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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 13:28

---------------------O°°°O----------------------

33ème Anniversaire de l'indépendance des Comores

---------------------O°°°O----------------------

LE COLLECTIF COMORES MASIWAMANE (CCMM),

L'association STOP KWASSA,

L’association des Mohéliens de France
L’Association Culturelle de la Communauté Comorienne du MEE et de sa Région (A.C.C.M)

ET ARC EN CIEL (Étudiants de Paris VIII)

Vous convient à une cérémonie de commémoration du

33ème Anniversaire de l'indépendance des Comores

(Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte)

le dimanche 6 juillet 2008

Stands associatifs et expositions tenus à partir de 11h 

Conférence-débat et animations

A partir de 13h jusqu’à 21h

Salle de la Maison des Associations L.J LANTIEN

64, Classe NOBEL

77350 LE MEE

Gare : LE MEE RER D en direction de MELUN

Tél: 06 60 98 53 04, 06 61 60 18 50

Email : washili@hotmail.com

Courriel : comores_masiwamane@yahoo.fr

Site : www.comores-paris8.com

 

 

 

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 15:28

Présidentielles de l'île d'Anjouan

COMMUNIQUE DE MOHAMED DJAANFARI

Présidentielles de l'île d'AnjouanCOMMUNIQUE DE MOHAMED DJAANFARI

Chers électeurs et électrices,

Les résultats officiels des élections présidentielles de l'île d'Anjouan viennent de tomber.
- 44,18% pour Mohamed Djaanfari (21 029 voix)
- 40,12% pour Moussa Toybou (19 096 voix)
Ces résultats revêtent, pour moi, deux significations :

1-
D'une part, ils ont montré que les résultats du scrutin seront ceux issus des urnes. Malgré les sommes d'argent déversées par les responsables du pouvoir central et leur alliés, malgré la corruption développée, la mobilisation des moyens de l'Etat au service d'un seul candidat, malgré enfin la volonté affichée du ministre en charge des élections Mmadi Ali de faire gagner Moussa Toybou en proclamant des résultats en sa faveur, le candidat du pouvoir a été devancé de plus de 1 900 voix.
Vous avez ainsi montré par votre suffrage, que vous avez atteint une maturité politique sans faille et que vous n'avez pas accepté d'être tenus par la main lorsque vous preniez votre décision dans l'isoloir.

2-
D'autre part, ces résultats signifient que vous n'êtes pas satisfaits de la façon dont vos problèmes quotidiens sont traités. Les responsables qui entourent le Président de l'Union se sont avéré incapables de résoudre ces problèmes : les pénuries s'installent, les arriérés des salaires s'accumulent, les projets et promesses restent des beaux discours... et ils ne lui disent pas toute la vérité.
Chers électeurs et électrices,

A l'issue du scrutin du 1er tour, vous avez fait la moitié du chemin, celle qui reste à parcourir s'avère semée d'embûches.

-
les intimidations vont s'accentuer ;
- la corruption se généralisera ;
- les magouilles se multiplieront ;
- les contre - vérités seront déversées sur ma promesse et sur mon parcours politique.

C'est pourquoi je vous lance cet appel solennel : ne tombez pas dans la provocation, gardez votre sang froid et votre message politique sera entendu.

Pour ma part, je vous remercie une fois de plus de la confiance que vous m'avez témoignée.
Je remercie aussi les candidats du 1er tour qui ont décidé de m'apporter leur soutien. Je m'engage à tenir compte de leur programme et à les associer le cas échéant, à la gestion de l'île.

Chers électeurs et électrices,

Le 29 juin prochain, vous avez rendez-vous avec l'histoire. Je suis convaincu que vous ne raterez pas cette échéance afin que triomphent les objectifs pour lesquels vous vous êtes tant sacrifiés.
Mutsamudu, le 19 juin 2008
Mohamed Djaanfari
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 15:19

  Après le 1er tour du scrutin « présidentiel » du 15 juin dernier, les deux candidats mieux placés sont autorisés par la Cour constitutionnelle à disputer le 2eme tour prévu le 29 juin prochain. Il s’agit de Mohamed Djaanfari (44,18 % de suffrages exprimés soit 21029 voix) et Moussa Toyibou (40,12% de suffrages exprimés soit 19096 voix) (voir ICI).

 

Depuis la publication des  résultats, tout le monde s’interrogeait sur les  probables alliances entre les candidats malheureux et les « chanceux ».

