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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 19:08
 
 
 
Dynamique Comorien de 30 ans, commercial dans une maison de disque en France, Kamal Ben Saïd a créé une Web TV dédiée à son pays d’origine. Le site internet propose divers sujets et reportages. Une première dans l’histoire de l’audiovisuel comorien.

En 2001, dans une période confuse de sa vie, Kamal Ben Saïd a pris la décision de quitter la France où il avait grandi pour s’installer aux Comores. A son retour dans l’Hexagone, fin 2002, il a eu l’idée de créer un site internet, sous forme de forum social dédié aux Comoriens, puis en 2004 la Web TV World4com.tv. Nous l’avons rencontré.

 

Kamal_AFRIK.COM.jpgAfrik.com : Comment vous est venue l’idée de créer World4com.tv ?

Kamal Ben Saïd : A mon retour des Comores, j’allais sur beaucoup de sites internet afro-antillais, et l’idée a été de refaire la même chose mais en version comorienne. Je me suis donc sérieusement penché sur le sujet, à savoir créer un site internet pouvant regrouper toutes sortes de choses sur les Comores. Au début, World4com était un forum de discussion portant sur des sujets qui touchaient principalement les jeunes Comoriens de France. Ensuite, pour attirer plus de monde, on a commencé à proposer des sujets d’interviews de personnalités comoriennes ou d’exemples comoriens qui ont réussi professionnellement. World4com est née en 2004.

 

Afrik.com : Pourquoi cette envie soudaine de « retour aux sources » ?

Kamal Ben Saïd : J’avais vraiment envie d’être l’initiateur d’un portail communautaire pour la rencontre de jeunes Comoriens nés en France. Le but étant d’avoir un point de rencontre sur Internet avec des sujets autres que politique. On organisait des rencontres entre membres du forum en faisant des sorties sur Paris. Objectif : se retrouver entre personnes issues des Comores, retrouver nos identités…

 

Afrik.com : Donc, en clair, World4com.tv est à la fois un Forum social et une Web TV ?

Kamal Ben Saïd : Au début, c’était un portail communautaire. En 2007, c’était un contenu de vidéos, et en 2011 c’est devenu un petit média dont les sujets tournent autour des Comores. Désormais ce ne sont que des vidéos qui sont proposés à nos internautes. Avec la montée fulgurante de Facebook, nous avons perdu beaucoup de visiteurs, nous avons donc été obligés de diriger notre site Internet vers quelque chose d’inédit, « made in Comores ».

 

Afrik.com : Opérez-vous depuis la France seulement ou avez-vous des correspondants aux Comores ?

Kamal Ben Saïd : Tout le monde est en France, mais nous essayons d’avoir un correspondant aux Comores. Pour les reportages à l’étranger, nous nous déplaçons nous-mêmes. On a un statut d’association, nous sommes une équipe de dix personnes, des compétences dans le web développement et certains dans l’audiovisuel, advertising et des gens qui nous aident à travers les réseaux sociaux.

 

Afrik.com : World4com.tv se définit comme la première WEB TV des Comores. Considérez-vous cela comme étant une révolution ?

Kamal Ben Saïd : Totalement ! C’est une révolution, ça c’est sûr. Nous étions précurseurs sur beaucoup de choses, comme le fait de sensibiliser les jeunes dans un premier temps et essayer de faire un contenu vidéo pouvant attirer la communauté.

 

Afrik.com : Quels sont les types de sujets que vous proposez ?

Kamal Ben Saïd : Actuellement on a trois émissions en place : Une émission mensuelle qui s’appelle « Electron Libre » et qui est présentée sous forme de reportage d’une durée de 15 min. Ce sont des reportages d’investigation, rencontrer des Comoriens, d’ici et d’ailleurs, dans leur vie de tous les jours. Nous sommes, pour le moment, allés aux USA, à Londres, au Maroc, au Canada et à Dubaï. Le but est de montrer comment vivent les Comoriens dans le monde. La seconde émission est « Génération E ». On fait des interviews de personnalités comoriennes et on les retranscrit sous forme de portrait. C’est une émission courte de 6 min. Et enfin « 4TV », une émission qui surfe autour de l’actualité comorienne. On discute de sujets culturels, associatifs et des programmes de divertissements. Une prochaine émission, qui s’appellera « les chroniques urbaines de SAM », devrait apparaître en septembre prochain. Le but étant d’aller à l’encontre des gens dans la rue, une sorte de micro-trottoir. Ce programme sera principalement concentré sur les« tendances africaines urbaines ».

 

Afrik.com : Est-ce une Web TV destinée uniquement aux Comoriens ?

Kamal Ben Saïd : Non, c’est une très bonne carte de visite pour ceux qui souhaitent découvrir les Comores. J’invite d’ailleurs tout le monde à suivre nos reportages. A chaque fois que je rencontre un autre Africain, il a envie de faire la même chose pour son pays.

 

Afrik.com : La communauté comorienne de Marseille est très bien organisée et représentée. Serait-ce aussi l’une des raisons qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet ?
 

Kamal Ben Saïd : Pas du tout. Je sais que c’est un endroit à fort potentiel en termes de richesses personnelles. Mais ce n’est pas du tout pour ça que je me suis lancé dans ce projet. La communauté comorienne de Paris est à mon sens plus dynamique.

 

Afrik.com : On sent en vous une certaine amertume vis-à-vis de la communauté comorienne de Marseille…
 

Kamal Ben Saïd : On a fait une opération d’un week-end à Marseille en décembre 2007 pour présenter le projet. Les gens semblaient attentifs, mais derrière ça ne suivait pas. Sensibiliser les jeunes Marseillais n’a pas été une réussite.

 

Afrik.com : Avez-vous des chiffres officiels en termes de visites ?
 

Kamal Ben Saïd : J’ai des chiffres, mais je ne suis pas en mesure de les communiquer pour le moment. En gros World4com, par an, c’est 2,5 millions pages vu et 40 000 visiteurs uniques par mois.

 

Afrik.com : On s’aperçoit que les vidéos sont majoritairement destinées à une population de jeunes. Et les autres ?
 

