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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 10:05
Comores / Politique & institutions
 
  Moroni, lundi 28 janvier 2008 (HZK-Presse)L’AND (Armée nationale de développement) ira à Anjouan et s’y installera, tel est la déclaration faite samedi dernier par les responsables de la communication de la cellule nationale chargée de la gestion du dossier du débarquement d’Anjouan, au cours d’une première conférence de presse.
 
A en croire Ibrahim Abdourazak, dit Razida, « toutes les dispositions sont prises pour assurer le bon déroulement de l’opération de libération d’Anjouan et préserver la sécurité des populations civiles ».
 
Expliquant les motivations de ce recours à la force des armes annoncé par le président de la république lui-même comme « imminent », les conférenciers ont mis l’accent sur la nécessité de rétablir dans les meilleurs délais l’autorité de l’Etat sur l’île, car sans cela, « aucun projet de développement ne se réalisera dans un pays où la stabilité politique et institutionnelle n’est pas effective sur l’étendue du territoire nationale ».
 
Un argument déjà développé par le président Sambi dans ses différents discours, et qui semble faire aujourd’hui l’unanimité de toutes les forces politiques constituant la mouvance à la fois du pouvoir de l’Union et de l’exécutif l’île de Ngazidja, à travers la mise en place d’une structure commune chargée de gérer les affaires liées au débarquement.
 
Une cellule instituée par décret, et au sein de laquelle siégent plusieurs personnalités civiles et militaires, notamment des élus, des hauts fonctionnaires et représentants d’institutions publiques. Les soupçons pesant sur le chef de l’exécutif de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi, quant à sa position publiquement affichée contre l’option militaire, ne seraient plus justifiés, affirme M. Djaé, directeur général de la communication, membre de la cellule de crise.
 
Pour rassurer l’opinion publique, Razida n’a pas manqué de confier aux journalistes que l’institution militaire était aujourd’hui « étroitement impliquée à la prise de décision et aux préparatifs », contrairement à l’opération « Goro » de 1997 qui a échoué, car la décision du débarquement, sous le régime du président Mohamed Taki, avait été « prise par une poignée de civils sans l’adhésion du commandement militaire de l’époque ».
 
En tant qu’organe chargé de relayer l’action qu’entend mener le gouvernement pour renverser le pouvoir du colonel Bacar à Anjouan et y rétablir l’autorité de l’Etat, la cellule de communication confirme la mise en place de toutes les dispositions sécuritaires de l’après débarquement, notamment l’ouverture d’un « couloir humanitaire » pour l’évacuation des personnes déplacées ou blessées durant les opérations, et que rien n’a été laissé au hasard.
 
Ils demandent en revanche que les médias observent pendant cette période « un code de bonne conduite », pour éviter toute dérive dans le traitement de l’information. Et un cadre anjouanais, membre de la cellule, de conclure que « l’heure est à la désillusion après 11 ans de mensonges et de promesse jamais tenues par les dirigeants séparatistes ». Le terrain serait à ses yeux « favorable » à toute intervention de l’armée nationale, qui « sera accueillie par la population civile en force de libération ».
 
El-Had Said Omar
280108/eso/hzkpresse/6h00
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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 09:45
Comores / Politique & institutions
 
Moroni, lundi 28 janvier 2008 (HZK-Presse) – Ira ou n’ira pas ? La question est en tout cas sur toutes les lèvres des comoriens. La question de l’intrusion à Anjouan de l’armée nationale de développement (AND) alimente les discussions de toutes les couches sociales du pays. Les propos tenus régulièrement par le président Sambi et le chef de l’état major des armées, suscitent des réactions contrastées chez la population.
 
Le débarquement est devenu le sujet de prédilection dans toutes nos places publiques. Si le sentiment général est plutôt favorable à toute action qui réglera définitivement la crise séparatiste, l’opinion semble partagé entre ceux qui y croient dur comme fer alors que d’autres attendent les premiers coups de feu pour attester la véracité des propos du chef de l’Etat annonçant l’imminence du débarquement.
 
Pour les uns, « s’agirait-il d’une mise en scène » destinée à faire pression sur les autorités au pouvoir à Anjouan, alors que pour les autres « ce n’est que le signe de la détermination du chef de l’Etat de régler une fois pour toutes la crise anjouanaise ».
 