 

Maintenant tout est clair. A vos marques pour les pronostics.

 

Mohamed Djaanfari a le soutien de Soundi Abdoulatuf (5,6%) classé en 3eme position. En effet, les deux candidats ont signé ce jour un protocole d’accord.

 

Quant aux deux autres candidats, Bastoine Soulaimana (4,89%) et Bacar Abdou (4,85%), ils ont décidé d’apporter leur soutien à Moussa Toiyibou.

 

Selon quelques mauvaises langues (voire même tordues), Bastoine Soulaimana aurait pris cette décision en dépit de l'opposition de « ses amis de combat » qui avaient une préférence pour l’autre candidat .

 

Certains peuvent s’amuser à faire des calculs arithmétiques et être tenté de déduire que les résultats seront très très serrés avec un petit avantage pour le candidat Moussa Toiyibou soutenu par la mouvance présidentielle de l’Union des Comores. Sauf qu’à Anjouan, il est très difficile de tenir ce genre de raisonnement compte tenu de certains paramètres qu’il ne faut pas perdre de vue.

 

Tout d’abord, les trois candidats recalés (hormis peut être Bacar Abdou mais ce n’est même pas sur) n’ont pas d’électorat acquis ou d’assise politique sur l’île.  Ils ont surtout bénéficié de l’esprit régionaliste. Beaucoup de personnes ont en effet voté pour eux parce que ce sont tout simplement « les candidats de leurs région ou ville ». Elles n’ont même pas cherché à connaître leurs programmes… Donc les électeurs ne vont pas forcément suivre les consignes des candidats pour lesquels ils ont voté au 1er tour. D’autant plus qu’à Anjouan, il n’est pas facile de faire respecter la discipline politique.  Ce qui risque par exemple de se passer dans une ville et une région que nous pensons mieux connaître. Bien évidemment, nous pouvons bien nous tromper. « Wait and see ».

 

Ensuite, le taux d’abstention (57,21%) est considérable. Ces absents du premier tour, s’ils décident d’aller voter le 29 juin prochain, risquent de faire pencher la balance en faveur d’un des candidats.

 

Enfin, tout dépendra de ce que souhaitent les autorités politiques de notre pays et les observateurs internationaux qui se trouvent sur place : est ce que les résultats qui seront pris en compte seront ceux issus des urnes comme cela a été le cas lors du premier tour ?

 

Quant au Président Sambi, il est arrivé aujourd’hui à Anjouan. Est ce pour la campagne électorale ? C'est du moins ce que pensent ses adversaires politiques. Si oui, peut être, ce sera l’occasion pour lui de mobiliser ses troupes et montrer aux anjouanais qu’en réalité l’adversaire de Mohamed Djaanfari c’est lui par  Moussa Toyibou interposé.

 

En tout cas, dans l’intérêt de  tous, ces élections doivent se dérouler dans de bonnes conditions et dans la transparence. Et le choix des électeurs anjouanais, qu’il soit bon ou mauvais, doit scrupuleusement être respecté. Inch’ Allah ! Comme tout le monde peut le dire maintenant. C’est le nouveau petit Robert 2008 qui l’autorise !

 

Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES) 21-06-08 16h20 

 

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 22:14

Ci-dessous quelques images de la manifestation organisée ce matin à Moroni contre la vie chère et pour le paiement des salaires (6 mois de retard).

Non  seulement il y a une pénurie de carburant (gasoil, essence, pétrole lampant) mais nous assistons ces derniers temps à une  hausse considérable des prix des produits des premières nécessités...

La situation devient de plus en plus insupportable.


























Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES) 19/06/08 / 23h00

 

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 18:58

Comores / Politique & institutions

Présidentielle d’Anjouan :

Surprise, Djaafari reprend l’avantage…

 

Moroni, mercredi 18 juin 2008 (HZK-Presse) – La Cour constitutionnelle vient d’homologuer les résultats définitifs du 1er tour de scrutin de l’élection présidentielle d’Anjouan du 15 juin dernier. C’est à la surprise générale, que la haute juridiction a décidé de modifier sensiblement les résultats provisoires initialement proclamés par le ministre en charge des élections et publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui avaient placé en tête le candidat Moussa Toybou avec 42,5% des suffrages, suivi de Mohamed Djaanfari (42,3%).

