Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Presentation

  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
  • Contact

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

Recherche

BIENVENUE SUR MON BLOG

NA MKARIBU HARI MWA YI BLOG YANGU 
Cet outil va me permettre de vous faire decouvrir mon pays natal  et partager quelques unes de mes passions.......à ma façon !!!!
 

Pour revenir à la page d'accueil  cliquez  ICI

Pour recevoir réguliérement les articles que nous diffusons, merci de vous inscrire à la newsletter (Attention : laissez les deux cases (newsletter et articles) cochées) .

Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

MESSAGE IMPORTANT :

 

DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

gala_final-_maquette--2-.jpg

A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 22:17
ylang-ylanf-en-fumee.jpg
COMORES / POESIE : YLANG-YLANG EN FUMEE*, RECUEIL DE POEMES DE MONSIEUR  ATTOU  VU PAR UNE LECTRICE
 
Par Mme Said Allaoui Asna
 
J’ai lu et relu le recueil de poèmes « YLANG-YLANG EN FUMEE ». Avec un regard de lectrice mais aussi de  compatriote et d’amie de l’auteur  je livre mon sentiment.

Monsieur Attou, vous n’êtes pas un provocateur comme vous vous questionnez dans votre ouvrage. Vous êtes tout simplement un homme qui en a « Ras le bol » pour reprendre le titre d’un poème de votre recueil.  Un homme meurtri par l’état chaotique dans  lequel son  pays cher à son cœur se trouve. Un homme qui se questionne sur le pourquoi, le comment et où va-t-on ? C’est tout à fait légitime. Il n’est pas un provocateur.

Monsieur  Attou,  votre cri du cœur retentit et raisonne bien au fur et à mesure qu’on lit vos poèmes.  

En écrivant ce livre, étiez- vous entre autre dans une démarche thérapeutique pour ne plus avoir à vous sentir coupable de ne pas avoir dénoncé ce qui se passe aux Comores ?  Ou cherchiez-vous tout simplement à vous libérer de vos propres maux, vos souffrances, vos propres brulures dans cette YLANG-YLANG EN FUMEE ?
 Peu importe votre démarche, vos cris ont retenti  dans mes oreilles à travers vos poèmes.

Votre ouvrage m’a beaucoup plus touché aussi bien dans cette démarche thérapeutique, votre colère et  vos interrogations que dans la profondeur et la simplicité des mots.
 
Par contre, Je n’ai pas vraiment accroché au style et au  genre. Choisir un recueil poétique pour narrer une situation chaotique, désastreuse et j’en passe, je trouve cela audacieux mais personnellement je pense que Monsieur Attou , vous auriez  mieux fait peut être d’écrire un livre sous forme d’autobiographie ou de roman relatant votre vécu ou votre  ressenti face à la problématique comorienne.
Sans compter que j’aurais aimé vous  voir approfondir un peu plus des sujets d’actualité oh combien pertinents, et réels que vous avez  soulevés dans votre  œuvre. Mais au lieu de cela vous êtes  resté très scolaire. Est-ce parce que vous êtes enseignant ?
Des sujets tels que l’environnement, la politique, la corruption que vous abordez  avec des mots simples et forts bien cachés ! Tous ces sujets là, à mon avis,  méritent d’être approfondis.

Mais je vous comprends aussi  car j’ai l’impression que vous avez privilégié la thérapie.  Votre démarche ne consiste pas à trouver des solutions aux maux qui rongent notre pays.

Voilà mon ressenti en lisant votre livre. Il n’engage que moi.

J’avoue que j’attends impatiemment votre  prochain livre malgré ma petite déception  expliquée plus haut en espérant que vous  aurez  un gout plus raffiné et plus profond.
A vous tous et toutes qui n’avez  pas encore lu le recueil « YLANG-YLANG EN FUMEE »  de Monsieur Attou,  je vous le recommande vivement. Il  vous incitera aussi à  entamer votre thérapie  dans l’optique d’aller de l’avant malgré les problèmes du pays.

Même si j’ai le sentiment que l’Ylang-ylang a déjà brulé et enfumé les Comores, je ne désespère pas. Quand est ce que cet ylang ylang va jaillir et parfumer nos belles îles lunaires ?

Merci Monsieur  Attou de nous avoir ouvert, à travers ce livre, la porte de votre vie.

Asna SAID ALLAOUI
 
* YLANG-YLANG EN FUMEE, recueil de poèmes de Monsieur Attou, enseignant et amoureux des lettres et de la musique publié aux  éditions EDILIVRE  en 2012

Biographie de Monsieur Attou

Monsieur Attou est né en 1968. Il fait ses études primaires à la coulée de lave à Moroni et dans la ville de Ouani. Il fréquente par la suite le collège rural de Ouani et s’inscrit au lycée de Mutsamudu. Après l’obtention d’un bac littéraire, il se rend au Maroc pour ses études universitaires en lettres et sciences humaines. Il est actuellement enseignant de langue française au lycée de Ouani après avoir enseigné au lycée de Mutsamudu. L’écriture et la musique sont ses deux passions.

