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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 13:59

SOURCE : ALWATWAN.NET 17 octobre 2008

forum171008 A Anjouan, les concernés semblent ne rien laisser au hasard. La commission de sensibilisation mise en œuvre conjointement par la Jeune chambre et la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture d’Anjouan vient d’organiser mercredi une marche à Mutsamudu. Plus de cent cinquante affiches ont été distribuées aux élèves de l’école primaire de Misiri à Mutsamudu qui ont fait le tour de la capitale rejoints par d’autres personnes.

Selon les organisateurs, cette marche vient clôturer presque un mois de sensibilisation ponctué par des affiches, des banderoles, la distribution de dépliants, les spots publicitaires et des plateaux de télévision dans le but d’accroitre la participation des opérateurs anjouanais au 4e Forum économique des îles de l’Océan Indien, qui se tiendra les 21, 22 et 23 octobre à Moroni.

Faridine Rachade, à la fois président de la Jeune Chambre, section anjouanaise, et de la commission de sensibilisation du forum, ne cache pas sa satisfaction : ‘‘Cette marche est une réussite’’. ‘‘Au départ j’étais inquiet, compte tenu des réalités qui prévalent à Anjouan actuellement, mais avec quatorze opérateurs économiques inscrits et qui ont payés tous les droits, il y a quand même de quoi sortir la tête haute’’, a-t-il conclu.

Abidhar Abdallah

 

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 13:54

Source : AL WATWAN.NET 17 octobre 2008

maquettiste171008 Finis les mshadhari confectionnés par mamans et koko dans le banda, le baraza et la cuisine sous l’odeur d’un bon drovi ya nazi? Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que Soufiani Ahamada est venu de son Mirereni natal pour – avec machine à coudre, maquette et patron, s’il vous plait – ‘‘industrialiser’’ la confection de nos majestueux mishadhari qui vont donner corps aux très originales kofiya ya matso comoriennes. Quand l’art rencontre l’artisanat.

‘‘Samahani ndofanya yembahazi nasi rerongowa’’. Ce sont là les paroles d’accueil du propriétaire de la première fabrique de mishadhari du pays sise route de Hadudja à Moroni. Non pas qu’il cherche à se débarrasser de vous, mais parce que Soufiani Ahamada est un artiste pressé : il tient à réussir, sans bavure, ses quatre mshadhari quotidiens. L’enfant de Mirereni dans le Dimani veut innover dans cette activité qu’il a commencée en octobre 2004 après une formation autodidacte à partir d’une vieille machine de sa maman dans son village de l’est de Ngazidja.
Son installation dans la capitale s’est faite en trois étapes. Au début, parti de son Mirereni ‘‘razaliwa’’, il s’en allait trimbaler dans Moroni pour vendre à la criée.

De Mirereni à Moroni

Mais, rapidement, ‘‘ne pouvant plus supporter ces trop longues heures sous le soleil’’, il a ouvert un petit point de vente sur la route de Hadudja-Mbuzini d’où un frère cadet exposait les produits toujours fabriqués au village. ‘‘Puis quand j’ai senti que je me suis fait de solides épaules pour descendre à la capitale, je n’ai pas hésité’’. C’était fin 2007.

Aujourd’hui dans son point de vente qui – entre temps – s’est agrandi du double, il peut proposer jusqu’à dix mishadhari régulièrement.

Pour votre prochain majestueux kofia ya matso (litt = bonnet aux yeux ; en référence aux innombrables petits trous qui le caractérisent), vous n’avez pas à vous inquiéter : une vingtaine de modèles vous attendent dans un catalogue qui s’enrichit régulièrement. Des maquettes connues et qui ont comme nom bauwa la mahaba, bauwa la mpbepvoni, bismillah, hasbuna dhwah, etc. Certaines d’entre elles, pas moins d’une dizaine, sont faites maison. Vous en voulez une autre? Une maquette plus intime et plus circonstanciée, comme un message particulier que vous voulez faire passer par kofia ya matso interposé.

De l’artisanat à l’art, de l’art à l’artisanat

Kapvatsi tabu, il vous suffira de passer la commande. C’est ainsi qu’une maquette affirme ‘‘mahaba tsi mali wala matraka’’. ‘‘Je l’ai tracé en souvenir de mon mariage à l’occasion duquel j’ai eu à faire face à certaines préjugées’’, explique notre maquettiste du mshadhari. Vous la voulez, cette maquette? No problème, un ‘‘patron’’ existe et vous attend. Comme pour toutes les maquettes de la maison du mshadhari que vous pouvez ramener chez vous après avoir débourser entre 3000 et 5000 francs pour un kofiya fini qui pourrait vous revenir jusqu’à… quarante fois plus cher.

C’est que le travail de Soufiani valse entre l’artisanat et l’art. Il prend son crayon pour créer le modèle et sa machine pour ‘‘coudre’’ le mshadhari. Si le tracé exige des facultés incontestables d’artiste, la couture demande une doigtée à toute épreuve : ‘‘une erreur peut aller jusqu’à vous abîmer une maquette’’, prévient Soufiani les yeux rivés sur la mince aiguille d’où sort le mince fil qui trottine sur ce morceau de tissus d’où naîtra un joli mshadhari. Car sans beau mshadhari, il n’y pas de majestueux kofia ya matso et, encore moins, de riches vao la anda comme on l’aime à Ngazidja un mois de juillet.
Le mois de juillet justement est, avec, août, les deux mois, par excellence, où le kofiya ya matso – de très loin le couvre-chef le plus acheté et porté aux Comores – est le plus sollicité. Et comme la confection artisanale d’un bon kofiya peut prendre parfois jusqu’à un an, les commandes ont lieu tout au long de l’année avec un petit ‘‘pic’’ en octobre et novembre. A Mbeni, Mitsamihuli, Dzahani la Tsidje, Wela-Itsandra, d’où nous viennent les plus beaux spécimens, on vous en soufflera un mot.

Madjuwani Hassani

 

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Mariama HALIDI AL WATWAN - dans CULTURE
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 13:23

Comores / France

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 
Moroni, mercredi 15 octobre 2008 (HZK-Presse)
– Quatre composantes constituent le projet pour un montant de 2 millions d’euros, soit 984 millions de francs comoriens. Officiellement lancé en avril 2006, le Programme de Co-développement en Union des Comores (PCUC) est doté au sommet de sa pyramide d’un comité de pilotage composé de fonctionnaires de l’ambassade de France à Moroni représentant ainsi « le bailleur », des agents du Commissariat général au plan faisant office de facilitateur auprès des bénéficiaires et de la direction générale chargée de la coopération du ministère des relations extérieures. Ce trio qui est l’instance supérieure du programme a pour mandat d’agir après avis de chaque comité insulaire.

 

Cependant, il est assisté de la cellule de coordination qui constitue l’équipe du projet et dont la vocation est de coiffer les comités consultatifs des projets au niveau de chaque île autonome (Grande-Comore, Anjouan et Mohéli).

