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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 14:48

Encore une  connerie à 200% !!! Pauvre pays. lisez l'article ci-dessous et vous comprendrez.
HALIDI-BLOG-COMORES



Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Fait divers

Fête de l’indépendance :

Courroucée, la première Dame de Ngazidja a quitté la tribune officielle

 

Moroni, mardi 8 juillet 2008 (HZK-Presse)Dimanche 6 juillet. Place de l’indépendance à Moroni. Le président de l’Union des Comores arrive pour le défilé militaire, l’une des principales festivités du jour. C’est le vice-président Idi Nadhoim qui va l’accueillir et l’accompagner jusqu’au siège présidentiel sur la tribune officielle.

 

Aussitôt le chef de l’Etat installé, la foule sera surprise de voir se lever instantanément Madame Ralia Abdou, la Première Dame de l’île autonome de Ngazidja qui s’en va en toute tranquillité.

 

Renseignements pris, l’on apprendra que l’épouse du chef de l’exécutif insulaire n’avait pas approuvé que ce soit un autre et non son président de mari, Mohamed Abdouloihabi, chef de l’Exécutif de Ngazidja, qui accueille et installe le président de la république.

 

« Le protocole avait pourtant prévu que c’était le président de l’île qui allait accueillir le chef de l’Etat », a indiqué un proche de ce denier. Pourquoi le vice-président de Ngazidja a donc agi en lieu et place du président de l’île ? La réponse à cette question relève du domaine des mystères protocolaires dont les descendants des sultans batailleurs ont le secret.

 

« Il n’y a pas de quoi fouetter un chat », a estimé de son côté un officiel grand-comorien. « Première Dame ou pas, l’épouse du président Abdouloihabi est un être humain comme les autres. Nous n’avons pas à nous interroger sur les raisons de son départ », a jouté ce fonctionnaire qui minimise la portée de ce geste.

 

« Dans tous les cas, ce geste ne peut tuer personne. En revanche, six mois sans salaire pour les Comoriens constituent une affaire autrement plus grave qui pourrait tuer de faim bien des centaines de nos familles », a poursuivi notre interlocuteur. Et le même d’interpeller : « messieurs les journalistes, occupez-vous plutôt de ceci que de cela », sur le ton de « taisez-vous, il n’y a rien à dire ».

 

Le courroux de Madame la Première Dame de Ngazidja, si son fondement se trouvait dans le fait que, contre toute attente, son mari de président n’a pas été accueillir le chef de l’Etat, ne se justifie pas. Libre au président de l’île de protester ou de laisser faire. Pas à un autre, fut-il son épouse. Et ceci pour une raison bien simple : les Grand-comoriens n’ont pas élu Abdouloihabi et son épouse. Il appartient donc au premier et non à la seconde d’élever des protestations quand c’est nécessaire car c’est lui qui est investi de la souveraineté populaire.

 

Toutefois, point n’est besoin de s’étonner de cette énième frasque de la première Dame si l’on se souvient du jour où, conviés place Ajao par le président de Ngazidja, les notables trouveront en lieu et place son épouse. Ils étaient surpris mais se sont tus pour ne pas blesser le président.

 

Lors d’une assise du MCJP, tendance Abdouloihabi au Club des Amis, Madame protestera contre le fait que dans le nouveau bureau élu par le mouvement, il n’y avait pas de femme. Tout le monde est resté sans réaction.

 

Place de l’Indépendance, le 6 juillet dernier, l’incident n’est pas passé inaperçu. C’est à croire que la notabilité de Ngazidja n’est plus là.

 

M. Hassani

080708/mh/hzkpresse/12h00

 

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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 08:49
Selon l'avocate de Mohamed Bacar, l'ancien chef de l'exécutif d'Anjouan, assigné à résidence dans une base aérienne à Saint-Denis (île de la Réunion), pourrait quitter l'île de la Réunion à partir de la fin de la semaine à destination du Bénin.
"Des représentants de la préfecture ont annoncé lundi au colonel Bacar que le préfet envisageait d'abroger son assignation à résidence et de mettre à exécution un arrêté de reconduite à la frontière", a indiqué à la presseMaître Marie Briot, avocate du colonel
Mohamed Bacar.
 
Maître Marie Briot à rajouté : "Le colonel Bacar n'y est pas opposé, mais il réclame des garanties de ne pas être renvoyé aux Comores une fois sur place. Il craint que le Bénin n'ait déjà conclu un accord avec l'Union des Comores pour qu'il soit extradé aux Comores".
Mais pour la préfecture de la Réunion, le gouvernement français "ne renverra pas le colonel Bacar aux Comores ni dans un pays susceptible de le renvoyer aux Comores".
"La France a pris attache avec les autorités de plusieurs pays qui pourraient l'accueillir. Le Bénin est une hypothèse parmi d'autres", a expliqué le secrétaire général de la Préfécture, Monsieur Theuil.
Toutes les voies de recours étant épuisées par le colonel Mohamed Bacar, l'arrêté de réconduite à la frontière peut être exécuté sans problème.
Pour rappel, suite à l'intervention militaire sur l'île d'Anjouan tendant à instaurer l'ordre constitutionnel en mars dernier, Mohamed Bacar  en compagnie des militaires de sa garde rapprochée (22) avait fui l'île par vedette pour se rendre à Mayotte, une île comorienne sous administration illégale de la France où ils demandaient l'exil politique. Ils ont par la suite été transférés à la Réunion à bord d'un avion de l'armée de l'air française pour l'examen de leur demande et y être assignés à résidence mais aussi pour des poursuites judiciaires. Mohamed Bacar  a été condamné  à 3 mois de prison avec sursis pour détention d'armes.
Quant à la demande d'exil, L'Ofpra (Office français pour la protection des réfugiés et apatrides) a refusé tout en excluant son renvoi aux Comores.
Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES) 9 juillet 2008.
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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 22:26