Kamal Ben Saïd : La cible est jeune, c’est clair ! Les générations 80 et 90. Mais à partir de 2011,« Electron libre » sensibilisera la tranche d’âge des 40-50 ans. On aura un nouveau réseau de diffusion et on touchera une cible plus âgée et plus familiale. Cela peut aussi se traduire par le fait que World4com ne traite pas des sujets politiques, et c’est ce qui intéresse les plus âgés.

Afrik.com : Quels sont vos projets ?

Kamal Ben Saïd : Trouver de nouveaux réseaux de diffusion et devenir une plateforme de production. Nous espérons devenir, à long terme, une petite start-up.

- Le site World4com.tv

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:44

Source : Alwatwan n° 1728 du 1er avril 2011

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“Certaines autorités françaises doivent comprendre que nous ne sommes plus sous la colonisation, que nous sommes dans un pays pauvre mais digne”


Quelle est votre réaction sur les déclarations de l’ambassadeur de France à Moroni lundi en conférence de presse?

 

Elles m’étonnent, tout simplement. Il y a eu une rencontre samedi après-midi à l’hôtel Itsandra. On s’est convenu de se voir le lendemain mais il n’a jamais été question au moment où on s’est séparé de revenir dimanche pour signer. Pourquoi vous ne vous êtes pas mis d’accord sur le compte-rendu de cette rencontre? Ils (Les Français) ont fait un compte-rendu, l’ont transmis et nous avons fait le notre. Bien entendu, chacun a interprété la rencontre à son avantage. Cependant, l’ambassadeur de France a ajouté des choses qui n’ont pas été discutées. Nous n’avons pas accusé! Quand nous avons été au Mirex dimanche et que nous avions osé remettre notre compte-rendu, l’ambassadeur de France est parti et a dit qu’il n’était pas question de signer.

 

Qu’est-ce qui a poussé le départ de la délégation?

 

Je pense que ce qui l’a quelque peu gênée c’est qu’on ait osé rédiger un compte-rendu. Quand ils crient partout que nous avons fait capoter les négociations, je voudrais restituer la vérité… C’est bien l’ambassadeur de France et sa délégation qui ont quitté la table des discussions. Il faut que les Comoriens, les Français et les binationaux d’ailleurs, sachent la vérité! Il y a eu une contre-vérité inadmissible qui a été véhiculée par la délégation française dans sa conférence de presse.

 

Qu’est-ce qui devait résulter de ces comptes rendus rédigés par les deux parties?

 

Nous pensions que ces deux documents de travail étaient une base de discussion sur laquelle il fallait trouver un compromis acceptable, tout en sachant que pour nous partie comorienne, ce qui est important ce sont, bien entendu, la reconnaissance de Mayotte et la question de visa (Balladur). Avons-nous le droit aujourd’hui de nous taire et de ne rien faire face à ses dix ou quinze milles morts? Je ne pense pas!

 

Vous aviez récemment annoncé le gel des négociations avec la France tant que le visa Balladur ne serait pas aboli… Pourquoi les rencontres de la semaine dernière?

 

Parce qu’il faut qu’il y ait discussion pour qu’on obtienne l’abolition ou la suppression de ce visa. Nous croyons aux vertus du dialogue contrairement à ce que l’autre partie prétend et continue à désinformer Paris parce que je suis convaincu que les fonctionnaires de l’ambassade de France désinforment leurs autorités comme cela a toujours été le cas. Le gouvernement s’est réuni cette semaine à plusieurs reprises.

 

Qu’est-ce que vous avez décidé par rapport aux relations diplomatiques entre les Comores et la France ?

 

Nous avons privilégié le dialogue tout en étant ferme sur la défense des intérêts des Comores. Ce n’est pas notre tempérament de contribuer à dégrader les relations franco-comoriennes. Nous sommes parfaitement conscients que nous devons œuvrer pour qu’il y ait un accord entre les parties. Mais un accord équitable qui prend en compte les aspirations légitimes du peuple comorien notamment la suppression du visa Balladur comme objectif.

 

Le gouvernement a exprimé son intention de présenter le litige sur Mayotte devant la justice internationale. Où en êtes-vous?

 

Un avocat est chargé d’étudier le dossier avec des confrères et nous attendons le rapport qui sera établi…

 

Lors de la Journée de la solidarité contre l’occupation de Mayotte, Mohamed Issimaila a estimé que les Franco-comoriens ne devraient pas pouvoir accéder à certaines fonctions de l’Etat. Quelle est votre position?

 

Je pense que Mohamed Issimaila était de bonne foi en disant cela, mais il n’avait pas suffisamment réfléchi sur les conséquences de ce qu’il a défendu. On ne peut pas exclure 300.000 Comoriens qui sont en France comme il est légitime que les binationaux résidant en France aujourd’hui puissent demain aspirer à assumer des fonctions importantes dans ce pays. Avec, la proposition du président Sambi sur la double administration, on ne peut qu’encourager le retour dans ce schéma et accepter que des Franco-comoriens originaires de Mayotte puissent également faire de même tout en préservant leurs nationalités.

 

L’ambassadeur Hallade a aussi affirmé que ce sont des binationaux qui ont bloqué la sortie de crise.

 

Si Hallade pense qu’être binational vous ôte le droit de défendre les Comores mais défendre uniquement la France, je ne partage pas sa vision. Je lui recommanderai volontiere le livre de Pierre Caminade où il traite la question de Mayotte comme une histoire néocoloniale. Je voudrais dire à Luc Hallade de réviser sa position. Le parlementaire Jean-Paul Lecoq n’est pas moins français que Hallade alors qu’il dénonce la politique française à Mayotte. Alors si avoir la nationalité française empêche de réfléchir, je pense que beaucoup réfléchiront sur cette nationalité… Mais je ne suis pas certain que cette vision de “notre fonctionnaire” soit partagée par beaucoup de français. Pierre Caminade a aussi parlé de la Françafrique par rapport à la question de Mayotte.

 

Etes-vous d’accord avec ses théories ?