Résumé

Ce recueil retrace, dans un univers poétique, la survie d’une population livrée à elle-même, bercée dans un monde chimérique sous les discours fallacieux d’une classe politique ne craignant pas Allah. Dans Ylang Ylang en fumée, Attoumane Ahmed Cheik met en exergue la pauvreté, les salaires de misère, la hausse incessante des prix de denrée de première nécessité, le chômage des jeunes, les fausses promesses, la destruction de l’environnement, la double souffrance d’une population à la suite de la présence d’une puissance étrangère dans l’île de Mayotte et tant d’autres.
Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 21:32

Mémoires du président des Comores, Saïd Mohamed Djohar

09 janvier 2013

Djohar
L’ouvrage compte trois cent quatre huit pages. L’ancien président de la République relate des événements auxquels il a pris part ou dont il a été le témoin direct. Du parcours du jeune sportif “Joary“ à celui d’homme politique en passant par celui d’instituteur ou de diplomate, l’ancien président évoque ses vies: sportif, polygame, bâtisseur, instituteur et acteur politique. Djohar se met en scène avec comme point constant: le nationalisme comorien.

Clins d’oeil à Said Mohamed Cheikh, son maitre spirituel et Ahmed Abdallah Abdérémane, son compagnon, portrait acide de son ancien élève Mohamed Taki Abdoulkarim, crochet belliqueux sur Omar Tamou et vision contrastée et humaine de Ali Soilih, son demi-frère.

“Fils spirituel” et “historien” de Cheikh

Adolescent, il rencontre le docteur Saïd Mohamed Cheikh. De cette rencontre découle une relation d’admiration et d’initiation à l’action publique. Djohar rend hommage à celui qui fut son mentor politique. L’auteur revient sur sa rencontre avec Cheikh, le combat pour l’indépendance et le nationalisme de l’ancien député des Comores à l’assemblée nationale française. Il évoque de Cheikh tantôt le combattant contre le colonialisme qu’il compare à un “esclavagisme déguisé“, ou bien celui qui a lutté contre les spoliations des terres par les colons à Ndzuwani.

Portait acide de Mohamed Taki

L’auteur a choisi son camp: celui des Verts, mais Cheikhistes. Comme tous les fervents de l’ancien président du Conseil de gouvernement des Comores, l’affront fait à son maitre par Mohamed Taki reste toujours vivace et impardonnable. La scène se déroule à Mbeni après la nomination de Mohamed Taki au poste de directeur général des travaux publics et de l’énergie, poste occupé autrefois par un Mzungu. La région de Hamahame a organisé une cérémonie de remerciements à laquelle participait, outre le président Cheikh, tous les membres du gouvernement et la notabilité de Ngazidja. Cheikh explique sa politique qui consiste à remplacer les chefs de service français par des Comoriens ayant réussi leurs études supérieures. Taki se leva au son du tam-tam et des cris d’une population euphorique en fustigeant le gouvernement et en attaquant son chef, le président Cheikh. Ce dernier réplique en s’adressant à Taki: “…Si nous n’avions pas cette autonomie interne, tu serais peut-être un simple agent de l’administration comme certains auditeurs ici présents“. En 1990, Mohamed Taki était candidat comme Djohar aux présidentielles.

Djohar déclaré vainqueur, le premier a contesté cette victoire se qualifiant président choisi par les Comoriens. Djohar accuse Taki d’avoir intenté des projets criminels visant à l’assassiner. Victime collatéral de ce duel entre deux membres de l’ancien parti Vert, Omar Tamou, ministre de l’Intérieur pendant ladite élection qui avait reconnu sur la place publique Badjanani la victoire de Taki.

Vision contrastée mais humaine de Ali Soilih

Ali Soilih et Saïd Mohamed Djohar sont les fils de Mahmoudat Mzé. Cette mère est, pour l’instant, la seule à avoir donné aux Comores deux présidents. Djohar partage la vision de Ahmed Abdallah sur les pratiques autoritaires et la mise au ban du anda par le nouveau régime soilihiste.

Par contre, sous l’âge d’or de ce régime, l’auteur raconte les tortures morales dont il a subies, notamment après la fuite de son fils adoptif Nassur en Libyie. Son témoignage accablant est plein d’émotion: “[…] un certain soir, je reçus un appel téléphonique: - Dites à la mère de Nassur (dix-sept ans à l’époque) que son fils a été sélectionné pour les jeux sportifs des pays musulmans qui auront lieu en Libye la semaine prochaine. Comme l’avion part ce soir, il ne pourra pas venir vous saluer avant le départ, faute de temps. […] -

On dispose de nos enfants sans même demander notre avis. […]. Un mois plus tard, en 1977, une Peugeot familiale pénétra à toute vitesse dans notre cour. Trois soldats de la révolution “Mbaya ya mwasi“ en descendirent vers 11h et nous sommèrent d’y monter. Notre fille Charline avait son premier né, Ryad, dans les bras. - Mais que se passe t-il? leur demandai-je […] - Quoi? Vous ne voyez pas que notre fille a un bébé de quatre mois dans ses bras? - Nous ne voulons rien savoir! Ce sont les ordres. Allez, embarquez!“. Trois jours plus tard, la famille Djohar a su les raisons de son arrestation arbitraire. Nassur, son fils, n’est pas rentré avec son équipe après les jeux en Libye.