 

Après avoir annulés une dizaine de bureaux de vote pour irrégularités, la Cour constitutionnelle a procédé à un nouveau décompte qui a renversé l’ordre de classement des deux candidats autorisés à disputer le second tour prévu le 29 juin prochain. C’est donc Mohamed Djaanfari (photo ci-contre) qui en tire l’avantage, en obtenant 21.029 voix, soit 44,18%, alors que son challenger Moussa Toybou (photo ci-dessous) pperd 2795 voix par rapport à son score précédent, avec 19.096 suffrages, soit 40,12%. Les trois autres candidats maintiennent avec de légères rectifications leurs voix.

 

L’annonce de ces résultats homologués s’est déroulée ce mercredi à 16 h00 au cours d’une audience publique, en présence de nombreuses personnalités et des représentants de la communauté internationale, notamment le ministre en charge des élections, Mmadi Ali, le président de la Commission électorale, Ali Said, l’envoyé spécial du président de l’Union africaine, F. Madeira et le Coordonnateur résident du système des Nations Unies, Opia Mensah Kumah.

 

La leçon à tirer de ce premier tour est sans doute le fait que la majorité des bureaux annulés pour irrégularité par la Cour constitutionnelle se trouve dans le Nyumakélé, la région du candidat Moussa Toybou, soutenu par le président de l’Union Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Ce qui tend à légitimer les craintes exprimées par Mohamed Djaanfari, son futur adversaire du second tour, dénonçant « plusieurs irrégularités dans le Nioumakelé notamment à Ongojou et Mramani », à l’instigation « d'un appareil de fraudes organisées ».

 

A en croire l’entourage de l’ancien vice-président de l’assemblée nationale, qui semble avoir plutôt renforcé sa base électorale comparativement à la dernière présidentielle de l’Union de 2006, où il avait obtenu 26,65% des suffrages, juste après le candidat Sambi (45,70%), les résultats du 15 juin dernier traduiraient « à juste titre l'impopularité de Sambi ».

 

Il s’est même crédité d’une « large avance » dès le lendemain, et ce, « malgré les moyens octroyés par le président à l'état-major de Moussa Toybou, composé de ministres, directeurs des sociétés d'Etat (…) ». Il l’aurait même devancé dans plusieurs localités, y compris dans la région de Bandrani.

 

Placé en deuxième position par le classement provisoire, Djaanfari soupçonnait déjà le pouvoir central de vouloir lui « voler sa victoire, ou faire passer Moussa comme le gagnant du premier tour ». Et de conclure dans un communiqué publié à Mutsamudu et parvenu à HZK-Presse, que « Anjouan n'est pas le Zimbabwé ».

 

El-Had Said Omar

180608/eso/hzkpresse/18h00

 

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 09:13

Comores: La Cour constitutionnelle classe Djaanfari en tête avec 44,18%

Politique - Mohamed Djaanfari a devancé Moussa Toybou, à l'issue du premier tour de l'élection du président de l'île d'Anjouan, selon les résultats définitifs rendus mercredi par la Cour constitutionnelle de l'Union des Comores à Moroni.M. Djaanfari a obtenu 44,18% (21.029 voix), tandis que M. Toybou a bénéficié de 40,12% (19.096 voix) du suffrage, a indiqué Mouzaoir Abdallah, président de la Cour constitutionnelle, qui était entouré des autres membres de l'institution au cours d'une audience publique à Moroni.
Le taux de participation est de 42,79%.

Ces résultats diffèrent de ceux qui sont provisoirement rendus publics, lundi, par le ministre chargé des Elections, Mmadi Ali, qui plaçaient Moussa Toybou en tête (voir ICI).

Pour rappel, M. Toybou, un ingénieur de Génie civil et ancien ministre du régime du président Said Mohamed Djohar, dans les années 90, est soutenu par le président de l'Union des Comores contre le député Mohamed Djaanfari, entrepreneur dans le secteur du transport maritime inter-îles et candidat malheureux aux élections présidentielles de l'Union en 2006.

Les autres candidats se partagent le reste des voix, à savoir Soundi Abdoulatuf (5,6%), Bastoine Soulaimana (4,89%) et Bacar Abdou (4,85%).

Mohamed Djaanfari et Moussa Toybou vont se présenter à un deuxième tour fixé au 29 juin.