 

On sent actuellement d’ailleurs quelques réseaux de cette Françafrique qui somnolaient, qui tendent à se réveiller. Bien sûre que ce sont des consignes. Nous savons les activités de certains fonctionnaires français qui poussent et montent les uns contre les autres. Mais ce n’est pas cette France que nous respectons. D’ailleurs je réagis à la déclaration du préfet de Mayotte qui a n’a pas exclu dans la presse que cette situation soit “une fois de plus un chantage financier, une manière détournée de réclamer plus d’argent à la France”. Depuis quand les Comores ont quémandé ou utilisé des moyens dévoyés pour quémander de l’argent? Il faut que ces gens-là commencent à respecter le peuple comorien. Le préfet doit comprendre que nous ne sommes plus sous la colonisation. Nous sommes dans un pays pauvres mais un pays digne. Qu’ils nous excusent de vouloir préserver cette dignité.

 

Propos recueillis par Irchad Ousseine Djoubeire

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 20:28

Source : Alwatwan n° 1726 du mardi 29 mars 2011

 

 

"Je viens même de recevoir un message de Amr Moussa (secrétaire générale de Ligue des états arabes, ndlr) qui a réaffirmé la fermeté du soutien de la Lea à notre pays."

 

 

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L'ambassade de France auprès de l'Union des Comores vient de décider la suspension de la délivrance de visas à tous les types de passeports. Comment percevez-vous cette décision unilatérale?

La France est un pays souverain et peut donc prendre toutes les décisions qu'elle veut en rapport avec cette souveraineté...

Le communiqué explique que cette décision a été motivée par le refus du gouvernement comorien de signer, après rencontre, un projet d'accord entre les deux pays qui devait comporter “le résultat de ces discussions constructives” pour reprendre les termes du communiqué.

Je suis étonné par ce communiqué! C'est vrai qu'il y a eu une rencontre durant laquelle ils ont fait leurs propositions et nous leur avons remis un document. Manifestement, leur rapport possède des éléments qui n'ont pas été discutés durant la rencontre et sur le fond, la question n'était pas résolue.

Que veut la France pour les Comores?

Je pense que l'ambassadeur de France qui est en poste à Moroni ne veut pas que les Comoriens émettent des avis. Leur rapport n'a pas pris en compte les exigences comoriennes pour résoudre la question.

Quelles sont donc les mesures qui sont prises pour répondre aux récentes dispositions françaises comme le rappel de l'ambassadeur des Comores à Paris?

Aucune mesure n'a fait l'objet de décisions. J'attends le conseil des ministres au cours duquel nous allons étudier en toute sérénité cette situation. Mais nous avons la ferme conviction que l'Onu ne s'était pas trompée en 1976 en affirmant que Mayotte est comorienne...

La suspension de visas aux Comoriens concerne, en quelque sorte, les pays européens même si les communiqués annoncent seulement le territoire français puisque la France représente aussi l'Union européenne aux Comores. Comment appréciez-vous ces décisions?

C'est désolant ! Il est assez curieux de voir que nos amis utilisent le litige mahorais pour empêcher les Comoriens de se rendre en Europe. Je ne suis pas certain que cela honore la France. Mais de notre côté, nous allons continuer à défendre les Comores dans le respect des lois internationales.

Ces derniers temps, les comoriens ou certains d'eux sont indexés “d'anti-français” en voulant défendre les Comores. Quel est votre avis sur ces attaques?

Je voudrais rappeler à juste titre ce qu'a dit samedi le président Sambi. “Nous ne sommes pas anti-français... Nous aimons la France et sa culture mais avons des divergences avec les autorités françaises par rapport à l'île comorienne de Mayotte”. Et nous le disons... de nombreuses personnalités françaises Martin Aubry, François Hollande et Le Pen ont-elles aussi dénoncé ce qui s'y passe et elles n'ont pas été qualifiées “d'anti-français”, que je sache! Les fonctionnaires français de l'ambassade tentent de nous créer un complexe mais moi, je n'en développe aucun...

Vous venez d'organiser samedi dernier la Journée de solidarité contre l'occupation par la France de l'île comorienne de Mayotte. Est-ce que cette manifestation s'est déroulée comme vous voudriez?

C'était une réunion très importante. Il est vrai que nous aurions voulu l'organiser de la meilleure des manières. Dans l'ensemble, elle a été une réussite mais nous ferons mieux la prochaine fois.

Est-ce que la communauté internationale a eu écho de cette rencontre où les Comores ont cherché la solidarité de la population et du monde entier contre ce qui se passe à Mayotte?

Je pense que oui... Je viens même de recevoir un message de Amr Moussa (secrétaire générale de Ligue des états arabes, ndlr) qui a réaffirmé la fermeté du soutien de la Lea à notre pays. Plusieurs pays nous ont écrits pour apporter et confirmer leur appui. Je suis ainsi fier d'avoir initié cette réunion mais c'était aussi mon devoir. Celui que les Comoriens attendent d'un ministre des Relations extérieures.

Plusieurs recommandations ont été faites à l'issu de la réunion. Le secrétariat d'Etat pour le retour de Mayotte proposé dans la résolution de l'Assemblée sera-t-il mis sur pied?

Ce n'est pas de mon ressort mais plutôt de celui du chef de l'Etat. Il reviendra au président Sambi ou président élu Ikililou d'apprécier et décider la création de ce département qui sera chargé de défendre le retour de l'île comorienne de Mayotte dans son giron naturel et légitime.

D'autres pays qui ont un problème de souveraineté territoriale ont une politique qui consiste à sillonner les pays frères et amis pour renouveler les soutiens. Qu'en est-il des Comores?

C'est ce que nous tentons de faire aussi. J'ai déjà fait l'Afrique de l'Est et reviens d'une tournée en Europe où j'ai même organisé une rencontre avec la presse pour expliquer la situation. Nous continuons ce marathon pour demander le soutien de tous les pays épris de justice.

 

Propos recueillis par
Irchad Ousseine Djoubeire

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 21:30

Paille-en-queue et vol : un pont entre les îles de l'océan indien entretien d'Anne Bocandé avec Mohamed Anssoufouddine

 

Anssoufouddine.jpgA l'heure où Mayotte devient officiellement un département français, lire Mohammed Anssoufouddine offre un éclairage sur ces îles de l'océan indien formées de l'archipel des Comores, de Madagascar et de la Réunion. Ce poète porte la voix d'une histoire oubliée, de fantasmes avortés par les tribulations politiques : le rattachement intrinsèque de toutes ces îles par des relations culturelles multiséculaires. L'œuvre ne peut toutefois pas être circonscrite à l'identité de son auteur. Avant tout, Mohammed Anssoufouddine offre une "poésie d'ancrage et de relation", à l'instar des mots de l'écrivain Saindoune Ben Ali en préface. Une poésie tourmentée par le passé, habitée par l'angoisse de l'oubli et l'espérance d'un réveil collectif.