Au cours des discussions, les avis sont partout partagés entre le « pour » ou le « contre ». A coté des politiciens qui se déclarent majoritairement favorables au recours à la force pour endiguer la rébellion anjouanaise, le comorien de la rue affiche plutôt son impatience à « voir l’issue de cette opération militaire car, il y va de la crédibilité de l’armée, après trente ans d’indépendance ».
 
Les détracteurs du débarquement, souvent hostiles à la politique du président Sambi, ne cessent d’avancer « les conséquences humanitaires » de l’opération, ce qui semble expliquer la durée que l’AND met à se préparer, pour en limiter les éventuels « dégâts collatéraux » et épargner les populations civiles.
 
Ceux qui ne s’intéressent pas à la question, préfèrent garder le silence et une certaine neutralité, parfois déconcertante. Des attroupements se forment un peu partout dans la capitale à la moindre information touchant le débarquement.
 
Les rencontres habituelles des milieux intellectuels dans les cafés de Gobadjou ou chez Nassib, ne manquent pas de sujets à polémique, relatifs au débarquement. La question est au centre de tous les débats, souvent alimentés par les rumeurs. Des rumeurs les plus folles circulent parfois, toujours difficiles à vérifier. Il ne se passe pas une journée sans qu’une nouvelle parfois totalement fausse du débarquement ne soit répandue aux quatre coins de l’archipel.
 
L’on s’amuse à donner des dates de l’opération, décrire le type d’armement, etc. Les nouvelles venant d’Anjouan même si elles sont accueillies avec réserve, participent à la surenchère et la « guerre psychologique », par médias interposés.
 
Tout comme est diversement interprété la permission ce week-end de plusieurs militaires, quelques jours après leur regroupement d’Itsoundzou [camp d’entraînement militaire au nord-est de Ngazidja]. Les hommes en tenue n’hésitent pas à distiller des bribes d’informations, souvent erronées mais considérées comme argent comptant par la rue.
 
Les fausses rumeurs du débarquement qui mettent en exergue un sérieux problème de communication. A Ngazidja, le colonel Bacar bénéficie encore d’une certaine couverture médiatique, très controversée… alors qu’à Anjouan le pluralisme de l’information n’est pas respecté.
 
Ahmed Abdallah
280108/ah/hzkpresse/7h00
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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 15:17
Hommage à un ancêtre
 
 
Permettez-moi chers visiteurs de mon blog de  rendre ici un vibrant hommage à mon arrière grand-mère maternelle. Comme cela, j’aurais le sentiment d’avoir accompagné et porté son « shilili » - le cercueil de chez nous - sur mes épaules avec les autres  le vendredi 18 courant jusqu’au cimetière de Zawiyani à OUANI  où se trouve sa demeure éternelle.

Photo ci dessous : kokwa Mwana (décembre 2006)
 
KOKWA-MOINA.JPGBweni Fatima binti Saïd Mikitadi bin Saïd Halidi bin Saïd Abdérémane, est décédée le vendredi 18 janvier 2008 à l’âge de 98 ans à OUANI-ANJOUAN, sa ville natale. En réalité, il s'agit d'un age approximatif.
 
Tout le monde l’appelait kokwa mwana, « la mamie de l’enfant ». Mais pour ses petits enfants et arrières petits enfants, elle était tout simplement « Kokwahé » (!!!). Surtout ne me demandez pas des explications sur le choix de ces surnoms car je ne saurai pas vous répondre.
 
Certes, il s’agit de mon arrière grand-mère et de l’arrière arrière grand-mère de mes enfants, mais mourir à cet âge là dans un pays très pauvre comme les Comores où, d’après les statistiques des NU sur la base de projections des données du recensement de la population, l'espérance de vie globale (estimation année 2005) est de 60,8 ans (femme: 62,2 ans et homme: 59,4 ans) reste un fait important. L’on ne trouve pas, en effet, plusieurs cas similaires dans notre histoire. Du coup, avec ses 98 ans, presque une centenaire (!!!), elle reste pour nous le symbole de la longévité au sein de la famille voire même du pays. KOKWA-MWANA2.JPG
 
Kokwa Mwana (a droite) avec une de ses arrières petites filles à l'occasion de son mariage en août 2005 (photo ci-contre).

