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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 16:12

Mohamed Hassanaly, candidat aux élections primaires à Mohéli : « Un combat sans merci contre la faim et la précarité »

Mohamed Hassanaly, candidat aux élections primaires à Mohéli : « Un combat sans merci contre la faim et la précarité »


Un des anciens combattants de la politique comorienne, Mohamed Hassanaly ne lâche pas les armes. Pour la deuxième fois, ce vieux routier va solliciter les suffrages des comoriens. Né en 1941, cet enfant chéri de Fomboni va se confronter avec d'autres barons de son fief mais il est déterminé plus que jamais à conquérir Beit Salam. Diplômé de l'Ecole de commerce de Tananarive (Madagascar), Mohamed Hassanaly a longtemps exercé dans l'import-export, parallèlement à ses activités politiques en tant membre fondateur en 1967 du Rassemblement démocratique du peuple comorien (RDPC, parti Blanc). Sous le régime révolutionnaire d'Ali Soilihi, Hassanaly exerce les fonctions de vice-président. C'est en 1990 qu'il s'est présenté pour la première fois à une élection présidentielle, en tant que leader du Front populaire comorien (FPC). Il devient membre de la Cour constitutionnelle de 2005 à 2009. Ce doyen des dix prétendants à la magistrature suprême répond ouvertement aux questions de La Gazette / HZK-Presse.

Question : Pourquoi vous êtes candidat?


Mohamed Hassanaly : Lorsqu'un homme politique comme moi s'est engagé, 40 ans durant, à militer et à agir, pour la paix, la justice sociale et pour le bien-vivre-ensemble harmonieux de son pays archipélagique, le désir profond de présider à sa destinée, en mettant tout l'amour que je porte à mon peuple et ma longue expérience au service de l'Etat, était tout à fait naturel. En outre, au moment où la présidence de notre pays revient à mon île, il est de mon devoir d'aller à la rencontre de mon peuple pour sceller un nouveau pacte social.

Question : Quelles sont les grandes lignes de votre projet de société ?

M.H. : Mon projet de société s'articule autour de deux grands axes : Un combat sans merci contre la faim et la précarité qui sévissent dans la quasi-majorité de nos foyers par le développement d'une véritable politique alimentaire. La lutte contre les peurs et les craintes permanentes qui minent et sapent le moral de nos concitoyens : peur de la faim, peur de la maladie, peur de l'insécurité des personnes et des biens, peur du chômage, peur de l'autre, etc.
En un mot, notre vision politique pour le quinquennat à venir est d'impulser l'émergence d'une nouvelle société où le citoyen sera à l'abri de la faim et de toute les peurs et les craintes qui en sont la résultante.

Question : Quelles sont vos trois premières priorités, une fois élu ?

M.H. : Mon action s'inscrira dans le triptyque : Sécurité alimentaire pour tous, en assurant dans le court terme une alimentation suffisante en quantité et en qualité à la population comorienne. La jeunesse qui représente près de 70% de la population et qui reste pour moi le véritable moteur du développement socioéconomique de notre pays. Le renouvellement et la redynamisation des relations de l'Union des Comores avec l'extérieur.

Question : Où allez-vous trouver les fonds pour financer vos projets ?

M.H. : En luttant contre la corruption, en améliorant le système de recouvrement fiscal et en sécurisant les recettes douanières, et dans une large mesure, les recettes générées par l'Etat, on peut raisonnablement supporter par des fonds propres, le coût de nos projets, tout en faisant appel à la coopération internationale, mais surtout aux comoriens de la diaspora, selon nos priorités. Il conviendra en outre, de relancer de manière engagée les promesses financières faites à notre pays lors de la conférence de Maurice (2005), et celle de Doha (2009) pour donner au développement de notre pays un nouvel élan.

Question : Quelle est votre solution pour faire revenir Mayotte?

M.H. : Le dialogue entre l'Etat français et l'Etat comorien doit être relancé, sans tarder, mais également entre les comoriens et les franco-comoriens de nos quatre iles, le tout pour aboutir à une table ronde du « vivre-ensemble » sur la base d'un nouveau contrat social devant consacrer l'unité nationale de l'Etat archipel des Comores dans ses frontières héritées de la colonisation :Mayotte, Grande-Comore, Anjouan et Mohéli.

Question : Y'aura-t-il un projet spécifique pour Mohéli ?

M.H. : Tous nos projets ont une vocation nationale car notre pays souffre des mêmes maux. Il s'agira dès lors de trouver ensemble les solutions adéquates. La jeunesse de Ngazidja n'est pas plus épanouie que celle d'Anjouan ou de Mohéli et vice et versa. Les carences nutritionnelles ne touchent pas plus les Mohéliens que les Anjouanais. Notre peuple dans ses différentes composantes se trouvent confronter aux mêmes difficultés quotidiennes qui demande une solution d'ensemble.

Propos recueillis par A.A. Mguéni
Publié par: HZK-Presse: 22/10/2010 -

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 20:49

Source : HZK Presse / La gazette des Comores 12 octobre 2010

« Ma candidature est en rupture avec la gestion passée »

Interview / Abdou Djabir à la rencontre de la diaspora : « Ma candidature est en rupture avec la gestion passée »

De retour, après une dizaine de jours auprès des Comoriens de la diaspora en France, Abdou Djabir a passé une journée à Mayotte. Nous, l’avons rencontré à l’aéroport de Dzaoudzi, en compagnie de son vice-président de Ngazidja, Abdillahi Mbaé.

 

  
HZK/La Gazette des Comores – M. Abdou Djabir, vous revenez d’une tournée en France. Quels étaient les objectifs de votre voyage ?

 

  

Abdou Djabir – Je suis arrivé en France à la tête d’une délégation composée, entre autres, de mon vice président à la Grande-Comore, M. Abdillahi Mbae et de Mme Samra Bacar Kassim [candidate aux dernières élections législatives à Moroni]. Nous avons été accueillis chaleureusement à Paris, où nous avons fait une conférence-débat à l’Université de Saint-Denis. Ensuite, nous avons été reçus à Marseille, où nous avons aussi répondu aux questions des Comoriens. Et nous avons fini à Lyon. Le but de ce voyage était d’associer la diaspora comorienne à cette élection nationale, afin d’échanger nos vues sur la situation et sur l’avenir de notre pays. On parle de 200 000 Comoriens en France, et c’est comme si nous avions là une 5e île.

  

HZK/La Gazette des Comores – Pourquoi est-ce important d’aller voir la diaspora alors qu’elle ne vote pas ?
 

Abdou Djabir – C’est elle qui finance les actions sociales et certaines infrastructures villageoises. Elle fournit par ses transferts financiers (20 milliards de francs comoriens par an) les devises nécessaires aux importations du pays. Donc, la diaspora ne peut pas être ignorée pendant les élections présidentielles, même si ses membres ne votent pas. Je le regrette d’ailleurs, sincèrement, puisqu’une loi votée par les députés de l’Union en 2005, autorise leur vote, mais celle-ci n’a pas été appliquée ni par le président Azali ni par le président Sambi.

 

HZK/La Gazette des Comores – Que veulent les Comoriens de France ? Qu’est-ce que vous êtes capable de faire pour eux ?

