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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 21:18

CULTURE : « TERRE NOIRE. Lettres des Comores » de Jean Marc  TURINE 

Un livre poignant  et intimiste plein de questionnement et d’étonnement.

 Notes de lecture :

Voici un livre dont la publication ne doit pas passer inaperçue pour tous les Comoriens, tous ceux qui s’intéressent  aux  Comores et tous ceux qui aiment la belle écriture. Il s’agit de Terre Noire, lettres des Comores de Jean Marc Turine *(photo ci-dessous) édité il y a quelques mois aux éditions Metropolis en Suisse.

 L’auteur  relate dans ce livre ses trois voyages effectués aux Comores au début des années 80 (huit mois en tant que coopérant), en 1998 (deux mois comme journaliste pour France Culture)  et en 2006 (pour réaliser des émissions pour la RTBF).

 Le 30 novembre 1980, il débarque pour la première fois aux Comores. C’est son premier voyage en dehors de l’Europe. Jeune coopérant belge faisant partie de « ces quelques chômeurs  que la France et la Belgique sauvent des affres d’une dépression » comme il le dit lui même (p.22), il doit enseigner la philosophie au lycée de Domoni. 

 Dès son arrivée à Domoni, il se sent chez lui. Domoni devient sa vraie ville pour huit mois. Il l’affirme avec force « aujourd’hui c’est le 30 novembre 1980, il est deux heures trente du matin. Je suis à Domoni, la ville du président et ma ville pour huit mois… » (p.18). Au même moment, il comprend qu’il ne peut pas être un coopérant comme les autres : «  La nuit est chaude, tropicale, lourde et la communauté blanche fête le départ d’un des siens. Depuis le début de l’après-midi, les pluies et les vents s’abattent sur l’île avec un acharnement systématique, dévastateur mais naturel. Qu’importent les paillotes emportées (…), la fête a lieu, j’en suis, je ne sais pas où je suis.» Mais en réalité, Domoni deviendra définitivement sa ville.

 Un peu plus loin, il confie qu’il a même du mal à préserver la condition première du coopérant « la neutralité ou l’objectivité blanche. Statut bâtard, hypocrite, de l’ignorance intellectuelle ! » (p.40)

Du coup, il fait son choix.  En vérité, c’est un coup de foudre ! Il trouve une ville, Domoni, il a une vraie famille, celle de Maenrouf, Attoumane et  Adia dont il deviendra tout simplement « le papa blanc ». La découverte des îles, « Anjouan la belle », la Grande Comore, « l’île qui se laisse découvrir comme un visage dont les yeux parfois caressants, parfois horrifiés, parfois stupéfiés se soumettent à la demande » (p.51), d’un pays et  d’un peuple, « les comoriens dont la faute est d’être simplement très pauvres(…) des comoriens  négligés par  un ordre mondial qui ne considère que son nombril économique et qui supportent les conséquences d’une colonisation  qui a laissé le pays exsangue» (p.53) le transforme. Il devient un muzungu comorianisé.[1] Il ouvre les yeux sur tout et écoute avec attention : la pauvreté « sur des enfants au ventre bâillonné…sur des corps prématurément vieillis » (p.20) ou encore « j’observe une intolérable pauvreté » (p.73) sur ses amis  rencontrés à Moroni  en 1998 comme Seseko. « Je le regarde attentivement » écrit-il (p.81) » sur  les villes « j’ouvre  les yeux sur la ville de Moroni. J’écoute les battements de son cœur, les froissement de ses jupes, ses pas traînants dans un désœuvrement  collectif » (p.83)…Vingt quatre ans après, de retour à Anjouan, il ne change pas, il continue à ouvrir ses yeux sur tout !

 Il se comporte  vraiment en Comorien. Malgré la « chaleur qui monte et est écrasante » et « sous un soleil en pleine forme », il marche beaucoup dans tous les sens et « sans fatigue » : « sur le bord de la route », « sur les escaliers de la banque et du bureau central de la poste où il rencontre les mêmes mendiants aux corps tordus, aux mêmes emplacements et observe la même indifférence à leur égard», « dans le dédale des ruelles étroites et poussiéreuses»…Car il veut « se fondre dans la foule des marcheurs (…) pour être semblable à elle » (p.73).

