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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 11:45

Mes yeux et mes oreilles sont en ce moment à Mayotte.

En France, on n'a pas le droit de faire expulser qui que ce soit d'un logement, terrain... sans décision de justice C'est une question d'application stricte et de respect du droit dans un pays qui se proclame État de droit.

Le droit concernant les expulsions locatives ou des occupants sans droit ni titre est le même pour tous. Rien ne permet de l'appliquer différemment à Mayotte.

Ne cautionnons,donc, pas les actes barbares et arbitraires à Mayotte. Cela n'a rien à voir avec le contentieux international qui oppose l'Etat comorien à l'Etat français sur cette île ou le problème des kwasa kwasa.

En France, détruire, dégrader ou détériorer volontairement (voire même involontairement) le bien appartenant à autrui en employant des moyens dangereux (incendie...) est sévèrement sanctionné par la loi pénale. Pourtant c'est ce qui se passe actuellement à Mayotte. On voit même sur des vidéos diffusées sur internet certaines personnes notamment des mères de famille le faire avec allégresse et en dansant ! ....

Refusons la barbarie et l'arbitraire à Mayotte. C'est une question de respect et de l'application stricte du droit. Cela n'a rien à voir avec le contentieux international qui oppose l'Etat comorien à l'Etat français sur cette île ou le problème des kwasa kwasa.

Halidi Allaoui

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 09:20

Source : Page Facebook de Ahmed Ali Amir / (le 18/05/2016)

Mayotte. Violences contre les Comoriens des autres îles (AHMED ALI AMIR - AL-WATWAN)

PENDANT QU’A MAYOTTE, DES FAMILLES COMORIENNES SONT SOUS LA PLUIE, LES ENFANTS DORMENT A MÊME LE SOL, A CIEL OUVERT, VIVANT SOUS LA MENACE D’AGRESSIONS, MORONI SE CONTENTE DE DÉCLARATIONS VASEUSES ET SE PERD DANS DES COMMUNIQUES SANS RELIEF.

Plus de 500 personnes, originaires des trois autres îles des Comores, se retrouvent dans les rues de Mayotte, chassés de leur terre, ballotés d’une commune à l’autre, leurs maisons saccagées et brulées. Ces expulsions sont devenues une pratique tolérée, sinon encouragée par l’impunité qui les entoure.

Depuis le début de l’année 2016, les actions de violence contre les Comoriens de l’archipel ne cessent de se multiplier et de prendre des proportions inquiétantes. Elles sont aujourd’hui revendiquées et conduites par des associations constituées, des collectifs villageois connus et menées massivement en toute impunité.

Pendant que des familles sont sous la pluie, les enfants dorment à même le sol, à ciel ouvert, vivant sous la menace d’agressions, Moroni se contente de déclarations vaseuses et se perd dans des communiqués sans relief. Aucune condamnation, même timide, n’a été jusqu’ici enregistrée de la part des autorités comoriennes. Les demandes d’enquête sont formulées avec les précautions diplomatiques d’usage auprès de ceux qui sont directement responsables de ces exactions.

«Si la menace et les expulsions de familles comoriennes par des villageois mahorais n’est malheureusement pas un fait nouveau, c’est le caractère visible, revendiqué et assumé par une partie de la population, n’entraînant quasiment aucune réaction des autorités publiques, qui singularise ce type d’événements » lit-on dans un communiqué de la Cimade.

Il y a trois mois à Tsimkoura, des expulsions ont été opérées. Un mois après celles de Poroani, les habitants laissés à l’abandon sont toujours dans une situation des plus précaires. Sans emplois déclarés, ils vivent dans des conditions plus dures, parce que vivant dans leur grande majorité sans logements décents.

A Poroani, les autorités publiques ont été informées de l’expulsion imminente de Comoriens. Aucune consigne de protection n’a été donnée, les autorités ont ordonné seulement de tripler le nombre de gendarmes présents sur place.

Aucune initiative n’est prise pour protéger les victimes ou stopper ces expulsions illégales. La préfecture de Mayotte ne s’est engagée à rien. Elle laisse, par son silence et son inaction, perdurer une situation d’impunité totale, se plaçant en rupture totale avec ses missions de préservation de l’ordre public. Et pourtant, des plaintes contre X ont été déposées par des habitants, sans qu’il y ait un retour de la justice.

Mais les dérapages se multiplient, encouragés par des déclarations publiques sur place, incitant à la haine : un premier adjoint du chef-lieu de l’île de Mayotte considère ces actes barbares comme des actes de « guerre de libération » ; un directeur de publication d’un hebdomadaire local, qui nous rappelle la radio Mille collines au Rwanda, demande à l’armée de nettoyer les bidonvilles des clandestins… La Cimade ne cesse de lancer des cris d’alarme, sans grand résultat.

Et pourtant, la plupart ce sont des enfants nés à Mayotte, certains sont de nationalité française et fréquentent l’école. Les expulsés sont détenteurs de papiers réguliers, de cartes de séjour temporaires d’un an ou de cartes de résident de dix ans. Mayotte se transforme chaque jour en zone de non droit, sous le silence de la France.

Le 10 janvier, une vague d’expulsions, le 17 janvier, une deuxième vague d’expulsions, suivi de représailles le 21 février. Le dimanche 20 mars, commencent les expulsions à Poroani et le dimanche 27 mars, une autre vague d’expulsions a lieu. Depuis, la violence s’est installée dans l’île. Aucun Comorien n’est en sécurité à Mayotte. Cette situation de danger permanent de nos concitoyens doit inciter les autorités comoriennes à agir. A agir vite.

Ahmed Ali Amir

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 23:02

Source : http://www.alwatwan.net/index.php?home=actu.php&title=Mayotte-comorienne-d-un-round-a-un-autre-Par-Ahmed-Ali-Amir-&actu_id=5470

Mayotte comorienne : d’un round à un autre ! (Par Ahmed Ali Amir)

09 juillet 2013

Mayotte_comorienne
L’Unité de l’archipel est un fait historique. Elle fut menacée réellement pour la première fois, quand l’usurpateur malgache Andrianantsoli a décidé de vendre l’île de Mayotte aux Français pour quelques piastres. Le sultan Seyd Hamza de Ndzuwani avait, très officiellement, réagi à la vente de l’île de Mayotte en adressant au gouvernement français de Louis Philippe d’Orléans, le 9 mars 1843, une “protestation contre l’occupation de Mayotte par la France”. Ces éléments de l’histoire, on les cache aux jeunes Maorais.