 

Abdou Djabir – La diaspora demande à être reconnue et valorisée parce qu’elle est composée de Comoriens comme nous, mais aussi et surtout parce qu’ils prennent une part très importante dans le fonctionnement de l’économie des Comores.
Ils veulent la pleine citoyenneté, c’est-à-dire pouvoir élire les dirigeants du pays et être eux aussi élus, avoir des représentants dans les différentes assemblées. Ensuite, ils souhaitent que les transports aériens soient sécurisés, en prévention des accidents et des désagréments constatés lors de nombreux escales dans les pays étrangers. Enfin, ils veulent que les conditions de vie aux Comores soient améliorées pour que leur séjour au pays ne soit pas affecté comme à l’accoutumée, par le délestage en matière de distribution d’eau et d’électricité, la pénurie de carburant et même de produits alimentaires. Sans oublier les difficultés qu’ils rencontrent en matière de dédouanement.
Evidemment, je ne peux faire quelque chose pour eux, que si et seulement si je suis élu pour prendre les grandes décisions et faire les réformes qui conviennent.

 

HZK/La Gazette des Comores – Le Ministre des Relations extérieures, Fahmi Saïd Ibrahim a signé un accord de coopération militaire juste après le discours très offensif du Président Sambi contre la France, à propos de Mayotte à l’ONU. Quel est votre sentiment sur cette polémique ?

 

Abdou Djabir – Les Comores ont signé avec la France en 1978, une série d’accords dont un accord en matière de défense. J’ai été moi même chargé, en dehors de la défense, du suivi de ces accords jusqu’en 1985, en tant que directeur des affaires juridiques et consulaires au ministère des affaires étrangères. En ma connaissance, ces accords n’ont pas été dénoncés. Ils ne sont donc pas appliqués, mais ils sont applicables, si les deux pays concernés en expriment la volonté. J’ignore tout de l’existence d’accords en matière de défense avec d’autres pays, et qui justifierait cette assistance militaire au président Sambi, au moment où la Cour constitutionnelle a notifié à ce dernier, la fin de son mandat depuis le 26 mai 2010.

 

HZK/La Gazette des Comores – Nous sommes ici à Mayotte, où vous avez longtemps vécu et que vous aimez, que comptez-vous faire à propos de « la question de Mayotte » ?

 

Abdou Djabir – Comme vous le dites si bien, j’aime Mayotte mais j’aime surtout les Maorais parce qu’ils m’ont permis d’avoir chez eux, ce que je ne pouvais pas avoir chez moi : la reconnaissance des mérites personnels, la tranquillité de la vie dans la famille, la sécurité de carrière…
Comme je l’ai toujours dit à propos de « la question de Mayotte », les dirigeants comoriens ne peuvent pas renoncer à la revendication sur Mayotte, sans renoncer à l’unité des Comores, à l’existence de celles-ci en tant qu’Etat indépendant, ainsi qu’à leur droit internationalement reconnu. Cela étant, il faut plus qu’une diplomatie revendicative pour parvenir à une solution négociée et durable sur la question de Mayotte. L’Etat comorien doit nouer un dialogue permanent avec les Maorais et leurs élus, au lieu de donner l’impression de revendiquer Mayotte en ne se préoccupant pas de l’avis des Maorais.
Bien sûr, ce dialogue n’aura pas que des amis à Mayotte, mais il est incontournable, tant que nous refusons le « mur de Berlin » dans cet archipel, les drames du cimetière marin vécu dans le silence complice et l’enrichissement coupable des passeurs en kwasa.
« La question de Mayotte » ne se réduit pas seulement à un problème de souveraineté. Il existe d’autres enjeux, notamment humains, économiques et sociaux. Je propose que la coopération dite décentralisée soit un véritable outil de développement axé sur la croissance économique, la lutte contre la pauvreté, et l’amélioration du bien être dans cet Archipel des Comores. Ce qui suppose qu’on parvienne à des adaptations favorables à la circulation des hommes, des biens et des services. C’est une façon de construire autrement l’unité millénaire des Comoriens.

 

HZK/La Gazette des Comores – C’est grâce à votre recours que la Cour constitutionnelle a décidé de signifier au président Sambi la fin de son mandat le 26 mai 2010. Pourquoi sa volonté aurait-elle été hors-la-loi ?

 

Abdou Djabir – Quand j’ai attaqué la loi du Congrès qui avait prolongé le mandat de M. Sambi, je savais que ce dernier ne pouvait pas bénéficier du mandat de 5 ans puisqu’il était élu pour 4 ans, et la loi du congrès ne pouvait avoir un caractère rétroactif. Donc, seul le successeur de Sambi peut bénéficier du mandat de 5 ans. Je suis content d’avoir gagné ce procès, mais ce qui me réjouit le plus c’est que la Cour constitutionnelle a marqué un pas en avant vers l’Etat de droit.

 

HZK/La Gazette des Comores – En quoi votre candidature est-elle différente de celle des neuf autres ?

 

Abdou Djabir – Ma candidature est différente de celle des autres, parce que c’est une candidature de rupture par rapport à la gestion antérieure des Comores. Avec mon équipe, nous sommes porteurs d’un nouveau projet de société, qui met l’accent sur la stabilité politique, la confiance entre les Comoriens et leurs dirigeants, grâce à une justice équitable, la lutte contre la corruption administrative, et contre la pauvreté grâce à la création d’emplois dans le secteur privé. Cette troisième tournante ne doit pas échouer comme les précédentes, sinon nous donnerons de l’eau au moulin séparatiste. C’est la raison pour laquelle le changement s’impose, ainsi que les réformes économiques, sociales, et sur le plan institutionnel.

 

 Mahmoud Ibrahime, Correspondant à Mayotte

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 19:21

Y. Moussa: « On a l'impression que le gouvernement a rendu les armes »

Y. Moussa: « On a l’impression que le gouvernement a rendu les armes »
cheveux poivre-sel, la démarche lente et le verbe toujours haut, Youssouf Moussa n'a pas perdu de sa pugnacité, même si on l'entend moins ces dernières années sur la question de Mayotte. Alors que ses camarades de combat ont fini par succomber aux sirènes de la puissance coloniale, "ce militant professionnel " du Front démocratique (Fd) comme il se définit lui-même, n'a encore rien renié de ses convictions. A ceux qui le trouvent moins mordant qu'il ne l'était jusqu'ici, Moussa a une explication : "Aujourd'hui, pour faire de la politique, il faut disposer de moyens ". Mais, il se dit surtout affligé par les tergiversations des autorités comoriennes qui " semblent avoir rendu les armes ". Au lendemain de l'assemblée générale des Nations unies, votre magazine est allé à la rencontre de cet homme exceptionnel, grand débatteur devant l'eternel et ancien professeur de mathématiques.

Trente-cinq ans après la séparation de Mayotte du reste de l'archipel, quel regard portez-vous sur ce contentieux territorial entre Moroni et Paris ?

Aujourd'hui, face à une telle question, on est désarçonné. Ce qui saute aux yeux, ce que les perspectives sont moins prometteuses qu'elles ne l'étaient jusqu'ici. On a l'impression que l'horizon est bouché, que la France a gagné. Les Mahorais estiment que le problème est déjà tranché. Les gens s'aperçoivent que les autorités comoriennes ont renoncé à revendiquer l'appartenance de Mayotte à l'archipel. Les documents signés par l'ex-président Azali Assoumani reconnaissant qu'il y a deux entités, c'est-à-dire l'Union des Comores d'une part, et Mayotte d'autre part, sont là pour le prouver. On parle de partenariat et de collaboration pour réguler les flux migratoires. Le sentiment dominant est celui d'une sorte de capitulation. C'est triste.