 Il fréquente les Comoriens et leurs lieux comme  le café du port qui deviendra son lieu privilégié d’observation et de repos ! Un endroit non fréquenté par les quelques Européens vivant à Moroni. Il se fait aussi beaucoup d’amis de toutes les classes sociales surtout en 1998 et en 2006. Il adopte les moeurs des Comoriens. Cela est très visible quand il relate ceci : « Chez Tony, il y a du monde. Un repas est offert après la lecture d’une page du coran. Je fais la connaissance de sa femme, Anrfati, qui est enceinte. La rencontre est chaleureuse et simple. Je mange du mataba, je bois du jus de mangue et du tamarin. Nous mangeons avec les doigts, assis sur une natte posée sur le sol. (…) Mon groupe d’amis, je l’ai trouvé là. Je les verrai tous les jours. »

 Quand on se sent vraiment Comorien, on ne peut pas rester insensible à l’extrême pauvreté de ce pays – un crime - et ménager leurs différents responsables. Jean Marc Turine le prouve dans son œuvre. On retrouve en effet quasiment dans toutes les pages les termes « pauvreté, misère et faim» soit expressément soit implicitement.

 Il fustige aussi en permanence et avec les mots appropriés les responsables : « toute la sauvagerie coloniale d’hier et toute la négligence du pouvoir actuel qui s’inscrivent sur ces corps prématurément vieillis à l’âge indéterminable, gravées » (p.20) ou encore « ce président qui ne s’occupe guère des affaires de l’Etat, il utilise la politique pour la prospérité de ses capitaux, de ses commerces » (p.35).

 Ce passage parlant mérite aussi d’être cité : « Moroni n’est certes pas Kigali ni Alger (…). Pas de bandes armées fanatiques qui massacrent aveuglément. (…). Aux Comores, on ne fréquente pas la famine qui sévit au Soudan. Mais cela change t-il quelque chose au crime ? Un crime commis depuis des années et resté impuni. Car laisser la faim s’installer  est criminel comme est criminel l’indifférence face à l’absence d’accès aux soins les plus élémentaires.

Où es-tu communauté internationale ?
Derrière quel baobab te planques-tu ?
Tu n’as rien à dire, France ?
Rien.
En apparence. » (p.55) 

 Jean Marc Turine ne manque pas enfin de révéler quelques informations qui mériteraient d’être exploitées. L’on peut citer par exemple ce passage où il évoque ce Français chez qui il loge en 1998 lequel a « une double mission : l’une officielle, dans la coopération, l’autre officieuse, plus directement politique et en liaison avec les services de l’Ambassade » qui lui explique  « qu’il organise de nombreuses réunions avec des membres de l’opposition. Sa mission devient plus claire : fédérer l’opposition et créer un moment favorable pour déstabiliser Taki »

 Mais au delà du récit intimiste que certains peuvent juger parfois un peu provoquant et exagéré (pourtant, à notre avis, il ne l’est pas !), de la description profonde de notre pays et de ce que Jean Marc Turine dit vouloir offrir à travers son œuvre à savoir « le témoignage qui sort de l’ombre et de l’oubli, même de façon partielle et subjective, un pays parmi les plus pauvres de la planète, rencontré sans préméditation et dont les habitants me sont chers. J’ai essayé de les accompagner dans les dimensions les plus simples, donc véritable, de la vie », le lecteur de « Terre Noire, lettres des Comores » est surtout frappé par la beauté stylistique de l’écriture adoptée. Trois écritures différentes ! On y trouve, en effet, une fusion de la narration et de l’information. Mais le lecteur est aussi séduit par ce mélange régulier de poésie et de philosophie cadencé par plein de questionnement, d’étonnement et d’ironie. Cela se ressent plus dans le deuxième texte « Terre Noire (1998) ». Il suffit de relire le passage précité de la page 55 pour s’en convaincre.

Le lecteur se régale aussi grâce à ces jeux de mots permanents, les analogies et autres figures de styles qui sont très visibles tout au long de la lecture. Il y a ici ou là des comparaisons, des belles métaphores, des clichés et personnifications… ou encore des allégories et des anaphores.

 Lisez par exemple ces quelques belles lignes consacrées à la femme comorienne plein  d’anaphores. A juste titre d’ailleurs ! Peut-on décrire la femme comorienne avec un autre style ?

 « Les femmes élèvent les enfants, les femmes cuisinent et  ramassent le bois avec les enfants, les femmes font la cueillette de l’ylang-ylang avec les jeunes filles, les femmes ramassent le sable sur les plages pour le transporter dans des paniers jusqu’à la route où les hommes viendront le charger, plus tard, en camion, les femmes font les lessives, les femmes font les lessives, les femmes vendent les fruits et les légumes sur les marchés. Les femmes font beaucoup trop d’enfants (…) » (p.43)

 Dès fois tous ces jeux de mots sont mélangés dans un seul paragraphe. Ce qui accentue la beauté du récit et de l’écriture.