Je dirais même qu’en l’espèce, il s’agit d’un fait très important car la longévité de Kokwa Mwana a été couronnée d’une santé physique et mentale de fer. Elle est restée débout et lucide jusqu’au dernier jour de sa vie même s’il lui arrivait, des fois, de divaguer un peu. Jusqu’à un âge très avancé, elle partait régulièrement à l’aube avec son traditionnel sumbwerere (chapeau en feuilles de palmier) sur la tête et son bureti – coutelas qu’on utilise pour les travaux des champs- à la main pour cultiver le manioc, les ambrévades (pois d’Angol) et du melé (paddy). C’est ce qui lui permettait de nourrir sa famille. Elle ne rentrait chez elle que vers 18 heures 00. Et, en dépit de la fatigue, elle était toujours au grand rendez-vous du soir. Le voyage des contes. Un moment agréable que ses petits enfants et arrières petits enfants ainsi que les voisins attendaient avec impatience. Sur une véranda, les uns allongés sur une natte et les autres assis par terre. Ainsi, comme l’a écrit Salim Hatubou en quatrième de couverture de son premier livre « Contes de ma Grand-mère » publié chez L’Harmattan en 1994 « le voyage commençait. Nous restions pendus aux lèvres de grand-mère, conteuse aux charmes d’argent. Elle contait telle histoire comme si elle était l’héroïne ou un témoin. Tout cela m’impressionnait. » Grâce à ces voyages riches, j’ai découvert les histoires de Banawassi, les contes du vieillard et son épouse en bois… et de plusieurs devinettes moralisatrices.
 
Kokwa mwana a aussi passé pratiquement toute sa vie, depuis l’âge de 17 ans, à élever et éduquer dans la dignité ses quatre filles, ses petits enfants et quelques uns de ses arrières petits enfants.

Kokwa Mwana en 2002 (photo ci dessous)
 
KOKWAMWANA4.jpgNée d’une mère de MRAMADOUDOU et BADRELE (MAYOTTE) et d’un père très connu de OUANI (ANJOUAN), Cheikh Mikitadi Halidi issu de la famille El Massela, un grand halifa de la Twarikat Chadhuli, la confrérie religieuse dominatrice des Comores, elle fut l’épouse d’un grand notable de la ville, Said Toiha bin Said Omar (décédé en 1976). Celui-ci eut créé la première école privée de sa ville natale dans l’objectif de lutter contre la non scolarisation des enfants de 6 à 7 ans (voir l’article intitulé « OUANI et ses Grands Hommes paru en 2003 dans le n°0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI).  L’ancien Président des Comores, feu Said Mohamed Djohar, lors d’une visite à OUANI en 1991, avait tenu à rendre publiquement un hommage appuyé à « cet illustre  homme et sage qui a marqué les esprits de tous ceux qui l’ont connu » en rappelant particulièrement la célèbre phrase que tout le monde connaît aux Comores et qui lui est attribuée : « SANS WANI, NDZUWANI ALLAIT S’APPELER NDZU ».
 
Kokwa Mwana avait aussi des attaches avec l’île de MOHELI. En effet, selon le généalogiste, Monsieur Mohamed Abdérémane, inspecteur des Administrations Financières à la retraite, qui a consacré un manuscrit sur la famille BIN AHAMADI – COMORES en 1991, le grand père paternel de celle-ci, Cheikh Halidi Abdérémane dit Baco Mafy eut comme grand-mère maternelle, Bweni Binti Ahamadi de DJOIEZI (MOHELI), fille de BIN AHAMADI.
 
A propos de BIN AHAMADI, Monsieur Mohamed Abdérémane nous dit ceci dans son oeuvre précité :
 
« Un riche marchand d’esclaves venant de YEMEN dans le village de HANMOU s’installa à MOHELI à la fin du XVIII siècle où il épousa trois femmes : l’une à FOMBONI, l’autre à DJOIEZI et la troisième à HOANI.
 
Il eut eu cinq enfants dont deux garçons et trois filles : Ali dit Boinali Madi (1er Ministre du Sultan Abderrahamane fusillé en mai 1881) avec la femme de FOMBONI, Kassim, Binti et Fatuma avec la femme de DJOEZI, fille de la famille royale de FOUMBOUNI (GRANDE COMORE) et Amina née à HOANI avec la troisième femme.
 
BIN AHAMADI était un propriétaire d’un boutre. Il naviguait en AFRIQUE – COMORES - ARABIE et trafiquait des esclaves. Il était surnommé Moegné Souka à MOHELI.
 
