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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 00:53

Source Albalad n° 157 du lundi 28 décembre 2009

Femme et élections


« Tout le monde devrait saluer cet éffort »


chouhoura-blog.JPGMme Chouhoura Abdallah (Photo. Archives HALIDI-BLOG-COMORES),  Conseillère en communication du Réseau des Avocats du Genre (RENAG) n’est pas de ceux qui considèrent l’absence des femmes dans la liste des nouveaux parlementaires comme un échec.
Elle explique pourquoi. Interview.


Pour la première fois dans l’histoire des Comores, un nombre assez important de femmes a postulé pour un mandat électif aux élections législatives et des conseils des îles. On n’a enregistré qu’une seule élue, une conseillère, et une colistière pour les législatives. Comment appréciez-vous ce résultat ?


  C'est une victoire pour nous tous ceux qui mettent du temps et de l'énergie et qui croient à la contribution de la femme ne peut être visible que si elle participe aussi à la prise des décisions. C’est une victoire en ce sens que c'est la première fois qu’on a eu un nombre si important de candidates à des scrutins.

C'est une victoire aussi parce que des femmes ont osé descendre dans l’arène jusqu’ici considérée comme un domaine réservé aux hommes.  Vous remarquerez que ces candidatures féminines sont portées par des partis politiques ; c’est une première. 


Mathématiquement, il y a eu échec. Quelles leçons tirez-vous de cela ?

 
Je me refuse de parler d'échec car c’est pour la première fois que les femmes s'étaient massivement portées candidates, titulaires ou suppléantes, indépendantes  ou portant une couleur politique.  Je crois que tout le monde devrait plutôt saluer cet effort et cet engagement.


  A votre avis, les candidates s’étaient-elles engagées du mauvais côté ?

 
Pas du tout.  Je dirais plutôt qu'il n'y a pas eu assez de préparation des femmes de leur part et de la part des partis qui les ont investies.

 
Vous aviez déclaré à Albalad à l’issue du premier tour des élections qu’on a perdu une                    bataille mais pas la guerre. Cela laisse croire que vous ne désarmez pas malgré tout ?


Les femmes et les hommes qui ont compris que la vraie  démocratie est celle qui donne la même chance à tous, devront redoubler d'effort et encourager nos ex candidates. Nous devons nous asseoir et faire le bilan de cette expérience. Sans avoir décortiqué les motivations premières et les ambitions politiques des candidates, nous ne tirerons
pas profit de cette avancée démocratique.

 
D’après-vous pourquoi la Mouvance n’a pas présenté assez de femmes qui auraient peut-être eu la chance de l’emporter ?


Je ne crois pas qu’en étant de la mouvance, on avait plus de chance de l'emporter qu’ailleurs sinon  Madame Sitti Kassime aurait été élue. La question n'est pas là. Je me demande pourquoi la mouvance l'aurait fait alors que dans son gouvernement, il n'y a aucune femme. La MP a vite oublié que si Monsieur Sambi est devenu Président de la République, c'est aussi parce que les femmes ont voté pour lui.  Un contre exemple: à Anjouan, grâce à l'engagement du gouverneur Moussa Toyibou, un tiers des Commissaires sont des femmes. Pourquoi son parti  n'a pas présenté des femmes aux élections?  Voilà d'autres raisons pour faire le bilan de ces élections.

 
Quelle stratégie mettre en place pour faire gagner les femmes ? Quelle carte reste-il à jouer ?


Le Réseau National des Avocats du Genre (Renag) travaille à identifier, former et accompagner les femmes qui seraient motivées à se présenter aux prochaines élections municipales. L'espace communal présente une belle opportunité pour l'apprentissage, l'épanouissement et la culture d'une confiance en soi pour la femme.

La proximité de l'élu municipal avec les citoyens, le pragmatisme et le réalisme de l’action municipale, font que c'est par là qu’il faudrait commencer.

L’autre stratégie consiste à continuer à sensibiliser les partis politiques pour qu'ils accordent davantage d'attention à leurs militantes afin qu'elles s'intéressent plus à la politique.

Une dernière serait d'amener les hommes,  à partager leur expérience afin de servir de modèle de démocrate.   

 
Cette amère expérience ne devrait-elle pas pousser les femmes à demander un système de quota dans l’élaboration des listes des candidats ?


Même si je ne partage pas votre focalisation sur la bataille et non la guerre dans sa globalité, je crois que ce serait aussi, une des mesures volontaristes que le législateur comorien devrait prendre.

L’avantage  serait que cela pousserait les femmes à nourrir une ambition parce qu'elles croiront en leur étoile et non à leur beauté. Elles travailleront donc dure pour être à la hauteur.

Des textes sont en préparation pour aller dans ce sens. Les ONG se battront pour convaincre le législateur à légiférer dans ce sens.

Saminya Bounou

 

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Mariama HALIDI Albalad - dans INTERVIEWS
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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 23:20

Présentation des vœux au chef de l'Etat :


Ibouroi Ali Tabibou, secrétaire général de la confédération des travailleurs comoriens (CTC)
« Sambi ne mérite pas nos vœux car il n'a rien fait pour les travailleurs »

Moroni, lundi 04 janvier 2010 (HZK-Presse) – La confédération des travailleurs comoriens (Ctc), principale centrale regroupant une dizaine d'organisations syndicales du pays, décline l'invitation du chef de l'Etat pour la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du nouvel an. La vie difficile des travailleurs motive cette décision. Le leader syndical explique les raisons de cette défection dans un entretien qu'il a accordé hier à HZK-Presse.