 C’est le cas, quand Jean Marc Turine décrit l’île de la Grande Comore comme suit :

 «  Un corps ? Une île ?

Elle est attirante la terre noire de la Grande Comore. Et fière. Noire de lave qu’aucune larme, aucune sueur, aucun baiser n’ont pu attendrir. (…) Le bleu qui l’entoure est comme du fard sur des paupières.
L’île se laisse découvrir comme un visage dont les yeux parfois caressants, parfois horrifiés, parfois stupéfiés se soumettent à la demande : prends-moi et laisse moi te prendre. (…)
Alors pourquoi la faim ? Pourquoi la misère ? Pourquoi cette préoccupation, ce mal obsédant subi au quotidien ? Pourquoi ce tourment ? » (p.50 – 51)

Ou encore ce mélange de lettres frappant qui caractérise le troisième texte « Adia, Adia d’Anjouan » (p.177 et s.). Car le livre lui-même est déjà une lettre poignante adressée à ses lecteurs. Et pourtant l’auteur juge utile d’y insérer aussi quelques lettres des ses amis et de « sa fille Adia ». Peut être, c’est une façon pour lui de mieux interpeller le lecteur.

S’il est vrai qu’on trouve  aussi dans le livre des petites erreurs et confusions sur les dates (la date de l’indépendance des Comores est 1975 et non 1974…) et noms des personnes et lieux (pour parler du Président Ahmed Abdallah, tantôt c’est Ahmed Abdallah, tantôt c’est Mohamed Abdallah…Ajaho ??? Chididini ???. A Anjouan, à notre connaissance, il n’y a pas de village qui s’appelle « Iconi… » (p.227) – des erreurs que beaucoup de Comoriens peuvent aussi commettre vu l’ignorance de leur pays dont ils font preuve. Mais, ce livre a le mérite d’être un très bon livre  bien écrit qui capte et interpelle son lecteur du début à la fin.

 Espérons que beaucoup de comoriens, et plus particulièrement Mohamed Bacar Dossar, un des meilleurs amis de l’auteur dont on parle beaucoup et loue « la rigueur, le sérieux et l’honnêteté intellectuelle » dans le livre – devenu actuellement la clef de voûte du pouvoir -  liront « Terre Noire. Lettre des Comores ».

 Que Jean Marc Turine me permette d’emprunter ses mots pour parler aussi à son œuvre laquelle m’a parlé tout au long de sa lecture et à travers elle mon pays natal en ces termes : « Je te caresse de mon regard, je te donne à toi-même ton corps parce que je te regarde  avec tendresse !

Saint Gratien le 28 juillet 2008

Informations générales:

ISBN: 978-2-88340-176-1

 

256 pages

 

Format: 13x21

 

Prix: 31 CHF

 

Prix: 20 EURO 

 

 

 

 *Jean Marc Turine vit et travaille à Bruxelles. Il est romancier, cinéaste, essayiste et a été aussi enseignant

1 Cette appellation m’appartient et j’assume son usage. Elle signifie tout simplement un blanc ou européen devenu un vrai comorien ou encore « peau blanche, cœur comorien »


Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 10:56
Moroni, Comores – A l'appel de plusieurs syndicats, près de 600 manifestants sont descendus lundi dans la rue à Moroni pour réclamer des conditions de vie décentes et appeler le gouvernement à réagir contre la vie chère et la montée des prix des denrées de première nécessité.
Les manifestants, partis de la Place Karthala, dans le sud de la ville, se sont arrêtés Place de l'Indépendance où les responsables syndicaux se sont adressés à la foule, dénonçant la pénurie de carburant qui dure depuis des semaines, le silence du ministère des Finances face à la montée des prix et les arriérés de six mois de salaires.
"Nous voici à la seconde manifestation pour les mêmes raisons en moins de deux mois, a déclaré Chabane Mohamed, chef du Syndicat des enseignants du secondaire, qui a dit espérer que le gouvernement donnera un signal fort avant la fin de la semaine pour ne pas compromettre les examens scolaires.

Les enseignants ont déjà menacé de ne pas prendre part aux examens du Baccalauréat prévus du 5 au 8 août et ceux du Brevet élémentaire à partir du 15 août si leurs arriérés de salaires ne sont pas versés avant ces dates.

"Les propos désobligeants, désagréables et méprisants que le chef de l'Etat a tenus récemment à Mdé sont incompatibles avec ses devoirs", a souligné le chef syndicaliste, qui a dit ne pouvoir tolérer que le président ait osé déclarer publiquement n'avoir aucun souci pour les salaires des agents de l'Etat.
Avant son départ pour les Etats-Unis la semaine dernière, le président comorien, Ahmed Abdallah Sambi avait déclaré que l'argent du pays ne pourrait pas servir à payer des salaires de fonctionnaires.

