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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 11:37

Source : Alwatwan.net / 22 avril 2009

sorcier En octobre prochain, l’association Lang Ylang, basée en région parisienne et animée par de jeunes franco-comoriens envisage venir aux Comores pour une opération humanitaire en faveur de quatre écoles. En attendant, ses membres se décarcassent pour trouver les fonds qui serviront à acheter les fournitures scolaires qui seront distribuées à cette occasion et les billets d’avion pour la dizaine de jeunes qui doit faire le déplacement.

Le 22 mars dernier, l’association Lang-Ylang avait convié la communauté comorienne en région parisienne au théâtre pour voir une pièce montée et jouée par les jeunes de l’association. L’opération a été répétée le 18 avril dernier à Marseille. C’est un des moyens trouvés par Lang Ylang pour réaliser son projet.

La pièce Hari Hari, dont le titre évoque la diffusion de la rumeur dans la société comorienne, a été jouée pour la première fois dans la salle André Malraux à Sarcelles. Cette ville de la banlieue nord de Paris regroupe un nombre conséquent de Comoriens et la salle était pleine, ce qui était un gage de la part des organisateurs, en ce week-end de mawulida (célébration de la naissance du prophète Muhammad).

La troupe de Lang-Ylang préparait ce spectacle depuis plus d’un an sous la houlette de Nourdine Moussa Ali et Thoueibat Djoumbe. Ce jeune couple a su au fil du temps, en jonglant entre les études, les boulots et leurs deux petits enfants, convaincre beaucoup de gens, d’institutions et d’associations de les soutenir. Dans ce projet, la pièce de théâtre a été l’élément fédérateur du groupe. La pièce a certes été montée par des amateurs et jouée par des amateurs, mais tous se sont hissés à la hauteur des professionnels.
Les spectateurs ont adhéré facilement et rapidement au jeu, ont fait leurs les thèmes abordés dans la pièce et ont accompagné de leurs applaudissements et de leurs rires les acteurs du début jusqu’à la fin.
“Oh lo zenfan, la vie c’est pas facili!”, commence Mama Jacqueline qui constate que le quotidien ce sont “Ze Prroblémou”. Rien n’est simple, en effet, quand on a deux filles à marier et qu’on est en France, loin des traditions ancestrales.

Le spectacle reflète bien les interrogations des jeunes comoriens nés en France et sommés de trouver un chemin entre les pratiques de leurs parents venus des Comores et leur soif de liberté. Grâce à un jeu de lumières, la scène est donc le plus souvent un diptyque représentant à la fois la vie en France (le salon d’un appartement dans lequel évoluent Mama Jacqueline et ses deux filles) et la place du village ou la maison du vieux sorcier (où toute l’action se focalise et se dénoue).

En France, les spectateurs suivent les fragments de vie de deux jeunes filles. L’une, Jacqueline, est amoureuse d’un jeune homme qu’elle ne peut présenter à une mère visiblement insérée en France mais qui vit aux Comores par procuration et au rythme des appels téléphoniques de là- bas ou des mtsango (tontine) et de l’organisation des mariages des enfants. L’autre est passionnée par la danse et met en place des stratégies pour pouvoir vivre sa passion tout en la cachant à cette même mère. Aux Comores, le frère de Mama Jacqueline espère se rendre en France, par tous les moyens possibles et se démène avec la mère de celle qu’il aime et qui n’hésite pas à avoir recours à la sorcellerie pour le perdre.

La dominante comique, portée par Naïlat Djoumbe qui restitue avec force les accents et les mimiques des mamans comoriennes en France se transforme peu à peu en tragédie.
C’est l’autre personnage principal de la pièce, le vieux sorcier et savant du village (admirablement interprété par Nourdine Moussa Ali) qui fait ressortir cet aspect tragique, par petites touches, par l’évocation de son côté pédophile et par le malheur qu’il distribue à chacun de ceux qui viennent le voir pour satisfaire leurs désirs. Nourdine Moussa Ali a développé un jeu convainquant permettant de voir réellement, sur scène, un vieux au dos courbé, manipulateur et machiavélique.

Quant aux sens à donner à telle ou telle scène, Nourdine Moussa Ali et Thoueibat Djoumbé se contentent de montrer sur scène ce qu’ils ont vu avec leurs yeux de franco-comoriens et laissent chaque spectateur construire librement son opinion.

Les actions menées depuis deux ans par l’association Lang Ylang devraient contribuer à combattre cette mauvaise réputation qui s’installe dans la communauté comorienne, elle-même, sur l’incapacité et le manque de sérieux des Comoriens sur le management jusqu’au bout de projets d’envergure.

Paris, Correspondance
Mahmoud Ibrahime

Pour voir les impréssions "à chaud" des spéctateurs, vous pouvez consulter le site de world4.com en cliquant ICI. Cliquez ensuite sur "play" pour démarrer la vidéo. ça vaut le coup.

 

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 21:44


Une première aux Comores. Un ancien Chef de l’Etat vient de publier un livre dans lequel il parle de sa vie de Président de la république et des coulisses du pouvoir.  Cet ancien Chef de l’Etat est le Colonel Azali Assoumani (Photo)qui a dirigé le pays du 30 avril 1999 au 26 mai 2006. Il s’agit d’un livre d’entretiens avec le journaliste franco camerounais, Charles Onana, intitulé « Quand j’étais Président » et paru aux Editions Duboiris à Paris dans la collection « secrets d’Etat ». Il coûte 15 euros.