Question : Pourquoi, vous ne partirez pas présenter les vœux au chef de l'Etat ?

Ibouroi Ali Tabibou : Ma première réaction est de présenter les vœux les plus sincères à tous les travailleurs comoriens qui ont passé une année très difficile. Nous comptons 4 mois de salaire payés sur 12. Sur cette base, il nous est difficile de rencontrer le président de la république et de lui présenter nos vœux. La manière dont on a été traité n'a pas été digne. Il y a eu un reniement de la fonction publique donc nous refusons d'aller rencontrer le chef d'Etat.

Question : Le chef de l'Etat a demandé aux nouveaux élus de le soutenir pour lutter contre la corruption. Qu'en pensez-vous ?

I.A.T. : Médusé. Pourquoi médusé ? Parce que nous avons demandé dans la période passée, un audit. Parce que nous avons vu ce qui s'est passé aux élections législatives. Nous avons vu l'utilisation des fonds publics et nous l'avons dénoncé. Si le chef de l'Etat veut lutter contre la corruption, nous ne pourrons qu'être d'accord avec lui parce qu'il va dans notre sens. L'audit qu'on avait demandé sera donc réalisé.

Question : Justement quel bilan la CTC fait de l'année qui vient de s'écouler ?

I.A.T. : Que ce soit dans le secteur public ou privé, l'année a été très difficile. Nous avons connu des conditions de vie très précaires avec un coût de la vie difficilement supportable par les travailleurs. On a toujours des salaires de misère aussi bien dans le secteur public que dans le privé. Jusqu'à présent il n'y a pas de SMIG aux Comores. Donc si le chef de l'Etat invite les élus à l'aider pour trouver une solution par rapport aux problèmes de la fonction publique, cela nous interpelle tous. Pour cela, nous appelons l'ensemble des syndicats à être vigilant car Sambi n'aime pas les travailleurs et les fonctionnaires en particulier. Ce n'est pas une question d'une grève de deux ou trois jours. Nous pensons que l'ensemble des salariés doit se mobiliser et peut être passé des moments et des mois encore plus difficile.


Question : Quelles sont les perspectives pour l'année 2010 ?

I.A.T. : C'est la mobilisation. On invite les salariés à être vigilants, à réfléchir sur des actions possibles qui peuvent faire comprendre au gouvernement qu'il n'a pas le droit de nous traiter comme il le fait actuellement.


Question : Tout n'a quand même pas été négatif cette année, qu'est ce qui a été positif en 2009 ?


I.A.T. : Sur le plan politique peut être, mais pas sur le plan social.
Propos recueillis par A.A. Mguéni


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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 00:09

Source : Malango lundi 04 janvier 2010

Docteur Ahamadi Abdallah, médecin référant de la santé mentale dans l'île d'Anjouan et chef de ce même service au centre hospitalier régional de Hombo ainsi que sa femme, ont été violemment agressés à leur domicile de Sima par des éléments des forces de l'ordre.
Ces derniers étaient chargés de dégager les barricades érigées par les partisans de Mohamed Djaanfari, candidat de l'opposition dans cette circonscription électorale en signe de protestation des résultats des élections issues du scrutin du 20 décembre dernier. Le médecin qui a eu six côtes fracturées a été transféré au centre hospitalier national El-Maarouf où nous l'avons rencontré. Ayant des difficultés à parler en raison des douleurs intenses qu'il ressent en respirant, c'est sa femme, Amina Ahmed, restée à son chevet, qui s'est livrée à nous, avec de brèves interventions du médecin agressé.

Pouvez nous raconter ce qui s'est passé ?

Amina Ahmed : Nous étions chez nous. Nous avions fermé toutes nos portes. Nous étions dans le couloir avec nos deux enfants de 2 ans et 4 ans. Soudain, nous avons entendu les portes craquer. Des militaires se sont introduits dans notre domicile, ils ont cassé deux télévisions, une gazinière, un frigo et un ordinateur avant de nous rejoindre dans le couloir. Mon mari s'est présenté comme étant un médecin, mais ils nous ont répondu qu'ils s'en foutaient. Ils ont commencé à nous donner des coups de rangers, nos enfants se sont mis à pleurer. Ils nous ont tiré dehors où nous étions placés à plat ventre et les militaires ont continué à nous tabasser. Mon mari a eu les côtes fracturées. Moi, j'ai des douleurs au niveau de la colonne vertébrale. Heureusement qu'elle ne s'est pas fracturée.

Et après ?

Amina Ahmed : Ils nous ont amené sur la route. Là-bas, un gendarme qui a reconnu, mon mari est intervenu en sa faveur, mais les militaires ont répondu que dans une mission il n'y a pas d'intervention. Mais, malgré cela, ils l'ont lâché. Il a été ramené par le gendarme à la maison où il s'est évanoui. J'ai cru qu'il était mort. J'ai appelé les gens au secours et nous l'avons tout de suite ramené à l'hôpital de Hombo (Mutsamudu, Anjouan) avant d'être transféré au centre hospitalier El-Maarouf.

Qu'est ce que vous ressentez après tout cela?