      
Que signifie le titre de votre recueil de poème, Paille-en-queue et vol ?

      Les pailles-en-queues sont des petits oiseaux endémiques des îles de l'océan indien. Ils sont emportés par les vents et passent facilement d'une île à l'autre. Quoi de plus représentatif alors pour symboliser ce pont entre les îles !
     
Quel est le thème général de ce recueil d'une centaine de pages ?

      Ce recueil est la réponse à une souffrance intérieure, il n'eut en amont aucun thème. Chaque vers pondu est un acte d'exorcisme, une cure individuelle mais aussi collective, permettant enfin de nous recréer, de prendre racine dans la terre vive des ancêtres, face au mensonge, face à l'histoire bradée pour quatre sous, aux origines reniées, aux gadgets trompe-l'œil. Tous ces hauts lieux de la mémoire revisités par le poème, bercent, consolent, et rassurent quoi qu'on dise sur le non-être de l'âme comorienne, l'émotion comme ultime arme, remet en surface ces strates enfouies de la mémoire et permet de déjouer le complot.
     
Vous choisissez donc de faire des ponts entre ces îles dont l'histoire est aujourd'hui particulièrement éclatée…

      En jetant des ponts entre les îles, je ne fais que mimer les itinéraires naturels des peuplements indianocéans imprimant sur leurs sillages des mots, des mythes, des déités, des joies, des haines, des amours. J'escalade ces ponts en prenant appui sur la géologie, les océans, les mers, les îlots inhabités, l'histoire, la faune, la flore, les abysses de la légende et du fantastique, le récif, la lémurie natale, la mangrove, la fougère luxuriante, la kleptomanie publique, la mouette itinérante, le boutre exténué et que sais-je encore. Ces bribes de mémoire, ces bouts de terre, ces résidus de la parole première, ces dieux reniés, ces vers de bric et de broc ont force de revivifier la mémoire.
      Mais Paille-en-queue et vol ne saurait se réduire à une simple quête de mémoire, c'est l'aboutissement d'une tension intérieure. Quand on assiste à l'éclatement des ses rêves les plus constitutifs, je fais allusion au démembrement de l'archipel des Comores, et qu'on a encore une ombre de conscience nationale, l'écriture représente une planche de salut. Cette exhumation de l'être dans ses origines les plus profondes permet de remettre à plat tous les montages de l'histoire. L'écriture est alors un exorcisme nécessaire pour envisager les lendemains à bâtir, un réensemencement de l'âme dans ses origines.
      Paille-en-queue et vol emprunte le fonctionnement morbide d'une mémoire collective. Dans cet océan d'amnésie collective, les idées s'allument au petit bonheur des réminiscences les plus éparses, les plus éloignées, c'est comme ça que vous verrez dans un poème, une idée vient parasiter l'autre, d'un fragment à l'autre, on passe du coq à l'âne.
     
Vous définissez-vous comme membre d'un archipel d'îles plutôt que comme comorien ou anjouanais ?

    ansoufoudine-couverture.jpg  Je ne sais pas s'il existe un archipel des archipels indianocéans auquel je peux prétendre mon appartenance. Seulement, je suis sûr d'une chose, il existe entre les îles un fond de mémoire commune tellement enfouie dans la nuit des temps qu'il est à peine symptomatique dans nos croyances les plus archaïques, dans nos idiomes, dans notre art culinaire, dans notre façon de nous habiller, et que sais-je encore !
      A cette mémoire, dirai-je immémoriale des découvreurs, s'oppose la concrétion d'une mémoire plus perceptible qui s'est accumulée au hasard des migrants, des flibustiers, des négociants d'épices et de soie, des coloniaux, au gré de l'exil des rois et des reines, mais même celle-ci est mise à mal par les particularismes et autres replis identitaires.
      Dans cette mémoire en partage, Madagascar paraît être la terre mère d'où sont parties les croyances, les mythes, les vagues migratoires. C'est pourquoi dans Paille-en-queue et vol le recours à la langue malgache constitue une sorte mamelle nourricière, seule capable d'exorciser les démons, de rafraîchir la mémoire.
      Je garde toujours en mémoire, ma grand-mère et bien d'autres grands-mères des années 70, qui n'ont jamais mis pieds à Madagascar mais qui dans les séances d'exorcisme, emportées par les esprits de toute sorte, se mettaient subitement à parler malgache. C'est curieux, mais la langue malgache était comme celle appropriée pour communier avec les ancêtres. Leurs esprits recouvrés, ces bonnes dames étaient incapables de placer un mot malgache. Je suis toujours fasciné par cette subite reviviscence des idiomes oubliés quelque part dans le subconscient. Je ne parlerai pas de tous ces villages comoriens où les habitants parlent un patois malgache. Cette influence de la terre mère sur les îles alentour ne s'arrête pas aux Comores seules, le créole réunionnais est très marqué par le malgache, en lisant un poème comme Vali pour une reine morte de Boris Gamaleya, on croirait lire un poème malgache.
     
Dans la vie quotidienne, vous êtes avant tout médecin…

      J'ai eu la chance d'appartenir à cette génération d'enfants comoriens des années 70, immédiatement après l'indépendance. J'étais gosse mais l'ambiance générale était dominée par les nourritures de l'esprit. Il y avait aux Comores un incroyable vent pour la culture, c'est comme ça que tu pouvais te trouver en train de lire Sembene Ousmane, au moment même où tu expédies un mandat-poste pour commander Gabriel Garcia Marquez. La nuit par petits groupes clandestins, tu te retranches dans quelque vieille masure de la médina pour lire le Petit livre Rouge, la nuit tu passes le temps dans ton petit transistor à chasser les émissions radio de RFI, de la voix d'Amérique, de Radio Nederland, de BBC.
      Quand tu baignes dans une telle atmosphère, tu ne peux que rêver de devenir médecin. Et puis tu te réveilles aussi un beau matin la plume à la main en train d'écrire des poèmes. La littérature est alors une manière d'exorciser les limites de la science. En tant que médecin, je vis au quotidien cette souffrance, que la science ne peut pas tout résoudre.
     