(…)
 
BIN AHAMADI quitta MOHELI en 1832 avec ses deux filles de DJOIEZI, Binti et Fatuma pour s’installer à ANJOUAN où il trouva refuge à OUANI suite à l’arrivée au pouvoir du prince malgache, RAMANATEKA devenu sultan ABDEREHMAN après s’être converti à l’islam. 
 
Il acheta une parcelle de terrain (1/2 hectares environ) dans le quartier de Bwedzani à l’ouest de OUANI, pour construire les maisons de ses filles où il les maria avec des hommes de bonne famille. Il était surnommé à OUANI, MWAHA (Constructeur).
 
Quelques années plus tard BIN AHAMADI décéda à ANJOUAN en laissant ses cinq enfants : Ali, Kassim et Amina à MOHELI, Binti et Fatuma à OUANI (ANJOUAN) ».
 
Certains descendants de Kokwa Mwana sont de parents de NGAZIDJA (DZAHANI LA TSIDJE, BANDAMADJI YA ITSANDRA…) et d’ailleurs (FRANCE, MADAGASCAR…)
 
Le cas familial de KOKWA MWANA, que l’on retrouve partout à MOHELI, ANJOUAN, MAYOTTE ET NGAZIDJA est le socle de l’existence même de notre pays. Pourtant certains juristes et politiques avides du pouvoir avec la complicité de leurs amis d’ailleurs (historiens, sociologues et juristes) veulent imposer aux COMORES le concept de « la citoyenneté de l’île ». Ils feraient mieux de consacrer leur temps à la lutte contre la pauvreté, la vraie cause de la crise actuelle qui sévit notre pays au lieu de créer d’autres problèmes.
 
On ne joue pas avec l’existence de son pays surtout quand on prétend l’aimer !
 
Paix à ton âme KOKWAHE !
 
Halidi
HALIDI-BLOG-COMORES
 
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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 01:03
Vous trouverez ci-dessous le communiqué du conseil de l’Union européenne sur la crise d'Anjouan en date du 25 janvier 2008.


CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE



Bruxelles, le 25 janvier 2008


Déclaration de la présidence au nom de l'Union européenne sur les Comores
L'UE rappelle qu'elle continue de soutenir les actions menées par l'Union africaine et à la Préservation de l'intégrité et l'unité de l'Union des Comores, sur la base des accords Fomboni (2001) et Moroni (2003).
L'UE souligne l'importance de maintenir une approche pacifique à la crise, en se fondant sur le dialogue, et d'éviter une détérioration de la situation humanitaire. L'UE exprime sa profonde préoccupation devant les allégations de violations des droits de l'homme sur l'île d'Anjouan.
L'UE exprime son soutien à l'action de l'UA en faveur d'une solution pacifique à la crise et l’organisation de nouvelles élections sur l'île d'Anjouan.
L'UE a pris note de la décision de prorogation d'un mois de plus les mesures de l'UA Contre Anjouan, prises par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (CPS), en sa réunion du 21 Janvier.
Elle est prête à offrir une assistance à l'UA pour l'application de la Mesures restrictives prises par l'UA pour induire une solution négociée à la crise.
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 16:31
Comores / Politique & institutions
Crise anjouanaise :
Entre visite de l’Envoyé spécial de l’UA et préparatifs d’un probable débarquement  
 
Moroni, vendredi 25 janvier 2008 (HZK-Presse)Alors que le débarquement devient le premier sujet de conversation sur les places publiques, le président Sambi multiplie ses contacts avec la classe politique, la société civile et la communauté internationale, pour clarifier et défendre sa position.
 
Hier jeudi, après avoir reçu une délégation des notables de l’île de Ngazidja dans la matinée, le président de l’Union s’est longuement entretenu en début de soirée avec l’envoyé spécial du président de la Commission africaine, Francisco Madeira, venu s’enquérir de l’évolution du dossier de la crise anjouanaise, quelques heures avant l’expiration [ce jeudi 24 janvier] de la période de 60 jours accordée aux autorités au pouvoir à Anjouan, pour organiser de nouvelles élections présidentielles.
 
Une visite qui intervient au lendemain de la décision Conseil de paix et de sécurité (CPS) d’accorder aux rebelles anjouanais un nouveau délai additionnel de 30 jours, alors que le gouvernement central se prépare à recourir à l’option militaire, pour rétablir l’ordre constitutionnel dans l’île.
 
