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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 10:59

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

 

 

Moroni, lundi 11 août 2008 (HZK-Presse) – Conséquence directe de la hausse des prix des hydrocarbures, le transport en commun devient plus cher pour les usagers. Une hausse variant entre 25% et 42% selon la région desservie sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit annoncée pour amortir le choc de cette flambée inflationniste.

 

La répercussion a été faite 48 heures après l’arrivée de la nouvelle cargaison de pétrole, par un arrêté interministériel daté du 7 août dernier, signé par le Vice-président en charge du ministère des transports et du tourisme Idi Nadhoim, et le ministre de l’Economie et du commerce, Said Attoumani.

 

Cet arrêté portant fixation des tarifs du transport routier des passagers, s’est basé sur un protocole d’accord que le gouvernement de l’Union a conclu le même jour avec le syndicat des routiers (Wusukani wa Masiwa), la Confédération des travailleurs comoriens (CTC) et l’Association des Consommateurs comoriens (ACC).

 

Les tarifs sont établis pour 21 zones géographiques couvrant toute l’étendue de l’île de Ngazidja. Ils sont passés de 300 à 325 fc pour une course à l’intérieur de la ville de Moroni, et à 350 fc pour l’agglomération de Moroni (englobant les localités limitrophes). Les prix varient entre 450 fc et 1.000 fc au maximum pour la destination la plus éloignée de la capitale.

 

Le problème c’est que cette grille tarifaire négociée avec les principaux partenaires sociaux n’est pas respectée sur le terrain. A titre d’exemple, un passager au départ de Foumbouni à l’extrémité sud de l’île, était contraint de débourser hier dimanche, la somme de 2000 fc pour pouvoir se rendre à Moroni, soit deux fois le prix fixé par le gouvernement.

 

Pour la région de Hamahamet dans le nord-est de l’île, où la hausse du tarif est modérée, passant de 800 fc à 1000 fc, les transporteurs font payer jusqu’à 1500 fc. Dans la capitale, les chauffeurs de taxi font payer la course à la tête du client, entre 350 et 400 fc.      

 

L’explication donnée aux passagers reste le problème de l’approvisionnement insuffisant des stations service en carburant, en dépit de l’arrivée la semaine dernière d’une quantité pouvant, semble-t-il, couvrir un mois de consommation. Où est donc la vérité ?

 

Pourquoi la société comorienne des hydrocarbures (SCH) continue à rationner au compte goutte les quelques 14 points de vente de l’île, au lieu d’assurer une livraison normale susceptible de stabiliser la situation, et éviter les longues files d’attente qui continuent à entretenir un climat de panique au risque de pousser les consommateurs à adopter des réflexes spéculatives en stockant chez eux des réserves.

 

Déjà l’on a échappé au pire avec l’accident assez grave, survenu dans un quartier de la capitale, vendredi dernier, lorsqu’un incendie s’est déclaré dans une habitation se trouvant à proximité d’une station service, et dont l’origine serait la présence de nombreux bidons remplis d’essence et de gasoil. On n’a toutefois déploré aucune victime, ni blessé, mais seulement des dégâts matériels.

 

El-Had Said Omar

110808/eso/hzkpresse/6h00

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 22:59

MERA MGAZIDJA

Association des Maires de Ngazidja

 

DECLARATION

 

Les maires de Ngazidja, premiers responsables des collectivités locales de l’île, en contact quotidien avec les citoyens, ont jugé nécessaire de saisir les autorités de l’Union et de l’île au sujet de la paralysie du pays, et de la situation préoccupante à tous les niveaux,  que vit la population.

Ils condamnent le manque d’information, qui s’apparente au dédain, sur les raisons et la gestion de pénurie de carburant.  Le gouvernement de l’Union devrait gérer la crise en associant les autorités insulaires, les responsables des collectivités, les opérateurs économiques, les responsables de la sécurité et de la santé, quant au choix des secteurs et entreprises devant bénéficier prioritairement de quotas d’essence.

 Ils ne peuvent accepter que la grève des médecins à l’Hôpital El Maarouf, et de manière générale la crise du premier centre de santé du pays soit purement et simplement ignorée des autorités. El Maarouf est l’hôpital de tous les Comoriens. Si les catégories les plus nécessiteuses sont les premières à souffrir du conflit, aucune clinique privée n’offre à elle seule les compétences d’El Maarouf, ni les conditions de faire face à des épidémies comme le choléra. El Maarouf en crise c’est la santé de toute la population qui est en danger. Les négociations avec les personnels doivent reprendre immédiatement.

Ils déplorent la gestion au jour le jour de l’état, qui, occasionne beaucoup de gênes et des surcoûts financiers aux citoyens. Cet amateurisme déstabilise toutes les catégories sociales. Pour ce cas précis, les enfants, qui, se sont rapprochés des centres d’examens, leur famille d’accueil, les parents et les enseignants. Ce n’est pas au dernier moment que les autorités se sont rendues compte que les conditions n’étaient pas réunies pour faire passer les examens aux dates prévues.

