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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 22:10

SOURCE : Alwatwan n° 1051 DU 16 AVRIL 2008

 Mohamed Nansuri  Riziki, Kaled Saïd, Ahmed Mohamed Allaoui, Echati Chadhouli et Fatima Bacar-ce n’est pas la soeur de l’autre-ont présenté, hier devant la presse, le rapport de la Fondation comorienne des droits de l’Homme (fcdh) sur les exactions du régime du colonel Mohamed Bacar.

Depuis son accession aux affaires dans l’île, les droits de l’Homme à Anjouan ont été au plus bas. Les informations recueillies, ont averti les militants des droits de l’Homme, ne sont pas exhaustives et bien de cas peuvent leur avoir échappé en dépit des enquêtes minutieuses menées dans l’île tant sous le règne du dictateur  qu’après son départ après  l’intervention militaire du 25 mars dernier.

«  Il faut dire que sous le régime, a dit Mohamed Nansuri  Riziki, le président de la Fcdh, il était très difficile d’obtenir des informations. Les gens avaient peur de parler ».

Les viols et les violences sexuelles étaient devenus pour les milices, comme la méthode pour tenir en laisse une population qui en avait assez du pillage des potentats au pouvoir.  « A Sima, une jeune fille de 16 ans, violée, n’a pas eu peur de témoigner », raconte Kaled Saïd, secrétaire général de la Fcdh. Arrêté le 15 mars, c’est à dire dix jour avant le débarquement, Mlle J. a été détenue pendant trois jours ; trois jours d’enfer indescriptible. Trois autres femmes du même village ont vécu le même calvaire. Arrêtées en même temps pour servir d’appât à leurs maris recherchés, elles finiront violées sur la plage ». Un professeur de collège B.B.K. n’échappera pas aux tortures des miliciens. Originaire de Bimbini, il est arraché du sommeil, pour être traîné dans une brigade de la Fga. Il sera soumis à plusieurs séances de sodomie à l’instar de  ses trois compagnons d’infortune.

« La situation s’est beaucoup aggravée depuis mai 2007 »

Sodomiser les détenus pour les miliciens de Bacar était une distraction. Ensuite, ils obligeaient leurs prisonniers à se sodomiser sous leurs regards amusés de voyeurs malsains. «  La violation des droits de l’homme, de tout temps, depuis l’avènement  du séparatisme était une pratique courante mais depuis l’arrivée en scène du colonel  Bacar, les choses étaient devenues plus graves.

« La situation s’est beaucoup aggravée depuis mai 2007lorsque Mohamed Bacar après son simulacre d’élection s’est accroché au pouvoir envers et contre tous », a déclaré Ahmed M. Allaoui. Les miliciens avaient une technique bien ciselée, propre à eux pour «briser de l’anjouanais ». L’abus sexuel en fait toujours partie, quelque soit ce qu’allait subir le prisonnier.

L’une des brigades à éviter, c’était la brigade « tant pis » ou le groupe de choc dit kalanourou était impitoyable. Mais  plus loin, à Domoni, ce n’était pas le paradis. Et si à ce cocktail de lieux de tortures, de violences de toutes sortes, on ajoute le camp de Mirontsi, le fameux « Pentagone », toutes les conditions sont réunies pour comprendre les craintes de Mohamed Bacar à venir faire face à la justice de son pays.

« Tous ceux qui sortaient de ces lieux étaient sans infirmité. Les plus chanceux furent ceux qu’on amenait à la prison de Koki », a ajouté Ahmed Mohamed Allaoui. Là-bas, selon l’ancien Président de la FCDH, les conditions de détention étaient un peu plus clémentes. Pas de viol, de brûlures de cigarettes, les prisonniers ne se faisaient pas casser les reins ou les membres comme ailleurs. « Des fois, les prisonniers pouvaient voir un médecin et bénéficier de soins », a indiqué Mohamed Allaoui.

Selon la FCDH, il suffisait d’un rêve de Mohamed Bacar pour provoquer des arrestations. Et parfois même des sacrifices humains. Car « l’homme était superstitieux ».

