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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 00:39
 
 
 
pjhotos-01-02-08-086.jpgParmi les plus beaux cadeaux que l’on m’a offerts à l’occasion des fêtes de fin d’année, il y en a un qui m’a particulièrement touché. Je ne peux pas m’empêcher, chers visiteurs de mon blog, de vous en faire part.
 
 Il s’agit du livre de Messieurs Ahmed Ouledi et Mahmoud Ibrahime, deux grands passionnés de l’Histoire de notre pays, Les Comores au jour le jour, publié chez Komedit en décembre 2007.
 
Grâce à cette œuvre de 123 pages dont le prix est de 12 euros, j’ai désormais, en permanence, la chronologie des événements qui ont marqué mon pays natal - les bons et les mauvais - dans tous les domaines (politique, économique, culturel…) depuis les origines jusqu’à nos jours.
 
Même si on peut noter quelques petites imprécisions (à la page 92, on cite certains quartiers sans préciser les villes concernées), contradictions (il y a une confusion sur la date du décès du sultan Allaoui : 1841 ou 1842 ???) et lacunes (hormis la date de la création du Réseau Femme et développement, il n’y a rien sur la femme comorienne ou encore sur le sultan Said Omar d’Anjouan), la qualité et l’utilité de l’œuvre restent incontestables. Tous ceux qui s’intéressent aux Comores en général et à leur histoire en particulier ne peuvent pas s’en passer. Car comme l’affirment les auteurs « elle fait revivre les instants oubliés du passé et restitue dans la mesure du possible, leur enchaînement. »
 
Ouledi Ahmed, ce docteur en Biologie de l’université Paris VI – Pierre et Marie Curie, est un grand passionné de l’histoire.  Il est enseignant-chercheur à l’Université des Comores et Consultant pour des organismes du système des Nations Unies et de la Commission de l’Océan Indien (COI)
 
Quant à Mahmoud Ibrahime, il est docteur en Histoire de l’université Paris VII. Chercheur associé au SEDET (France) et au CNDRS (Comores), il enseigne dans le secondaire en France depuis 12 ans. Il est auteur de Etat Français et colons aux Comores (1912 – 1946), l’Harmattan, 1997 et La naissance de l’élite politique comorienne (1945 – 1975) L’Harmattan, 2000.
 
Il publiera prochainement chez Komedit, Said Mohamed Cheikh (1904-1970), parcours d’un conservateur.
 
Halidi
HALIDI-BLOG-COMORES
 
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Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 13:04
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
 
Comores / Société
Sortie en France d’un film sur Mayotte :
Aller simple pour Maoré, ou le parcours des Comoriens des autres îles devenus clandestins par le visa Balladur
    
Moroni, jeudi 10 mai 2007 (HZK-Presse) La diaspora comorienne de France verra bientôt sur le petit écran un film documentaire consacré à Mayotte, quatrième île de l’archipel des Comores maintenue sous administration française, et intitulé « Aller simple pour Maoré ». Il s’agit d’un document audiovisuel de 84 minutes, produit début 2007 par Agnès Fouilleux.
 
Son réalisateur a sans doute voulu aborder un sujet d’actualité qui a défrayé la chronique ces dix dernières années, à savoir les mouvements migratoires entre les trois îles de la partie indépendante [Ngazidja, Ndzouani et Mwali], et le territoire « sous occupation » française.      
 
HZK-Presse a reçu une présentation sommaire faite par Pierre Caminade, auteur du livre « Comores - Mayotte : une histoire néocoloniale », publié aux éditions Agones [article publié dans Billets d’Afrique de mai 2007].
 
« L’aller simple pour Mayotte » est présenté au public comme « le parcours que font les Comoriens des trois autres îles de cet archipel depuis que le gouvernement Balladur en a fait des clandestins, en 1995, en instaurant un visa », écrit Pierre Caminade.
 
Pour l’auteur français, l’obligation faite aux Comoriens des autres îles de se munir d’un visa d’entrée pour se rendre à Mayotte, les pousserait à rester sur place « au lieu d’y faire de brefs séjours », dit-il.
 
Et M. Caminade de relater la vie quotidienne de ces centaines de « clandestins » pourchassés par l’administration locale, et dont l’effectif aurait décuplé depuis les déclarations en 2004 sur « le droit du sang » attribuées à François Baroin, alors ministre de l’Outre-mer.
 