 

Apparemment, dans ce livre de 200 pages dont la sortie officielle est prévue le samedi 25 avril 2009, l’ex Président Azali parle entre autre de son " opposition au mercenaire Bob Denard " ( !!!), des circonstances dans lesquelles il s’était emparé du pouvoir par un putsch, de ses rapports avec l’Union Africaine et des institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale…)…

 

Espérons qu’avec ce livre, l’ex Président Azali profitera aussi pour présenter ses excuses pour tout le mal qu’il a fait à son pays et à son peuple à cause de son coup d’Etat inopportun du 30 avril 1999. Espérons également  que nous saurons davantage sur la façon dont son régime a bradé l’île comorienne de Mayotte dans le cadre des accords de Paris et institutionnalisé et officialisé le séparatisme dans notre pays. Pourquoi pas aussi des conditions dans lesquelles, il avait eu le toupet d’abandonner ses troupes sur le terrain pour se réfugier à l’Ambassade de France à Moroni alors qu’il était le chef de l’armée comorienne lors du dernier coup d’Etat du mercenaire Bob Denard en 1995 ayant abouti à la déportation du Président Said  Mohamed Djohar  sur l’île de la réunion. Sans quoi le livre sera décevant et aura un intérêt très très limité. Du moins pour moi. Car il a  un devoir de vérité vis-à-vis de son pays et de son peuple.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 16:33

 

source : Malango / Vendredi 20 Février 2009 - 13:39:03  -   
Nawal est devenue une artiste internationale reconnue. (archive)
   

 
 

La chanteuse comorienne Nawal, consacrée « Voix des Comores », va participer au festival Arabesques qui se tiendra du 23 février au 15 mars au Kennedy Center, à Washington.

Née dans une famille comptant plusieurs musiciens, Nawal a grandi dans la musique populaire et spirituelle dès son jeune âge, aux Comores. Nawal chante en Comorien, en Arabe, en Français et en Anglais. Sa musique, une fusion basée sur des racines acoustiques, comporte un rythme envoûtant et des textes empreints de poésie. Nawal a également été la première femme chanteuse/compositrice et multi-instrumentaliste Comorienne à se produire en public. Elle s’est attiré des acclamations au niveau international comme étant une artiste qui s’est faite elle-même avec sa voix puissante et ses commentaires qui prennent de l’ampleur au sein de la société. Elle est professionnelle depuis vingt ans, et joue, entre autres, le gabussy (instrument Comorien ressemblant au banjo, cousin de l’oud), le daf, ou tari (tambourin Iranien), et la guitare.


Du 23 février au 15 mars, 2009, le Kennedy Center présentera ARABESQUE: Arts du Monde Arabe. Cette célébration sans précédent des Arts et cultures Arabes qui durera trois semaines, comprendra des prestations musicales, des danses, et du théâtre, ainsi que des expositions, installations artistiques, photos, sculptures, cuisine, mosaïques, mode, un souk (marché), paysage sonore, et bien d’autres choses. Le festival, présenté en coopération avec la Ligue des Pays Arabes, verra la participation de plus de 800 artistes représentant 22 pays Arabes.


Si dans le passé, le Kennedy Center a déjà présenté des artistes Arabes, c’est la toute première fois que ce centre a mis sur pied un festival de cette ampleur consacré aux Arts Arabes. Il constitue la plus vaste présentation des Arts Arabes jamais organisée aux Etats-Unis.

Je crois que les arts engendrent la paix et constituent une fenêtre par laquelle on peut comprendre un peuple,” selon Michael M. Kaiser, président du Kennedy Center. “J’espère que ce festival servira de catalyseur vers l’accomplissement de ces deux objectifs entre le monde Arabe et le monde Occidental.” Il a ajouté, “Ce festival mettra en vedette le riche héritage et la beauté du Monde Arabe à travers ses artistes extraordinaires sur les scènes du Kennedy Center.”


Nawal se produira le 28 février 2009 à 18h00. Entrée gratuite.

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 13:27

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 


Moroni, jeudi 05 février 2009 (HZK-Presse)
– Après la sortie en 2007 de son livre « Moroni Blues », qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité l’incompréhension au sein de l’intelligentsia de la place, et même parfois une critique sévère contre l’auteur et ses complices qui ont cherché à le défendre, à le soutenir, dans cette volonté de forcer les siens au débat contre les replis communautaires de toutes sortes, et surtout contre un principe de reproduction bête du « même » dans un monde fait de « divers », l’auteur récidive en revenant avec sa version théâtrale, sur les planches de l’Alliance Franco-comorienne demain soir à 19h, avec la complicité de quatre hommes qui chercheront ensemble à donner un sens à l’espérance, dans cet imaginaire qui les unit pour le meilleur comme pour le pire.