Les noms les plus célèbres parmi les tortionnaires qui ne reculaient devant rien sont Koudé, Kamardine, Hassanali, Charlsdine, Adé et bien d’autres encore.

Certains sont partis avec  Mohamed BAcar, d’autres courent encore alors que la plupart sont en détention. En attendant leur jugement.

Mais en attendant, n’humilions pas les prisonniers d’aujourd’hui. Ne les faisons pas danser. Gardons-les dignement et attendons leur procès.

Droit de l’homme oblige…

M.H.

 

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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 13:30
Comores / Politique & institutions

Mutsamudu, mardi 15 avril 2008 (HZK-Presse) – L’ancien vice-président de l’union des Comores et candidat malheureux aux dernières élections présidentielles de l’union Monsieur Caabi El Yachourtui Mohamed est transféré de la maison d’arrêt de Koki au centre hospitalier de référence de l’île depuis le vendredi 11 avril dernier, a appris HZK-Presse.

Selon des sources médicales, Monsieur Caabi El Yachourtui serait admis à l’hôpital pour fatigue générale, avec des douleurs de la moitié gauche du thorax et difficultés d’avaler.

L’examen clinique a révélé une déshydratation avancée, une gingivite et aphtes buccales, ont ajouté les mêmes sources.

Monsieur Caabi avait fait campagne aux cotés de Mohamed Bacar lors des présidentielles de l’île d’Anjouan de juin dernier dont les résultats n’avaient jamais été reconnus ni par les autorités de l’union des Comores ni par l’union africaine.

Ce ralliement de l’ancien secrétaire général de la commission de l’océan indien (COI) à Mohamed Bacar avait suscité étonnement et interrogation.

Autre personnalité politique proche de l’ancien régime rebelle déchu de Mohamed Bacar, Madame Réhéma Boinali, ex-commissaire d’état et président par intérim sous le régime du colonel Azali est aussi hospitalisée à Hombo, a-t-on appris de sources hospitalières.

Contactée par HZK-Presse dans sa chambre d’hôpital, elle a confié que « son état de santé s’améliore. »

Une trentaine de détenus civils et militaires ont été hospitalisés à Hombo depuis le début de ce mois d’avril.

Plus de cinq cents personnes sont incarcérées dans la maison d’arrêt de Koki depuis la chute de Mohamed Bacar.

Ce chiffre est jugé par les connaisseurs « trop élevé » par rapport aux capacités d’accueil de la prison.

Les gendarmes de l’ancienne force de gendarmerie d’Anjouan représenteraient plus de quatre vingt pour cent de ces détenus, selon un responsable pénitentiaire.

Hamid Ahmed
150408/ha/hzkpresse/6h00


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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 08:39

Nous venons d'apprendre que trois hauts responsables proches de Mohamed Bacar, l'ex chef de l'exécutif d'Anjouan,  sont incarcérés à la maison d’arrêt de Saint-Pierre à l'île de la Réunion. Il s'agit de  Moumini Mimidiladji, lieutenant de la FGA et commandant de l’aéroport d’Ouani pendant les 6 derniers mois, Mohamed Soumaïla, officier de la FGA également et ancien responsable de l’aéroport et  Ridjali Abdou, ancien directeur de cabinet du président Mohamed Bacar. Ces trois détenus  étaient arrivés à Mayotte par kwassa-kwassa quelques jours après l'intervention militaire. Ils ont été jugés en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Mayotte, pour entrée illégale et détention d’armes. Condamnés à des peines de prison ferme, ils ont été transférés jeudi dernier à l'île de la Réunion accompagnés d’un autre détenu arrivé à Mayotte avec Mohamed Bacar. Il s’appellerait Abdallah Saïd Ali, un haut officier de la FGA. Tous ont demandé l’asile
 politique à la France. Ils ont déjà reçu la visite des agents de l’Ofpra et attendent maintenant la décision de celle ci

HALIDI-BLOG-COMORES 15-04-2008 

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 22:58
MORONI, 14 avr 2008 (AFP) - 16h00