 Les maires sont confrontés à des familles qui peinent à assurer à leurs enfants plus d’un repas par jour. La hausse des prix des denrées alimentaires de base dépasse les 100%. Les enseignants remarquent la hausse de l’absentéisme d’écoliers affamés ; l’insécurité dans les centres urbains croit. La réponse à la crise ne peut pas se limiter à des séminaires. La population attend des mesures d’urgence qui lui permettent de se nourrir, en attendant l’adoption de mesures pour le moyen et le long terme.

 Les responsables municipaux demandent au gouvernement de l’Union de mettre fin immédiatement au visa de sortie, qui n’a aucune utilité sécuritaire mais pénalise lourdement les Comoriens de la diaspora et les touristes. La lourdeur bureaucratique vole du temps au visiteur et donne à notre pays une mauvaise réputation.

Les maires constatent que pour la première fois dans l’histoire du pays, un président de la république a reçu les lettres de créance d’un ambassadeur (de la République de Tanzanie) hors de la capitale de l’Union, au mépris des règles républicaines et peut être même de la loi. Nous demandons aux autres institutions de la république et aux autorités légales de mettre en garde le Président contre les conséquences de son comportement autocratique.

 Les maires continueront d’agir pour être entendus par les autorités pour la recherche de solutions réalistes à la crise sans précédent que vit le pays.

                                                                         Le bureau de l’AMN

 

Moroni le 5 août 2008



Place de la Préfecture  - B.P 1420 Moroni – Union des Comores

amngazidja@gmail.com  -



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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 11:23

LA FETE DE L’INDEPENDANCE DES COMORES

LE 05 JUILLET 2008 À LYON


Conférence  / Débat  sur l’économie de la Réunification de l’Archipel des Comores.

 Ce débat populaire animé par Anrmy (cf. biographie ci-dessous) s’est déroulée  en 2 étapes (1heure).

La première demi-heure s’est orientée sur l’Economie de la Réunification (une première dans le thème ndlr)  au sein de l’archipel des Comores : Maoré, Ndzuani, Ngazidja, Mwali.

Ensuite le débat était ouvert  à un public très divers en origine et en genre.

 

Dans les propositions d’un projet de développement commun aux 4 îles, Anrmy s’est attardé sur les principales caractéristiques de la structure économique actuelle des 3 îles (Mwali, Ndzuani, Ngazidja). Il évoque  leur histoire économique exportatrice et colonisatrice. Il met ensuite l’accent sur le problème du déficit commercial, de la dette, et de la dépendance.  Quant à Maoré elle reste  soumise à  une économie sous perfusion téléguidée  depuis Paris et Bruxelles.

 A cela, Anrmy expose de manière pragmatique et concise une réflexion sur les mesures économiques  à appliquer dans l’ensemble de l’archipel des Kamars[1] : Une  Révolution dite « Verte et Bleue », comme il la nomme. En somme un plan Terre- Mer axé sur l’agriculture et la pêche respectant parfaitement la structure de la population  à  65 % rurale.

S’inquiétant de  la manière dont le « Plan Terre » se présente, Dhoul, Anjouanais, pense que « le remembrement est un  problème qui peut être résolu par une meilleure formation des agriculteurs afin de mieux exploiter la Terre. »  Quant au plan « Mer »  Yacine, Grand Comorien, s’interroge « s’il est appliqué à titre individuel ou étatique »

Selon l’idée d’Anrmy affirmant que l’Afrique n’a aucunement besoin des pays dits amis pour se développer, Dhoul pense plutôt  «  que la question n’est pas de dire NON à l’aide mais pour quoi faire ? et pour quels objectifs ?. (..) L’Afrique n’est rien sans aide ! »

 D’autre part, réagissant aux arguments de Michel, français, Hydraulique Sans Frontières dénonçant« l’importance de la diaspora dans la manière d’utiliser les fonds envoyés aux Comores » Anrmy propose que ces transferts doivent réduire progressivement pour aller vers des transferts de compétences professionnelles. Ces transferts de fond s’élèvent  à  72 millions euros par an,(cf. le rapport d’octobre 2007 de la Banque Africaine de Développement) soit 1 fois et demi le budget des Comores. De l’avis de Michel, ces fonds doivent « s’orienter vers un investissement productif et non dans des coutumes onéreuses comme le Anda. »(Le Grand Mariage grand comorien)

 Bien évidemment, Anrmy insiste pour conclure qu’aucune de ces réflexions ne pourra être réalisable sans Unité ; sans Solidarité et sans Amour entre les 4 îles issues d’une même tradition, d’une même histoire et du même sang.  « Je rejoins cette idée et félicite l’initiative en encourageant que d’autres conférences de ce type se reproduisent (..) un moyen pour nos enfants et nos futurs d’en connaitre davantage  sur notre pays », ajoute Sandia, 40 ans, Anjouanaise  

Il en va de l’Avenir et de la Réussite économique des Kamars.


 Anrmy BOURHANE



[1] Ce sont les arabes qui ont donné au début d XVIème siècle ce nom :  Kamar (Iles de la Lune)

  Biographie : Né dans l’océan indien aux Kamar, Anrmy B. poursuit des études en Commerce International sous le soleil montpelliérain. Il décroche brillamment  aux Etats-Unis (2001) un Master trilingue en Négociation et Gestion de Projets Internationaux.
Son riche parcours professionnel le mène dans les 4 coins du globe. Après Les Canaries, les Etats-Unis, Puerto Rico, La Réunion, L’Espagne, Dubaï il pose aujourd’hui ses valises à Londres où on lui a confié le développement stratégique des marchés hispanophone et francophone d’une grande société américaine.