 

Une création de Soeuf Elbadawi qui s’inscrit dans le rêve selon lequel « Moroni  demeure un « prétexte » pour parler du rejet de l’autre en ces années d’imagination et de créolisation ». C’est donc  « une rêverie à quatre » personnes à la marge d’une cité rongée par le passé et qui en oublie de miser sur l’utopie d’une nouvelle fratrie à inventer. Un texte qui parle de repli communautaire, tout en conviant le public au festin des imaginaires indianocéaniques  sur des îles qui ressemblent à s’y méprendre aux îles Comores.

 

Mis en scène par Robin Frédéric, ce spectacle sera joué par Soeuf Elbadawi, les chanteurs Mahorais Mikidache et Mtoro Chamou célèbres dans la musique de l’archipel des Comores, pour avoir emporté les prix RFI.

 

Le répertoire que nous présentera ce soir Soeuf Elbadawi s’inscrit dans le théâtre d’art, impliqué dans le développement des idées. Artiste et journaliste, Soeuf pose une question cruciale sur la revendication identitaire dans ces îles confrontées aux mutations et métissages multiples auxquelles elles appartiennent.

 

Au cours d’une conversation à bâton rompu, nous avons recueilli les impressions des acteurs l’instant d’une pose de répétition générale.

 

Pour Robin Frédéric, metteur en scène célèbre dans l’océan indien, « rêverie à quatre invente cette histoire du monde à l’échelle des îles. Du Maroni à Moroni, il n’y a qu’un pas. Soeuf apporte les ingrédients dans un projet intime de mémoire d’enfance, dans ce parcours avec des adultes qui veulent faire en sorte que sur la scène tout devienne possible. L’émotion de Mtoro ni d’ici ni de là-bas permet de prendre le spectacle dans ce qu’elle a d’émotion et permet au spectateur de se retrouver face à lui-même. La polémique suscitée par la sortie du livre Moroni (chapitre II), comme vous venez de le remarquer, résulte du fait que ceux qui l’on contesté ne l’on pas lu. Je peux comprendre dans la mesure qu’il y ait polémique parce que ce n’est pas toujours facile de lire. Mais à travers le texte de ce soir, les spectateurs comprendront mieux le contexte et se réconcilieront.

 

Pour le chanteur de folk Mtoro Chamou, c’est déjà une première qu’un grand-comorien et deux Mahorais s’installent en commun en tant qu’habitants des îles d’un même archipel, pour parler de devenir  dans un même langage, tout en dépassant les clivages politiques. Il s’agit simplement de se trouver rassemblés dans le même partage, bercé par la musique. Enfin ces enfants pourront se réunir sans que la politique les divise. 

 

Quant à Mikidache, l’autre artiste mahorais de talent, il affirme que « l’oralité facilite la compréhension » et qu’il n’y a « rien de subversif pour des gens qui rêvent d’un monde sans frontières », qui témoigne l’empêchement de tourner en rond. « Ici ou là-bas quand on a une histoire on le retrouve dans le monde entier. Il n’ya pas qu’à Moroni que ça se passe, les gens vivent dans une case repliés dans leur tête ».

 

Et le Metteur en scène de conclure : « ce spectacle me fait retrouver des images et des gens qui m’ont laissé énormément des souvenir d’il y a dix ans dans ce pays. Il n’y a pas de raison qu’ici ça ne marche pas. Une fois que j’ai travaillé avec des musiciens et chanteurs sans expérience du théâtre, ce qui m’a passionné dans mon travail c’est un bonheur de travailler avec des chanteurs ».

 

Haled A. Boina

050209/hab/hzkpresse/12h00

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 11:25

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, mercredi 21 janvier 2009 (HZK-Presse) – L’Alliance franco-comorienne de Moroni, l’un des partenaires de studio1, a accueilli dans sa salle de spectacle un concert de Toirab initié et organisé par « Dhow Countries Music Academy » de Zanzibar.

 

Il s’agit d’un projet conjoint lancé il y a de cela deux ans par studio1 et cette organisation Zanzibarite et financé par des fonds japonais et la commission nationale de l’Unesco de la Tanzanie. L’objet consiste à promouvoir le patrimoine immatériel de la région en l’occurrence l’art du Toirab.

 

Des professionnels de la musique du Toirab ont fait le déplacement à Moroni depuis le 14 janvier dernier pour organiser un atelier de formation au profit d’une vingtaine d’artistes. Deux catégories de stagiaires ont été constituées pour suivre des cours dont l’une en initiation et l’autre en perfectionnement.

 

Au bout de la formation les deux groupes se sont constitués avec leurs enseignants pour offrir au public comorien un spectacle sous forme d’un concert spécial Toirab. C’est en quelque sorte le résultat de la formation.

 

L’on retrouve ainsi des jeunes artistes tels Check MC, Tarek et consorts jouant en symbiose avec des anciens comme Mahamoud Hamdane, Nasser Saleh, Soubi à base d’instruments de musique qu’on croyait disparus des scènes comoriennes : Luth, violon, percussion, mandoline, etc.

 

Selon le directeur de studio1, Abdallah Chihabiddine, « le projet consistait à donner un nouvel élan à la musique traditionnelle ». Il laisse à cet effet ses empreintes notamment des outils pédagogiques pour la formation et un luth pour l’apprentissage de cet art.