Moroni - 18/06/2008 Pana
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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 22:04

Vous trouverez ci-dessous une  critique litteraire  de l'historien Nakidine MATTOIR* consacrée à mon recueil de poèmes "Cris d'ici et d'ailleurs" et publiée par certains médias dont : HOLAMBE,COMORES 4, WORLD4.COM, et  KWELI-MAGAZINE,
 


Halidi Allaoui : le poète errant et vagabond

  Être poète, pour Allaoui, c’est écrire en toutes circonstances, au hasard des rencontres et des clins d’œil jetés au regard de la vie, des lieux et des symboles. Océans, Mers, institutions historiques et culturelles, esprit voyageur tel un errant qui découvre une ville, un lieu, voilà ce qui matérialise l’esprit des vers et des strophes du voyage initiatique de notre poète.

Mémoire d’une âme, c’est par cette phrase que nous pourrions résumer l’œuvre poétique de Allaoui Halidi. En effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, funèbres ou drôles, que peut contenir une œuvre, une conscience, l’imaginaire collectif sont rappelés et décrits, d’une étape à l’autre, d’un vers aux strophes et mêlés dans un destin sombre et mélancolique. Son univers est fait d’une série de voyage de Ouani, sa ville natale, en passant par Moroni, d’adolescence, poursuivant ce pèlerinage vers Rouen, cité où Jeanne d’Arc, « La pucelle » fut brûlée, en faisant des étapes comme le vagabond qui s’ennuie dans les cités normandes, la Corse et l’Alsace. Poème après poème, il sonde des émotions sourdes et fortes, descellant des paroles muettes happées par la nostalgie de l’archipel de la Lune, interrogeant sans cesse l’oubli, pour ne pas dire la cosmogonie de l’oubli, où survivent des lambeaux de mémoire vive , pendant que son

« île flétrie sollicite la quiétude(…)

 Les campagnards et les citadins t’humilient(…)

Car ils oublient le ciment qui nous lie(…)

Tu saignes sans cesse à cause d’eux (…) ».

 

Le poète errant nous emmène sur une voie mythique et de lumière aujourd’hui meurtrie et assombrie. Le vagabond oscille entre la fierté que lui procure sa dignité d’homme libre et le malheur qui frappe son existence, le condamnant perpétuellement à changer d’espace, de lieux et de villes. Avec lui, c’est la rencontre par excellence de Terre des Hommes, terre de migrations et de déracinement, espace fait de rencontres épisodiques entre bonheur scintillant et malheur profond et décapant. Il se définit comme le Messager du Malheur :

Avec une éternelle impatience

Je ressens la souffrance(…)

Depuis que tu es parti

Je broie du Noir

Suintent mes joues

Des larmes de sang(…)

Seuls les cris funestes

Du téléphone d’antan me tourmentent

S’il vous plait vous me torturez(...)

 

De cette souffrance naît un cri de détresse, un appel à la raison et une affirmation de ses convictions et de son amour de la patrie. Originaire d’Anjouan, le poète refuse de voir son île sombrer dans le séparatisme, dans les mains d’hommes avides de pouvoir et qui veulent détruire l’unité de l’archipel. Le poète s’engage donc dans le combat contre le séparatisme et refuse d’emblée de voir de nouveau son île désorientée prendre d’autres horizons lointains sans ses îles sœurs. C’est ainsi qu’il exprime avec humilité et humanité son engagement :

 

Des tonneaux vides résonnent d’habitude (…)

Des tartuffes te détruisent en douceur

Comme ces arbres allongés sur tes routes

Et toutes ces rivières en déroute

Je défends avec fougue ma comorianité

Comme toute Anjouanais pour l’éternité (…)

Point d’Anjouanais qui se renie

Point d’Anjouanais indigne

 

Le poète reprend le flambeau et l’engagement qui était le sien depuis 1997, en militant dès le début du sécessionnisme anjouanais pour une nation, une et indivisible.

Dans un autre registre, ALLAOUI nous fait découvrir les villes qui ont marqué et marquent son existence : Ouani, Moroni, Rouen et Saint-Gratien. Sous forme de vers, il écrit une autobiographie, complétée par le récit de ses voyages dans les provinces françaises. S’il semble amoureux de la cuisine et de la beauté qu’offrent le paysage, la nature morte et muette de la Corse, de l’Alsace et de la Normandie, il porte un regard scintillant sur les lieux historiques qui ont bercé sa vie d’étudiant : Le Mont Saint-Michel et Rouen.