D'où vient votre inspiration pour écrire ?

      Evidemment de l'âme comorienne pourtant dépositaire d'une mémoire multiséculaire. Il n'est pas compréhensible de voir un peuple entier développer une intelligence pernicieuse, entretenir une culture de renoncement collectif, avec en chantier une autolyse générale… Car il est vrai que les pays dits pauvres ont leurs problèmes mais les nôtres sont exceptionnels, nous sommes atteints jusqu'au niveau de notre structuration mentale, je ne pense pas qu'il ait eu un pays où Le portrait du colonisé de Memmi s'illustre le mieux en dehors des Comores. Quand tu baignes dans une telle ambiance, avec un minimum de conscience, tu ne peux que couver tous les matériaux magmatiques nécessaires pour l'éruption poétique. Je n'écris pas de gaîté de cœur, j'écris pour tenir sur quelque chose. Quelque part dans mon prochain recueil à paraître chez l'Harmattan, En-jouant au concert des cryptarchies, je dis : "nous sommes une minorité à rester au front avec d'absurdes rêves, mais quand bien même avec des clones, des clones d'îles qui prennent forme dans le poème." Vous comprenez alors tout !
     
Vous définiriez-vous comme un auteur engagé ?

      Je suis très prudent à l'égard de l'engagement, et surtout des pièges de l'engagement. Les œuvres engagées ont tendance à ne parler que pour l'époque et les personnes qu'elles concernent. Elles ne font parfois plus sens cinquante ans après. J'essaie au maximum de prendre de la distance par rapport à la situation présente. Mon engagement se trouve dans la place accordée à l'imaginaire, aux rêves dans mes écrits.
     
Pourquoi avoir choisi la poésie pour vous exprimer ?

      Dans un monde où obnubilés par les lieux communs, les clichés, les hommes marchent dans les sentiers battus de la pensée globale, la peur de blesser dans la gorge, l'autocensure annihilant le libre arbitre, dans ce monde-là, la poésie, cette parole primordiale est seule à placer l'homme dans cette enfance du monde où tout est puéril, innocent, beau, magnifiant, cette parole est seule à pouvoir violer les espaces interdits, à dépasser nos démons de tous les jours.
     
      Nous appartenons à ce fluide
      Etendue criblée d'îles
      Où peut-être circule dissoute
      Les velléités erratiques
      Des ancêtres
      Quête de l'écumante rage
      Fossilisée des océans.
      Sur les margelles du Rova,
      Nœud de fierté mélanésienne
      Qui sinon le Vazimba
      survécu des nuits
      Détient
      La haute épopée des piroguiers.




Paille-en-queue et vol, recueil de poésie, Editions Komédit 2006.

 

Source : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=10004#

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:51

Source : Albalad Comores n°471 mercredi 23 mars 2011



Ahmed Mohamed Thabit : « un déplacement forcé de la population comorienne »

 

Membre fondateur du Comité Maore, Ahmed Mohamed Thabit salue la décision prise par les autorités comoriennes de refuser, de fait, les refoulés de Mayotte sans papiers d'identité. Il se dit d'ailleurs surpris par la réaction de la France par rapport à cette mesure que tout le monde applique.


·     Comment le comité Maore dont vous êtes membre fondateur a accueilli la nouvelle décision du gouvernement comorien consistant à refuser l'entrée des sans-papiers dans ses frontières qui aura comme conséquence de ne pas accueillir les personnes expulsées de Mayotte si elles ne disposent pas de papiers d'identités comoriennes?


Le Comité Maore salue cette décision qui permet de veiller à la protection de ses frontières. Pourquoi tant de bruit pour une mesure que tous les pays du monde appliquent? Tout ce qu’on peut espérer est que la mesure soit appliquée en son intégralité.

·     

       Mais ce n'est pas la première fois que les autorités comoriennes prennent des mesures visant à refuser les refoulés de Mayotte. Il est toujours revenu sur ses décisions.


Cette fois-ci c'est différent car c’est avant tout une mesure sécuritaire. Vous  devez savoir que dans l’île comorienne de Mayotte il y a beaucoup de monde, il y a des Rwandais, Burundais, on dit même des génocidaires qui se sont réfugiés là-bas. Le gouvernement veut faire en sorte qu'on ne débarque pas n’importe qui dans le territoire.

·     

      L'ambassade de France aux Comores n'a pas tardé à réagir face à cette décision. Comment appréciez-vous sa réaction?


Sa réaction est regrettable, la France, qui est un grand pays, une puissance, un pays membre du conseil de sécurité de l’Onu cherche toujours à piétiner notre pays. Sa réaction n'a pas seulement surpris les Comoriens, elle a surpris le monde entier. Des amis m'ont appelé de l’étranger pour manifester leur surprise face à cela.

Le Comité Maore a  toujours considéré que les Comoriens étaient chez eux à Mayotte. Ce que la France est en train de faire là-bas est un déplacement forcé de la population comorienne d'une partie du territoire vers une autre et cela est dénoncé par les Nations-Unies.


·   Que faire pour venir à bout de cette question de « déplacement forcé » des communautés comoriennes de cette île?


Le gouvernement a les moyens de faire appliquer la décision en veillant à ce que les compagnies aériennes et maritimes respectent les consignes. Il n'y a rien au monde ni personne qui puissent empêcher les Comoriens de se déplacer d'un point à un autre dans leur territoire. C'est pour cela que nous avons qualifié le Visa Balladur de visa de la mort, et la France, du plus grand responsable du plus  grand cimetière maritime du monde. La seule solution par rapport à ce problème est que la France doit accepter de s'asseoir avec le gouvernement comorien pour trouver une solution définitive à ce problème. Le président Sambi a déjà fait une proposition dans ce sens consistant à faire de Mayotte, un pays avec deux administrations, Il appartient maintenant aux deux gouvernements de donner un contenu à cela.

·    

      Peut-on considérer que cette nouvelle décision soit une stratégie pour convaincre lesautorités françaises à approcher les autorités comoriennes pour faire évoluer ce dossier?


