayotte et aux Comores, le bureau de l'ONU chargé de la coordination des affaires humanitaires (l'OCHA) rappelait à nouveau que « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies ».

[2] Rapport d'information présenté par la commission des lois à l'assemblée nationale le 18 février 2009 sur les perspectives de départementalisation de Mayotte, pp. 25 à 30
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Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
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