Des inconnus ont jeté des pierres lundi matin sur le véhicule de l'ambassadeur de France aux Comores, qui n'a pas été blessé, sur le trajet conduisant de sa résidence à l'ambassade de France à Moroni, a-t-on appris auprès de la gendarmerie comorienne.
"L'ambassadeur a fait l'objet d'une agression de la part de jeunes gens - que nous n'avons pas encore identifiés - qui lui jetaient des pierres vers Voidjou lundi matin", a déclaré à l'AFP le commandant de la gendarmerie comorienne, Ali Djambaé, précisant que le pare-brise avait volé en éclats.
"La voiture de l'ambassadeur a reçu plusieurs jets de pierres devant et sur les flancs. Il n'a pas été blessé. Nous avons ouvert une enquête immédiatement. Nous avons arrêté près d'une dizaine de personnes vivant dans les parages en espérant qu'elles nous aideront à identifier les responsables", a indiqué de son côté le lieutenant Mohamed Yahaya, chargé de l'enquête.

La fuite vers l'île française de Mayotte de l'ex-président d'Anjouan Mohamed Bacar, renversé fin mars par une opération militaire, a suscité la colère de nombreux Comoriens, accusant la France, qui a apporté un soutien logistique à cette intervention de l'Union des Comores contre Anjouan, de jouer un double jeu.
Des manifestations anti-françaises avaient été organisées fin mars à Moroni, à Mutsamudu et Fomboni.
Le 5 avril, le président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi a estimé que le sort judiciaire de Mohamed Bacar ne devait pas altérer "l'entente entre les Comores et la France".

© 2008 AFP.
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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 08:54
Le sort des rebelles anjouanais : Bacar et sa bande ne risquent pas la peine de mort aux Comores
Moroni, jeudi 10 avril 2008 (HZK-Presse) – L'ex-chef rebelle et consorts qui ont soufflé le chaud et froid dans l'île d'Anjouan ont un dossier judiciaire très chargé. Qu'ils aient pris la fuite ou qu'ils soient restés dans l'archipel, ils seront poursuivis d'atteinte à l'autorité de l'Etat, d'atteinte à l'intégrité territoriale, de détournement de fonds, de complicité d'homicide, de pillage, etc. Ses compagnons d'infortune encourent au vu de ces charges, des peines comprises entre 5 ans et la perpétuité.
Contrairement à ce que la rue considère, « aucune des personnes inculpées dans ce dossier n'encourt la peine de mort. Même le colonel Bacar ne risque pas la peine capitale, même si elle existe toujours dans notre code pénal. Pour que il y ait peine de mort, il faut un assassinat. « Dans ce cas précis, il s'agit seulement de meurtre. Pour qu'il y ait assassinat, il faut au moins une préméditation », explique le procureur de la république, Azad Mzé.
L'exclusion de la peine capitale constitue un argument de plus en faveur de l'extradition de Bacar devant la justice comorienne. La France disait craindre l'application de la peine de mort à l'ex-dictateur pour justifier la non extradition. En tout cas, le transfert de Bacar devant les juridictions nationales pour répondre de ses actes est « en bonne voie », signalent les autorités judiciaires comoriennes. Les mandats d'arrêt et les demandes d'extradition sont arrivés à destination devant les autorités françaises.
L'incarcération de Bacar et sa bande répond à une demande de l'Etat comorien. Moroni parle de « plus de 50% de chance qu'il soit extradé ». Alors que leur ancien chef est entrain d'être cuisiné par la police française, les autres lieutenants de Bacar capturés par l'AND, commencent une vie carcérale avant même d'être jugés. Abdou Madi, Djaffar Salim et consorts passent leurs nuits dans la prison de Koki où ils ont remplacé leurs opposants d'hier.
C'est justement la question que les observateurs se posent, à savoir la légalité de cette détention. « Le délai de 48 heures pour la garde à vue est expiré. Il faut une autre décision pour prolonger la garde à vue ou les placer en mandat de dépôt. Les avocats peuvent soulever un vice de procédure », soutient un juriste. Mais pour des autorités militaires, « la garde à vue n'a pas encore commencé. Il s'agit d'une phase de renseignements ». Des enquêteurs de la police judiciaire sont dépêchés à Anjouan pour organiser les premières auditions.
Mais la tache s'annonce difficile pour cette équipe qui doit auditionner plus de 600 personnes, des politiques comme des militaires. Ne disposant pas de tribunal militaire, les anciens de la Force de Gendarmerie Anjouanaise (FGA) seront probablement jugés par les tribunaux de droit commun, comme les autres détenus. Le juge d'instruction en charge du dossier depuis juin dernier, a accéléré le travail. Deux informations judiciaires sont ouvertes au tribunal de Moroni. Maintenant, se pose aussi la question de la suite de l'enquête et du procès que d'aucuns espèrent qu'il aura lieu.
Du point de vue du droit, le procès doit avoir lieu à Anjouan étant donné que les prévenus sont anjouanais et ont commis leurs délits à Anjouan. « Mais pour des raisons de sécurité, les prisonniers peuvent être transférés à Moroni », explique-t-on dans les milieux judiciaires. Quant à la capacité de mener une instruction et de juger plus de 600 hommes, le procureur de la république assure que « la justice comorienne est capable d'y répondre même si cela sera difficile et prendra le temps nécessaire », compte tenu des ressources humaines et logistiques disponibles.
Source : Ahmed Abdallah - 100408/aa/hzkpresse/6h00
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 17:00

