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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:29

Source : HZK Presse du 30 mai 2011

 

 

Azali: ''Un don de 2 milliards? C'est prendre les gens pour des c...''

 

 

 
La tournante est arrivée enfin à Mohéli. Cette étape marque la fin d’un cycle d’une présidence à tour de rôle, après Ngazidja (2002) et Ndzouani (2006), dans l’hypothèse où l’île de Mayotte n’aurait pas rejoint l’Union des Comores en 2015. Une tournante qui est instituée en 2001 sous le régime Azali, pour résoudre la double crise séparatiste et institutionnelle qui a éclaté à Ndzouani en 197. L’ancien président est donc un témoin privilégié de cette histoire récente du pays, en tant que protagoniste et signataire de l’accord de réconciliation nationale signé à Fomboni le 17 février 2001.

 
Le colonel Azali a assisté le 26 mai dernier à l’investiture du Dr Ikililou, en volant la vedette à son successeur de 2006 dont la cérémonie marquait la fin de règne, par les honneurs d’un public qui l’a longuement ovationné. Dans une interview exclusive qu’il a accordée à La Gazette / HZK-Presse, cet ancien chef d’état-major de l’armée arrivé au pouvoir le 30 avril 1999 par un coup d’état, avant de se faire élire en mai 2002, comme premier président de l’Union, a accepté de porter un regard sur le régime Sambi et surtout nous parler de l’avenir.



COMMENT AVEZ VOUS VECU L'INVESTITURE DU PRÉSIDENT IKILILOU?

Azali Assoumani : Pour moi c’était un moment très intense et très émouvant puisque c’est la continuité d’un système qu’on a mis en ensemble en 2002 à la suite d’une crise profonde du pays. Je me suis dit tant mieux qu’on soit arrivé jusqu’ici, malgré les hauts et les bas. Mais in fine, c’est quand même un bon résultat d’arriver à une alternance qui s’est passé comme tout le monde l’aurait souhaité. Je parle au conditionnel car on aurait voulu que ça se passe mieux. Mais au moins l’investiture a eu lieu. Le nouveau président est investi conformément à la loi. Tout ce qu’on peut espérer pour lui et pour le pays, est qu’il puisse s’atteler au devoir qui l’attend et prie pour qu’il réussisse parce que sa réussite est la réussite de tout un peuple.


CE JOUR LA, VOUS AVEZ ÉTÉ BEAUCOUP APPLAUDI. QUAND ON SE SOUVIENT QU'UNE DATE PAREILLE VOUS AVEZ ÉTÉ HUE, QU'EST-CE QUE ÇA VOUS FAIT ?

Azali Assoumani :  En tant qu’homme, il faut rester modeste et savoir qu’il y a un prédestiné fait pour chaque Homme qui arrive qu’on le veille ou pas, surtout quand on est musulman. Donc ce qui est arrivé en 2006, c’est un événement. J’en ai connu beaucoup. Je ne dirais pas pire car je n’étais pas chef d’Etat, mais durant ma vie j’en ai connu des moments intenses. Mais il faut remarquer qu’en 2006, il y a des gens qui ont comploté et qui ont payé les gens pour venir faire cela. Nous, on l’a su en amont mais on a laissé passer. Et ce qui s’est passé dernièrement, je ne peux dire que merci. Nous pensons que c’est avec sincérité que les gens ont applaudi très fort. En tout cas, ça ne peut pas être autrement et je souhaite autant pour le Dr Ikililou.

  

ET ÇA VOUS FAIT QUOI DE VOIR VOTRE BÉBÉ, LA TRANSITION, TOURNER ?

Azali Assoumani :La tournante tourne, c’est bien car c’est pour cela qu’elle est faite. Mais le débat que tout le monde ne veut pas faire, c’est moi qui ai voulu qu’elle tourne comme ça. Mais la constitution elle-même avait préconisé une autre façon de tourner. J’ai voulu que ça tourne comme cela parce que pour moi c’est une transition qui continue. Pour moi, 12 ans de transition, c’est largement suffisant pour faire un bilan et voir l’avenir. Malheureusement, le pouvoir actuel l’a biaisé parce qu’il a voulu changer la constitution pour des motifs qui ne sont pas évoqués. Il prétexte que 4 ans c’est moins et que 5 ans c’est mieux. Mais quel est la différence en 4 et 5 ans en matière de gestion ? C’était seulement une façon de torpiller le jeu sans dire ce mot. C’est pourquoi nous sommes arrivés que Dr Ikililou aille faire 5 ans. Tant mieux pour lui. Mais j’avais pensé laisser ces 12 ans de transition et s’asseoir à l’échelle nationale pour dire ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. Moi j’ai fait 4 ans, Sambi devait faire 4 aussi, mais il a ajouté un an d’illégalité. La cour constitutionnelle, sans pour autant dire que Sambi va faire 5 ans conformément à la nouvelle constitution, lui a permis de faire ces 5 ans. En tout cas, ça n’a rien avoir avec la révision constitutionnelle que le président en a fait voter et voulait le ramener jusqu’à novembre 2011. Heureusement que la cour constitutionnelle ne l’a pas reconnu comme une loi constitutionnelle. Et vous le permettez de m’étonner que le président Sambi a prétendu qu’il est le seul à vouloir les élections ce jour-là et que les autres n’ont pas voulu. Pourtant, c’est lui qui a introduit la loi pour rester au pouvoir jusqu’en novembre 2011. Et que la lutte qui a été menée par tout le monde y compris la presse à qui je dis bravo, car vous avez fait du bon travail, les mohéliens et nous tous, les partis politiques, c’était pour dire au président Sambi qu’il n’a pas intérêt à jouer ce jeu dangereux. Finalement, c’est par la contrainte qu’il a accepté et maintenant, il se donne les mérites. Qu’il a ôté les chaussures pour prier Dieu pour qu’il puisse en arriver ici, on ne peut pas dire non mais ce que tout le monde sait, ce n’est pas aujourd’hui qu’il voulait partir. Il voulait partir au mieux en octobre 2011 selon la loi qu’il a fait voter [par le Congrès ndlr]. En tout cas, ce qu’on peut capitaliser dans ce départ, il y a une alternance politique qui se fait. Il n’y a pas de chef d’Etat qui part directement au cimetière ou qu’on envoie à la Réunion.