 

Pour rappel, l’enveloppe budgétaire n’ayant pas déterminé de montant précis alloué à chaque entité, la subvention s’octroie suivant les projets présélectionnés par les comités consultatifs et qui sont en retour approuvés et validés par le comité de pilotage.

 

Partant de ce principe, dix huit projets ont déjà été approuvés dont trois à caractère national, notamment celui relatif à la mobilisation des migrants comoriens hautement qualifiés intervenant temporairement à l’Université des Comores depuis l’année dernière. Ce grand chantier cofinancé en partenariat avec notre jeune institution universitaire relève de la « composante 2 » du programme, et a été validé avec deux autres projets au bénéfice du ministère du tourisme de Ngazidja et de l’association « Ulanga » pour la protection de l’environnement.

 

A l’heure actuelle, une subvention de l’ordre de 56 millions de francs comoriens est déjà débloquée pour réaliser ces projets sur une enveloppe totale de 270 millions de nos francs réservés à la composante. Autant dire qu’à 14 moins de la clôture du programme (décembre 2009), la partie comorienne affiche une certaine faiblesse, liée à la faible capacité d’utilisation des fonds au niveau de nos institutions publiques, parapubliques et même privées de la place, incapables de rafler la mise en bénéficiant de cette subvention.

 

L’autre composante, de surcroît la plus influente parmi les quatre du programme, accuse elle aussi quelques lacunes en termes d’absorption de fonds. Elle consiste à appuyer les associations de migrants comoriens dans leurs initiatives en faveur du développement local des îles autonomes. Pourtant un budget de 364 millions de nos francs est affecté à ce volet.

 

Néanmoins, quatre projets seulement ont été validés par le comité de pilotage, dont deux en cours de réalisation et deux autres en attente de signature. D’autres projets présélectionnés par le comité consultatif de Ngazidja seront soumis pour validation le 28 octobre prochain. Ainsi, le codéveloppement participe à ces projets à hauteur de 111 805 000 de francs comoriens.

 

Naturellement, c’est bien à travers cette composante que le programme tire sa raison d’être. Pour activer les mécanismes de financement et de mobilisation, une cellule relais est mise en place en France, notamment à Montreuil en région parisienne et à Marseille. La Chambre de Commerce Franco-comorienne en partenariat avec l’ONG française « GRDR » (Groupe de Recherche et de Réalisation pour le Développement Rural) sont mandatées par le programme à cette mission.

 

Etant donné que le codéveloppement place la diaspora au cœur de la coopération, la vision des décideurs aurait été de soutenir les initiatives économiques des migrants comoriens souhaitant investir aux Comores. C’est ainsi que la troisième composante lui réserve une subvention à hauteur de 134 millions de nos francs, juste pour traduire l’ensemble des projets par des conseils à la conception et au montage des projets et en France et aux Comores.

 

D’où la nécessité de recourir aux crédits bancaires pour tout porteur de projet individuel. Du moins trois projets de cette composante ont été présélectionnés en accordant aux promoteurs une subvention de 2.875.000 francs.

 

Face à ces mécanismes jugés assez lourds « moralement », notamment l’impératif imposée aux collectivités, associations, opérateurs, promoteurs de s’associer avec la diaspora comorienne pour bénéficier d’une subvention, et d’autre part, côté diaspora, on hésite souvent à se fier aux acteurs locaux, M. Luc Hallad nouvel ambassadeur de France aux Comores a effectué une tournée de travail sur le terrain, à Anjouan et à Mohéli, pour se rendre à l’évidence.

 

D’ores et déjà, les activités ont repris à Anjouan après la stabilisation de la situation politique de l’île et à Mohéli où le projet a été suspendu temporairement. L’équipe du projet s’est rendue à Anjouan dernièrement pour impulser l’action de son comité consultatif « à travailler dur pour que d’ici fin décembre, au moins trois projets soient présélectionnés par le comité de pilotage » nous confiait Daniel JOANES qui dirige l’équipe du PCUC, dans le cadre de la quatrième composante du programme dont le fonctionnement est évalué à 216 millions de francs.

 

A. Nabahane

151008/an/hzkpresse/12h00

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans DIASPORA
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 13:15

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions


Fomboni, mercredi 15 octobre 2008 (HZK-Presse)
La Coordination mohélienne pour l’unité nationale et la tournante (COMUNAT) se préparent à organiser très bientôt un grand rassemblement populaire à Fomboni, Place de l’indépendance, pour rendre publique leur position sur le débat de la tournante et la révision de constitutionnelle. Une initiative qui ne semble pas faire l’unanimité à Mohéli, et qui suscite déjà des réactions par ci par là.

 

Soutenue par le chef de l’exécutif de l’île, Mohamed Ali Said, cette coordination formée par la majorité présidentielle, le FUMO (front uni de l’opposition de Mwali), le parti MSADA de Abdou Djabir et le FPC de Mohamed Hassanaly, a entamé une vaste campagne de sensibilisation depuis bientôt 3 mois sur « la méfiance » qu’inspirent à leurs yeux « l’intention affichée du président de l’Union de vouloir réviser la constitution. »

 

« Pas de révision avant la tournante car cela risque de compromettre les acquis de l’accord de Fomboni, base de la réconciliation nationale » fut le slogan choisi par la COMUNAT durant toute cette campagne.

 

Pourtant ces derniers jours l’on assiste à des réactions qui s’opposent à cette idée et surtout aux procédures suivies par cette alliance. « Ce sont des gens qui cherchent à trouver une place dans le pouvoir, bientôt on ne tardera pas à apprendre qu’il y a un remaniement ministériel, et l’on verra qu’ils seront bien là », nous a confié un observateur qui a requis l’anonymat.

                       

« Les mohéliens, ne vous laissez pas tromper par des gens mal intentionnés, la tournante tournera toujours qu’il pleuve ou qu’il neige. Le vrai problème c’est ce kilo de riz à 450 fc alors qu’à la Grande-Comore il est vendu à 350 fc, le litre de pétrole de 325 fc alors que chez les autres il est vendu moins cher », se met à crier sur un mégaphone, Abdou Adinane qui a osé sillonner la capitale durant toute la journée de mardi et de mercredi. Ce jeune contestataire a continué sa mission sur les localités de Djoiezi, Bandar-salama et Bangoma.

 

« Mon objectif c’est de boycotter ce rassemblement qui n’à aucun sens pour moi. Ces gens là veulent continuer à nous oppresser, rien que cela. Ce n’est pas cette autonomie là que nous avons tant réclamée », nous a confié Abdou Adinane.

 

« Nous les autres, on ne comprend rien du tout. Quelqu’un avec son taroumbeta est passé devant chez moi hier à 18 h pour clamer le maintien de l’autonomie et tôt ce matin voila quelqu’un qui crie pour appeler aux mohéliens à rejeter cette autonomie », s’inquiète à son tour le père de l’ancien ministre Mamadou Boina Maecha.

