Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Presentation

  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
  • Contact

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

Recherche

BIENVENUE SUR MON BLOG

NA MKARIBU HARI MWA YI BLOG YANGU 
Cet outil va me permettre de vous faire decouvrir mon pays natal  et partager quelques unes de mes passions.......à ma façon !!!!
 

Pour revenir à la page d'accueil  cliquez  ICI

Pour recevoir réguliérement les articles que nous diffusons, merci de vous inscrire à la newsletter (Attention : laissez les deux cases (newsletter et articles) cochées) .

Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

MESSAGE IMPORTANT :

 

DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

gala_final-_maquette--2-.jpg

A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 14:45

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions

Le député Ahmed Ousseine s’explique sur le vote de la loi de citoyenneté économique

 

Fomboni, vendredi 12 décembre 2008 (HZK-Presse) – Deux semaines après le vote controversé de la loi dite de citoyenneté économique par l’Assemblée de l’Union, un texte qui avait donné lieu à deux votes contradictoires [l’un rejetant par 20 voix le projet pour « exception d’irrecevabilité », et l’autre l’adoptant avec 18 voix], le député mohélien, Ahmed Ousseine, explique à HZK-Presse le choix de son vote. Il est l’unique élu de Mohéli à défendre aujourd’hui ce projet de loi présenté et défendu par le gouvernement du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

 

M. Ousseine explique ici les raisons qui l’ont poussé à changer son fusil d’épaule, suite au voyage qu’il a effectué au Koweït en octobre dernier, avec 6 autres députés, dans le cadre de la commission parlementaire d’information chargée de s’enquérir des tenants et des aboutissants de ce projet de citoyenneté économique, porté à bout de bras par l’homme d’affaires franco-libanais Bashar Kiwan, le patron de Comoro Gulf Holding, une société d’investissement installée à Moroni depuis fin 2006.

 

Celui qui ne voyait pas d’un bon œil ce projet, nous décrit aujourd’hui cette loi comme une chance pour les Comores, un projet « générateur de revenu qui pourrait sortir le pays de sa misère économique actuelle ». Ahmed Ousseine était le suppléant du député Mohamed Elarif Oukacha entré récemment au gouvernement central pour occuper le portefeuille de l’équipement, habitat et urbanisme.

 

Interview :

 

Question : Le président de l’Assemblé de l’Union, sur les ondes de radio Mwali, le jour de l’Ide el Kabir a martelé sur le fait que la loi n’a pas été votée, qu’en dites vous ?

 

Ahmed Ousseine : Là bas à l’Assemblé c’est la loi de la majorité qui prime. Nous qui avons voté le texte, étions majoritaire et on l’a voté. Nous estimons avoir fait ce que nous devions faire et c’est pour le bien de ce pays. L’histoire nous jugera. Pour les autres, leur objectif était de boycotter le vote, on n’allait surtout pas les laisser faire.

 

Question : Et maintenant que le texte est supposé voté, selon vous, alors que le président Bounou déclare ce vote « nul et non avenu », que va-t-il se passer ?

 

A.O. : Comme il ne s’agit pas d’une loi organique, mais plutôt d’une loi ordinaire, le texte va directement à la présidence de la république pour qu’il soit promulgué, et surtout pas à la Cour constitutionnelle comme certains le prétendent à tort. Et là j’en profite pour m’adresser à mes collègues députés mohéliens, pour qu’ils expliquent à leurs électeurs pourquoi ils ne voulaient pas de cette loi, avec politesse et responsabilité mais pas avec des ragots diffamatoires surtout à mon égard. Je pourrais même porter plainte.

 

Question : Justement pourquoi soudainement vous soutenez ce texte alors qu’il y a quelques mois seulement vous y étiez farouchement opposé ?

 

A.O. : Il ne faut pas confondre la loi que nous avons rejetée il y a quelques mois [le 24 juillet dernier, ndlr] et celle-ci. Cette loi que nous venons de voter le 27 novembre dernier n’à rien à avoir avec le voyage que nous avons effectué au Koweït. Elle n’est pas une loi pour les arabes, c’est une loi pour tous les investisseurs étrangers qui souhaitent venir chez nous. Et ceci pour ouvrir notre pays au monde extérieur.

 

Question : Monsieur le député, vos détracteurs disent que ce pays possède déjà un code des investissements très libéral et attractif qui donne toutes les garanties à tout investisseur sérieux. Le vote de cette loi spécifique de citoyenneté économique ne risque-t-il pas d’exposer notre pays à des situations de débordement incontrôlables ?

 

A.O. : Ecoutez, monsieur le journaliste, toute médaille a toujours son revers. On ne peut pas développer ce pays par le « towa ourengué » [expression populaire des petits vendeurs de trottoir, ndlr] ou la vente de boites de tomates. Si par malheur nous sentons un débordement comme vous le dites, d’autres députés pourront changer cette loi ou tout simplement on peut enlever la nationalité à celui ou celle qui n’aura pas rempli les conditions requises.

 

Propos recueillis par Mouayad Salim

121208/ms/hzkpresse/12h00

 

 

Repost 0
Mariama HALIDI HZK-Presse - dans INTERVIEWS
commenter cet article
13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 21:24

Déjà en juillet dernier suite à la formation d’un nouveau gouvernement de l’Union des Comores, j’avais déploré le fait que l'on continue à dénigrer et humilier la femme comorienne. Chose inacceptable. En effet, tous les hommes étaient des "Ministres" et comme par hasard l'unique femme du gouvernement se voyait attribuer le titre de "Secrétaire d'Etat" !  Comme si on avait voulu nous rappeler que la femme comorienne ne peut pas être comme l'homme comorien. Elle doit toujours rester inférieure à l'homme. Il ya des signes qui veulent tout dire.