 

Jeudi 10 Avril 2008- 20:54:06 MALANGO - 
Le Français "Jean-Louis Victor Alexandre Gayout de Falco de Puyraveau-Puybereau de Miglos et Casteldiai, XVe Baron-Seigneur et Roy de Lasbadias", qui revendique la nationalité anjouanaise qui lui a été accordée en 1997 par le régime séparatiste, a été arrête à Anjouan il y a quelques jours.
 

 

Selon une source gouvernementale, "de lourdes charges pèsent contre lui". Arrivé avec son jeune fils en pleine genèse de l'Etat sécessionniste après avoir pris contact avec le docteur Zaïdou, l'un des idéologues du mouvement basé à la Réunion, cet original poursuivait dans l'archipel un vieux rêve séparatiste que sa famille n'avait pu réaliser en Occitanie. Il participera à l'encadrement des miliciens avant d'être nommé "ambassadeur plénipotentiaire extraordinaire itinérant de l'Etat d'Anjouan", puis de prendre durant quelques semaines la direction de la région de Domoni.

Marié dans cette même région, où il vivait avec sa jeune épouse comorienne et leurs enfants, il n'avait pas renoncé à son rêve et s'engageait ponctuellement aux côtés du régime de Mohamed Bacar, à la dernière investiture duquel il n'avait pas manqué d'assister. Récemment, il avait été nommé par le ministre de l'Intérieur du régime rebelle "conseiller juridique des communes du sud" de l'île.

VM

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 14:14
Café littéraire de la lune

 

Passionnés de littérature, venez côtoyer  en toute convivialité  des philosophes,  des essayistes, des écrivains et des artistes comoriens  au café littéraire de La Lune

 

Le 15 avril de 19h30 à 22h30

Au 9, avenue Victor Hugo 93123 La Courneuve.

 

 

En compagnie de :

Du philosophe, Ismael Ibouroi, auteur de

 Le voleur de rêves

Du diplomate, SOUEF Mohamed El-Amine, auteur de

Les Comores en mouvement

De l’écrivain, Ibrahim Youssouf, auteur de

 Le Tam-tam des bannis

En live du café : Boléro

 

Venez nombreux, ne manquez pas ce rendez-vous littéraire

 

Plus d’infos cliquez ici

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 13:19

Nous vous proposons ci-dessous le témoignage du journaliste Mohamed Soilihi, rédacteur en chef du journal alwatwan après une visite de travail d’une semaine  Anjouan.

