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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 17:34
Le clin d'oeil de Me HALIDI à Salwa Mag et la femme comorienne

Source : Salwa Mag 09/03/2016

Me Halidi Allaoui, Avocat

"La femme comorienne doit continuer à s'imposer..."

La journée internationale de la femme se prolonge sur Salwa Mag avec sa semaine spéciale qui consiste à donner la parole aux hommes pour parler de la femme. Aujourd'hui, le tour revient à Halidi Allaoui de nous exposer sa vision de la femme comorienne. Cet avocat dans la région parisienne, nous livre quelques pistes que la femme comorienne doit emprunter pour triompher. Marié et père de famille, Halidi n'a pas manqué de saluer le travail abattu par Salwa Mag. Micro.

"La femme comorienne doit continuer à s'imposer dans tous les domaines surtout dans le domaine politique. Elle ne doit pas faire preuve de passivité ou se sous-estimer. Elle ne doit pas avoir peur d'affronter l'homme politique comorien.
Bref, elle doit être ambitieuse sur le terrain politique et tout faire pour atteindre ses objectifs. Elle ne doit pas attendre qu'on vienne la servir.

La création de SALWA MAG est une aubaine pour les COMORES, en général, et la femme comorienne, en particulier.

- Oui, une aubaine pour les COMORES. Car il véhicule une image très positive et contribue à la découverte de la beauté du pays un peu partout dans le monde.

- Oui, une aubaine aussi et surtout pour la femme comorienne. En effet, SALWA MAG, avec son objectif principal d’assurer la promotion de la femme comorienne, met en valeur, d’une manière régulière les Grandes Dames comoriennes qui illuminent les îles Comores dans des domaines diversifiés. Des Femmes qui peuvent servir de modèle pour les autres !

Eh bien. Moi, qui aime fortement la femme comorienne, je ne peux pas me passer de SALWA MAG. Je consulte quotidiennement sa page Facebook .

Quel régal ! Quel bonheur ! Je ne m’en lasse pas.

A vous l’équipe de COMORES MAG, merci infiniment. Persévérez dans cette belle voie qui vous honore.

Continuez à être la belle voix à forte résonance de la femme comorienne."

Propos recueillis par Salwa Mag

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 01:00

Ikililou et ses VP        (photo : De g à d : Fouad Mohadji, Mohamed Ali Soilih, Ikililou Dhoinine et Nourdine Bourhane)

 

En lisant la lettre en date du 8 octobre 2012 ( voir ICI) que le Vice-président en charge de l’Energie, Fouad Mohadji a adressé à l'autre vice-président en charge du Ministère des finances, Mohamed Ali Soilih alias Mamadou, l’on ne peut pas s’empêcher de déplorer cette pagaille qui existe depuis plusieurs mois au sommet de l’Union des Comores. Un vrai show époustouflant ! 

 

En effet, Fouad Mohadj reproche ouvertement Mamadou d’usurper en cachette ses prérogatives. Nous admettons que ce n’est pas gentil de sa part. Car quand on est issu d’une vraie et de la même famille, on se concerte ; On s’entraide ; On s’explique, On ne pique pas la viande de l’autre. Mais bon.ça sent le pétrole. Attention au feu. 


Oui c’est bien cela. Il n’y a pas d’erreur. Il s’agit bien d’un Vice-président de l’Union qui « expliquerait à un autre Vice-président de l’Union » qu’il empiète sur ses prérogatives et commet « une faute dans le bon fonctionnement de nos institutions ». Ce n’est pas du tout un opposant qui dénonce pour embêter le pouvoir. C’est incroyable ! La république est vraiment malade. Mais de quoi souffre t’elle ? Nous espérons juste qu’il ne s’agit pas d’une maladie incurable. Faisons preuve de courage et allons à son chevet avec nos fatiha…. Toute attitude contraire s’apparenterait à une non-assistance à personne en danger. Eh oui, une personne morale a aussi droit à une assistance quand elle est en danger !!!! C’est peut être la raison pour laquelle, le Président de l’Union des Comores, Ikililou Dhoinine a fait venir son ami d’enfance Bolero pour gérer sa maison et coordonner (c’est mieux que diriger) ses troupes. Il a certainement besoin de lui pour asseoir son autorité qui est en errance et pas seulement pour « contribuer au succès de la tournante mohélienne ». On le saura rapidement. En tout cas, le premier discours de Boléro fait lors de sa prise des fonctions il y a quelques jours en dit long. Au moins,Ikililou bouge et il a raison. Sinon on va continuer à se poser la question suivante : Dans une telle bataille entre ses hommes a-t-on un Chef ? Dans un mrengue (boxe locale), il y a toujours un arbitre qui fait souvent preuve de fermeté. En tout cas, le Vice président Fouad Mohadji a pris le soin de le mettre en copie. Donc, il doit désormais être au courant de la situation. Peut être, il ne l’était pas avant.

 

N’est-ce pas aussi une façon habile pour le vice président de dire au Président ceci : « Mr le Président, faites attention. Vous n'êtes pas informé et donc ne savez pas ce qui se trame. C’est pourquoi vous avez du mal à proposer des réponses appropriées aux problèmes de l’Etat et de la nation : le désordre est total. »

 

Une chose nous parait évidente. En analysant ladite lettre, les termes et formulations utilisés par Fouad Mohadji démontrent que le vrai destinataire n’est pas le Vice-président Mohamed Ali Soilih même s’il lui rappelle qu’en novembre 2011, alors qu’il assurait l’intérim de son ministère  il a signé une convention importante de longue durée avec une société étrangère au nom de son ministère à son insu  et regrette son attitude! C’est en réalité au Président de l’Union qu’il demanderait que « de telles manœuvres cessent afin de ne pas nuire à l’image de notre démocratie et au développement de notre industrie pétrolière » ou rappelle que le comportement de son collègue « constitue une faute grave dans le bon fonctionnement de nos institutions ».  Bref, il invite purement et simplement le Président Ikililou à prendre ses responsabilités. Ni plus ni moins. Sinon bonjour les dégâts. C’est peut être sa façon de contribuer à la réussite de la tournante mohélienne. Donc, il faudrait l’écouter.


