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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 22:45
Le Manuscrit Magazine – édition spéciale


2ème sélection des auteurs : 24 février

Les éditions Le Manuscrit / Manuscrit.com, fidèles à leur vocation de découvreurs de talents, lancent la 7e édition du Prix du Premier Roman en Ligne, et la 1e édition du Prix du Roman en Ligne. Il est décerné par un jury composé de personnalités de la culture et des médias, et sera remis le 22 mars 2010.  

7e édition du Prix du Premier Roman en Ligne
Parrainé par Marc Lévy


1e édition du Prix du Roman en Ligne
Parrainé par Guillaume Gallienne


Membres du jury

 Monique Atlan, journaliste, productrice de Dans quelle éta-gère, France 2
Laurent Calixte, journaliste, Challenges
David Esvan, libraire, Librairie du Marché, Deauville
Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie française, metteur en scène, chroniqueur France Inter et Canal+
Elizabeth Gouslan, journaliste, Madame Figaro
Martine Lemalet, directrice générale des éditions Le Manuscrit, présidente du jury
Olivier Marcheteau, directeur général Windows Live/MSN
Eric Mettout, rédacteur en chef, L’Express.fr et Lire.fr
Véronique Morali, présidente Fimalac, Terrafemina, Force Femme
Didier Pourquery, rédacteur en chef, Monde Magazine
Martin Rogard, directeur France Dailymotion

 


Découvrez nos finalistes

7e édition du PRIX DU PREMIER ROMAN EN LIGNE


Roman des sentiments
Isabelle Grell, Presque amour
Nolwena Monnier, Un long chant d'amour
Laurence Olsson, Séville, ici ou ailleurs


Romans psychologiques
Bertille Cardon, Les anges noirs
Marion Guérin, En mal d'enfants
Paul Héger, C’était lui
Jean-Paul Rigaud, Sans oublier la nuit
Ange Ripouteau, Les sept pêchés capitaux
Frédéric Roussel, Rien n'est perdu
Isabelle Sébire, Te souviens-tu ?
José da Silveira, Quatorze


Romans histoire et société
Isabelle Richet, Logan Rock
Helena Shillony, Le pont des rêves


Romans d'ici et d'ailleurs
Renaud Berton, Naori
Sirafily Diango, Voyageur écrivant
Rebecca Di Giusto, La vie sous d'autres cieux
Coralie Frei, La perle des Comores


Romans autobiographiques 
Bernard Abry, Parle-moi mon cœur
Rosa Lévy, La TSF ou comment danser avec le Kaiser
Fabienne Litvine, Le roman de Kostia
Jeta Sztybel, Histoire d'une enfance cachée


Polars
Gregory Batisse, Haddingfield toys
Linda Ducret, Taxi sous influence
Michel Hoffman, La dernière bataille des Caciques
Guillaume Labrude, Contenu explicit


Romans de l'extraordinaire

G4rf, RMA
Serge Guiraud, La Montre
Ophélie Pemmarty, Ismène La Glorieuse


Romans jeunesse
Chloé Caffarel, Les guidouilles

 


1e édition du Prix du Roman en Ligne


Romans des sentiments

Dominique Chryssoulis, Fantaisies d'été
Jacqueline Quérard-Frot, La fille des bois
Eric Linard, Requiem for love
Benjamin Rosenberg, Nocturne céleste


Romans histoire et société
Roger-Vincent Aiello, Un pied-noir comme les autres
Marc Bratz, La bibliothèque de Don Quichotte
Edmond Michon, La visite
Dominique Le Meur, Par-delà les murs
Monique Moullé-Zetterström, Dans l'œil de la chouette


Romans d’ici et d’ailleurs
Blandine Chevalier, Au fil des jours


Romans psychologiques
Tristan Claudève, Impuissante puissance
Valérie Guilmé, La Maison du souvenir
Pascal Lesur, Héritage mortel
Guy Nolorgues, Maintenant j'attends
Joan Ott, La Longueur du temps
Nicolas Rostkowski, Les Traders vont-ils au paradis?
Claire Sagnières, D'une morte @ l'autre