ET MAINTENANT QUEL REGARD PORTEZ VOUS SUR LE RÉGIME DE VOTRE EX-SUCCESSEUR ?

Azali Assoumani :  Avant-hier, Sambi a dit qu’il ne dit pas ce qu’il fait mais il dit ce qu’il n’a pas fait. C’est une façon curieuse de faire un bilan (rire…), car normalement on dit ce qu’on a fait. Je ne vais pas m’étaler mais tout le monde sait que Sambi s’est engagé pour trois choses : un logement décent pour tout le monde, une justice juste et la lutte contre la corruption et création d’emploi. Je pense qu’on n’a pas besoin de sortir d’une grande école et des microscopes pour voir que les logements, on n’en parle pas. Ce qui est curieux, il a lui-même avoué qu’il a touché des milliards pour ce projet. Et que jusqu’alors, à part les trois qui ont été faits en guise d’expérience dans les trois îles, on n’en sait rien. Donc c’est quand même sérieux qu’il s’engage et qu’il annonce avoir les fonds, et il ose dire qu’il n’a rien à dire alors qu’on ne voit pas les logements. Deuxièmement, c’est la justice. Quand on voit l’affaire du général Salimou avec l’assassinat du colonel Combo et l’histoire de l’ancien préfet assassiné sauvagement à Sima, on a intérêt à se poser des questions de savoir quelle justice Sambi a fait pendant les 5 ans. Et là, nous, citoyens lambda, partout où nous nous trouvons, nous sommes très inquiets de savoir si quelque chose de bien ou de mauvais à quelqu’un de façon active ou passive, est-ce qu’il y a une justice capable de rendre la justice, quand on voit le chaos où sombre l’affaire général Salimou. Maintenant pour la corruption, ce n’est pas la peine. Il a avoué que les gens qui se trouvent à ses cotés sont corrompus, qu’ils sont malhonnêtes mais qu’a-t-il fait ? Il a porté plainte devant Dieu. Alors pour parler de justice, les anciens de l’ancien régime, il les a mis en prison. On les a mis en prison mais les siens il porte plainte devant Dieu. Et même ceux qui sont mis en prison, il y a deux catégories : ceux qui ont rejoint le régime et qui sont lavés. Il suffit donc de rejoindre son régime et là on n’est pas coupable. Donc pour ces trois dossiers, c’est le chaos. Je mets au défi n’importe qui, qui viendra dire le contraire. Et d’ailleurs, ça me fait très mal quant je vois des gens très respectables dire dans la presse que oui Sambi a ouvert le pays dans le monde arabe. Allez dans le monde arabe, tout y allait. Mais les arabes, quels ont les résultats qu’ils ont apportés ? Les panneaux à la corniche ? Ou les nouveaux panneaux érigés près du foyer des femmes de Moroni ? Ou bien l’Hôtel Galawa, ou Janat Alkamar du Lac salé ? Au moins, s’il avait construit des hôtels, ces gens viendraient se promener et permettre de lutter contre le chômage, permettre aux commerçants de vendre. Mais ces gens viennent sans rien faire et ils repartent. Et la prouesse, on a constaté par ceux qui arrivent n’ont rien fait que récupérer ce que le pauvre Assim a fait. Assim a réalisé trois investissements importants dans ce pays : Al Amal à Anjouan, Hôtel Itsandra et le Moroni. Et ces gens sont venus récupérer illégalement. Cela n’importe qui peut le faire. Des arabes ou des chinois ce serait la même chose. Donc, il faut rester serein mais qu’on ne prenne pas les gens pour des cons car c’est le chao. Et au lieu de faire son bilan, il annonce le programme de son successeur. Donc tout ce qu’il a dit il ne l’a pas fait mais il est entrain d’hypothéquer la présidence d’Ikililou en annonçant d’autres choses. C’est un peu dommage. J’espère que le président Ikililou saura prendre ses responsabilités en main.

  

MALGRÉ CE BILAN QUE VOUS JUGEZ NÉGATIF, SAMBI EST RESTE POPULAIRE; PEUT ÊTRE QU'IL Y A QUELQUE CHOSE DE NEGATIF ?