 

Mouayad Salim

161008/am/hzkpresse/6h00

 

 

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans MWALI
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 22:01

15 octobre 2008

Les habitants de l’île d’Anjouan se sont réveillés mardi avec une circulation bloquée sur l’axe routier Wani-Mirontsi. Quatre véhicules de transport en commun confisqués, semble-t-il, par des mirontsiens. Depuis la veille, une vive tension est montée entre les deux localités. Elle serait due selon certaines informations à ‘‘la confiscation, lundi soir, par des habitants de Ouani de cinq vedettes de pêches appartenant à des habitants de Mirontsi’’. En riposte, des barrages routiers ont été dressés à Mirontsi dès les premières lueurs du jour.

Voitures et piétons venant de la ville voisine encouraient des risques. Mais, rapidement les forces de l’ordre sont intervenues et l’ordre a été rétabli. Plusieurs personnes qu’on soupçonne d’être impliquées dans ses troubles sont interpellées et envoyées à la brigade de gendarmerie de Ouani pour une ‘‘enquête visant à éclaircir les événements’’.

L’histoire qui a conduit à ce conflit ne date pas d’aujourd’hui. Il s’agit d’un ‘‘différend de frontalières maritimes’’ qui remonte en 2004. A l’époque, les pêcheurs waniens reprochaient leurs voisins de Mirontsi de placer leurs filets hors de leur zone de pêche. Les événements avaient tourné à l’affrontement direct en mer entre pêcheurs. Un compromis avait été trouvé et une sorte de pacte signé par les deux parties antagonistes. Lequel pacte interdisait aux uns et aux autres de violer leurs frontières respectives.

Selon des informations recueillies auprès d’une consœur de la presse locale, les maires des deux localités se trouvaient l’après-midi de mardi à la gendarmerie de Wani, où une entente est, semble-t-il, en passe d’être trouvée. Le soir du lundi, la même démarche avait été tentée, sans résultat.

Moussa Sadrou


SOURCE : ALWATWAN.NET
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Mariama HALIDI ALWATWAN - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 22:26

Ci-dessous la suite du discours de Monsieur Said Dhoiffir Bounou, président de l'Assemblée de l'Union, prononcé le 13 octobre 2008 lors de l'ouverture de la séssion ordinaire

Pour voir le début du discours cliquez ICI

(...) Honorables invités,
  mesdames et  messieurs,

 

En réalité  ces attaques  en règle contre les institutions de l’Union comme des îles n’ont qu’un seul objectif : justifier la révision de la Constitution.

 

En effet notre constitution ne plait pas au Président de l’Union qui, paradoxalement en est l’émanation et  le garant qui plus est, a juré sur le coran de la respecter.

 

Bien sûr on pourra toujours rétorquer par une réponse digne des jésuites en disant que comme la constitution a prévu qu’on peut la changer, la changer c’est donc la respecter !

Et pourtant pour les observateurs attentifs de la vie politique du pays, les problèmes soulevés par le président concernent essentiellement l’applicabilité de certaines lois organiques et la non application d’autres lois et décrets par  l’exécutif de l’Union.

 

Mais admettons que comme le veut le président, la constitution actuelle soit la plus mauvaise que les Comores aient jamais eue.

 

On peut alors se demander si c’est bien le moment de la changer et si on a les moyens de la changer sans  provoquer d’autres problèmes insoupçonnés jusqu’ici, comme il reconnaît lui-même ne pas avoir prévu et maîtrisé les conséquences du débarquement à Anjouan.

 

Une de ces conséquences est la fuite de tous les prisonniers qui étaient  détenus à Anjouan parmi lesquels tous les responsables du régime insulaire déchu et incriminé et la détention sans jugement donc illégale, des prisonniers qui sont gardés à Moroni et dont les familles n’ont aucune nouvelle.

 

Cette situation de non droit n’est pas loin de celle que faisait régner Mohamed Bacar chassé du pouvoir pour cause de dictature et de rébellion.

 

Toutefois en admettant qu’il faille modifier la constitution maintenant, la méthode suivie par le président n’est ni judicieuse ni légale.

 

Au lieu d’observer les dispositions légales prévues pour modifier la constitution, le Président en a fait une affaire internationale en annonçant à toutes les tribunes, à l’Union Africaine  comme à l’ONU qu’il allait procéder à sa  modification par une conférence inter-comorienne, avant d’en avoir parlé aux Comoriens, à leurs institutions représentatives dont certaines, en fin de mandat n’ont pas été renouvelées laissant place à un vide juridique flagrant.

 

         Et à la grande surprise des Comoriens, au lieu que le Président consulte les institutions du pays et avec elles, prépare la Conférence inter-comorienne, il charge la Communauté Internationale non seulement de consulter les institutions comoriennes mais aussi de concevoir discrètement le format et l’ordre du jour de ladite conférence comme si il y avait une remise en cause de l’indépendance et de la souveraineté de notre pays

 

Il va sans dire que notre constitution n’est pas irréprochable comme ne l’ont été les 4 qui l’ont procédée et ne le seront certainement pas celles qui lui succéderont si on n’arrive pas à abandonner le principe de chaque Président sa  constitution ; elle peut être budgétivore mais pour rappel cette constitution fut la seule solution proposée par les Comoriens soutenue par la communauté internationale pour exorciser les démons du séparatisme qui avait presque réussi à remettre en cause l’existence même de notre état nation.

 

Elle a posé des acquis constitutionnellement protégés à savoir l’autonomie des îles et la présidence tournante. Cette même constitution a défini l’autonomie des îles à travers les institutions qui la fondent à savoir le Président élu et l’assemblée insulaire élue au suffrage universel. Conformément à l’article 37 des cette constitution, l’autonomie des îles ne peut pas faire l’objet d’une révision constitutionnelle.

 

Comment peut on alors déclarer ne pas vouloir toucher à l’autonomie, tout en dénonçant l’élection des Présidents des îles et les attributs qui leur sont liés tels que le salaire et l’autorité que la loi leur confère dans certains domaines relevant de leur compétence !

 

L’argument le plus martelé par le président de l’Union dans ses discours reste le coût élevé des institutions.

 

Parlons en ! En attendant une étude comparée des décaissements au Trésor  Public par une institution qui pourrait être envisagée dans le cadre d’un audit public, examinons les chiffres de la loi des finances 2008. Pour mémoire,  l’art 8 de cette loi qui répartit les recettes résiduelles  à partager entre les îles et l’Union définit les quotas  comme suit :

 

37, 5% pour l’Union  soit 5 milliards 735 millions de francs

27,4% pour NGazidja soit 4 milliards 199 millions de francs

25, 7% pour Ndzuwani soit 3 milliards 930 millions de francs

9, 4% pour Moili soit 1milliard 437millions de francs

 

Lorsqu’ on examine le tableau des prévisions budgétaires 2008 on trouve les chiffres suivants :

 

Présidence de l’Union : 3 milliards 958 millions 380 milles 314 francs

Cour constitutionnelle : 139 millions 600 mille francs

Assemblée de l’Union : 471 millions 532 milles francs

        

La comparaison de ces chiffres révèle que la seule Présidence de l’Union sans les départements ministériels équivaut à presque 9 assemblées nationales de 33 députés chacune.