L’auteur nous fait vivre, à ses heures perdues, des poèmes mélancoliques, nostalgiques et sensuels, avec une tonalité facétieuse et fervente, voire attachante, avec ses déboires, ses désenchantements, ses vives blessures et ses joies rarissimes. De la Mélancolie, poème qui ouvre les portes de son recueil, nous découvrons la lassitude et les peines d’un poète disparu dans les ténèbres et embourbé dans son existence. Vint ensuite un pèlerinage qui marque sa vie, ses voyages et ses lieux de mémoire, avec de fortes émotions sincères, parfois funestes, pour finir dans une prière. « Ne reste qu’à prier » comme titrait l’Equipe ce 14 juin 2008 au lendemain de la défaite cuisante de l’équipe de France face aux Pays-Bas. Prière comme un aveu d’impuissance et de fatalité.


Halidi ALLAOUI, Cris d’ici et d’ailleurs, préface d’Aboubacar Saïd Salim, Komedit,  Moroni, Janvier 2008, prix 7 euros

 
Nakidine MATTOIR / juin 2008

* Auteur du livre "Les Comores de 1975 à 1990", L'Harmattan 2004

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 13:57

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

 

Moroni, mardi 17 juin 2008 (HZK-Presse)Dix huit mois après son installation au port de Moroni en remplacement de la Compagnie de manutention des Comores (Comaco) dont l’actionnaire principal était la société française Mers Australes basée à Madagascar, le nouveau repreneur des activités du port, Gulf-Com, n’a jusqu’à présent rempli qu’à moitié ses missions.

 

Le consortium arabe Al Marwan General Contracting et Gulftainer Company Ltd qui a obtenu depuis le 11 septembre 2006 auprès des autorités comoriennes le contrat de concession des services de manutention portuaires, n’a réellement démarré ses activités qu’en janvier 2007, certes, et son installation promise à Anjouan est loin d’être acquise.

 

L’on se rappelle encore le bras de fer que ce contrat a provoqué entre l’exécutif de Ngazidja de l’époque et le pouvoir central, devenu un conflit de compétence qui s’est enlisé entre le ministre des transports de l’île de Ngazidja, Cheikh Ali Bakari Kassim et le vice-président de l’Union en charge des transports et télécommunications Idi Nadhoim. Saisie de l’affaire, la Cour constitutionnelle avait même jugé le 19 décembre 2007 « non conforme » la décision de l’Union de signer unilatéralement le contrat de concession du 11 septembre avec Al Marwan.

 

Bien que son contrat de concession des ports (Moroni et Mutsamudu) ne soit pas encore honoré par l’autorité nationale chargée des transports, l’on constate certaines réalisations en matière d’investissement au niveau du port de Moroni. Hormis le service de déchargement assuré par deux chalands flottants d’une capacité de 110 tonnes chacune et une grue chalande M.V de 1.550 t et quelques engins tels que des grues, des éleveurs à fourchette, des tracteurs, et des camions, tous ces équipements sont venus suppléer les boutres et mettre fin au déchargement manuel jadis assuré par les dockers.

 

D’où un gain de temps incontestable aux yeux des usagers du port. « En l’espace d’une journée, nous confie un agent de la société, 2640 tonnes de ciment ont été déchargées du bateau actuellement en rade au port de Moroni vers le terre plein où des camions attendent pour approvisionner les magasins.

 

En termes de coût, les services auraient eu des retombées bénéfiques notamment pour le consommateur final ce qui est loin d’être le cas. Le prix d’une tonne de ciment qui était de l’ordre de 86.000 francs avant la rupture du contrat Comaco est passé actuellement à 126.000 francs, soit une hausse de près de 50%. Or Gulf-com s’était engagé à opérer une révision à la baisse des tarifs appliqués au port.

 

En se fiant aux informations recueillies au cours de notre enquête par rapport à l’inflation des prix sur le marché, le coût des services de la manutention portuaire y contribue dans une large mesure, autant que la crise de l’énergie.

 

D’autres s’interrogent encore sur les raisons qui expliquent que Gulf-Com exerce au port de Moroni et se voit toujours opposé un refus pour le port de Mutsamudu où Spanfreight reste le seul opérateur habilité à exercer.