Tous ceux qui connaissent Fouad Mohadji savent qu’il n’est pas du genre à se laisser faire. Le lendemain de l’élection de Ikililou, un ami mohélien nous avait confié que le vrai problème que Ikililou allait rencontrer, ce serait Fouad ! Avait-il raison ? En tout cas, entre les deux hommes ce n'est pas le grand amour. Et cela ne date pas d'aujourd'hui.

Ça promet au sommet de l’Etat entre Boléro (nouveau dircab du Président) et Fouad (Vice-Président), tous les deux issus de l'île de Mwali ! Mpaka modja Nguefo ? Même si nous aimons bien cette formule, nous ne le souhaitons pas du tout. D’autant plus que dans cette affaire sérieuse qui dégage l’odeur du pétrole, certains pensent qu’une petite minorité spolie les intérêts des comoriens. Là où il y a du pétrole, il y a trop de saletés. Et le danger guette. Attention au feu. Nous n'avons pas de moyens sophistiqués pour y faire face. Cela n’est pas rigolo.


Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 22:37

Nous sommes le 6 juillet 2010. Les Comoriens fêtent leur indépendance comme tous les ans. Nous aussi, nous la fêtons aussi avec fierté. C’est la fête nationale des Comores. C’est aussi notre fête. Bonne fête à tous les originaires des Comores.

 

35 ans d’indépendance !!!  Pourtant, ce pays, notre  pays de naissance, de filiation et d’éducation, serait toujours « à la recherche de l’Etat » comme l’a expliqué dans une récente étude, l’historien Mahmoud Ibrahime.  

 

Notre pays souffre. Il est confronté depuis le 6 juillet 1975, date de la proclamation de son indépendance à Moroni par  feu Président Ahmed Abdallah Abdérémane en application de la déclaration des députés  comoriens datant du même jour à de multiples crises et fléaux : une décolonisation incomplète avec le maintien illégal de l’île de Mayotte dans le giron français, les coups d’Etat répétitifs, le séparatisme, la mauvaise gouvernance, la corruption, la  gabegie, l’émergence de gouvernants véreux …. Cela a bien évidemment pour conséquence principale une instabilité dramatique et l’entrave à la mise en place dans de bonnes conditions d’un Etat viable et prospère profitable à tous à tel point que certains s’interrogent sur la nécessité et l’utilité de la proclamation de l’indépendance.  Tel n’est pas du tout notre cas. Cette indépendance était à notre sens nécessaire. Grâce à elle, en effet, notre pays pallie lentement et difficilement aux carences flagrantes d’un siècle de gestion coloniale française dans la quasi-totalité des domaines : infrastructures de transports, des communications, d’équipements sanitaires et scolaires formation d’une élite diversifiée…. Cette indépendance nous a beaucoup apporté contrairement à ce qu’on raconte ici ou là. Si le pays, par exemple continue à s’endetter et  s’emploie  très difficilement à améliorer la vie quotidienne de ses citoyens (adduction d’eau, électrification des villes et villages…) et à former les cadres de son administration et du secteur privé voire même des organismes internationaux, c’est tout simplement parce que la colonisation ne l’a pas fait. S’il est vrai que la diaspora comorienne de partout et les différentes associations comoriennes  contribuent beaucoup à cette tâche, il serait malhonnête d’occulter les différentes réalisations de l’Etat comorien depuis le 6  juillet 1975 jusqu’à nos jours. En tout cas, cela ne peut pas venir de nous compte tenu de ce que l’indépendance de ce pays a fait de nous et pour nous. Car si nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui c’est tout simplement grâce à lui malgré sa pauvreté et ses difficultés. Alors nous disons haut et fort « MERCI POUR TOUT »

 

Il est vrai que le pays va très mal. Les choses se dégradent. L’éducation, le système sanitaire, le fonctionnement de la justice…laissent à désirer. Le pessimisme gagne du terrain. La génération actuelle parait sacrifiée. De lourdes souffrances accablent les citoyens. Bref une crise de confiance s’instaure. Mais, à notre avis, ce n’est nullement en raison de l’indépendance. C’est plutôt sa gestion désastreuse qui en est le responsable.

 

Nous refusons que  la résignation, le pessimisme et le fatalisme nous habitent. Nous restons convaincus que la situation peut être inversée. Il suffit de le vouloir, de se donner les moyens et de ne pas compter sur les autres. Changer aussi notre état d’esprit et nos mentalités est indispensable.

Oui, la décolonisation doit aussi concerner notre mode de penser et de faire ! Une condition sine qua non pour inverser la tendance. Cela risque d’être long mais c’est faisable.

 

 35 ans ne suffisent pas pour faire le procès des Comores après un siècle de colonisation territoriale et spirituelle. Une colonisation qui a laissé un pays et un esprit à construire. Oublier cela induit en erreur.  Le mal qui ronge l’Etat comorien n’est pas incurable. Nous en sommes convaincus.

Encore une fois « A TOI, COMORES, MERCI POUR TOUT ».

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 22:44


Nous vous proposons ci-dessous un article sur la langue et l'unité des Comores que nous avons réçu récemment AINSI QUE notre point de vue sur la question.

Bien évidemment, tout le monde peut participer au débat en laissant ses commentaires.




Quelle Langue Unira enfin Les Comores ?

 

Elle se voulait optimiste lorsqu’en 2001, la Constitution actuelle des Kamar a remplacé République Fédérale Islamique des Comores (RFIC) par Union des Comores. Sans vouloir remettre en cause ce nouvel intitulé, en quoi sommes nous unis ? L’Histoire et la réalité quotidienne de l’archipel s’illustrent par d’innombrables amalgames et divisions. Jointe à cela, l’ingérence de la France ne simplifiera pas la tâche car plutôt que d’unir elle tend à diviser.