Romans autobiographiques
Simon Grunwald, Sans droit à la vie


Polars

Bernard-Roger Mathieu, Le secret du Manet révélé

Christian Merle, Une araignée sur le plancher
Stéphane Puille, Des asticots dans le buffet
Solene Vosse, Le tee-shirt blanc
Madeleine Zonza, La Maison de Mattéo l'Américain


Romans de l'extraordinaire

Paul May, La stratégie de l'appât
François Mossmann, Nous nous reverrons n'est-ce pas ?
Marie Riffaterre, La Primitive

Hoang co thuy Vu, L'Utopie des hommes qui s'aiment


Romans jeunesse

Alexis Pichard, Mattew Whiter et la dague de Midas

Prochaine sélection le 2 mars

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Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 15:34

Source : www.aoffrac.com

LE  "NKOMA "

 

 

I - DEFINITION ET ORIGINE
 

« Le Nkoma » est une fête agraire célébrée tous les 3 ans à OUANI .

Ce mot vient d’un autre mot comorien « KOMA » qui signifie : noix de coco dont l’amande n’est pas encore formée.  

En effet, dans cette fête, on utilise ces « komas » en guise de balles pour jouer. D’où le nom NKOMA.

 

Selon la tradition orale, il s’agirait d’un "contrat" signé entre d’une part les djinns, les  premiers habitants de Ouani ( à l’époque, la ville s’appelait BASRA) et d’autre part Mwé BEJA TRANDRI et Mwé COMBO SELE, représentant les humains, pour permettre une bonne cohabitation des deux « communautés ».

 

En effet, depuis l’arrivée de ces deux hommes et leurs familles à BASRA leurs femmes mettaient au monde des objets,  morts nés, handicapés…. Après avoir  consulté le moilim (le sorcier), ils apprirent, en fait qu’ils venaient de s’installer dans un domaine appartenant aux djinns sans leur autorisation.

 

Ainsi, un "contrat" fut signé : les djinns acceptèrent l’installation de ces familles à BASRA. En contrepartie, ceux-ci s’engagèrent à organiser tous les trois ans cette fête afin de permettre les « deux communautés » de danser et manger ensemble dans la joie.

 

Il importe de souligner que tous les comoriens peuvent participer à cette fête organisée et dirigée aujourd’hui par les familles BEJANI et COMBONI. Toutefois, elle ne peut s’organiser que dans la ville de OUANI.

 
 

 

II - ORGANISATION DU NKOMA


1)         LES PREPARATIFS

 

A quelques semaines de la fête

 

 les responsables de son organisation, après avoir réuni le matériel et les ingrédients indispensables ( bœufs, riz, bétel, balles…) consultent les chefs des Djinns pour arrêter ensemble la date.

 

Le jour « J ».

 

Très tôt, tout le monde (femmes, hommes, vieux, enfants…) se dirige vers HADAWO, un endroit très éloigné du centre ville au bord de la mer, où tout se passe, pour nettoyer et tout mettre en place.

Dès que tout est prêt, on débute par le « shidjabu ».

 

2)           LE SHIDJABU


Tous les enfants présents sont regroupés assis sur des nattes. Un voile est étendu aux dessus de leur tête par les adultes lesquels lisent des versets du coran tout en lançant des grains de riz.

     Cette prière consiste à protéger tous les enfants.

     Une fois, le « shidjabu » achevé on passe au « shimambi »

 

  

3)            LE SHIMAMBI

 

Il consiste, en fait, à apporter certains morceaux de la viande, les os, des cailloux, balles… pour les jeter à la mer à un endroit bien défini. C’est une sorte d’offrande qui a lieu avant la danse, le jeu de « komas »et le festin lesquels se déroulent d’une manière alternative.

 
 

4)            LE MDADRA

 

Tous les hommes, femmes, et enfants se mettent à danser en se tenant la main et en tapant les pieds au sol. Ils effectuent des tours en chantant pendant toute une partie de la journée.

 
 

     5)   LE JEU DE « KOMAS » ET LE FESTIN

 

Le jeu de « KOMAS » occupe une place considérable dans le déroulement du NKOMA.

Il consiste à lancer un « koma » en guise de balle . Tout le monde se met en compétition pour  l’attraper. C’est l’occasion pour chaque participant de faire preuve de sa force.