 

Le journaliste Mohamed Soilihi faisait partie des victimes du système Mohamed Bacar. Il était en effet contraint de fuir en catimini l’île d’Anjouan après le saccage de l’ORTC en avril 2007 (voir ICI) par les milices de Bacar alors qu’il était activement recherché. Il a certainement ressenti un réel plaisir d’être au premier rang de ceux qui ont foulé le sol d’une Anjouan libérée.

 

Cet article vient d’être publié par le journal Alwatwan  N° 1048 du vendredi 11 avril 2008 
 :

 

 

Choses vues, choses entendues dans Anjouan « libérée »

 

« A votre descente à Ouani ou au port de Mutsamudu, vous assisterez à l’émouvante scène de passe des colliers de fleurs à des proches, déplacés, qui reviennent. Ce sont des maris, des frères, des mères, des sœurs, des enfants ou tout simplement des amis qui n’étaient pas en odeur de sainteté auprès des autorités rebelles. Mais il y a aussi ces anjouanais qui s’étaient terrés au fond de l’île. Maintenant, réapparus, ils font le tour des maisons et des quartiers pour savourer l’air de liberté. Derrière cette joie populaire, il y a aussi la tristesse des familles qui ont des enfants, maris, oncles ou autres personnes détenus pour leur part active dans la rébellion de Mohamed Bacar ». Notre reporter a fait le tour de l’île, il raconte.

 

La population de Ndzuwani, cette île de l’Union des Comores dirigée, une décennie durant, par un pouvoir séparatiste de Bacar, se remet progressivement.

Deux semaines se sont écoulées depuis la libération de l’île, le 25 mars dernier, par l’Armée nationale de développement soutenue par la force de la coalition formée par des troupes tanzanienne et soudanaise.

Avec la reprise du trafic aérien et maritime à destination de Ndzuwani, suspendu pour des raisons de sécurité, les gens se croisent dans les aéroports et ports des îles. Tout le monde se rend à Ndzuwani. Certains ont été interdits de séjour dans leur île natale par le régime déchu des rebelles.

A l’aéroport de Hahaya, vous les entendrez louant Dieu pour la libération de l’île qui leur permet, enfin, de s’y rendre en toute quiétude.

A Ouani ou au port de Mutsamudu, vous assisterez à l’émouvante scène de passe des colliers de fleurs à des chers forcés à rester à distance par le régime déchu. Ce sont des maris, des frères, des mères, des sœurs, des enfants ou tout simplement des amis qui n’étaient pas en odeur de sainteté avec les autorités rebelles. Mais il y a aussi ces « exilés » de l’intérieur, qui s’étaient terrés, qu’on ne voyait plus. Maintenant, réapparus, ils font le tour des maisons et des quartiers pour savourer la liberté.

Mais cette joie populaire ne cache pas cette autre réalité : la tristesse des familles qui ont des enfants, maris, oncles ou autres personnes en prison pour leur part active dans la rébellion de Mohamed Bacar. Ce sont des militaires, des politiciens et des commerçants. Certaines familles ont jusqu’à trois enfants qui ont servi comme milices de Bacar. C’est le cas de cette famille de Chiwe, une banlieue de Mutsamudu, dont le père est incarcéré à la maison d’arrêt de l’île à Koki et le fils en détention à la Réunion en compagnie de Mohamed Bacar.

En début de semaine, c’est la mère de Mohamed Bacar, accompagnée d’enfants et petits-fils et des milices, qui a été appréhendée par les militaires de l’And lorsqu’elle s’apprêtait à monter dans un kwasa-kwasa pour Mayotte.

Hier matin, des véhicules de l’And et des militaires avaient pris position dans la localité de Mirontsi pour des fouilles à la recherche d’armes et leurs détenteurs. Une opération qui entre dans le volet du ramassage des armes à Ndzuwani.

Ndzuwani se remet lentement. Les nouvelles autorités de la transition ont du pain sur la planche compte tenu de l’état dans lequel Bacar ont laissé l’île. A commencer par la restructuration de l’enseignement qui a beaucoup souffert. Les principaux animateurs des mouvements syndicaux ont été affectés loin des centres urbains ou tout simplement suspendus de leurs fonctions et remplacés par des jeunes, souvent, sans aucune maîtrise en matière d’enseignement.