 Comores: Interview du Président de la RépubliqueLe président appelle «les Comoriens à changer leurs habitudes»

A l'occasion de la célébration du 33ème anniversaire de l'indépendance, le président de la République s'est prêté, durant une heure de temps, aux questions de 3 journalistes, aussi bien sur les grands dossiers du moment, le bilan et les perspectives. L'interview conçue par la communication de la présidence remplace le traditionnel discours prononcé tous les ans à la date du 6 juillet, jour de la proclamation unilatérale de l'indépendance des Comores.

Cette interview de la télévision nationale des Comores (TNC) a été réalisée en partenariat avec le journal « l'Archipel » et le journal « Al-watwan ». Animée par Ben Abdou Said, le directeur de la TNC, les trois journalistes, Faouzia Ali Amir, de la TNC, Aboubacar M'Changama, directeur de l'Archipel et Mohamed Soilihi, le rédacteur en chef d'Al-Watwan, l'interview a porté sur trois thèmes centraux : les aspects institutionnels, la politique intérieure et la politique étrangère. Sur le projet de réforme de la constitution, le président dit qu' « après la libération d'Anjouan, nous devons nous retrouver sur la même table pour évaluer l'application de la constitution, ses atouts, ses blocages ». Donnant son point de vue personnel, Sambi pense que « nous n'avons pas besoin de 4 constitutions, de 4 présidents et de 4 parlements. Ces institutions constituent un poids économique insupportable ». Il est normal de « demander aux Comoriens si oui ou non, nous avons besoin de toute cette architecture institutionnelle ». Le président rappelle que « j'ai le pouvoir constitutionnel d'inviter les Comoriens à un référendum, mais j'ai opté pour une consultation large des comoriens avec l'appui de la communauté internationale ».


L
'interview est ouverte par Faouzia Ali Amir, sur une question relative au regard très critique porté par le président Sambi sur les trois décennies d'indépendance des Comores, mais aussi sur sa promesse de vaincre la pauvreté. Le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a souhaité aux Comoriens, d'abord «une bonne année d'espoir et de réussite». «Nous avons accédé à l'indépendance depuis 1975, dit-il, mais nous avons peut être arraché la liberté sans en tirer le maximum de profit». Le président reconnaît que «beaucoup a été fait et que, sans l'indépendance, ces réalisations auraient été impossibles ». Il regrette que quelques mois après cet événement historique, «un coup d'Etat a été fomenté, ouvrant la voie aux incertitudes politiques, à l'alternance par la force et aux manigances de toutes sortes».
Le président Sambi admet «nous avons un lourd héritage de la colonisation. Les routes les écoles ont été réalisées après l'indépendance et pas avant». «Par contre, insiste-il, sur le fait que nous avons perdu beaucoup de temps et nous aurions pu en 30 ans mettre en œuvre beaucoup a été perdu de choses».

Mayotte est et restera comorienne

Interrogé par Mchangama sur la lutte contre la pauvreté et la concrétisation de son projet habitat, estime que «sont 2 ans d'exercice de pouvoir trop courtes», M. Sambi déclare: que «mon premier projet est l'habitat. Je sais que le budget de l'Etat n'était pas capable de répondre à un investissement lourd pour satisfaire le projet de logement social décent ».
Le président révèle «le manque d'expertise et de technicité en matière de fabrication des briques rouges en argile ont empêché de mettre en oeuvre rapidement ce grand projet».
Il regrette «les conseils prodigués sur la possibilité de produire des briques sans passer au four, occasionnant une perte de temps dommageable à la mise en œuvre du projet». Le président a du se rendre à l'évidence que «sur le plan local, personne n'a la maîtrise de la fabrication des briques, même pour déterminer avec précision le degré des fours».
Le président Sambi promet que «tout a été mis en oeuvre pour que d'ici deux ans, cette expertise soit acquise grâce à la collaboration des techniciens des pays amis. Ce projet n'est pas mort, loin de là, l'argent est là et le projet est en cours».