Des Maorais font parfois des « révélations choc », fait observer Mabadi Ahmédali, membre de la Coordination du CAAC - Comores, loin des polémiques sur le contentieux territoriale qui continue à opposer l’Etat comorien à la France sur l’île de Mayotte.
 
« Le film nous entraîne dans l’univers cruel et absurde des incendies commandités par des maires, des soins médicaux obligatoires et interdits à la fois, des risques d’épidémies liés au refus de soigner un quart de la population. Le tout impulsé par le fantasme d’une nationalité française qui serait trop facile à obtenir... », écrit l’auteur français, visiblement choqué par cette « face cachée » d’une île dont la classe dirigeante n’aspire qu’à obtenir un hypothétique statut de « département français ».  
 
Là-bas les clandestins sont des employés domestiques ou gardiens de zébus. L’on apprend même que depuis 1995 de nombreux ébénistes anjouanais qui exportaient à Mayotte leurs sculptures sur bois très prisées, ont dû y élire domicile dans la clandestinité, et que leurs clients ne sont autres que les fonctionnaires français, y compris les gendarmes qui sont à leur trousse.
 
« Dans leur press-book, un coffre offert au président Chirac lors d’une visite sur l’île. C’est un exemple symptomatique », rapporte Pierre Caminade qui fait une lecture critique des stratégies du préfet de Mayotte, « pour répondre aux objectifs chiffrés de déplacements forcés de populations ».
 
Ceux qui ont eu la primeur de visionner « Aller simple pour Maoré », notamment le groupe CAAC-Comores, espèrent organiser des séances de projections, suivies de débats avec la réalisatrice et des militants anticolonialistes.
 
Pour l’instant la réalisatrice du film n’a pas réussi à obtenir une diffusion sur des chaînes de télévision, et n’a bénéficié d’aucune forme de subvention rapporte le CAAC.
 
El-Had Said Omar
100507/eso/hzkpresse/12h00
 
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Mariama HALIDI HZK - dans CULTURE
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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 13:08
CULTURE :
 ZOOM SUR LE ROMAN « AUX PARFUMS DES ILES » DE ANDHUME HOUMADI ET LE CD AUDIO « BWENI MSHARUSI » DE L’ASSOCIATION BANATIL HAIRIA
DE OUANI
 
 
Voici deux nouvelles œuvres qui ont attiré particulièrement toute notre attention compte tenu de leurs auteurs et contenus et que nous vous recommandons vivement.
 
I)                   La premiere est le roman du défunt Andhume Houmadi dont le titre est « Aux parfums des îles »
 
La maison d’édition Komedit vient en effet de publier à titre posthume « Aux parfums des îles », l’excellent roman de Andhume Houmadi ( Paix à son âme !)
 
Ce roman de 93 pages qui coûte seulement 9,00 euros évoque le caractère absurde de la crise séparatiste qui frappe les Comores depuis 1997. Son préfacier qui n’est autre que le célèbre anti-séparatiste comorien, Mohamed Ahmed Chamanga a entièrement raison quand il écrit ceci : « Aux parfums des îles » résonne comme une sorte de manifeste contre la division, contribuant à sa manière, à exorciser les démons qui se sont emparés de nos îles ».
 

Né en 1952 à Tsémbehu (Anjouan Comores), Andhume Houmadi fit ses études primaires dans sa ville natale et à Ouani.
Après son bac obtenu en 1972, il effectua ses études de droit à l’Université de Rouen (France).
 
Il fut successivement procureur de la République à Anjouan, Président du Tribunal de 1ére instance puis Premier Conseiller juridique à la Cour d’appel de Moroni.
 
Il enseigna aussi le droit à l’école Nationale d’Administration des Comores.
 
Ancien membre actif du Front Démocratique, il fut emprisonné en mars 1985, après la tentative de coup d’état… contre les mercenaires.
 
Andhume décéda brutalement le 23 novembre 2000.
 
 
II)                La deuxième est le premier CD audio « Bweni Msharusi » de Banatil Hairia
 
« Bweni Msharusi » est un CD de chants et musique de tari composé de 8 morceaux chantés par les femmes de Banatil Hairia et réalisé par les éditions « MANSAFARA »Wani-Ndzuani-Comores.
 