Tout comme on continue de taire le fait colonial que le droit interne français a toujours reconnu l’Unité des Comores. L‘assemblée nationale française, durant toute la période coloniale, a toujours traité les Comores comme une seule et unique entité composée par “quatre îles principales”. Les lois du 25 juillet 1912 portant “rattachement des îles de Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore” à Madagascar, la loi n°46-973 sur l’autonomie administrative des Comores et la loi n°61-1412 sur l’autonomie interne des Comores sont la preuve que la France a toujours reconnu l’Unité de l’archipel.

Le premier round des négociations connues sur l’indépendance fut les Accords de juin qui constituent le premier acte des négociations sur l’Unité et l’intégrité des Comores. Deux grandes formations naissent en 1968, le Rdpc et l’Udc, et étaient à la pointe de ce combat. Ses deux formations comoriennes se sont mises d’accord sur le principe de l’évolution du statut de l’archipel.

Elles se réunissent en congrès le 10 décembre 1972, fusionnent pour créer l’“Udzima“ des Comores. Avec un objectif clair: l’indépendance “dans l’amitié et la collaboration avec la France”. Le 23 décembre de la même année, la chambre des députés des Comores vote une résolution réclamant l’indépendance et la France “prend acte”.

Le président Ahmed Abdallah se rend à Paris pour proposer au président Pompidou l’ouverture de négociations pour examiner la question de l’indépendance. Elles sont ouvertes le 18 mai 1973 entre le service du ministère des départements et territoires d’Outre mer et une délégation comorienne, conduite par Ahmed Abdallah. Aprés un mois de négociations difficiles, la France et les Comores signent une déclaration commune en juin 1973, déterminant les conditions d’accession des Comores à l’indépendance (les Accords de juin).

Ces accords envisagent l’indépendance dans un futur proche et dans le respect de l’Unité nationale. Ils prévoient de consulter “les populations“ dans un délai de cinq ans, période au cours de laquelle l’exercice des compétences sera progressivement pris en charge par les Comoriens. Dans les cinq ans qui suivent l’indépendance, la France s’engage à créer des stages de formations au profit des cadres techniques comoriens dans presque tous les services et les Comores seront associées aux ambassades de France de la région et participeront à des négociations, des conférences et des réunions internationales.

Et puis la suite, on la connait. La commission de l’assemblée nationale réinvente les Accords de juin et la commission des lois insiste que soit formulé, sans ambiguïté, que la consultation se fera “île par île”. François Mitterrand, alors député socialiste, s’oppose à cette politique de division et saisit officiellement le sénat français. La volonté nette de la France de briser l’Unité nationale des Comores devient évidente. Elle est la raison de la proclamation unilatérale de l’indépendance.

Le coup d’Etat, fomenté avec Ali Soilihi juste après l’indépendance, ne parvient pas à sauver l’Unité du pays. Ali Soilihi tente une marche rose sur Mayotte qui ressemble à du folklore. Il proteste alors en saisissant le conseil de sécurité de l’Onu et en proposant des résolutions appelant la France à la négociation. Depuis, tous les ans, l’Assemblée générale ordinaire des Nations unies adopte des résolutions condamnant la présence française dans l’île comorienne.

Le deuxième round fut le mémorandum du président Ahmed Abdallah envoyé au président Mitterrand et au secrétaire général de l’Onu, Javier Pèrez De Cuèllar, en 1989, pour demander que soient relancé les négociations sur Mayotte. Le père de l’indépendance meurt le deuxième jour de l’envoi de ce mémorandum, assassiné dans son bureau par le mercenaire Bob Denard. Le président Djohar propose ensuite le dialogue tripartite et la France instaure la commission mixte franco-comorienne qui s’est réunie en novembre 1991, à Moroni.

Le troisième round connu fut la négociation menée dans l’enceinte de l’ambassade de France à Moroni, réunissant la classe politique nationale et des transfuges du régime en place pour déposer Djohar qui sera déporté à La Réunion. Depuis, la question de Mayotte toujours maintenue à l’ordre du jour, n’a plus été discutée à l’Onu, le visa Balladur instauré fut maintenu par la suite et aucune résolution de l’assemblée générale de l’Onu ne sera déposée.

Ce fut, de toute évidence, le lourd tribut à payer pour un partage du pouvoir sous une bannière en berne. Depuis, la France invente les commissions mixtes franco-comoriennes, en fait de simples commissions techniques. En effet, les discussions menées se sont limitées à quatre sujets: les questions de circulation des personnes et de circulation des biens, le contrôle des flux migratoires, le développement des échanges commerciaux et le renforcement de l’intégration régionale de Mayotte. Des thématiques et des termes de références des discussions imaginées par la France et, on pouvait s’en douter, qui cadrent avec leurs propres intérêts.

En 2007, les présidents Sarkozy et Sambi étaient pourtant tombés d’accord sur un point: “le temps est venu de dépasser le conflit de la souveraineté sur Mayotte et se concentrer sur le développement harmonieux des quatre îles de l’archipel géographique, au bénéfice des populations”. La formule était manifestement ambigüe. Les Comores espéraient que les discussions bilatérales au niveau ministériel et des commissions ad hoc techniques allaient pouvoir les lever.

Sous le président Azali, mettant à profit la faiblesse d’un régime (installé après un coup d’Etat militaire) en quête de reconnaissance dans la communauté internationale, la France intègre Mayotte dans la constitution française et lance le processus de la départementalisation alors que la commission mixte de 2005 s’attardait sur les projets financés par la France dans les domaines sociaux.

Il aura fallu attendre l’élection du président Sambi, pour voir la mise en place du Groupe de travail de haut niveau (Gthn), une instance franco-comorienne mise en place avec comme objectif de rédiger “un accord pour faciliter l’insertion de Mayotte dans son environnement géographique”. Les deux présidents, Sarkozy et Sambi, s’étaient convenus, lors de leur entretien que “le rattachement de Mayotte aux Comores devait être recherché par l’intégration économique entre les îles et le renforcement de l’Etat de droit aux Comores, pour les rendre plus attractives vis-à-vis de Mayotte”.

Le grand projet de texte du Traité qui devait être signé entre la France et les Comores avait, dans un premier temps, été intitulé “la circulation des personnes et des biens, la coopération régionale et la communauté des îles”. A l’approche de l’organisation du référendum sur la “départementalisation” de Mayotte (29 mars 2009), Ahmed Abdallah Sambi, qui avait espéré une évolution des discussions sur la question, dépité par la radicalisation des postions françaises, décide de suspendre les travaux du Gthn.

Depuis la prise de fonction du président Ikililou Dhoinine, le 26 mai 2011, la France et les Comores recherchent de nouveau un accord sur la question de Mayotte. Accueilli à Paris, le mois dernier par le président français, François Hollande, le chef de l’Etat comorien ne signera pas le traité en question, mais une déclaration politique qui recadre les futures négociations.