Amina Ahmed : Nous tenons d'abord à préciser que nous ne mêlons pas de la politique. Nous ne sommes ni de l'un où l'autre camp. Ce qui me fait trop mal ce sont mes enfants qui sont traumatisés à cause de ce qu'ils ont vu. Ils nous ont vu tabassés. Les militaires les pointer avec leurs armes pour essayer de les faire retourner à la maison alors qu'ils nous suivaient. Maintenant, ils ont peur de tout le monde. Ils me manquent beaucoup. Je me demande qui va prendre en charge le traitement de mon mari et celui de mes enfants ?

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Docteur, avez quelque chose à ajouter ?


Ahamadi Abdallah : A mon avis celui qui me donner les coups, savaient très bien ce qu'il faisait. Ce n'est pas par hasard qu'il m'ait cassé les côtes. Il savait où il devait me frapper. Il m'a soulevé la main gauche avant de me donner un coup et j'ai tout de suite fait un arrêt respiratoire pendant quelques minutes.

Un commentaire sur ce qui s'est passé à Sima....

Ahamadi Abdallah : Je ne comprends pas la manière dont ils ont mené cette opération de maintien de l'ordre. Cela ressemblait beaucoup à une attaque, avec tous ces militaires qui sont arrivés par la mer et d'autres qui sont passés par la route. On nous a dit qu'ils venaient dégager des barricades. Et pourtant c'était une toute autre chose qu'on a vécue. C'est du barbarisme. Aucune loi, ne permet une violation de domicile.


Allez vous portez plainte ?

Ahamadi Abdallah : Ce que j'ai perdu, je ne le retrouverai jamais. Je ne sais même pas qui me payer. En plus, ça ne vaut pas la peine de porter plainte. Qui va les juger ? Ce sera celui qui leur a donné l'ordre de faire cela. Ça sera un cercle vicieux.
En principe, ce qui me préoccupe c'est de retrouver ma santé. Des côtes cassées peuvent se ressouder. Ce qui me fait peur ce sont les répercussions à court ou moyen terme. Ainsi, je souhaiterais retrouver un endroit où il y a un plateau technique performant pour ma prise en charge.

Propos recueillis par Faissoili Abdou à l'hôpital El Maarouf de Moroni
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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 07:43

Source : Albalad du 1er octobre 2009

Legislatives

«Je serai le candidat de la mouvance présidentielle»

 

L’ancien rapporteur de la commission des finances à l’assemblée nationale, Attoumane Allaoui (Andoudou) se lance de nouveau dans le combat des prochaines élections législatives dans la circonscription de Wani à Anjouan. Interview.

 

• M. le député, vous repartez encore au combat. On nous dit que vous êtes candidat à votre  s u c c e s s i o n . Pourquoi ?

 

Pour continuer l e c o m b a t politique que j ’ a i d é b u t é depuis ma dernière élection à

l’assemblée nationale. J’ai œuvré sur le plan national, j’ai bien défendu des projets prometteurs

pour l’avenir de mon pays. Je veux continuer ce combat et me battre encore davantage pour

l’unité et le développement des Comores.

 

• Qu’allez-vous défendre dans la prochaine législature ?

 

L e s p e r s p e c t i v e s d e développement économique actuelles soutenues par des investisseurs étrangers. Je pense que cet élan économique doit être préservé pour l’intérêt de

notre peuple. Je pense que mes compatriotes sont conscient des enjeux et ont la maturité

de comprendre les choses pour pouvoir faire la distinction entre le bien et le mal et avoir confiance aux autres surtout si l’enjeu engage le pays dans son ensemble.

 

• A u r i e z - v o u s d é j à d e s propositions de loi à soumettre au parlement si vous êtes élu ?

 

Une proposition de loi sur la passation des marchés publics et une autre sur la fonction publique. Je pense que ce pays doit nouer avec le mérite c’est à-dire donc avec les compétences qui doivent primer dans la gouvernance et la gestion de la chose publique. Je pense que cela va aider le pays à reconnaître les valeurs des uns et des autres.

 

• Q u e l l e é t i q u e t t e porterez-vous aux prochaines législatives?

 

J e s e r a i c a n d i d a t d e l a mouvance présidentielle.

 

• Quels sont vos principaux soutiens ?

 

Celui qui sera élu dans ma circonscription est celui qui aura le soutien de la jeunesse,

des cadres, des femmes et des sans-emplois. Ce sont ceux-là qui m’accompagnent dans mon

combat.

 

• Quel sera votre slogan de campagne ?


Tous, en avant.

 

• Pouvez-vous nous faire un bilan de vos cinq ans de député?

 

J’ai défendu les principes de l’autonomie des îles qui ont abouti à la rédaction et à l’approbation de la loi sur la présidence tournante. Nous avons défendu la loi sur la citoyenneté économique qui a permis à notre pays de bénéficier d’investissements étrangers aux retombées économiques importantes.

 

• Votre opinion de vue sur l’ancienne législature ?

 

C ’ é t a i t u n e a assemblée mouvementée qui a mal fini. Les débats étaient très agités. La présidence n’a pas véritablement joué son rôle d’arbitre. Elle avait choisi un camp, celui de

l’opposition. Des réunions des partis de l’opposition étaient organisées dans les locaux de

l’assemblée. Ce qui n’était pas normal d’autant plus que tout le monde n’avait pas ce « droit ».

 

• Que répondez-vous à ceux qui accusent le président Sambi de vouloir prolonger son mandat au-delà de 2010 ?