Les infrastructures, notamment les routes et les ponts, sont dans un piteux état. C’est tout un vaste chantier qui attend les futures autorités insulaires qui doivent relancer la vie dans toutes ces composantes (politique, société et économie).

Mais attendant, les manifestations de joie pour la libération se multiplient en ces mois anniversaires de la naissance du Prophète à travers lesquelles les anjouanais font des prières de recueillement suite à leur délivrance sans trop de mal.

Samedi 5 avril, après avoir présidé le grand rassemblement national après la libération de Ndzuwani, le chef de l’Etat, profitant de son séjour dans l’île, a participé au barzangue organisé à la mosquée Chababi de Mutsamudu. Ce soir là, le président Ahmed Abdallah Sambi a manifesté sa joie en chantant et reprenant en chœur les kaswida (chants religieux). Il a dansé avec la population après dix mois d’absence à Ndzuwani.

L’autre moment fort de la fête de la libération de Ndzuwani a été le concert populaire de « la victoire de la diplomatie comorienne », dimanche au stade Missiri de Mutsamudu. Des artistes venus des îles de l’Union des Comores ont tenu la population éveillée jusqu’à tard dans la nuit. Ils ont joué le toirab, le folk, la musique moderne ainsi que les danses dites de la nouvelle génération (Coupé décalé et autres). Le ministre des Relations extérieures, Ahmed Ben Said Jaffar, et l’ancien ministre de l’Education de Ngazidja, Mohamed Issimaila, prononceront quelques mots à l’assistance. Ils ont interpellé surtout les jeunes à ne plus jamais accepter de servir des idées séparatistes.

Ndzuwani vit au rythme quotidien des festivités de la libération. Mardi, la population a été conviée à une danse de shigoma et le chef de l’Etat a reçu, de dimanche à mercredi, des délégations venues des différentes régions et localités de l’île pour lui présenter leurs félicitations suite à la libération de l’île sans déplorer des vies humaines et trop de dégâts matériels.

M. Soilihi Ahmed

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 11:56
 

France Ô diffuse le lundi 14 avril 2008 à 20H40 le documentaire de 80 minutes d’agniès Fouilleux "Un aller simple pour Maoré" de 2007 (cliquez sur la vidéo pour voir un extrait).

Resume :

C’est un pavé lancé dans le marigot de la Francafrique. en plein océan Indien. Précisément, entre les quatres îles de l’archipel des Comores. Un aller simple pour Maoré fouaille le quotidien le plus trivial pour décrire le présent et le passé d’une spoliation soigneusement tue. Depuis la création des milices anti-indépendantistes au début des années 1970 jusqu’à la remise en cause du droit du sol par le ministre François Baroin en 2005, Agnès Fouilleux révèle comment Mayotte (également appelée Maoré) a été confisquée par la France au mépris du droit international. Objectif : garder la main sur les Comores, base arrière pour les opérations africaines (et notamment le commerce avec l’Afrique du Sud de l’apartheid). Trente ans de ce régime ont produit un résultat désastreux. Les Comores sont divisées et ruinées, Mayotte abrite des dizaines de milliers de clandestins exploités et misérables. Entre les deux, des milliers de migrants, les " morts Balladur ", n’ont pas survécu à la traversée en Kwasa (barque). Pourtant juridiquement, il n’y a aucune frontière entre les îles... Un aller simple pour Maoré cogne d’autant plus fort qu’il est solidement étayé. Porté par une réalisation soignée et originale, il assemble avec fluidité archives, reportages (à Anjouan et à Mayotte), entretiens (du préfet de Mayotte au passeur), chansons réalistes et plans fixes. C’est efficace, captivant. Et révoltant. Rendons hommage à France Ô d’avoir le cran de diffuser cet indispensable brûlot.