A sa sortie de l’audience que lui a accordée le chef de l’Etat, le diplomate mozambicain n’a fait aucune révélation importante. M. Madeira est venu surtout confirmer une invitation faite aux autorités comoriennes de se rendre à la prochaine réunion ministérielle de l’Union africaine, le 28 janvier prochain, laquelle rencontre examinera entre autres dossiers à l’ordre du jour, celui de la crise anjouanaise.
 
Pour sa part, le président comorien aurait réitéré à l’envoyé spécial de l’UA sa position qui « n’a pas varié », estimant que toutes les voies pacifiques sont épuisées, et qu’il a déjà donné à l’armée nationale de développement « l’ordre d’intervenir dans l’île pour mettre un terme aux souffrances de toute une population prise en otage par les autorités rebelles », nous a confié une source de la présidence de l’Union.
 
Signe que l’opération annoncée n’est pas lointaine, les forces d’intervention rapide de l’AND devraient procéder ce week-end à l’installation de leur grand QG sur l’île de Mwali, deuxième étape importante après celle du regroupement préliminaire d’Itsoundzou, au nord-est de Ngazidja.
 
Le chef d’Etat-major de l’armée, le colonel Salimou Mohamed Amiri, affirmait la semaine dernière que le processus engagé à la demande du président de la république, « a atteint son point de non retour » et que l’institution militaire qu’il dirige depuis 9 mois, « ne se dérobera pas de sa mission de défense de l’intégrité territoriale et de rétablissement de l’ordre constitutionnel à Anjouan ». 
 
El-Had Said Omar
250108/eso/hzkpresse/10h00
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 16:27
Comores / Union Européenne
Programme de coopération décentralisée :
Vers une suspension des projets en cours à Mwali
 
Moroni, vendredi 25 janvier 2008 (HZK-Presse) – Le président de l’île autonome de Mwali, Mohamed Ali Said, persiste et signe dans son refus de voir le chauffeur recruté par l’antenne locale du Programme de coopération décentralisée (PCD) occuper son poste. Il avait donné l’ordre cette semaine à la police de réquisitionner le véhicule du PCD et même le bureau est resté fermé entre lundi et mercredi dernier, les clés étant confisquées dans des conditions confuses.
 
Il aura fallu entre temps l’intervention des responsables, notamment au niveau de la Cellule d’appui à l’ordonnateur national du FED, pour rouvrir les bureaux et permettre la tenue d’une réunion du Comité de pilotage du PCD. 
 
Le seul grief fait à ce malheureux employé serait d’avoir été le chauffeur de l’ancien chef de l’exécutif de Mwali, Mohamed Said Fazul entre 2002 et 2007.
 
Arrivés dans l’île pour assister à une session du comité de pilotage du PCD, l’ambassadeur de France, Christian Job et le Chef de la Délégation de la Commission européenne avec résidence à Maurice, Mme Videy, n’ont pas réussi à infléchir la position du patron de l’île, visiblement remonté contre l’équipe du projet, allant jusqu’à critiquer en des termes très peu diplomatiques les réalisations de l’Union européenne à Mwali, citant entre autres les projets PPMR d’Itsamia et le port qui seraient selon lui un échec.
 
Le président Ali Said risque pourtant de faire perdre à son île la chance de voir se réaliser les 5 meilleurs projets retenus par le PCD sur une douzaine sélectionnés pour l’ensemble des trois îles, avec une enveloppe de près de 100 millions destinés à améliorer le développement local et la bonne gouvernance.
 
L’ambassadeur de France, qui représente également à Moroni les intérêts de la Commission européenne, aurait tenté de dissuader les autorités de l’île, au regard des engagements pris dans le cadre global de la coopération entre Bruxelles et l’Union des Comores, et surtout des conséquences d’une telle situation, y compris le risque d’une suspension des projets en cours. Ce qui ne peut que pénaliser la population bénéficiaire.
 
El-Had Said Omar
250108/eso/hzkpresse/9h00
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 16:25
Comores / Politique & institutions
Crise anjouanaise :
L’île de Ngazidja se prépare à l’après débarquement
 
Moroni, jeudi 24 janvier 2008 (HZK-Presse)Moroni est certes loin de Ndzouani mais les autorités de la capitale fédérales sont conscientes que Ngazidja ne sera pas épargné par les conséquences d’un éventuel débarquement de l’armée comorienne dans l’île rebelle. Depuis une semaine, le gouvernement conduit par Abdouloihabi mobilise les ressources nécessaires, humaines et financières pour faire face aux flux de déplacés et de blessés que pourrait occasionner une intrusion de force de l’Armée comorienne de développement (AND).
 