Certains manifestants avaient porté un faux cercueil pour symboliser, selon l'un des porteurs, "la mort du pays" que le gouvernement est accusé de tuer. Pour d'autres, le faux cercueil serait celui du régime de M. Sambi.

Moroni - 28/07/2008 Pana

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 18:13

 

LU POUR VOUS :

 

Source : Le Canard enchainé mercredi 23 juillet 2008 page 4

 

DISTRAITS, LES POMPIERS ?

 

(…) L’actuelle traque aux personnes en situation irrégulière peut donner lieu à des situations cocasses. Assane, ressortissante comorienne qui vit à Thouars depuis 2007, vient d’être sommée par le service des étrangers de la Préfecture des Deux-Sèvres de quitter le territoire français et de rejoindre…Mayotte.

 

Seulement voilà ! Sous protectorat français depuis 1843, l’île de Mayotte a choisi, en 1975, de rester française.

Explication de la préfecture, en attendant que le Tribunal administratif statue sur le cas peu commun : «  Ce n’est pas juridiquement une explication. Juste une obligation. Juste une obligation de quitter le territoire métropolitain. »

 

Assane, qui vivait à Mayotte en toute légalité, ne bénéficiait d’une autorisation de séjour en métropole que jusqu’au 25 août 2007. Aux yeux de la loi, elle est donc obligée de quitter la France (métropolitaine) pour aller en France (A Mayotte) si elle veut pouvoir revenir légalement en France avec un titre de séjour.

 

Limpide non ?

Jean-Yves Viollier

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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 23:56

 MORONI - Les députés comoriens ont rejeté jeudi un projet de loi visant à accorder la nationalité comorienne à 4.000 familles habitant aux Emirats, au Koweït et en Arabie saoudite mais considérées officiellement comme apatrides, a-t-on appris vendredi de sources parlementaires.
Le gouvernement avait appelé les députés à voter le projet de loi accordant la citoyenneté comorienne à ces personnes contre des avantages financiers.
"Il s'agit d'un programme visant à attirer des investisseurs étrangers dans le domaine de l'immobilier" selon le communiqué officiel du gouvernement publié au moment du dépôt du projet de loi (voir ICI).
"La naturalisation par exemple de 4.000 familles des Emirats arabes unis (rapportera) environ 100 millions de dollars américains" aux Comores explique le communiqué.

Selon le gouvernement comorien, ce projet "a été initié suite à des rencontres au plus haut niveau entre l'émir du Koweit et le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi".
Le texte, qui aurait permis d'accorder la nationalité comorienne à ces familles "sans obligation de résidence habituelle aux Comores", a été rejeté tard jeudi soir lors d'une séance houleuse à l'Assemblée, convoquée spécialement en session extraordinaire.

L'opposition comorienne a vigoureusement protesté contre le projet, estimant qu'il équivalait à "une mise aux enchères de notre nationalité".
L'un des vice-présidents du Parlement, le député Ibrahim Mohamed Sidi, a dénoncé la "gourmandise" du gouvernement prêt à "vendre la citoyenneté comorienne aux pays du Golfe" qui veulent "se débarrasser de ces familles encombrantes".

Plusieurs députés ont de leur côté affirmé que ces familles, en majorité des nomades "bidun" (sans nationalité), se trouveraient en situation irrégulière dans leurs propres pays.En revanche, pour le rapporteur du projet, Assoumani Yousouf Mondoha, le texte était un "programme de citoyenneté économique visant à naturaliser des personnes majeures ayant la qualité d'investisseurs" et aurait permis à l'archipel comorien de recevoir près de 200 millions de dollars (127,5 millions d'euros).
Les trois pays concernes sont parmi les trois principaux partenaires économiques et alliés politiques des Comores depuis l'arrivée de M. Sambi au pouvoir en 2006.
Les Comores - composées des îles de Grande-Comores, Anjouan et Mohéli - sont un archipel très pauvre de l'océan Indien, où les fonctionnaires totalisent cinq mois d'arriérés de salaires en 2008 et où les pénuries de carburant et d'électricité sont récurrentes.

Un islamiste modéré, Ahmed Abdallah Sambi, est à la tête des Comores depuis mai 2006. M. Sambi est également un guide religieux islamiste modéré formé en Arabie saoudite, au Soudan et en Iran.
Le gouvernement comorien, ministre des Affaires islamiques en tête, a opéré ces dernières semaines un durcissement des mesures pour "la sauvegarde des bonnes moeurs", pour les mettre en adéquation avec les "valeurs" de l'islam, suscitant l'inquiétude de milieux intellectuels et de femmes.