Date de rediffusion : 

  15/04 à 15h15, 

  21/04 à 20h40, 

  22/04 à 15h15

Pour en savoir plus : Visitez le site http://www.stop-kwassa.org/article-20042-un-allez-simple-pour-maor-enfin-la-tlvision.html

 

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 16:11

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 Comores / Politique & institutions

Moroni, mercredi 9 avril 2008 (HZK-Presse)Le chef d’Etat major de l’Armée nationale de développement, le lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amiri, accompagné par le président de la République, a été chaleureusement accueilli ce mercredi dans son village natal de Dzahadjou, dans la région de Hambou, à une dizaine de km au sud de la capitale, par une foule nombreuse venue rendre hommage à l’homme qui a « fait honneur à l’institution militaire » qu’il dirige depuis un an, pour avoir mené avec succès l’opération de rétablissement de l’ordre constitutionnel à Anjouan, le 25 mars dernier.

 C’est à bord d’un hélicoptère de l’armée, en provenance d’Anjouan, que le patron de l’AND et le chef de l’Etat ont débarqué à l’ancien aéroport Moroni-Iconi, où un détachement militaire leur ont rendu les honneurs, sous un soleil de plomb, en présence des membres du gouvernement, des fonctionnaires et quelques troupes folkloriques.

 Le cortège officiel prendra la direction du sud, où toute la population de la région s’est mobilisée pour lui réserver un accueil « digne d’un héros », selon l’expression utilisée par l’un des orateurs, l’ancien gouverneur de Ngazidja et ancien ministre Said Hassane Said Hachime.

 « Désormais, les comoriens doivent ériger le lieutenant-colonel Salimou au grade de Général, car il le mérite pour nous avoir ramené l’île d’Anjouan après 11 ans de séparatisme », lance M. Said Hassane qui ajoute que c’est aussi « en reconnaissance de son patriotisme et de son audace politique que le président de la république mérite devant l’histoire de ce pays le titre de « maréchal Sambi ».

 S’adressant à la foule, le président de l’Union, a rendu à son tour un « vibrant hommage » au Lt-colonel Salim et au capitaine Adinane, pour l’éclatante victoire du 25 mars, car sous leur commandement « l’AND a réussi avec brio à mettre fin à la rébellion séparatiste » du colonel Mohamed Bacar, avec l’aide des forces tanzaniennes et soudanaises sous mandat de l’Union africaine. Le président Sambi estime qu’il faut « honorer ceux qui font honneur à leur pays », car les vrais patriotes à ses yeux sont ceux qui se sont sacrifient pour défendre les intérêts de la nation ».

 Mais passé ce moment d’euphorie populaire, « les comoriens doivent de se remettre au travail, en appelant les fonctionnaires à respecter les valeurs d’intégrité morale, et de gestion transparente des affaires publiques. « J’espère récompenser un jour un civil agent de l’Etat qui se distinguera par sa rigueur et son honnêteté dans l’exercice de ses fonctions », dit-il en déclarant la guerre sur un autre front, celui de la corruption. « Je ne tolérerai plus le mkarakara [expression populaire signifiant corruption, ndlr]»

 A en croire le président Sambi, la victoire militaire du 25 mars « reste encore fragile tant qu’il n’y aura pas une stabilité et une paix civile durables sur toute l’étendue du territoire nationale ». C’est pourquoi il s’est engagé à doter l’armée nationale « des moyens d’accomplir ses missions républicaines » pour que les hommes en uniforme se mettent enfin « au servir du développement et la lutte contre la pauvreté ». Il promet même la création avant la fin de son mandat d’une unité marine, spécialisée dans la surveillance des cotes.

 Le chef de l’Etat a par ailleurs remercié « au nom de la nation comorienne », toutes les organisations internationales et les pays amis qui ont apporté leur appui multiforme à l’opération de rétablissement de l’ordre constitutionnel à Anjouan, « une action menée sans bavure sans effusion de sang », malgré toutes les craintes exprimées, et qui doit « servir d’exemple sur le continent africain et ailleurs », dit-il.

 El-Had Said Omar
090408/eso/hzkpresse/17h00

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