Avant de le faire, le président de la République a pris soin d’informer le président Kikwete de Tanzanie et la présidente de la Commission de l’Union africaine. En impliquant ces personnalités importantes et à travers elles, l’Ua, il pallie les faiblesses souvent manifestées par les Comores dans pareilles négociations.

Le président Ikililou a révélé qu’il a soumis à la France un contre-projet de traité dont les grandes lignes ne sont pas encore rendues publiques. Son discours à la Nation, à l’occasion du 6 juillet, semble avoir répondu aux attentes des Comoriens. Si les Comores n’obtiennent rien de la France, on est plus ou moins rassuré qu’elles ne concèderont rien.

AAA

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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 21:12

Une proposition – une seule parmi les 53 que nous avons faites dans le rapport sur Mayotte que j’ai présenté avec mes collègues Christian Cointat (UMP) et Félix Desplan (rattaché PS) - suscite un faux procès à Mayotte. Cette proposition (n°24) est la suivante : « Mettre fin au "visa Balladur" qui n’a aucunement mis fin à l’immigration illégale et lui substituer un dispositif d’attribution de visas plus réaliste et rigoureux afin de mieux maîtriser l’immigration ».
Cette proposition est claire. Nous pensons qu’il faut mettre en place un dispositif « plus réaliste et rigoureux » que le « visa Balladur ».
Cette proposition est détournée et dénaturée dans plusieurs prises de positions qui nous accusent d’un laxisme qui n’est nullement notre position.
Car quelle est la réalité ?
La réalité est que le « visa Balladur » prévoit des règles strictes pour l’immigration depuis les Comores vers Mayotte. Mais que ces règles n’ont aucun effet. Elles sont contredites tous les jours et toutes les nuits par une immigration massive qui conduit des êtres humains à embarquer très nombreux dans des barques de fortune – les kwassas kwassas – au plus grand bénéfice des passeurs,  au péril de la vie des passagers et au risque quotidien de tragédies toujours plus nombreuses. Comme on vient encore de l’apprendre.

Face à cette réalité et à ces tragédies, notre rapport qui, faut-il le redire, est cosigné par des sénateurs de l’UMP et du PS, refuse la politique de l’autruche et lance un appel très précis : il faut revoir ce dispositif, mettre en place des règles plus « réalistes » et « rigoureuses » (les deux termes sont importants),  sauver des vies, instaurer enfin une maîtrise de l’immigration qui n’existe pas aujourd’hui et apporter des solutions concrètes aux problèmes très difficiles que pose la situation actuelle pour Mayotte et les Mahorais. C’est ce que le gouvernement s’apprête à faire suite à la mission que vient d’accomplir sur place Alain Christnacht – ce qui est assurément positif.

Jean-Pierre Sueur

10 septembre 2012

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 22:34

A l’occasion de la célébration de la première année mercredi dernier depuis qu’il est investi gouverneur de l’île de Ndzuwani,  Anissi Chamsidine a donné son point de vue sur la question de Mayotte, cette île comorienne administrée illégalement par la France et les naufrages repetitifs des kwassa kwassas dans le bras de mer qui sépare cette île et celle de Ndzuwani. 

 

« la question de Mayotte devrait constituer l’une des priorités de l’Etat comorien » a t-il déclaré.

 

S'agissant des naufrages répétitifs des Kwassas kwassas, Monsieur anissi Chamsidine dit ceci : « Je ne pense pas arrêter les départs de kwassas, car je n’ai aucun moyen pour cela. De toutes façons, nous ne pouvons pas les arrêter : nous ne sommes pas plus équipés que la PAF et même elle, ne parvient pas à les intercepter tous. Il n’y a qu’une solution : mettre fin au visa d’entrée à Mayotte. C’est une solution bénéfique pour nous, pour nos frères mahorais et pour la France aussi. Car ces pertes en mer ne                                  

peuvent profiter à personne».  

 

Pas plus tard que le 19 mai dernier, au moins 5 morts et 15 disparus sont enrégistrés suite à un nième naufrage dans ce grand cimétière marin invisible. L'on parle de 10 000 à 20 000 vies humaines perdues à cet endroit au vu et au su de tout le monde ! Que d'émotions à chaque fois et rebelotte.

 

Nous espérons vivement que le nouveau gouvernement français fera preuve de courage et d'humanisme en abrogeant rapidement ce visa de la honte appelé couramment "visa Balladur" lequel a instauré en réalité un mur invisible séparant un peuple pour des raisons politiques et est à l'origine de ces drames humains. Au nom des miens, je le réclame haut et fort.

 

Enfin, le gouverneur de l'île de Ndzuwani a évoqué la pratique choquante qui consiste à renvoyer réguliérement à Ndzuwani des comoriens des autres iles qui se trouvent à Mayotte qualifiés maladroitement de "clandestins" comme si l'on peut être étranger sur son propre territoire ! « Si cela ne tenait qu’à ma seule volonté, il n’y aurait plus aucune reconduite de "clandestin"  sur le sol anjouanais. Mais une telle décision relève du pouvoir central. J’avais demandé au président de la République [Ikililou Dhoinine] de m’autoriser à agir dans ce sens, mais il m’a demandé de patienter et de le laisser réfléchir », a-t-il fait savoir.
 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)
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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 23:44

Source : Al-watwan N° 1851 du lundi 14 novembre 2011

    

COMORES / Journée Maore : il faut passer aux choses sérieuses

Le gouvernement est interpelé qu'au-delà du dialogue, il faut aller vers des mesures plus concrètes. Il s'agit de poursuivre la France devant la Cour pénale internationale pour “crimes contre l'humanité, déplacements forcés des populations“ dont elle se rend coupable chaque jour à Mayotte.

Pour sa cinquième année, la journée du 12 novembre, décrétée “Journée Maore“, a été célébrée ce samedi au palais du peuple de Hamramba à Moroni. Une cérémonie surtout marquée par la présence, pour la première fois, de membres du Comité Maore à Mayotte, parmi lesquels Youssouf Moussa, militant inlassable du combat pour le retour de Mayotte dans le giron comorien.

Pour cette date, qui marque aussi l'admission de l'archipel des Comores au sein des Nations unies, l'absence des membres du gouvernement à la cérémonie a également sauté aux yeux de l'assistance. “Une première dans l'histoire de cette journée puisqu'on ne voit pas de membres du gouvernement“, a fait remarquer un membre du Comité Maore. Par contre, des nombreuses personnalités, notamment des représentants de l'Assemblée de l'Union, de la Cour constitutionnelle, du conseil de l'île de Ngazidja, ont fait le déplacement.