Très attaché à sa terre natale,  il s’engage activement dans des actions humanitaires-en particulier le domaine de l’éducation et la santé. Il a aussi l’honneur d’être membre de la famille Rotaract, la branche jeune du Rotary International.

 

 

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 10:16

 

 

Source : Al-watwan n° 1122 – 1123 du mardi 29 juillet 2008

 

Dix-neuf députés sur trente et trois ont rejeté le projet de loi déposé par le gouvernement relatif à la citoyenneté économique. Ce programme de ‘‘citoyenneté économique’’ allait donner la possibilité à tout investisseur, résidant dans un pays qui a conclu un accord avec les Comores, d’obtenir la naturalisation comorienne. Pour sa part, le gouvernement convaincu du bien fondé de sa démarche projette de soumettre la loi à la prochaine session d’octobre en prenant le soin, cette fois-ci, de mener une consultation large et profonde.

 

Ce programme initié par le chef de l’Etat allait lui permettre de relancer le programme Habitat, gelé par manque de moyens financiers. Le vote des députés a surpris tout le monde, d’autant que le gouvernement et les proches de la compagnie Comoro Gulf Holding, pensaient à son adoption, après avoir passé le cap de son passage au forceps en commission des lois. Ce projet de la citoyenneté économique a soulevé un tollé général, par sa singularité. Poser comme seule condition à l’obtention de la naturalisation, la possibilité d’investir dans l’immobilier un montant de 100.000 dollars est considérée par beaucoup comme ‘‘léger et suspicieux’’, dans la mesure où ‘‘le domaine de la naturalisation est l’un sujet les plus sacrés des nations’’.


Les personnes bénéficiaires de ces naturalisations, vivant aux Emirats et au Koweït, connus sous le nom de ‘‘Biddon’’, sont en réalité des apatrides exclus de fait à la naturalisation de leurs deux pays d’accueil, au seul motif qu’ils ne prouvent pas leur nationalité d’origine. L’obtention de la naturalisation comorienne allait leur ouvrir les portes aux Emirats et au Koweït et leur donner aussi la possibilité de devenir des Comoriens de droit.

 

L’Organisation patronale des Comores (Opaco) avait été le premier à réagir, à travers un mémorandum demandant au gouvernement ‘‘de retirer le texte pour favoriser une large concertation nationale’’. (Lire notre édition du vendredi)

 

Ce programme de ‘‘citoyenneté économique’’ allait donner la possibilité à tout investisseur immobilier, résidant dans un pays qui a conclu un accord avec les Comores, d’obtenir la naturalisation comorienne. Le projet rejeté par les élus devait conduire à une dérogation de certaines dispositions du code de la nationalité dont l’objectif est ‘‘d’assurer le développement économique et social de l’Union des Comores à travers l’attraction d’investissement étranger dans le domaine de l’immobilier’’. La qualité d’investisseur immobilier est acquise à toute personne présentant une demande en vue d’investir aux Comores une somme minimum de 100.000 dollars. La naturalisation comorienne est accordée, selon ce projet, sans condition de résidence habituelle ni de stage aux Comores. Selon son article 4, la naturalisation ‘‘ne peut être accordée qu’à l’étranger justifiant de sa résidence habituelle dans un pays ayant signé un programme économique avec les Comores’’.

 

Les initiateurs de ce projet annoncent que l’enveloppe financière pour la naturalisation de 4000 familles maximum des Emirats Arabes Unies est d’environ 100 millions de dollars. La naturalisation est ouverte aux conjoints et aux enfants des personnes naturalisées en vertu de la loi. Le gouvernement convaincu du bien fondé de sa démarche projette de soumettre la loi à la prochaine session d’octobre en prenant le soin, cette fois-ci, de mener une consultation  large et profonde.

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 11:51
Comores : Un linguiste propose l’usage du comorien à tous les niveaux de l’école
Des pédagogues et des spécialistes de la langue viennent d'examiner au cours d'un atelier de trois jours à Moroni les conclusions d'une étude réalisée par l'expert comorien résidant à Paris, Mohamed Ahmed Chamanga, (photo) qui propose l'enseignement de la langue comorienne à tous les niveaux, depuis le primaire jusqu'à l'université.
Les participants devaient notamment mettre en place une commission nationale et s'entendre sur des standards généraux s'agissant de la transcription de la langue avant de songer à créer les outils et autres manuels pédagogiques. ''Il serait souhaitable que l'enseignement se fasse intégralement en comorien pendant toute la durée du cycle primaire'', a écrit Chamanga dans son rapport, ajoutant : ''Les expériences menées un peu partout à travers le monde et notamment en Afrique, montrent en effet que les résultats sont beaucoup plus significatifs lorsque la langue maternelle reste langue d'enseignement''.
Au cours de cette rencontre, des spécialistes de la langue et de la pédagogie dont le docteur Said Soilih, enseignant chercheur à l'Université, Fouad Goulam, Jaffar El-Macelie ou encore le traditionnaliste Moussa Issihaka, ont échangé les avis sur les propositions techniques du linguiste. Ils devaient mettre en place, avant-hier après midi, une commission nationale pour la langue et arrêter les règles pour l'orthographe. ''Il convient de souligner qu'il ne s'agit pas d'une opération d'alphabétisation'', a prévenu Said Soilih, au cours d'un entretien avec Al-watwan, précisant : ''nous voulons introduire l'enseignement de la langue''.
De l'avis des participants, les Comores ont quelque peu négligé ce domaine. Il ne faudrait donc pas s'étonner que le pays peine à décoller : ''On parle souvent des exemples mauricien ou seychellois. Ces pays ont privilégié l'apprentissage de leur langue'', fait observer le directeur du Centre national de documentation et de recherche scientifique, Ainouddine Sidi, qui participait à l'atelier cité.