Vous avez été très actif dans le combat pour la réintégration de Mayotte dans le giron comorien. Depuis quelques années, on ne vous entend presque pas. Etes-vous rattrapé par une certaine lassitude ou vous estimez que le combat est vraiment perdu ?

Le problème est que l'instance ou l'institution qui devrait être à la tête de ce combat a baissé les bras. Et ici (Ndrl : à Mayotte), les gens considèrent que c'est une cause perdue et qu'il n'y a donc pas lieu de continuer un combat sans issue. De nombreux partisans du Front démocratique (Fd) se sont retirés pour avoir la paix ; d'autres se sont rendus avec armes et bagages. Le cas le plus typique est celui de Said Omar Oili, ancien président du Conseil général, qui donne aujourd'hui raison à ceux qui se sont battus pour la sécession de l'île. Personnellement, si je ne suis pas actif, c'est parce qu'il faut des moyens pour faire de la politique. Nous ne sommes pas aux années 90. Nous n'avons jamais reçu le soutien des autorités comoriennes. Or, elles devraient aider ceux qui sont sur le terrain et militent. Cela étant dit, je reste toujours disponible.

Que pensez-vous de la proposition du président Ahmed Abdallah Sambi de « Un pays deux administrations » ?

A l'origine, cette proposition vient du Comité Maoré. Je trouve cette idée inadaptée au cas de Mayotte. On a voulu trouver des similitudes entre Mayotte et Hong-Kong. Or, à Hong-Kong, il s'agissait d'un bail. Au bout d'un certain temps, l'île devait revenir à la Chine. Ici, la France ne reconnait même pas la ?comorienneté' de Mayotte. Elle n'admet pas l'existence d'un problème territorial entre les deux pays. La seule question qui restait encore à régler était celle du statut. Et c'est déjà fait. Ainsi, cette proposition de « un pays, deux administrations » me parait absurde. Si la diplomatie comorienne était active, peut-être elle aurait pu amener la France à examiner cette offre de solution. Ce qui n'est pas le cas. Mais, il faut dire que ce n'est pas seulement le gouvernement qui a démissionné sur le sujet, les partis d'opposition aussi.

Comment avez-vous reçu l'idée de Mme Fatima Said de se proclamer gouverneure de Mayotte ?

Ce qu'il y a de positif dans cette affaire est qu'elle remet au goût du jour la question de Mayotte. Je lui ai écrit pour lui dire que j'étais à la fois intéressé et intrigué, étant donné que je ne suis pas à même de mesurer le degré de sérieux de cette initiative.

Comment analysez-vous l'évolution politique et économique de Mayotte de ces dernières années ?

A Mayotte, il y a, sur le plan des infrastructures, un réel développement. En apparence, les choses ont progressé. Les écoles sont là, le corps enseignant aussi,?Mais, le système de valeurs est renversé. Les jeunes se disent qu'il ne vaut pas la peine de se fatiguer puisque, après tout, il y aura toujours l'argent. 10% seulement des élèves du collège ont le niveau. Je tiens ces statistiques d'un enseignant. Pour acheter la paix sociale, on fait donc monter les enfants. Le coup de balai intervient en 3ème et en terminale. Les lacunes en français sont criantes. Sur le plan économique, c'est une greffe d'une société occidentale que la France essaie d'imposer à Mayotte. Aujourd'hui, les entrepreneurs locaux sont soit des Français, soit des Réunionnais. Les Mahorais sont là en spectateurs. C'est le même processus que dans les autres colonies, c'est-à-dire une société d'assistanat. On accorde par-ci par-là des subsides pour calmer les ardeurs des Mahorais. Non seulement les Français prennent du poids sur le plan économique, mais bientôt ils vont investir le champ politique. On verra ainsi des maires et des conseillers municipaux blancs. A Mayotte, on essaie de créer de toutes pièces une société française des tropiques.

Quelle serait votre propre approche pour résoudre ce conflit vieux de 35 ans ?

Le principal handicap est cette impression générale d'avoir perdu la bataille. Les Comoriens ont baissé les bras. On estime que ce n'est pas si mal finalement, puisqu'en pas de pépin, on pourra toujours se réfugier à Mayotte. On me l'avait déjà dit lors d'un meeting à Anjouan. C'est une marque de désespoir. Seul le gouvernement peut donner une impulsion nouvelle, un regain de confiance à la population.

Ce mois de septembre, la question de Mayotte va être, une fois encore, débattue à l'ONU. Pensez-vous que le règlement de ce conflit passe par l'Onu ou par un dialogue bilatéral ?

L'approche bilatérale, c'est ce qui se fait depuis plusieurs années. Lors de la conférence d'Addis-Abeba, l'ancien secrétaire général de l'Oua, Salim Ahmed Salim, nous avait reproché notre attitude. Lorsque l'Oua veut prendre des initiatives, les Comores disent toujours avoir entrepris des discussions au niveau bilatéral. Ce dialogue entre les Comores et la France est un marchandage ; autrement dit, les autorités comoriennes acceptent de mettre en sourdine la question pour obtenir en contrepartie quelque chose. Ca dialogue bilatéral n'aboutira à rien tant que la France ne reconnait pas l'appartenance de Mayotte à l'archipel des Comores. Je fais un parallèle de la France à Mayotte et la présence d'Israël dans les territoires occupés.

Le Gthn (Groupe de travail de haut niveau), mis en place par la France et les Comores régler ce contentieux territorial et parler des questions de circulation des biens et des personnes, a suspendu ses travaux à la demande des autorités comoriennes. Regrettez-vous cette décision ?

Le Gthn est une trouvaille de la France pour occuper les Comores pendant qu'elle préparait la départementalisation de Mayotte. C'est une diversion. Ce n'est pas le cadre adéquat. Ni les autorités locales (Mayotte), ni la France n'ont l'intention de résoudre ce problème de souveraineté. Le Gthn est une humiliation supplémentaire.

Comment appréhendez-vous les conséquences de la départementalisation à Mayotte ?

Il y a un ex-ministre français de l'Outre-Mer, Louis Le pensec, qui disait en 1988 : « L'application du droit coutumier français à Mayotte entrainera partout des ruptures et pas forcément des conséquences attendues ». C'est exactement à quoi nous assistons aujourd'hui, aussi bien au niveau foncier que celui de la religion, de l'état-civil,?Aujourd'hui, beaucoup de gens à Mayotte n'arrivent pas à renouveler leurs papiers et se trouvent donc dans des situations très difficiles. Ils risquent de devenir des Mahorais de nationalité indéterminée. La déclaration des naissances est récente, après 1977. Ceux qui sont nés avant cette date ont du mal à produire des documents. C'est le même problème sur le foncier. Les Mahorais ignorent ce qu'est un acte de propriété. Pour justifier de leur qualité de propriétaires, il leur faut engager des procédures judiciaires souvent longues, avec constitution d'un avocat. Or, ils sont pauvres. Beaucoup se retrouveront donc spoliés. Et les Wazungus vont acheter toutes ces terres.

Dans une requête adressée à la cour constitutionnelle, le Comité Maoré demande la création d'un poste de vice-président pour l'île de Mayotte. Comment jugez-vous cette proposition ?