 

A tort ou à raison, l’installation de cette nouvelle société dans les ports de l’Union des Comores aurait facilité ou allégé le coût des services en général depuis la manutention, en passant par les frais de magasinage et autres. D’où le processus déclenché par la Ctc (confédération des travailleurs comoriens) qui depuis la semaine dernière est entrain de consulter les parlements de l’Union et de l’île autonome de Ngazidja en vue de faire entendre le désarroi du consommateur de l’île face à la cherté de la vie.

 

A en croire un rapport annuel de Gulf-Com dont La Gazette s’est procuré une copie, on évalue à la somme de 1,6 milliard fc (soit 5,37 millions de dollars) l’investissement réalisé au port de Moroni pour des projets civils.

 

Ce coût exclut l’entretien et la maintenance du système d’éclairage. « Des efforts inlassables en matière d’investissement », nous confie un agent interrogé, qui se poursuivront pour la construction des murs de sécurisation et l’extension du port afin d’assurer sa remise aux normes internationales requises. Parmi les résultats enregistrés, la productivité du volume en vrac serait améliorée, passant de 200 t à 1000 t par jour en 2007. 

 

Avec un personnel de 150 agents, la société Gulf-Com a, selon notre enquête, contribué pour environ 5,9 millions fc au titre de son IGR. L’Etat aurait perçu 39,9 millions fc au titre de la Taxe à la consommation, indique le rapport. Les nouveaux concessionnaires du port affirment contribuer à l’économie comorienne à travers divers contrats passés avec des entreprises locales (4,5 millions fc).

 

Mais la question reste toujours de savoir si les tarifs qu’elle applique correspondent à la réalité des prestations et qu’ils sont conformes au contrat de concession dont l’objectif premier était, à juste titre, de baisser les coûts. Interrogé, son Directeur général, M. Ziyad n’a pas souhaité répondre à nos questions.

 

A. Nabahane

170608/an/hzkpresse/9h00

 

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 12:48

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, lundi 16 juin 2008 (HZK-Presse)Pendant que maints pays de l’Océan Indien (les Seychelles, Maurice, Madagascar) font fortune grâce à leurs industries thonières, aux Comores le secteur pêche reste le dernier des soucis de l’Etat. Les  pêcheurs  comoriens, bien que, contre vents et marées, triment comme des damnés pour fournir du poisson à l’ensemble des ménages de l’archipel, aucune considération, même pas la moindre- être secouru en cas d’égarement en mer- n’est portée à leurs égards. Aujourd’hui, à bout, et surtout, pour qu’il y ait du changement, ils ont accepté de nous ouvrir les portes de leur vie. Des vies que seuls la misère, le mensonge et le désespoir se côtoient à la fierté de pêcheur.

 

Madi Saïd, la quarantaine et père de quatre enfants, quitte sa maison, sise Météo, dès les premiers versets du Coran qui annoncent l’appel à la prière de l’aube. Arrivé à Chezani, pas loin de l’hôtel Le Moroni, en contrebas de la Direction Générale de la Pêche, il va d’abord chercher sa pagaie qu’il avait enfouie sous un tas d’herbes, pour ensuite pousser avec force sa pirogue pour rejoindre la mer.

 

Après avoir passé huit heures d’entre les vagues, il nous rejoint sur la rive. Ereinté. « Vous voyez, seul un pêcheur peut rester à jeun plus longtemps », nous lance-t-il. Et quand on lui demande de nous montrer sa prise, il nous dit « Je peux être fier, parce que, parfois, je rentre bredouille. Je suis sûr d’apporter 10.000 fc à ma femme aujourd’hui ».

 

Depuis trente ans qu’il pêche, il n’a jamais eu une quelconque aide venant de l’Etat, bien qu’il laisse sa pirogue dans la cour du ministère de la pêche. Dans la plupart du temps il a du mal à subvenir aux besoins de sa famille. Il peut aller pendant trois semaines à la mer sans pouvoir pêcher des poissons d’une valeur de 5000 fc. Toutefois les pêcheurs qui sillonnent les côtes de Chezani, et qui sont au nombre de dix, se sont réunis en une association. Ils se cotisent et s’entraident à chaque fois qu’un des leurs à des problèmes.

 

Il voudrait bien, Madi Saïd, s’acheter une vedette motorisée parce que la pêche sur les côtes n’est plus rentable. « Les gens qui utilisent les filets font qu’il n’y ait plus de poissons sur les côtes. Ils pêchent les petits poissons, alors que les gros poissons viennent surtout au littoral  pour assouvir leur faim. Et comme il n’y a plus de petits poissons, les gros restent au large, où seules les vedettes motorisées ont accès » dit-il.