Après le retentissement de l'hymne national, place aux discours placés sous le signe du contexte social qui prévaut, depuis déjà plus d'un mois, dans l'île sœur de Mayotte et la répression policière qui s'en est suivie. Dans son intervention, Ahmed Soilihi, représentant du Comité Maore à Mayotte a voulu surtout contredire ce que la plupart des journaux français relayent sur la crise actuelle à Mayotte.

“Les journaux français parlent d'une révolution de 'mabawa' à Mayotte. Ce n'est nullement pas la réalité. Nous nous battons contre le néocolonialisme, contre des problèmes plus profonds comme ceux relatifs au foncier“, a-t-il soutenu. Ahmed Soilihi a, au passage, condamné l'attitude des autorités comoriennes “qui n'ont pas réagi“ suite à la crise sociale à Mayotte qui s'est soldée par la mort d'une personne et de nombreux blessés lors des manifestations. Pour Hamidani, représentant du comité Maore à Mwali, une campagne de sensibilisation devrait être menée pour expliquer à toutes les couches de la population comorienne les enjeux du retour de l'île de Mayotte dans son giron naturel. Saïd Azilani Misbahou, pour l'antenne anjouanaise du Comité Maore, a de son côté fait la lecture de nombreuses témoignages des gens victimes des crimes commis à Mayotte par l'occupant.

Poursuivre la France devant la Cpi


COMORES / Journée Maore : il faut passer aux choses sérieuses

Le représentant du comité Maore à Ngazidja a, quant à lui, interpelé le gouvernement sur le fait qu'au-delà du dialogue, il faut aller vers des mesures plus concrètes. Il s'agit entre autres, selon Idriss Mohamed, de poursuivre la France devant la Cour pénale internationale pour crime contre l'humanité. “Le déplacement forcé de populations est un de ces crimes, et ce sont les autorités françaises elles-mêmes qui délivrent les chiffres sur ces déplacements“, a-t-il déclaré.

Le comité Maore a aussi demandé la levée immédiate du Visa Balladur, cause de la mort de milliers de Comoriens voulant se rendre sur l'île sœur. Il y a aussi l'abandon du visa, contradictoire, demandé par les autorités comoriennes aux natifs des trois autres îles pour se rendre à Mayotte. Parlant de mesures concrètes, le vice-président de l'Assemblée, Djaé Ahamada Chanfi, a réclamé auprès du gouvernement le respect des résolutions votées, le 25 mars dernier, par l'Assemblée de l'Union sur l'occupation illégale de l'ile comorienne de Mayotte par la France. Parmi ces résolutions, la création d'un secrétariat d'Etat chargé de la libération de l'île comorienne de Mayotte et qui doit être dirigé par des Comoriens originaires de l'ile occupée. Le vice-président de l'Assemblée a aussi montré la nécessité d'introduire, “même symboliquement“, Mayotte dans la Loi des finances en 2012. Par ailleurs, l'ensemble des orateurs ont salué la présence des joueurs originaires de l'île de Mayotte dans la sélection comorienne opposée au Mozambique dans le cadre du tour préliminaire de la coupe du monde Fifa 2014.

“Ceci vient tordre le cou au mythe selon lequel à Mayotte les jeunes générations ne se reconnaitraient pas d'un lien comorien“, ont répété la plupart des intervenants. Enfin, la cérémonie a été close au rythme d'un choral à la fibre patriotique, entonné par les jeunes de l'association “Mwana“ de Ntsaweni.

Kamardine Soulé


Extrait du discours d'Ahmed Soilihi, représentant du Comité Maore à Mayotte


“Il y a une quarantaine de jours, a éclaté la crise sociale actuelle que traverse l'île de Mayotte. Les journaux français parlent d'une révolution de “mabawa” à Mayotte. Ce n'est nullement pas la réalité. Nous nous battons contre le néocolonialisme, contre des problèmes plus profonds comme ceux relatifs au foncier. Cette même presse fait état d'un mort et de quelques blessés, nous disons que la réalité en est autre. Et nous regrettons le silence des autorités comoriennes suite à cette répression sanglante. Elles assistent sans dire un mot à la répression qui est allée jusqu'au meurtre de Comoriens.

Le gouvernement [comorien] devrait, avant tout, nous donner les moyens, nous qui sommes à Mayotte et menons le combat pour le retour de l'île dans son giron naturel. Les autorités comoriennes parlent de dialogue, mais avec qui?


Les Comores ne feront plus un véritable pas vers leur développement avec cette question de Mayotte en suspens; parce que Mayotte demeure le pôle de déstabilisation des autres îles de l'archipel. Une déstabilisation économique, militaire et sociale... Tous les séparatistes venus de Ndzuwani (principalement du régime de Mohamed Bacar) font leur réunion à Mayotte. Maintenant les services de renseignements français n'ont plus besoin d'opérer directement à Mayotte puisque avec les séparatistes, le relais est assuré. Aujourd'hui, nous estimons que l'heure n'est plus à la guerre de salive, jadis prônée par les autorités comoriennes“.


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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 15:40

manif-01-05-08.JPGCi-dessous un article du journaliste comorien Ahmed Ali Amir publié dans Alwatwan d'hier sur la journée nationale Maoré.

Que j'aime l'engagement et la plume pointileuse de cet ami intègre !

Le 12 novembre 1975 est la date de l'admission des Comores à l'ONU. Depuis quelques années, cette journée est decretée journée nationale Maoré aux Comores. 

Une façon pour les comoriens de rappeler au monde entier qu'ils n'accepteront jamais la balkanisation de leur pays imposée illégalement par la France. l'île de Mayotte (Maoré) a toujours été et restera comorienne.

Donc aujourd'hui, c'est un jour férié et de comémoration qux Comores.

Comme disait l'ancien Président de l'Union des Comores, le Droit est de notre côté et finira par l'emporter sur la force. Et nous rajoutons : "On peut tout falsifier sauf le naturel. Or l'unité des Comores est naturelle et ancestrale" 

 
Halidi Allaoui 


COMORES / 12 novembre : Joyeuses fêtes quand même !