Revenant sur la justice
, le président affirme «mon espoir était que l'indépendance de la justice une fois acquise et garantie, les magistrats allaient la respecter pour dire le droit». Sambi insiste sur le fait qu'il n'est «jamais personnellement intervenu dans les décisions de justice. Personne ne peut témoigner que j'ai interféré dans les décisions des magistrats ».
«La justice est indépendante, mais malheureusement, elle ne sert pas toujours la justice et je regrette que certains parmi les magistrats utilisent cette indépendance pour leurs propres intérêts».
Le journaliste de l'archipel Mchangama interpelle le président sur « les moyens limités mis en œuvre pour permettre aux magistrats de faire leur travail». Le président commence par évoquer « les rémunérations plus qu'honorables et les moyens acceptables mis à leur disposition ». Le président Sambi reconnaît: que «les moyens logistiques, de communications ne sont pas adéquates » et insiste sur «l'indépendance des décisions prises», précisant: «j'apprends comme tous les autres citoyens que des personnes sont libres ou emprisonné» dans telle ou telle affaire.
Le rédacteur chef du journal Al-watwan Mohamed Soilihi, pose la question de Mayotte et la suite à donner à sa rencontre à Paris avec le président français Nicolas Sarkozy. Le président Sambi porte un nouvel éclairage sur le litige territorial qui oppose à la France depuis 33 ans.
«Que les français le veuillent ou non, Mayotte est et restera comorienne » dit-il. «Mayotte reviendra-t-elle comme Anjouan en sécession est revenue, se demande le président avant de répondre en affirmant: «nous n'avons pas la possibilité et les moyens de faire revenir Mayotte par la force». Sa formule est simple et claire, «au lieu de continuer à débattre et à discourir éternellement sur la question de Mayotte, nous devons réfléchir et rechercher les voies et moyens pour apporter un début de solution ». Evoquant la rencontre à Paris avec le président Nicolas Sarkozy, Sambi dit: « j'étais clair avec lui ». J'ai suggéré « l'ouverture des discussions sérieuses » en lui exposant « mon indignation de voir la mer qui sépare les îles devenir un cimetière ». Le président a « plaidé pour l'abolition du visa » et « le président Sarkozy a accepté d'instituer une structure permanente pour discuter de tous ces sujets ».
La conviction du président Sambi, « Mayotte reviendra dans le giron naturel le jour où les mahorais eux-mêmes demanderont de revenir». Pour y parvenir, Sambi pense que «notre devoir est de changer la situation économique et sociale des Comores pour que les mahorais s'estiment rassurés pour leur devenir ». Le président déclare qu'il s'oppose à «la consultation des mahorais par référendum», annonçant: «le président Sarkozy projette de venir aux Comores, pour signer un accord global ».

Un agrément pour acheter et vendre de l'essence

Interrogé sur les nombreux voyages effectués à l'extérieur, le président admet que «c'est vrai, j'ai voyagé beaucoup». Selon lui, «pour mieux aider ce pays il me faut une diplomatie active, une diplomatie pour le développement». Sambi rappelle: «tout projet de développement est conçu sur la base des apports extérieurs, financiers ou techniques».
Il prend l'exemple du Japon, «un pays qui a beaucoup apporté dans les télécommunications, l'école de pêche, mais qui s'était retiré de ce pays». Le travail minutieux et fastidieux de la diplomatie poursuit un objectif, « renouer la confiance » avec les partenaires extérieurs.
Le président rappelle la dette qui pèse sur les Comores, révélant: que « même les Moudiriyat d'Ali Soilihi font partie des dettes que nous continuons encore à payer ».
Le président explique d'une manière pédagogique pour illustrer son propos que « même le débarquement militaire à Anjouan n'a été possible que grâce au travail de la diplomatie ». Il annonce que « la Chine envoie 60 conteneurs des équipements pour l'eau et l'électricité ». Idem pour l'Iran où la société comorienne des hydrocarbures a obtenu «un agrément pour acheter et vendre de l'essence », la toure.
Le président démontre qu'au «mois d'avril 2007, la Sch achetait le baril à 530 dollars et un an après en avril 2008, le baril est à 1200 dollars avant de toucher en juin 2008 le seuil de 1400 dollars». L'Iran nous a offert l'avantage d'acheter du brut pour revendre. Le Yémen accepte de «raffiner ce pétrole à 11 dollars au lieu de 20 dollars».
Abordant la question de la crise alimentaire, le président Sambi estime que «le prix du riz a doublé », appelant «les Comoriens à changer les habitudes». «On peut, dit-il, encourager nos enfants à emprunter d'autres moyens de locomotions comme les cyclomoteurs, comme nous devons encourager les comoriens à consommer des produits locaux pour remplacer le riz et la farine».
Le président dit avoir ordonné que « 30% des dotations d'essences seront affectés pour acheter des semences à l'agriculture. L'objectif est de produire localement pour remplacer le riz». Le président annonce que «le pays est devenu «membre de l'Agoa et le président Bush a approuvé notre adhésion».

Sur le projet de loi de la « citoyenneté économique»
et les soupçons qui pèsent sur les «shiites qui seront les principaux bénéficiaires».

Le président rappelle: «ce sont les représentants du Koweït et des Emirats arabes unis qui ont proposé depuis New York que de nombreux citoyens de leurs pays veulent la citoyenneté d'un pays en paix». Le président indique que les deux pays projettent «un investissement de 100 millions de dollars pour 25.000 familles*. De l'argent injecté pour les projets de développement». Le président indique: « 4 millions de dollars par mois pour 2 ans nous ont été proposés ». Il rappelle que «le Yémen et le Bangladesh souhaitent bénéficier de ce même accord».
Dans ce dossier sensible, précise-t-il, «nous jouons pleinement la transparence et nous avons soumis un projet de loi à l'assemblée. Il semble que «l'Arabie saoudite prendra le train en marche». Le président estime que «les passeports biométriques nous permettront de mieux contrôler ce flux de demandes de citoyenneté comorienne».