 

Ce n’est ni l’affaire d’un seul député ni d’autres personnes. C’est une question qui implique

tous les députés réunis en congrès. Si l’opposition est majoritaire, elle tranchera en

sa faveur et autant si c’est la mouvance qui l’emporte. On ne doit pas précipiter le débat

et noyer le peuple dans des spéculations. La constitution est claire et sans équivoque. Il faut

plutôt se poser les questions sur les avantages et les inconvénients de cette prolongation au cours de la campagne, les Comoriens trancheront.

 

• Ê t e s - v o u s p o u r l e regroupement des élections des députés avec celles des

conseillers des îles ?

 

L’harmonisation a toujours des effets positifs. Sur le plan financier, elle réduit les coûts.

On ne peut pas être le seul pays au monde à organiser chaque année une élection. Je pense

que le regroupement est une bonne chose.

 

• Qu’est-ce qui vous fait peur dans cette nouvelle bataille électorale ?

 

Le taux d’abstention élevé. J’ai peur de cela. Même si je sais que l’élection d’un homme ne

dépend pas de sa circonscription seulement mais aussi de ses relations avec ses concitoyens.

 

A.S.KEMBA

 

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 13:46
Vous trouverez ci-dessous l'interview d'Idriss Mohamed, le Président du Comité Maoré sur la question de l'île comorienne de Mayotte accordée le 24 septembre 2009 à certains journaux comoriens (La Gazette dzs Comores, Malango, HZK-Presse)

"l n’est plus possible de parler amitié et coopération. Ce serait une indignité comorienne que de louer la coopération française qui nous mutile, qui occasionne des milliers de morts par an, qui malmène les Comoriens dans leur île"


Q : Cela fait plusieurs fois que la question de Mayotte à l’OJ de l’ONU pour être retirée au dernier moment. Pour quelles raisons selon vous ?

R : Ce n’est pas exactement ainsi que se présentent les choses. En réalité lors de l’AG de l’ONU de 1976, une résolution avait indiqué que la question serait débattue à chaque AG et que le SG devait faire rapport. C’est au milieu des années 90, je ne peux pas vous dire de mémoire quand exactement, les gouvernants comoriens de l’époque ont demandé que la question soit retirée de l’OJ pour ne pas gener des négociations en cour entre les Comores et la France. Depuis elle figure systématiquement à l’OJ provisoire et est retirée avec la meme argumentation. Puis il y eut l’épisode Soefo lorsque Ministre des Relations Extérieures d’Azali, il chercha à la faire disparaître de l’OJ provisoire. Heureusement que les représentants des Comores à l’ONU de l’époque ont fait échouer cette tentative inqualifiable. C’est avec Sambi que l’on nous dit que la question va être posée, que le Président se lance dans des discours dithyrambiques à l’ONU sans conséquence. Cette fois ci il y a changement puisque l’AG l’aurait reportée à une date ultérieure.

Q : quelle est votre réaction  à ce report ?

R : On peut se demander si le report à une date non précisée est une façon d’enterrer définitivement la question ? Je pense que ce serait trop grossier mais l’on ne sait jamais tant les grandes puissances font ce qu’elles veulent de l’ONU et des autres instances internationales. Je persiste pourtant à croire que la possibilité d’inscrire la question de l’île comorienne de Mayotte à l’OJ n’est pas nulle. Tout dépend de l’attitude de la délégation comorienne, va-t-elle s’animer, faire jouer toutes les solidarités ou va-t-elle s’aplatir devant les manœuvres insensées des diplomates français

Q : les maorais opposent au droit onusien à la fixation des frontières à celui issu de la décolonisation, celui des peuples à disposer d’eux-mêmes. Qu’en dites-vous ?

R : Vous vous trompez complètement. Le droit onusien est celui de la décolonisation qui stipule qu’à l’accession à l’indépendance, les pays gardent les frontières héritées de la période coloniale. Maintenant vous avez raison en soulevant cette grosse farce française du droit du peuple maorais à disposer de lui-même. Un vrai tour de passe passe puisque il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir qu’il n’y a pas de peuple maorais mais un peuple comorien, une unité historique tangible comme le montre s’il en était besoin l’unité linguistique, culturelle, religieuse, etc. Pour duper le monde la propagande française brandit le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes tout en bafouant celui du peuple comorien.

Q : Est que le Comité Maore pense qu’il serait possible et même envisageable de ramener Maore dans le giron des Comores indépendantes contre la volonté de ses habitants. N’est ce pas s’aventurer vers un très probable conflit violent même en admettant que la France lache Mayotte .