 

Cette fois-ci, c’est encore pire. Dans le gouvernement de l’Union formé hier et composé de 10 personnes dont les  2 vice-présidents, il n’y a aucune femme.

 

Quel mépris pour la femme comorienne ? Qu’a-t-elle fait de mal pour se voir infliger une telle humiliation ? Comment peut-on comprendre que, 17 ans après la première nomination à un poste ministériel d’une femme comorienne, il n’est toujours pas encré dans les mentalités de nos dirigeants que dans tout gouvernement, il faut la présence de la  femme comorienne ? C’est une question de justice et d’équité et non de faveur.

 

N’est-il pas paradoxal de voir un vice président chargé de la promotion du genre dans un gouvernement sans femme ? Le concept « genre » est avant tout une question de changement de mentalités. Ce sont les actes qui comptent et non les beaux discours et la multiplication des engagements.

 

Réduire le nombre des membres du gouvernement ne signifie pas réduire à néant la femme. Réduire le nombre des membres du gouvernement ne devrait pas se faire au détriment de la femme. Aujourd’hui, nous retrouvons des femmes compétentes dans tous les domaines. Donc, l’on peut aussi faire appel à elles pour occuper les hautes responsabilités politiques du pays. L’excuse souvent avancée, à savoir les femmes ne s’intéressent pas généralement à la politique – la politique aux politiciens -  n’a pas sa place en l’espèce. En effet, on fait surtout recours ces derniers temps à des technocrates pour être Ministre. Que je sache, il n’y a pas que des technocrates – hommes qui sont à même d’assumer des postes ministériels. Dès l’instant que ce ne sont pas forcément des politiciens chevronnés dont on fait recours pour être Ministre il n’y a aucune raison de mettre à l’écart les femmes sous prétexte qu’elles ne sont pas des politiciennes. Nos femmes sont aussi compétentes que les hommes.

 

Alors arrêtons les conneries et faisons les choses comme des gens matures et capables. Devrons nous attendre qu’un jour un organisme international nous humilie en conditionnant par exemple son aide financière  à la participation des femmes à nos gouvernements pour comprendre que c’est normal ? Comme c’est le cas actuellement avec le FMI qui exige un gouvernement restreint. On dirait des incapables qui doivent être sous tutelle pour faire les choses normalement ! Franchement, ne me dites pas que nous n’étions pas capables de prendre une telle initiative comme des grands !

 

Je ne le dirai jamais assez !!! Il est  temps de mettre fin à cet état d'esprit qui nous déshonore. La promotion du genre mérite mieux. Ce sont les actes et le changement des mentalités qui comptent.

 

Excusez-moi chers lecteurs et comprenez les mots durs que j’utilise mais qui sont à la hauteur de mon amertume et de mon dégout. J’ai du mal à digérer ce nouveau coup dur et humiliant infligé à la femme comorienne. Je suis révolté par ce mépris de notre Président de l’Union et surtout de ses deux bras – de surcroit  des technocrates qui à un moment donné ont mené le combat noble pour la participation de la femme comorienne à la prise des décisions – face à la capacité des femmes. Comment peut-on accepter un affront pareil ?

 

C'est une honte pour nos dirigeants. C'est une insulte pour toutes les femmes comoriennes et tous ceux qui mènent quotidiennement un combat pour l’égalité de genre aux Comores ; pour un pays qui a signé et  ratifié la convention contre toutes les formes de discriminations à l'égard des femmes ; pour un pays qui a  élaboré un document sur la politique du genre et pour un pays dont la constitution garantit l’égalité de genre.

 

Que le Président Sambi n’oublie pas que le candidat Sambi avait promis de donner à la femme comorienne la place qu'elle mérite.

 

Mais je reconnais que « la place qu’elle mérite » est est une notion floue et peut avoir diverses interprétations. De plus, le Président Sambi n’est pas le candidat Sambi ! Ainsi, Je peux toujours vomir mon dégout et ma colère. Hélas !

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans COUP DE GEULE
commenter cet article
13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 11:18

 

Les rumeurs sur la formation d’un nouveau gouvernement de l’Union des Comores sont confirmées. En effet, dés mercredi matin, une de mes taupes m’avait parlé  d’un remaniement imminent qui devrait intervenir au plus tard le vendredi. C’est confirmé. Merci chère taupe. Tu continueras à m’épater  avec tes sources fiables. Lol.

 

Effectivement, Le président de l'Union des Comores Abdallah Sambi a procédé hier soir  à un remaniement de son gouvernement.

 

 

Ci-dessous la listes des membres de la nouvelle équipe :

-Vice-président chargé des Transports et le Tourisme, Idi Nadhoim  

-Vice-président chargé de la Santé, la Solidarité et la Promotion du Genre, Ikililou Dhoinine.

- Ministre des Relations extérieures et de la coopération, Ahmed Ben Said Jaffar

 
-Ministre des Finances et au Budget, Mohamed Ali Soilihi

 
-Ministre de la Justice, Madi Ali

 
-Ministre de l'agriculture et de la pêche, Houmadi Abdallah

 
- Ministre de l'éducation nationale, porte parole du gouvernement, Kamalidine Afraitane

 
-Ministre de l'aménagement du territoire, Mohamed Larifou Oukacha


-Ministre de la fonction publique, Said Attoumane

 
- Ministre des Télécom chargé de la communication, Abdourahim Said Bacar.