Mais, c’est aussi le moment le plus dangereux de la journée où beaucoup de gens se blessent.

 

Le jeu ressemble un peu au rugby. Toutefois, il n’y a pas d’équipes. Chacun joue pour soi. Il s’achève dès la disparition du « koma ». On considère en effet que les djinns l’ont pris pour mettre fin au NKOMA.

 

Par ailleurs, à l’occasion de cette fête, tout le monde mange en petits groupes le riz et la viande bouillie non salée y compris les djinns invisibles par nature et les personnes en transes.

 

Ce qu’il faut, enfin, noter est que des choses incroyables se produisent. On peut citer par exemple les vieilles dames en transes grimpant aux arbres et courant avec les jeunes. Pourtant en temps normal, elles sont incapables de faire même un pas.

Pour voir la vidéo, en shikomori, sur le Nkoma, cliquez ICI

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES

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Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 20:51

Décidément, les diplomates et coopérants français qui se trouvent aux Comores sont allergiques aux artistes, journalistes, écrivains, comédiens.... On serait même tenté de se demander s'ils viennent vraiment de la France que nous connaissons - cette France métropolitaine où l'homme de culture peut faire usage de cette belle liberté - oui cette liberté d'expréssion qualifiée de liberté fondamentale - sans peur ni crainte dès l'instant qu'elle ne viole pas les lois.

Après l'artiste Seda et le comédien Soeuf Elbadaoui, maintenant c'est au tour du jeune journaliste et poète comorien, Adjmael Halidi, dont nous avons publié
un article très intéréssant sur l'environnement le samedi 12 septembre 2009, de se voir infliger une sanction injuste, ridicule et inacceptable, cette fois-ci, par le Consul de France sur l'île d'Anjouan, une des îles Comores, Monsieur Frederick de Souza
(photo ci- dessous) à savoir "l'interdiction de se rendre tout simplement à Mayotte pour faire profiter de son savoir et de son talent culturels aux enfants maorais - des enfants français"comme il le fait depuis plusieurs mois. Tout simplement parce que Monsieur le Consul n'a pas apprécié un de ses articles publié il y a deux semaines dans le journal, la Gazette des Comores "Traficotage de visas français : ça a une odeur de pas du tout clair ".

En fait Monsieur De Souza n'aime pas qu'on dise la vérité surtout quand celle ci le concerne ! Pourtant, ce que le journaliste et Poète comorien Adjmael Halidi a rélaté,  dans son article est connu de tous à Anjouan. Un secret de polichinelle comme on dit. Tout le monde parle, en effet, de l'affaire de la vente des visas dans laquelle ce consul serait impliqué.

Nous aurons l'occasion de parler longuement de cette affaire dans un de nos prochains billets. Car trop c'est trop. Monsieur De Souza, en décidant d'entraver la liberté de circulation d'Adjmael Halidi et de bafouer le droit culturel des enfants français et autres, n'honore ni le pays qu'il est censé réprésenter ni la diplomatie française, ni la culture et la langue française.

En attendant, lisez l'article ci dessous du concerné (Adjmael Halidi) pour bien appréhender  cette affaire.  
Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES) 




Crime de lèse-majesté ou les mésaventures d’un journaliste rêveur


Mourir d’envie de dire mais prostré à l’idée de heurter, Mourir d’envie d’écrire mais
rester interdit par la peur et l’angoisse de choquer
 
 
  Roucoulement .Nassuf  Djailani.

 

« Tous les jours, il faut lutter pour que cet amour de l'humanité vivante se transforme en gestes concrets, en gestes qui servent d'exemple et qui mobilisent» prodigua Che Guevara, par le passé , ce conseil dans la vieille oreille très précieuse du vent  . A qui ? Peut-être, je ne suis pas sûr, à des rêveurs de mon espèce. C’est quoi un rêveur ? C’est quelqu’un qui croit que ce qu’il pense est vrai. Que ses rêves méritent d’être concrétisés. « Le rêve est suicidaire », me conseilla un ami poète, Saindoune Ben Ali,  le jour où je lui ai dit que parfois il faut vivre avec des rêves.