Azali Assoumani :  (Hésitation…). Il faut définir ce qu’on appelle populaire. Si populaire, c’est gagner des élections en les achetant. J’ai pensé donner l’exemple mais il n’était pas suivi. J’avais le pouvoir, j’avais les armes, j’ai fait un coup d’Etat, les élections que les instances avaient validées, j’ai accepté. Celles que les instances avaient déclaré perdues, j’ai accepté. Mais lorsqu’un régime ose dire qu’il n’est jamais battu en élection, avec tout ce qu’on a vécu ici, on ne peut pas parler de popularité. C’est un coup de force. Souvenez-vous que même la communauté internationale avait dit qu’à Anjouan, il n’y a pas eu d’élection. Moi, je n’ai pas cette popularité. La popularité que j’aime, c’est si le peuple s’exprime de façon transparente. Et s’il faut le forcer pour se prononcer pour dire après qu’on est populaire, je n’en veux pas.

  

AU CAS OU DR IKILILOU VOUS RECEVAIT EN AUDIENCE QU'ALLEZ-VOUS LUI DONNER COMME CONSEIL ?

Azali Assoumani :  Un conseil simple. Je dirais au président Ikililou qu’il ne doit compter que sur ses propres forces. Ils étaient 10 à Mohéli, trois au niveau national et il a été le seul à être choisi avec ses trois vice-présidents. Cela veut dire que c’est lui qu’on a choisi et c’est à lui d’assumer ses propres responsabilités. Cela ne signifie pas négliger des conseils, ou ne pas avoir des experts mais de savoir qu’il est le seul à être jugé à partir du choix qu’ont fait les comoriens. C’est un peu théorique mais je le dis car on a vécu un scandale pendant 5 ans dans ce pays. Les gens ont compris qu’on peut rester sans rien faire et que les qataris et les arabes viendront tout faire à notre place, en lieu et place de nos autorités. Ils l’avaient compris et le disaient. Quand on entend que le gouvernement a préparé les états de salaire mais attend que l’argent arrive, c’est scandaleux. Donc je dirais à Ikililou qu’on doit compter sur nous mêmes d’abord. On n’est jamais mieux gratté que par soi-même. C’est vrai, il aura des conseils, il aura des aides et on l’espère, mais ils ne sauront jamais se substituer aux efforts qu’on doit faire. Le peuple comorien a choisi d’être libre à partir du 6 juillet 1975 et cela a un sens. S’il fallait être libre et continuer à attendre des aides extérieures pourquoi avoir demandé l’indépendance ? Effectivement, les aides extérieures sont normales et complémentaires, mais ce dont on va réfléchir, concevoir est la façon dont nous allons nous y mettre. Je le dis parce que ce que j’ai entendu, et même le président Ikililou l’a répété par rapport à l’argent censé provenir des ONG, l’argent du Qatar, de la Fondation Fatuma, tout ça c’est nécessaire mais jamais suffisant. En 2005, on a fait une conférence de Maurice avec 200 millions de dollars, et personne n’en parle maintenant. Aujourd’hui, on parle de 600 millions sur la conférence du Qatar. Mais si cette conférence va être gérée de la même manière que Maurice, les résultats, il ne faut rien attendre. La curiosité est que la conférence du Qatar et celle de Maurice qui ont rassemblé toutes les institutions financières internationales et les pays amis, on a eu 200 millions à Maurice et 600 millions au Qatar et qu’on prétend nous dire qu’une ONG va débourser 2 milliards d’euros, c’est prendre les gens pour des c…. Que ce soit ceux qu’ils l’ont ou ceux qui étaient là pour se présenter pour faire croire que c’est de la vérité, ce n’est pas vrai. Ni en amont, ni en aval, ce n’est pas vrai il n’y a pas une Ong qui est capable de donner deux milliards d’euros à un pays et même si c’est le cas, on n’a même pas les moyens d’absorber cette manne en deux ans. C’est du n’importe quoi. J’espère que le clan Ikililou le prend au premier degré mais après il se donne les moyens de vérifier.

 

EST IL POSSIBLE POUR LUI DE SE DÉTACHER ALORS QUE C EST ALORS QUE C EST LA MÊME ÉQUIPE; L'ON PARLE MÊME DE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITÉ ?

Azali Assoumani :  (Pensif…). La continuité n’est quand même pas péjorative ! On a toujours dit que l’Etat appartient à tout le monde. La continuité de l’Etat est une donne que tout le monde doit intégrer. C’est d’ailleurs ce qui fait la force des pays développés. Ces pays jouent la continuité de l’Etat que malgré deux régimes qui se tournent le dos, celui qui arrive discerne ce qui est bien pour l’intérêt de l’Etat et il continue parce qu’il y a des lois qui l’ont institué. Ce qui n’est pas bon pour le pays, on l’écarte mais en passant par les voies légales. Prenez l’exemple des Etats-Unis. Vous croyez qu’un pays comme les Etats-Unis se développe en 4 ans ou 8 ans. Ce n’est pas possible. Ils ont intégré la notion de continuité de l’Etat. Ce qui n’est pas malheureusement le cas ici. On a constaté que tout ce qu’on a fait de 2002 à 2006 est considéré comme négatif. On a même eu le culot de dire que rien n’est fait dans ce pays depuis l’indépendance et que c’est maintenant qu’on commence tout faire. C’est comme ça qu’on construit un pays. Maintenant, Ikililou a été élu. Cela veut dire que la continuité de l’Etat ce sont les projets. Il vérifie les projets fiables, il continue et ceux qui ne sont pas fiables, on ne va pas faire la continuité de l’Etat pour faire n’importe quoi. Donc, j’espère que Dr Ikililou va continuer ce qui est bien, encore qu’il y a moins. Mais s’il va continuer sur le mensonge, je crois que c’est dommage. Mais on lui fait confiance sans pour autant trahir l’amitié des gens qui l’ont amené jusqu’à là, mais au moins qu’il leur dise que c’est moi seul le comptable vis-à-vis du peuple comorien et vis-à-vis de Dieu, car c’est lui seul qui a prêté serment avec les trois vice-présidents.