 

Pour Mohamed Issa Matrona, professeur principal de Dhow Contries Music Academy de Zanzibar, ce projet ne s’arrête pas là, car « il se poursuivra en février prochain à Zanzibar au cours du festival Boussara ». Les stagiaires y seront invités pour constituer un orchestre de Toirab regroupant des artistes de la région (Zanzibar, Pemba, Comores).

 

Le but recherché serait de constituer un projet à vocation régionale répondant au nom de « Song of the mon » autrement dit « la chanson de la lune ». Le promoteur du projet d’origine japonais a fait le déplacement à Moroni juste pour apprécier les premiers résultats de cette activité culturelle d’une dimension artistique exceptionnelle.

 

Selon une enquête réalisée dans la région, il a été constaté que nos îles regorgent un patrimoine immatériel commun qu’il est impératif de protéger. Ce patrimoine s’illustre à travers la mélodie du Toirab traditionnel en voie de disparition, sous l’influence des instruments modernes.

 

Nassor Saleh membre de Comores Star-Toirab dira que « l’Academy de Zanzibar est venu apporter non seulement les techniques mais encore il nous a révélé le parallélisme existant entre le Toirab joué à Zanzibar et aux Comores ». Malgré la disparition de cette musique dans nos îles depuis les années 70, les perspectives s’ouvrent petit à petit pour sa renaissance.

 

Dans ce genre de musique il est impossible d’associer la guitare ou le clavier, soutient-il. Et c’est bien le cas interprété par le groupe formé par l’Academy de Zanzibar. Il s’agit de sauvegarder des instruments, un rythme et une mélodie spéciale. Pour le public présent à ce spectacle, le projet a toute son importance car il va désormais propulser cet art populaire qui fait partie de notre patrimoine.

 

A. Nabahane

210109/an/hzkpresse/15h00

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 09:32

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, lundi 29 décembre 2008 (HZK-Presse) – C’est un livre attendu depuis longtemps. C’est un livre qui attendait un regard pour prendre vie et devenir. C’est aussi l’hommage de deux intellectuels comoriens francophones, Ismael Ibouroi et Soilih Mohamed Soilih, à un autre intellectuel comorien, cette fois anglophone et arabophone, Muigni Baraka, disparu trop tôt, voici déjà vingt ans. C’est une démarche rare qu’il faut saluer.

 

Dialogue. Islam et politique (éditions de la Lune, 2008) retranscrit l’enrichissant dialogue qui a eu lieu, en 1987, entre le religieux et savant qu’était Muigni Baraka et le jeune professeur de philosophie Ismaël Ibouroi (Chting) à Radio-Comores.

 

La culture et les larges connaissances du traducteur de ce dialogue, l’écrivain Soilih Mohamed Soilih, lui ont permis de manier avec une apparente aisance les concepts anciens et modernes des philosophies arabes et occidentales ; apparente aisance, car qui connaît Soilih sait le travail de recherche, d’écriture, de vérification et de rectification dont il a dû se livrer pendant des années pour qu’enfin sorte ce livre. De ce point de vue là, c’est aussi une réussite.

 

En 1987, nous sommes en pleine dictature : Ahmed Abdallah tient le pays par l’argent, les mercenaires, la religion et le anda na mila. Ces dialogues à la Radio ne sont donc qu’une petite lucarne de liberté, vite refermée par le Mufti, le tout puissant Saïd Mohamed Abderemane.

 

Le dialogue entre Muigni Baraka et Ismaël Ibouroi est d’abord un plaidoyer en faveur d’une ouverture de l’Islam, d’un certain retour de la tolérance qui a toujours prévalu dans cette religion, en particulier pour les Gens du Livre (Juifs et Chrétiens), mais aussi envers le kafiri, celui qui dit ouvertement qu’il est athée ou qui néglige les pratiques religieuses, mais dont on espère un jour convaincre et ramener dans le droit chemin.

 

D’où cette insistance des deux orateurs sur l’Islam médiéval, celui qui est en contact avec l’Occident par le biais de l’Espagne. Cette tolérance implique pour les deux intellectuels de ne pas rejeter tout ce qui n’est pas de l’Islam et surtout de ne pas refuser le dialogue avec le kafiri. Ibouroi développe cette nécessité du débat dans l’Islam en rappelant que la recherche de la vérité a amené les penseurs arabo-musulmans à avoir recours aux philosophes de l’antiquité qui étaient des idolâtres polythéistes. Mais encore plus, la Révélation dans l’islam ayant une dimension cachée, chaque musulman est invité à réfléchir sur le sens du texte sacré.

 

Cela est d’autant plus nécessaire que Muigni Baraka, comme le faisait le président Ali Soilihi, rappelle qu’il n’y a pas de Clergé dans l’Islam, contrairement aux prétentions de certains religieux qui pensent parfois parler au nom de Dieu.

 

Enfin, les deux penseurs plaident pour un rapprochement entre la philosophie et l’Islam dans un pays où l’on considère, encore aujourd’hui, qu’un philosophe est forcément un athée. En 1987, Muigni Baraka prenait l’exemple d’un philosophe européen, R. Descartes, et affirmaient « ceux qui prétendent que la philosophie nie l’existence de Dieu, n’étalent que leur ignorance en la matière » (p.38).