A l'université aussi

Chamanga propose ''dans un premier temps, l'utilisation de la langue comorienne dans les trois premières années d'enseignement'' en progressant d'une classe chaque année et cela dans des écoles pilotes reparties dans les trois îles. ''Cette phase pilote durera le temps du cycle entier afin de pouvoir juger de son efficacité. Les manuels et les outils pédagogiques et didactiques de chaque niveau devront être préparés au moins un an à l'avance'', écrit-il. Au secondaire, le comorien serait enseigné comme discipline.
Ce serait l'occasion d'initier les élèves aux différentes variantes insulaires de notre langue, et cela dans le but de ''permettre une meilleure communication entre les enfants comoriens, de sorte qu'arrivé à un certain niveau, ils soient à l'aise dans chaque variété linguistique comorienne. Pour toutes les autres matières, le français reste la langue d'enseignement''. Le Comorien serait ensuite enseigné à l'Université sachant que la recherche devra tenir compte des études en linguistique africaine bantu.
S'agissant du choix des caractères, la transcription latine a les faveurs des participants. Motif : ''la graphie arabe nécessite une adaptation. Cela poserait des problèmes techniques considérables tels que la création d'autres signes pour rendre les sons non attestés en arabe. La graphie latine est plus facile à adapter et permettrait une ouverture au continent partageant le même référent culturel'', d'Afrique de l'Est.
Pour rappel, la langue comorienne, qui avait perdu son statut particulier pendant la colonisation, avait été remise à l'honneur sous le président Ali Soilih en 1975. Le Mongozi considérait que l'appropriation de la langue était indissociable de la bataille pour le développement, d'où sa mémorable campagne d'alphabétisation? Celle-ci a laissé des souvenirs contradictoires parmi la population. Mais avec le recul aujourd'hui, Chamanga juge que la campagne d'Ali Soilih ''avait été lancée dans la précipitation et l'impréparation'', en l'absence d'une base théorique d'une part et d'outils pédagogiques d'autre part.
Ali Moindjie
Al-watwan N° 1117 du 21 juillet 2008
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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 00:16

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

 

 

Moroni, mercredi 30 juillet 2008 (HZK-Presse) – Alors qu’un grand tapage médiatique est fait à Moroni autour d’un accord supposé conclu entre les autorités comoriennes et celles de certains Etats du Golfe, sur l’engagement à offrir la nationalité comorienne à des apatrides de ces pays [appelés « Bidoon », ndlr], en contre partie d’un important effort d’investissement estimé à quelques 100 millions de dollars américains [28 milliards francs comoriens], l’on vient d’apprendre par voie de presse, qu’un diplomate Koweitien en poste au Caire (Egypte) a apporté un démenti formel sur cette affaire.

 

Déjà l’on commence à s’interroger à Moroni sur les tenants et les aboutissants d’une telle démarche, initié par le chef de l’Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, quand on sait que la délivrance d’un premier lot de 25 passeports comorien a été effectuée par la partie comorienne, au profit de Bidoon résidant à Dubaï, sans que les responsables aient pris la précaution d’attendre l’issue du vote du projet de loi déposé par le gouvernement relatif à la citoyenneté économique. Un texte rejeté jeudi dernier par la majorité des élus, mais que le gouvernement persiste à vouloir faire adopter à la prochaine session ordinaire d’octobre.

 

Le porte parole du gouvernement et ministre des télécommunications, M. Abdourahim Said Bakar, avait déclaré prendre acte de ce vote négatif du parlement, tout en indiquant que le texte sera de nouveau soumis à un large débat, car il offre à ses yeux « une réelle opportunité pour le développement des Comores ».

 

Et M. Said Bakar de poursuivre : « Si nous avons opté pour la voie législative, c’est pour prouver notre attachement à la démocratie et prendre ainsi les comoriens à témoin ».

 

Le gouvernement devra surtout avoir le courage d’expliquer en toute transparence, pourquoi il s'est engagé dans cette voie sur la base d'accords passés avec des entités privées [Comoros Gulf Holding, possédant actuellement un portefeuille de 9 projets d’investissement aux Comores, financés sur fonds koweitiens], sans consulter le Koweït, un pays pourtant officiellement engagé à investir dans notre pays, notamment dans le secteur hôtelier et où réside une partie des Bidoons bénéficiaires potentiels de la nationalité comorienne.