A PARTIR DE 2015, SI LA COMPÉTITION N'EST PAS CHANGEE CE SERA LE TOUR DE NGAZIDJA DE REPRENDRE LA TOURNANTE. COLONEL AZALI, POURRAIT IL ÊTRE CANDIDAT ?

Azali Assoumani :Vous n’allez pas me poser une question qui est au conditionnel ! (Grand rire…). C’est vrai nous arrivons au terme du système de la tournante. Maintenant, il appartient au Président Ikililou et à l’assemblée d’appeler le peuple comorien à réfléchir. C’est à partir de là que les uns et autres vont se prononcer. Mais je crois que ce serait maladroit et même dépasser les ambitions de se décider dès maintenant, que quelque soit les cas de figure je vais être candidat. Donc, je ne peux pas me prononcer alors que je ne sais pas comment l’évolution des institutions va se dessiner. On ne se prononce pas par hypothèse. Il va falloir regarder où on va pour ne pas faire un saut dans l’inconnu. Mais lorsqu’on verra où l’on pose le pied, j’y réfléchirai avant de dire que je peux ou je ne peux pas. C’est là que la question va se poser et certainement, il y aura une réponse. Maintenant, c’est prématuré.


PROPOS RECUEILLIS PAR A.A. MGUENI

Moroni, 30 mai 2011 (HZK-Presse)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 10:38
                    Nous sommes le 29 mai 2011. Je te dédie le poème ci-dessous :

 

MAMAN

   

 

Sourire mêlé à des larmes

Inlassable après une guerre rude

Toi qui m’as intimement abrité dans ton corps

Toi dont les seins ont accepté ma salive

Où serais- je sans ton ventre et ta patience

Un jour un beau jour un grand jour

Joufflu et noir j’envahis ce monde

Avec un cordon ombilical me reliant à toi

Femme noire femme comorienne

Femme cœlacanthe femme jasmin

Au large de cet océan houleux

Rien ne saura nous délier

 

Extrait de "Cris d'ici et d'ailleurs", Halidi Allaoui, 2008 Komédit

 


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Mariama HALIDI HALIDI - dans POESIE
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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 21:08

 

Investiture-Ikilikou3.jpgComme c’était prévu Ikililou Dhoinine a enfin ( !!! ) prêté serment ce jeudi 26 mai 2011 avec ses trois vice-présidents, Fouad Mohadji, Mohamed Ali Soilihi et Nourdine Bourhane, au palais du peuple à Moroni devant les membres de la cour constitutionnelle. Il devient le 3eme Président de l’Union des Comores mais aussi le  premier Président des Comores originaire de l’île de Mwali pour un mandat de 5 ans.

Beaucoup de comoriens et plusieurs délégations étrangères (Chine, Quatar, Tchad, Australie, Tanzanie, Cuba….) ont  participé à l’investiture. Il y a même eu le chef d'Etat malgache, Andry Rajoelina qui a fait  le déplacement.Remise-de-drapeau-26-05-11.jpg

 

Nous disons « enfin » car certains comoriens, de bonne ou mauvaise foi - Il n’y a qu’eux qui le savent - continuaient à se dire et/ou à croire que cela n’allait jamais arriver. Car le Président sortant n’avait pas l’intention de décrocher !

 

Pourtant, Ikililou est en réalité fait par le Président Ahmed Abdallah Sambi pour ne pas dire qu’il est un pur produit de Sambi. Donc il était naturel et logique de le voir devenir Président de tous les comoriens ce jour. Le doute n’était pas permis. Mais quand on connait nos politiciens, cela parait normal.

 

En 2006, Beaucoup d’entre nous ont découvert Ikililou sur l’échiquier politique comorien quand le candidat Sambi l’a présenté comme étant un de ses candidats au poste de vice-président.

 

Personne n’osera contester que si le vice Président Ikililou a été candidat aux élections présidentielles de l’année dernière c’est tout simplement grâce au Président Sambi. Certains politiciens originaires de Mwali comme Oukacha, pour n’en citer qu’un seul peuvent en témoigner. On se souvient de leur réaction lorsqu’il a été désigné « unilatéralement » candidat.

 

Enfin, tout le monde sait que si Ikililou a remporté les dernières élections, c’est en grande partie parce que son « parrain » Sambi  n’a pas ménagé ses efforts dans tous les sens pour atteindre cet objectif.