    

 

Si le gouvernement a accepté d'ériger la journée du 12 novembre en Journée nationale Maore, les représentations diplomatiques des Comores à l'étranger et les représentants des associations des Comoriens de l'extérieur, à l'exception notoire de France, ne s'investissent pas assez sur la question de la réintégration effective de Maore dans l'Etat comorien

Le pays commémore, le 12 novembre, date de l'admission des Comores dans le concert des nations. Quatre mois avant, le 6 juillet 1975, un homme, Ahmed Abdallah Abdérémane, président du Conseil, prend tout le monde de court. Il décide de défier la France et de proclamer unilatéralement l'indépendance des Comores, après avoir constaté le revirement de la puissance coloniale qui, en violation du droit international, entérine, contre toute attente, le décompte île par île du référendum sur l'autodétermination, pour consommer la sécession de fait de l'île comorienne de Mayotte. Trente ans après, l'assemblée nationale, sous l'impulsion de son président, Dhoifir Bounou, adopte une loi sur la journée de l'admission des Comores à l'Onu. Le président Sambi a ensuite décrété le 12 novembre “Journée nationale Mayotte“, elle est fériée, chômée et payée sur l'ensemble du territorial national. C'est dans sa résolution n° 376 du 17 octobre 1975, adoptée à la 1848e séance par 14 voix contre zéro (la France n'a pas participé au vote) que le Conseil de sécurité des Nations unies recommande à l'Assemblée générale d'admettre les Comores à l'Onu. Le 12 novembre de la même année, dans sa résolution 3385 (xxx), l'Assemblée générale décide d'admettre les Comores à l'Organisation des Nations unies en réaffirmant la nécessité de respecter l'unité et l'intégralité territoriale des Comores, composées des îles d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli. Aspects festifs Mais il faut regretter que les recommandations pertinentes de la résolution de l'Assemblée de l'Union des Comores ne soient aujourd'hui respectés que dans ses aspects festifs. L'adoption d'une feuille de route, déterminant la politique étrangère sur le sujet, le niveau et le format des négociations bilatérales, les étapes à franchir, le rôle des organisations internationales, la place du comité ad Hoc de l'Union africaine, les structures nationales qui en ont la charge, n'est toujours pas connue.
Dans ses principales observations, la résolution des députés avait noté que “au regard de la loi internationale, cette présence étrangère à Mayotte est illégale et a été condamnée à plusieurs reprises par des résolutions pertinentes de l'Assemblée générale de l'Onu, en premier lieu la résolution 31/4 du 21 octobre 1976 qui demande à l'Etat français de mettre fin à sa domination coloniale sur une partie du territoire comorien“. Les élus ont également observé “que dans cette île, les Comoriens, désignés sous le terme de 'clandestins' sont traqués et harcelés par de véritables milices et vivent avec la peur au ventre, comme nous l'avons vu au moment de l'incendie du village de Hamuro ou lors des derniers événements provoqués par les propos d'un ministre français“. Gouvernement au service minimum Si le gouvernement a accepté d'ériger la journée du 12 novembre en Journée nationale Maore, les représentations diplomatiques des Comores à l'étranger et les représentants des associations des Comoriens de l'extérieur, à l'exception notoire de France, ne s'investissent pas assez sur la question de la réintégration effective de Maore dans l'Etat comorien. L'implication du gouvernement comorien se limite malheureusement au discours prononcé par le chef de l'Etat à la Nation à l'occasion de la journée, sans que les actions menées et les résultats obtenus en vue de la réintégration de cette île au sein de l'Etat comorien ne soient communiqués à la population. Peu de mobilisation Faut-il encore rappeler qu'il a été demandé par la résolution au ministre en charge des relations avec les parlements de l'Union des Comores et des îles, de prononcer un discours portant sur ce sujet devant les assemblées, suivies d'un débat. On note que cette année, aucune mobilisation de l'ensemble des écoles, collèges, lycées, établissements d'enseignement supérieurs privés et publics, n'a été engagée pour mettre en place des activités scolaires ou culturelles sous la supervision du ministre de l'Education nationale, afin de faire prendre conscience aux élèves, et étudiants de l'appartenance de l'île de Mayotte à la nation comorienne. Aujourd'hui, vendredi, le grand Mufti et tous les imams du pays devraient consacrer une partie de leur prêche sur la question de Mayotte tout comme les médias nationaux, régionaux et communautaires sont sommés de consacrer leurs émissions, leurs journaux d'informations, leurs magasines sur le sujet. L'une des recommandations pertinentes de la résolution de l'assemblée est la création d'une commission interministérielle chargée du suivi de la présente résolution. Elle n'a jamais vu le jour. Joyeuses fêtes quand même !



Ahmed Ali Amir
Source : Al-watwan N° 1850 du vendredi 11 novembre 2011
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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 21:36

Source : http://www.malango-actualite.fr/article/mayotte_sous_les_mabawas_les_cactus-7923.htm

Lundi 24 Octobre 2011 à 09:19:26

 

Mayotte - Sous les mabawas, les cactus

Par Eric Trannois

 

La ''crise des mabawas'' a finalement peu à voir avec un problème de vie chère. Ce thème a été choisi par référence au mouvement de Guadeloupe de 2009, mais il masque une autre réalité bien plus dérangeante pour ceux qui sont en réalité responsables de ce mal être des Mahorais qui se rendent compte qu'on les a bernés pendant cinquante ans.


La graine qui donnera naissance au mouvement des mabawas et à bien d'autres, soyons en certains, a été plantée en 1958 quand les chefs politiques locaux ont commencé à revendiquer le statut de département pour Mayotte. Après le référendum de septembre 1958, les Comores choisissent d'adopter le statut de territoire d'outremer. Seuls les quatre conseillers de Mayotte optent pour le statut de département par une motion qui ne sera même pas mise aux voix. Le 2 novembre 1958 est créé le ''congrès des notables de Mayotte'' qui revendique officiellement, pour la première fois, le statut de département pour Mayotte.


L'histoire revisitée autant par les édiles locaux que par l'état évoquent souvent la légendaire ''francophilie'' des Mahorais. En fait, elle est comme toutes les légendes et c'est Younoussa Bamana qui la définissait le mieux et beaucoup plus prosaïquement quand il disait que « tant qu'à être colonisés, autant que ça soit par un pays riche » pour expliquer -en partie- le refus de l'élite politique mahoraise de rejoindre les autres îles des Comores dans l'indépendance.


C'est donc dès le début du ''combat'' -combat contre qui?- pour la départementalisation qu'a commencé la grande arnaque consistant à faire croire à un peuple crédule -la première école maternelle a été construite à Mayotte en 1993- qu'il suffisait d'être département français pour que l'argent se déverse dans les poches des Mahorais. Sans contrepartie. Pour preuve, cette réponse faite devant les caméras de Télé Mayotte peu de temps avant la consultation de 2009, par un Mahorais de la rue interrogé sur la mise en place prévisible des impôts locaux : « si on nous donne de l'argent, ce ne sera pas un problème [de payer des impôts] ».