Tout ce que nous espérons est que la France, qui dit s’impliquer dans la crise libyenne pour faire appliquer la résolution 1973 de l’ONU accepte qu'on discute pour trouver enfin une solution sur la question de Mayotte. Mais elle fait la sourde oreille s'agissant de la résolution 31/4 du 21 octobre 1976 qui condamne les referendums du 8 février et 9 avril 1976 organisés dans l’île comorienne de Mayotte et qui « rejettent toute forme de referendum ou de consultation qui pourrait être organisée ultérieurement en territoire comorienne de Mayotte. »

 

SAMINIA BOUNOU



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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 22:37


Source : HZK Presse du 9 mars 2011 

 

Journée de la femme: Rehausser la représentation de la femme à 50% pour avoir la parité

 

Ce mardi est célébrée la journée internationale de la femme. L’occasion pour la femme comorienne d’exprimer ses craintes et ses espoirs, dans un monde où la parité, pour ne pas dire l’égalité homme/femme est encore loin de se réaliser, malgré les progrès notoires accomplis ces dernières années. La Gazette / HZK-Presse a interrogé une des militantes de la société civile, Mme Chouhoura Abdallah pour brosser un premier bilan de l’action menée aux Comores pour la promotion du rôle de la femme dans la société et surtout dans la sphère politique. 

 

chouhoura blog

                                                  (Photo : Chouhoura Abdallah / Archives HALIDI-BLOG-COMORES)

 

Question : Madame Chouhouroi Abdallah, vous êtes la présidente du réseau national des avocats du Genre (RENAG), vice présidente de la plateforme nationale des femmes en politique ayant joué le rôle de facilitatrice durant les deux jours de travaux, parlez nous entre autres des activités réalisées de la journée de la femme de ce 8 mars ?

Madame Chouhouroi Abdallah : La journée de ce 8 mars a un parfum particulier. En plus des cérémonies classiques, cette année on procède à un état des lieux sur la participation des femmes et des hommes responsables. Nous estimons que c’est un départ. On est face à une situation où l’ensemble des élus au niveau des exécutifs vont prendre fonction en même temps pour un mandat de 5 ans, et que tous ces élus se sont engagés pendant la campagne pour promouvoir la prestation de la femme au niveau de la prise des décisions.

 

Question : Et qu’est ce qui a été fait de concret au niveau du RENAG ?

C.A. : Le RENAG a initié et réalisé une enquête qui visait à identifier les postes selon le Genre et a identifié 64 postes politiques aux gouvernorats. Sur ce, 58 postes politiques sont occupés par les hommes, soit 91%, et seulement 6 pour les femmes, soit 9%, au niveau de Ngazidja. Au niveau des postes techniques, on compte 81 postes, avec 59 occupées par des hommes, soit 73% contre 22 par des femmes soit, 27%. Quant au niveau de l’Union, on en a compté 117 postes dont 88 (75%) occupées par des hommes contre 29 (25%) par des femmes. Donc c’est avant tout de montrer la disparité flagrante entre l’homme et la femme.

 

Question : Comment s’est déroulé l’enquête ?

C.A. : Sur la base de cette enquête qui est aussi au niveau des îles, le RENAG développe des négociations avec les nouveaux élus même si l’on sait qu’ils n’ont pas encore pris fonction, mais d’ici peu, ils vont prendre le relai car ils se sont engagés pendant la campagne en disant que la femme aura sa place qui lui revient. Pour cela on est allé les voir avec ces données là, il y a eu des missions du RENAG dans les îles pour leur présenter les résultats d’enquêtes et aussi le plaidoyer. 

 

Question : Qu’attendez-vous de cette action ?

C.A. : Notre objectif c’est d’arriver d’ici la fin de leur mandat de 5 ans, à au moins un tiers des postes (c’est-à-dire 30%) soient occupées par des femmes. A Ngazidja par exemple on est à 25%, là on voudrait plutôt la parité parce que ça dépend aussi de la situation. On négocie avec les gouvernements des îles pour que d’ici 2015, ils puissent rehausser ce niveau à 50% pour parvenir à la parité souhaitée. Là où on a 9% par exemple au niveau politique, on voudrait arriver à 30%. Cela signifie non seulement que les femmes s’organisent, s’engagent davantage et agissent autrement que ce qu’elles ont fait jusqu’à maintenant, mais cela signifie aussi que les dispositions notamment législatives soient prises pour encourager et faciliter le travail que font les Ongs et aider les gouvernements pour que les femmes soient mieux représentées. 

 

Question : Et qu’avez-vous pris comme engagement?

C.A. : Pour cette activité prévue dans le cadre de la célébration du 8 mars, il faut identifier des femmes selon leur expérience, leur engagement et leur ambition et profession pour faire un répertoire et le présenter aux différents élus. De notre coté on s’engage aussi à accompagner ces femmes parce que généralement les femmes ont peur des responsabilités. Donc le RENAG se donne la mission d’encadrer ces femmes là pour les former afin qu’elles puissent servir de modèles aux autres femmes qui n’osent pas encore s’engager. Tous ces résultats on veut les présenter ce 8 mars à l’occasion de la cérémonie pour prendre à témoin, tous les citoyens comoriens. Il s’agit d’informer l’opinion nationale que la plateforme a vu le jour, et le RENAG présentera aussi les résultats de l’enquête pour montrer la situation actuelle.

 

Propos recueillis par Fatouma Hamada
Publié le: 09/03/2011 – 11:48:39 Par: HZK-Presse

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 23:05


Source : Albalad n°461 du Mercredi 9 mars 2011

 

maman-bis.JPG(Photo / Archives HALIDI-BLOG-COMORES)

 

Alors que sur le plan mondial, les femmes mènent depuis un siècle un combat pour participer à la société sur un pied d’égalité avec les hommes, aux Comores, se sont engagés dans la bataille depuis environ deux décennies.

Deux décennies donc pour faire de la parité et de l’égalité entre hommes-femmes une réalité.

D’après l’ancienne Ministre madame Sittou Raghadat la bataille a pris un tournant décisif. 

 

L’on célèbre cette année le centième anniversaire de la lutte pour l’égalité des sexes au niveau mondial. Qu’en est-il au niveau du pays ?