 

Le Président Sambi s’est conformé aux exigences du FMI en réduisant le nombre des membres du gouvernement de l’Union. La nouvelle équipe comprend seulement 10 ministres (y compris les 2 vice-présidents) contre 15 pour le précédent gouvernement nommé le 11 juillet  2008

 

Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES)

Repost 0
12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 15:56

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

« Il y a ceux qui critiquent et ceux qui travaillent »

 

Moroni, vendredi 12 décembre 2008 (HZK-Presse) – La quatrième rencontre du GTHN (Groupe de travail de haut niveau) initié par les présidents Sarkozy et Sambi s’est ouverte à Moroni mercredi 10 décembre et se poursuit aujourd’hui à Mutsamudu. Les deux parties ayant décidé d’associer les représentants de Mayotte ont abouti au terme de deux journées d’échanges à « une entente sous tous les angles abordés » nous a affirmé l’ambassadeur comorien Mahamoud Soilih alias Lamartine et son homologue français Philippe Leyssene, après une rencontre tenue hier en fin de soirée au ministère des relations extérieures.

 

Pour eux, le cadre recherché par le GTHN consiste à arrêter et à préparer un protocole d’accord global entre la France et l’Union des Comores que signeront les deux présidents vers début 2009. Depuis la mise en place à Paris en juin dernier de cet organe mixte regroupant des hauts fonctionnaires des deux pays, les travaux se sont poursuivis à Moroni en juillet puis à Dzaoudzi en septembre.

 

« Le GTHN a reçu mandat de traiter les questions d’ordre technique » insiste l’ambassadeur comorien, liées à la circulation des personnes et des biens entre les quatre îles de l’archipel. C’est ainsi que les deux parties ont arrêté un calendrier de travail et créé des sous groupes thématiques.

 

Le silence radio observé cette fois après les excès de langage vécus à Mayotte en septembre donne à croire que chaque partie cherche à sauver ce qui peut l’être, à travers le futur traité que devraient signer les deux chefs d’Etat. Point de polémique et surtout pas de menace dit-on dans les coulisse !

 

Dans cette perspective, la quatrième rencontre a été placée sous le thème de « la circulation des biens » et « au développement économique régional ». Au centre des discussions : harmonier les échanges entre les îles de l’archipel que ce soit au niveau agricole, des services ou des équipes sportives, a laissé entendre le représentant français.

 

Et comme pour convaincre l’opinion des résultats enregistrés par le GTHN, l’ambassadeur délégué à la coopération régionale pour la zone de l’Océan indien assène à qui veut l’entendre l’exemple selon lui réussi du SNAC [syndicat national des agriculteurs comoriens] pour avoir commencé à exporter des produits agricoles vers Mayotte, les échanges entre les sportifs des îles qui se multiplient ces derniers temps entre les Comores indépendantes et l’île sœur de Mayotte.

 

Interrogé par un confrère sur la question de savoir si le Gthn n’était pas sensible à la critique de l’opinion comorienne qui demande le gel des travaux du Gthn face à la décision de la France d’organiser un référendum à Mayotte en 2009, M. Leyssene dira en substance : « il y a ceux qui travaillent et ceux qui critiquent ».

 

C’est dans ce contexte que le Gthn s’est résolu à poursuivre ses travaux ce vendredi à Mutsamudu, notamment pour ouvrir l’antenne consulaire de France, remettre des certificats à des jeunes et signer des conventions d’évacuation sanitaire entre le centre hospitalier régional de Hombo et celui de Mayotte. Tous ces dossiers dira l’ambassadeur Mahmoud Soilih ont été identifiés à partir de la rencontre de Mayotte en septembre dernier.

 

Poursuivant la logique chronologique du Gthn, l’ambassadeur comorien refuse d’accepter que le Gthn a abouti à l’échec. Pour lui, le groupe de travail a abordé l’aspect technique du contentieux franco-comorien, laissant le volet politique de la revendication territoriale sur Mayotte aux seules autorités politiques. Et ce, ajoute-t-il dans un souci de construire l’avenir ensemble. Les rounds continuent, car un autre rendez vous est fixé en janvier 2009 pour finaliser le futur traité entre Paris et Moroni.  

 

A. Nabahane

121208/an/hzkpresse/6h00

Repost 0
Mariama HALIDI HZK-Presse - dans DIPLOMATIE ET COOPERATION
commenter cet article
12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:37

 

Source : Alwatwane.net / 12 décembre 2008

declaration-universelle.gif A un moment où le monde célèbre les soixante ans de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, de nombreux droits de par le monde sont violemment foulés aux pieds dans plusieurs endroits de la planète où les pays, les peuples, les communautés et les individus les plus faibles, dont fait partie notre pays, subissent la loi du ‘‘Droit du plus fort’’ [/i]notamment dans la partie de son territoire, Maore, occupée par la République française, pourtant une des berceaux de cette Déclaration. Un rapport transmis au président de ce pays, parle de “[i]nombreuses atteintes aux droits fondamentaux des enfants’’ à Maore dont la moitié est âgée selon l’association Tama de moins de 5 ans. En ce qui concerne les Comores, cet anniversaire intervient à un moment où des citoyens comoriens continuent à être transférés de force d’une parte à l’autre de leur territoire et moins de dix jours après qu’une douzaine de corps de ses citoyens ont été enfouis dans une fausse commune dans des conditions humiliantes. Il faut rappeler, à ce sujet, que les commanditaires et les auteurs de ce transfert forcé de Comoriens – le fait de déplacer de force des personnes, en les expulsant ou par d’autres moyens coercitifs, de la région où elles se trouvent légalement, sans motifs admis en droit international – tombent sous le coup de l’article 7-d, chapitre II du Statut de Rome de la Cour pénale internationale qui considère cet acte comme un crime contre l’humanité.