 

Et quand on lui pose la question « aviez-vous déjà parlé de cela au ministère ? », sa réponse est la suivante : « c’est l’Etat qui est à la source de tous ces problèmes. On s’est rendu plusieurs fois au ministère pour leur parler des ces gens qui utilisent des filets et détruisent l’environnement. Jamais il n’a réagi. Des gens se sont tués tout près du port à cause de ce problème de filet. On n’a rien fait. Maintenant, seuls les pêcheurs, à l’instar de ceux d’Iconi et Itsandra protègent leurs côtes. »

 

D’ailleurs, pendant notre entretien avec Madi Saïd, en ce lieu qui se trouve quasiment dans la cour de la Direction Générale de la Pêche, une femme et sont fils extraient du sable destiné à la vente, et six hommes pêchaient avec un filet. Après qu’on lui ait prodigué le conseil d’intégrer le Syndicat National pour le Développement de la  pêche aux Comores, ils nous a répondu : « Le syndicat ne défend que les intérêts de ceux qui font la pêche artisanale. D’ailleurs un jour un des nôtres s’était égaré en mer. On a sollicité leur aide et puis celle de l’Etat. Aucun d’eux n’a voulu nous aider. Il a fallu secourir notre ami en affrétant une vedette. »

 

Mais très pressé d’aller vendre ses poissons, Madi Saïd nous dit : « Revenez si vous voulez encore me voir à la fin de la journée. Puisque je retourne en mer à 17 heures jusqu’à 4 heures. »

 

Que disent le ministère et le syndicat ?

 

A la Direction Nationale de la Pêche, on a pu s’entretenir avec le Directeur national adjoint, M. Youssouf Ali Mohamed. Selon lui, « grâce au ministère de la pêche, le syndicat des pêcheurs est devenu une institution à part entière. Le ministère a mis à la disposition des pêcheurs des chambres froides, des poissonneries, des fabriques de glaces, des vedettes et des matériaux informatiques. Elle assure leur sécurité en mer et leur facilite les crédits dans les banques et microfinances [Sanduk, Meck, AMIE]. De temps en temps, elle fait des suivis et des évaluations par rapport à leurs activités et leurs productions ».

 

Propos démenti par les membres du Syndicat. Ali Mroimana, conseiller technique du président régional, et Chaoil Ali Abdallah, nous ont confié : « Déjà pour avoir les trois poissonneries construites dans les trois îles, il a fallu qu’on se batte. Le ministère n’a jamais accepté qu’elle ait reçu une enveloppe de 80 millions d’euros du Fed. C’est quand on est parti au siège de l’Union Européenne, saisi les responsables, que le ministère a bien voulu débourser la somme. On a d’abord mené une rude bataille. A part un bateau en mauvais état et deux camions frigorifiques, on n’a rien reçu d’eux. Quant aux crédits, les banques et les microfinances exigent des cautionnaires. Le ministère n’a jamais accepté d’être cautionnaire. Les intérêts de ces instituions sont tellement élevés que beaucoup d’entre nous n’ont jamais pu s’acquitter de leur dettes et ont perdu leurs vedettes, des maisons et  des terres. D’ailleurs, on croyait que Sambi allait faire appel à nous quand il a reçu les deux bateaux de pêches de l’Iran. En effet, depuis que Mohamed Halifa n’est plus à la Direction Nationale de la Pêche, on ne sait vraiment rien de ce qui se passe au ministère. »

 

Dans le monde de la pêche comorienne, les gros poissons mangent les petits, pendant qu’au sein de l’Etat, on  navigue en pleine schizophrénie. « Toutes les recettes perçues par l’Etat servent à payer les fonctionnaires de l’administration. C’est vraiment une absurdité. Il est l’heure d’inverser la tendance ; il faut que l’Etat soit au service de tous les citoyens », exige Mr Assoumani Saandi, Ministre de la Fonction publique de l’île autonome de Ngazidja. Enfin,  en matière de  « gouvernance » et « bonne gouvernance », de réduction de la pauvreté, l’Union des Comores a encore beaucoup de chemin à parcourir.