Devant l’interrogatoire, sa femme et lui réagissent en ces termes à la disparition de Nassur: “- Quoi? Vous avez embarqué notre fils sans notre avis ni notre accord, vous nous dites qu’il a disparu. Vous êtes le responsable de sa disparition. […]. - C’est cela votre justice? Vous avez tué mon fils et vous voulez qu’en victime, je vous paie pour ce crime? […]“. Après le coup d’Etat du 13 mai 1978, Djohar a tenté deux fois de rendre visite à son frère emprisonné par les mercenaires…

Ahmed Abdallah, le compagnon politique

Entre Abdallah et Djohar, c’est une complicité politique et amicale dans les années 40, après l’affectation de l’instituteur Djohar à Domoni. Une relation renforcée par le partage des idées communes: membre du même parti Vert, Cheikhiste, militant contre les spoliations des terres et pour la souveraineté comorienne.

Djohar raconte la dernière conversation avec Abdallah à la veille de son assassinat: “Je suis navré que vous, car je suis prisonnier de ces mercenaires sans parvenir à cesser leurs actes répréhensibles. Le plus catastrophique, dans tout cela, est que le personnel de la Gp chargé d’assurer ma sécurité, semble ignorer totalement ma présence et mon autorité en obéissant aveuglément à la bande de Bob. […] C’est maintenant que je reconnais la portée de mon erreur monumentale. Je ne peux pas te le cacher, j’ai signé un contrat de dix ans […] Le contrat expirera en 1989.

Et je ne renouvellerai pas, quoi qu’il arrive“. Abdallah trouvera la mort deux jours plus tard assassiné par ceux qui ont été censés le protéger.

Djohar président et bâtisseur

Avant d’être président, l’auteur se définit comme créateur et bâtisseur. Créateur de plusieurs associations sportives et musicales et bâtisseur d’infrastructures, notamment le terrain de tennis de Moroni et les bâtiments administratifs qui devaient accueillir les dirigeants comoriens à Mayotte, capitale des Comores jusqu’en 1962.

Djohar Président, ce sont des souvenirs pathétiques et déprimants de l’ancien président. Pour tous les passionnés des Comores et de l’histoire en particulier, le “plus malgache des Comoriens“ nous offre une lecture personnelle sur l’évolution des Comores, et accessoirement de Madagascar, et cette œuvre serait très riche adaptée au théâtre tant les personnages sont plus loufoques les uns que les autres.

Nakidine Mattoir

 

Source : http://www.alwatwan.net/index.php?home=actu.php&title=Memoires-du-president-des-Comores-Said-Mohamed-Djohar&actu_id=4806

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 09:35
Nassur Djailani, le jeune poète, nouvelliste et journaliste  franco-comorien natif de Mayotte et âgé de 31 ans, a reçu les honneurs de la république française samedi dernier (15 septembre 2012), lors d'une cérémonie organisée et présidée par le Prefet de l'île, Monsieur Thomas DEGOS sur son île natale.
Au nom de la ministre française de la culture, Aurélie Filippetti, le préfet Thomas Degos a élevé Nassuf Djaïlani, "l'enfant du pays, à la fois Comorien, Mahorais, Malgache et Français" au grade de chevalier des arts et des lettres.

CULTURE :"Nassuf Djaïlani devient chevalier des arts et des lettres"
Photo : Nassur Djailani à côté du  préfet Degos 

Le préfet de Mayotte n'a pas manqué dans son intervention de rappeler l'excellent recueil de poèmes "Roucoulement" du récipiendaire publié chez Komédit en 2004 lequel lui a valu le grand prix littéraire de l'océan Indien en 2006 et de préciser à juste titre ceci :  "Ce qui vous caractérise, c'est la volonté de ne pas être spectateur, d'être acteur de votre histoire et de construire votre identité".
 
  Pour rappel, Mayotte est une île des Comores qui est sous administration française. Une situation jugée contraire au droit international par les instances internationales.
 
Tous ceux qui ont lu les oeuvres de Nassur Djailani ont effectivement  remarqué avec allégresse qu'il n'est pas du genre à massacrer son Histoire et à renier sa comorianité,  contrairement à beaucoup de jeunes de son île natale.  Il refuse de faire l'amalgame entre la politique politicienne, son Histoire et son identité.
 
En réalité, Nassur Djailani est tout simplement un GRAND POETE DE LA LUNE. "Jeune poète" n'est qu'un trompe l'oeil.
 
Nassur Djailane  est actuellement directeur de la publication Project-îles, revue d'analyse, de réflexion et de critique sur les arts et les littératures de l'Océan indien. Il est aussi co-auteur de l'exposition "Dire l'île, ce vert paradis de mon enfance", qui a lieu en ce moment dans les barges du STM à Mayotte.
 
Tous mes respects cher ami. Je t'envoie aussi mon admiration poétique qu'il convient d'attraper avec tes deux mains talentueuses. Sans oublier mon clin d'oeil lunaire cher Nassur !