AFP / 25 juillet 2008 21h09
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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 12:01
 
 

APA-Cotonou (Bénin) 23/07/2008 De nombreux Béninois s’interrogent sur les motifs de la décision du gouvernement du président Yayi Boni d’accorder l’asile à l’ex-président déchu d’Ajouan, Mohamed Bacar (voir ICI un autre article dans ce sens publié le 25 juin 2008).

Quatre jours seulement après l’arrivée à Cotonou du président déchu d’Anjouan (voir ICI), les Béninois se demandent si les autorités politiques béninoises ont transformé le pays en terre d’asile pour les hors-la-loi du continent africain.

« Nous ne comprenons pas pourquoi nos autorités politiques acceptent d’héberger sur notre territoire des ennemis de la démocratie africaine », se sont-ils demandé, à travers un micro trottoir, réalisé par APA, dans la capitale économique béninoise.

Pour le sociologue Jaurès Sètondji de l’Université de Cotonou, les Béninois jouissent actuellement d’une liberté démocratique chèrement acquise après plusieurs années de lutte et de sacrifices.

« Pour quelles raisons nos autorités acceptent de protéger les éléments qui ont l’intension d’empêcher leurs pays de jouir des mêmes avantages de la démocratie que le Bénin», s’est-il inquiété.

Selon le mécanicien garagiste, Firmin Koudjinnahoui, avec cette volonté manifeste des dirigeants béninois, le pays est en train de se forger une malheureuse tradition de paradis pour anciens rebelles et citoyens en difficulté avec leur Etat.

« Bien avant Bacar, plusieurs hommes politiques déclarés personna non grata dans leur pays, notamment, l’actuel président centrafricain, François Bozizé, Ibrahim Coulibaly de la Côte d’Ivoire, Goukouny Weddeye ancien rebelle tchadien qui est devenu président par la suite, l’actuel président tchadien Idriss Déby et plusieurs hommes politiques congolais, avaient bénéficié de l’hospitalité béninoise », a-t-il rappelé.

Pour ces Béninois, les autorités gouvernementales doivent des explications au peuple sur l’asile qu’ils ont accordé à Mohamed Bacar.

« Le gouvernement du président Yayi Boni a toujours prôné, depuis près de deux ans, la gouvernance concertée en toute chose. Mais pourquoi n’a-t-il pas averti le peuple de l’arrivée de l’ex-président d’Anjouan ? », s’est-il interrogé avant de marteler : « Nous voulons tout simplement des explications !».

Débarqué du pouvoir par une opération militaire de l’Union africaine, en mars dernier, Mohamed Bacar s’était enfui à Mayotte avant d’être transféré à La Réunion d’où il a été expulsé samedi dernier pour Cotonou au Bénin.

MT/aft/APA
23-07-2008
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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 09:43

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, mercredi 23 juillet 2008 (HZK-Presse)Le bras de mer séparant Anjouan de Mayotte a encore été le théâtre d’un dramatique naufrage de kwasa-kwasa, survenu ce mercredi, à l’aube entre 5h et 6h00. Le bilan encore provisoire, fourni par la préfecture de Mayotte fait état de six morts et de six rescapés vivants dont des enfants, alors que les recherches se poursuivaient encore, pour tenter de retrouver d’éventuels survivants, sur une trentaine de passagers supposés avoir embarqué à bord du kwasa-kwasa.

 

L’accident s’est produit non loin de la plage de Papani en Petite terre, un endroit particulièrement réputé pour accueillir les embarcations de fortune en provenance d’Anjouan, transportant des familles y compris des enfants en bas âge. A en croire la directrice de cabinet de la préfecture de Mayotte, Florence Bezard, citée par l’Afp, le drame serait provoqué par « les conditions météo [qui] sont mauvaises, avec une forte houle », en cette période de Kussi [appelé l'hiver austral]. L’on évoque aussi l’hypothèse d’une surcharge du navire.

 

Comme d’habitude, en pareille circonstance, les forces françaises de la gendarmerie mobile, de la police des frontières et du secours en mer, ont été déployées dans la zone du drame, avec cinq vedettes et deux avions, pour tenter de retrouver des survivants. Chaque année, depuis l’instauration du visa, en 1994, par l’ancien Premier ministre français Edouard Balladur, on déplore une dizaine de naufrages occasionnant la mort de plusieurs dizaines de comoriens, désirant se rendre à Mayotte par la voie maritime au moyen de ces petits bateaux de pêche de fabrication artisanale.