Le tari est les chants et danses traditionnels dont les femmes anjouanaises sont les spécialistes aux Comores. Il est présent dans les mariages et toutes les autres festivités populaires sur l’île d’Anjouan.
 

Banatil Hairia, un des meilleurs groupes comoriens de Tari est une association d'entraide des mères créée à Ouani –Anjouan – Comores en 1994 dont le but principal est de subvenir aux besoins des enfants poursuivant leurs études à l'extérieur et dont les parents ont une situation économique difficile.
 
Elle regroupe une centaine de femmes de Ouani et des villages environnants.
 
Grâce aux dons, quêtes, manifestations payantes, tari des mariages, tournées à travers tout le pays pour animer les mariages…, les femmes de Banatil Hairia contribuent aux différents projets communautaires et concrétisent leurs objectifs. Elles ont notamment construit un foyer de femmes à Ouani dans lequel on trouve un atelier de couture destiné aux jeunes filles déscolarisées.
 

Banatil Hairia sera, normalement en tournée en juillet prochain à Moroni.
 
Avec 10,00 euros, vous pouvez vous procurer le cd.
 
Pour tous renseignements complémentaires : mobile : 06 61 70 15 06
 
Halidi Allaoui
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Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 20:55
Comores / Société
Fomboni, lundi 19 février 2007 (HZK-Presse) Le vendredi 17 février à l’Alliance Franco- comorienne de Mohéli s’est déroulée l’exposition du livre intitulé : « Le Droit comorien », dont l’auteur est le juriste Abdou Djabir, qui est président du tout
nouveau parti mohélien « MSADA ». Plus d’une centaine de personnes ont assisté à
la conférence donnée par Docteur Djabir, notamment les autorités judiciaires de l’île, des chefs religieux, des responsables d’ONG du développement, des professeurs et
une forte présence des femmes.
 
L’auteur de ce livre dit avoir mis sept ans pour le sortir, dont cinq ans de recherche
et deux ans pour son élaboration et sa rédaction. Dans son ouvrage Abdou Djabir
parle du droit traditionnel comorien mais pas du droit étatique.
 
A travers ses propos, le futur candidat à la présidentielle de l’île a expliqué que le
droit traditionnel comorien existe même s’il n’est pas encore transcrit.
Par conséquent ce droit se trouve « éparpillé et plus ou moins appliqué » fait-il observer.
 
Le droit traditionnel comorien a deux sources bien précises, l’Islam inspiré du saint coran et la sunna (ensemble de faits rapportés du vivant du prophète) d’une part,
et les coutumes de l’autre.
 
Le droit appliqué aux Comores est le « Minihadj Altoilibin », un document rédigé par
 un sunnite appelé Anawawi depuis le 13ème siècle et à partir duquel l’on a élaboré
aux Comores le nouveau code de la famille adopté par l’assemblée nationale en 2004.
 
Un texte jugé trop inspiré de ce Minihadj, dont certaines dispositions ne sont pas explicites, notamment sur la polygamie et les enfants nés hors mariage, soutient le conférencier.
 
« Ces deux sources de droit se marient très bien », reconnaît-il, mais il y a encore certaines coutumes préislamiques qui, suivant l’évolution et la modernisation de nos sociétés, devront être maintenues ou abandonnées, notamment le « Goungou » [une sanction collective destinée à punir les contrevenants, en les dénonçant sur la voie publique par des chants], dont l’efficacité reste encore actuellement discutable.
 
Pour finir le Dr Djabir a cité brièvement les bases du droit traditionnel comorien
traitées dans son livre notammentle code de la famille,le domaine du mariage, le droit de la femme, la question de majorité.
 
La conférence s’est achevée après l’intervention de certains hommes de loi qui ont
tenu à porter plus d’éclaircissement sur quelques aspects soulevés par l’ouvrage.
 
Pourrons-nous dire maintenant qu’il existe un document de référence du droit traditionnel comorien ? La réponse viendra sans doute de la pratique et des débats
que ne manquera pas de soulever ce livre venu enrichir l’œuvre des intellectuels comoriens. 
 
Ancien militant du Front démocratique, Abdou Djabir avait fait la prison en 1985 sous le régime du président Ahmed Abdallah, accusé avec ses co-geôliers d’atteinte à la
sûreté de l’Etat. Il exerce actuellement à Mayotte dans l’enseignement.
 
Habib Nomane
190207/hn/hzkpresse/7h00
 Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
 
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