 

Dans les colonnes du journal Arab Times paru le lundi 28 juillet dernier, l'Ambassadeur du Koweït en Egypte, qui est accrédité auprès de l'Union des Comores, a déclaré qu'aucun officiel koweitien n'a discuté avec des responsables Comoriens sur le statut des Bidoons. Cette question n'a pas été soulevée ni par le Ministre des Affaires Etrangères koweitien Sheikh Mohammed Sabah Al-Sabah, lors de sa visite en février, ni par l'ambassadeur quand il a récemment présenté ses lettres de créances.

 

La presse koweitienne a déjà relaté le rejet par les députés comoriens de la loi visant à octroyer la citoyenneté comorienne aux apatrides du Golfe, présentés comme investisseurs, pour 25000 US $ par famille. L’on apprend même que l'opposition koweitienne s’est emparée de l’affaire en interpellant le gouvernement pour des explications. A Moroni, aussi bien la classe politique que les milieux d’affaires ont émis de sérieuses réserves, pour ne pas dire une réprobation, quant à la gestion pour le moins controversée de ce dossier par le pouvoir du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.       

 

El-Had Said Omar

300708/eso/hzkpresse/9h00

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 00:11

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)


Moroni, mardi 29 juillet 2008 (HZK-Presse)
– Le cameraman de RFO-Mayotte à Moroni s’est vu confisquer deux cassettes contenant des reportages destinés à être diffusés sur la chaîne française de l’outremer émettant à partir de Mayotte. Cela s’est produit ce mardi matin, à l’aéroport international prince Said Ibrahim, lorsque le journaliste Ibrahim Youssouf s’est présenté, comme il a l’habitude de le faire, au sein de l’aérogare pour confier ses reportages à un passager prenant le vol régulier à destination de Dzaoudzi, qui le remettra sur place à un représentant de RFO-Mayotte.

 

C’est à ce moment là qu’un agent de la Direction nationale de la sûreté du territoire (DNST) est intervenu pour saisir les deux cassettes. « Quand j’ai demandé à l’agent de la DNST pourquoi il a confisqué mes reportages, il m’a répondu que c’est un ordre venant d’en haut », nous a déclaré le journaliste, qui est aussi photographe correspondant de l’AFP à Moroni.

 

Et lorsqu’il a tenté d’obtenir une explication auprès du directeur de la DNST, Abou Achiraf, qu’il a joint par téléphone, le journaliste n’en saura pas davantage. Ils seront préalablement visionnés par les services de la police nationale, avant toute restitution, lui aurait-on signifié.

 

Mais selon le photographe reporter, qui est aussi accrédité au journal gouvernemental Al-Watwan, la confiscation de ces documents audiovisuels « pourrait avoir un lien avec l’actualité brûlante de ces derniers jours, notamment le rejet par l’assemblée nationale du projet de loi de citoyenneté économique, et la crise énergétique », qui s’amplifie dans le pays suite à la pénurie des hydrocarbures.      

 

El-Had Said Omar

290708/eso/hzkpresse/12h00

 

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 23:58

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, lundi 28 juillet 2008 (HZK-Presse) – Nous parlons depuis quelques semaines de la « citoyenneté économique », c’est-à-dire de la possibilité pour l’Etat de vendre la nationalité comorienne et obtenir des fonds pour investir, notamment dans un des projets phares du candidat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, l’habitat.

 

Le Président de l’Union avait décidé de s’en remettre aux représentants du peuple et, dans cet objectif, un projet de loi a été transmis par le gouvernement à l’Assemblée de l’Union. Les députés se sont prononcés d’une manière claire sur ce projet. Ils ne veulent pas donner la nationalité comorienne à 4000 familles originaires des Emirats Arabes Unis (Voir ICI).

 

On pourrait croire que les représentants du peuple s’étant prononcés, l’affaire est classée une bonne fois pour toutes. Ce serait mal connaître les intentions du Président et surtout des gens qui l’entourent, qui dans cette deuxième partie du mandat, tiennent à montrer qu’ils n’ont pas fait des promesses en l’air. Il faudrait même se demander si le Président lui-même ne s’est pas trop engagé auprès de dirigeants arabes pour pouvoir reculer.

 

Le gouvernement a peu évoqué ce projet de loi, alors qu’ayant mis à la tête de la Radio et Télévision nationale, ainsi qu’à la direction d’Al-Watwan, deux militants qui ont été très actifs pendant sa campagne électorale, le Président de l’Union possède les moyens de faire prévaloir son point de vue en toutes circonstances. Mais, c’est par un simple communiqué daté du 16 juillet 2008 que le gouvernement explique aux Comoriens l’origine et les objectifs du projet de loi.

 

C’est un communiqué des plus sibyllins, qui n’est signé ni par le Ministre chargé des relations avec le Parlement, ni par le porte parole du Gouvernement, ni même par le Ministre d’Etat et non moins Directeur de Cabinet du Président qui, en cette qualité, a dû, au moins, le viser (Voir ICI).

 

Bien qu’il dénonce au début de ce communiqué les pratiques des prédécesseurs, le gouvernement actuel aurait déjà, avant même la présentation du projet de loi à l’Assemblée, accordé des passeports et donc donné la nationalité à « vingt-cinq agents apatrides du Ministère de l’Intérieur » si on en croit le Général Nasser Al Nuaimi, Directeur de cabinet du Ministre de l’Intérieur des Emirats, cité par le Gulf News du 22 juillet 2008.