 

En 2007, deux graves accidents avaient endeuillé de nombreuses familles, entre juillet et août, totalisant le chiffre macabre de 17 morts et 19 autres portés disparus. Un problème qui est loin d’être résolu, même si depuis l’année dernière, les gouvernements français et comorien ont entamé des discussions dites de « haut niveau » devant aboutir à un règlement négocié de la question de la régulation du flux migratoire entre Mayotte et ses trois autres îles sœurs de l’archipel.

 

Ce que Paris appelle « l'immigration de clandestins vers Mayotte », a fait l’objet à Moroni d’un deuxième round consacré à « la circulation des personnes et des biens entre les quatre îles de l’archipel », qui se poursuivra en septembre prochain à Mayotte, avant la conclusion d’un « traité bilatéral » qui sera signé début 2009 entre le président Ahmed Abdallah Sambi et son homologue Sarkozy.

 

« Il n’y aurait pas de question tabou, y compris la suppression du visa Balladur », nous confiait un participant à la rencontre de Moroni. Quant au statut politique et l’avenir institutionnel de Mayotte, au centre du contentieux territorial entre la France et les Comores, c’est une autre paire de manche.

 

El-Had S. Omar

230708/eso/hzkpresse/18h00

 

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 08:44

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, lundi 21 juillet 2008 (HZK-Presse)L’armée comorienne est en deuil après avoir enterré l’un de ses hommes, le sergent-chef Abdoussalam Housseine, mort samedi mais dont le corps n’a été retrouvé que dimanche en fin de matinée dans un terrain vague aux environs du village de Vouvouni, voisin de Mdé d’où est originaire l’ancien soldat. L’un de ses frères d’armes et co-villageois, l’adjudant Abdourazak Toybou, est admis à l’hôpital El-Maarouf et serait dans un état grave. Victimes, tous les deux d’agression, les deux soldats ont été agressés alors qu’ils étaient de passage dans le village de Vouvouni.

 

Le ministre de la Justice, Madi Ali, et plusieurs officiers, sous-officiers et hommes de rang avaient pris part à l’enterrement du soldat, hier dimanche après-midi. Vers la fin de l’après-midi d’hier, trois suspects de Vouvouni avaient été interpellés par la gendarmerie qui poursuivait encore ses recherches au moment où nous mettions sous presse.

 

A la gendarmerie, où les enquêteurs essayaient de mettre les éléments du puzzle en place, l’on sait que la veille (samedi), un match de football avait opposé les équipes de ces deux villages voisins qui s’est terminé par un score nul de zéro à zéro. On relève également que les deux villages, en dépit de leur proximité, n’ont jamais eu des relations de bon voisinage et que la tension entre eux est toujours vive et tendue.

 

L’armée a perdu l’un de ses siens tandis qu’un autre de ses éléments est dans un état critique. Le village de Mdé a perdu un de ses enfants et un autre se bat entre la vie et la mort. Nous attendons les éléments de l’enquête pour savoir quel sera le traitement que fera de cette affaire la justice comorienne pour faire revenir la paix entre les deux villages et que tout le monde apprenne à respecter l’uniforme. Même si les soldats agressés –tué et blessé – n’étaient pas en uniforme au moment des faits.

 

M.Hassani

210708/mh/hzkpresse/6h00

 

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 14:18

Le Karthala regorge d'un énorme potentiel de développement économique et écologique qui va de ses ressources en matériaux, à sa richesse environnementale en biodiversité, en passant par ses gisements en énergie renouvelable. Le Karthala, sous cet angle, est considéré comme une source importante de développement, car il permet à des populations locales de tirer profit de sa nature, en créant des activités génératrices de revenus.

Le Pnud organise un colloque international sur le Karthala en octobre prochain au Palais du Peuple. Ce colloque, qui verra la participation de grands noms du monde de la vulcanologie et d'experts de tous horizons, est parrainé par le gouvernement de l'Union des Comores. L'objectif, tel que défini par le coordonnateur résident du Système des Nations unies (Snu), qui en est le principal artisan, est triple. Cette conférence internationale entend lever le voile sur le Karthala, et exposer le volcan sous tous les angles, en tenant compte de l'aspect scientifique, de l'aspect économique et de l'aspect purement politique.