L'Etat comorien devra être conséquent avec la constitution. La Constitution stipule clairement que les Comores sont composées de quatre îles. Au lieu de cela, on dit que les institutions vont s'appliquer une fois que Mayotte réintégrera le nouvel ensemble comorien. Mais quand ? Que fait-on pour cela ? On se contente d'un certain formalisme. Sous le régime Ahmed Abdallah Abdérémane, il y avait, au moins, un ministre mahorais.

On assiste à une forte migration de Mahorais vers la France. Comment expliquez-vous ce phénomène ?


Par des considérations financières. Ce que les gens ne trouvent pas sur place, ils vont là où ils croient possible d'en trouver. Cela a commencé par les femmes. Elles y vont pour toucher les allocations familiales et autres. Ces prestations n'existent pas à Mayotte. Ce mouvement a été, un moment, encouragé par l'Etat français, parce que moins on avait des gens à Mayotte, moins on aurait des problèmes.

N'avez-vous pas l'impression d'être seul à Mayotte dans ce combat pour le retour de l'île ?

Très peu de gens sont prêts à proclamer ouvertement leurs positions. Même si, dans les faits, ils se disent Comoriens, jamais ils n'iront réclamer le retour de Mayotte. En privé, ils livrent leurs sentiments profonds, y compris les dirigeants. Mais, il faut dire qu'il y a un climat de malaise par rapport aux prises de position des autorités comoriennes.

Les « clandestins » font l'objet d'une véritable chasse aux sorcières. Après qu'un maire eut décidé de bruler des cases de certains parmi eux (Hamouro), on refuse à leurs enfants le droit d'aller à l'école sans parler des conditions dégradantes du centre de rétention de Mayotte. Pourquoi tout cet acharnement ?

Il va sans dire que dans n'importe quel contexte de forte démagogie, on cherche toujours des bouc-émissaires. Ici, les Anjouanais sont pointés du doigt et cela ne date pas d'aujourd'hui. On s'en sert pour faire l'impasse sur les problèmes réels qui se posent ici. Un préfet de Mayotte disait qu'il fallait couper le cordon ombilical, fermer les frontières et chasser les Comoriens des autres îles. Mais, demander à un Mahorais de ne pas recevoir un « clandestin » est impossible. On ne peut pas chasser son oncle, son cousin,?Les liens familiaux sont une réalité. Les Mahorais sont donc dans une situation ubuesque. C'est la quadrature du cercle. Et les Français le savent.

Propos recueillis à Mayotte par Mohamed Inoussa
 SOURCE: AL-WATWAN MAGAZINE
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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 08:52

Source :Albalad n° 356 du 6 octobre 2010

Charcane Chaharane : «La révision des listes électorales est un préalable»

Le président de la Ceni que nous avons rencontré hier a donné l'impression d'être un peu déçu du yoyo auquel s'adonnent les principaux acteurs du processus


Charcane Chaharane : «La révision des listes électorales est un préalable»

Une atmosphère de confusion règne à propos de la campagne électorale. Est-elle ouverte ou non ?
La campagne devait être ouverte depuis le 1er octobre. Mais la tradition fait que le président prononce un discours solennel. La Ceni fait aussi une déclaration après ce discours du président. Mais rien n'a été fait. Je ne peux pas faire une déclaration.

•Et pourquoi ?
J'attends le moment propice pour le faire. Certaines conditions n'ont pas été réunies notamment la mobilisation des fonds pour appuyer le processus électoral. C'est ce qui explique cette lenteur. Il y a donc des problèmes qui ne dépendent pas de la Ceni.

•Quelles peuvent être les conséquences de cette lenteur ?
Il y aura un blocage. On ne peut rien faire sans les fonds censés accompagnés ce processus. Si cette situation perdure, elle pourrait compromettre le processus dans son ensemble si rien n'est fait d'ici quelques jours.

•Aujourd'hui quelles sont les ressources disponibles ?
Il y a des efforts enregistrés jusqu'ici. A ma connaissance, le gouvernement a décaissé une partie des fonds qui nous a permis d'installer les différentes structures en charge des élections.  Ces fonds permettent à ses structures de fonctionner même si difficilement. Je n'ai pas eu d'information s'agissant des contributions des autres partenaires même si je sais qu'ils ont manifesté l'accord de principe d'apporter un appui budgétaire.


A part le fonctionnement, qu'est ce qui a été fait jusqu'ici par la Ceni ?
Nous avons fait l'inventaire du matériel qui devrait être utilisé pendant les élections. Nous avons fait nos programmations, je veux parler des documents techniques des élections (bulletin, urnes, isoloirs...). Mais tout ça, c'est sur le papier. Nous n'avons pas des moyens pour nous les procurer malgré les contrats que nous avons préparés avec nos fournisseurs. Il faut savoir qu'il y a du matériel qui est hors d'usage qu'il faut remplacer.

Et la révision des listes électorales?
La révision des listes électorales est un préalable. On ne peut pas organiser des élections sans révision des listes électorales. La crédibilité de l’élection passe par un toilettage du fichier électoral. Il nous faut au moins 600 millions pour démarrer les opérations de révision des listes électorales.

Est-ce que cela peut se faire techniquement compte tenu des délais impartis?
Nous avons réuni les techniciens et d'après eux, il faut 45 jours au minimum pour réussir l'opération sur l’ensemble des îles. Le Comité de suivi nous a demandé de lui faire des propositions  à ce sujet. A l’heure qu’il est, le temps n’y est pas, il est écoulé puisque ces opérations devraient se faire du 1er juillet au 30 septembre.


Voulez vous dire que le report est inévitable pour tenir des élections crédibles ?
Ce n'est pas à la Ceni de reporter ou non les élections. Cela n'entre pas dans nos compétences. La Ceni est un organe technique chargé d'organiser des élections quelque soit les dates. Nous ne pouvons pas nous substituer au gouvernement. On est là. On attend.



Certains hauts responsables parlent de 26 mille électeurs fantômes. Avez- vous un commentaire?
Je pense que cela n'engage que ceux qui le disent. Et personne n'est capable de le prouver. Je suis réservé à ce sujet


Que fait la Ceni pour mettre fin à cette confusion, je veux parler de la campagne électorale puisque jusqu’ici, c’est le flou total.

Je ne sais pas. Vous le saurez très prochainement.

Que répondez-vous à ceux qui disent que les structures électorales sont très budgétivores. On parle d'indemnités trop élevées...


Cela n'engage que ceux qui le disent. Ce n'est pas nous qui fixons ces indemnités. En plus, il y a d'autres qui i bouffent trop d'argent « surtout au niveau de l'expertise internationale. Un membre de la Ceni perçoit presque moins d'un tiers de l'indemnité d'un expert international.



Quel message faites-vous à l'endroit des candidats ?


Je leur dirai de rester confiants. La Ceni se déploie tous les jours pour parvenir à des compromis Et je pense que la situation sera réglée dans quelques jours.

A.S.KEMBA

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 12:16

 

 

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores / Interview

Fouad Ben Mohadji, ministre de l’Education nationale :

« Aller aux élections dans la division c’est réduire notre chance de gagner »

 

Moroni, mardi 24 août 2010 (HZK-Presse) A deux mois et demi des primaires, le débat fait encore rage au sein de la mouvance sur le choix de son candidat à la prochaine élection présidentielle. Entre Ikililou Dhoinine désigné par le chef de l’Etat, et Elarif Oukacha qui s’est déclaré aussi candidat, rien n’est encore clair tant les divergences sont loin d’être aplanies au sein du régime, malgré la volonté de cohésion affichée. Et le clivage entre Orange et Baobab ne fait que se creuser comme le reconnait implicitement le ministre Fouad Ben Mohadji, dans l’interview exclusive qu’il vient d’accorder à La Gazette et HZK-Presse.      