Un comité de secours est mis en place pour la circonstance et mène des actions de sur le terrain. Cette initiative intervient à contre gré quand on sait les réserves émises par la présidence de Ngazidja par rapport à un débarquement militaire. « Nous estimons qu’un débarquement n’est approprié (…), mais on se prépare en conséquence. Après le discours du président de l’île du 10 janvier dernier, nous avons décidé de se mettre en action pour une étude approfondie sur les conséquences humanitaires qui peuvent se prolonger jusqu’à Ngazidja », déclare Said Soilih Ahmed (Bruce), conseiller spécial du chef de l’exécutif de l’île de Ngazidja et président du comité de secours.
 
Ce comité en place depuis une semaine vise à évaluer et identifier les besoins relatifs aux secours des blessés et déplacés et assurer le fonctionnement des centres de soin et des lieux d’accueil. Cette organisation composée par des membres de la présidence de l’île et des ministères et institutions concernées a établi un plan en 7 points qui va de la logistique en passant par les personnes ressources et les lieux d’accueil et d’hébergement.
 
Ce schéma prévoit que le centre de secours et la protection civile (Cosep) sera le point de chute des opérations, mais d’autres lieux publics peuvent être réquisitionnés pour accueillir les déplacés et blessé provenant d’Anjouan. « Le Cosep et l’Injs seront mis à disposition du comité, ainsi que le lycée de Moroni et l’Université, si nécessaire. Et si les déplacés sont en plus grand nombre, nous seront obligés de fermer certaines écoles dans une durée déterminée », explique le conseiller privé du président Abdouloihabi.
 
Le plan prévoit d’accueillir ente 1000 et 1500 déplacés ou blessés sur une durée de 15 jours. « Au delà de 15 jours, nous allons nous revoir pour prendre d’autres mesures », ajoute t-il. Le plus dure dans cette affaire reste le coût financier de cette opération. Pour subvenir aux besoins alimentaires des « réfugiés », se procurer du gasoil…, la facture s’élève à plus de 67 millions.
 
« Les fonds proviendront d’abord du gouvernement de l’île, et seront complétés par l’appui d’institution partenaires que nous avons commencé à les contacter. Les bonnes volontés seront aussi les bienvenues. Nous allons ouvrir un compte qui sera rendu public pour recueillir les dons en toute transparence. Pour la collecte, nous sommes sur le point de voir comment mettre à contribution les fonctionnaire », soutient Bruce, président du comité de secours.
 
Alors que le débarquement a atteint « un point de non retour » selon le gouvernement de l’Union, les rencontres avec les personnes ressources se poursuivent sur le terrain. « Nous avons rencontré le directeur de cabinet du président de la république chargé de la défense. Il a pris en considération notre document et nous a mis en contact avec d’autres structures concernées par la situation. Une collaboration est envisagée avec le ministère de la santé de l’Union qui a apprécié notre plan », poursuit-il.
 
Ce plan prévoit aussi des axes de communication en cas de débarquement. Les ministres chargés de la communication de l’île et de l’Union vont se rencontrer pour étudier quelle est la conduite à tenir durant cette période cruciale.
 
Ahmed Abdallah
240108/aa/hzkpresse/15h00
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 16:23
Comores / Politique & institutions
Conférence de presse de Mlamali :
Le séparatisme compromet tout projet de développement d’envergure nationale
 
Moroni, jeudi 24 janvier 2008 (HZK-Presse)Si le transfert en 1966 du chef lieu de Dzaoudzi à Moroni ne s’était pas produit, et si l’acte de proclamation unilatérale d’indépendance du 6 juillet 1975 n’était pas pris dans la précipitation, l’évolution politique de notre archipel aurait probablement été différente, favorable à l’unité nationale. Telle est en substance l’analyse faite ce jeudi 24 janvier par le professeur Ali Mlamali, président du Collectif pour l’unité et l’intégrité territoriale des Comores, au cours d’une conférence de presse donnée au restaurant Le Select.
 