Un autre gouvernement dans les prochains jours

Sur le projet de réforme de la constitution, le président Sambi rappelle : «la sécession anjouanaise est à l'origine du nouveau cadre institutionnel ». Le président dit qu' «après la libération d'Anjouan, nous devons nous retrouver sur la même table pour évaluer l'application de la constitution, ses atouts, ses blocages».
Donnant son point de vue personnel, Sambi pense que «nous n'avons pas besoin de 4 constitutions, de 4 présidents et de 4 parlements. Ces institutions ont un poids économique insupportable».

Il est normal de «demander aux Comoriens si oui ou non, nous avons besoin de toute cette architecture institutionnelle. C'est au peuple de choisir. Les Comoriens doivent se prononcer sur les conflits de compétences».
Le président rappelle: «j'ai le pouvoir constitutionnel d'inviter les Comoriens à un référendum, mais j'ai opté pour une consultation large des Comoriens avec l'appui de la communauté internationale».

Interpellé sur sa fameuse phrase «je suis mal servi et quelques fois trahi», le président déclare que rien n'a changé et qu'il établit le même constat. Il annonce «un autre gouvernement dans les prochains jours pour mieux engager le pays dans le changement ».

Rapportée par Ahmed Ali Amir
Al-watwan N° 1108 du 7 juillet 2008
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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 21:56

PHOTOS / 06 JUILLET 2008 : 33 ANS D'INDEPENDANCE DES COMORES EN IMAGES

A l’occasion de la fête de l’indépendance des Comores d’hier (06 juillet 2008), je présente toutes mes sincères félicitations à tous les comoriens du monde entier.

 Même si notre pays continue à subir injustement les humiliations de ses ennemis et de « certains de ses fils », nous sommes fiers d’être ses enfants et continuons à croire qu’un jour il retrouvera sa vraie dignité et son honneur. Amen 

 
Nous avons encore démontré notre attachement profond à ce pays  avec toutes ces festivités qui ont eu lieu hier et avant hier un peu partout dans le monde. Quels plaisir et bonheur de voir tous ces hommes, femmes et enfants danser nos chigoma, sambé, mgodro… et entonner ensemble l’hymne national ! 

 
Avec fierté, tous les comoriens du monde ont fêté la fête de l’indépendance.

 
Ci-dessous, quelques photos de cet événement important de notre pays célébré avec faste à Moroni, Fomboni et Mutsamudu (avec l'aimable autorisation de notre ami bloggueur de Comores 4) :

 







































































HALIDI-BLOG-COMORES
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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 22:05

Cela s’est produit ce jour à l’aéroport d’Ouani sur l’ile d’Anjouan. Un accident très grave et incroyable a fait cinq victimes : un mort* et quatre blessés graves.

 

Selon des témoins oculaires, le jeune Soulaimane Abdallah Abdérémane Mchindra (le fils du "Président Zaglo" : un conteur et comédien célèbre à Ouani), un employé de l’aéroport, originaire de la ville d' Ouani, alors qu’il était entrain de débroussailler les abords de la piste est tombé sur un engin militaire. L'on parle d'un mortier A 60. Par inadvertance, il a donné un coup de coutelas sur l’engin en question. Ce qui a entrainé l’explosion. Le jeune Soulaimane est décédé et quatre de ses collègues sont blessés.  Il s'agirait d’un engin abandonné par les milices de Mohamed Bacar avant l'intervention militaire.


* le 07/07/2008 : un des blessés est décédé à l'hopital. IL s'agit d'Abdou Bacar originaire de Barakani
 

Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES

05/07/2008 

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 01:05

AU REVOIR L’ARTISTE

 Hommage à Ibrahim Saindou[i]

 

La triste nouvelle est tombée le jeudi 19 juin 2008. Aux environs de 18 heures 00 (heure des Comores). Ibrahim Saindou Bacar Nomane nous a quittés à l’âge de 55 ans. Il est mort à l’hôpital de Hombo – Mutsamudu. SON hôpital. C’est un coup dur pour toute la communauté ouanienne et tous ceux qui l’ont connu même s’il fallait s’y attendre compte tenu de son état de santé ; c’est surtout une grosse perte pour Ouani, ses ville et région natales…Anjouan, son île…et les Comores, sa patrie. Ibrahim, en dépit de sa modestie, a, en effet, beaucoup contribué au développement de notre pays et à l’épanouissement de sa ville natale dans différents domaines à sa façon.

 

 

 

 

 

Ibrahim Saindou en 2006 (photo)

 

 

Féru et mordu de musique

 

Né en 1953, tout jeune, il devient « féru et mordu de musique »selon un de ses amis, Abdallah Elhad. En 1969, il fait partie des membres fondateurs du groupe musical « les boutons noirs » et en devient le soliste. Dès 1970, les « boutons noires » intègrent le groupe joujou d’Ouani[ii]. Depuis, Ibrahim, n’a plus quitté sa guitare et son orchestre, excepté pendant ses années d’études supérieures en Algérie.