Nous nous sommes engagés dans cette bataille il y a un peu plus de deux décennies. Au début le combat a été un peu timide mais au fur et à mesure que le temps passe, les femmes prennent de plus en plus conscience et par conséquent le combat rassemble davantage de femmes et des organisations ont aussi épousé la cause. L’espoir est donc là.


On vient de mettre en place « une plate forme de femmes politiques »dont la mission est de former lobbying susceptible de booster le combat pour la représentation de la femme aux postes de décision. Et pourtant, il y a le RENAG et d’autres ONG qui militent déjà dans ce sens, est-ce que ce n’est pas un organe de plus ?


Absolument pas puisque ces organes n’ont pas la même forme ni la même stratégie.

La plate forme a un objectif bien défini et une stratégie de mise en œuvre. Les autres structures ont chacun une mission et une stratégie qui lui sont propres.


Il est vrai qu’aujourd’hui le combat pour l’égalité des  genres a pris une dimension importante au niveau du pays mais au même moment on constate que les jeunes de 25-35 ans ne sont pas très chaudes dans ce combat. Comment expliquez-vous cela ?


Les jeunes femmes d’aujourd’hui s’intéressent à autre chose. Elles  préfèrent évoluer comme technicien, faire des affaires mais ne s’engagent pas dans la politique. Peut être qu’on n’a pas pu les intéresser mais on espère tout de même que cela va changer. Toutefois, il ne faudrait pas confondre occuper un poste de décision et faire de la politique car, parfois on a des femmes qui occupent des postes politiques mais dès qu’elles quittent les affaires, on ne les voit nulle part. Celles-là ne sont pas des femmes politiques. Ce sont des personnes qui obtiennent des promotions par rapport à des critères qui n’ont avoir avec des engagements politiques. Il faut aussi noter que la politique il faut l’aimer et en être convaincu.


C’est tout de même regrettable dans la mesure où ce combat seulement les nominations politiques mais aussi pour faire avancer les droits de la femme de façon générale. Comment entendez- vous faire alors pour intéresser cette génération par intégrer cette bataille ? 


C’est une des  missions du Renag qui met tout en œuvre pour que les femmes s’intéressent à la politique et pour celles qui accèdent à des postes politiques soit à l’aise dans leur fonction. Le Renag sensibilise aussi les partis politiques qui doivent favoriser les militantes à prendre des postes politiques.


Jusqu’ici, les Comores hésitent à prendre une loi favorisant l’accès de la femme aux postes de décision. Comment expliquez-vous cette tergiversation ?


La démarche est engagée et elle est en bonne voie. Les femmes ont pris une résolution et parmi les points de cet acte, l’élaboration des lois favorisant l’accès des femmes aux postes politiques en fixant notamment un quota.


  A votre avis il y a donc lieu de croire, que cette fois c’est bien parti pour le combat pour la représentation de la femme aux postes de décision ?


On a élaboré des accords d’engagement que nous voulons faire signer aux élus, le Président et les gouverneurs qui ont manifesté leur volonté d’accompagner cette démarche. Quant au Président Ikililou Dhoinine, il n’y a pas de doute qu’il s’engage dans la mesure où la promotion de la femme a été un thème majeur durant sa campagne.

 

Saminya Bounou

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 13:27

Source : Al-watwan N° 1714 du mardi 08 mars 2011

COMORES / Femmes associées au conflit

 

 

Des études indiquent qu’après la libération de Ndzuwani, une grande partie de la population est devenue vulnérable. Les Comores ont bénéficié de fonds de consolidation de la paix, de la part de l’Onu pour qu’elles mettent en oeuvre ces programmes de réinstaurer la paix dans le pays et particulièrement à Anjouan. En effet, on ne peut pas laisser ces gens continuer à s’appauvrir”.

 

Pourquoi un programme de réintégration destiné spécifiquement aux femmes et filles associées au conflit ?

 

Il s’agit, tout d’abord, d’un projet complémentaire du projet désarmement, démobilisation et réinsertion qui s’occupe des hommes ex-Fga, pendant que celui-ci va s’occuper des femmes et des filles. Nous avons voulu séparer les deux cas puisqu’il existe des domaines spécifiés aux femmes et que l’on cherche à éviter à ce que les besoins des hommes n’inondent ceux des femmes.

 

Que veut-on dire dans “femmes et filles associées au conflit?”

 

Il s’agit de femmes qui ont vécu militairement ou politiquement des difficultés pouvant nuire leur vie de tous les jours. Etant dans une phase de révolte et de conflit, ces femmes perdent leur statut après la libération d’Anjouan et se retrouvent avec un autre statut déjà remis en cause. Elles se sentent ainsi frustrées et marginalisées. On cherche donc à les réintégrer dans le cursus socio-économique pour qu’elles puissent s’organiser dans leurs familles et équilibrer aussi le quotient homme/femme.

 

Ne croyez-vous pas que cela puisse susciter des sentiments de frustration chez les autres femmes qui ne sont pas ciblées par ce programme?

 

Un sentiment de frustration c’est humain mais suite à des études et plusieurs consultations, on a constaté qu’après la libération de l’île autonome d’Anjouan, une grande partie de la population est devenue vulnérable. On ne peut pas laisser ces gens continuer à s’appauvrir. C’est pourquoi les Comores ont bénéficié de ces fonds de consolidation de la paix, de la part de l’Onu pour pouvoir mettre en oeuvre ces programmes de réinstaurer la paix dans le pays et particulièrement à Anjouan.


Qu’est-ce qu’on entend concrètement par “réintégration?”

 

Après plusieurs analyses et enquêtes, une base de données est créée pour ces femmes ciblées par le projet. Ces données vont être exploitées en essayant de former ces femmes et de traduire leurs initiatives, parce que chacune aura un ou des objectifs précis dans un domaine productif. Des encadreurs vont les suivre sur le terrain, après la formation, pour transcrire leurs projets et soumettre des rapports en étude. Ensuite, elles vont bénéficier d’un kit d’outils suivant leurs choix de production. Les encadreurs vont les suivre sur le terrain pour relancer leurs projets concrets.

 

Et pourquoi, justement le projet a privilégié beaucoup plus le volet formation de ces femmes bénéficiaires ?