 

Que nous apprend-on dans ce communiqué ? D’abord que le Président Sambi a négocié avec l’émir du Koweït et qu’il a l’intention de naturaliser « 4000 familles des Emirats Arabes Unis » pour environ 28 milliards de francs comoriens. Pourquoi le Président discute-t-il avec le Koweit pour des gens qui vivent aux Emirats ? Pourquoi des citoyens des Emirats veulent avoir la nationalité comorienne ?

 

En réalité le gouvernement cherche à cacher ce que tout le monde a appris depuis : ce sont des familles qui vivent aux Emirats, parfois depuis des siècles, mais dont on ne veut pas accorder la nationalité de leur pays. Pourquoi ? Parce que chaque pays a ses propres complications dans ses textes constitutionnels. Sauf que par leurs pratiques ancestrales les Emirats contreviennent à plusieurs textes de l’ONU et s’opposent par exemple à l’application chez eux de l’article 7 de la Convention relative aux droits de l’enfant qui prévoit que tout enfant doit avoir une nationalité à sa naissance.

 

Mais au lieu d’agir sur les émirs pour qu’ils mettent en adéquation leurs lois et les principes les plus élémentaires de l’humanité ou même les principes islamiques de justice et d’égalité en intégrant leurs propres citoyens, quelles que soient leurs origines familiales, le Président Sambi et ses conseillers préfèrent, au nom du fait que la planète soit devenu un village, que ce soit les Comoriens qui changent les leurs.

 

De plus, il faut rappeler que 4000 familles, cela veut dire (si on prend une moyenne – très basse- de cinq enfants par famille, famille supposée monogame) qu’on naturaliserait, au bas mot, près de 28 000 personnes d’un coup.

 

Ensuite, pour nous rassurer, on nous apprend que ces familles « ne cherchent pas à s’installer en permanence aux Comores ». Toute est dans la nuance, pour ne pas dire dans l’hypocrisie. Une fois que l’Etat Comorien aura naturalisé une famille arabe, la logique (et la loi) veut que les membres de cette famille (au sens large : les femmes du bénéficiaire et leurs enfants) deviennent des citoyens comoriens et par conséquent, ils peuvent s’installer où ils veulent, voter et se faire élire, comme tout citoyen comorien, sauf qu’ils auront plus de moyens financiers.

 

Supposons que ces émirs, rassurés que ces gens aient enfin une nationalité décident de les chasser de leur pays, ce qui n’est pas inimaginable. Où iraient tous ces gens avec leurs familles ? Certains peuvent penser qu’on aura qu’à revenir en arrière, mais, à moins d’avoir un gouvernement raciste, nous ne pourrons pas revenir en arrière. Certains textes internationaux et notre propre Code de la nationalité en son article 3 nous l’interdisent, sauf dans des cas particuliers où un individu peut-être déchu de sa nationalité.

 

Le comble de l’hypocrisie c’est quand le gouvernement cherche à faire croire que nous devons accepter ces naturalisations au nom « de notre sens de l’hospitalité ». Quelle est donc cette étrange hospitalité comorienne qui demande à celui qu’on accueille de verser d’abord 7 000 000 de francs et si possible de ne jamais mettre les pieds chez nous ? Cela n’a rien à voir avec l’hospitalité comorienne. Cela s’appelle l’attrait du gain, de l’argent.

 

C’est cette cupidité qui fait qu’on accepte de transformer ses concitoyens en « clandestins » parce que la puissance coloniale qui occupe une partie du territoire verse de temps en temps quelques subsides à travers des accords de coopération. Cette cupidité qui se moque des principes et de la morale, le Président de l’Union, l’a en quelque sorte avoué aux quelques notables qu’il a reçus récemment dans les appartements de l’Ambassadeur des Comores à Paris, en leur apprenant qu’il avait proposé aux Français de leur louer l’île de Mayotte.

 

Enfin, le communiqué du 16 juillet annonce dès le premier paragraphe la suite des réjouissances, ce que pourrait être la démarche du Président de la République après le rejet du projet de loi. En effet, on nous apprend, d’une manière vague et imprécise que « le code de la nationalité donne le droit au gouvernement d’accorder la nationalité comorienne à des étrangers ». Pourquoi alors faire une nouvelle loi ? Souci de transparence ? Si le sujet n’était pas aussi grave, on pourrait fermer les portes et en rire.

 

Dans de nombreux domaines, en particulier en ce qui concerne la souveraineté de l’Etat comorien, l’Assemblée de l’Union et les associations de la société civile ne cessent de demander plus de transparence au gouvernement, et ce dernier n’a que le mépris comme seule réponse. Et je ne parle même pas de la demande légitime, plusieurs fois exprimée par les partis d’opposition, à ce que les sommes rapportées de l’extérieur par le Président pour le projet habitat soient effectivement budgétisées. Si la transparence était un souci pour ce gouvernement, nous l’aurions remarqué.