  Les boutons noirs : de Gauche à droite : Debout : Ibrahim Saindou - Mouslouh - Yahaya ; Assis: Ibrahim Hamza , Baissé :Elhad (photo)


D’aucuns affirment même qu’avec Raslane Abdou Zoubert, il a été le meilleur soliste du groupe musical.

 Mais, c’est de 1975 à 1977 qu’Ibrahim joue un rôle considérable dans la promotion et l’émancipation de la musique et de la chanson comoriennes. En effet, à cette période (sous le règne du Mongozi Ali Soilihi), il devient aussi un des grands auteurs compositeurs du groupe joujou d’Ouani et participe à son apogée et à sa transformation en joujou des Comores[iii]. Il a composé certaines chansons célèbres interprétées par  notre diva nationale, Madame Foudhoiyila[iv],  notamment «  jouwa » dont vous pouvez voir le clip en cliquant ici. C’est dans un style afro-malgache, et indo-arabe  qu’il avait choisi de rythmer ses mélodies. Il a aussi facilité l’intégration et et assuré l’encadrement des jeunes dans le groupe en leur apprenant à jouer à divers instruments musicaux (guitare, synthétiseur, solfège…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un poète de la révolution comorienne


  Mais l’analyse des créations ou compositions d’Ibrahim fait apparaître qu’il est, de surcroît, ce que Daniel Ahmed dit Café, un des spécialistes de la littérature orale aux Comores[v] appelle « un poète de la révolution comorienne »[vi]. En effet dans les années 1975-1978 s’est développée aux Comores une poésie révolutionnaire contre le système féodal et aristocratique. Les thèmes abordés dans cette poésie généralement écrite en comorien sont les principes fondamentaux de la révolution Soilihiste. Parmi ses auteurs l’on peut citer entre autres Abou Chihabi, Ali Ben Ali, Dhoiffir  Abdérémane, Raslane Abdou Zoubert et Ibrahim Saïndou[vii]. En effet comme l’a bien démontré Daniel Ahmed[viii], l’on retrouve dans les œuvres d’Ibrahim Saïndou les thèmes du soilihisme : la révolution, l’unité et la nation des Comores, le travail manuel….

Il  concilie à la fois rigueur de forme et sensibilité et fait recours à un langage fluide dans sa poésie.

 
Le premier comorien chirurgien dentiste à Anjouan

 
En 1977, Ibrahim quitte les Comores à destination de l’Algérie pour se former en chirurgie dentaire. De retour dans son pays natal dans les années 80, il retrouve sa guitare et son JOUJOU des Comores. Mais, il devient aussi le premier comorien dentiste à Anjouan. Il a passé toute sa vie professionnelle à l’hôpital de hombo –Mutsamudu auquel il était tant attaché. Son souci primordial était d’améliorer la situation sanitaire de cet établissement et d’aider ses patients. Ceux qui l’ont vu lors de son évacuation sanitaire à l’île de la Réunion en 2003 se rappellent que, allongé sur son lit d’hôpital, au lieu de se préoccuper de son état de santé critique, il attendait impatiemment le passage de ses médecins traitant pour solliciter de l’aide matérielle en faveur de l’hôpital de Hombo. D’ailleurs, il avait pu obtenir quelques équipements qu’il avait mis à la disposition de celui-ci[ix].

Ibrahim a toujours montré à ses patients les qualités d’un homme chaleureux, de grande générosité, de sagesse et d’humanisme. D’autant que pendant plusieurs années, il est resté l’unique chirurgien dentiste sur l’île d’Anjouan.

 

Photo ci dessous : Joujou 1974 : de gauche à droite : Elhad- Yahaya- I. Saindou - Pepsi - I. Hamza sur la piste de l'aéroport de OUANI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un passionné des médias et l’ami des jeunes


 En ce qui me concerne, j’ai surtout connu et côtoyé, comme beaucoup de jeunes, un autre Ibrahim Saïndou. Il s’agit du passionné des médias et de l’information qui avait  saisi l’occasion de l’avènement de la démocratie en 1990 aux Comores pour créer la première radio locale de sa région natale. Cette « radio nova » dont toute personne ayant vécu à Ouani dans les années 90 se souvient encore.

« Radio nova » a, en fait,  jouer un rôle très important dans l’information, l’éducation et la sensibilisation des jeunes sur divers sujets vitaux ainsi qu'à la vulgarisation de la culture comorienne
.

 Ce qui m’avait surtout frappé à cette période, c’était le fait qu’il n’avait pas hésité à transformer le salon de son domicile en espace où tous les jeunes qui le souhaitaient, pouvaient  aller animer bénévolement la radio ! C’était vraiment un sacrifice étant donné que dans la société comorienne la mise en valeur du salon est précieuse.