 

En matière de réintégration, on ne peut pas appeler quelqu’un et lui dire qu’on va le réintégrer fictivement. Donc, on va essayer de leur apprendre quelque chose qui pourrait être bénéfique pour une durée illimitée et qu’elles pourront exploiter au bénéfice de leurs familles et de leur pays. Je crois que c’est plus utile que de leur donner de l’argent en espèce.

 

Quels sont les résultats que vous attendez de ce projet ?

 

Tout simplement, on essaye de rendre ces femmes vulnérables autonomes financièrement et les éduquer dans la vie civique. Après avoir été intégrées dans la vie socialement et économiquement, elles pourront s’organiser et, surtout, ne plus se retrouver mise à l’écart de la société.

Propos recueillis par Msa


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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 20:56

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores / 

Faissoil Ben Halidi, directeur de cabinet du ministre de l’éducation :

« L’autonomie de l’université sera respectée, contrairement aux fausses affirmations»

 

Moroni, mardi 01 Février 2011 (HZK-Presse) Après un deuxième report de l’élection du président de l’Université des Comores et la réaction de la communauté universitaire, le ministère de l’éducation donne sa position sur cette crise qui frappe l’Université des Comores depuis quelques semaines. Dans un entretien avec la Gazette/HZK-Presse, le directeur de cabinet du ministre de l’Education Nationale répond à nos questions.

 

Question : Quelle est votre réaction après la réunion de la communauté universitaire sur la question de l’élection du président de l’Université ?

 

Faissoil Ben Halidi : Nous sommes étonnés et même surpris par cette réaction de la communauté universitaire. Le Ministère de l’éducation Nationale, de la Recherche, de la Culture et des Arts (Menrca) dément vigoureusement et avec la plus grande fermeté certaines rumeurs et certaines spéculations colportées par des personnes que nous qualifions d’irresponsables. Le ministère de l’éducation est disposés à trouver une solution pacifique de la dite crise.

 

Question : Que proposez-vous pour parvenir à un consensus et faire l’élection ?

 

F.B.H : Le ministère de l’éducation nationale a entamé une série des consultations avec l’ensemble des protagonistes en vue de trouver une issue favorable et positive à la crise qui frappe actuellement l’Université des Comores. Il a rencontré les représentants des enseignants de l’Udc, le syndicat et même avec le président de l’Université.

 

Question : Quelle est la procédure à suivre ?

 

F.B.H : Nous devons respecter les textes en vigueur et organiser les élections dans de meilleures conditions. Nous appelons tous les responsables d’œuvrer dans le sens de responsabilité pour trouver une solution à cette crise.

 

Question : Quelle est la position du ministère face à cette crise ?

 

F.B.H : Le ministère informe et assure que les élections auront lieu et l’autonomie sera respectée, contrairement aux fausses affirmations véhiculées par certains.

 

Question : Peut-on avoir une date de cette élection du président de l’Université ?

 

F.B.H : La date n’est pas encore fixée. Le ministre doit venir demain et va entrer en contact avec les personnes concernées et fixer la date pour la tenue du vote.

 

Propos recueillis par Mohamed Youssouf

010211/my/hzkpresse/12h00

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 21:22

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Réactions après la proclamation des résultats officiels

Abdou Djabir, candidat malheureux aux élections présidentielles :

« Si Ikililou m’appelle dans son gouvernement, je ne peux pas refuser»

 

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(photo archives)

 

Moroni, vendredi 14 Janvier 2011 (HZK-Presse) Un des trois candidats en lice à l’élection présidentielle du 26 décembre denier, Abdou Djabir n’a recueillis que 11.018 voix, soit 6,28% des suffrages exprimés, derrière Mohamed Said Fazul (32,81%) et Ikililou Dhoinine déclaré élu à 60,91%. HZK-Presse/La Gazette a recueillis à chaud sa réaction juste après la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, hier jeudi en fin de matinée.  

 

Question : quelle est votre première réaction ?

 

Abdou Djabir : Ma première réaction est satisfaisante pour l’intérêt de mon pays. Je pense que nous avons réussi à faire ces élections dans le calme et d’après ces résultats, nous avons un nouveau président de l’Union dans le cadre de la tournante de Mohéli. C’est pour moi une grande satisfaction. Le plus important pour moi est que ce pays ait des institutions respectées et que je vois que la cour veille au respect des institutions. Je constate que les élections se sont bien passées ; bien entendu avec des irrégularités constatées qui ont donné lieu à l’annulation de certains bureaux de vote. Je prends l’idée que les élections ont eu lieu et que la tournante 2010 ait lieu surtout que le nouveau président de Mohéli est connu en 2010, donc pour moi en tant que comorien et en tant que candidat, c’est une grande satisfaction. J’ai constaté que je suis entré dans la bataille avec certains handicaps parce que je n’étais pas suffisamment connu. Mais je remercie tous les comoriens et les comoriennes qui m’ont fait confiance et qui m’ont accompagné dans cette campagne. J’ai comptabilisé et j’ai trouvé 11 mille comoriens (11 milles voix) qui m’ont fait confiance.

 

Question : Et la suite… ?

 

A.D. : Pour moi, la suite, j’attends la date de l’investiture. Moi je voudrais savoir avec qui la nation va composer demain? Avec qui les forces politiques vont composer ? Surtout à quelle date on va pouvoir composer avec lui. Je préfère préciser ici que ce qui a été dit qu’il faut attendre une sorte de consensus entre le président sortant et le président rentant, ce ne sont pas des dispositions constitutionnelles, ni législatives, ni réglementaires. Ce sont des dispositions intérimaires qui ont été retenues. Je ne pense pas qu’il y ait intérêt national.

 

Question : Au cas où Djabir est sollicité pou être dans le gouvernement d’Iki, il y sera ?

 

A.D. : Je vous apprends que la première fois que j’étais candidat aux élections du président de Mohéli, le vice-président Ikililou m’a soutenu politiquement, financièrement et physiquement. Donc, ce serai mal venu de refuser une telle proposition vu le soutien qu’il m a apporté. S’il m’appelle on en discutera et on verra la réponse compte tenu des intérêts nationaux.  

 

Propos recueillis par Ibnou M. Abdou et A.A. Mguéni

140111/aam/hzkpresse/9h00

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