 

Bien qu’elles soient des sœurs issues d’une même famille Mwali, Ndzuwani, Ngazidja et Maoré sont chacune dotées d’une particularité lui étant propre et la distinguant des autres. Mais comme dans tout cercle familial, bien que les membres soient dissemblables, ces derniers restent liés par leur mère commune. En l’occurrence, il s’agirait ici d’une terre-mère commune mais également d’une langue commune. Cependant cette unité dans la langue n’est guère ressentie ni suffisamment reconnue.

 

Bien que les données de la conjoncture démolinguistique soient flagrantes (96% de la population parle comorien), il nous aura quand même fallu attendre l’élaboration de la constitution actuelle des Comores en 2001 pour enfin voir le shimassiwa (la langue nationale, littéralement la langue des îles) reconnue comme l’une des langues officielles du pays. Certains diront que parler une langue n’est pas une condition pour que celle-ci soit officielle. Néanmoins, lorsque cette langue est vernaculaire, n’est ce pas là une raison suffisante pour qu’elle le devienne?

La reconnaissance du shimassiwa comme étant une langue officielle sous entend qu’on lui reconnait aujourd’hui son caractère utile pour communiquer et échanger avec différents pays. Elle se doit donc d’être enseignée puis parlée dans les administrations. Et considérant que chaque île se veut plus ou moins isolationniste cette langue commune pourrait être le cordon unificateur.

 

Mais quelle langue choisir? Plusieurs options s’offrent à nous :


La première des options serait de choisir le dialecte le plus adapté à la situation. N’en déplaise à certains, le shimwali (le mohélien) semble le plus approprié. En effet, de part son vocabulaire et sa structure linguistique, il est un bel assortiment des deux dialectes influentes de l’archipel : le shindzuani (l’anjouanais) et le shingazidja (le grand-comorien). Mais indubitablement certains se sentiront lésés.

La seconde option nous permettrait de minimiser les "accusations" de favoritisme. Il s’agirait de procéder à l’élaboration d’une langue standard. Du temps ainsi qu’un investissement humain et financier devront être au rendez-vous, cependant nous ne serions pas les premiers et très certainement pas les derniers à avoir recours à ce procédé. Mais l’idée effarante et dispendieuse engendrerait des controverses qui feraient reculer les choses alors que nous voulons avancer.

Faisons donc preuve de pertinence et choisissons l’option la plus convenable. Quelle langue pourrions-nous "adopter" afin de pouvoir échanger avec nos voisins et alliés? Là aussi plusieurs réponses sont possibles. Mais d’un point de vue historique, économique et stratégique, le kiswahili semble être la bonne réponse. Le shimassiwa étant un dérivé de ce dernier, l’idée n’est ni insolite ni insoluble.

Le kiswahili serait la langue véhiculaire et commune aux quatre îles. Et comme cela va de soi, elle serait enseignée à l’école, sans pour autant délaisser les autres langues officielles du pays : l’arabe, la langue religieuse dont nous utilisons les caractères pour transcrire le comorien et le français, la langue du colon que nous ne pouvons ou plutôt nous ne voulons nous défaire. Et puisque cela est ainsi, à l’instar de l’un de nos pays voisins le Royaume du Lesotho, nous pourrions appliquer une politique de partenariat de langue. Le kiswahili, l’arabe et le français se relayant selon les circonstances et "aucune transaction ou document ne serait déclaré illégal pour l'unique raison qu'il est rédigé ou mené dans l'une de ces langues."

 

Oui, que de prétentions, que de convoitises, mais peut être est-ce tout simplement de l’ambition accompagnée d’une prise de conscience personnelle à l’égard des Kamar. Notre vécu fait qu’aujourd’hui nous ne pouvons qu’aspirer à un meilleur avenir pour ce pays. Nous nous devons de forger et ensuite préserver notre identité ainsi que notre appartenance à une mère commune. Indéniablement, il est plus que temps d’oser investir en ce cordon unificateur : la langue commune. Ensemble choisissons-en une qui sera conforme à notre analogie, une que nous maitriserons assez vite et qui sera enseignée car "il n'existe pas de forme plus haute d'appartenance à un peuple que d'écrire dans sa langue…" et dans un futur plus ou moins proche "s’octroyer" également celle de Shakespeare qui se mondialise. Nombreux témoigneront que ne pas la parler devient très vite un handicap…

 

 

Mary,

Le Port, Ile de La Réunion.

maryjo26@msn.com




NOTRE POINT DE VUE :

 

Commençons par ce rectificatif : Ce n'est pas depuis 2001 que le shikomor est consacré constitutionnellement comme étant une des langues officielles de notre pays. Cela est devenu réalité depuis 1992 : voir par exemple les constitutions de 1992(sous Djohar) et de 1996 (sous Taki). De plus, il a été démontré scientifiquement par les grands spécialistes de notre langue notamment le linguiste, Mohamed Ahmed Chamanga que le shikomor n'est pas un dérivé du swahili, mais une langue qui fait partie du groupe linguistique bantou au même titre que le kiswahili, le lingala, le tswana, le kikongo, le zulu, le shona et les autres.  Du coup toutes ces langues ont beaucoup de points communs dans la structure des mots

 

Par ailleurs, je pense que si nous voulons vraiment régler ce problème de langue vernaculaire, la solution se trouve aux Comores même. Je ne vois pas du tout pourquoi on irait chercher une autre langue étrangère quand bien même elle serait proche de la nôtre alors que nous pouvons bien opter pour un de nos parlers qui forment le shikomor. Contrairement à ce que certains véhiculent ici ou là les comoriens ne comprennent pas le Kiswahili.  De plus, l’argument selon lequel certains comoriens se sentiront lésés si l’on ne choisit pas leur parler ne nous parait pas du tout convaincant. En réalité, c'est surtout une question de volonté politique dont doivent faire preuve nos gouvernants. Car quand on regarde bien l'histoire de beaucoup de pays, la langue vernaculaire a été choisie parmi les parlers existants dans le pays et imposées (la Tanzanie, la France, Madagascar, les pays arabes...) à  ses populations.