Les Comores s’apprêtent à célébrer le 12 décembre, l’adoption par l’Onu de la déclaration des droits de l’homme. Deux jours de retard par rapport à l’anniversaire du 10 décembre 1948, la date de son adoption à Paris par l’assemblée générale de l’Onu de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (Dudh), le texte fondateur qui a inspiré le droit international. La cérémonie placée cette année sous le haut patronage du président de l’Union des Comores se déroulera à Anjouan.

Dans le monde, plusieurs manifestations sont organisées, notamment en France, au Palais de Chaillot, à Paris, où fut adopté le texte. Soixante ans après son adoption, les Comores continuent toujours de subir la politique du fait accomplie, amputée par l’ancienne puissance coloniale d’une partie de son territoire, en violation du droit international. Plusieurs personnes fuyant la misère à Anjouan, meurent mystérieusement dans les eaux territoriales maoraises.
Traités chez eux comme des clandestins, ils sont parqués dans un centre de rétention administrative qualifié par un rapport français d’‘‘indigne de la République’’[/i], avant d’être ‘‘[i]expulsés’’ dans des conditions inhumaines.
Un rapport transmis depuis le 20 novembre au président français Nicolas Sarkozy, parle de “nombreuses atteintes aux droits fondamentaux des enfants[/i]’’ à Maore. La situation des enfants “abandonnés” est encore plus inquiétante quand on sait que leurs parents ont été pour la plupart ‘‘[i]reconduits à la frontière’’
, pour employer les termes utilisés par les autorités de la force d’occupation.

‘‘755 enfants abandonnés”

Un recensement effectué par l’association Tama dénombre 755 enfants “abandonnés” au 1er semestre 2008, dont la moitié âgée de moins de 5 ans.

Il faut rappeler, à ce sujet, que les auteurs et les commanditaires de ce transfert forcé de Comoriens – le fait de déplacer de force des personnes, en les expulsant ou par d’autres moyens coercitifs, de la région où elles se trouvent légalement, sans motifs admis en droit international – tombent sous le coup de l’article 7-d, chapitre II du Statut de Rome de la Cour pénale internationale qui considère cet acte comme un crime contre l’humanité.

Prenant sa source dans la déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la déclaration d’indépendance américaine de 1776, la Déclaration universelle des droits de l’Homme (Dudh) est engendrée par les traumatismes de la seconde guerre mondiale et le génocide des juifs par les nazis. “Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits[/i]”, proclame le premier article de la déclaration. Le texte énumère trente points sur les droits humains, civils, économiques, sociaux et culturels, “[i]inaliénables” et “indivisibles”.

Le secrétaire général des Nations unies adresse un message à l’occasion de la Journée des droits de l’homme, indiquant que ‘‘les défis auxquels nous devons faire face sont tout aussi écrasants que ceux auxquels se heurtaient les auteurs de la Déclaration[/i]’’. Le patron de l’Onu cite ‘‘la crise alimentaire et financière internationale[/i]’’ la destruction de notre ‘‘[i]environnement naturel’’[/i], ‘‘[i]la répression politique sévit dans de trop nombreux pays’’ et le fait que ‘‘[i]les plus vulnérables sont les premières victimes et les plus durement touchés’’.

Le thème retenu par l’Onu est ‘‘justice et dignité pour tous[/i]’’, mais les Comores célèbrent cet anniversaire sous le signe du ‘‘[i]renforcement de l’unité nationale et de la cohésion sociale
’’.

 

Repost 0
12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:24

 Source : Alwatwan du 11/12/2008

Le co-rapporteur, Jean-Jacques Hyest, a rappelé dans son exposé que ''lors d'un déplacement à Mayotte le 27 septembre 2008, Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, avait annoncé que la consultation sur la question de la départementalisation de Mayotte aurait lieu en mars 2009''. Il écrit que ''la départementalisation était une revendication historique'', relevant que ''l'archipel des Comores avait obtenu le statut de territoire d'outre-mer en 1946, le Conseil général imposant alors aux Mahorais des restrictions de crédits, un sous-équipement et le transfert du chef-lieu de Dzaoudzi à Moroni (Grande Comore)''. Evidemment, le rapport feint d'ignorer que cette décision ressassée comme argument majeur pour expliquer la séparation de Mayotte avec les autres îles, émanait de Paris et non de Moroni.

Le rapporteur écrit que ''la crainte d'une hégémonie des îles plus peuplées structure l'action des autorités politiques de Mayotte, la départementalisation étant revendiquée à compter de 1958 comme le moyen d'ancrer le plus solidement possible l'archipel au sein de la République française'' et les ''femmes chatouilleuses'' sont présentées comme la preuve de la volonté des Maorais de demeurer français. Une version de l'histoire incroyablement légère, édulcorée et qui diffère de celle défendue par les responsables politiques français de l'époque.