 

Qu’est-ce qui explique la censure de cette émission par le Mufti de l’époque, alors même qu’elle avait une vocation pédagogique ? A y regarder de plus près, bien des propos pouvaient heurter le Mufti, au-delà du fait que Muigni Baraka avait travaillé pour le régime soilihiste de 1975 à 1978. A commencer par cette liberté de ton entre ces trois comoriens qui parlent de la religion musulmane d’une manière nouvelle, sans évoquer les menaces et sans croire qu’ils détiennent toutes les réponses à toutes les questions du croyants.

 

Comme l’écrit Ismaël Ibouroi dans la Préface, Muigni Baraka n’est pas seulement un grand philosophe comorien mais aussi une « figure singulière de l’intellectuel le plus important de l’Afrique de l’Est ». Il rejoint ainsi d’illustres prédécesseurs comme Saïd Mohamed bin Shaykh, … père de Bin sumeith, Bin Sumeith lui-même (dont on se rappelle que Muigni Baraka est venu chercher aux Comores à la demande des nouvelles autorités zanzibarites, après sa fuite consécutive à la révolution de 1964) et tant d’autres dont les livres et les manuscrits sont connus dans le monde arabe et ignoré du grand monde aux Comores. Tant de personnalités que les nouvelles générations gagneraient à connaître et auprès desquelles ils trouveraient des raisons d’être fiers de la nation comorienne qui a produit des esprits aussi brillants.

 

Le contenu de ce livre est tout de même desservi par le travail d’édition et cela doit être dit afin que l’éditeur fasse des efforts. Comme d’autres livres de cette maison d’édition, il reste encore beaucoup trop d’erreurs de forme et de frappe. Le pire est dans les dernières pages constituées par les notes explicatives : il y a en moyenne une erreur sur chaque ligne. C’est trop et le travail fourni par Soilih Mohamed Soilih, comme les personnalités de Muigni Baraka et Ismaël Ibouroi, tous trois hommes rigoureux et exigeants dans leur travail ne sont pas respectés.

 

Mahmoud Ibrahime

291208/mi/hzkpresse/12h00

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 13:12
Source : Alwatwan.net/05 janvier 2009 

(Photo archives)
L’historien Mahmoud Ibrahime (photo), actuellement de passage à Moroni, a tenu une conférence-débat le vendredi 2 janvier au Palais du peuple sur son dernier livre consacré au ‘‘parcours’’ de Said Mohamed Cheikh, une des figures de proue de la période coloniale.

Pour plonger au cœur des péripéties de la période coloniale aux Comores, le livre ‘‘Said Mohamed Cheikh, parcours d’un conservateur’’, paru en février 2008 aux éditions Komédit, reste aujourd’hui une œuvre de référence. A travers le cheminement politique de Cheikh, une personnalité assez atypique de par sa capacité à incarner subtilement les coutumes comoriennes et la culture française, Mahmoud Ibrahim transporte son lecteur dans une tranche cruciale de l’histoire des Comores avec, à la clé, ses coulisses, ses duels à mort, ses chausse-trappes,….Comment a-t-on préparé l’accession des Comores à l’indépendance et pourquoi certains s’y étaient-ils opposés? Autant d’interrogations auxquelles le livre tente d’apporter des réponses claires.

Si l’historien s’arrête davantage sur le parcours politique et la vie tout court de Said Mohamed Cheick, c’est parce que ce médecin de formation, aujourd’hui connu pour son franc-parler et son ego surdimensionné, a marqué cette époque pour avoir été, tour à tour, fonctionnaire colonial, médecin de l’Assistance médicale indigène (Ami), député à l’assemblée nationale française et président du conseil de gouvernement du territoire des Comores jusqu’à sa mort en 1970.

Comme tout historien qui se respecte, Mahmoud Ibrahime a, avant de commettre ce livre, enquêté plusieurs mois durant, recoupé ses informations, discuté avec des proches de Cheikh, notamment sa famille, son attaché parlementaire et autres politiques et notables qui ont connu le personnage. Le livre est émaillé d’histoires croustillantes sur la cohabitation entre Said Mohamed Cheikh et l’administration coloniale, ses rapports avec d’autres figures clés de la vie politique comorienne dont le prince Said Ibrahim. Mahmoud Ibrahime lève aussi un coin de voile sur certains aspects de la vie privée de Cheikh. Sur la question de Mayotte, l’historien comorien pense que “‘le transfert de la capitale de Mamoudzou à Moroni est pour beaucoup dans ce qu’on appelle aujourd’hui le problème de Mayotte[/i]’’. Et d’ajouter que les mesures d’accompagnement prévues pour pallier aux conséquences de ce transfert n’ont jamais été mises en œuvre. ‘‘[i]Pire, Cheikh avait juré de ne jamais mettre ses pieds à Mayotte et décrété un blocus contre l’île. Les Mahorais n’oublient jamais ce triste épisode de leur vie’’, a déclaré M. Ibrahime qui estime que Cheikh avait commis là une grosse erreur.

Le livre nous éclaire, en outre, sur les rapports de Cheikh avec ses homologues africains qui s’appelaient alors Félix-Houphouet Boigny, Leopold-Sédar Senghor, sur ses relations parfois très compliquées avec la puissance coloniale, sur ses obsèques controversées et indignes d’un chef de l’Etat.