 

Ainsi, le kiswahili était un des parlers de la Tanzanie avant de devenir sa langue officielle.

 

En réalité, il n’y a pas vraiment de problème d’incompréhension linguistique aux Comores. A titre d’illustration, quand un journaliste comorien présente le journal à la radio ou à la télévision, il le fait en son parler insulaire et pourtant cela n'a jamais posé problème. Idem pour nos présidents, ministres... quand ils font leur discours en shikomor. Lors des interviews, il arrive souvent que le journaliste et l'interviewé n'usent pas  du même parler pourtant cela se passe bien. J’ai aussi le souvenir de tous ces jeunes wagazidja, wandzuwani, wamwali et wa maoré qui ont vécu et grandi ensemble à la coulée de laves, un quartier de Moroni dans les années 80.  Chacun s’exprimait en son parler local. Pourtant, il n’y avait pas eu de contraintes de communication ou de blocage quelconque.

 

C’est pourquoi, il est de notre devoir de réfuter catégoriquement cette idée qui veut nous faire croire que nous ne nous comprenons pas. Celle-ci n’a qu’un seul objectif : nous enfoncer dans des divisions stériles et nous faire croire que l'unité de notre pays est artificielle.

 

Non, notre pays n’a pas besoin d’une autre langue pour l’unir. Cela est déjà fait depuis des siècles. En effet, comme le professeur  Pierre Verin (Les Comores, Editions Karthala 1994 p 45) nous pensons profondément que nous avons  une véritable unité de langue grâce au shikomor composé de ses quatre variétés (shingazidja, shimwali, shindzuwani, shimahoré). D’ailleurs quelle langue a été homogène ou uniforme ?

 

 Le problème relatif à l’unité de notre pays n’est pas du tout linguistique. Toutefois, nous admettons que pour des raisons pratiques, de commodités, de coût … il est nécessaire d’imposer à un moment donné un des parlers.

 

A mon avis pour renforcer l’unité de notre pays et notre cohésion sociale, il faut surtout favoriser  la circulation et les échanges inter iles et inter régionales des Comoriens comme était entrain de le faire le Président Ali Swalih dans les années 70 et enseigner le shikomor, notre histoire et notre culture dans nos écoles. Si j'ai bien compris c'est ce qu'on est entrain de tenter de faire (voir l’interview du linguiste Chamanga en cliquant ICI).

 

 En ce qui concerne le cas  des « je viens » nés ou grandis en France ou dans d'autres pays, puisque dès fois c’est l’exemple cité pour expliquer qu’il y aurait une incompréhension linguistique entre les comoriens,  il faut reconnaitre que le plus souvent, ils ne comprennent pas déjà bien le parler de l'île de leurs parents étant donné qu'en réalité ils comprennent juste quelques phrases et des mots. Ils ne parlent pas et ne comprennent pas correctement le shikomor. Donc c'est tout à fait normal qu'ils aient du mal à comprendre les parlers des autres îles.

 

 Encore une fois, quand on regarde l'histoire de toutes les langues il n'y a pas eu de langue uniforme dans les pays. Mais à un moment donné on a imposé un des parlers du pays. Et dans d'autres pays le colonisateur a tout simplement imposé sa langue.

 

Comme dans d’autres domaines, la solution est entre les mains de nos gouvernants : il faut une réelle volonté politique pour imposer le parler vernaculaire. « yes we can »

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


 

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 12:03

 En réponse à ceux qui se demandent si la France peut accorder l’extradition de Mohamed Bacar du fait de l’inexistence d’une convention d’extradition entre la France et les Comores ci-dessous mon bref point de vue juridique :

 

L'inexistence d'une convention d'extradition entre la France et les Comores ne peut pas être un obstacle à l'extradition des malfaiteurs, tortionnaires et que sais-je encore vers le pays où les infractions graves sont commises. L'existence d'une convention d'extradition n'est pas une condition indispensable au déclenchement de la procédure d'extradition.
 
En effet, en l'absence d'une convention d'extradition, Les autorités françaises peuvent accorder l'extradition sur le fondement de la loi française du 10 mars 1927 relative à l'extradition des étrangers (toujours en vigueur). Il appartient juste aux autorités comoriennes de faire preuve d'efficacité juridique et diplomatique pour obtenir l'extradition de Mohamed Bacar et certains de ses compagnons (quelques uns auraient aussi la nationalité française. Si c'est le cas ils ne peuvent pas être extradés) notamment en respectant scrupuleusement les conditions procédurales de la demande de l'extradition (article 9 et s) sous peine de nullité.
 
Les Comores peuvent par exemple rappeler aux autorités françaises qu'en dépit de la non signature d'une convention d'extradition entre les deux pays Bob Denard et ses amis européens ont été livrés à la France après leur tentative de coup d'Etat qui avait entrainé la déportation du Président Djohar à la Réunion. A mon avis, c'est un argument diplomatique qui peut produire ses fruits.
 
Par ailleurs, la procédure judiciaire en cours à l’île de la Réunion à l’encontre de Mohamed Bacar et consorts doit logiquement aboutir à leur reconduite à la frontière sauf pour ceux qui sont français (il y en aurait au moins un).
 
Ce qui serait aussi intéressant dans cet imbroglio juridico-diplomatique, est de voir aussi ce qui est prévu dans les accords judiciaires qui existeraient entre les deux pays.
 