 

Adjmaël Halidi

160608/ah/hzkpresse/11h00

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 12:40

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, lundi 16 juin 2008 (HZK-Presse) – Si quelques cadres comoriens, surtout les jeunes, souffrent du manque d’emploi, à tous les niveaux, les bonnes, elles, semblent se faire désirer, tellement elles se sentent sollicitées et indispensables. Certaines d’entre elles essaient même de faire la pluie et le beau temps chez leurs patrons.

 

« Je ne jette pas des ordures », « je ne lave pas des grosses marmites », « je ne peux pas rester au travail au delà de 14 heures, j’ai d’autres engagements », ces propos, certains patrons ont dû les entendre de la bouche de leurs domestiques, qui sont, soit frustrées de leurs conditions de travail, soit tout simplement, par orgueil de recevoir des instructions venant de leur boss.

 

« Si on me renvoie, tant pis, je n’en ai rien à perdre », réagissent certaines d’entre elles, si elles se sentent menacées de perdre leur job. Aussi, une fois renvoyées, certaines se font le plaisir de révéler quelques secrets de leurs employeurs, du genre (ils sont arrogants, ils sont pingres, ils sont sales, mon patron me fait la cour…).

 

Malgré cela, il suffit de frapper à la porte ailleurs pour être accueillies à bras ouverts par d’autres familles. Mieux encore, certains propriétaires vont jusqu’à aller à leur recherche et de là, elles essaient de placer la barre plus haute, réclamant un salaire mensuel de 30 000 francs, au minimum.

 

Oui, le marché des bonnes à Moroni se fait de plus en plus rare, à moins d’avoir suffisamment les moyens d’assurer leurs mensualités. Si elles gagnaient, dans les années 1990, entre 15.000 à 20 000 francs par mois, les salaires varient, maintenant, de 25 000 à 35 000 francs. A leur tour, bien entendu, les patrons deviennent exigeants, du moins, pour le quotidien de leurs foyers.

 

Tout ange au début, prouvant qu’elles maîtrisent parfaitement les travaux domestiques, pour impressionner ces derniers, certaines bonnes ne tardent pas à montrer leurs vrais visages, au bout de quelques jours. Ainsi, s’ensuit une série de plaintes de la part des employeurs, soit, par ce qu’elles ne savent pas faire le ménage, la vaisselle ou la cuisine,  soit, par ce qu’elles ne savent pas faire la lessive ou le repassage.

 

D’autres leur reprochent des absences ou retards répétés, qui sont plus souvent fréquents chez les grandes comoriennes, prétextant un mariage ou un décès dans leurs villages, voire, une maladie. Les soupçons des vols ne manquent également pas, notamment, des ustensiles de cuisines, provisions, argent, bijoux…

 

Par ailleurs, bien qu’ils soient perçus comme des domestiques solides, les boys, eux, sont souvent mis en doute, parfois accusés des pédophiles. Il est de plus en plus difficile de trouver, de nos jours, des domestiques qui réunissent toutes les conditions. Le mieux est de se satisfaire du minimum.

 

Le recours à des domestiques étrangères, surtout, d’origine tanzanienne ou malgache, devient parfois une alternative pour ceux qui sont financièrement bien lotis. Mais cela n’est pas aussi rose, car une fois sur place, certaines suivent le rythme du pays. Comme elles viennent uniquement pour gagner leur vie, quelques unes usent de tous les moyens pour parvenir à leurs fins, quitte même à séduire leurs patrons. Insatisfaites de ces comportements, certaines familles préfèrent, malgré leurs différents besoins, accomplir, elles mêmes, leurs tâches domestiques.

 

Ce constat ne concerne, toutefois pas, tous les domestiques. On en trouve qui ont des comportements plus qu’exemplaires « ma bonne, elle, jouait le rôle d’une mère pendant et après mon accouchement », a déclaré Hikima, une dame qui se déclare « très impressionnée par la qualité et le dynamisme de sa bonne ».

 

Cette idée est bel et bien partagée par d’autres qui trouvent que toutes les bonnes ne sont pas pareilles. Il y en a qui passent plusieurs années dans le même travail, tissant, à la longue, des  liens familiaux avec leurs patrons. Peu importe leurs critères, un constat s’impose : les domestiques sont devenus indispensables à Moroni, surtout pour les femmes actives, mères de plusieurs enfants. Donc, ne badinez pas avec vos bonnes!

 

Loulou S.I Alfeïne

160608/lsia/hzkpresse/15h00

 

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