Encore aujourd'hui, rares sont les Mahorais -abstraction faite de ceux qui ont vécu en métropole et qui sont d'ailleurs bien mal accueillis à leur retour à Mayotte- qui ont une vision objective de ce que représentent la départementalisation et un système social français déjà bien mis à mal depuis 1974, date à laquelle ont coïncidé l'indépendance des Comores et la première crise du pétrole qui deviendra rapidement tout simplement ''la crise'' et dont nous ne sommes jamais sortis depuis. Le système social français n'est plus ce qu'il était, mais personne n'en a averti le peuple mahorais.


Dès la mise en chantier des modifications institutionnelles à Mayotte après la consultation de 2000, organisée par le gouvernement Jospin, qui prévoyait la départementalisation dans les dix ans, les Mahorais ont commencé à voir leurs traditions et culture de plus en plus amputées et remplacées par des concepts et des modes de fonctionnement nouveaux pour eux et à l'opposé de leurs pratiques ancestrales. L'entraide et la communauté laissent place à l'individualisme occidental, la transmission autant culturelle que morale entre générations ne se fait plus, par exemple. Si au moins cette période avait été mise à profit pour organiser le débat, mettre tous les éléments sur la table afin que les électeurs puissent se prononcer en toute connaissance de cause! Mais le silence et le mensonge, l'entretien du fantasme et des idées fausses ont perduré et gare à celui qui osait émettre des réserves! Il était aussitôt taxé d'ennemi de Mayotte, car, c'est bien connu, Mayotte n'est constituée que de départementalistes. Ici règne « l'homogénéité obligatoire », comme la nomme Alain Finkielkraut², alors que pour Yves Salesse3, « affirmer une opinion différente est déjà signe d'irrespect et de marginalité ». Ce mutisme devenait tellement gênant que le préfet Denis Robin sera obligé de monter au créneau en organisant une tournée des villages en janvier 2009, quelques semaines avant la consultation du 29 mars (boudée par 39% des électeurs inscrits alors qu'on aurait pu s'attendre à une participation record) pour tenter en quelques minutes d'expliquer ce qu'était réellement la départementalisation. Mais il était déjà trop tard. Comment, en si peu de temps, combler tant d'années de silence et de mensonges, d'autant que sa parole de m'zungu était peu entendue. Les Mahorais n'ont pas une grande confiance dans la parole des wazungu, ce qu'on ne peut leur reprocher tant les tergiversations des gouvernements successifs à propos du statut de Mayotte ont été nombreuses et floues. On le voit encore aujourd’hui quand le président du conseil général, Daniel Zaïdani, ''récuse'' -à quel titre?- l'actuel préfet comme « interlocuteur crédible et audible » entre les importateurs et les syndicats.


Et puis la départementalisation est arrivée. Les élus mahorais sont montés à Paris pour signer le « Pacte pour la départementalisation de Mayotte » une sorte de contrat entre Mayotte et l'état français. Ils l'ont signé sans rien discuter de son contenu, de peur que cela retarde l'échéance tant attendue. Peut-on imaginer signer un contrat, avec un gouvernement de surcroit, sans même le discuter? Cela répondait à la logique du « prenons ce qu'on nous donne, on discutera après » chère au monde politique mahorais. Très peu contesteront ce pacte. Saïd Omar Oili le fera et sera bien évidemment immédiatement étiqueté ''anti départementaliste'' au nom du principe de ''celui qui n'est pas avec nous est contre nous''.

Seulement, pour le gouvernement Sarkozy, un contrat est un contrat et la ministre de l'outremer, Marie-Luce Penchard, ne manquera jamais de se référer à ce pacte, « tout le pacte, rien que le pacte », se plait-elle à répéter depuis. Contrairement à ce que pourraient faire croire les tee-shirts qui se promènent encore à Mayotte arborant le slogan « Sarkozy le père de la départementalisation », Sarkozy n'est pas particulièrement ''mahoraiphile''. Faut-il rappeler que durant sa campagne de 2007 à la Réunion, il avait refusé de venir à Mayotte qui l'attendait, pleine d'espoir? Comme tous ceux qui se sont succédés à l'Elysée depuis 1974, il a hérité du dossier de Mayotte comme d'une patate chaude et il essaie de ''faire avec'', davantage pour respecter la parole donnée du bout des lèvres par la France il y a 35 ans, que par conviction.


La départementalisation nécessitait des aménagements profonds dans une législation mahoraise assez floue, faite de lois qui ''s'appliquent à Mayotte'' ou ''ne s'appliquent pas à Mayotte''. Pour accéder au staut de département, il fallait quelques pré-requis, comme le foncier et l'état-civil. Si la réforme de l'état-civil n'a pas rencontré d'opposition de la part des Mahorais, même si elle n'a jamais été achevée (de nombreux Mahorais sont encore aujourd'hui virtuellement apatrides), celle du foncier s'avère nettement plus critiquée. Et le mot est faible. Comment faire comprendre à quelqu'un qui occupe un terrain en bord de mer depuis des décennies, voire des générations, que ce terrain ne lui appartient plus, mais fait partie du domaine de l'état? Qui avait parlé aux Mahorais de cette loi des ''pas du roi'' qui a réussi à traverser les révolutions françaises et les océans pour s'appliquer aussi dans les DOM, même avec une diminution de son étendue pour tenir compte de l'insularité? Qui a expliqué aux Mahorais qu'elle faisait partie du package départementalisation? Sur une île volcanique de 374 km² où les terrains plats se trouvent majoritairement sur le littoral, ce ''détail'' avait pourtant son importance.


Les élus qui ont signé le Pacte les yeux presque fermés ont cependant lu un mot qui a retenu toute leur attention : « adaptée ». Ils pensaient avoir trouvé LA solution. L'adaptation consisterait à supprimer du statut tout ce qui dérangerait. L'adaptation a ses limites et l'on se rend compte aujourd'hui qu'elles sont atteintes ou proches de l'être.

Le conflit social que traverse Mayotte en ce moment repose presque entièrement sur un seul mot : « frustration ». Frustration d'une consommation naissante dont les Mahorais ont peur d'être exclus et frustration devant le statut de département qui ne répond pas à leurs attentes, à leurs croyances pour être plus exact, tant ces attentes relèvent du fantasme irréalisable. Sophie Blanchy1, anthropologue, ne dit pas autre chose quand elle affirme que « l’état du département n’est pas ce à quoi ils s’attendaient, ce qu’on leur avait promis » dans les colonnes du Nouvel Observateur de ce 20 octobre.