Les Comores ne doivent rien négliger car ces voyous doivent être jugés par les juridictions comoriennes
 
Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES)

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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 09:39
International 13/03/2008 - 10:18
Comores: Mbeki opposé à une intervention
Comores: Mbeki opposé à une interventionLe président sud-africain Thabo Mbeki (Photo ci-contre) a dit jeudi son opposition à une intervention armée de l'Union africaine sur l'île comorienne d'Anjouan, qui défie le pouvoir central de Moroni, et a défendu l'idée de nouvelles élections dans ce territoire. Il a précisé que le dirigeant de l'île rebelle, Mohamed Bacar, avait écrit au ministère sud-africain des Affaires étrangères en se disant prêt à organiser un scrutin libre et impartial. "Ils sont tout à fait prêts à organiser cette élection dès le mois de mai", a dit le président Mbeki à l'issue d'une visite de deux jours à l'île Maurice. "Je pense vraiment que c'est la voie à suivre", a-t-il ajouté. L'armée comorienne a mené mardi une brève incursion à Anjouan, capturant trois miliciens fidèles à Bacar.

Source : lejdd.fr

Réponse des autorités de l'union des Comores à la Proposition de Mohamed Bacar du 13 mars 2008 :  

 "Mohamed Bacar est resté sourd à toutes les propositions de négociation qui lui ont été faites. Nous ne pensons pas qu'après avoir défié tout le monde, il dispose d'un minimum de crédibilité pour proposer des négociations», a déclaré hier le porte-parole du gouvernement comorien, Abdourahim Saïd Bacar.

Notre point de vue :

Nous pensons que les autorités de l'Union des Comores ont raison de rejeter cette proposition. Le temps des négociations est périmé. Ces voyous  et preneurs d'otages doivent maintenant répondre de leus actes et comportement odieux devant notre justice. Ils ne sont plus des interlocuteurs crédibles. Nous espérons que le Président Sambi et le chef de l'Etat major de l'AND resteront fermes et iront jusqu'au bout de leur logique afin de rendre un grand service à notre cher pays qui en a tant besoin. Les éléctions d'Anjouan doivent être organisées san eux.

Des responsables d'Etat dignes de ce nom ont le devoir de recourir à tous les moyens appropriés afin de mettre hors d'état de nuire des preneurs d'otage. Ils doivent aussi tout faire pour sauver un pays en voie de disparition et redonner la dignité à son peuple.

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Mariama HALIDI LE JDD + HALIDI - dans OPINIONS PERSONNELLES
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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 12:14
POINT DE VUE
MOHELI : LES CANDIDATS FAZUL ET SAROUMA «(BAGUIRI) ONT-ILS PARTICIPE AUX DERNIERES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DES ILES SANS VERSEMENT DE LA CAUTION ?
 
C’est incroyable mais vrai ! Actuellement, tout le monde s’interroge à Mohéli sur les rumeurs qui circulent. Certains candidats aux dernières élections présidentielles des îles notamment Messieurs Fazul, le chef de l’exécutif sortant et Sarouma auraient participé aux dernières élections présidentielles sans avoir versé au préalable la caution exigée par les textes juridiques en vigueur !
 
Est-ce vrai ou s’agit-il purement et simplement d’un règlement de comptes politicien ?
 
En bref, les faits sont les suivants :
 
A la suite des dernières élections présidentielles des îles, le nouveau gouvernement de Mohéli constate un trou dans les comptes du Trésor public de l’île. Après enquête, il est convaincu que certains candidats n’ont pas versé leur caution même si l’on trouve dans les livres comptables les écritures des versements.
 
A notre avis tout est possible dans cette histoire et la question est en droit d’être posée compte tenu du manque des fonds importants mais surtout de la façon dont l’affaire est instruite…plutôt bâclée. D’où notre prudence.
 
En effet, outre les relations très tendues entre les amis d’hier ( Mohamed Fazul, le chef de l’exécutif sortant et Mohamed Said, le nouveau chef de l’exécutif de Mohéli), nous avons du mal à concevoir qu’une affaire d’une telle importance soit instruite et déclarée être en état d’être jugée en quelques jours. De plus, nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi un juge d’instruction n’a pas été désigné pour instruire l’affaire. Ne parlons même pas du non recours à un expert des finances publiques pour éclairer la police judiciaire chargée du dossier sur le fonctionnement et la gestion du Trésor Public !
 
Ce qui est sûr, une plainte a été déposée par les nouvelles autorités de Mohéli pour faux en écriture, falsification des documents, détournement des fonds ….
 
Messieurs Fazul et Sarouma ainsi que la Trésorière de Mohéli inculpés dans cette affaire sont convoqués à une audience le mercredi 25 juillet 2007. Mais, il est probable que ce jour là, le débat soit consacré à des questions procédurales notamment à la compétence du Tribunal saisi étant donné que Monsieur Fazul était chef de l’exécutif de l’île au moment des faits qui lui sont reprochés.
 
En fait, l’on soupçonnerait les deux candidats inculpés d’avoir joint à leur dossier de candidature un reçu de complaisance délivré par le Trésor public de Mohéli pour justifier le versement de ladite caution. Si c’est vraiment le cas une autre question nous interpelle : pourquoi le comptable et le caissier du Trésor censé délivrer les reçus ne sont pas mis en cause dans ce dossier ?
 
Cette affaire est à suivre et aura certainement des rebondissements juridiques. A titre d’exemple, si Messieurs Fazul et Sarouma sont reconnus coupables des faits reprochés et condamnés par la justice, ne doit on pas refaire les élections de Mohéli ? 

Voir le verdict en cliquant ICI
 
Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES
 
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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 20:35
 
ON NE PEUT PAS ETRE FIER DE CEUX QUI DIRIGENT ANJOUAN
 
«Notre réponse du 07 juin 2007 au message de Ndroujou ya Bwe du 03 juin 2007 publié dans Pangahari (forum comorien)» dont ci-après un extrait (en rouge). »*
 
 
Quand on voit ce qui se passe à Anjouan depuis 1997, on ne peut pas être fier de ceux qui dirigent cette île  parce que soi disant 'ils en sont originaires surtout quand il s'agit d'une bande de voyous, preneurs d'otage et malfrats. Bien au contraire !
 
Quand on voit dans quel état se trouve Anjouan après 10 ans de "séparatisme", on ne peut pas en être fier surtout si réellement on aime vraiment cette île et se soucie de sa population (en particulier celle qui est sur place).
 