 

Question : Depuis la désignation du Vice Président Ikililou Dhoinine comme dauphin du président Sambi vous avez toujours gardé le silence alors que certains membres de la mouvance ont exprimé leur point de vue. Quelle est votre position par rapport à ce choix du président ?

 

Fouad Ben Mohadji : D’abord, je voudrai faire la remarque suivante : je ne suis pas leader d’un quelconque parti politique. J’ai des partisans. J’ai toujours milité et continue à militer pour le régime Sambi. Toute force, toute tendance politique qui œuvre dans ce sens m’appartient. Donc, je ne pourrai pas exclusivement ou individuellement m’exprimer d’autant plus que le chef, après cet aveu, est parti à l’extérieur laissant qu’il allait donner une suite aux autres postes restants. Donc, la sagesse m’obligeait de garder le silence sachant aussi qu’il est d’or.

 

Question : Le secrétaire général de la présidence, Mohamed Elarif Oukacha vient de se déclarer candidat malgré la décision du président Sambi. Vous-même vous êtes cité comme probable candidat. Qu’en est-il exactement ?

 

F.B.M. : Ces présidentielles sont décisives pour l’avenir de ce pays. Il ne s’agit pas d’une seule volonté politique, mais le réalisme politique doit toujours l’emporter. Avec Sambi une politique d’ouverture s’est amorcée. Des grandes réalisations ont été faites et une lueur d’espoir se dessine à l’horizon. Pour répondre à cette question qui m’a toujours été posée relative à mon éventuelle candidature, je signe et persiste que j’appartiens à une Mouvance, multiforme soit-elle, et le dernier mot appartient à cette dernière. Le choix a été fait. Je pense qu’aller aux élections d’une manière dispersée c’est réduire notre chance de réussir voire transformer notre victoire ou notre chance à une peau de chagrin.

 

Question : Des sources dignes de foi laissent entendre que vous êtes le Vice président du candidat Ikililou Dhoinine pour l’île de Mohéli. Est-ce vrai ?

 

F.B.M. : Vous les journalistes vous détenez des secrets des tréfonds. La modestie me gène un peu, mais si votre information est fondée, je suis preneur pour l’intérêt de la mouvance et sa continuité. Mais aussi une dynamique de rassemblement et de cohésion surtout en cette période où une certaine chasse aux sorcières contre le mouvement Orange semble se développer. Il serait ingrat de vouloir ignorer le rôle et l’apport du mouvement Orange au régime Sambi.

 

Question : Dans une interview accordée à nos confrères du journal Albalad, Sitti Kassim, qui est la commissaire en charge de la solidarité et la promotion du genre a déclaré que « Oukacha n’était pas des nôtres », indiquant que ce dernier n’est pas un militant de la première heure. Partagez vous cet avis ?

 

 

F.B.M. : Tout d’abord, je ne suis pas de cet avis. Sa volonté d’être candidat n’est pas un rejet de la Mouvance présidentielle. Nous savons que dans cette Mouvance, il y a des militants du 1er rang, du 2ème voire de 3ème groupe. Pourtant, chacun à sa façon, a défendu et défend le régime. Les moments les plus difficiles, lors de la crise d’Anjouan et celle de Mohéli, Oukacha a apporté son concours.

 

Question : Avec la récente crise à Mohéli et ses conséquences, pensez-vous que la Mouvance présidentielle a une chance de gagner les prochaines élections ?

 

F.B.M. : Je voudrai tout d’abord faire savoir que l’unique richesse de notre pays a été la paix et la sécurité sociale qui, malheureusement, suite à cette mécompréhension sur la tournante reste sérieusement menacée. L’assassinat du chef de corps de l’armée en est la preuve. Pour ce que vous appelez « crise mohélienne », je reste persuadé que la mouvance présidentielle a défendu et défend cette cause plus que quiconque. Avec l’harmonisation, le mandat de 4 ans passe à 5 ans avec un vice-président dans chaque île. C’est à l’enfant mohélien que reviendront les retombées politiques mais surtout économiques de l’œuvre de son excellence Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. S’agissant des chances de notre victoire, je reste persuadé qu’au delà de l’émotion des uns et des autres, la population de Mohéli saura faire son choix.

 

Propos recueillis par Faissoili Abdou

240810/fa/hzkpresse/14h00

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans INTERVIEWS
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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 09:16

Société - Interview / Me Mahamoud Ahamada, Avocat à la cour

 

 

« A la lecture du réquisitoire contre le Dr Assad, aucune infraction ne figure nulle part »

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Me Mahamoud Ahamada, l’avocat du Dr Assad, ce médecin détenu depuis le 5 juillet dernier pour « faux témoignage », une affaire en relation avec l’assassinat du Lieutenant-colonel Combo, ne se lasse pas de demander une liberté provisoire au bénéfice de son client. Cela malgré le rejet qu’il a essuyé devant la chambre d’accusation le 27 juillet dernier. Voici les explications qu’il a données à La Gazette et HZK-Presse dans une interview exclusive que nous publions ici.

Question : Vous êtes l’avocat du Docteur Assad. Pouvez-vous nous faire le point sur l’évolution du dossier de votre client ?

Me Mahamoudou Ahamada : Le Docteur Assad est détenu depuis le 5 juillet pour complicité de faux témoignage. À la suite de cette détention provisoire le parquet avait fait appel contre l’ordonnance du juge d’instruction. Le docteur Assad a été entendu sur le fond par le juge d’instruction le 13 juillet. Le 15 juillet j’ai adressé une demande de mise en liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire au juge d’instruction. Le 17 juillet, le juge a rejeté cette demande sollicitée au profit du Dr Assad malgré l’avis favorable du parquet de la République à la mise en liberté de mon client. Le même jour, j’ai interjeté appel contre l’ordonnance du juge d’instruction et le parquet a également interjeté appel car il ne s’y était pas opposé à sa mise en liberté. Le 20 juillet 2010, l’affaire a été devant la chambre d’accusation, juridiction appelée à statuer sur les ordonnances du juge d’instruction, curieusement au cours de l’audience en chambre d’accusation, je me suis rendu compte que le parquet général a passé outre le principe de l’unicité et l’indivisibilité du parquet et a demandé la confirmation de l’ordonnance du juge d’instruction. La question que je me pose est celle de savoir pourquoi le parquet a-t-il fait appel si au final, il est allé jusqu’à confirmer une décision contre laquelle il a interjeté appel. A la suite de cette réquisition la chambre d’accusation a, par un arrêt en date du 27 juillet 2010, confirmé la décision du juge d’instruction ayant maintenu le Dr Assad en détention. Je note au passage que je suis également surpris de voir qu’un juge d’instruction instruise sur des faits pour lesquels, il n’a pas été saisi par le parquet sans qu’au préalable, il ait demandé un supplétif d’information pour fait nouveau, puisque à la lecture du réquisitoire introductif l’infraction poursuivi contre le Dr Assad n’y figure nulle part.

Question : Que comptez-vous faire après cette décision de la chambre d’accusation ?

M.A. : Nous allons de nouveau, suivant l’opportunité, solliciter sa mise en liberté provisoire puisque cette détention n’est que provisoire comme son nom l’indique.

Question : Pourquoi insistez-vous sur cette demande de mis en liberté provisoire de votre client ?