 

On se rend compte  que le budget de la présidence de l’Union représente trois fois le budget de l’île de Moili, équivaut presque à celui de l’île de Ndzuwani, et représente 94% de celui de l’Ile de Ngazidja.

 

         Ces quelques indications ne manqueront pas de faire réfléchir les citoyens pour trouver la réponse à la question des institutions budgétivores.

 

Mesdames et  messieurs,

 

         La leçon à retenir c’est que de toutes les institutions de l’Etat, la plus largement budgétivore c’est l’Exécutif de l’Union qui dispose de l’essentiel des recettes du pays et qui les dépense sans modération et à sa guise par la multiplication des départements ministériels, des représentations diplomatiques à l’étranger, des nominations et des recrutements dans les superstructures et l’armée, des déplacements à l’extérieur etc…

 

Sur le plan diplomatique,  la diversion que le gouvernement tente de faire pour dissimuler l’échec de la politique du régime comprend également la façon dont la question de Mayotte a été abordée et traitée jusqu’à ce jour.

 

Tout le monde se rappelle que cette question était en hibernation sur le plan national et on n’en parlait que rarement et timidement au niveau international.

 

C’est l’Assemblée de l’Union des Comores qui  a réveillé la question par sa résolution de novembre 2005 sur la question de Mayotte dans laquelle les députés ont proposé que la journée du 12 novembre date d’admission des quatre îles Comores indépendantes aux Nations unies soit déclarée journée nationale Maore chômée et payée afin de sensibiliser l’opinion nationale sur l’occupation de cette partie de notre territoire  par la France.

 

Le régime du Président SAMBI s’est montré disposé à tenir compte de cette résolution au tout début en instaurant par décret présidentiel le 12 novembre, journée nationale Maore. Mais dans l’évolution de cette question trois événements importants ont révélé l’attitude timorée du gouvernement comorien qui  prête le flanc à la détermination de la politique française pour avancer vers la départementalisation triomphante de l’île comorienne de mayotte.

 

-      Le premier événement fut la levée sans condition par le gouvernement  de la mesure d’interdiction d’expulsion des comoriens dits « clandestins » de Mayotte, qu’il avait prise lui même, une mesure qui avait pourtant reçu le soutien total du peuple comorien parce qu’elle commençait à produire des effets pouvant faire évoluer positivement ce dossier.

-      Le deuxième événement est la reconnaissance implicite de Mayotte française par le gouvernement comorien en y dépêchant une mission officielle de haut niveau comprenant entre autre le directeur du cabinet du président de la république et l’envoyé spécial du Président de la commission de l’Union Africaine pour signer on ne sait quel accord entre les autorités françaises de Mayotte et le gouvernement comorien, relativement à la situation qui prévalait à Anjouan.

 

-      Le troisième événement est la venue du ministre français des Dom Tom et du secrétaire d’Etat à la coopération qui a donné naissance à la fameuse commission connue sous le nom de Groupe Technique de Haut Niveau, (GTHN) qui, tout en négociant sur des broutilles tel que l’assouplissement du visa Balladur ou des accords de co-développement laisse les coudées  franches à la France qui annonce avec fracas la date du référendum sur la départementalisation de Mayotte.

 

En désespoir de cause et découvrant comme un novice que la France encore une fois usait de double langage et rusait avec les autorités comoriennes, le gouvernement encore une fois par le biais du Président de l’Union a eu recours au discours à la tribune de l’ONU pour dénoncer l’attitude ambiguë de la France, tout en retirant la question de l’ordre du jour des débats de l’Assemblée Générale, juste ce qu’il ne fallait pas faire si on espérait donner à la partie comorienne la moindre chance de faire prévaloir ses droits sur cette  île.

 

         Et l’organisation par le gouvernement et la mouvance présidentielle d’une manifestation publique pour soutenir le discours du Président n’a été qu’un leurre, une poudre lancée aux yeux des Comoriens et qui n’avait rien pour déranger les autorités françaises sur leur politique de mainmise sur Mayotte ni pour sensibiliser la communauté internationale du bien fondé de la revendication comorienne sur cette île.

 

Il faut noter que cette manifestation n’a été suivie d’aucune action diplomatique concrète  pour empêcher le référendum programmé pour bientôt.

 

 Du coté de nos relations extérieures et de notre coopération avec les autres pays, la nouvelle orientation de l’axe diplomatique vers des pays comme l’Iran, qui fut rappelons le, le  premier pays visité officiellement par le président Sambi, ne semble pas très convaincante quant aux résultats pratiques.

 

En effet on peut se demander où en sont les projets iraniens :

- les trois bateaux de pêche,

- le Projet agricole,

- les livraisons de pétrole brut et bien d’autres annonces qui ont été faites avec beaucoup d’éclat.

La même question peut être soulevée à propos de notre coopération  avec des pays du Golf, notamment :

 

-      la Compagnie aérienne nationale,

-         la banque fédérale,

-         la construction des petits ports de liaison rapide des îles entre elles,

-         la construction du site touristique 5 étoiles Djanate Al camar etc…

 

On dit que c’est pour bientôt mais les Comoriens attendent encore.

 

J’espère que durant la présente session au cours des séances des questions orales, des réponses à ces questions intéressant la population comorienne au premier chef, seront données par le gouvernement.

 

J’ajouterai à ces questions une autre également d’ordre économique ; celle concernant le sort des résultats de la conférence des amis des Comores tenue à Maurice il y a deux ans de cela.

 

Je pense aussi que la population doit être correctement informée sur nos relations avec le FMI et la Banque Mondiale et l’état d’avancement vers la signature du programme PPTE.

 

         En résumé, si nous avions quelques conseils à donner à Monsieur le Président de l’Union et à son gouvernement, nous dirions ceci :

 

-1. qu’ils redonnent à la question du recouvrement de la souveraineté des Comores sur Mayotte :

 

-         d’abord sa dimension nationale en prenant en compte les recommandations de la résolution de l’Assemblée Nationale à ce propos pour impliquer toutes les institutions, les organisations de la société civile et la population en entier car cette affaire concerne tous les Comoriens de l’intérieur comme de la diaspora, et tous ont des idées et des apports à faire valoir,

 

-          ensuite sa dimension internationale en l’inscrivant en permanence aux débats de l’Assemblée Générale des Nations Unies, en réactivant le Comité adhoc de l’Union Africaine et en oeuvrant pour que toutes les organisations internationales (Ligue des Etats Arabes, Conférence islamique etc…) qui avaient déjà longuement travaillé sur ce dossier s’en ressaisissent de nouveau en vue de la faire évoluer …).

 

-2. qu’ils renoncent de la manière la plus officielle possible sur cette question de la révision constitutionnelle qui divise profondément les Comoriens, qui est rejetée par l’essentiel des institutions du pays et qui entretient des tensions inutiles et à la longue infructueuses, voire même dangereuses.