Mahmoud Ibrahime fait, enfin, le constat qu’actuellement la date anniversaire de la mort de Said Mohamed Cheikh passionne moins les foules et la presse nationale en parle rarement. ‘‘On remarque que même si dans la classe politique, peu de gens se revendiquent comme cheikhistes, le nombre de bonnes opinions sur l’intéressé est à peu près le même que celui des opinions négatives. Certains anciens opposants disent même qu’ils ne l’ont pas compris à l’époque’’, écrit Ibrahime.

Biographie

Titulaire d’un doctorat en Histoire de l’Afrique de l’université Paris VII, fondateur et directeur de publication de la revue Taréhi, Mahmoud Ibrahime fait partie de ces jeunes Comoriens qui s’intéressent beaucoup à l’histoire politiques des Comores. Il a consacré en 1995 son mémoire de Maîtrise à l’administration coloniale aux Comores et celui du Dea (Diplôme d’études approfondies) à ‘’l’émergence d’une élite politique aux Comores’’. Ce livre sur Said Mohamed Cheick est aussi la thèse de doctorat, revue et augmentée, que M. Ibrahime a soutenue en 2004.
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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 07:26

Lu pour vous :

Source : rfi.com

Maalesh, tout en douceur

Yelela, troisième album du chanteur comorien

Paris  19/12/2008 - 


Lauréat du prix Musiques de l’océan Indien en 2007 et ancien vainqueur du concours Découvertes de RFI, le Comorien Maalesh réussit avec son troisième album Yelela, sous-titré "Afrique du soleil levant", à planter un décor et à suggérer des images à travers ses chansons empreintes de simplicité qui bercent les esprits. Un voyage aussi dépaysant qu’apaisant.

 


 A regarder de près la carrière de Maalesh, il n’y a guère de doute : la visibilité d’un artiste n’est pas forcément fonction du nombre de lignes que compte sa discographie. Depuis qu’il a remporté en 1995 le prix Découverte de RFI à Dakar, le chanteur comorien n’a enregistré que trois albums, et pourtant son CV musical est d’une densité difficilement imaginable, rempli chaque année de concerts et tournées effectuées en Europe, en Amérique du Nord, en Afrique ou encore dans l’océan Indien. "Je suis un peu le chemin de Francis Cabrel : il ne fait pas des chansons tous les jours, mais quand c’est le cas il donne tout de lui", commente-t-il quelques semaines après avoir justement pris part à la 28e édition des Rencontres d’Astaffort montées par la vedette française à laquelle il se réfère. A 47 ans, Maalesh nourrit toujours l’ambition de faire davantage connaître sa musique, tout en reconnaissant qu’il n’est pas "du genre à être affamé ou assoiffé de quelque chose". Lui, l’habitué des festivals, voudrait bien "passer de la petite à la grande scène", devenir une vraie tête d’affiche. Mais pas à n’importe quel prix. Quitter Moroni pour s’installer à Paris, "parce que c’est là que tout se passe", ne l’a jamais vraiment tenté. "Si je dois encore apporter un problème de plus en terre française, je préfère rester aux Comores", sourit-il.

 

 


L’expatriation est en réalité une expérience qu’il a déjà vécue. La première fois, il avait quinze ans. Lorsque l’archipel des îles de la lune cesse d’être une colonie française après le référendum d’autodétermination organisé en 1975, la nouvelle République islamique des Comores manque cruellement d’enseignants pour ses écoles. "Le pays a pris son indépendance et moi j’ai pris la mienne", résume le chanteur.

Vers la Tanzanie


A bord d’un bateau qui transporte des zébus, il monte clandestinement. L’embarcation met le cap sur les côtes africaines et accoste à Mombasa, en Tanzanie. Sur place, le jeune garçon ne connaît personne. "Tout ce que j’avais, c’était une vieille guitare, très mauvaise mais qui sonnait", raconte-t-il. Grâce à sa capacité à savoir imiter ce qu’il écoute en utilisant les quelques accords que lui avait appris son compatriote Abou Chihabi, l’une des figures de la musique comorienne, il est rapidement remarqué.

 

On lui propose de travailler dans les clubs et les hôtels "pour faire danser les touristes". Une bonne école pour développer son sens musical. Chaque semaine, il doit enrichir son répertoire de nouvelles reprises de tubes internationaux afin de satisfaire la clientèle. L’aventure dure trois ans. Revenu sur sa terre natale, il choisit de l’abandonner à nouveau pour une autre destination : "C’était en 1982, l’Arabie saoudite venait de s’ouvrir et tout le monde y partait pour les pétrodollars. Là-bas, je ne faisais pas de musique : j’étais vendeur de cigares. Un beau jour, après huit ans, je me suis dit que je ne voyais pas la vie de cette façon, et je suis reparti au pays pour ne faire que de la musique. Ça ne me rapporte pas les sous que je gagnais avec les cigares, mais je m’enrichis en rencontrant d’autres gens, en découvrant d’autres pays. J’ai gagné plusieurs prix, donc ça valait la peine."