"Déterrer mon archipel acculé à l’ombre des nations,
narrer mes îles amoureuses,
rattraper mon île pressée de s’en aller,
japper mon archipel tiraillé,
roucouler mes îles chamailleuses,
désaliéner mon île aliénée,
enchanter mes îles désemparées,
choyer mon archipel meurtri,
raisonner mes îles querelleuses,
épeler mon île hippocampe,
dérider mon archipel attristé,
caresser mes îles douce-râpeuses,
affronter mon île rebelle,
hisser mon archipel englouti dans les ténèbres,
recoudre le tissu de mes îles défaites,
plonger puis replonger mon archipel
dans une partouze éternelle.
"

 

Ci-dessous une bibliographie non exhaustive de Nassur Djailani

 

Poésie

 

  • Le songe... d'une probable renaissance, suivi de roucoulement, remanié avec la traduction en anglais par Carole Beckett, éd. Komedit, 2010
  • Roucoulement, 2006
  • Spirale, aux éditions Les Belles Pages, Marseille, 2004

    Théâtre
  • Les balbutiements d'une louve, éd. Coelacanthe, 2011

    Nouvelle:
  • Une saison aux Comores, Komedit, 2005, réédité 2006


Publications en revue :

 

- Dans le vertige du trumba - Riveneuve Continents, juin 2005

- Le théâtre mahorais part à la rencontre du monde, Riveneuve Continents, 2006
- Moisson de lettres indianocéanes, Riveneuve Continents, juin 2006
- « Echanger en changeant, sans se perdre » perdre », Ubu-Scène d'Europe, juillet 2006

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 12:06

COMORES / Littérature : Notre centre de rétention par  ALI MZE

COMORES / Littérature : Notre centre de rétention par ALIMZENotre centre de rétention*. Tel est le titre révélateur et très contemporain d'un essai écrit par un jeune auteur comorien et récemment publié chez l'Harmattan. En feuilletant rapidement cet essai, certains mots-et non les plus doux- vous reviennent et rejaillissent en flot, comme un torrent d'eau qui se déchaine et qui est en quête de son lit : contrôle d'identité, menottes, centre de rétention, expulsion, charters, ... Le tableau est ahurissant et est de ce qu'il ya de plus vraisemblable.

L'auteur peint le sort réservé aux clandestins en terre d'Europe. Bien qu'il raconte l'histoire d'une manière romancée, entre la fiction et la réalité il n'y a qu'un pas. La réalité des faits ne fait aucun doute. C'est une histoire universelle, c'est l'histoire de chacun de nous, car si on n'a pas fait soi-même l'objet d'une rétention administrative suivie d'une expulsion, on connaît un ami, un parent ou quelqu'un du village ou du quartier qui a subi ce sort. Un sort Un mauvais sort.

Dans un passage du livre les mots parlent d'eux-mêmes, comme des images, une photographie, un vrai tableau noir, nul de caricatures, point de déformation, juste la vérité, rien que la réalité : « Qu'ont-ils à nous traiter de la sorte ? Ne sommes-nous pas des êtres humains ? S'ils nous ont enfermé comme des sardines dans un premier temps, à présent, ils vont nous ligoter, avec menottes, les bras dans le dos. En fait il a toujours été ainsi. Cela fait partie des aléas des reconduites à la frontière, Il ne sert à rien de se rebeller, ou du moins le pensons- nous. Nous sommes considérés comme des êtres immondes, des quantités négligeables et dignes seulement de se faire marcher sur la greule, du pied gauche de préférence... »

La tristesse et la dureté du récit

La tristesse et la dureté du récit sont atténuées par un style limpide avec des mots simples.,. Une histoire hideuse racontée avec un beau verbe: et ça coule comme de l'eau de source. Le message passe. Comme une lettre à la poste. Car il s'agit bien d'un message, c'est " un coup de gueule " de ce jeune auteur contre l'humiliation réservée à des milliers de gens, qui ont cru échapper aux fumiers de la misère des pays du tiers monde en regagnant l'eldorado Euroland (c'est comme ça que l'auteur nomme l'Europe). Mais le rêve se brise et s'achève derrière les barbelés de ce qu'on appelle, par politesse(le politiquement correcte), centre de rétention administrative. « Le couloir de la mort » de ceux qui sont en attente d'une reconduite à la frontière.

Bien que l'histoire se déroule à cent mille lieux des Comores, elle ressemble à celle de nos concitoyens qui réussissent à échapper la mort en mer et qui atterrissent dans les geôles Mahoraises.

COMORES / Littérature : Notre centre de rétention par ALIMZE
 

 

Cet essai est le premier de ce jeune auteur, mais celui-ci avoue avoir plusieurs manuscrits dans le tiroir et se félicite d'avoir pu réaliser son rêve d'enfance: devenir écrivain. 
 

 

Ce jeune écrivain est originaire d'lconi et de Nvouni -Bambao. Arrivé en France en 1997 après son Bac littéraire, Ahmed Ali Mzé - c'est comme ça qu'il se nomme - a étudié la littérature française à l'Université Paris 8 d'où il obtient un DEA de lettres modernes.

Abdou Elwahab Msabacar Juriste et enseignant à I'UDC
*Ahmed Ali Mzé, Notre centre de rétention
L 'Harmattan, 9l pages, prt': 11 euros

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 12:23
Sortie comorienne en littéraure.

Sous label Washko Ink., Bilk & Soul publie le second texte du plus secret des poètes comoriens actuels, Saïndoune Ben Ali. Après l’immense succès des Testaments de transhumance, paru aux éditions Komedit à Moroni, repris au théâtre par Soeuf Elbadawi, Saïndoune Ben Ali signe ici un bel opus porté par des temps d’incertitude en archipel.

Dans Feuilles de feux de brousse, il est dit notamment que la lucidité est une frontière, quiconque la franchit n’en revient jamais. Il y est dit aussi que ce texte participe de « ces quêtes d’un langage pour dire d’où les morsures et les moisissures constitutives de l’imaginaire prennent toute leur forme ». Saindoune Ben Ali est présent au programme des auteurs invités à la 29ème édition du Festival des francophonies en Limousin en septembre et octobre 2012.