 

-3. qu’ils tentent d’évaluer les promesses électorales du Président par rapport au redressement de la justice, au projet habitat, à la lutte contre la pauvreté et le chômage, en vue d’en redéfinir une nouvelle approche plus pragmatique qui tienne compte de la durée restante du mandat présidentiel.

 

-4. qu’ils essaient de communiquer en direction de la population et de manière lisible le bilan à mi-parcours de ces slogans si prometteurs tel que « Servir et non se Servir » ou « Corruption Tolérance 0 » ou encore ce qu’a pu produire la notion de « Président Gendarme » et indiquer si l’éventualité de lire un jour sur une photo  la phrase « Cet Homme a Trahi » existe toujours. 

 

-5. qu’ils cherchent les voies et moyens de réaliser l’Union sacrée des Comoriens autour des questions économiques et dans la recherche de solutions urgentes aux problèmes quotidiens des pénuries, des produits de 1ère nécessité et de la cherté de la vie.

 

-6. qu’ils engagent les procédures et mettent en place les moyens nécessaires pour les préparatifs liés à l’organisation des élections législatives des îles et de l’Union avant le terme des mandats des députés de l’Union et de l’île de Ngazidja pour éviter un vide juridique semblable à celui qui prévaut actuellement au niveau des Assemblées de Mwali et d’Anjouan.

 

-7. Enfin que Monsieur le Président de l’Union fasse un effort particulier pour se conformer à l’article 18 de la constitution de l’Union qui dit ceci : « le Président de l’Union établit un rapport annuel sur l’état de l’Union à l’intention de l’Assemblée de l’Union, de la Cour Constitutionnelle ainsi que des Assemblées des îles et des exécutifs des îles.

 

         Nous promettons notre appui total sur toute démarche de l’Exécutif de l’Union allant dans le sens de nos suggestions ci-dessus.

 

Honorables invités, mesdames et messieurs,

 

A l’heure où je vous parle et malgré la fréquence connue de tous, des sessions de l’Assemblée de l’Union, le gouvernement n’a déposé qu’un projet de loi, c’est celui portant rectification de la loi des Finances 2008.

 

Comme à son habitude il attendra les dernières  semaines de la session pour déposer le projet de loi des finances 2009, et ensuite plaider pour une adoption urgente pour cause de FMI et de Banque Mondiale, au risque d’avoir une loi des finances bâclée qui sera de toute façon modifiée comme à l’accoutumée par un décret présidentiel ou un arrêté ministériel ou même une note de service d’un haut fonctionnaire avant qu’un projet rectificatif ne soit réintroduit à l’Assemblée sur recommandation des mêmes institutions financières de Bretton Wood.

 

         Le seul signal reçu à ce jour du gouvernement à propos de son ordre du jour prioritaire dans cette session, c’est sa lettre d’intention, nous informant du dépôt imminent d’un nouveau projet de loi relatif à la citoyenneté économique.

 

         Nous ignorons tout du contenu de ce nouveau texte sensé remplacer celui qui a été rejeté par les députés lors de la session extraordinaire tenue  au milieu de cette année, un rejet qui a occasionné de la part du Président et de son gouvernement des mesures de représailles et beaucoup de fausses allégations contre l’Assemblée mais dont nous allons vous épargner les détails.

 

Néanmoins pour tenter d’en savoir plus sur la réalité qui entoure ce projet et se préparer à aborder de nouveau le débat sur ce sujet, le bureau de l’Assemblée a repris l’idée exprimée par la commission spéciale chargée de l’étude du 1er projet d’envoyer une mission parlementaire d’information dans le ou les pays concernés. Actuellement c’est le Kuweit qui semble prêt à recevoir cette mission dont le déplacement concerté entre l’Assemblée, le gouvernement et les prometteurs du projet, est entrain de se réaliser pour une courte durée de 4 jours.

 

Naturellement le rapport de cette mission sera rendu public mais il ne pourra servir qu’à enrichir les débats car encore une fois la décision de l’Assemblée se prendra certainement à la lumière de tous les éléments du dossier, mais en toute souveraineté et en âme et conscience.

 

Honorables invités, mesdames, messieurs,

 

         Je ne saurais terminer mon propos sans saluer le courage et la ténacité de mes collègues députés pour avoir travaillé tous ces derniers temps dans des conditions de plus en plus difficiles et dans une atmosphère de dénigrement systématique de la part de ceux qui sont sensés être nos partenaires.

        

         Ils savent que c’est pour leur pays, je dirais pour leur patrie qu’ils consentent à tous ces sacrifices. Je les félicite et les invite à redoubler de courage et de persévérance durant la présente session qui s’annonce sous les auspices  des plus défavorables.

 

Je déclare ouverte la session ordinaire d’octobre 2008.

                           

Je vous remercie.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 22:07

Ci dessous un discours très intéressant prononcé par Monsieur Said Dhoifir Bounou, le Président de l'Assemblée de l'Union le 13 octobre dernier lors de l'ouverture de la séssion parlementaire ordinaire.

 

 

UNION DES COMORES

Unité -  Solidarité – Développement
             ASSEMBLEE DE L'UNION                                                                                   

 

               

     

 

Discours d’ouverture de la session Parlementaire Ordinaire d’octobre 2008 prononcé le lundi 13 octobre 2008 par son Excellence le Président de l’Assemblée de l’Union Monsieur SAÏD DHOIFIR Bounou,

--------------------

 

- Madame et Messieurs les membres du Gouvernement ;

- Madame, Messieurs les Représentants du Corps Diplomatique et des  

  organismes Internationaux ;

- Mes chers Collègues députés;

-  Distingués invités, Honorable Assistance,

 

Assalam  Anlaikoum,

 

            Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir bien voulu prendre part à cette séance solennelle d’ouverture de la 2ème session parlementaire ordinaire de l’année 2008.

 

Cette session budgétaire débute dans un contexte national et international mouvementé et riche en évènements.

 

Sur le plan international, la crise immobilière qui a éclaté aux Etats-Unis s’est transformée en crise financière très sérieuse et  nous assistons à des ratés du système bancaire mondial consécutifs à la faillite du système bancaire américain, et toutes les mesures essayées jusqu’à ce jour n’ont réussi ni à stabiliser le phénomène, ni à le rendre contrôlable ou clairement prévisible. Si jusqu'à ce jour l’Afrique est relativement épargnée, la crise n’est pas encore maîtrisée et ses conséquences restent encore largement ignorées.

 

Du coté de la Russie les événements récents en Georgie ont agité le spectre de la guerre froide. Mieux encore, ils ont révélé la philosophie de deux poids deux mesures de certaines puissances qui exigent l’application des règles internationales qui préservent l’intégrité territoriale de la Géorgie, et dénient aux Comores ce même droit en ce qui concerne Mayotte. Doit on comprendre qu’il existe deux « droits des peuples à disposer d’eux-mêmes » l’un applicable en Géorgie pour ce qui est de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie et l’autre nul et non avenu aux Comores s’agissant du cas de Mayotte?