 « Radio nova » a aussi été un moyen incontournable pour les candidats aux élections législatives de la 9ème circonscription en 1992. En mettant gratuitement sa radio à la disposition des candidats pour s’adresser aux électeurs, Ibrahim Saïndou a apporté, à notre avis, sa modeste contribution à l’enracinement de la démocratie dans notre pays. Madame Sittou Raghadat Mohamed, à l’époque candidate à la députation, rend hommage à l’animateur des débats politiques qui était vraiment à l’écoute et à la disposition des intervenants et invités. Selon elle, il n’hésitait pas à prodiguer quelques conseils pour améliorer les prestations des uns et des autres peu importe leurs étiquettes politiques.

 
Après les quelques mois (en 1991 et en 1992) que j’ai passés avec Ibrahim, en tant que présentateur du journal et animateur d’une émission sur l’orientation universitaire des futurs bacheliers à la radio Nova, j’ai gardé particulièrement le souvenir d’un homme qui se souciait beaucoup de l'avenir des jeunes et de la réussite des émissions. Il prêtait attention à tous les détails et au sérieux des animateurs ; un homme ouvert et très proche des jeunes.


 
Voilà l’homme qui a précocement devissé son billard le 19 juin dernier. Le ciel bleu d’ Ouani a perdu ce jour là, une de ses étoiles étincelantes !

 
A travers ces quelques lignes, j’ai tenu juste à rendre à Ibrahim ce qui lui est dû. Car je suis conscient et convaincu que d’autres sont mieux placés pour lui rendre l'hommage qu'il mérite ou parler de lui.


 A Ibrahim


 A l’instar d’Abdallah Elhad et tout ceux qui t’ont connu, je te dis juste ceci : « au revoir l’artiste, tu continueras à vibrer dans nos cœurs »

 
Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)
05/07/2008

 

  NOTES :


[i] Mes sincères remerciements à tous ceux qui, par leurs témoignages, m’ont permis de réaliser ce travail : Abdallah Elhad Abdou, Yahaya Ben Saïd Djanffar, Ali Mohamed  Sinane, Antufi  Mohamed  Bacar, Abdallah Abdou Sidi, Jaffar Mohamed Bacar  Nomane, Saïd Ali Daoud (Mdama), Abdallah Daoud, Mouslouhouddine Mohamed, Sittou Raghadat Mohamed… et  tous ceux que j’ai oubliés. Qu'ils m'excusent tout simplement car c'est involontaire.


[ii]
  Pour mieux connaître l’orchestre joujou des Comores, nous vous suggérons le mémoire de fin d’études de l’ENES très intéressant qui lui est consacré dans les années 1990


[iii]
Comme le pays venait d’accéder fraichement à son indépendance (le 06 juillet 1975), l’existence d’un orchestre national pour représenter le pays à un éventuel forum musical international ou régional était indispensable C’est dans cette perspective que les "JOUJOU" se virent attribuer le titre honorifique de "JOUJOU des Comores", à l’issue d’un concours organisé à Moroni. En l’espace de trois ans, ils ont produit une panoplie de chansons célèbres et ont atteint un niveau musical sans précédent : c’était l’apogée.

 [iv] Madame Foudhoiyila, la chanteuse et interprète principale de Joujou des Comores est une des premières femmes (si ce n’est pas la première) à avoir fait partie d’un orchestre musical aux Comores. Elle est la lauréate du Gaboussi d’Or 2001 et est aussi décorée de la médaille du chevalier du  croissant vert le 6 juillet 2005 pour tout ce qu'elle a fait pour la musique comorienne et le combat de sensibilisation patriotique

 [v] Daniel Ahmed a soutenu une thèse de doctorat nouveau régime d’Etudes africaines en 2000 à l’INALCO,  4 vol., 743 p. «  la littérature comorienne de l’île d’ Anjouan. Essai de classification et de traduction des genres littéraires oraux et écrits ».

 [vi] Voir son article intitulé « Ibrahim SAïndou : un poète de la révolution comorienne » publié dans la revue TAREHI n°8 juillet 2003 p7-11.


[vii]
Ces poètes sont cités notamment par DANIEL Ahmed dans un article de 18 pages  intitulé « Ali Ben Ali, poète au service de la révolution comorienne »


[viii]
Voir article précité


[ix]
Témoignage de Saidali Daoud (Mdama)

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 00:30

 

C’est l’Ancien chef d'état-major de l'armée comorienne, le Colonel retraité  Abdoulhamid Abdourazakou, 67 ans, qui est élu le mardi dernier  président de la Cour constitutionnelle par ses pairs en remplacement de Monsieur Mouzaoir Abdallah (Voir ICI).  Celui-ci est devenu membre de cette institution  depuis septembre 2007 (voir ICI) suite à sa désignation par le chef de l’Exécutif de Ngazidja,  Monsieur Mohamed Abdouloihabi. L’ironie du sort est qu’il avait,  cosigné la lettre du 23 juin 2008 contestant la décision de Sambi de remplacer Monsieur Mouzaoir Abdallah par Monsieur Abdoulkarim Said Omar et avait été absent à la cérémonie de prestation de serment des trois nouveaux membres (voir ICI).
(Abdourazakou : Photo faite lors de sa prestation de serment en septembre 2007)
Mais bon cela n'est pas surprenant dans la mésure où chez nous là bas, quelque part dans l'océan indien l'on ignore l’importance de la signature !