Il met également en lumière d'autres malaises. Combien de fois a-t-on pu entendre les élus mahorais demander à ce qu'on fasse « fonctionner la solidarité nationale »? Dans les deux sens? serait-on tenté de demander. Les Mahorais attendaient une manne venue de l'état à ce titre, et pour l'heure, ils voient que la présence de l'état français « se manifeste surtout au quotidien par la présence policière », comme le remarque Sophie Blanchy, qui si elle ne s'adresse pas à eux directement -26.000 reconduites à la frontière l'année dernière-, impacte malgré tout leur quotidien. Les Mahorais ne peuvent sortir sans leurs papiers, au risque de se retrouver « à la police pendant plusieurs heures, pour qu'ils vérifient » qu'ils sont bien français, comme nous le dit Marianne, une habitante de Chirongui. Personne ne peut être à l'aise dans ce climat de ''chasse à l'homme'' perpétuelle, surtout quand le chassé est un frère, un cousin, un ami. Absolument personne. Certes, ce sont les élus mahorais qui ont demandé et obtenu ce visa Balladur, mais ce sont les Mahorais "d'en-bas" qui subissent ce désagrément. "Désagrément", parce que ce n'est évidemment rien en comparaison du traitement réservé aux expulsés, considérés comme des délinquants indignes de respect. 

Enfin, et c'est probablement le malaise le plus difficile à accepter et à mettre sur la table, la petitesse du territoire et la proximité des autres îles, mais également les liens familiaux très étroits qui existent entre elles, y compris Madagascar, font que Mayotte ne pourra continuer très longtemps à vivre dans une bulle qui a pour limite la barrière de corail. Ce conflit a enfin mis en évidence que si l'on voulait résoudre au moins en partie ce problème de vie chère, il fallait commercer avec nos voisins, Madagascar et l'Union des Comores. Certains n'ont plus peur d'évoquer cette possibilité de faire venir les tomates d'Anjouan plutôt que de Marmande -des initiatives privées ont commencé ce travail- et le b½uf de Madagascar plutôt que du Brésil. Mayotte est dans la rue pour protester contre la vie chère, mais le zébu mahorais se vend entre 12 et 20 euros le kilo, au bord de la route, au moins aussi cher que la viande importée du Brésil, mais sans frais de port, de structures ni de distribution. Celui de Madagascar est en vente au détail sur les marchés malgaches pour quelques euros.

Assez sournoisement, les conclusions des états généraux de l'outremer préconisaient, pour faire baisser les prix, de favoriser le marché régional face aux importations lointaines, mais la législation continue à favoriser les entreprises françaises, éventuellement européennes, par différents artifices, les plus pratiques étant ceux de l'hygiène et des normes. Un obstacle pourtant facilement surmontable, pour peu que la volonté soit là.

Comme on peut le voir, on est très loin du prix des mabawas et il serait utile, pour espérer un avenir serein de Mayotte, de regarder les cactus qui se cachent sous ces mabawas. Tant que l'on n'aura pas posé les vrais problèmes sur la table, Mayotte souffrira d'accès de fièvre périodiques, chaque fois plus violents, chaque fois plus nauséabonds dans les méthodes utilisées et les débordements.

1 - Sophie Blanchy est l'auteur, entre autres, de ''La vie quotidienne à Mayotte'', éditions L'Harmattan – 1990

2 - ''La défaite de la pensée'', Alain Finkielkraut, 1987.

3 - Yves Salesse, ''L'illusion de la France'', éditions l'Harmattan, 1995. Le texte, écrit en 1990-1991 est particulièrement prémonitoire.

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 17:48

 

Source : Al-watwan N° 1809 du jeudi 25 août 201

 

Une  appropriation des peuples arabes  de la question de Mayotte dans sa dimension, historique, politique et humaine


Livre-de-Karihila.jpg

 

 

L'ambassadeur Karihila revient sur l'histoire des Comores, en donnant d'autres faits d'histoires jusqu'ici inconnus et qui démontrent encore plus la dimension historique de la question de Mayotte. Dans son livre, la question de la balkanisation est traitée avec beaucoup de détails, expliquant la position géostratégique, lieu de passage des deux tiers du pétrole du Golfe vers l'Europe.

Une première. Un livre en arabe consacré à la question de Mayotte. “Parmi nos territoires occupées, l'île comorienne de Mayotte“ de  Dr. Hamidou Karihila, ancien ambassadeur.  Cent quatre-vingt-dix pages qui traitent de la question en revenant sur les aspects historiques, les motivations politiques et géostratégiques, mais aussi les conséquences de l'occupation sur l'instabilité permanente du nouvel Etat comorien et sur les relations avec ses voisins.

Publié par la maison d'édition Matabi Al Nahda  de Mascat (Oman), le livre  donne un éclairage complet et nouveau sur le sujet.


Révélation


L'ile comorienne de Mayotte, terre arabo-islamique, fut d'abord gouvernée par des dirigeants arabes et musulmans issus des tribus omanaises Al Nabhan et Al Moundhir avant que l'usurpateur malgache Andrian Tsouli ne se proclame sultan de l'ile en l'an 1836. Le ton est donné et la suite coule de source.

Ce prince malgache qui avait obtenu asile politique à Mayotte après avoir été chassé de son île, usurpe le pouvoir et cède l'île comorienne aux Français par un traité signé, le 25 avril 1841, entre lui et le délégué de la France, Passot, moyennant une somme annuelle de cinq mille piastres et une  prise en charge de deux de ses enfants pour poursuivre leurs études à Bourbon.

Dans ce livre, Dr Karihila révèle, en outre, que le Sultan  Saïd Ben Sultan Alboussaidi (1806-1856), sultan d'Oman et Zanzibar, protecteur des princes et sultans musulmans dans la région a protesté vigoureusement contre cette concession auprès des autorités anglaises ayant la charge de faire respecter  et préserver l'unité et l'intégrité territoriale de ses Etats conformément au traité passé en 1839 avec Mascate.


95% pour l'indépendance


Il a reçu, à sa demande, le consul anglais à Zanzibar Mr.Atkins Hamerton pour exprimer son mécontentement, dénonçant la politique française de démantèlement progressif de son empire sous l'œil indifférent de ses alliés anglais.

Le ministre anglais des Affaires étrangères s'adressa à son homologue français F.Guizot pour exprimer la contestation de Sayed Saïd et lui rappeler l'engagement de son pays par rapport au respect de l'intégrité de l'empire d'Oman, donnant des instructions fermes au commandant de la station du Cap de mener une enquête sur la politique française aux Comores et sur l'authenticité de la cession de Mayotte à la France. Depuis, la France décide d'étendre son  influence et son hégémonie sur les trois autres îles en vertu des traités imposés aux sultans en 1886.