 

Donc, c’est normal qu’il prête serment aujourd’hui étant donné que c’est ce que Sambi voulait et avait toujours promis.

 

Investiture-Ikilikou2.jpgQue c’est beau de voir les choses se passer dans de bonnes conditions.  Tout le monde est gagnant.

Que le mandat du nouveau président se passe aussi dans de bonnes conditions ! Comme cela, personne ne sera perdant et le pays sera le grand gagnant.

 

Investiture-Ikilikou.jpgNous présentons nos sincères félicitations au nouveau président et à ses vices présidents. Nous espérons vivement qu’ils pourront concrétiser leurs projets favorables au développement des Comores et au bien être des comoriens.

Amen.


Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 18:50

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Dernier conseil de ministres :

Sambi part en annonçant « des milliards dans les caisses de l’Etat »

 

Moroni, jeudi 26 mai 2011 (HZK-Presse) - Dans son l’ultime conseil de gouvernement d’hier, Sambi se félicite de partir avec une énième déclaration des Nations Unies qui reconnait les Comores comme quatre îles. Après les adieux à ses lieutenants, le président sortant annonce avoir laissé dans les caisses de l’Etat plus de 3 milliards de nos francs.

 

L’occasion n’a pas pu attendre, elle est prise dés sa racine. Dans son dernier conseil de gouvernement, le président sortant reconnait qu’il est évidant que dans la période ou « nous étions ensemble, il m’est arrivé que parfois, j’ai mal réagi par rapport à une requête d’un parmi vous. Mais puisque j’ai estimé non conforme à l’intérêt général, j’ai refusé », pense Sambi qui quitte le pouvoir aujourd’hui, avant d’ajouter que « je présente toutes mes excuses ». Le futur ex-locataire de Beit Salam remercie tous les membres du gouvernement avec qui il a travaillé durant presque 5 ans. « Parmi vous, il y en a qui ont fait 5 ans avec moi, comme d’autres viennent de nous rejoindre », dit-il hier matin en ajoutant qu’il les remercie en son nom et « au nom du peuple comorien ».

 

En présence de la presse, Oustath Sambi voulait profiter de cet ultime passage en tant que chef d’Etat pour adresser un message à la population comorienne. L’histoire de ce pays fait que si on quitte le pouvoir, « on laisse les caisses de l’Etat vide comme lorsque je suis arrivé ici », croit t-il. Et « aujourd’hui, mon gouvernement et moi annonçons aux comoriens que nous ne sortons pas de la même manière. Nous avons laissé quelque chose à la trésorerie publique », se gratifie le deuxième président du Nouvel ensemble comorien.

 

« Nous avons fait une bonne gestion. Nous vous laissons premièrement un « fonds d’équipement  qui a plus d’un milliard (1 593 949 820 fc). Je le dévoile mais les enseignants ne doivent pas réclamer cet argent à Ikililou car on pourrait bien l’utiliser et on ne l’a pas fait pour une bonne gestion des fonds publics », déclare Sambi qui n’a pas dérogé à la règle en parlant d’argent dans ses discours. Le religieux politicien poursuit en indiquant que « d’autres fonds appelé IPPTE sollicité à travers un programme du FMI à hauteur de 12 362 613 francs comoriens ».

 

Il y a le fameux projet habitat qui a 200 917 323 francs comoriens. Parmi l’héritage laissé à Iki, une aide budgétaire de 533 517 442 francs. Des fonds de la citoyenneté économique, il reste 86 707 155 francs comoriens. Il y a des dépenses communes de salaire qui font 353 030 660 francs et le fonctionnement des institutions de l’Union pour 44 598 852 francs. « Je voulais faire cette annonce pour que ça soit une leçon pour l’avenir. Je sais qu’il y a d’autres ressources mais cela rentre dans le secret d’Etat », conclut-il en priant pour « la paix dans le pays »

 

Ibnou Mouhammad

260511/ima/hzkpresse/6h00

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 21:07

Mouigni-Baraka2.jpg(Mouigni Baraka Said Soilih)

 

 

(Anissi Chamsidine)

Anissi-Chamsidine.jpg

 

 

 

(Mohamed Ali Said)

Mohamed-Ali-Said.jpgComme c’était prévu, les trois  nouveaux gouverneurs des îles élus ont prêté serment aujourd’hui devant les membres de la Cour Constitutionnelle. Il s’agit d’Anissi Chamsidine à Ndzuwani, de Mohamed Ali Said à Mwali et de Mouigni Baraka Said Soilih à Ngazidja. Les cérémonies d’investiture ont eu lieu dans chaque île en présence d’une foule immense. Nous leur  présentons nos sincères félicitations et leur souhaitons bonne chance.


Nous espérons vivement que les nouveaux élus feront preuve de bonne gouvernance et de bonne gestion des îles  à la tête desquelles ils se trouvent.  Les Comoriens de chaque île ont surtout besoin d’une politique de développement, de bien être  et d’entente cordiale.


Nous espérons vivement que les nouveaux élus prouveront aux Comoriens et à tous les étrangers qui vont les observer que les Comores ont besoin des autorités qui savent collaborer étroitement pour le bien des îles et  des Comoriens. Qu’ils s’entendent entre elles mais aussi avec le Président de l’Union et ce dans l’intérêt de tous.