En Afghanistan, au Pakistan et en Irak, la lutte de la communauté internationale contre le terrorisme, connait de jour en jour des rebondissements dramatiques qui ne laissent pas présager une fin prochaine de ces conflits, malheureusement.

 

Un bonne nouvelle cependant : en République Populaire de Chine après la brillante organisation des Jeux Olympiques 2008 on assiste à l’ entrée de ce pays dans le club restreint et prestigieux des puissances spatiales en réussissant son premier vol habité vers l’espace avec sortie du spationaute ; nous saluons cet exploit.

 

Sur le continent africain, malgré quelques percées de la démocratie dans certains pays, à l’instar de l’Angola qui vient de connaître ses premières élections  depuis l’indépendance, la majorité des pays continuent à connaître une instabilité chronique due à des guerres civiles, des dictatures politiques souvent violentes, des économies exsangues à cause de la corruption et du pillage plus ou moins organisé par les  grandes multinationales et les pouvoirs en place.

 

 Toujours au niveau du continent africain une forme nouvelle de banditisme organisé a fait son apparition avec la piraterie maritime qu’on croyait appartenir à l’histoire et qui fait peser une grande menace sur la paix et  la sécurité dans la région du nord-ouest de l’Océan Indien.

        

On y assiste toutefois à une éclaircie prometteuse que nous saluons au passage : c’est la réconciliation entre le Cameroun et le Nigeria, après le règlement du conflit frontalier qui les opposait sur la presqu’île de Bakassi.

 

Les Comores s’inscrivent en bonne place sur le registre de ces pays qui subissent de plein fouet les effets pervers de ce vaste mouvement de déstabilisation tous azimuts aggravé par une profonde crise alimentaire mondiale qui risque d’être de longue durée.

 

Sur le plan économique, nous assistons à une véritable paralysie du pays due au départ, au non renouvellement du contrat de  livraison d’hydrocarbures  avec la société française TOTAL.

 

Le gouvernement rejette le terme de rupture de contrat et parle de fin de contrat. Soit. On peut cependant déplorer l’imprévoyance du gouvernement qui n’a pas pensé à la période de soudure entre la fin du contrat avec TOTAL et l’entrée en vigueur d’un nouveau contrat avec un autre fournisseur.

 

On peut  supposer  au vu de  l’enthousiasme du gouvernement  vis-à-vis d’une licence d’importation du brut obtenue ou promise auprès du gouvernement iranien, qu’il s’est laissé emporté et n’a pas prévu les conséquences immédiates du non renouvellement du contrat avec son ancien partenaire.

 

En outre, la nouvelle convention signée entre le gouvernement et Metro petroleum de Kenya, sensée instaurer la régularité dans les livraisons de carburant pour une période minimum de 6 mois, n’a hélas aucun impact positif sur les pénuries de carburant qui alternent : Quand il y a de l’essence il n’y a pas de gasoil. Quand il y a  du gasoil  il y a pas d’essence et quand il y’a les deux, c’est le pétrole lampant qui manque.

 

Cette situation qui perdure a fait des Comores le pays du Dépannage, ce qui est très préjudiciable à l’économie et entraîne une hausse vertigineuse des prix des denrées de consommation courante.

 

Ajoutée aux arriérés de salaires dont le nombre de mois échappe même au Président de l’Union, cette hausse de prix grève dangereusement les revenus de la population en général et des fonctionnaires en particulier, notamment pendant le mois sacré du ramadan qui vient à peine de s’achever, mois de grosses dépenses par excellence.

 

 Un événement économique déstabilisateur plus récent celui la, est la baisse des taux forfaitaires de dédouanement des conteneurs sur la simple  initiative du directeur général des douanes qui a fait fi de la loi des finances 2008  et  certainement par la même occasion, de l’Assemblée de l’Union qui l’a votée.

 

Je  crois même qu’il y a lieu de se demander  à quoi bon de voter des lois si un simple fonctionnaire peut marcher dessus sans que cela prête à conséquence ?

 

Sur le plan des relations entre les institutions, nous assistons depuis plusieurs mois à des attaques en règle contre les institutions de la république (Union et îles autonomes confondues) de la part du Président de l’Union.

 

Tantôt c’est le pouvoir judiciaire dont les magistrats sont accusés d’être « des mercenaires », tantôt ce sont les Présidents des îles qui sont accusés de freiner le développement du pays.

 

Les fonctionnaires quant à eux sont accusés d’être des gens improductifs, budgétivores, qui ne font que  « bouffer » le budget eux seuls, au détriment des autres catégories sociales.

 

La déstabilisation de la cour constitutionnelle dont le Président et certains membres furent changés entre les deux tours de l’élection du Président de l’île autonome d’Anjouan pour des raisons électoralistes partisanes, n’est pas pour rassurer les Comoriens  quant à la volonté de bonne gouvernance affichée par le chef de l’Etat.

 

Dans ce concert d’invectives frisant l’insulte contre les institutions, le morceau choisi est constitué par la haine vouée à l’Assemblée de l’Union, institution sensée contrôler l’action du gouvernement au nom du peuple mais qui ne peut pas le faire parce qu’on la prive des moyens de le faire.

 

Non seulement comme cela est clair pour tout un chacun le gouvernement essaie de paralyser l’Assemblée par strangulation financière et matérielle, mais encore le Président de la République l’accuse de ne pas faire son travail et de toucher des salaires indus.

 

Le comble de cette attaque haineuse contre l’Assemblée de l’Union est le fait que le Président de l’Union ait déclaré dans son discours de l’ide el fitr que durant la session d’octobre 2007, l’Assemblée n’a voté qu’une seule loi, la loi des finances.

 

Cette bourde du Président montre à quel point il est mal servi par ceux qui sont en charge de l’informer sur les affaires parlementaires ou peut être à quel point il ne leur prête qu’une oreille distraite.

 

Pour rappel et rectification voici la liste des lois examinées et adoptées par l’Assemblée de l’Union des Comores  durant la session d’octobre 2007 :

 

1.     Loi organique N°07-009/AU bis déterminant les conditions et les modalités de l’élection des Députés de l’Assemblée de l’Union et de son Président, le régime des inéligibilités et des incompatibilités adoptée le  7/12/07,

 

2.     Délibération N°08-001/AU portant élection des membres du Bureau de l’Assemblée de l’Union adoptée le 15/01/08,

 

3.     Loi N°08-002/AU portant loi des Finances Exercice 2008 adoptée le 15/01/08,

 

4.     Loi N°08-003/AU autorisant le Président de l’Union à ratifier le protocole de KYOTO à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques adoptée le 16 janvier 2008,

 

5.     Loi N°08-004/AU autorisant le Président de l’Union à ratifier le Protocole fixant la date et la durée de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre le Gouvernement de l’Union des Comores et la communauté Economique Européenne adoptée le 12/01/08,

 

6.     Loi N°08-005/AU portant Code de l’Aviation Civile de l’Union des Comores adoptée le 16/01/08,

 

7.     Loi N°08-006/AU portant statut du personnel parlementaire en Union des Comores adoptée le 12/01/08,

 

8.     Loi  N°08-007/AU relative aux technologies de l’information et de la communication (TIC) adoptée le 15/01/08,

 

9.     Loi N°08- 008/AU autorisant  le Président de l’Union à ratifier la Convention relative à l’article 83 bis de l’Aviation Civile internationale adoptée le 16 janvier 2008.