R : Je vous laisse la responsabilité de vos propos qui me semblent être très spéculatifs. Le Comité Maore n’a jamais prétendu rayer d’un trait de plume les 30 ans et quelques de séparation entre les 4 îles sœurs, ni proposé que Maore nous rejoigne dans la misère rampante qui étouffe la partie indépendante du pays. Nous partons du fait Historique, une nation, la nation comorienne, qui naturellement, malgré les péripéties inévitables de l’Histoire est poussé vers son unification. Qui aurait pensé à l’unité des vietnamiens, des allemands, et bientôt des coréens ; ceux là se sont affrontés militairement. Les fossés étaient infiniment plus accentués. Nous sommes convaincus et nous travaillons pour, qu’une voie est possible pour combler les fossés, préserver et développer les acquis sociaux à Maore, les étendre aux autres îles et ouvrir une nouvelle page à notre pays. Si les choses vont mieux à Maore que dans les autres îles, l’on ne peut pas dire que pour les Comoriens de cette île, la situation est réellement enviable ni réellement satisfaisante. Il suffit de regarder les mzugulands pour s’en convaincre. Le Comité Maore travaille à l’élaboration d’une proposition de sortie de crise qui permettra au bout d’un certain temps de réconcilier les cœurs, des 4 îles car le séparatisme insulaire commet des ravages dans les autres îles aussi, et petit à petit de bâtir un Etat démocratique prospère chez nous. Nous sommes un tout petit pays, tout nous est possible. Il faudra pour cela nous unir contre les séparatismes de tout bord et de tout genre, contre la corruption et le vol des deniers publics, pour une administration opérationnelle, efficace au service de la nation. Nos problèmes de développement économique et social peuvent trouver des solutions appropriés dès lors que nous nous prenons en charge, comptons sur nos propres forces et bénéficions de l’aide de nos amis.

Q : Vous avez parlé d’une proposition en cours, de quoi s’agit-il

R : Un peu de patience, nous la communiquerons en temps utile. Je souligne que nos idées vont vers un cheminement par étape, nous devons prendre en comptes que les maorais rejettent fortement ce qui se passe dans les autres îles, que la France est une puissance mondiale qui est enracinée dans notre Région, tout cela doit être pris en compte. En tout état de cause, il suffirait que la France aille jusqu’au bout de sa reconnaissance de l’unité des 4 îles, elle dit elle-même que nous sommes 4 îles sœurs, 4 îles sœurs qui donc sont naturellement appelées à avoir un destin commun. Pourquoi veut-elle briser notre famille. Q’elle tire la conclusion de son affirmation et décide de ne pas torpiller notre famille, et les voies de l’entente entre les 4 îles ais aussi entre notre famille et elle, émergeront et la situation changera du tout au tout.

Q : Quelle est votre proposition face à la proposition de Sambi de louer Maore à la France ? Cela n’assainirait-il pas le climat

R : La proposition du Président Sambi témoigne des efforts des Comoriens pour sortir de la crise. Je pense que cette proposition est de même inspiration que la nôtre à savoir un pays 2 systèmes. Comme je l’ai dit, si la France respecte notre famille, lui reconnaît le droit à l’existence, aucune porte ne sera fermée, il sera possible de discuter de tout, absolument tout.

Q : le Comité Maore serait-il pour un divorce avec la France ?

R : Pour s’entendre, il faut être deux. Nous aimons la France avec laquelle nous entretenons des liens intimes, familiaux, etc. Les Comoriens malgré les vexations, la politique française incarnée chez nous par des mercenaires, ont toujours parlé d’amitié et de coopération avec la France. Comme les chrétiens qui tendent l’autre joue pour recevoir d’autres gifles. Mais cela ne peut pas durer. D’autant que la départementalisation de Maore change la donne. Il n’est plus possible de parler amitié et coopération. Ce serait une indignité comorienne que de louer la coopération française qui nous mutile, qui occasionne des milliers de morts par an, qui malmène les Comoriens dans leur île, etc. Si la France persiste dans son annexion de Mayotte, je suis personnellement pour une rupture ferme des relations diplomatiques, pour une dénonciation systématique de la politique française à Maore. Je rappelle qu’à l’époque d’Ali Swalihi, le pays avait rompu avec la France. Nous n’en sommes pas morts au contraire nous portions mieux sous nombre d’aspects. Bien sûr il faudra garder des liens par exemple au niveau consulaire pour les échanges humains entre les deux pays. Le Comité Maore a appelé à des assises nationales pour réévaluer les relations entre les Comores et la France à la suite de la départementalisation.

Propos recueillis par Faissoil le 24/09/09
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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 22:25

Vous trouverez ci-dessous une interview intérésssante du professeur André ORAISON sur la départementalisation française de l'île comorienne de Mayotte publié par Clicanoo.com le  25 août 2009.

André Oraison, Professeur de droit public à l’Université de La Réunion (Université Française et Européenne de l’Océan Indien).

Attention : le titre est de nous.

Nous avons publié d'autres articles du Professeur ORAISON sur le contentieux de Mayotte dans notre rubrique "Justice et droit".

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


"La départementalisation de Mayotte est contraire au droit international"


En quoi, selon vous, la France viole-t-elle le droit international à Mayotte ?

 

André Oraison : "La consultation populaire qui a eu lieu en mars dernier est contraire au droit international public. Il faut remonter aux sources et au premier scrutin d’autodétermination organisé sur l’archipel des Comores le 22 décembre 1974. Ce jour-là, la population des Comores s’est prononcée à plus de 95 % pour l’indépendance. Mais en faisant le décompte île par île, on s’est aperçu que la Grande Comore, Mohéli et Anjouan s’étaient prononcées quasiment à 100 % pour l’indépendance alors qu’à Mayotte il y a eu une majorité des deux tiers pour le statu quo et le maintien dans la République française. Les résultats ne devaient pas être appréciés île par île, mais globalement. Juridiquement, Mayotte aurait dû suivre la voie des autres îles des Comores."

 

La départementalisation ne reposerait alors sur aucune base légale ?