Le Colonel Abdourazakou, originaire de Koimbani la Washili – Ngazidja  a été pendant longtemps Commandant de la gendarmerie nationale puis chef d'état- major de la force comorienne de défense avant de partir à la retraite et de faire ses premiers pas en politique en 1996. En effet, avec le soutien de certains cadres du parti Djohariste, le RDR (Elarif Oukacha, Mohamed Abdou Mmadi, Sittou Raghadat Mohamed, Ibrahim Mohamed Allaoui, Houmed Msaidié…) il s’était présenté aux élections présidentielles qui avaient vu la victoire du Président Mohamed Taki Abdoulkarim. Il avait créé par la suite le parti politique FAR.

 HALIDI-BLOG-COMORES 03/07/08

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 23:17

Pour tous ceux qui ne connaissent pas le nouveau chef de l'Exécutif d'Anjouan, ci-dessous un article  publié par le journal Alwatwan du 02  juillet 2008


Qui est Moussa Toybou?

Portrait du nouveau président d’AnjouanQui est Moussa Toybou?
L'ingénieur de 46 ans, qui vient d'être élu à Anjouan, entend mettre à profit, dans ces nouvelles fonctions, ''une expérience technique de terrain et une expérience politique qui peuvent entrer en synergie''

Au cours de la campagne électorale, le nouveau président de l'île d'Anjouan se présentait aux journalistes venus à sa rencontre comme un homme de terrain et d'expérience. L'ingénieur de génie civil, né en novembre 1962 à Ongojou* et formé en Algérie, avait connu, successivement, les arcanes du pouvoir et les dures réalités de l'arrière pays.
Il a été, un temps, directeur de cabinet d'un ministère puis ministre de l'équipement sous le régime du regretté Said Mohamed Djohar. Mais, il a passé l'essentiel de sa carrière sur le terrain à Anjouan notamment en tant que directeur des travaux publics et puis ingénieur principal du Fonds d'appui au développement communautaire (Fadc) au niveau de l'île.
S'il avait été écrit quelque part que Toybou serait président d'Anjouan, il n'en demeure pas moins qu'il le doit largement au coup de pouce du président de l'Union, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi avec le soutien du Mouvement citoyen pour la justice et le progrès (parti du président). Le chef de l'Etat avait, en effet, exhorté ses amis à aider l'enfant du Nyumakele, qui était resté, jusque-là, assez peu connu sur la scène politique. Au cours des meetings comme celui de Pomoni, les orateurs se sont souvent référés au président Sambi, considéré comme un gage de succès.
C'est pourquoi, certains ont pu dire que cette victoire était indissociable du président de l'Union qui avait mis sa crédibilité dans la balance.
Interrogé sur les raisons de ce choix du chef de l'Etat en marge d'un meeting lors de la campagne du premier tour, le président élu a répondu : ''Le président Sambi m'a dit qu'il votera pour moi. Les autres candidats voulaient également que le président Sambi les soutienne. Mais comme le programme du président est axé sur la reconstruction de l'île et que je suis un ingénieur de construction qui a fait ses preuves dans ce pays, il a estimé que je suis l'homme le plus capable de mettre en oeuvre son programme''.
Au cours de ses meetings, M Toybou semblait sûr de son approche du développement d'Anjouan : ''Je connais les mécanismes qui peuvent sortir Anjouan du sous développement puisque j'ai une expérience acquise dans différentes régions de l'île'', disait-il.
Quant à ce qui le distingue de son rival, Mohamed Djaanfari, le nouveau président d'Anjouan a donné cette explication au cours d'une interview : ''La différence entre moi et Mohamed Djaanfari est que je sais ce qui peut sortir les Anjouanais du sous développement. J'ai vécu ici, j'y ai acquis une expérience'' en mettant en avant ses acquis d'ancien directeur des travaux publics et d'ingénieur principal du Fonds d'appui au développement communautaire. Il affirme avoir ''l'avantage d'une expérience technique de terrain et une expérience politique qui peuvent entrer en synergie''.
Au chapitre de ses priorités, la réconciliation parmi les Anjouanais. Au cours de la campagne, Toybou a promis de travailler, une fois élu, à ''la réconciliation entre Anjouanais en vue de préserver la paix civile car sans la réconciliation et la paix civile, l'île d'Anjouan ne peut pas décoller''.
Pour lui, l'unité nationale des Comores doit être défendue et préservée mais, en même temps, ''Anjouan a besoin d'avoir ses droits au sein de l'Union''.
Au cours d'un entretien lors de la campagne du premier tour, il avait affirmé souhaiter la réhabilitation des anciens cadres de Mohamed Bacar au nom de la réconciliation et parce qu'ils sont utiles. ''Je suis pour leur réhabilitation.
Certains sont de grands cadres expérimentés qui peuvent servir l'île. Si parmi eux, il y en a qui ont commis des exactions, la justice fera son travail mais j'estime qu'il faut des preuves pour cela''.