La portée scientifique permettra d'acquérir et d'approfondir des connaissances sur le volcanisme comorien, ainsi que des données relatives aux phénomènes et mécanismes sismiques. Cette approche devra associer chercheurs et ingénieurs de divers domaines scientifiques (géologie, volcanologie, hydrologie…). Les recherches scientifiques effectuées ces dernières années sur le volcan serviront de base de travail aux participants. Le volet scientifique du Colloque contribuera à vulgariser et à mettre à la portée du grand nombre les explications liées à la nature de ce géant voisin, qui tutoie les nuages et semble à la fois nous menacer et nous protéger.

Ensuite, vient la dimension politique qui constitue l'aspect le plus important, car la conférence devra mettre l'accent sur la gestion intégrée des risques liés au volcan. Ces risques peuvent avoir des conséquences très graves sur les hommes et leur environnement : pertes en vies humaines, destruction des infrastructures, augmentation des maladies infectieuses, dégradation des écosystèmes, réduction de l'utilisation des terres. Ces catastrophes peuvent être très dangereuses pour un pays comme le nôtre, pauvre, vulnérable, à l'économie fragile, et qui souffre d'un déficit en matière d'observation, de prévention et de diffusion d'alerte, ainsi que dans le domaine de la gestion de crises. Aussi, la conférence entend-elle proposer des pistes de solutions afin de permettre aux décideurs politiques et à la société civile de mieux appréhender la gestion des risques. Le but étant d'obtenir une définition partagée et concertée d'une politique impliquant tous les acteurs pour une meilleure prévention, qui va de l'éducation à la gouvernance locale.

Enfin, le dernier niveau se situe sur la dimension de la valorisation énergétique et touristique. Le Karthala regorge d'un énorme potentiel de développement économique et écologique qui va de ses ressources en matériaux, à sa richesse environnementale en biodiversité, en passant par ses gisements en énergie renouvelable. Le Karthala, sous cet angle, est considéré comme une source importante de développement, car il permet à des populations locales de tirer profit de sa nature, en créant des activités génératrices de revenus. Outre le trekking qui fascine les amoureux des randonnées pédestres et d'escalade, les potentialités de développement touristique sont également très importantes, surtout pour le tourisme qu'on qualifie d'éco, de bio, ou de solidaire, voire de culturel pour les villages environnants. L'autre dimension de la valorisation concerne l'exploitation de la géothermie, une énergie propre et renouvelable. Le massif du Karthala est un emplacement possible pour le développement de la géothermie haute enthalpie pour la production d'électricité à partir d'un fluide à haute température se situant en profondeur.

Bref, c'est en décortiquant tous ces aspects que l'on arrivera à mieux connaître ce monstre énigmatique, et à ne plus avoir peur de lui. Et le colloque entend apporter des réponses à toutes les questions que l'on peut se poser sur la nature du Karthala, que ce soit du domaine rationnel, ou de l'irrationnel. Car, même si la mythologie continuera toujours à exercer des fascinations sur le volcan, en véhiculant ses légendes, seulement, après ce colloque, on se rendra bien compte que les djinns ont décampé des entrailles du Karthala depuis belle lurette, et que le trône de la reine de Saba n'y est plus. Mais, les mystères liés au volcan seront également au rendez-vous d'octobre, à travers une série d'activités artistiques et culturelles qui seront organisées parallèlement et autour de l'événement. Comme on peut le constater, le Karthala n'a pas fini de fasciner les hommes.

Sast
Alwatwan N° 1116 du 18/07/08

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 14:11

GOUVERNEMENT DE L'UNION DES COMORES

COMMUNIQUE

Le programme dit de “citoyenneté économique” a été initié suite à des rencontres au plus haut niveau entre l'Emir du Koweit et Son Excellence le Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Le programme s'inscrit donc dans le cadre des relations diplomatiques souveraines entre les deux Etats.

Contrairement au passé, au cours duquel de nombreux passeports comoriens ont été complaisamment octroyés à des individus étrangers moyennant des avantages que seuls les dirigeants d'alors en connaissaient les bénéficiaires, malgré que le code de la nationalité donne le droit au Gouvernement d'accorder la nationalité comorienne à des étrangers, le Gouvernement a choisi de jouer la transparence en soumettant un projet de loi au vote de l'Assemblée et accepte le débat démocratique.

Certains esprits chagrins s'évertuent à déformer le contenu de la loi et susciter des peurs injustifiées au sein de la population.

Qu'en est-il ?

Il s'agit d'un programme visant à attirer des investisseurs étrangers dans le domaine de l'immobilier de notre pays. Chaque investisseur s'engage à investir un montant minimum durant une période déterminée.

La naturalisation comorienne est accordée par décret du Président pris en conseil des Ministres après instruction du dossier de l'intéressé.