 

"La départementalisation de Mayotte, revendiquée par les Mahorais, est contraire au droit international public de la décolonisation. Il ne faut pas oublier que c’est un pays composé de quatre îles qui a été admis aux Nations unies en 1975. A plusieurs reprises, l’assemblée générale des Nations unies a condamné la France pour son maintien à Mayotte et elle avait précisé que tout référendum ultérieur, mis en œuvre par la France à Mayotte, serait considéré comme une ingérence dans les affaires intérieures comoriennes."

 

Pourquoi cette condamnation n’a pas plus d’écho ?

 

"La France a un statut particulier au sein des Nations unies. Elle est l’un des cinq membres permanents du conseil de sécurité et aucune sanction ne peut-être prise contre elle, car elle peut opposer son droit de veto. Les cinq "grands" se sont attribué ce privilège en 1945, celui de violer le droit international sans risquer de sanctions. Si le contentieux était porté devant une juridiction internationale, il est certain que la France serait condamnée. Mais cela a peu de chances d’arriver. En droit international public, pour qu’un différend soit porté devant un tribunal il faut l’accord des deux parties en présence."

 

Vous craignez aussi des effets négatifs pour la population mahoraise, quels sont-ils ?

 

"La départementalisation va jouer comme une sorte de rouleau compresseur administratif français qui va niveler le statut des Mahorais et porter atteinte à une société qui est dans une large mesure traditionnelle, coutumière, attachée aux valeurs de l’Islam. Tout cela devra disparaître. Notre république est laïque et reconnaît les mêmes droits et les mêmes obligations à tous ses citoyens. Les Mahorais pensent qu’ils vont bénéficier des avantages économiques et en même temps conserver leurs spécificités, c’est incompatible."

 

Pourquoi les Mahorais veulent-ils alors un département ?

 

"Ils sont convaincus que ce statut rendra leur expulsion du territoire français impossible. Ce n’est pas vrai. Le statut de département ne donne pas la garantie absolue qu’une collectivité territoriale demeurera à jamais française. Il y a déjà eu un précédent avec l’Algérie qui était divisée en quinze départements avec le Sahara. Les Mahorais croient aussi que le statut de département est définitif sur le plan administratif. C’est faux. L’archipel de Saint-Pierre et Miquelon était à l’origine un TOM (Territoire d’outre-mer) et devient un département d’outre-mer en 1976. Une dizaine d’années plus tard, les habitants de Saint-Pierre et Miquelon ont été obligés de demander un nouveau statut de collectivité territoriale car ils ne pouvaient plus supporter les conséquences fiscales et douanières résultant de l’intégration dans le marché commun européen. La départementalisation de Mayotte pourrait avoir les mêmes effets."

 

Quel est l’intérêt de la France ?

 

"En maintenant Mayotte dans la République, elle s’est mise une première épine qu’elle ne peut plus enlever elle-même. La France ne peut pas se débarrasser de Mayotte, car ses habitants pourraient toujours invoquer la Constitution française et son article 5 qui dit que le président de la République est le garant de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale. Le statut de Mayotte ne dépend plus ni de Paris ni de Moroni, mais des Mahorais et d’eux seuls. Le différend franco-comorien n’est pas prêt de prendre fin. Il existera toujours tant que les Mahorais ne changeront pas d’avis."

 

Propos recueillis par Pierre Leyral

Source : CLICANOO.COM | Publié le 25 août 2009

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 11:50

 

 Bahia Bakari (Photo - Archives juin 2009). C’est une adolescente miraculeuse. Elle est en effetl’unique rescapée du crash de l'Airbus A310 de Yemenia Airways qui a eu lieu au large des Comores le 30 juin dernier. Elle a accordé ce jour sa première interview à une radio française qui s’appelle Europe 1.


Vous trouverez ci-dessous quelques phrases de cette jeune franco comorienne :


"On nous a dit que nous allions atterrir et je me suis retrouvée dans l'eau, je ne sais pas comment, j'entendais des femmes qui appelaient à l'aide".


"Dans ma tête, j'étais la seule à être sortie de l'avion et, pour moi, les autres passagers étaient déjà arrivés aux Comores et j'ai pensé que ma mère allait s'inquiéter pour moi".


"Je me suis accrochée au plus gros débris d'avion que j'ai trouvé, je me suis endormie et réveillée avant de voir la forme d'une île. Puis j'ai entendu les voix des hommes qui venaient à mon secours mais je n'ai pas pu saisir la bouée et quelqu'un a dû sauter dans l'eau pour m'aider".


Vous pouvez écouter l’intégralité de l’interview de Bahia Bakari en cliquant sur l’image ci-dessous. N'oubliez pas de mettre le son





Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 12:40

SOURCE AL-WATWAN n° 1362 du lundi 20 juillet 2009

Le Shikomori à l'école : "comme dans tout pays colonisé"

 

 

Who’s who. Mohamed Ahmed Chamanga est né à Wani à Ndzuani en 1952. Diplômé de swahili et d’arabe, il s’oriente vers des études linguistiques qui lui permettent de faire des recherches sur sa langue maternelle. Chamanga a publié de nombreux travaux sur la littérature et la linguistique comorienne. Ses recherches linguistiques ont fait l’objet d’une thèse présentée à l’école pratique des hautes études (Ephe) à Paris en 1991. Depuis 91, Chamanga enseigne la langue et la littérature comorienne à l’institut national des langues.