Aux Comores, le livre est disponible à Moroni au Muzdalifa House (Ngazidja), à la Bouquinerie d’Anjouan à Mutsamudu (Ndzuani) et à la Bouquinerie de Passamainti (Maore) pour l’instant, chez d’autres libraires de la place prochainement. Il peut être commandé via le web à cette adresse : bilkandsoul@yahoo.fr


 
washkonet


Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 21:39

 

Calendrier de la semaine culturelle de la jeunesse

35ème édition

28/06/2012

01/07/2012

02/07/2012

03/07/2012

04/07/2012

16h

Ouverture

8h

Jeux divers (course : pneu, sac et autres)

matinée

 

Sport (natation, course de pirogue)

matinée

 

 

sport

 

10h

athlétisme

16h

carnaval

 

 

 

 

15h

Tam Tam de bœuf

16h

Finale foot

 

 

 

16h

fermeture

 

 

 

19h

Finale : Quitte ou double (jeu éducatif)

18h

Finale basket

 

19h

Bilan de la semaine

 

21h

Mrengué

21h

Rassia

21h

La nuit de la musique (festival)

Remise des lots

21h

Tari

 

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 12:40

Grand Festival des Arts et de la Culture à Anjouan Comores

La 2e Edition du Grand Festival des Arts, de la Culture et de la Gastronomie Comorienne de Domoni Anjouan Comores aura lieu du 1er au 15 juillet 2012. Domoni Anjouan, Première ville Culturelle de l’Archipel de la Lune. Une invitation à toute la communauté mondiale de venir sur Anjouan Comores pour danser et déguster nos valeurs.
  
Le Festival de Domoni Anjouan de l’Art, de la Culture et de la gastronomie comorienne prépare une 2e édition surprenante, interactive et bien sûr festive du 1er au 15 juillet 2012. Tout ce qui est d’Art s’étendra sur les de la ville de Domoni Anjouan ainsi qu’à la maison Domoni et accueillera une centaine d’artistes-exposants et performeurs également des concerts sur la musique comorienne.
 
Le FACGC livre un premier aperçu de sa programmation avant son dévoilement officiel :
 
Pour sa 2e édition, sous le haut patronage du président de l’Union des Comores et du gouverneur de l’ïle d’Anjouan, le FACGC met l’accent sur l’implication et la diversification de son public en favorisant les interactions entre visiteurs et artistes. Ainsi, les visiteurs auront l’opportunité de contribuer à une œuvre collective en compagnie des artistes reconnus du collectif EN MASSE, de prendre part à des Expériences Contemporaines, de voter pour leur artiste préféré et bien sûr de prendre possession d’une œuvre d’art.
 
Le tout nouveau bureau installé aux seins de la maison Domoni Culture proposant une exposition spécialement conçue pour toutes les catégories, les enfants de 7 à 77 ans à visiter la collection des différentes photos des anciens sultans de l’archipel et des hommes qui ont fait l’histoire des Comores. Bien sûr sans oublier que Domoni Anjouan reste jusqu’alors la première ville culturelle de l’archipel, l’art et la musique sont au rendez-vous et durant les deux semaines de festivités prévues en début du mois de juillet prochain, des galeries éphémère compte déjà sur la participation d’artistes réputés tel que les meilleurs chanteurs du temps des orchestres légendaires des Comores, Assmin Band, Mahabou, Assmumo, Saif El Watan, Joujou des Comores
 
Les après-midi du FACGC seront aussi animées par la réalisation de « plusieurs chants et danses culturels » dans les places déjà réservées pour accueillir les activités. La presse comme Radio Domoni Inter s’organise à émettre en direct toute la durée du festival afin que même la diaspora qui est sollicitée parmi les sponsors à suivre le déroulement depuis l’étranger.
 
Une édition haute en couleurs qui réserve encore bien des surprises…
Naouir Eddine Papamwegne
Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 23:48

 

Nous avons l’immense plaisir de vous annoncer la sortie de « L’Autre côté de l’Océan », deuxième roman en langue française de l’écrivaine d’origine comorienne Coralie FREI, le 22 mars 2012 aux Éditions le Manuscrit.com.

 

L’Autre côté de l’Océan, préfacé par le poète comorien Abdou Djohar est la suite logique de La perle des Comores, destin d’Anjouanaise, roman autobiographique de Coralie FREI publié en 2010 par le même éditeur.

 

Comme on peut le lire sur la quatrième de couverture, Coralie FREI « raconte et peint d’une main de maître sa solitude, son aventure douloureuse, son dépaysement, ses découvertes et son combat décisifs dans un monde complexe où elle s’émancipe. Un récit passionnant qui fait de ce livre une leçon de courage et d’espoir. L’autre côté de l’Océan est une aube nouvelle qui porte un regard négatif sur les préjugés, l’isolement, la paresse, le déboire et l’éducation traumatisante, tout en pourvoyant l’intégration. »

 

Selon le préfacier, « Lire L’Autre côté de l’Océan, c’est fourrer la tête dans un récit clair et vivant où l’auteure marie le réalisme et le lyrisme pour toucher la sensibilité du lecteur. » 

 

Nous ne pouvons que vous le recommander vivement.

 

Petit rappel du parcours littéraire de l’auteure.