Nouvel album, Yelela


De ses séjours en Afrique et en Arabie, les deux mamelles de la culture comorienne, Maalesh a rapporté les ingrédients d’une recette qui lui a permis d’être la révélation du Masa (Marché des arts et spectacles africains, à Abidjan) en 1995. Yelela, son nouvel album enregistré lors d’un passage en France, met un peu plus en valeur cette identité, résultante d’une alchimie aussi naturelle que personnelle. "Je ne suis pas un laboratoire. Tout ce qui passe dans mes oreilles, si c’est bon pour moi, ça reste quelque part. Quand je fais un morceau, je n’ai pas besoin de fouiller ma mémoire, il y a toujours cette façon orientale de faire bouger la vague", explique le chanteur.

En studio, entouré de la poignée de musiciens qui l’accompagnent sur scène et de quelques invités, il a tenu à conserver la simplicité de ses morceaux acoustiques portés par les mélodies. "On m’a toujours reproché de faire de la musique douce", remarque Maalesh. "Mais qui n’a pas besoin d’un câlin dans ce monde où nous vivons, speedés, secoués, avec tant de points d’interrogations dans la tête ? Après une bonne journée de travail, quand on rentre chez soi, on a envie de sentir qu’il y a quelqu’un qui nous masse le corps. Et je crois qu’on a aussi envie d’écouter des choses qui nous amènent à positiver, à rêver." Pourquoi résister ?

 


Maalesh Yelela (Marabi/Harmonia Mundi) 2008

Bertrand  Lavaine

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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 16:55

Source Alwatwan 28 octobre 2008

Le couple américain de Harriet J et Martin Ottenheimer, deux docteurs en anthropologie, vient de publier successivement cette année, un dictionnaire comorien anglais, un livre intitulé Marriage in Domoni et réalisé entre autre un Dvd sur les danses folkloriques traditionnelles comoriennes d’origine anjouanaise. Le dictionnaire, qui vient d’être signé par Harriet Joseph Ottenheimer, a 357 pages et compte plus de 10 000 mots comoriens qui trouvent désormais un sens dans la langue anglaise de la variance américaine.

Le Dvd constitue un panorama quasi-complet de la musique traditionnelle. On peut y découvrir mrengue, shigoma, mshogoro, ngaza, bwalolo, gomaliyawo, sangiyo et trimba, pour ne citer que ceux-là.

Le dictionnaire, qui vient d’être signé par Harriet Joseph Ottenheimer, a 357 pages et compte plus de 10 000 mots comoriens qui trouvent désormais un sens dans la langue anglaise de la variance américaine. En outre, Martin Ottenheimer est l’auteur du livre constitué de huit chapitres, retraçant l’essentiel de toutes les cérémonies de la célébration du mariage selon les us et coutumes anjouanais et dans le respect de la religion musulmane. Le Dvd constitue un panorama quasi-complet de la musique traditionnelle. On peut y découvrir du mrengue, shigoma, mshogoro, ngaza, bwalolo, gomaliyawo, sangiyo et trimba, pour ne citer que ceux-là.

Pour honorer ces ‘‘amis des Comores”, comme on les appelle désormais, la salle de spectacle de l’Alliance franco-comorienne de Mutsamudu a abrité dimanche une cérémonie de reconnaissance à laquelle avaient participé de nombreuses personnes parmi lesquelles les plus grands érudits de la religion musulmane. Tout a été fait pour donner un caractère officiel à cette cérémonie qui s’est déroulé sous le haut patronage du coordonnateur de l’action gouvernementale de l’Union, Mohamed Affane Yahaya.
Tous les discours ont été prononcés en comorien du fait que MM et M Ottenheimer connaissent le comorien et peut-être et ‘‘même plus que certains de nos compatriotes’’, avait précisé M. A. Yahaya. Le moment le plus émouvant de la cérémonie fut lorsque les deux américains ont pris la parole en comorien. Ottenheimer s’est d’abord félicité qu’en arrivant aux Comores ils aient ‘‘rencontré tant d’amis et appris tant de choses. Il a ensuite rappelé qu’avant leur arrivée “personne aux Etats-Unis d’ Amérique ne semblait connaître les îles de la lune.

Une longue histoire d’amour

Mais je souhaite qu’avec ces écrits, n’importe qui peut en étant n’importe où savoir ce qu’il veut sur les Comores”. Ottenheimer s’est montrée ravi de la cérémonie avant de se projeter sur l’avenir des relations entre les deux pays ‘‘Désormais ce dictionnaire va aider les Américains et les Comoriens, chacun de leur côté, à apprendre la langue de l’autre. Cela conduira à tisser des liens encore plus forts entre les deux pays’’.

Harriet J et Martin Ottenheimer ont connu les Comores en 1967 lorsqu’ils étaient venus préparer leur thèse de doctorat. A Moroni, ils étaient d’abord installés à l’hôtel Karthala, en suite à Itsandra avant d’élire domicile à Domoni. Depuis lors le couple est revenu plusieurs fois aux Comores. Les deux hôtes de la cérémonie affirment qu’avant de quitter leur pays, ils avaient reçu l’adresse de Affane Mohamed, ancien ministre et gouverneur de l’île de Ndzuwani, de la part d’un de leurs professeurs qui avaient connu les Comores pendant la seconde guerre mondiale. Nounou Affane de Domoni a dit pour sa part tout le bien qu’il pensait des Américains qui ‘‘témoigne d’un amour et d’un attachement particulier vis-à-vis des Comores’’. Le couple a adopté une comorienne qu’il a appelé Affane Ottenheimer.