On attendait que ceux qui ont menti aux comoriens d'Anjouan en 1997 et usurpé à des fins personnelles un combat légitime d'une population désemparée et désespérée  montrent une autre façon de gérer les Comores pour pouvoir en tirer les leçons. 
 
 Malheureusement, nous assistons à l'inverse. Le bilan des 10 années de gestion des séparatistes est là : misère, exactions, assassinats politiques, climat de terreur, licenciements abusifs, corruption et détournement des fonds publics généralisés, violation des droits humains primaires, dictature sanglante, enrichissement scandaleux d'une minorité, drames réguliers des kwassa kwassas...La liste est longue.
 
Ainsi, avec un bilan pareil, je n'ose pas croire un seul instant que c'est ce que souhaitaient ces milliers d'anjouanais qu'on voyait manifester en 1997 auxquels des gens sans scrupules ont menti.
 
Par ailleurs, contrairement, à ce que vous écrivez, l'impression générale qu'on a quand on est à Anjouan, est que la majorité de la population ne veut plus de "séparatisme éhonté" qui ne fait que la plonger un peu plus chaque jour dans la misère alors que des malfrats et leurs complices roulent dans l'or.
 
C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles elle a voté massivement aussi bien au 1er tour qu'au 2eme tour lors des élections présidentielles de l'année dernière l'actuel Président de l'Union peu importe ses défauts. D'autant plus que ce dernier, tout au long de sa campagne électorale, disait haut et fort que son souci majeur était de rétablir l'autorité de l'Union des Comores à Anjouan.
 
On constate encore que, un an après son élection, le Président actuel de l'Union est toujours aussi populaire et accueilli, à chaque fois qu'il se rend à Anjouan, par une foule immense. Et c'est toujours le même scénario : un groupe armé  tente par la terreur d'empêcher la population de manifester son soutien à l'Union et son opposition au séparatisme.
 
Alors pourquoi vouloir à tout prix faire croire aux Comoriens et en particulier aux "Wangazidjas" (puisque généralement c'est à eux que vous vous adressez ) le contraire alors que les faits sont là ?
 
Enfin, tous ceux qui font une analyse objective de la situation d'Anjouan concluent que Mohamed Bacar ne  gagnera pas les élections si elles se déroulent normalement. Car, en vérité, le vrai combat de la majorité de la population qui se trouve à Anjouan est vital et non institutionnel à savoir se débarasser de Mohamed Bacar et consorts dans l'espoir de recouvrer le début d'une vie décente !

 Halidi Allaoui
(Message du 07 juin 2007 publié dans pangahari) 
 
 
 
 
 *« Les anjouanais, ne se vantent pas d’avoir déjà réussi à multiplier leur PIB par 10 depuis 1997. Ils sont tout simplement fiers d’être redevenus eux-mêmes dirigeants de leur destinée. Nous sommes convaincus que la réussite suivra dès qu’on arrivera totalement à bout de cette union des Comores qui nous a été présentée autrement en 2001 lorsqu’on l’a votée et que maintenant, reprend les allures de la R.F.I.C qu’on rejeté.
Les anjouanais ont voté massivement le NEC en 2001, parce qu’il était le résultat de négociations ayant abouti à une confédération des Etats indépendants des îles Comores qu’aujourd’hui on veut détourner en RFIC bis.
C’est pour cela que Mohamed Bacar va remporter les élections dès le premier tour c'est-à-dire dimanche prochain et qu’il va aussitôt tenir à son engagement de rompre définitivement avec cette union productrice de misère depuis 32 ans que ça dure ….».  
 
Extrait du message de Ndroujou ya Bwe du 04 juin 2007 publié sur Pangahari (forum comorien)
 
 
 
 
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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 15:55
POINT DE VUE :
CRISE D’ANJOUAN : LE TEMPS PRESSE POUR PRESERVER LES RESTES DE LA MAISON « COMORES »
 
Nous pensons qu'il est temps de régler définitivement le problème d'Anjouan. Cela fait 10 ans que ça dure.
 
Nous commencions à croire qu'un début de solution même si elle était mauvaise était trouvé et que nous allions enfin avancer ne serait ce qu'un petit peu. Hélas ! Nous assistons à un retour à la case de départ. L'on ne peut plus continuer ainsi. Cette situation  inacceptable ne fait qu'enfoncer Les Comores dans la pauvreté.
 
Pensons un peu à ceux et celles qui sont toujours pris en otage par une bande de voyous qui ne pensent qu'à leurs intérêts personnels à Anjouan. Jusqu'à quand continueront t-ils à rester dans cette situation humiliante ?
 
De plus, trop c'est trop.  Ces voyous qui se croient tout permis à Anjouan ont assez joué avec notre dignité. Il est temps que cela s'arrête.
 
S'il est vrai que d'une manière générale la guerre n'est pas la meilleure solution pour résoudre les problèmes, toutes les solutions sont appropriées pour mettre hors d'état de nuire des voyous et preneurs d'otage.
 
Il n'est  nullement question d'une guerre contre une population mais d'une intervention militaire contre des preneurs d'otages. C'est pourquoi, nous pensons que cette "guerre" est bonne et loyale. De plus elle est sollicitée par 88% de la population qui réside actuellement à Anjouan. A rappeler que seulement 12 % des électeurs s'étaient déplacés le dimanche dernier pour prendre part à la mascarade d'élections de Mohamed Bacar.
 
Le contexte actuel est totalement différent du contexte de 1997. La grande majorité de la population d'Anjouan ne soutient pas Mohamed Bacar et n'est pas prête à se sacrifier pour lui. Or en 1997, tout le monde était conscient que la révolte était populaire. Donc tout débarquement militaire était voué à l'échec.  Tel n'est pas le cas actuellement.
 