Nous espérons vivement que les nouveaux élus favoriseront une vraie politique de cohésion sociale et de fraternité entre les comoriens des différentes îles.


Il est temps de mettre fin aux conflits stériles et ridicules. Car nul n’en tire profit.


Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 22:47

Source : HZK Presse 

Dans une conférence de presse tenue à Moroni dans l’après midi du lundi, le porte-parole de la société HSS a dévoilé les projets du groupe, notamment la construction du port de plaisance de Moroni. Les 4 ports seront accessibles d’ici la fin de l’année 2012. La cérémonie de pose de première pierre sera organisée ce vendredi 20 mai.

 

Si tout va bien, le rêve de certains comoriens qui envisagent de travailler dans une île et dormir dans une autre, sera une réalité. « Ces investissements seront faits dans les deux ans à venir, c'est-à-dire d’ici la fin de l’année 2012 », annonce Ahmed Jaroudi, membre du conseil administratif de la société  HSS holding, dans une conférence de presse tenue à Itsandra. « On espère finir tout le projet et commencer les navettes inter-îles vers la fin 2012 », ajoute cet ex-numéro deux du groupe CGH de l’homme d’affaires franco-syrien Bashar Kiwan, avant de nuancer ses propos.

 

« Peut être ça va prendre un peu plus de temps. Cela dépend des éventuels problèmes qu’on va rencontrer durant la période de construction » dit-il. A l’en croire, il s’agit « de ports de standard international, avec des normes de sécurité. C’est une flotte avec une vingtaine de navires qui a coûté de 400 millions d’Euro pour faire quelque chose d’efficace et qui puisse servir le pays ».

 

Le groupe HSS qui est un groupement de plusieurs sociétés internationales a commencé à s’intéresser aux Comores depuis presque un an. Et dès la première visite dans l’archipel, les responsables de ce Holding étaient fascinés par les opportunités que présente le pays. « Nous avons constaté que les Comores ont manqué d’infrastructures, surtout au niveau du transport maritime parce que ce sont des îles », explique-t-il.

 

Il ajoute que « c’est très important de faire la liaison entre ces îles et faire des échanges aussi bien commerciaux ou qu’humains. Le projet a été présenté au gouvernement comorien à plusieurs reprises et il y a eu plusieurs discussions. Finalement aujourd’hui, on est prêt. Dieu merci », laisse entendre M. Jaroudi dans cette conférence de presse qui avait pour objectif d’étaler les projets de la société Hss. L’étude est faite pendant deux mois. Et il prévoit de construire 4 ports dans les 3 îles. 

 

Partir de Moroni à Anjouan, il suffit de prendre un billet pour la modique somme de « 7.500 francs comoriens pour un adulte et demi-tarif pour l’enfant », dixit Jaroudi en affirmant que le prix est fixé de manière à permettre que tout le monde profite de ce mode de transport. Car, poursuit-il, « ce n’est pas un port de plaisance, mais plutôt un port de passager qui signifie que n’importe qui peut acheter un billet ». Cette conférence s’est tenue au lendemain de l’arrivée à Moroni d’un premier bateau rempli d’une centaine de conteneurs destinés au chantier de HSS.

 

Curieusement, c’est le même nombre de ports que CGH avait annoncés en grande pompe en septembre 2009, avec pose de première pierre et implantation de chantier en présence du chef de l’Etat dans les trois îles. La durée des travaux était de 8 mois selon Ali Kazma, un des dirigeants du groupe. La remise de ces 4 ports secondaires de CGH était la contre partie de l’octroi de la licence d’exploitation de la Téléphonie par Twamaa Telecom.   

 

I.M. Abdou  HZK Presse

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 22:39
   

 

 

La cérémonie de Maoulid organisée à Mutsamudu en hommage au Président SAMBI et aux nouvelles autorités a été l’occasion d’un important message à la Nation du Chef de l’Etat.

 