 

L’apprentissage débutera à la rentrée scolaire 2010-2011 dans les écoles maternelles et dans les écoles pilotes, introduite en tant que matière dans le secondaire, et en tant que module à l’université. Chamanga, linguiste, estime que la population est prête, mais que la résistance viendrait du côté des intellectuels. “Comme c’est toujours le cas dans les pays colonisés”, ajoute-t-il.

 

Interview.


Parlez-nous de la genèse de ce grand projet d’introduction du shikomori dans l’enseignement?

 

Vers la fin de l’année 2006, le ministère de l’Education nationale m’a demandé de faire une étude sur la faisabilité de l’introduction du shikomori dans le système éducatif. L’étude est faite et agrée par le ministère en 2007 et maintenant on est dans la phase de concrétisation du projet. Nous avons commencé par la formation des formateurs. Puis, nous avons soumis un projet sur l’orthographe du shikomori qui est passé en conseil des ministres et doit être officiellement adopté par décret. Une fois décrété, il serait souhaitable que tous les écrits sur la langue comorienne s’y conforment. En ce qui concerne les documents officiels, ils seront bilingues dans un premier temps jusqu’à ce qu’une grande majorité puisse lire et comprendre le shikomori.

 

Quels sont les instruments didactiques qui seront utilisés?

 

Actuellement, nous sommes dans la réalisation de la seconde phase de l’étude du projet, la formation des meilleurs formateurs qui consiste à leur donner les bases, la structure du comorien, comment construire les phrases, les mots, etc. Les livres de grammaire sont en phase de correction avant d’être envoyés pour publication. En ce qui concerne les documents scolaires, nous allons nous baser sur les conseillers et inspecteurs pédagogiques, et travailler en collaboration pour élaborer ces documents. Personnellement, j’interviendrai en tant que linguiste.

 

Comment se fera l’apprentissage? Est-ce que le shikomori sera une seconde langue ou une langue d’enseignement?

 

L’apprentissage débutera à la rentrée scolaire 2010-2011 dans les écoles maternelles et dans les écoles pilotes. On utilisera des moyens ludiques, des petits livrets et des albums avec des images. Le shikomori sera la langue d’enseignement au Cp. Et chaque année l’apprentissage va évoluer. Au Ce1, on va introduire le français d’abord comme matière, puis comme langue d’enseignement dans certaines matières. Au collège et au lycée le shikomori sera enseigné comme matière. On va travailler sur la langue et la littérature. A l’université, nous allons introduire le shikomori comme module et discipline. On va étudier l’aspect scientifique de la langue.

 

Comment s’est déroulée la formation? Pensez vous que les stagiaires sont à même d’assurer l’enseignement du shikomori?

 

Nous estimons que les encadreurs de la langue sont assez formés et encadrés. Ils savent comment la langue est structurée. Au cours de la première formation nous avons étudié la structure morphologique de la langue et dans la deuxième phase nous avons étudié la dialectologie, l’étude des différents dialectes du shikomori. Les gens sont suffisamment sensibilisés et prêts à défendre le projet qui, à mon avis est prometteur pour le développement aux Comores. Je pense que si on n’a pas pris en compte la dimension culturelle, tout développement sera artificiel. S’il n’y a pas de bases solides il n’y aura pas de résultats tangibles.

 

Avez-vous une recommandation particulière à faire ou un conseil à donner?

 

Si je dois faire un conseil, je demanderais aux acteurs de l’Education à encourager la sensibilisation sur l’importance de l’introduction du shikomori dans le système éducatif. Ce que j’ai constaté, la population est prête, mais la résistance vient du côté des intellectuels. Mais c’est toujours comme ça dans les pays colonisés. Et il faudra se battre pour arriver à les convaincre.

 

Recueillis par ASA

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 14:44

Vous trouverez ci-dessous une interview de Madame Sittou Raghadat Mohamed accordée au journal Alger News dans le cadre du Festival panafricain qui a lieu en ce moment en Algérie.



Source : Alger news / Dimanche 12 juillet 2009

Madame Sittou Raghadat Mohamed*

« L’éducation peut rendre la  femme autonome »

 

Entretien réalisé par Fatiha Amalou-Aid

 

 (Photo archives HALIDI-BLOG-COMORES: Sittou Raghadat Mohamed)


Algérie news : Le colloque sur Frantz Fanon  a débuté le 7 juillet, un événement qui a été organisé en marge du festival culturel panafricain. Nous avons constaté une participation importante de la femme africaine dans ce colloque et dans ce festival. Quelle évaluation faites-vous de la femme en Afrique ?

 

Mme  Sittou : c’est le même constat que j’ai fait et c’est très  encourageant, sachant que la femme africaine n’a toujours pas atteint son but. D’ailleurs, ma communication qui sera présentée le 19 de ce mois, portera justement sur le combat pour l’égalité des genres dans le domaine éducatif en Afrique subsaharienne. Je parlerai de la situation sur la scolarisation de la femme et de son implication dans le système éducatif et je mettrai en exergue l’expérience du Forum des  femmes éducatrices africaines (FAWE).

Concernant l’évaluation de la femme en Afrique, je dirai qu’il y a eu des progrès de la situation en général. J’ai fait des recherches et d’après les résultats, j’ai relevé qu’il y a des pays qui sont en avance comme le Rwanda. D’autres pays ne sont pas encore arrivés à un niveau appréciable. Ceci étant, je pense que l’éducation de la fille peut rendre autonome la femme. Pour moi, un pays ne peut pas se développer sans prendre conscience de l’importance du rôle de la femme dans la prise des décisions. Nous, les femmes, nous avons besoin d’être formées et d’être éduquées pour nous imposer sur le terrain politique.