Par ailleurs, ce n'est pas parce que les autres candidats et la population ont fait preuve de sagesse en restant chez eux le dimanche dernier qu'il faut laisser les choses évoluer dans le sens souhaité par des voyous qui n'hésitent pas à tirer bêtement sur des civils non armés. Car à tout moment la situation peut se dégrader à Anjouan. Il ne faut pas prendre à la légère les propos de Mohamed Djanffar, un des candidats aux Présidentielles insulaires d'Anjouan, tenus ce matin sur les ondes de RFI. En effet, il a conseillé à Mohamed Bacar de revenir sur sa position pour éviter un bain de sang à Anjouan. Car qu'il le veuille ou non il y aura des élections à Anjouan avec ou sans lui.
 
Mieux vaut une guerre contre ceux qui défient tout le monde et qui ont pris en otage les anjouanais qu'une guerre civile à Anjouan.
 
A notre avis, le silence des autres candidats et de leurs partisans ne doit pas être traduit comme une résignation ou une acceptation tacite de la tenue des "élections sauvages" du dimanche dernier à Anjouan. Ceux ci n'ont fait que suivre les conseils du Président de l'Union et de l'opinion internationale afin de ne pas aggraver la situation. Mais si les choses n'évoluent pas dans le bon sens tout est possible dans les jours à venir à Anjouan. Et nous craignons le pire.
 
Donc, il est du devoir du Président de l'Union des Comores et de l'opinion internationale de rester fermes et de recourir à toutes les solutions adéquates pour apporter une solution définitive au problème d'Anjouan.
 
En cas d'échec, il appartiendra au Président Sambi d'en tirer les conséquences. Car les anjouanais ont aussi le droit primaire de choisir librement le chef de l'exécutif de leur île comme les comoriens de Mohéli et Ngazidja. Et... on ne badine pas avec la dignité humaine !
 
Ce qui est certain est que les négociations avec des preneurs d'otages ont toujours des limites et que  le temps presse pour préserver les restes de la maison "Comores"
 
A bon entendeur salut !
 
Halidi Allaoui
Le 17 juin 2007
 
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8 octobre 2006 7 08 /10 /octobre /2006 20:39
Upwa nvumbwe uhoza
se heurter l'orteil, ça fait mal » (1ère partie)

par Halidi Allaoui
 
 
Si nous avons choisi de donner à cet article le titre d'une chanson de l'auteur compositeur et poète comorien Abou Chihabi, c'est parce que nous tenons à lancer
le même avertissement aux hommes et femmes politiques, toutes tendances confondues : « ATTENTION AUX ERREURS ! »
La remise en cause des institutions : une fausse solution de la crise
 
Déjà à la veille de la conférence inter comorienne d'Addis-Abeba, nous déplorions
l'idée de tenir celle-ci à l'étranger et en même temps nous nous interrogions sur la légitimité de la délégation de l'île d'Anjouan (Masiwa n°2, décembre 1997).
Aujourd'hui, en apprenant de nouveau qu'une réunion des Comoriens devrait se
tenir à l'île Maurice, nous ne pouvons que réitérer notre immense déception. Décidément, l'eau propre manque aux Comores pour laver notre linge sale.
 
Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Pire encore. On continue à considérer les terroristes et les preneurs d'otage d'Anjouan comme des interlocuteurs viables pour résoudre la crise. Comment peut-on s'obstiner à faire confiance à des hommes privés de conscience qui renient à tout moment leur parole et leur signature ?
 
Croire que Abdallah Ibrahim et consorts maîtrisent la situation à Anjouan serait une erreur grotesque. Ces gens-là ne sont que des marionnettes dont les ficelles sont
 tirées par des groupes d'irresponsables armés. Dès lors, ne soyons pas surpris d'assister à des échecs répétés de toute tentative de réconciliation.
 
Il est certain que l'éventualité d'une conférence à Maurice, même si elle n'apportera rien, réjouit toute la classe politique. Car cela va être l'occasion pour elle de s'interroger inutilement sur une probable formation de gouvernement d'union
nationale, la démission du président de la république, l'organisation des élections ou encore tergiverser sur la forme de l'État... Bref, le débat risque d'être axé sur la définition
d'un nouveau cadre institutionnel. Or contrairement à ce que certains pensent, la
crise actuelle que traverse notre pays ne se fonde pas sur la qualité des institutions. Le problème est plutôt d'ordre économique. Attention à ce piège tendu par les leaders séparatistes d'Anjouan lesquels exploitent à des fins personnelles la révolte légitime d'une population désespérée et déforment sciemment le message de celle-ci. Tous
les moyens sont apparemment bons pour atteindre un objectif absurde !
 
Nous rejoignons, de ce fait, Mme Sittou Raghadat, ancien Ministre (Emission «  Mdjumbi », réalisée par Radio Comores en novembre 1997) et M. Nidhoim Attoumane, juriste
et ancien Ministre (Al-watwan n° 488 du
31 octobre au 6 novembre 1997) quand ils affirment que le Comorien moyen ne
maîtrise pas la subtilité des concepts juridiques de confédération, État unitaire, Fédération... ce qui compte pour lui, c'est vivre mieux et libre.
 
Tant que la crise économique ne sera pas résolue, l'unité et la stabilité des Comores resteront fragiles, des réformes institutionnelles s'avèrent peut-être nécessaires.
 Mais elles sont moins urgentes que les problèmes économiques.
 
Il est temps de terminer avec cette incrimination permanente et infondée de nos institutions en général et de la constitution en particulier, et de s'attaquer aux vrais fléaux de notre pays. Le débat sur le séparatisme ne doit pas se focaliser sur les institutions. Nous défions, en effet, quiconque pourra démontrer l'hostilité des constitutions comoriennes à une autonomie politique et administrative des îles et différentes régions.
 
 En quoi la constitution en vigueur reste la cause des événements d'Anjouan et de Mohéli ? En vérité, c'est la réelle volonté de nos gouvernants de concilier la pratique
et la théorie constitutionnelle qui fait défaut.
 