La cérémonie de Maoulid organisée à Mutsamudu en hommage au Président SAMBI et aux nouvelles autorités a été l'occasion d'un important message à la Nation du Chef de l'Etat.
Ils étaient tous là. Sans exception. C'est rare pour le souligner : les membres du Gouvernement, les Gouverneurs élus, le Président de l'Assemblée Nationale, les parlementaires, les directeurs des Services et des Sociétés d'Etat, tous, autour du Chef de l'Etat et du Président élu.
Quant à l'assistance, composée de notables venus de toutes les iles, y compris Mayotte, de milliers de citoyens, hommes et femmes, grands et petits, elle était là, exceptionnellement nombreuse, toute ouïe.
Car le Maoulid, bien que courant dans le pays, ne pouvait pas être le seul motif de ce grand rassemblement. « Vous vous demandez sans doute pourquoi, un Barzangui, le matin de surcroit ? Ça non plus ça ne s'est jamais vu » dira le Président de la République lui-même.
« Le Président SAMBI fera certainement une importance annonce à cette occasion » disait-on à travers le pays. Ceux qui le pensaient ont eu raison. L'annonce a été faite et elle est de taille.
En effet, le Chef de l'Etat, qui a pris la parole après la lecture traditionnelle des quatre premiers chapitres du maoulid et l'hommage au Prophète, ponctuée par les chants religieux, a d'emblée prévenu : « j'ai une très bonne nouvelle qui va vous réjouir. J'ai tenu à vous l'annoncer à Mutsamudu, la ville qui m'a vu naitre et qui m'a éduqué » a-t-il dit dès le début de son discours.
Entretenant volontairement le suspens, le Chef de l'Etat a longuement fait le bilan de sa gouvernance en matière de finances publiques et les résultats qui en ont découlé : le retour des institutions financières internationale, FMI et Banque Mondiale, le bon résultats obtenus auprès de la BAD dont la dette a été effacée pour conclure sur ce chapitre en ces termes : « j'ai été, et de loin, le Chef de l'Etat comorien, qui a le plus payé les dettes contractées par les Gouvernements successifs du pays depuis l'indépendance »
L'annonce tant attendu finira par tomber : « nous avons signé, le 4 novembre dernier, avec la Fondation Fatima basée à Dubaï, une convention portant sur un don de 2 milliard d'euros, soit l'équivalant de 33 ans du budget national, destinés au financement de nos infrastructures de base, sur une période de deux ans ».
Le Chef de l'Etat a longuement expliqué que cette importante somme, « un don et non une dette » a-t-il martelé, qui représente une bouffée d'oxygène inégalée dans l'histoire du pays « va permettra de financer le développement du système éducatif, des centres hospitaliers, des transports maritimes et aérien, des routes et de l'énergie propre ».
Il y a cependant des conditions, a-t-il prévenu, plusieurs et contraignantes, notamment celle-ci : les financements seront versés aux sociétés étrangères qui réaliseront ces infrastructures, au fur et à mesure de l'avancement des travaux.
Avant de terminer son discours, le Chef de l'Etat a lancé un appel à tous, notamment les nouvelles autorités et les cadres du pays, à aider le Président élu, Dr Ikililou DHOINE, pour réussir le développement du pays « qui n'a jamais eu autant de perspectives de progrès ».
Pour conclure, il a une fois encore remercié « tous ceux qui, en 2006, ont voté pour l'homme au turban vert ». « J'ai fait de mon mieux pour mon pays. J'ai certes commis des erreurs mais certainement pas des fautes » a-t-il conclu.

Source : Beit Salam

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 20:32
   

COMORES : L’homme le plus vieux du monde pourrait être comorien

 

 

L'homme généralement considéré comme le plus âgé de la planète est, aujourd'hui, le Japonais Jiroemon Kimura qui a soufflé ses 114 bougies le 19 avril dernier. Il est monté sur la première marche du podium de la longévité après la mort de l'Américain Walter Bruening, lui aussi âgé de 114 ans. Pourtant, un vieux Comorien de Mitsamihuli connu sous le nom d'Aboudou Mtsashiwa, aurait dépassé le “supercentenaire“ du soleil levant. La preuve? Il a connu (et il se rappelle qu'il était alors encore “très“ jeune) la mère du premier président du conseil de gouvernement des Comores, feu Saïd Mohamed Cheikh, avant même que madame ne se soit mariée. “Je n'ai pas comme habitude de compter les années qui passent et de scruter les âges des autres, mais je sais que je suis de loin plus âgé que Saïd Mohamed Cheikh“. Une chose parfaitement sure : s'il était vivant, feu le président Saïd Mohamed Cheikh aurait aujourd'hui 107 ans, ce qui signifie que Aboudou Mtsashiwa en a plus.

Mais combien? Les Mitsamihuliens qui le connaissent parient sur les 120 ans. Mais continuons dans les preuves. “Quand j'avais douze ans, se souvient Mtsashiwa, j'étais atteint de la rougeole (belembe) et j'étais avec la grande sœur de Saïd Mohamed Cheikh, Moinahadidja Cheikh et nous étions transférés dans le village de fassi“. Mtsashiwa se souvient que l'on brulait jusqu'aux cases des personnes atteintes par cette maladie hautement contagieuse et que “le traitement était à base de noix de coco et d'aleovera (konyode)“.

Aboudou Mtsashiwa a consacré sa vie à la pêche et dit avoir vécu toute sa vie dans la ville balnéaire du nord. “C'est après mon hadj que j'ai cessé de travailler“, a-t-il confié. Actuellement, il passe l'essentiel de son temps entre la mosquée et la mythique place publique dite du “Mveridjuwu” de la ville. Ali Saïd instituteur de Mitsamihuli s'étonne qu'à son âge, l'homme “conserve encore intact ses sens et participe en toute conscience aux palabres“. Aboudou Mtsashiwa se rappelle du temps où la marée montait jusqu'à l'actuelle place publique et la poste, et soutient qu'elle aurait reculé au fil des années.

Pour l'instant son principal souci c'est d'avoir perdu ses dents ; même s'il trouve cela parfaitement normal : “Quand on est vieux, dit-t-il à ce propos, toutes les parties de votre corps vous font mal“. Aboudou Mtsashiwa n'a pas eu d'enfants et vit avec sa fille adoptive Fatima Aboudou. Il est connu pour sa méfiance de l'hôpital et des médicaments “moderne”. Le docteur Djabir Ibrahim explique cette vie exceptionnellement longue par l'alimentation à base de poisson et les vertus antimicrobiennes de la mer. “Une hygiène de vie saine, une bonne alimentation plus l'exercice physique sont reconnues comme le facteur commun aux hommes à expérience de vie élevée“.