 

On dit souvent que les textes législatifs existent dans ce sens mais la réalité est tout autre, qu’en pensez-vous ?

 

Je vous donne l’exemple de mon pays. Aux Comores, les textes existent pour l’égalité entre l’homme et la femme dans le domaine politique. Mais dans la pratique,  c’est différent. En lisant  les textes, on dirait que tout va bien, mais la réalité est tout autre. Nous avons un gouvernement sans femme, alors que la nomination de la 1ère femme Ministre en ma personne remonte à 1991. 17 ans après, la situation n'a pas évolué.

 

Avez-vous une idée sur la place de la femme en Algérie ?

 

Je n’ai pas beaucoup d’informations sur la situation de la femme algérienne, mais selon mes connaissances qui sont maigres, je le reconnais, la femme algérienne commence à s’imposer sur la scène politique. D’ailleurs, vous avez des femmes qui occupent des postes au gouvernement, des femmes à l’Assemblée Populaire nationale et au Sénat. Don c’est raisonnable. J’ai compris aussi qu’en Algérie, il y a deux mondes contradictoires. Il y a des femmes émancipées et il y a des conservatrices qui montrent une image contradictoire.

 

Ma présence à Alger, à l’occasion de ce colloque m’a permis de faire ce constat. Par exemple, en couple c’est paradoxal.

 

On trouve le mari avec sa femme conservatrice et leur fille avec une mini-jupe. Je ne suis pas allée en profondeur dans mes recherches sur cette situation. C’est un sujet qui évoque en moi une certaine curiosité pour en savoir plus.

En général, la femme en Algérie comme aux Comores, ne bouge pas beaucoup. Il y a toujours cette timidité. Elle attend qu’on lui fasse appel ou qu’on la sollicite pour bouger, et c’est un handicap. La femme doit s’imposer d’elle-même.

 

Que pensez-vous du festival culturel panafricain organisé pour la deuxième fois en Algérie ?

 

Je suis émerveillée. Je ne m’attendais pas à une telle organisation, que ce soit en termes de qualité des programmes, des moyens colossaux qui sont assurés ou encore de la sécurité qui fera certainement la réussite de cet événement. C’est toute l’histoire de l’Afrique qui est tracée lors de ce festival. Aujourd’hui, ici en Algérie, je suis très fière d’être africaine. Cette solidarité nous aide à combattre l’inégalité.

 

F.A.A.

 

 

*Ancienne Ministre aux Comores, actuellement

Enseignante à l’Institut de Recherche en Education

et Formation des enseignants


Source : Algérie News / Dimanche 12 juillet 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 12:13

 Source : Clicanoo.com 07 juillet 2009

Saïd Larifou demande la saisie les avions de Yemenia
Depuis le crash de l'A310, mardi dernier, l'agenda de Saïd Larifou ne désemplit pas. L'avocat comorien de Saint-Pierre, qui représente 27 familles de victimes, est revenu hier de l'archipel d'où il a suivi les premiers pas de l'enquête. Il s'envolera mercredi au plus tard pour Paris, afin de suivre l'action judiciaire des autorités françaises. Avec dans le viseur, la compagnie Yemenia, qui avait affrété l'avion.

Quelles mesures ont été prises par la justice comorienne une semaine après le drame ?
Le parquet de Moroni a ouvert une information judiciaire contre X pour homicide involontaire et complicité d'homicide involontaire. Comme je représente les familles de 27 victimes ainsi que le collectif des familles des victimes du crash, cette qualification me convient. La complicité nous permettra, à l'avenir, d'élargir le spectre des responsabilités. Nous devrons chercher la vérité en France, aux Comores, au Yémen... Nous ne visons pas quelqu'un en particulier.

En tant que représentant des parties civiles, avez-vous déjà adressé des demandes particulières ?
J'ai demandé aux juges de Moroni de saisir tous les appareils A310 de la compagnie Yemenia, qui affrétait le vol. Ceci par sécurité : cela nous permettra de collecter des indices et des preuves, concernant la responsabilité de la compagnie. Je mènerai la même démarche en métropole, où une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte par le parquet de Bobigny. Il faut absolument que ces appareils soient saisis grâce à une commission rogatoire internationale.

Pourquoi ? Visez-vous clairement la compagnie ?
Le ministre français des Transports (NDLR : Dominique Bussereau) a lui-même déjà indiqué qu'il y avait des défauts sur cet A310. D'anciens passagers avaient eux aussi indiqué des défaillances techniques. Des défaillances qui ont aussi été reconnues par une ancienne hôtesse de l'air de cette compagnie ! Même le ministre yéménite des transports a expliqué que des travaux de réfection des fauteuils et de la décoration avaient eu lieu. Il faut examiner tous les avions. Comment a-t-on pu accepter qu'ils continuent de voler ? La compagnie doit comprendre qu'il y a eu des morts.

Irez-vous voir la jeune survivante ?
Oui, mais je m'enquerrai principalement de sa santé. C'est un témoin capital qu'il ne faut pas brusquer. Il ne faut pas compromettre l'objectivité de l'enquête
Propos recueillis par Benoit Toulorge
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