M.A. : Puisque en matière pénale la liberté est le principe. Les faits reprochés à quelqu’un ne constituent pas le plus souvent un motif de détention provisoire. En plus, lorsque l’inculpé bénéficie de ce que l’on appelle des garanties de présentation tel qu’une adresse connue, un travail, une relation familiale ; eh bien, l’inculpé qui présente de tels garanties n’est pas forcément un mauvais citoyen à même d’être placé en détention provisoire. Sous d’autres cieux, les garanties de présentation sont des éléments intrinsèques à la procédure pénale et qui font que plusieurs mis en cause continuent de jouir de leur liberté malgré les procédures pénales.

Propos recueillis par Faissoili Abdou

Source : HZK-Presse: 30/07/2010

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 01:29

karida 

« Depuis mon enfance,  je rêvais d’exercer le métier d’esthéticienne .C’ est un idéal que j’embrasse et pour lequel je suis prête à tous les sacrifices »

 

 

 

A la veille de l’ouverture officielle de son centre de Beauté à Moroni, Madame Karima Jaffar connue surtout sous le prénom de Karida répond à nos questions.

 

HALIDI-BLOG-COMORES : Tout d’abord, mes sincères félicitations pour la concrétisation de ton projet professionnel.

Je commence notre petit entretien par te demander de te présenter à nos lecteurs.

 

Karida  :  Merci.

Je m’appelle Karima Jaffar mais je suis Karida pour la famille et les amis. Après mes études secondaires, j'ai choisi de suivre une formation de 5ans en Egypte dans une école de coiffure et d’esthétique. J'ai appris à composer des produits de soin du corps et du visage à base de produits naturels (mélange de fruits, légumes, féculent selon le type de peau)

 

HALIDI-BLOG-COMORES : Comment votre projet est-il né ?

 

Karida : Depuis toute petite j'admirais les belles femmes bien soignées et naturelles.

Je maquillais et coiffais ma mère, mes amies et mes voisines. Cette  passion  est restée en moi et s'est concrétisée par ma formation et l'ouverture du Centre  de beauté comorienne et orientale BEAUCOR  dont l'unauguration officielle aura lieu demain (lundi 26 juillet 2010) à MORONI, la capitale des COMORES.

 

HALIDI-BLOG-COMORES : Quelle est ton ambition ?

 

Karida : Mon ambition est de longue date. Comme je l’ai souligné, depuis mon enfance,  je rêvais d’exercer le métier d’esthéticienne .C’ est un idéal que j’embrasse et pour lequel je suis prête à tous les sacrifices. J’ai toujours voulu être au service de la population, lui assurer le bien être moral  ainsi que la beauté physique.

Donc, avec la création de BEAUCOR, mon souci primordial est d’assurer le bien être moral et physique ainsi que la beauté de mes clients, lutter contre l'utilisation des produits qui agressent  la peau et contribuer à diminuer le chômage des jeunes dans mon pays.

 

Au fil des ans, en plus de tout ce que je fais ( soins du corps, de visage, des cheveux,...),  je voudrais avoir également un coin fitness pour accompagner le sauna et élargir  mon projet avec la vente de produits de beauté naturels, la parfumerie  etc. 

 

HALIDI-BLOG-COMORES : Quelle clientèle vises-tu ?

 

Karida : les hommes, les femmes, les personnes de troisième âge et les jeunes.... Car la beauté et le bien être sont l’affaire de tout le monde.

 

HALIDI-BLOG-COMORES : Quels sont les horaires d’ouverture de BEAUCOR ?

 

Karida : Du lundi  au vendredi de  10h à 20h et le samedi de 10h à 21h

 

Le centre Beaucor se trouve à Moroni dans le quartier qui s’appelle Soifa à 100m de l’IFERE et à 200m de l’hôtel Le Moroni ou du palais du peuple.

 

HALIDI-BLOG-COMORES : ton dernier mot ?

 

Karida : Dans la vie, il faut être ambitieux et surtout savoir ce qu'on veut. Seul le travail rend la femme autonome. N'attendons pas que tout vienne de l'Etat.

 

 La vie n'est pas aussi facile qu'on le croit mais il faut oser. Avec du courage et  de la détermination on peut atteindre ses objectifs. Tout métier est honorable et rien n'est plus rassurant que de s'assumer financièrement

 

Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES

25 juillet 2010

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 12:22

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Idi Nadhoim, Vice président en charge du ministère de l’agriculture, de l’artisanat de la pêche de l’agriculture et de l’énergie

« Notre parti pèsera sur l’élection du futur président de la république »

 

Idi-Nadhoim.jpgMoroni, vendredi 23 juillet 2010 (HZK-Presse)  A moins de 4 mois des élections harmonisées du président de l’Union et des gouverneurs des îles, les états-majors politiques se mobilisent, tant au sein du régime en place, que dans les rangs de l’opposition. Le Vice-président Idi Nadhoim, a accepté de répondre aux questions de La Gazette et HZK-Presse, dans une interview exclusive qu’il nous a accordée à la veille du Congrès des élus qui doit entériner le nouveau calendrier électoral fixant les scrutins aux 7 novembre et 26 décembre 2010. Pour M. Idi Nadhoim, qui annonce la création d’un nouveau « grand parti » au sein de l’actuelle mouvance présidentielle, ce mouvement « va peser sur l’élection du prochain président ».  

 

Question : Comment comptez vous aborder les prochaines échéances électorales ?

 

Idi Nadhoim : Nous avons créée avec mes amis Kiki, Djae, Satellite, député Fatahou, les députés de Moroni qui sont tous de la mouvance, qui sont des députés « Orange », les Conseillers, des grandes personnalités de ce pays, un mouvement politique appelé le parti Orange. Un grand parti politique qui rassemble aussi bien des personnalités, des cadres de la Grande-Comore, d’Anjouan et de Mohéli pour être présent en force dans les prochaines échéances et dans d’autres… et dans la vie politique de ce pays.

 

Question : Pourquoi vous avez lancé ce parti politique maintenant et pas avant ?

 

I.N. : Parce que à chaque chose son temps. Les dernières élections nous ont permis de mesurer nos forces, notre audience dans le pays. Les résultats obtenus aux dernières élections nous ont encouragés à former très rapidement un grand parti.

 

Question : Est- ce là une façon de se démarquer de la Mouvance présidentielle ?

 

I.N. : La mouvance présidentielle n’est pas un parti politique. C’est un ensemble de partis. Et il n’y a aucune raison que nous nous démarquions de la Mouvance présidentielle. Sauf s’il y a de bonnes raisons de se démarquer. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 

Question : Ne craignez-vous pas que cette démarche contribue à fragiliser la mouvance ?

I.N. : Pourquoi, cela ne peut pas renforcer la Mouvance ?

 

Question : Allez-vous soutenir Monsieur Ikililou Dhoinine [candidat désigné par le président Sambi] à la prochaine présidentielle ?