Coralie.jpg

 

Coralie FREI née Courachia AHMED IDAROUSSE a vu le jour à Ouani (Anjouan), en 1951. Après l’obtention de son bac à Moroni, elle quitte les Comores pour la France en 1973 où elle effectue des études linguistiques (licence, Toulouse). Les études d’infirmière commencées à La Réunion en 1980 se soldent avec le Diplôme d’État d’infirmière en France en 1983.

Passionnée par la poésie, les contes, le roman et la musique, Coralie publie 2 CD de poésie : en 2002 Coralie(allemand), et en 2003 Coralie tout en poésie tout en musique (français). Suivent ensuite : en 2006 Das Tagebuch der Maya (Conte en allemand), en 2008 Weit wie der Ozean, Roman en allemand, et en 2010 La perle des Comores, le Roman autobiographique de Coralie que nous connaissons si bien.

 

CORALIE présentera son nouveau roman et assurera une séance de dédicace à la journée culturelle de l’AOFFRAC (Association Ouanienne de Floirac – France – Comores) qui a lieu samedi 14 avril 2012 à FLOIRAC (33270) (près de Bordeaux).

Elle sera également aux Comores en Juillet 2012.

 

En dehors de ces dates, les œuvres de Coralie en français sont disponibles aux Éditions manuscrit.com et chez Amazone, ou sur commande dans votre librairie habituelle.

Pour contacter Coralie :

mail@coralie-frei.ch

www.coralie-frei.ch

 

Halidi Allaoui

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 12:21

Paille-en-queue et vol : Autopsie des origines 

notes de lecture de Sadani*.

ansoufoudine couvertureVeuillez entendre ce que j’ai lu, en hommage à cette mer qui nous interroge. Acceptez donc, que je vous parle de ce recueil d’Anssoufouddine, médecin- poète et à quelques endroits, légiste avéré, non pas, armé d’un coupe-coupe comme j’aurai tendance à l’exhiber moi-même, mais d’un scalpel d’une justesse incomparable et de mots aussi beaux que la phrase portée par ces mots et qui nous
« Conte l’obsédante épopée
D’une citée vouée à l’errance »

A petits pas, « Paille-en-queue», saute d’îles en îles, de thème en thème, comme un oiseau habitué à fréquenter le même territoire, fait le tour de son existence. Oiseau migrateur aussi, « Paille-en-queue » vole et se met en quête de proto-détenteurs du hasard, entre la Perse et les légendes liées aux origines. Salomon et la reine de Saba ? Ou tout simplement la beauté sakalava posée violemment sur les hauteurs du Karthala ? Les nègres d’à-côté- ces-frères- de - sang-Bantou ?

A son retour d’un voyage qu’on imagine fécond, il écrit :
« Au terme de l’exil
La parenthèse s’autopsie
Cryptogame »

Du Bellay, un vieux type de l’occident chrétien disait « heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage ».Il regrettait souvent son pays natal. Ici, nous demeurons encore au stade du questionnement typiquement insulaire. Sans parti pris, les yeux vers l’horizon, les vents de partout traversières.

Anssoufouddine, soulève ce besoin de se poser puis de se poser des questions.
Cryptogamie passée au crible d’une voix qui susurre et qui nous rassure et décrypte notre réalité!

Cryptogamie, origine difficile à définir, comme ces algues, parsemant nos marées basses et sur lesquelles nos pieds déchirés par l’obsidienne, le goudron et ce putain de soleil sang, foulent vers la course aux Sim Sim, chinchards échoués devant nos côtes, pour le festin d’un peuple de mer.
Nous venons de quelque part et ce quelque part n’est pas immédiat. Ce quelque part, nous devons l’accepter avant d’envisager le partage de nos îles, avec ceux qui nous acceptent, en ramenant parmi nous leur part d’origine. Mais avant, nous disons comme dit le poète :
« Nous étions amants
A tressaillir avec
La phosphorescence
Des marées », autrement bercés par une géographie, avant d’être une géopolitique, des colonisateurs et des puissants en tout, qui ont convaincu une religion : La religion de la soumission qui a engendré des séparatismes et des ambitions opportunistes.

« Sur l’archipel des manigances
…………
Vers la cueillette
Et la conquête
Du miel et du ciel
Une meute de nuages
Prompte à inventer les frontières… »
Ces séparatistes aptes à toutes les options, ces séparatistes équilibristes qui usent pour le pouvoir des préceptes subtiles, déclinés par
« Des mages,
Versets incontinents,
Prédictions défectueuses,
Déluge »

Ces foundi, qui, au nom de tout et n’importe quoi, trempent leurs sourates dans l’abjection des reniements, et pour d’indignes intérêts tentent de nous extraire de la matrice, nous définir autrement, à travers une cristallisation exogène, nous, pétrifiés dans le creux des vagues, nous engagés à abolir l’exfoliation, de
« L’errance de tant d’esprits
Assoiffés non plus de butin
Mais d’une nidation
Conques en manque
De quel fortin
De quel hirizi »

Une naissance tout simplement, une renaissance pour tous ceux qui nous croient morts ! Et la poésie en ce sens est debout, comme le poète l’assène, tout au long de son texte. Ye hrizi hindri ? Ce talisman, ce gris-gris, pour nous protéger du mal, pour avancer notre étant, pour rivaliser sainement, avec ce que nous sommes, ce que nous apportons aux autres, car comme l’a dit, Césaire, il n’est « point vrai que l’œuvre de l’homme est finie… »*.