 

En fait, le gouvernement évoque l’alinéa 5 de l’article 31 du code de la nationalité qui dit : « Peut-être naturalisé, sans condition de stage : (…) 5° - l’étranger qui a rendu des services exceptionnels aux Comores ou celui dont la naturalisation présente pour les Comores un intérêt exceptionnel. » Le communiqué du gouvernement donne l’impression que les conseillers du Président ont interprété cet article comme une autorisation, pour ce dernier, de faire ce qu’il veut en matière de naturalisation, or la répétition du mot « exceptionnel » dans cet alinéa a un sens pour le Législateur.

 

Il s’agit de la naturalisation exceptionnelle d’un individu qui a rendu ou pourrait rendre de grands services à l’Etat, il ne s’agit nullement de la naturalisation de 30 000 personnes d’un coup parce qu’ils peuvent débourser des sommes colossales, sinon le caractère exceptionnel se perd. Mais, l’expérience des détournements de la loi auxquels nous avons assisté ces derniers temps, nous laisse présager de la suite.

 

Ainsi, le communiqué du 16 juillet 2008 présente bien des incohérences, des ambiguïtés, des dissimulations qui justifient à elles seules la méfiance dont ont témoigné les représentants de la nation en rejetant le projet de loi du Président. Maintenant, comme récemment dans toutes les affaires qui ont entouré la Cour Constitutionnelle, il est certain que le cabinet du Président trouvera les arguments nécessaires pour fouler aux pieds les lois, les principes et surtout les décisions des parlementaires. Jusqu’à quand ?

 

Mahmoud Ibrahime (Docteur en Histoire, auteur de Saïd Mohamed Cheikh (1904-1970). Parcours d’un conservateur, KomEdit, 2008)

280708/mi/hzkpresse/18h00

 

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 23:30

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, jeudi 24 juillet 2008 (HZK-Presse) – Rappeur prodige, certes. Fin manipulateur de rimes conscients, sûrement. La preuve, la voix de ce jeune rimbaldien du rap comorien – qui aime bien vivre dans l’ombre tel un poète maudit du 19ème siècle- a une longue portée.  Mayotte, Tanzanie, Moroni, Sarcelle, Plan Dao, ces textes crus qui osent parler de la misère et des déviances des jeunes dans les quartiers, émeuvent et décrassent un large auditoire. Génie à l’état pur, reste le moins qu’on puisse dire de lui, puisque au jour d’aujourd’hui personne n’avance le contraire.

 

Six heures du matin. Zone rouge. Ainsi, sont baptisés les quartiers Sans-fil et Oasis par AYSD. D’ailleurs, dans ces quartiers, on voue à ce jeune rappeur, qui n’a que 30 ans, une vénération digne d’un parrain d’une mafia sicilienne. Si dans la plupart des quartiers de Moroni, après l’aube, les chaînes stéréo émettent des versets de Coran, dans la Zone Rouge d’aucuns se réveillent au rythme des morceaux de AYSD. 

 

« C’est toujours la même musique, donc çà sera toujours la même danse. A chaque lever de soleil, tu  as toujours l’impression que c’est la première matinée de ta vie », nous a-t-il lancé, le jeune rappeur, dès qu’il nous a vu, pour essayer de savoir si nous aussi nous avons remarqué que le mal-être collectif perdure dans ce pays qu’il voit comme « un paradis en enfer ». Cheveux tressés, une de ses deux filles dans les bras, et, sa femme, Queen Hoo, auprès de lui. « J’ai connu le rap à la fin des années 80. Et tout de suite, je suis devenu fanatique. En 1995, avec des potes de mon quartier Irougoudjani, on s’est constitué en groupe. Lyrical Mafia, était son nom. Et « Tout est gourré » fut notre premier tube. » 

 

En effet, au travers de toutes ses chansons AYSD dénonce la mauvaise gouvernance. Surtout, il revendique la dignité de tout un chacun. Dans les bidonvilles de Caltex et Oasis où il vit, la misère crève les yeux. D’ailleurs, selon lui, « si dans ces quartiers les jeunes se sont retournés vers la drogue et le sexe, c’est seulement pour oublier ce qu’ils vivent ». « Bordel », une des chassons qui cartonne en ce moment, ne parle que de cette délinquance tolérée.

 

« Comme tout le monde, j’ai pris la barque de l’espoir en 2001 pour Mayotte. Dieu merci, j’ai eu la chance que de milliers de gens n’ont pas eu. Paix à leurs âmes. Mais là-bas, je ne suis resté que 9 mois. Je m’étais interdit de voler ou de braquer des maisons comme mes d’autres le font là-bas pour pouvoir survivre », nous a-t-il confié. Toutefois, s’il y a un rappeur qui a fait parler de lui dans l’île Hippocampe, qui était au top, c’est sûrement AYSD.

 

Dans toutes les fêtes, dans tous les concerts, de la Grande-Terre et de Petite-Terre, le jeune AYSD mettait le feu. Dans les rues, surtout celles de Kavani, Mamoudzou, où il habitait, les bambins fredonnaient à longueur de journée les refrains de ses chansons. Il a appartenu un temps au célèbre groupe de rap de Kavani, Garde Impérial.

 

Entre 2005 et 2006, il est parti deux fois en Afrique continentale. Et de Tanzanie l’Ouganda, en passant par le Burundi, il a pu découvrir la vraie culture Hip-hop et s’aguerrir auprès de grands noms de la culture rap de ces pays non francophones. D’ailleurs, il y a peu, une de ses  chansons « Vungudza mwendo » a été parmi les meilleurs tubes du hit-parade tanzanien.