 

I.N. : On n’a pas encore discuté avec le chef de l’Etat. Ni avec le chef de l’Etat qui a fait la proposition, ni avec le candidat lui-même ni avec les autres formations de la mouvance. Mais ce qui nous intéresse le plus aujourd’hui, c’est le rassemblement de nos forces pour que notre soutien à un candidat ne soit pas un soutien en l’air, comme c’est souvent le cas avec des partis qui ne représentent rien. Mais un soutien effectif qui va peser pour l’élection du prochain président

 

Question : Parlons maintenant de l’organisation des prochaines élections. On parle beaucoup d’un manque de moyens financiers alors que les membres du comité de suivi ont annoncé que le gouvernement va débloquer une enveloppe de 500 millions fc pour permettre au processus de démarrer…

 

I.N. : Nous ne sommes jamais engagés à débloquer cette somme là. Nous apporterons notre contribution, comme cela a toujours été le cas. Mais nous attendons un soutien massif de la communauté internationale et là il ne faut pas se cacher le visage pour le dire.

 

Question : Au sein de l’opinion et même dans les rangs de l’opposition certains craignent que le gouvernement ne veuille pas organiser les élections cette année. Que répondez-vous ?

 

I.N. : S’ils ne sont pas prêts à aller aux élections, ils n’ont qu’à le dire. Mais les élections sont fixées en novembre et elles auront lieu aux dates fixées. Nous allons les organiser avec les moyens de bord.

 

Question : Votre mouvement politique aura-t-il des candidats aux prochaines élections ?

 

I.N. : Nous avons notre candidat à la Grande- Comore en la personne de Mouigni Saïd Soilih. Pour les gouverneurs d’Anjouan et de Mohéli, il est trop tôt pour dire qui on soutiendra. Ce qui nous intéresse le plus c’est l’élection du gouverneur de la Grande-Comore.

 

Question : Quel programme politique allez vous défendre auprès des électeurs ?

 

I.N. : Le programme est tout tracé. Une très grande ouverture pour permettre les investissements étrangers comme nous l’avons fait jusqu’ici. Les résultats sont là. L’encouragement des nationaux par la facilitation de l’accès au crédit bancaire. La continuation d’une politique de développement des infrastructures. Il n’y a pas de raison de changer une politique qui a commencé à donner des résultats qui sont là et qui sont palpables.

 

Question : Abordons un autre sujet. Où en est-on du dossier sur la privatisation de Comores Télécom ?

 

I.N. : D’ici novembre, elle sera privatisée avec un partenaire stratégique qui détiendra 51% des actions et forcément le management de la société. Et, c’est ce qu’il fallait faire depuis longtemps.

 

Question : Qu’en est-il du nouvel opérateur, Twamaya Télécom ?

 

I.N. : Nous constatons le retard qu’a pris Twamaya Telecom qui est dû à l’entêtement de la direction de Comores Télécom de faire obstacle à cette société, mais quoi qu’il en soit Twamaya va commencer à émettre d’ici la fin de l’année au plus tard.

 

Question : Et l’engagement des petits ports promis par CGH ?

 

I.N. Les petits ports sont en cours et les travaux du premier doivent commencer début août à Vassy à Anjouan.

 

Propos recueillis par Faïssoili Abdou

230710/fa/hzkpresse/9h00

 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 17:52

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Crise institutionnelle :

Le Comité de suivi à pied d’œuvre / Interview

Houmed Msaidié : « S’ils veulent torpiller l’accord, c’est à leurs risques et périls »

 

Moroni, lundi 28 juin 2010 (HZK-Presse) Le comité de suivi, un organe prévu par l’accord sur la gestion de la période intérimaire signé le 16 juin dernier par les parties impliquées dans la crise comorienne, a été mise ne place la semaine dernière. Cet organe composé de deux représentants de l’Union, deux représentants par île autonome ainsi que la communauté internationale s’est aussitôt réuni pour adopter son règlement intérieur et élire son bureau. Les missions assignées à ce comité sont de contrôler, superviser et assurer la mise en œuvre effective de toutes les décisions issues du dialogue et le strict respect du chronogramme. Il sera aussi chargé de suivre et contrôler les actions liées à la passation des services. Pour éclairer l’opinion sur le déroulement des travaux, La Gazette / HZK-Presse a interrogé ce week-end un des membres du Comité, Houmed Msaidié. Interview :

                 

Question : Pouvez-vous nous faire le point sur l’évolution des travaux du comité de suivi de « l’accord sur la gestion de la période intérimaire » dont vous êtes membre ?

 

Houmed Ali Msaidié : Nous nous sommes réunis. Nous avons adopté le règlement intérieur et désigné un bureau provisoire. C’est la communauté internationale qui préside pour le moment. Ndzouani et Ngazidja assurent le rôle de rapporteur. Le bureau va se pencher sur la lettre de mission du ministre d’Etat chargé des élections ainsi que les cas des deux ministres issues des exécutifs de Mwali et Ngazidja qui n’ont pas encore de locaux. Notre prochaine session est prévue pour le 12 juillet prochain.

 

Quelle est la suite du processus en cours ?

 

H.A.M. : Des événements majeurs pour la poursuite du processus en cours doivent intervenir entre le 25 juin et 25 juillet. Il va falloir mettre en place de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les Commissions insulaires (CIE), valider les dates des élections, réviser le code électoral afin qu’il revienne sous le format ancien, c'est-à-dire avant la révision effectuée l’année dernière par le décret du président Sambi. C’est pendant cette période qu’interviendra également l’élaboration de la loi relative aux indemnités, privilèges et traitements protocolaires à accorder aux présidents de l’Union, de la cour constitutionnelle, de l’Assemblée et des gouverneurs des îles après que leur mandat sera définitivement échu.

 

Question : Il parait que vous n’êtes pas arrivés à vous entendre sur le poste du président du Comité ?

 

H.A.M. : C’est classique. Nous représentons des intérêts auparavant divergents. Nous sommes entrain de reconstruire la confiance. Cette période étant stratégique, il est normal que le contrôle du bureau du comité de suivi soit un enjeu. Toutefois, cette situation n’a pas bloqué le déroulement normal des travaux ni le comité.

 

Question : Ne craignez-vous pas que les décisions du comité soient ignorées par le pouvoir en place ?

 

H.A.M. : Personnellement, je considère que c’est un risque. Même, en signant, on savait que la possibilité que l’accord soit torpillé par le pouvoir existe. D’autant plus que l’article publié la semaine dernière au journal Alwatwan par un ancien membre de la CENI qui a eu à occuper le poste de secrétaire Général de cet organe, Monsieur Kassim Zahahe, qui est préfet du nord ainsi que l’intervention radiotélévisée de l’ancien ministre en charge des élections qui est aujourd’hui conseiller du président Sambi vont dans un sens de tentative de mettre en cause cet accord. Il faut ajouter à cela, le discours démagogique sur la souveraineté. D’un côté on critique les actions de la communauté internationale et de l’autre on demande qu’elle garantisse le versement des salaires des agents. Cela étant, nous en tant qu’opposition nous considérons que jusqu’à présent, c’est le régime Sambi qui préside aux destinées du pays. S’ils veulent torpiller l’accord, c’est à leurs risques et périls. Nous rappelons qu’il y a eu un entêtement dans notre pays et l’entêté s’appelle Mohamed Bacar, où est-il maintenant ? Rappelons également que le contrat du président Sambi et le peuple comorien a pris fin le 26 mai dernier et la rallonge de son mandat est une convenance nationale. Alors, s’ils veulent torpiller l’accord qu’ils le fassent ! On aura des adversaires qui ont pillés le pays en moins. La preuve, durant quatre ans de pouvoir, ils n’ont pas été capables de payer ne serait-ce que 8 mois sur fonds propres. Pour revenir à l’accord, le président Sambi a réuni à Mutsamudu, il s’est engagé à le respecter. Nous lui accordons le bénéfice du doute.