Les quatre îles de la lune, devenues une colonie française rattachée à Madagascar en 1912, deviennent une colonie au sein d'une autre. En 1946, après la Seconde Guerre mondiale, l'archipel de Comores a été doté d'un statut de territoire l'outre-mer et on lui a octroyé l'autonomie interne au début des années soixante du siècle dernier, jusqu'à la déclaration unilatérale d'indépendance, le 6 Juillet 1975, après une consultation organisée, en décembre de l'année précédente, dont le résultat a été de 95% en faveur de l'indépendance contre 5%.

Karihila revient sur l'histoire des Comores, en donnant d'autres faits d'histoires jusqu'ici inconnus et qui démontrent encore plus la dimension historique de la question de Mayotte. Dans son livre, la question de la balkanisation est traitée avec beaucoup de détails, expliquant la position géostratégique, lieu de passage des deux tiers du pétrole du Golfe vers l'Europe.

Il aborde également les conditions de l'octroi de l'indépendance, les violations répétées du droit international et de la constitution française et le reniement français des accords convenus de Paris.

Les lourdes conséquences  d'une marche forcée


Malgré les péripéties et l'usage de la force par la France, l'archipel des Comores est admis aux Nations Unies, à l'Organisation de l'unité africaine (aujourd'hui Union africaine), l'Organisation de la conférence islamique (Oci), au Mouvement des non-alignés, et à la Ligue des États arabes, avec ses quatre iles et sa souveraineté sur Mayotte. Ce livre dénonce les lourdes conséquences de la marche forcée de la départementalisation, et les drames humanitaires qui s'en suivent avec les centaines de morts en mer, les expulsions des milliers de Comoriens dans leur propre pays et les détentions arbitraires dans le centre de rétention administrative (Cra).  Ce livre sort à point nommé. Juste au moment où la question de Mayotte occupe une place de choix dans les conférences des Etats arabes et à la veille de l'Assemblée générale de l'Onu, en septembre prochain. Il permettra aux pays et peuples arabes de mieux comprendre et de s'approprier davantage la question dans toute sa dimension, historique  politique et humaine.


AAA

 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 09:19

Source : Al-watwan N° 1705 du lundi 21 février 2011

COMORES / Mayotte : Refuser les expulsions, le seul langage que comprend la France

 

Par Ahmed Ali Amir

Rédacteur en chef du journal Al-Watwan

 

Mayotte est un sujet complexe, tout le monde le reconnait. Le maillon faible de la question a toujours été, depuis 1975, la complaisance de l’Etat comorien devant les agissements de l’ancienne puissance coloniale. L’Etat comorien ne s’agite qu’à l’approche d’une assemblée générale de l’Onu, pour rassurer l’opinion nationale de l’inscription de la question à l’ordre du jour. Les Assemblées passent et le litige est toujours remis à l’Ag suivante, souvent à la demande des Comores, pendant que le statut de l’île de Mayotte n’a cessé d’évoluer, jusqu’à se transformer en département français.

 

Une étape importante risque encore une fois d’être franchie, celle de transformer Mayotte en région ultrapériphérique, impliquant, cette fois-ci, l’adhésion de l’Europe à la cause néocoloniale, alors que plus d’une vingtaine des pays européens avaient voté la première résolution admettant les Comores au sein des Nations unies et condamnant le référendum français dans l’île et toutes les consultations ultérieures. Le temps a passé, les générations qui sont aux commandes en Afrique et en Europe aussi.

Les Comores n’ont toujours pas de feuille de route connue et aucun kopeck n’est mobilisé pour la cause. Si avec le Ministre Fahamile discours a changé, devenu plus incisif, les déclarations plus claires sur les questions sous-jacentes comme le visa Balladur et les  expulsions,  les décisions courageuses tardent à être prises comme celle de refuser les expulsions qui nous rendent complices de déplacement forcé de populations.

Absence de décisions courageuses 

 

Ce mois-ci, quelques chose est en train de changer à Mayotte. Définitivement peut être. A l’appel de nombreuses associations, une grande manifestation est prévue à Mayotte le mercredi 23 février en mémoire aux milliers des victimes en mer. Il s’agit pour la plupart de français de souche vivant à Mayotte, membres des associations. La manifestation risque de n’être qu’une affaire de blancs, écœurés et révoltés par les drames humanitaires qui se déroulent sous leurs yeux et dont est seul responsable l’Etat français.  

 Personne ne peut dénombrer les accidents de Kwasas chaque année, comme personne

n’a de chiffres exacts du nombre des victimes. Le recensement réalisé en 2002 par un collectif d’associations présentes à Anjouan, chiffrait à 17 accidents et 407 victimes, dont 183 morts ou disparus, 224 rescapés entre juillet 2000 et février 2002.

Depuis, les chiffres pris en compte ne sont relevés que sur les accidents enregistrés près des côtes mahoraises.

 

Silence coupable


En juin 2010, le bilan de la préfecture de Mayotte, dénombre 126 Kwassas interceptés au premier semestre, avec au total 3201 passagers. Triomphalement, la préfecture explique que “ces résultats ont été rendus possibles grâce à l’action conjuguée de la police aux frontières (Paf), de la gendarmerie, de la gendarmerie maritime, des douanes et de la marine nationale’’.

Les contrôles quotidiens effectués par les forces de sécurité sur le territoire de Mayotte ont permis l’interpellation de 7321 Comoriens des trois îles, déclarés “en situation irrégulière“ sur le sol comorien, durant le 2ème trimestre 2010, soit un total de 12.321 personnes. En six mois, la France s’est rendue coupable d’interpellations et de déplacements de 10.010 personnes. Le silence et l’inaction des Comores rendent possible une telle politique. Mayotte couverte de radar, seule la côte sud de l’île en est exemptée. Cet itinéraire particulièrement risqué provoque des naufrages en série. A Kani-Kéli un naufrage avait tué neuf personnes dont cinq bébés. Les Comoriens des quatre îles n’avaient pourtant jamais eu de contrainte pour se rendre à Mayotte.

Depuis l’instauration d’un visa obligatoire, le fameux visa Balladur, du nom de son instigateur, les Comoriens des trois autres îles de l’archipel, empruntent la voie maritime, pour entrer incognito à Mayotte. On dénombre des milliers de comoriens qui ont péri en mer dont de nombreux bébés et des femmes enceintes. Désormais près de 26 000 expulsions sont programmées tous les ans dans des conditions inhumaines, par “la politique du chiffre“ proclamée par le gouvernement français.



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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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