Le rapport écrit : ''lors du scrutin d'autodétermination du 22 décembre 1974, les îles de la Grande Comore, d'Anjouan et de Mohéli s'étaient prononcées à une quasi unanimité pour l'indépendance tandis que les Mahorais avaient choisi, à 63,82 % des suffrages exprimés, le maintien dans la République française.

“Nulle et non avenue, toute consultation française à Mayotte (Onu)”

Les Comores ayant ensuite proclamé unilatéralement leur indépendance, deux consultations ont été organisées à Mayotte''.

Evidement ce document d'une légèreté inimaginable passe sous silence les vérités historiques connues de tous. L'île comorienne de Mayotte est maintenue sous administration française, les Comores deviennent le 12 novembre 1975, membres de l'Onu dans leurs frontières naturelles et l'appartenance de Mayotte aux Comores est affirmée par le droit international. La ''question de l'île comorienne de Mayotte'' est systématiquement inscrite à l'ordre du jour provisoire des assemblées générales successives de l'Onu, entraînant de nombreuses résolutions de cette organisation mondiale qui dénoncent le ''non-respect par la France de l'intégrité territoriale des Comores'' et notamment la résolution de la 39ème séance plénière tenue le 21 octobre 1976, qui a condamné les ''consultations françaises à Mayotte du 8 février et du 11 avril 1976'' et qui a, par avance, déclarée, ''comme nulle et non avenue, toute consultation française à Mayotte''.

L'acharnement français à vouloir tronquer l'histoire, minimiser les résolutions de l'Onu finit, à force d'être asséné, pour convaincre une classe politique française qui ignore tout sur cette question et dont les leaders ne s'y intéressent que pendants les quelques jours qui précèdent une grande élection pour des raisons conjoncturelles qu'on devine aisément.

C'est le cas avec Edouard Balladur en campagne en 1995, avec François Bayrou en campagne en 2002 et avec l'actuel président, Nicolas Sarkozy, en campagne l'année dernière.

La faiblesse du discours comorien et le peu d'intérêt portées aux questions maoraises fragilisent les postions des Comores.

Naturellement le rapport ''sénatorial'' passe sous silence le fait que peu avant la déclaration unilatérale de l'indépendance des Comores, l'Etat français tenait au strict respect de l'intégrité territoriale des Comores. C'est ainsi que le ministre français des DOM-TOM, Olivier Stirn affirmait que ''la vocation de la France n'est pas de diviser les pays qui veulent accéder à l'indépendance. C'est le cas des Comores qui ont la même religion, sensiblement la même langue, les mêmes intérêts économiques et politiques...Croire qu'en isolant Mayotte on protège mieux ses habitants est un contresens''.

Last but not least, le rapport ''sénatorial'' ''oublie'' ces déclarations du plus haut responsable de l'Etat français entre 1975 et 1981, le président Valérie Giscard d'Estaing lui-même, qui déclarait à Paris le 21 octobre 1974 parlant des Comores : ''c'est un Archipel qui constitue un ensemble, c'est une population qui est homogène dans laquelle il n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine française. Est-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'Archipel devienne indépendante et qu'une île conserve un statut différent? Nous n'avons pas à l'occasion de l'indépendance d'un territoire, à proposer de briser l'unité de ce qui a toujours été l'unique Archipel des Comores''.

Des silences de mort

Trente trois ans après la séparation de Maore, les rapporteurs constatent une ''dualité de statut (qui) s'accompagne d'une dualité des règles en matière d'état des personnes et des biens, et d'une justice particulière aux citoyens de statut personnel, rendue par les Cadis''.

La loi de programme pour l'outre-mer de 2003 a tenté de forcer le destin de Maore en lançant le rouleau compresseur, limitant ''le champ d'application du statut personnel à l'Etat et à la capacité des personnes, aux régimes matrimoniaux, aux successions et aux libéralités'', interdisant ''la polygamie pour les personnes accédant à l'âge requis pour se marier à compter du 1er janvier 2005'' et prohibant ''la répudiation unilatérale pour les personnes accédant à compter du 1er janvier 2005 à l'âge requis pour se marier'', interdisant ''les discriminations entre enfants devant l'héritage pour les enfants nés après la promulgation de la loi''.

Le rapport observe que dans ''les bidonvilles de Mamoudzou, la situation apparaissait potentiellement explosive, de nombreux jeunes étant livrés à eux-mêmes, parfois après la reconduite de leurs parents aux Comores''. Pas un mot sur les milliers des personnes morts souvent dans des conditions mystérieuses dans les eaux maoraises. Pas un mot sur les conclusions graves du naufrage d'un Kwassa-Kwassa, tirées par le rapport
de la Commission nationale de déontologie de la sécurité du 14 avril 2008 affirmant ''sans se prononcer sur les causes du naufrage, la Commission demande qu'il soit impérativement mis fin, conformément à la réglementation internationale en vigueur, à la pratique de la navigation en dérive feux éteints lors des opérations de recherche en mer des clandestins. Elle recommande instamment de ne plus recourir à des méthodes, qui aboutissent à la mise en danger d'êtres humains, notamment de femmes et d'enfants, dans des conditions susceptibles de caractériser le délit d'homicide involontaire''.