Ces deux faits historiques auraient prédisposé l’archipel son éclatement, et favorisé le maintien de Mayotte sous le joug de l’ancienne puissance colonisatrice. A en croire ce militant de la lutte anti-colonialiste et contre la balkanisation des Comores, le pays se trouve dans une période charnière de son histoire où le schéma institutionnel instauré par la nouvelle constitution de 2001 ne garantit pas la continuité de l’action gouvernementale de ses dirigeants démocratiquement élus.
 
Et M. Mlamali d’épingler le principe de la présidence tournante entre les îles, pour un mandat de 4 ans non renouvelable, comme « une source de crise permanente ». Après la mort du président Ahmed Abdallah, l’élite intellectuelle anjouanaise avait-elle perdu tout espoir de voir un anjouanais à la tête de l’Etat comorien, au point de tomber dans les travers d’un séparatisme sans issue, s’est interrogé le conférencier.
 
Cet intellectuel grand-comorien qui fut brièvement ministre sous le régime du président Ali Soilih (1976-1978) n’a rien perdu de sa foi aux « valeurs patriotiques et civiques » qui doivent selon lui guider toute politique de changement radical aux Comores. Le collectif dont il est un des fondateurs est une organisation qui se réclame de la société civile, créée en 1997 [au lendemain de l’avènement de la sécession anjouanaise, ndlr] et basée à l’Ile de La Réunion.
 
Abordant les questions socio-économiques, Ali Mlamali suggère quelques pistes pour sortir les Comores de l’impasse actuelle, accentuée par l’exode massif de population vers l’unique capitale du pays, en préconisant la création de deux capitales, l’une administrative et l’autre économique. Il propose aussi à nos gouvernants la valorisation du travail de la terre et des métiers manuels, aujourd’hui abandonnés par les jeunes.
 
Revenant sur de la gestion de la crise anjouanaise par l’actuel chef de l’Etat, le président du Collectif révèle le contenu d’une lettre qu’il a adressée Ahmed Abdallah Sambi, et dans laquelle il plaide en faveur d’une « politique de conscientisation émancipatrice », reconnaissant que la rébellion au pouvoir à Anjouan « compromet sérieusement tout projet de développement d’envergure nationale ».
 
Le dilemme entre l’option militaire et la poursuite du dialogue avec les chefs séparatistes lui semble « perplexe », ne préfigurant en rien un compromis préservant l’essentiel, à savoir l’unité et la souveraineté nationales.
 
Professeur certifié hors classe à La Réunion, M. Mlamali a été promu en 2003 chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, une distinction honorifique française décernée à des personnalités du milieu enseignant et scientifique.
 
El-Had Said Omar
240108/eso/hzkpresse/17h00
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 10:01
LU POUR VOUS : ARTICLE PUBLIE PAR L'APA (Agence de Presse Africaine le 24 janvier 2008
Comores-UA-Crise : Une réunion ministérielle sur la crise anjouanaise prévue le 28 janvier  
 
APA-Moroni (Comores) L’Union africaine continue de travailler avec les autorités comoriennes pour trouver ensemble un règlement rapide à la crise séparatiste qui secoue l’île d’Anjouan, a déclaré jeudi en fin d’après-midi l’ambassadeur mozambicain J. Francesco Madeira, envoyé spécial du président de la Commission de l’UA sur la crise anjouanaise, à l’issue d’une rencontre avec le président comorien, M. Ahmed Abdallah Sambi.
Cette entrevue de M. Madeira avec le président Sambi intervient trois jours après la décision du Comité de paix et de sécurité (CPS) de l’UA de proroger de trente jours les sanctions précédemment imposées aux autorités anjouanaises, mais surtout à la veille d’une probable intervention de l’armée nationale sur l’île.
L’ambassadeur mozambicain, qui était porteur d’un message du président Alpha Oumar Konaré au chef de l’Etat comorien, a annoncé la tenue, le 28 janvier prochain à Addis-Abeba, d’une réunion ministérielle des pays de la région pour examiner les derniers développements de la situation à Anjouan.
A la question de savoir si l’UA allait se ranger, en cas d’une intervention militaire, derrière l’Etat comorien, Madeira a indiqué qu’il s’agissait bien d’une question de souveraineté. « Nous respectons et continuerons toujours de respecter les décisions du président Sambi. Les Comores sont un pays souverain », a-t-il déclaré.
Sur les nombreux déplacés qui fuient, par centaines, Anjouan vers les deux autres îles de l’archipel (Grande Comore et Mohéli), M. Madeira a profondément regretté cet exode massif, avant d’ajouter : « Ce sont les effets collatéraux des exactions de Mohamed Bacar (le chef séparatiste de l’île) ».
La population anjouanaise vit sous la terreur depuis près de deux semaines, selon des témoignages, les arrestations arbitraires des opposants au régime s’étant multipliées ces derniers jours.
Selon la Fédération comorienne des droits de l’homme (FCDH), plus d’une trentaine de femmes anjouanaises auraient été violées par la Force de gendarmerie d’Anjouan (FGA), la milice armée de Bacar.
Avant l’arrivée de cette délégation de l’UA à Moroni, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) avait dépêché, une journée plus tôt, un émissaire spécial, en l’occurrence le professeur André Salifou, auprès du colonel Bacar pour tenter une ultime médiation. Mais, tout indique que les autorités anjouanaises ont campé sur leurs positions.
IM/od/APA
24-01-2008
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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 10:14
Les séparatistes confortés dans leur position ?