Toutefois, on retiendra surtout les derniers propos du coordonnateur qui n’a pas hésité à déclarer que : “les Comores, ce pays appartient aussi au couple Ottenheimer car ils l’ont choisi, vécu, aimé et honoré, ce qui est très rare pour être souligné”.

Abidhar Abdallah

 

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 13:54

Source : AL WATWAN.NET 17 octobre 2008

maquettiste171008 Finis les mshadhari confectionnés par mamans et koko dans le banda, le baraza et la cuisine sous l’odeur d’un bon drovi ya nazi? Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que Soufiani Ahamada est venu de son Mirereni natal pour – avec machine à coudre, maquette et patron, s’il vous plait – ‘‘industrialiser’’ la confection de nos majestueux mishadhari qui vont donner corps aux très originales kofiya ya matso comoriennes. Quand l’art rencontre l’artisanat.

‘‘Samahani ndofanya yembahazi nasi rerongowa’’. Ce sont là les paroles d’accueil du propriétaire de la première fabrique de mishadhari du pays sise route de Hadudja à Moroni. Non pas qu’il cherche à se débarrasser de vous, mais parce que Soufiani Ahamada est un artiste pressé : il tient à réussir, sans bavure, ses quatre mshadhari quotidiens. L’enfant de Mirereni dans le Dimani veut innover dans cette activité qu’il a commencée en octobre 2004 après une formation autodidacte à partir d’une vieille machine de sa maman dans son village de l’est de Ngazidja.
Son installation dans la capitale s’est faite en trois étapes. Au début, parti de son Mirereni ‘‘razaliwa’’, il s’en allait trimbaler dans Moroni pour vendre à la criée.

De Mirereni à Moroni

Mais, rapidement, ‘‘ne pouvant plus supporter ces trop longues heures sous le soleil’’, il a ouvert un petit point de vente sur la route de Hadudja-Mbuzini d’où un frère cadet exposait les produits toujours fabriqués au village. ‘‘Puis quand j’ai senti que je me suis fait de solides épaules pour descendre à la capitale, je n’ai pas hésité’’. C’était fin 2007.

Aujourd’hui dans son point de vente qui – entre temps – s’est agrandi du double, il peut proposer jusqu’à dix mishadhari régulièrement.

Pour votre prochain majestueux kofia ya matso (litt = bonnet aux yeux ; en référence aux innombrables petits trous qui le caractérisent), vous n’avez pas à vous inquiéter : une vingtaine de modèles vous attendent dans un catalogue qui s’enrichit régulièrement. Des maquettes connues et qui ont comme nom bauwa la mahaba, bauwa la mpbepvoni, bismillah, hasbuna dhwah, etc. Certaines d’entre elles, pas moins d’une dizaine, sont faites maison. Vous en voulez une autre? Une maquette plus intime et plus circonstanciée, comme un message particulier que vous voulez faire passer par kofia ya matso interposé.

De l’artisanat à l’art, de l’art à l’artisanat

Kapvatsi tabu, il vous suffira de passer la commande. C’est ainsi qu’une maquette affirme ‘‘mahaba tsi mali wala matraka’’. ‘‘Je l’ai tracé en souvenir de mon mariage à l’occasion duquel j’ai eu à faire face à certaines préjugées’’, explique notre maquettiste du mshadhari. Vous la voulez, cette maquette? No problème, un ‘‘patron’’ existe et vous attend. Comme pour toutes les maquettes de la maison du mshadhari que vous pouvez ramener chez vous après avoir débourser entre 3000 et 5000 francs pour un kofiya fini qui pourrait vous revenir jusqu’à… quarante fois plus cher.

C’est que le travail de Soufiani valse entre l’artisanat et l’art. Il prend son crayon pour créer le modèle et sa machine pour ‘‘coudre’’ le mshadhari. Si le tracé exige des facultés incontestables d’artiste, la couture demande une doigtée à toute épreuve : ‘‘une erreur peut aller jusqu’à vous abîmer une maquette’’, prévient Soufiani les yeux rivés sur la mince aiguille d’où sort le mince fil qui trottine sur ce morceau de tissus d’où naîtra un joli mshadhari. Car sans beau mshadhari, il n’y pas de majestueux kofia ya matso et, encore moins, de riches vao la anda comme on l’aime à Ngazidja un mois de juillet.
Le mois de juillet justement est, avec, août, les deux mois, par excellence, où le kofiya ya matso – de très loin le couvre-chef le plus acheté et porté aux Comores – est le plus sollicité. Et comme la confection artisanale d’un bon kofiya peut prendre parfois jusqu’à un an, les commandes ont lieu tout au long de l’année avec un petit ‘‘pic’’ en octobre et novembre. A Mbeni, Mitsamihuli, Dzahani la Tsidje, Wela-Itsandra, d’où nous viennent les plus beaux spécimens, on vous en soufflera un mot.

Madjuwani Hassani

 

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