 

La même erreur le Président de la République l’a faite sur le décompte des lois votées à la session d’Avril de cette année.

 

         C’est l’occasion de rappeler à Monsieur le Président que conformément à la constitution en vigueur dans ce pays et qui n’est pas encore modifiée, l’initiative des lois appartient concurremment aux députés et au gouvernement et qu’une fois le texte adopté, il dévient simplement une loi et s’impose à tous, qu’il ait été initialement déposé sous forme de projet ou de proposition.

 

         Ceux qui sont intéressés à mieux comprendre la position de Monsieur le Président SAMBI face aux institutions républicaines, peuvent réécouter son interview réalisée à R.F.I quant il était encore candidat aux élections présidentielles de 2006, dans une émission intitulée le Grand reportage, et ils entendront ceci : « toutes ces institutions, parlement et autres, ne sont que des inventions sataniques. Seules les lois divines sont universelles et éternelles  et je suis convaincu que le drapeau de l’islam finira par flotter sur le monde entier »   « sans commentaire ». (...)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 09:53

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

 

Moroni, lundi 13 octobre 2008 (HZK-Presse) – La Confédération des travailleurs comoriens (CTC) a tenu à Moroni du 11 au 12 octobre dernier son congrès statutaire, abrité et parrainé par l’Université des Comores dans ses locaux de l’IFERE. Près de 14 organisations syndicales affiliées ont participé aux travaux. Des délégués de la CGT (France métropolitaine) et ses relais de la Réunion et Mayotte ont participé à titre d’observateurs aux assises, apportant ainsi leur expérience dans le domaine syndical. Au terme des travaux marqués par « des débats profonds et sérieux », l’ancien secrétaire général M. Ibouroi Ali Tabibou a été reconduit à son poste pour un nouveau mandat de trois ans.

 

« Syndiquer les travailleurs, c’est mieux les défendre » tel est un des slogans retenus pour ce premier congrès statutaire de la CTC. Ayant concentré ses travaux sur la réforme de ses textes (statuts et règlement intérieur), le congrès avait pour objectif de jeter les bases d’une refondation du mouvement syndical comorien, évoluant vers « un syndicalisme de proximité » afin de renouer avec la confiance des travailleurs, aussi bien ceux qui exercent dans le secteur public que les salariés du privé.

 

C’est d’ailleurs l’une des motivations du bureau sortant à placer le congrès sous la bannière « se syndiquer c’est mieux se défendre ». Le secrétaire général sortant a dans son discours d’ouverture des travaux appelé les congressistes à « se serrer les coudes », en invitant les travailleurs du secteur privé et de l’informel à rejoindre les rangs du mouvement syndical pour mieux défendre leur droits et faire face au patronat et aux pouvoirs publics, en matière de respect des normes internationales du travail. Et le leader syndical d’appeler à poursuivre la lutte « pour un travail décent » et l’Etat de droit aux Comores.

 

Dans son rapport, Ibouroi Ali Tabibou dira que la Ctc née dans une période dominée par la crise séparatiste (avril 2005) a pu imposer sa stratégie en répartissant les postes de son bureau national sur toute l’étendue du territoire national. Son organisation a su aussi, au fil des mois, « nouer des relations avec les mouvements syndicaux de la région », notamment la CGTR de l’île de la Réunion, la CGT-Mayotte et d’autres mouvements de Madagascar et Maurice.

 

Naturellement avec le concours des cadres du Bureau International du travail (BIT) et de la CGTR, le congrès constitutif d’avril 2005 a été sauvé. Autant dire que le passage de l’Usatc [Union des syndicats autonomes des travailleurs comoriens] à la Ctc a été « un exercice difficile et de longue haleine », témoignera M. Ivan Hoareau secrétaire général de la CGT- Réunion qui, pour la deuxième fois participe aux travaux de la Ctc.

 

Depuis, de nouvelles pistes ont été exploitées par le bureau national sortant en élargissant son champ d’intervention, en sensibilisant les travailleurs sur l’intérêt de s’organiser en syndicats et associations professionnelles, pour mieux défendre leurs droits. Des syndicats sont nés à partir de cette initiative, tel que le syndicat des dockers aux ports de Moroni et Mutsamudu. D’autres se sont renforcés sur le plan organisationnel, de par les formations dispensées par la Ctc avec l’appui du Bit.

 

Le bilan du bureau sortant a été bien apprécié par les congressistes qui commencent à ressentir l’impact de ce regain du syndicalisme, et à bénéficier des échanges d’expériences, à travers la collaboration et le soutien mutuel des organisations syndicales partenaires de la Ctc qui continuent d’apporter leur contribution au mouvement. L’adhésion de la Ctc en janvier dernier à la Confédération Syndicale Internationale (CSI) a donné le quitus à Ibouroi A. Tabibou, leader syndical incontesté sur l’échiquier national, après deux décennies de militantisme d’abord au service du corps enseignant dont il est issus, et ensuite de l’ensemble des travailleurs de son pays.

 

« Forte du soutien et de la solidarité syndicale, la Ctc est fière d’avoir pris part à des grands chantiers nationaux dans la mise en place de nombreuses institutions », a laissé entendre le leader syndical. Elle a par conséquent stigmatisé et combattu le séparatisme, saluant au passage l’intervention militaire à Anjouan, qui a permis le rétablissement de l’autorité de l’Etat. Il a rappelé la répression qui avait frappé les militants syndicaux dans cette île et auxquels il rend hommage.

 

M. Ibouroi évoque les difficultés internes liées au désistement de certains membres du bureau, ou aux moyens de fonctionnement. Mais face à cette expérience difficile, Ali Tabibou endosse son maillot de numéro 1 de la Ctc, presque plébiscité par ses camardes congressistes pour un second mandat.

 

Interrogé par la Gazette des Comores, le leader syndical estime que conformément aux objectifs du congrès, « la Ctc doit se doter des structures qui lui permettront de conquérir le secteur privé et informel ». Le nouveau bureau national saura-t-il relever le défi ?

 

A. Nabahane

131008/an/hzkpresse/6h00

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans SYNDICATS
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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 09:00

Ci-dessous le communique du GRITAC (Groupe de Réflexion pour l'Intégrité Territoriale de l'Archipel des Comores) diffusé ce jour (14 octobre 2008) concernant l'attitude du délégué de l'Union des Comores à la 4eme commission de l'ONU



COMMUNICATION

 
Pendant que Rock Wamytan, le représentant kanak du FLNKS de Nouvelle Calédonie, à la 4ème Commission de l'ONU, fustige dans son intervention, "l'occupation illégale par la France de l'île comorienne de Mayotte", la délégation comorienne venue comme à son habitude, faire de la figuration, en évitant, selon la formule consacrée "tout ce qui fâche", se contente piteusement de féliciter le représentant Kanak, en lui demandant une copie de son discours 
 
C'est là une illustration éloquente, pour ceux qui doutent encore de la mauvaise foi et du grossier double langage de la clique de Sambi, sur le contentieux franco-comorien relatif au problème de Mayotte.
 