 

Question : Vous avez évoqué le cas des deux ministres qui ne disposent pas de locaux qu’est-ce que le comité de suivi envisage de faire ?

 

H.A.M. : Ce problème est entrain d’être résolu. Il parait qu’une solution sera trouvée dès lundi [aujourd’hui, ndlr], cela d’autant plus que le ministre d’Etat chargé des élections doit être opérationnel dès maintenant. Le représentant de l’Union s’est engagé à intervenir. Le bureau intérimaire va suivre ce dossier.

 

Question : Quel commentaire faites-vous sur les portefeuilles attribués aux exécutifs de Mwali et Ngazidja ? Mwali a parlé d’une « coquille vide » au sujet du ministère en charge des élections…

 

H.A.M. : L’accord prévoyait l’entrée au gouvernement des représentants des exécutifs insulaires. Bien sûr la question des attributions est importante, mais l’esprit c’est la présence des îles pour bien cadrer l’application de l’accord. C’est important d’être au cœur des décisions qui engagent le quotidien du pays. Et c’est au Conseil des ministres où, en principe, tout se décide. Je ne suis pas fâché du fait que le régime garde le ministère des finances, même si, je sais que l’objectif c’est de tenter de biffer tout ce qui s’est passé. Mais leur disons que nous sommes capables de savoir ce qui s’est passé et on le sait déjà. Nous avons toutes les preuves.

 

Propos recueillis par Faissoili Abdou

280610/fa/hzkpresse/9h00

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 08:17

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores / Interview de la semaine

Sortie en librairie :

Coralie Frei : « Ecrire a toujours fait partie de ma vie »

 

Coralie Frei Comorimpact

(Coralie Fréi : Photo archives)

 

 

Moroni, lundi 21 juin 2010 (HZK-Presse) Coralie Frei, de son vrai nom Courachia Ahmed Idarousse vient de sortir son premier roman intitulé La Perle des Comores. Destin d’Anjouanaise aux éditions Le Manuscrit. C’est aussi la première romancière pour les Comores. Voici une interview qu’elle a accordée à La Gazette et HZK-Presse.

 

HZK-La Gazette des Comores - Coralie Frei, vous êtes à notre connaissance la première romancière originaire des Comores, d’où vous est venue l’idée d’écrire ?

Coralie Frei - Écrire a toujours fait partie de ma vie. Depuis ma tendre enfance, l’écriture est pour moi l’unique moyen de m’exprimer. Je me confie plus facilement à une page blanche qui ne me juge ni ne m’oblige à me justifier qu’à une paire d’yeux qui fait des mimiques. L’écriture est ma meilleure amie. Avec elle je suis moi. Je ne mens pas, ne me mens pas et ne triche pas. Je m’épanouis. J’ai toujours aimé écrire. N’importe quoi. Autrefois j’avais une belle écriture et j’admirais mes pages d’écriture scolaire. Je me réjouissais de mes performances, me lançais des défis et applaudissais mes propres exploits. Un peu narcissique certes, mais il n’y avait que moi pour cette tâche.

 

HZK-La Gazette des Comores - Ce roman arrive tard dans votre vie, pourquoi ?

Coralie Frei - Chaque chose en son temps. La gestation de ce bébé a duré très longtemps. Il y avait avant lui des obligations et des satisfactions prioritaires : les études, le travail, les enfants. À présent d’autres occupations sont à l’ordre du jour car les conditions s’y prêtent : la disponibilité, le cadre de vie, et la confiance. La naissance de ce bébé est donc une suite logique des événements qui régissent mon existence. Un journaliste a écrit que ce roman me permet de me réconcilier avec mon pays. C’est peut-être vrai. En tout cas, il constitue une sorte d’auto-psychothérapie pour les frustrations que j’ai dû affronter tout au long de mon existence.

 

HZK-La Gazette des Comores - Coralie Frei, quand vous remontez le plus loin possible dans votre enfance, quelle image trouvez-vous ?

Coralie Frei - Mon père évoquant sa rencontre avec celle qui allait être ma mère. La femme de sa vie. « …dans une horde de petits voyous (les élèves de l’école coranique) piétinant mon champ en criaillant, disait-il, il y avait cette toute petite jeune fille en retrait. Elle était très calme, elle marchait lentement, en regardant le sol comme si elle comptait ses pas, ou comme si elle réfléchissait. Elle ressemblait à une princesse ou une déesse, une fille venue d’ailleurs… » L’émotion et la tendresse que je décelais dans sa voix ne correspondait pas à l’homme qui me terrorisait, rien qu’au souffle. Je compris alors que mon père était un homme très triste.

 

HZK-La Gazette des Comores - Est-ce que vous n’êtes pas trop dure avec les hommes et les traditions des Comores au début de ce roman ?

Coralie Frei - J’ai toujours eu le sentiment que les traditions de notre pays avantageaient l’homme. La fillette du début de ce roman a de l’homme de son entourage l’image d’un être tout puissant qu’elle est amenée à craindre et à fuir. J’étais une petite fille très curieuse (intellectuellement) et j’étais frustrée de ne pas trouver réponse à mes interrogations. Alors, je faisais appel au fantasme et à l’humour pour rire de nos traditions et les aimer ensuite. On aime ce qui fait rire, non ? Je suis peut-être un peu dure avec nos hommes, mais je le suis également avec nos femmes, n’est-ce pas ? Je les bouscule un peu comme on le ferait avec ses enfants, parce que j’aimerais qu’ils changent, que les choses changent. Dieu merci, elles en prennent la voie, même si ce n’est que d’une manière très timide.

 

HZK-La Gazette des Comores - Quels conseils donneriez-vous à la jeunesse de ce pays s’agissant de leurs traditions ?

Coralie Frei - Les traditions sont l’héritage que nous ont laissé nos pères. Et nos mères. Les abandonner serait se renier. La jeunesse doit s’y tenir. S’y tenir mais pas s’y accrocher. Il y a là toute une nuance. On ne doit pas vivre que des traditions, autrement on tombe dans le fanatisme, dangereux pour le progrès. Les jeunes doivent aimer les traditions de notre pays, les exploiter, les faire aimer par autrui et les perpétuer. Cela étant, il est impératif de laisser de côté tout ce qui risque d’y nuire. Le fanatisme bien sûr, la tricherie et le profit… entre autres.

 

HZK-La Gazette des Comores - Qu’est-ce que vous voulez prouver avec ce roman ?

Coralie Frei - C’était un défi parmi tant d’autres. Je pouvais le faire. Alors je l’ai fait. Cela m’a pris du temps, des hésitations, des remises en question, puis je me suis libérée. Ce roman est mon œuvre. J’en suis le maître absolu. Aucun compte à rendre. Ni crainte ni tabou. Et il n’y a pas de note au bout. Qu’on me juge à travers lui, c’est dans la logique des choses. La liberté d’expression, c’est ce qui m’a le plus manqué au cours de ma jeune existence. Enfant, il y a avait la crainte de me faire rabrouer. Plus tard, c’était celle d’être jugée ou de blesser, d’être rejetée, de me faire jeter (du travail par exemple)… À présent je suis libre. Et pas à cause de mon nom (marital) actuel, lequel veut dire libre… Ailleurs, je suis à une phase de mon existence où j’éprouve le besoin d’informer ma descendance et de laisser un héritage à la jeunesse de mon pays.

 

Propos recueillis par Mib

210610/mib/hzkpresse/12h00

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