 

« Mon rap est une rafale de mitrailleuse contre ces politiques. Et une eau bénite pour les jeunes. J’essaie à l’aide de mes rimes de conscientiser les uns et responsabiliser les autres.  Le fait qu’ils m’en veulent ne me fait ni chaud ni froid. Je suis un artiste et je fais mon boulot », a conclu Azad Ali Moustakim alias AYSD, dans l’entretien qu’il nous a accordé.

 

En tout cas, AYSD persiste et signe dans sa voie. Et tant que les choses n’auront pas changé dans le pays, sa voix se refuse de tarir. Et nous, nous l’engageons de milles feux, car des artistes engagés aux Comores, il n’y en a pas beaucoup, comme on en a connu par le passé à l’exemple de Boule, Abou Chihabi et autres.

 

Adjmaël Halidi

240708/ah/hzkpresse/6h00

 

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 23:23

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

 

 

Moroni, jeudi 24 juillet 2008 (HZK-Presse) Quoi de plus vitaux dans la vie que l’eau et l’énergie ? Et plus particulièrement l’eau pour Ngazidja, l’île la moins arrosée de l’archipel, y compris Moroni, la principale agglomération urbaine du pays, et de surcroît la capitale nationale fédérale avec ses 40.000 habitants.

 

Cela fait déjà des années que les résidents du quartier de la Coulée de lave, comme le reste de la périphérie de la capitale, n’arrivent plus à se procurer de l’eau potable du réseau de distribution de la société d’eau et d’électricité Ma-Mwe. « On a l’habitude de ne voir couler l’eau de robinet une ou deux fois par jour, surtout aux environs de 22h00, mais des fois, on peut faire plusieurs jours, voire même une semaine sans qu’aucune goutte ne coule dans l’ensemble du quartier », nous explique Abdoulbassur, un jeune du quartier de la coulée. Il arrive qu’une partie, du même quartier, fasse des semaines sans que coule la moindre gouttelette des bornes fontaines publiques comme privées.

 

Généralement, « c’est très souvent en début de matinée que l’eau coule chez nous, mais c’est très rare de voir le précieux liquide dans le reste de la journée », nous fait comprendre un autre jeune de Pangadjou, à l’est de la ville. Dans le quartier de Hadoudja, depuis lundi aucun signe d’eau. C’est le même constat dans de nombreux autres quartiers, où la fréquence de l’approvisionnement tend à se réduire de manière drastique.

 

Le centre ville qui, jusqu’ici était relativement épargné, en cette période de crise, connaît à son tour la même situation critique. Ceux qui ont des véhicules ramènent des bidons et jerricanes en dehors de la ville afin de pouvoir s’offrir quelques litres d’eau potable, et nombreux sont ceux qui se contente de faire bouillir l’eau de citernes.

 

En effet, il s’avère que l’eau de citerne restée longtemps non renouvelée, n’ait pas été assez entretenue dans des conditions de salubrité et d’hygiène adéquates à Moroni où, personne n’avait prévu d’en faire usage quotidiennement, pour se désaltérer ou répondre à d’autres besoins domestiques.

 

« On s’en servait juste pour le lavage du linge, mais voilà qu’aujourd’hui nous sommes obligés de la boire et de s’en servir pour cuire la nourriture », avoue miss Z de Hadoudja. Paradoxalement cette question très grave ne semble pas préoccuper les autorités compétentes, devant les risques de maladies qui peuvent en découler, surtout en cette période de festivités coutumières.

 

Dans les régions reculées, on se contente de l’eau de pluie à défaut de celle des puits, difficilement exploitable, qui assouvie pleinement les besoins et dont, contrairement à Moroni, on prend bien soin de conserver dans de bonnes conditions d’hygiène dans des citernes couvertes.

 

« Il est très rare de voir les gens en souffrir, même s’il peut arriver parfois un tarissement de plusieurs citernes surtout pendant la période de sécheresse et coïncidant avec les festivités de grands mariages », nous explique un homme de la région de Dimani, qui ajoute que dans le contexte de la solidarité communautaire « on se serre les coudes », comme on a coutume de dire.

 

A ce rythme il est fort probablement que dans quelques semaines de nombreux foyers auront complètement épuisé leurs dernières réserves d’eau. Il ne leur restera plus qu’à recourir aux citernes villageoises. « A cause des festivités coutumières abondantes en cette phase de l’année, explique Abdou Mmadi de Mbéni, on gaspille énormément d’eau pour les festins, les madjliss et autres activités, oubliant que seules les citernes nous permettent de boire et se laver ».

 

Comment comprendre que chacun est muni d’un téléphone mobile alors que le coût de son entretien et son usage quotidien dépasse son pouvoir d’achat, d’autant qu’on arrive difficilement à charger les batteries, faute d’électricité à la maison. « Preuve de notre absurdité à privilégier la frime et le superficiel, au détriment de l’un des besoins vitaux de l’homme qu’est l’eau » selon un consommateur averti.

 

Al-hamdi Abdillah Hamdi

240708/aah/hzkpresse/10h00

 

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