Cryptogamie ! Naissance erratique sans être bâtardise malsaine. Érection mal connue sans que nous soyons les orphelins de la Terre, comme des enfants,

« Pareils aux Talibés
De la Teranga
Affluent l’embarcadère
Bradant des cornets
De pistaches
Ombres ultimes
Des dictées ensanglantées ». L’enfance enfermée dans une réclusion consentie comme un destin et des lectures récalcitrantes qui nous effraient d’horreurs elliptiques.

« Paille-en-queue- décrit nos îles et toutes îles posées sur cet entrain contre l’oppression. Et sans le dire autrement qu’à travers la suggestion et la colère retenue, Anssoufouddine, nous réveille, pour un voyage vers un vaste monde, de justice et de beauté, chacun a sa juste mesure.
La pagure qui habite la maison de l’autre, gastéropode fainéant, peut aussi être celui qui aime les autres, de partout arrivé sur nos îles accueillantes.

Voleurs de chaleur !

Qu’ils nous respectent !

Puis, Mayotte, nos belles amours malgaches, l’Afrique, l’Occident, sont abordés de façon authentique. Il décline nos origines, notre rang et nos habitudes avec le souci du juste mot, toujours, dans ce rythme des marées dont on ne sait ni l’origine ni le rang et les habitudes des océans qui nous protègent.

La poésie d’Anssoufouddine est dense, exigeante, une médecine chirurgicale qui guérit lentement des blessures les plus profondes.

« J’exige une réincarnation
Douce »
Contre
« Toute une flottille [qui] vient à perdre le Nord ».

Saindoune* l’a écrit, Anssoufouddine le répète, et il est heureux que les poètes nous sauvent.

Anssoufouddine, est-ce par souci professionnel, lui, le médecin ? - fouille dans un océan d’histoires, la justesse qui sied mieux à la vérité, aux tréfonds des entrailles de la méthode Coué, usée et perfusée par les mauvais prédicateurs, faussaires historiques, qui font le lit de l’ignorance. (Une stratégie aurait notre assentiment, avec machettes et gros marteaux, pour la justice, cependant le choix opéré dans « Paille-en-queue et vol » a encore le mérite de nous ressembler) :
« Nous appartenons à ce fluide
  Étendue criblée d’îles
Où peut-être circulent dissoutes
Les velléités erratiques
Des ancêtres »

Esprits de Djinn, nous sommes et les djinns ont leurs demeures dans la démesure des beautés indivises.
« Nous descendons sillage moiré
De l’anonyme route
Indo-céane ».
Naam !

Entre le mot et la chose, naît dans la poésie d’Anssoufouddine, le frisson de la découverte, pour qui veut s’initier à l’odyssée piroguière, d’un archipel en quête d’assise.

La poésie d’Anssoufouddine, c’est du miel que l’on s’en va chercher à la ruche en chassant à nos risques et périls, les abeilles ayant fini leur boulot, pour nourrir les palais de nos invités.

Bon app’ !

Sadani

*Auteur du recueil de poèmes "Sania" 2011 Editions Coelacanthes



Bibliographie de Mohamed Anssoufouddine
- « Paille-en- queue et vol ». Ed. Komedit, 2006
- « Le Rebelle » In Project-îles n°1. 2eme semestre 2010.
- « Lambeaux d’anarchipel » In Petites fictions comoriennes, nouvelles, Ed. Komédit 2010.
* Aimé Césaire -Cahier d’un retour au pays natal. Présence Africaine, 1983

*Saindoune Ben Ali- « Testament de transhumance »- Komedit, 2004

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 19:09

"La littérature n'est pas un jeu. Pour moi elle est vitale"   

 

Par : Anne Bocandé

 



adjma-l-photo.jpg

Un quart de siècle seulement et déjà auteur multiforme. A 25 ans, le jeune comorien Adjmaël Halidi (photo / Archives HALIDI-BLOG-COMORES) marque sa présence dans la littérature de l'Océan Indien. Alors qu'il vient de publier une édition remaniée de nouvelles écrites à son adolescence, il participe également à la revue littéraire des auteurs de l'Océan Indien Project' îles (1), dirigée par Jean-Luc Raharimanana et ne manque pas de porter sa voix dans l'ouvrage Une littérature en archipel (2) coordonné par l'Alliance française de Lecce (Italie). Aux côtés de poètes et d'écrivains qu'il admire, Adjmaël Halidi trouve sa place, celle d'un jeune homme révolté pour qui l'écriture est avant tout vitale.



"C'est la réalité qui est violente. Mon écriture est une simple métaphore de l'existence"


Le jeune auteur se défend à propos de son Verbe parfois cru, au service d'histoires toutes plus douloureuses les unes que les autres. De l'enfant violé, à la femme malade qui ne peut se soigner, aux familles à qui ne restent que des superstitions vaines, Adjmaël Halidi ne mâche pas ses mots dans Nahariat, recueil de nouvelles adolescentes, qui sont parues l'été dernier aux éditions Komedit. "Mes personnages sont fictifs mais je m'inspire du quotidien, de ce que je vois. La misère crève les yeux. Ceux qui n'aiment pas ce que j'écris sous prétexte que je serais sec et obsédé par la mort ne voient pas ce qu'il y a autour de moi".