Pas plus tard que la semaine dernière, un Kwassa sombre dans les eaux maoraises, douze parmi les victimes sont enterrés dans une fosse commune
''comme des zébus'', dans une terre musulmane, de droit français. Un anniversaire macabre qui rejoint celui indigne de Hamuro, village incendié pour... se débarrasser des ses habitants.
AAA
Al-watwan, 11 décembre 2008

Repost 0
Mariama HALIDI Alwatwan - dans MAYOTTE
commenter cet article
12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:08

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Fomboni, mercredi 10 décembre 2008 (HZK-Presse) – SOGAP éducation un institut qui a élu domicile à la Grande-Comore depuis des années a ouvert ses portes à Fomboni Mohéli, jeudi dernier en présence de la première Dame de l’île  Mme Djazmati. Le gouvernement de l’île dans son ensemble, le cabinet de la présidence, des notables, des cadres hommes et femmes ont pris part à la cérémonie inaugurale de cette école qui entend former nos jeunes bacheliers et non bacheliers dans divers domaines notamment le transit, les transports, le tourisme, la gestion administrative et le management.

 

« C’est ce dont les mohéliens ont besoin depuis toujours, et le gouvernement de Mwali reste disposé à appuyer cet institut afin qu’il puisse répondre davantage aux besoins de la population… », c’est ce qu’a déclaré Mme Dhoihikati, la directrice de l’enseignement secondaire au nom ministre des affaires sociales.

 

Quand au Président directeur général de SOGAP, M. Ben Soilihi Mohamed, il se dit satisfait du soutien qu’il a déjà eu pour pouvoir enfin mettre en place son institut Universitaire, « agrée par l’Etat et qui a déjà établi des partenariats avec d’autres écoles en France où les sortants de SOGAP pourront y poursuivre leurs études » a-t-il précisé.

 

A en croire Ben Soilih, l’institut pourra former en deux ans, des jeunes qui seront directement opérationnels et concurrents dans le monde du travail. Pour un début, l’institut a ouvert avec deux salles de classe. Mais la question qu’on se pose ici est de savoir d’où viendra son budget de fonctionnement pour payer le loyer, les enseignants, les administrateurs, et probablement les frais de déplacement et de prise en charge de certains enseignants qui vont venir de la Grande-Comore.

 

« L’idée est meilleure, mais la pérennité fait l’objet d’une inquiétude profonde » nous a chuchoté un jeune cadre présent dans la cérémonie.

 

Mouayad Salim

101208/ms/hzkpresse/12h00

Repost 0
Mariama HALIDI HZK-Presse - dans EDUCATION
commenter cet article
12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:04

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, mardi 9 décembre 2008 (HZK-Presse) – Alors que l’on attendait l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement, plus réduite, comme il l’avait promis le mois dernier en recevant une forte délégation de la notabilité de Ngazidja, le président de la république a préféré évoquer les dossiers économiques et financiers, ce mardi 9 décembre lors de sa traditionnelle allocution à l’occasion de la Ide Elkabir.

 

D’emblée, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s’est félicité de « l’adoption du projet de loi de citoyenneté économique, dont les retombées seront palpables dès début 2009 ». A en croire le chef de l’Etat cette nouvelle législation aurait déjà donné ses fruits, car « dès janvier prochain, le Koweït va débloquer 200 millions de dollars pour deux ans », soit près de 77 milliards de francs comoriens.

 

Une bouffée d’oxygène inespérée qui constituerait la « première tranche » d’un fonds d’investissement arrivant à point nommé, quelques semaines seulement après l’adoption controversée de cette fameuse loi de citoyenneté économique, si l’on en croit les propos du président de l’Union qui n’a pas dit s’il l’a déjà promulguée ou non.

 

Il faut rappeler que ce texte a fait l’objet le 27 novembre dernier de deux votes contradictoires, organisés le même jour au sein de l’assemblée nationale, à une demi heure d’intervalle, dans des conditions pour le moins confuses, avec deux procès-verbaux différents dont l’un signifiait le rejet de la loi et l’autre son adoption. Dans le premier cas la séance plénière fut présidée par le président de l’Assemblée lui-même, Said Dhoifir Bounou, tandis que pour l’adoption c’est le vice-président Ibrahim Mhoumadi Sidi qui a dirigé le scrutin.

 

Le président de la république invitera par ailleurs les vice-présidents et le chef de l’exécutif de Ndzouani de « réunir les forces vives de chaque île pour étudier les projets que ces fonds doivent financer ».

 

Au cours de cette rencontre du jour de l’Ide tenue à Dar Najah [siège de la présidence de l’Union à Anjouan], le président Sambi s’est employé à défendre cette loi qui serait à ses yeux « une grande chance pour les Comores ».

 

« Je vous assure qu’il n’y a aucun inconvénient à accepter d’offrir à ces investisseurs étrangers la nationalité comorienne. Au contraire, le pays va obtenir de quoi financer ses projets d’infrastructures, car chez nous c’est l’argent qui nous manque », martèle-t-il avant de se justifier en citant « l’exemple d’un grand pays développé comme la France où 200.000 comoriens sont naturalisés Français ». 

 

« Des députés n’avaient pas compris selon lui tous les enjeux de cette loi, mais désormais tout est rentré dans l’ordre », se gratifie Ahmed Abdallah Sambi devant la notabilité anjouanaise venue lui présenter les vœux de la fête du sacrifice.

 

Le chef de l’Etat convaincu que le principal problème de ce pays est le manque de ressources financières de l’Etat, son discours était plus axé sur les progrès réalisés par son gouvernement depuis selon élection à la magistrature suprême. L’éventualité d’un accord avec le Fonds monétaire international pour l’allégement ou l’effacement de la dette comorienne était aussi à l’ordre du jour.