Est exclus du programme et ne peut être naturalisée, tout demandeur :

Reconnu membre d'un groupe ou d'un parti politique terroriste ou se revendiquant de principes contraires à l'islam;

qui n'est pas de bonne vie et mœurs ;

qui fait l'objet d'une condamnation pour acte qualifié de crime ou délit contre la sûreté de l'Etat, vol, escroquerie, abus de confiance, recel, chantage, extorsion de fonds, faux et usage de faux, crime contre les personnes ou d'attentat aux mœurs et à la pudeur ;

non reconnu comme sein d'esprit ;

non reconnu en bon état physique afin de ne devoir être ni une charge ni un danger pour la collectivité ;

qui ne justifie pas de sa capacité financière à investir dans l'immobilier

Les retombées économiques et financières du programme sont très importantes et immédiates. Par exemple, l'enveloppe financière pour la naturalisation de 4000 familles des Emirats Arabes Unies est d'environ 100 000 000 de dollars des Etats-Unis soit près de 28 milliards de francs comoriens.

La loi précise que la famille se limite aux épouses et aux enfants.

Les familles a qui la naturalisation est accordée ne cherchent pas à s'installer en permanence aux Comores.

Ces familles candidates n'appartiennent pas à un rite particulier de la pratique de la foi musulmane.

Les Comores sont riches d'une diversité d'origines qui fait de notre pays à la fois un membre de l'Union Africaine et de la Ligue Arabe , tandis plus de 200 000 de nos compatriotes ont acquis la nationalité française et d'autres nationalités à travers le monde. C'est la preuve de notre ouverture au monde, de notre sens de l'hospitalité et de notre capacité d'adaptation. De nombreux pays ont su tirer profit des capacités de toutes sortes que des personnes de tout horizon naturalisées ont su leur apporter. L'île Maurice est un exemple tout près de chez nous.

Le réflexe de repli sur soi et de peur qu'essaient de susciter les détracteurs de la loi va à contre courant de la marche du monde qui tant à devenir un village planétaire.

L'appel de l'OPACO pour “une démarche rigoureuse de mobilisation des ressources internes et plus particulièrement par une implication réelle des opérateurs nationaux” pour financer les grands chantiers aurait du sens si ces ressources internes n'étaient pas une simple vue de l'esprit sans réalité tangible.

Pour engager un véritable décollage économique, sortir du marasme et promouvoir des emplois pour les jeunes comoriens, les Comores doivent se montrer audacieuses et proactives, savoir sortir des sentiers battus, quitte à bousculer les rentes de situation qui tirent profit du statut quo.

Pour toutes ses raisons le Gouvernement comorien encourage vivement les députés à voter le projet de loi portant certaines dispositions relatives à la nationalité comorienne.

 

Fait à Moroni le 16 juillet 2008

 

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 14:04

Selon les magistrats et les auxiliaires de justice, la machine judiciaire ‘‘a toujours du mal à fonctionner après la libération de Ndzuwani''.

Depuis lundi, les plaignants devant le Tribunal de première instance de Mutsamudu ne trouvent pas une oreille attentive à leurs plaintes. Et pour cause, les magistrats et les auxiliaires de justice observent un arrêt de travail car ils estiment que la machine judiciaire ‘‘a toujours du mal à fonctionner après la libération de Ndzuwani''.

Le nouveau procureur de la République dans l'île, Idi Bazia, et le juge Mohamed Abdou se sont installés au palais de Hombo au moment où l'exécution d'une décision de libérer les ex-milices de Mohamed Bacar était déjà en cours. Le dernier contingent de 73 hommes a recouvré la liberté, sur ordre du procureur général à Moroni, Nidhoim Athoumane, à la date du 28 juin. Depuis, seuls se trouvaient dans les geôles de Koki, les hommes politiques et ministres du régime rebelle de Mohamed Bacar.

Après un compromis des autorités de l'Union et de l'île, le juge Mohamed Abdou a ouvert une information qui a abouti à une mise en liberté sous contrôle judiciaire des prisonniers. Mais la décision a rencontré le refus du commandant régional de l'And à Ndzuwani. Il y a eu aussi le rejet par le président du tribunal de l'île d'une ordonnance visée par le procureur Idi Bazia sur l'exportation d'une certaine quantité de produit de rente par un expatrié.

La colère des magistrats exerçant dans l'île est causée par cette inapplication des décisions de justice. Le juge Mohamed Abdou aurait préféré prendre l'avion et regagné Moroni au moment où le procureur Bazia a arrêté la même décision. Les gendarmes et autres auxiliaires de justice dans l'île ont croisé les bras et attendent un dénouement de la crise.

Alwatwan N° 1116 du 18/07/08

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