Tour à tour metteur en scène, romancier, nouvelliste et poète, Adjmaël Halidi avoue se chercher et préfère être qualifié d'auteur. Il collabore également à divers journaux comoriens. Le verbe cru, le style relevé, il pose, chaque fois, son regard sur le quotidien qui l'entoure ; celui des îles de Lune traversées par des crises politiques incessantes qui plongent la population dans une misère qui le révolte. Natif d'Anjouan, Adjmaël Halidi s'interroge sur sa terre natale. "J'essaie d'entrer dans les entrailles de cet archipel, de comprendre pourquoi les gens acceptent cette réalité sans rechigner, pourquoi ils ne trouvent pas les moyens de se révolter".

Alors que l'île sœur devenue française, Mayotte, est traversée par de multiples mouvements de protestations contre la vie chère, "aux Comores c'est le patronat qui défile dans la rue sous le regard des petites gens", témoigne le jeune homme. "C'est le monde à l'envers", continue-t-il. Pourquoi ne fuit-il pas ? "J'aurai pu fuir depuis longtemps. Mais l'écriture est une fuite d'une certaine manière".



"J'ai commencé à écrire pour essayer de comprendre la misère que je voyais"


Discret sur son parcours, il préfère parler au présent. Pourtant son histoire révèle son entrée en écriture. Fils de bonne famille, Adjmaël Halidi a vécu personnellement l'instabilité politique mais aussi les inégalités sociales des Comores. Installé confortablement auprès de son père sur la Grande Comore, il a dû fuir à Anjouan, "en pleine brousse" auprès de sa grand-mère lors de la crise séparatiste de 1997. "Tout d'un coup j'ai découvert la misère. J'avais 10 ans. Je ne supportais pas ce que je voyais." Alors que gamin, il fustigeait les privilèges dans lesquels il baignait, le jeune garçon découvre également qu'il n'a plus ou peu accès à la culture. "Je ne parlais pas le même langage que les jeunes de mon âge, qui n'avaient pas accès à la lecture et au cinéma. Je me suis réfugié dans les livres : Césaire, Camus… Je me suis replié sur moi-même et à 13 ans j'ai commencé à écrire pour essayer de comprendre la misère que je voyais… mais aussi pour transmettre mes sentiments d'amour", confie-t-il.

Il n'est alors pas étonnant de trouver la citation de l'écrivain allemand Rilke dans l'une des chroniques de l'auteur comorien. "Une œuvre d'art est bonne si elle née de la nécessité. C'est dans la nature de son origine que réside sa valeur : il n'en est pas d'autre".Adjmaël Halidi insiste : "la littérature n'est pas un jeu". Pour lui, écrire est simplement vital. N'est-ce pas ses propres mots qu'il place dans la bouche du personnage principal de sa dernière pièce de théâtre, Uhuru Africa (3) ? : "Écrire et mourir, c'est du pareil au même. On écrit pour soulager sa conscience. Et on meurt pour ne pas avoir de conscience du tout".



Écrire pour de meilleurs lendemains

 


Dire les choses telles qu'elles sont est son credo pour expliquer son Verbe parfois violent. "Certains pensent que je suis psychopathe, plein de cadavres, comme s'ils ne voyaient pas ce qui nous entoure. C'est toujours difficile de parler de sexe, de pisse et de sang. Ici, les gens préfèrent cacher la misère. Il est difficile de dire les choses telles qu'elles sont."

Mais derrière l'horreur et le sang, se découvre en filigrane la foi en de meilleurs lendemains. La révolte d'Adjmaël Halidi à travers cette écriture sans angélisme n'en cache pas moins un refus du fatalisme. "Dans cet océan d'humiliation et de déshumanisation, la littérature ne peut être qu'une bouée de sauvetage."Et d'ajouter : "Si j'écris c'est parce que je suis persuadée qu'en nommant les choses on peut les combattre et les dépasser. J'écris pour que les choses changent", martèle cet auteur qui refuse de se dire "engagé". Pourtant son écriture l'est. Engagée contre l'immobilisme politique et social.

"La jeune mère remarqua que ce qu'elle avait espéré s'était réalisé : tous ses enfants s'étaient endormis malgré la faim dans le ventre. […] Un peu d'imagination ou de rêve pouvait anticiper le sommeil. D'ailleurs, cette femme, ou même ses enfants ne survivent-ils pas à cause du rêve ? " (4)

Quel est le rêve ultime d'Ajmaël Halidi ? "Je rêve du jour où je n'écrirai plus. Je veux vivre dans l'anonymat, comme tout le monde. Mais pour le moment c'est impossible, j'ai des choses à dire, il faut que je les dise."

"Ôte bien ici ; ôte bien là-bas !

Jouir jour jure jour

Jour jure jouir jour ;

Ainsi va, ainsi revient

Ainsi reviennent, ainsi s'en vont

les yeux des masques séculaires

comme si vient était enfant du jour

et va fille de demain"
 (5)

 

Anne Bocandé

 

1. [livre12207], Juin 2011.
2. (livre12236], Juillet 2011.
3. Cette pièce de théâtre devrait être publiée avant la fin de l'année 2011 chez l'Harmattan dans la collection Théâtre des Cinq continents. Elle met en scène un roi déchu face à sa conscience quelques jours avant d'être mis à mort par son peuple.
4. Extrait du recueil de nouvelles Nahariat.
5. Extrait de Nahariat.

 

* Le titre est de HALIDI-BLOG-COMORES

 

 

Source : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=10497

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
commenter cet article

Pages