 

« Depuis 1993 sous le régime de Djohar l’on attendait ce moment en vain. Nous l’avons décroché. Grâce à nos efforts, nous serons comme un nouveau pays qui vient de naître. Notre dette extérieure sera épongée. Peut être jusqu’en 2009, il n’y aura plus d’arriérés de salaire » pour les agents de l’Etat, exulte le président Sambi.

 

Au cours de cette réception, le locataire de Beit Salam est allé de révélation en révélation. Après avoir annoncé que « les enseignants anjouanais bénéficieront eux aussi du reliquat de l’aide budgétaire de l’Union Européenne » au même titre que ceux des autres îles, Ahmed Abdallah Sambi révèle « qu’un congrès international sur l’habitat comorien aura lieu dans le courant de janvier 2009 ».

 

Le président estime « qu’une partie des fonds nécessaires à ce grand chantier sont disponibles mais il manque le savoir-faire ». Cette conférence censée mobiliser l’expertise internationale en bâtiment et architecture devrait proposer la technique la mieux adaptée à notre pays, pour éradiquer l’habitat insalubre. Il s’agit d’un des projets phares du chef de l’Etat qui traîne depuis plus deux ans.

 

Devant le chef de l’exécutif et de la notabilité de l’île, Sambi livre une autre nouvelle qui va sans doute plaire aux habitants de Nyumakélé. « Une étude pour l’utilisation de l’énergie éolienne est en cours dans cette région la plus pauvre de l’île. Deux hélices qui vont servir sont déjà arrivées. Ils vont produire en 24 KW par heure », lance le chef de l’Etat.

 

Abdallah A.

091208/aa/hzkpresse/12h00

Repost 0
Mariama HALIDI HZK-Presse - dans RELIGIONS
commenter cet article
10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 22:03

Suite à l'entérrement récent de certains Comoriens à Mayotte dans des conditions choquantes, ci-dessous le communiqué de la FCDH du 08/12/2008 ainsi que  la réponse de l'Ambassadeur de France aux Comores du 10/12/2008



FONDATION COMORIENNE DES DROITS DE L'HOMME (FCDH)

Téléphone : (269)7611735 Email : fcdh_comores2008@yahoo.fr

Hampadré Mutsamudu Anjouan

  

  

DECLARATION

  

 

La Fondation Comorienne des Droits de l'Homme (FCDH) a appris avec consternation par voie de presse et d'autres témoignages dignes de foi l'enterrement d'un certain nombre de nos compatriotes dans une fosse commune creusée à l'aide d'engins mécaniques.

 

La Fondation Comorienne des Droits de l'Homme (FCDH) s'élève contre le fait que les autorités d'occupation de l'île comorienne de Mayotte se sont opposées à ce qu'ils puissent bénéficier de la toilette mortuaire et autres us et coutumes musulmanes malgré l'insistance des familles qui réclamaient vainement les corps. De ce fait la La Fondation Comorienne des Droits de l'Homme (FCDH) estime qu'il y eu entrave à la liberté de culte et condamne sans réserve ces agissements méprisants et arrogants des autorités françaises.

 

La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH) s'étonne de l'absence d'une réponse appropriée vis-à-vis de cette France conquérante.

 

La Fondation Comorienne des Droits de l'Homme (FCDH) trouve inopportune la tenue à Mutsamudu le mercredi 10 décembre 2008, jour de la 60ème  anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, d'une réunion du fameux GTHN.qui n''a d'autres visées que la légitimation du condamnable référendum que les autorités coloniales comptent imposer dans l'île comorienne toujours sous leur occupation militaire. La Fondation Comorienne des Droits de l'Homme (FCDH) par conséquent demande avec vigueur la dissolution de ce « machin » et d'arrêter faire la bise à Jégo et consorts.

 

La Fondation Comorienne des Droits de l'Homme (FCDH) s'allie avec les autorités de l'île autonome d'Anjouan pour exiger la fin des expulsions dans des conditions dégradantes

 

 

                                                                                  Fait à Mutsamudu le 08 décembre 2008*

                                                                                                                                Le Bureau Exécutif National (B.E.N.)




Réaction de Luc HALLADE, Ambassadeur de France auprès de l'Union des Comores (e.mail du 10 décembre 2008)



Mesdames, Messieurs les membres du comité exécutif de la FCDH,
 
Je viens de prendre connaissance de votre cqué du 8/12/08.
 
Je pense qu'avant d'établir et de diffuser de tels cqués "vengeurs", vous devriez aller à la source demander des explications, que l'on vous fournirait bien volontiers.
 
Vous trouverez ci-joint un rapport de police (cliquez ICI et ICI), qui établit clairement que , contrairement aux allégations d'une certaine presse peu fiable, l'enterrement des corps des victimes du naufrage du 20/11 s'est fait dans des conditions respectueuses des morts et des préceptes religieux.
 
Je regrette qu'Al Watwan ait ainsi , dans un souci manifeste de créer émotion et ressentiment dans une circonstance aussi pénible que tragique, cru bon de publier, sans la moindre vérification , un article contenant des informations manifestement erronées.
 
Tout ce "bruit" autour de morts dont justement le respect qui leur est dû aurait appellé à davantage de retenue, n'honore, ni le journalisme, ni votre ONG, si prompte à dénoncer des soi-disant manquements , sans pour autant se préoccuper des causes de tels drames, qui sont liées au trafic rémunérateur des kwassas-kwassas , qui s'apparente clairement à la traite d'être humains.
 