Ali Moindjié
Al-watwan N° 1105 du 2 juillet 2008


*Ongojou est un village qui se trouve dans la région de Gnoumakelé dont l'homme politique le plus connu est feu Chaharane Saidali qui nous a quitté le 07 mai dernier (Voir ICI)
Quelle coincidence ! Le saviez vous ? L'ancien chef de l'Exécutif de l'île, Mohamed Bacar et  le nouvel élu, Moussa Toiybou ont fait les mêmes classes, de la séconde à la terminale, au lycée de Mutsamudu. Et voila que l'un succède à l'autre. Espérons qu'ils n'ont pas  aussi appris ensemble la même façon de gérer l'île !

HALIDI-BLOG-COMORES
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 16:11
Comores : Résultats définitifs de l'élection d’AnjouanMoussa Toybou est le nouveau président
C'est maintenant officiel. Moussa Toiybou est  le nouveau chef de l'exécutif de l'île d'Anjouan selon les résultats définitifs publiés ce mercredi après-midi par la Cour constitutionnelle à Moroni.  Moussa Toybou a obtenu 52,48% (30 941 voix) et Mohamed Djaanffari, 47,57% (28 084 voix) Le taux de participation était de 48,96%.

Normalement, l'investiture du nouveau chef de l'exécutif d'Anjouan aura lieu le 5 juillet prochain,

Nous souhaitons bonne chance à Moussa Toyibou et espérons qu'il se souciera plus de la vie quotidienne des comoriens d'Anjouan que de la politique politicienne. Il est temps d'écouter enfin l'homme de la rue et de comprendre son cri de desarroi et de desespoir pour éviter de revivre 1997. Car, en réalité le danger nous guette encore et nous guettera tant que nos politiques continueront à se moquer du peuple comorien. Qu'on n'ait pas peur de se le dire !

Nous espérons aussi qu'il aura le courage d'engager une vraie réconciliation de tous ses administrés peu importe leur vision politique (unionniste, autonomiste, rattachiste, s'enfoutiste, "blablatiste", "idiotiste" et que sais-je encore...)  mais surtout des mentalités. Les regléments de compte ne  feront que détruire Anjouan.

Que la sagesse, la cohésion sociale, l'interêt général et la paix l'emportent ! Amen

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 22:27

Ci-dessous la déclaration de Mohamed Djaanffari publiée ce jour suite à la déclaration des résultats par la CENI

DECLARATION DU CANDIDAT DJAANFARI

DECLARATION DU CANDIDAT DJAANFARI
Mohamed Djaanffari (photo)

Les Anjouanais, dans leur grande majorité m'ont encore témoigné de leur confiance en votant pour moi le 29 juin 2008 et ce, malgré la volonté du Président de l'Union, Abdallah Sambi, de tenir en échec cette victoire. A tous les Anjouanais, je présente mes sincères remerciements.

En effet, le Président Sambi a choisi de mettre à la disposition de mon adversaire Moussa Toybou tous les moyens matériel, financier et humain de l'Etat pour l'aider à mettre en place une machine de fraudes.
Comme insatisfait, Sambi s'est acharné pour porter atteinte aux institutions de la république, y compris la seule Cour habilitée à statuer en dernier ressort sur le contentieux électoral ; en d'autres termes, la Cour Constitutionnelle.

J'estime, en vertu du respect du droit, que la validation de ma victoire à l'issue du scrutin du 29 juin 2008 ne souffrira de rien étant donné le constat désagréable sur les irrégularités flagrantes commises par les partisans de Moussa Toybou.
Je suis déterminé à poursuivre toutes les voies juridiques pour défendre la démocratie et notre victoire.
Il est inadmissible de rester insensible sur les agissements irresponsables de Sambi, notamment sur les contre vérités, les détournements, les corruptions dont il se fait le champion depuis deux ans.

Dans ces conditions, on serait tenté de s'interroger sur sa différence avec le régime de Mohamed Bacar que nous avons tant combattu.
Il est inacceptable d'assister, indifférent, au piétinement de notre constitution, aux humiliations du Parlement, des magistrats et de la Cour Constitutionnelle.
Les projets de loi du Président Sambi doivent faire l'objet d'une attention particulière, surtout, ceux relatifs à la modification du code de la nationalité afin de faire bénéficier la nationalité aux familles arabes (chiites perses). Si un tel projet était adopté, cela constituerait incontestablement une grave menace pour notre islam tolérant de rite chaféite.

Le président Sambi engage le pays dans la voie de l'instabilité politique aux conséquences fâcheuses inquiétantes et dramatiques.
Au terme de ces constats, malheureusement, négatifs, j'appelle toutes les forces vives de la nation à :
- défendre le droit et le retour à la légalité institutionnelle du pays ;
- être solidaire de la Cour Constitutionnelle, l'Assemblée Nationale ;
- refuser et à dénoncer la dérive totalitaire de Sambi ;

J'appelle également la communauté internationale qui a toujours accompagné notre pays dans ses moments les plus critiques à :

- mesurer le poids des conséquences dans la volonté du chef de l'Etat à porter atteinte aux institutions de l'Union ;
- défendre le droit international ;
- veiller au respect de la démocratie.

Vive Anjouan dans l'Union des Comores et vive la démocratie aux Comores.

MOHAMED DJAANFARI
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