Pendant que les représentant des pays occupés et colonisés profitent de cette tribune exceptionnelle pour affûter leurs armes et faire entendre à la communauté internationale leurs revendications ô combien légitimes, notre représentant, Housseine Said Mohamed, utilise son précieux temps de parole et en passant l'argent du contribuable comorien, pour venir faire de la diversion, en parlant de tout, sauf de "l'occupation illégale par la France, de l'île comorienne de Mayotte" et encore moins de la prochaine départementalisation de Mayotte, comme l'atteste cet extrait de document :

 
   
 
10/10/2008
  Assemblée générale
CPSD/400

________________________________

Département de l'information • Service des informations et des accréditations • New York
 
Quatrième Commission
6e séance – après-midi
 
LA COMMISSION DESQUESTIONS POLITIQUES SPÉCIALES ET DE LA DÉCOLONISATION ENTEND LES POINTS DE VUE DIVERGENTS DU MAROC ET DE L’ALGÉRIE SUR LE SAHARA OCCIDENTAL
 
La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a poursuivi son débat général cet après-midi au cours d'une réunion qui a permis au Maroc et à l'Algérie de faire entendre leurs points de vue, fortement divergents, sur la question du Sahara occidental. 
 
 
M. SAID MOHAMED OUSSEIN (l'Union des Comores) a rappelé devant la Quatrième Commission qu'au cours des 30 dernières années, l'Afrique a souffert et continue encore de souffrir.  Il a expliqué, au nom de l'Union des Comores, que l'Afrique a désormais besoin de stabilité, de paix et de sécurité.  Les guerres, les conflits et le sous-développement entravent les efforts de construction d'une Afrique unie, forte et solidaire, a-t-il déploré.  Il a poursuivi son propos en mettant en avant la situation qui prévaut au Sahara occidental où les armes et l'intransigeance devraient aujourd'hui laisser la place aux négociations.  Il a félicité le Maroc pour les efforts entrepris.  Ces efforts ont été jugés « sérieux et crédibles » par le Conseil de sécurité; ils permettront de trouver une solution politique négociée au différend sur le Sahara, a estimé M. Oussein.  
  
  
Ce qui prouve une fois de plus, que les discours de Sambi ne sont que de la poudre aux yeux, sans aucune consistance, comme l'a laissé entendre Yves Jégo lorsqu'il assure, que lors de sa rencontre avec Ahmed Abdallah Sambi en mai dernier, « jamais nous n'avons évoqué le statut de Mayotte en 2h30 de discussions ». « C'est une querelle qui est presque derrière nous », a-t-il conclu.
.
Ce qui est irréfutable, c'est que la diplomatie comorienne applique fidèlement et au pied de la lettre, la politique française aux Comores, au détriment des intérêts comoriens. Et ce, en sacrifiant sur l'autel de la politique de mendicité et de vassalité, la souveraineté et l'intégrité des Comores qui ne sont pourtant, ni cessibles, ni négociables.
 
Pour le GRITAC (Groupe de Réflexion pour l'Intégrité Territoriale de l'Archipel des Comores) <gritac_2000@yahoo.fr>

Said Hassane Jaffar

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Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 08:32

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, vendredi 10 octobre 2008 (HZK-Presse) – Nouvellement installé au Centre hospitalier national (CHN) d’El-Maarouf, Dr Abbas Ben Ahmed est un praticien chirurgien spécialiste pour les interventions au niveau du crâne autrement dit « neurotromatologie », dans le jargon médical.

 

Lundi 06 octobre dernier, le chirurgien a fait ses preuves pour la deuxième fois successive depuis son arrivée, sur un enfant de cinq ans victime d’une fracturé de la boite crânienne. L’enfant ayant retrouvé ses sens et son souffle peut espérer des jours heureux.

 

En dépit de ses compétences confirmées dans le domaine, Dr Abbas est opérationnel dans les services des urgences mais avec un statut de vacataire en attendant la régularisation de son statut. Le plus valu de ce chirurgien consiste à agir notamment sur l’une des pathologies rarement méconnue aux Comores à savoir l’hydrocéphalie et la trigonocéphale dont les symptômes inquiètent le commun des mortels : des crânes excessivement grandes… appelés à subir « un drainage externe ».

 

D’ores et déjà, un jeune patient de 9 ans vient d’être admis aux services du chirurgien en subissant un drainage au niveau du crâne. Pour le spécialiste ces pathologies sont traitées à partir d’un système consistant à la fois en une étude minutieuse du système nerveux du patient (la neurologie) mais surtout d’un matériel sophistiqué répondant aux normes hospitalières admises.

 

Pour répondre à la demande dont 4 cas présentés dans ses services, l’assistante technique de la coopération française, Dr Maroussia Daolio, une praticienne anesthésiste qui joue également le rôle de conseiller assistante du médecin chef des services des urgences à El-Maarouf agit actuellement en vue de faire intervenir un second neurochirurgien, sollicité auprès de son centre hospitalier d’origine à Grenoble en France, afin d’accompagner le Dr Abbas Ben Ahmed pour traiter ensemble ces cas.

 

C’est ainsi que le chirurgien comorien entend sous peu sillonner le territoire national pour recenser les cas semblables qui auparavant ne pouvaient bénéficier d’aucun traitement adapté. Des malades souvent abandonnés à leur triste sort.

 

Interrogé par La Gazette des Comores sur les raisons de son choix de ne pas s’installer à son propre compte en ouvrant sa clinique privée comme nombre de ses confrères chirurgiens, Dr Abbas Ben Ahmed estime que sa discipline « nécessite un plateau sanitaire bien adapté aux normes hospitalières, ce qui suppose un investissement lourd et coûteux ». Mieux encore, notre praticien semble donner la priorité au secteur public, en pensant surtout aux nombreux patients qui n’ont pas les moyens de prendre en charge ces types d’interventions lourdes.

 

A en croire Dr Daolio, anesthésiste, « la voie du succès est assurée pour traiter ces pathologies ». A titre de témoignage, le médecin chef des services des urgences, Dr Djabir Ibrahim, se félicite de l’appui de la coopération française en matière d’assistance technique, contribuant à l’amélioration de la qualité des services des urgences. Pour le médecin chef, le département s’organise et se renforce notamment avec le renouvellement du « staff » sous la supervision du Dr Daolio.

 

L’aménagement des urgences par le déploiement d’une équipe de huit médecins donne à croire que l’apport de la coopération française en matière d’appui à la formation et à l’organisation des services des urgences pourrait assurer une pérennisation au-delà de la période contractuelle de l’assistante technique mise à la disposition du centre hospitalier.

 

A. Nabahane

101008/an/hzkpresse/6h00

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans SANTE
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