Comme je suis choqué mais pas rancunier, je vous invite à assister, vendredi 12/12 à 14h, à l'inauguration de l'antenne consulaire à Hombo de l'ambassade de France, qui permettra aux Anjouanais d'obtenir des visas qui leur permettront je l'espère de voyager légalement, sans mettre leur vie en danger.
 
Comptant sur votre présence, et aussi sur davantage de professionnalisme de votre part à l'avenir, je vous prie de bien vouloir agréer, Mesdames, Messieurs, l' assurance de ma considération distinguée.
 
 
Luc HALLADE
Ambassadeur de France
auprès de l'Union des Comores
Tel: 00 269 773 12 14
Fax: 00 269 773 09 22


 

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
commenter cet article
8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 12:01

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, vendredi 5 décembre 2008 (HZK-Presse) – Au terme d’un séjour d’une semaine à Moroni, une mission de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) composée de deux expertes, Mme Fanta Cissé et Emmanuelle Ganne, s’est montrée plutôt optimiste malgré les obstacles. La mission a été dépêchée par le secrétariat général de l’OMC à Genève pour dispenser un « cours de politique commerciale » au profit des secteurs clés du pays dont les ministères de l’économie, des finances, de l’agriculture, ainsi que les organisations professionnelles et la société civile et revoir par ailleurs l’état des lieux des préparatifs en vue de l’admission des Comores au sein de l’institution.

 

Après trois jours d’intenses activités étalées du 3 au 5 décembre dernier à l’hôtel Le Moroni,  deux expertes de l’Organisation Mondiale du Commerce (Omc) ont dispensé un cours magistral axé sur « la politique commerciale » de leur institution. Les séminaristes issus de divers horizons ont ainsi découvert au cours de ce séminaire outre la politique commerciale de l’OMC mais aussi le mode de fonctionnement de l’organisation  et surtout les procédures des négociations et d’accès aux marchés. Une formation qualifiée par les participants de « riche en informations et d’une qualité exceptionnelle ». Les deux expertes ont brillé à travers leurs présentations.

 

Bouleversant ainsi les mentalités, les séminaristes sont invités à saisir l’opportunité et défendre chacun son secteur pour doter le pays d’une politique commerciale. Cette dernière inspirée des différents accords multilatéraux, négociés par l’organisation au niveau des conférences de ses ministres, l’instance où tout de décide. Depuis la conférence de Singapour  en 1996 en passant par celle de Doha en 2001 jusqu’à celle de Hong Kong en 2005, tout indique que l’organisation entend s’appuyer sur sa politique pour gouverner le commerce du monde ou entre les pays membres au travers des lois.

 

Invitée par le secrétaire général du ministère de l’économie et du commerce à donner son point de vue, la conseillère à la coopération de l’ambassade de France à Moroni, Mme Bauer, a suggéré que « le préalable d’entrée à l’organisation n’est pas seulement de compter sur un appui technique pour relancer la politique commerciale, mais cela tient surtout à une volonté politique et d’un engagement ferme pour appliquer les accords et les procédures de l’Omc ».

 

L’objectif visé par l’organisation consiste à faciliter les échanges commerciaux entre les pays membres et administrer les accords existants de l’Omc. Le secrétaire général au ministère de l’économie et du commerce de l’Union des Comores, M. Said Abdou Salim a rappelé les engagements déjà pris par la partie comorienne, à œuvrer pour assoire les conditions devant favoriser les échanges commerciaux sans discrimination d’aucun produit ou service que ce soit importé ou national.

 

Au regard des multiples avantages que le pays attend tirer en s’affiliant à cette organisation mondiale, le ministère de l’économie et du commerce a d’ors et déjà constitué le comité de pilotage comme le stipule le secrétariat général de l’Omc pour rédiger l’aide mémoire et le transmettre incessamment au comité de négociation chargé du dossier de l’Union des Comores.

 

Il faut noter que les Etats-Unis d’Amérique, la Norvège, Madagascar, Maurice etc., ont manifesté leur souhait de faire partie dudit comité de négociation au niveau de leurs ambassadeurs à Genève pour plaider l’entrée de notre pays à l’OMC. Très attentifs, ils observent la volonté de notre pays à respecter les engagements vis-à-vis de l’article X du Gatt (l’une des bases juridiques régissant l’Omc) et qui recommande entre autres, la transparence, la publication et l’application des lois, le droit de faire appel … Et c’est ici que notre pays ne peut jouer ou échapper à la vigilance d’un pays à l’instar des Etats-Unis qui envisage une réouverture prochaine de sa représentation diplomatique à Moroni.

 

La direction générale des douanes est désormais tenue de se conformer strictement aux règles du jeu sous peine de faire retarder l’entrée du pays à l’organisation. Autant dire que les autorités douanières sont appelées à appliquer les tarifs et règlements sans discrimination d’un produit et présenter par ailleurs un traitement national axé sur l’équivalence, l’harmonisation et la transparence.

 

24 pays en accession dont l’Union des Comores, doivent éliminer  au niveau de leur politique commerciale toute mesure commerciale discriminatoire. En somme, les expertes de l’Omc se sont entretenues au cours de différentes rencontres avec les autorités comoriennes, le chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis et l’équipe en charge de l’accession autrement dit le comité de pilotage.

 

A. Nabahane

051208/an/hzkpresse/15h00

Repost 0

Pages