A titre d'exemple, concrétiser l'autonomie des îles prévue par l'article premier de la Constitution du 20 octobre 1996, facteur de développement ne nécessite pas une réforme institutionnelle.
(mai 1998)
 
(À suivre)
Masiwa n°8 mai 1998
 
 
NI INDÉPENDANCE,
NI CONFÉDÉRATION
NI FEDERALISME
 
par Halidi Allaoui (19.05.98)
(suite et fin de l'article "Upwa mvumbwe uhoza : masiwa n° 8)
 
Néanmoins, si nos hommes politiques préféreraient quand même privilégier le débat
sur la mise en place de nouvelles institutions à l'île Maurice ou aux Comores
(peut-être après la Conférence de Maurice), ils seront amenés à prendre des
décisions importantes sur le destin de notre pays. Ainsi aucune erreur de choix ne
 leur sera pardonnée.
 
Apparemment, trois systèmes attirent l'attention des juristes et politiques. Ils
seraient particulièrement examinés semble-t-il par les séparatistes : État
 indépendant, confédération et fédération (Archipel n° 167 du 31/12/97, p. 9 et s.).
 
En ce qui concerne l'État indépendant, cette proposition ne mérite même pas de
faire l'objet d'une discussion. Si en effet, il existe un combat que tout comorien
digne de ce nom doit mener avec acharnement, c'est la préservation de l'unité des Comores dans tous les domaines : peu importe le prix, l'intégrité territoriale reste sacrée.
Quant au système confédéral, il semble avoir séduit la quasi unanimité de la classe politique. Même l'actuel soi-disant garant constitutionnel de l'intégrité territoriale
n'y voit aucun inconvénient (Jeune Afrique Économie n° 255 du 5 au 18/01/98,
p. 104). Un document qui va dans ce sens, intitulé pour &laqno; une union des
Comores », est même proposé par le Parti Républicain des Comores de Mchangama, ancien président de l'Assemblée fédérale. N'est-ce pas là la preuve d'une classe politique désemparée au point d'accepter n'importe quelle solution ?
 
Ce qui est curieux c'est que tous les partisans de la confédération se déclarent soucieux de l'unité et de l'intégrité territoriale. Quand on décèle un tel paradoxe,
on ne peut que se demander si ceux-ci ne connaissent pas parfaitement le sens
de ce concept. Il s'agit, en effet, d'une association d'États souverains fondée sur un traité. la confédération ne constitue pas un État au regard du droit international. Concevoir un tel système, serait entériner purement et simplement la dislocation de l'État comorien. Seuls des séparatistes déguisés peuvent avoir le courage de
défendre un tel concept, pratiquement inexistant dont le fonctionnement reste chaotique. Il a juste le mérite de faciliter la coopération dans des domaines
différents entre des États indépendants.
 
Enfin, pour ce qui est de la fédération, depuis 1978, les différentes constitutions
l'ont toujours adoptée avec quelques variantes et des originalités. Ainsi les Comores semblent toujours restées un fédéralisme monocaméral (une seule chambre).
En 1992, une deuxième chambre (le sénat) a certes été créée. Toutefois, elle n'était pas destinée à la représentation des États fédérés. Ainsi le principe même de participation, une des caractéristiques d'un État fédéral est toujours ignoré par nos constituants en pratique. De plus le principe d'autonomie des composantes de l'État fédéral n'a jamais été respecté. Par conséquent notre pays est toujours resté un &laqno; État fédéral centralisé » boiteux.
 
C'est la raison pour laquelle, des esprits avisés estiment que seul un réel fédéralisme classique permettrait de remédier à la crise (André Oraison, témoignage (quotidien publié à la Réunion) du jeudi 23 avril 1998).
 
Cependant nous pensons que celui-ci ne pourra jamais être effectif dans notre pays
du fait de l'insuffisance des ressources humaines, financières et juridiques. Toute tentative d'un État fédéral se transformera en fait en un État unitaire centralisé
comme c'est le cas actuellement.
 
En outre, pendant un peu plus d'un demi-siècle de colonisation, il y a eu un système plus ou moins unitaire avec lequel il n'est pas facile de rompre brutalement.
De même nous pensons que ni l'insularité ni les disparités économiques ne doivent suffire pour justifier le fédéralisme lequel ne rime pas forcément avec le
développement
économique d'un pays. À titre d'exemple, nos voisins les Seychellois n'ont pas
besoin de ce système pour développer leurs îles.
 
En fait dans le contexte actuel, deux impératifs (l'autonomie et l'unité) doivent
 surtout être conciliés. or les trois systèmes déjà étudiés ne consacrent que le
premier d'où notre proposition d'opter plutôt pour un État unitaire réellement décentralisé.
En effet tous les citoyens comoriens doivent être, comme c'est le cas actuellement soumis aux mêmes lois en tous domaines. c'est la raison pour laquelle nous réfutons toute idée d'une assemblée législative ou d'une constitution dans chaque île. De
même pour permettre un développement harmonieux et équitable des îles et régions,
on doit envisager une réelle décentralisation territoriale. Celle-ci consiste à
reconnaître une autonomie limitée aux différentes régions administratives (circonscriptions) de l'État dont les responsables doivent être élus.
 
En substance, toute conférence sur les Comores ne sera fructueuse, dans
 l'immédiat, que si on se penche sur les moyens concrets de mettre en place les institutions locales (Ex : les communes) prévues par la Constitution de 1996 le plus
 tôt possible. privilégier une discussion sur les réformes institutionnelles risque d'envenimer la situation déjà dramatique.
 
Seul un état décentralisé semble être approprié au contexte actuel, pour préserver l'unité et l'intégrité des Comores, lutter contre le chauvinisme et permettre
 l'autonomie des régions et non des îles. En réalité, raisonner en termes d'autonomie des îles favorise exclusivement les chefs-lieux et grandes villes de chaque île. Or,
tant que nous n'arriverons pas à un développement réel de toutes les régions, seul moyen de faciliter les relations entre les Comoriens et de renforcer davantage notre cohésion, l'unité sera menacée. D'ores et déjà, une réflexion sur la représentation
des régions et non des îles ne nous paraît pas inutile.
 
 
Masiwa n°9 juin 1998
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