Moroni, mercredi 23 janvier 2008 (HZK-Presse) – C’est l’impression que laisse le dernier communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine qui a accordé un sursis de trente jours aux séparatistes anjouanais dirigés par le colonel rebelle, Mohamed Bacar. Au lendemain de cette décision, le gouvernement comorien a invité le Représentant de l’Union Africaine à Moroni, probablement pour lui dire sa déception et sa surprise après cette décision du CPS.

Le dernier communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (voir ICI )a pris de court les autorités de l’Union des Comores dont une délégation se trouvait sur la route d’Addis-Abeba quand le communiqué a été publié.

Comme rapporté dans l’édition citée plus haut, la décision du CPS de l’Union Africaine a été prise quarante huit heures avant la fin du délai fixé par lui aux autorités séparatistes pour se conformer à sa décision de tenir sans condition des élections dans l’île. Cette décision du CPS de l’UA de proroger de trente jours ses sanctions contre les rebelles n’est pas sans susciter la déception et la surprise de Moroni, en même temps qu’elle conforte ces mêmes rebelles qui, à tort ou à raison, estiment avoir le soutien de l’organisation continentale.

Après ce que l’opinion publique comorienne considère comme un camouflet infligé de l’UA au pouvoir de Moroni, de par cette décision qui réjouirait les adversaires de Sambi, tant au niveau national qu’au niveau international, le ministère des Relations extérieures a convoqué le Représentant de l’UA mardi dernier pour, probablement, lui dire son avis pas forcément approbateur, par rapport à cette décision.

Il reste à savoir, maintenant, si la décision de l’UA engage le président comorien qui clame à tout moment sa volonté et sa détermination à rétablir l’ordre à Anjouan par tous les moyens y compris militaires. Dans l’île, la volonté de M. Sambi d’intervenir militairement est prise très au sérieux par une population qui, en dépit de son appel au secours à la suite des exactions quasi quotidiennes dont elle est victime de la part du pouvoir séparatiste est, apparemment, traumatisée par ces déclarations de Moroni devenues plus insistantes au fil des jours.

Nombreux sont les Anjouanais qui ont quitté l’île, pour se réfugier à Mohéli ou à la Grande-Comore, certes à cause des arrestations arbitraires et autres exactions perpétrées par les forces séparatistes de Mohamed Bacar, mais aussi dans la crainte de se trouver un jour dans une Anjouan en guerre.

A Moroni, d’aucuns voient en cette décision de l’Union Africaine, la main agissante de forces invisibles qui, selon eux, œuvreraient contre l’unité et pour la balkanisation des Comores. Rapprochant la crise séparatiste anjouanaise de la question de l’île comorienne de Mayotte, ils se disent que plus le temps passe, plus la situation s’enlise.

A leur avis, il est urgent de ne pas attendre. Pour peu que l’on ait un sens de l’unité et de l’intégrité territoriale. « Le temps est l’ennemi numéro un de l’unité nationale des Comores et de leur intégrité territoriale », a dit sous le sceau du secret, un partisan d’une intervention militaire à Anjouan qui ne se veut, pourtant, pas « un va-t-en-guerre ».

[b]M. Hassani
230108/mh/hzkpresse/9h00[/b]

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