Mais Le secret de la longévité record est dû selon des gérontologues à des prédispositions génétiques qui développeraient une immunité de fer, particulièrement résistante à la mort cellulaire. Aboudou Mtsashiwa n'est peut-être pas le détenteur du trône de la longévité chez tous les Comoriens que Dieu a fait, et il n'est éventuellement pas trop tard pour sauvegarder les connaissances de toute nature chez par ces personnes âgées qui s'en vont sans crier gare. Ainsi pourront nous démentir Ahamadou Hampatéba qui disait : “En Afrique, un vieillard ui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle“.

Toyb Ahmed

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 11:07

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 10:28


Littérature. Le premier roman en shikomori a vu le jour à Mutsamudu

Un évènement culturel de taille s'est déroulé à Mutsamudu, à la Bouquinerie dans le quartier de Habomo le samedi 30 avril dernier. Il s'agit de la présentation dans le cadre de l'émission “Livres à palabre“ produit par l'Ortc, du premier roman publié en langue comorienne et écrit par Mohamed Nabhane, un agrégé d'Arabe, enseignant à Mayotte. Ce livre a bénéficié de la précieuse collaboration de Ahmed Chamanga, enseignant chercheur à l'Institut des Langues Orientales à Paris et éditeur (Komedit) qui fait un travail remarquable pour la promotion de la langue comorienne au niveau de la grammaire et de la graphie du comorien, en caractères latins.

Une première dans l'émission “Livres à palabre“, celle-ci s'est tenue en langue comorienne devant un parterre de Mutsamudiens et de Mutsamudienne, des proches ainsi que d'autres amoureux de la culture venus de Wani, Mirontsi, de Moya et d'autres coins de l'île. Mohamed Nabhane, l'auteur a répondu aux questions de l'animateur de l'émission. Il a expliqué qu'il a choisi d'écrire ce premier roman en langue comorienne non seulement parce que c'est sa langue affective qui a porté son histoire dans ses tripes pendant si longtemps mais aussi pour réhabiliter la langue du colonisé par rapport à celle du colonisateur. La langue du colonisé du fait même de la logique de domination et d'étouffement inscrite dans toute colonisation a toujours été considérée comme inapte à véhiculer quoi que ce soit : la beauté d'une image poétique et encore moins les concepts d'une pensée philosophique.

Dans le droit fil des positions de Ngugi Wationgo, cet écrivain Kenyan qui en réaction à la négritude et la francophonie continuatrice de la domination de la langue française, écrit désormais en kikuyu seulement, Mohamed Nabhane vient de se lancer dans la bataille linguistique contre l'hégémonie du français et sa position réputée inattaquable.

L'auteur de Mtsamdu Kashkazi Kusi Misri, vient de donner ainsi un exemple de possibilité d'expression et de création littéraires pour les multiples talents qui existent en langue comorienne mais qui n'osaient pas s'extérioriser à cause d' un complexe d'infériorisation de leur langue savamment, distillé par le système colonial et reprise par les systèmes néocoloniaux dominants en Afrique lesquels font croire qu'en dehors de la langue française, point de salut. Mtsamdu Kashkazi kusi Misri est un roman autobiographique qui raconte les péripéties d'un voyage aventureux, de Mutsamudu au Caire en passant par la Tanzanie, le Kenya, l'Uganda, et le Soudan. L'auteur y était accompagné de son père, son frère et son cousin. Vues à travers les yeux d'un petit garçon de 11 ans et raconté par lui, ce voyage extraordinaire nous plonge dans l'univers de l'enfance avec son émerveillement et le grossissement des détails qui échappent souvent aux adultes.

Pour nous convaincre voici un passage du livre qui décrit la découverte de la faune du continent : “wakati ibisi yalawa, randrisa hulawa umuji wa Darsalama hungia mpaharoni, randrisa hona uzuri wa libara la Tanzani. Randrisa huvira mbeli vwa zinyama karaparozona maeshani hatru pia, nahika tsi de sinema. Vuka nyombe ndirbwavu amba ta karaparozona, na buzi za shinamna wala tsi buzi, na pundra tsi pundra, farasi tsi farasi zilio na mirari midu na mewu, be hasswa izo zaidi zika de zijirafu. Maumio yazo ika mindra ta basi tu,tsena zamoendra, zakoka mauri zisitria sifa , zisidjona, mauri zina kiburi, na hutowa udjamali amba kausi vwangina dunia-mafiha“.

Pour ceux qui peuvent lire et comprendre le shindzuwani, il est clair que ce passage est plein de beauté littéraire. La reprise d'expressions tirées des contes et légendes comoriens notamment lorsqu'un évènement extraordinaire se produit qui entraine le déchainement des éléments de la nature : “vua tsi vua, jua tsi jua, pevo tsi pevo“ donne un cachet d'authenticité culturelle à la langue littéraire de l'auteur, pour qui le spectacle qui se déroule devant ses yeux d'enfants relève du monde fantastique des contes et légendes du pays. Mtsamdu, Kashkazi, Kusi Misri est à lire absolument pour décoloniser nos esprits et retrouver un usage de notre langue différent de la simple communication interpersonnelle.

Aboubacar Ben Said Salim
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