 

Suicidaire ou pas, d’ailleurs pour moi, je ne sais pas pour les autres, la mort est une délivrance. Même si parfois j’ai peur de mourir. Pourquoi ? Parce que si j’arrive à sortir de mes cauchemars toutes les nuits, quand ces mêmes cauchemars me lacèrent le cœur, me rongent l’âme, c’est parce que j’ai une vie. Je suis vivant.  J’ai en ma possession les forces d’un vivant. Autrement dit, quand je n’aurais plus de vie, je n’aurais plus les forces de me libérer de mon tortionnaire : monsieur Cauchemar. 

 

En fait, chaque nuit, je fais le cauchemar que chaque jour mon pays meurt à petit feu. Et c’est vrai. Mon pays meurt. Et il ne meurt pas innocemment. Il meurt parce qu’on provoque sa mort. Des gens tuent mon pays. En effet, tuer un homme et tuer un pays, c’est différent. Pour tuer un homme, il suffit de lui tirer une balle entre les deux yeux. Ou dans n’importe quelle partie de son corps. Le cœur surtout. Par contre, pour tuer un pays, c’est compliqué et complexe. Il faut vider le pays de sa population ou, du moins, faire renoncer à cette population sa terre. Et qu’il faut partir vers cet ailleurs coûte que coûte, fuir cette terre dont ne nous supportons plus la charge. Pour être franc et sincère, je vis dans le cauchemar de cette mort programmée nuit et jour. Jour et nuit.  Pour être franc et sincère, beaucoup de marchands d’illusions, comme le Consul de France à Anjouan, monsieur Frederick de Souza, font croire à mes concitoyens que pour atteindre la félicité il faut aller ailleurs. Et ce même consul et ses acolytes escroquent au vu et au su de tous le monde toute une population. Ou bien pour être plus précis, j’extrais  ses propres termes d’une interview qu’il a accordé au quotidien comorien La Gazette des Comores « Depuis plusieurs mois des malfaisants profitent de l’ignorance et de la crédulité  des gens pour voler toutes leurs économies en déclarant être mon ami et qu’ils vont pourvoir faciliter la délivrance du visa moyennant 200, 400,1000 euros. » Je vais y revenir.  

 

Suicidaire ou pas, mon rêve à moi, c’est de toujours avoir les pieds sur terre et vivre une vie de tambour. Un tambour quand on le tape, il fait un bruit. Et quand on l’épargne, il se tait. Pourquoi se taire, quand le silence est un crime ? En effet, depuis que j’ai appris que « si tu  ne meurs pas pour ton pays, le pays meurt pour toi », je me suis administré trois gifles pour me rassurer que je suis bien éveillé avant de me promettre, au grand dam de mon entourage, que je vais me suicider par amour pour mon pays. Ce qui fait que le 1er janvier 2008, des militaires du colonel Mohamed Bacar m’ont passé à tabac à Patsy, sur l’île d’Anjouan, parce que je n’arrêtais pas de dire « que ce pays sera uni à tout jamais et personne ne pourra le diviser bien longtemps. »

 

Bien évidemment, je n’ai pas la langue dans la poche. Mais ne serait-il pas parce que je crois dur comme fer au fameux vers du congolais Tchicaya U Tam’Si : « Si tu choisis la vie je te prête ma langue ». Et oui, moi j’ai choisi la vie. Et pas n’importe quelle vie. J’ai choisi de vivre comme le tambour. De crier lorsqu’on me tape. Et de me taire lorsqu’ on m’épargne. D’ailleurs c’est la raison pour laquelle j’ai commis, il y a deux semaines, l’article « Anjouan : entre naufrage de kwassa et trafic de visas français », publié dans la Gazette des Comores. En fait, cet article, ou une partie de cet article, a choqué le consul de France à Anjouan à tel point qu’il a annulé un visa qui allait me permettre de partir à Mayotte organiser des activités socioculturelles. Entre autre, pérenniser la coopération régionale. Je tiens à souligner qu’en mars et avril dernier avec le concours de l’association Eldorado3, la direction culturelle de la préfecture de Mayotte et le vice-rectorat, j’ai animé des ateliers d’écriture  dans différentes institutions scolaires, pénitentiaires et bibliothèques. Au milieu du mois de  juillet, j’ai animé un atelier de théâtre avec le concours de l’association Utamaduni. Et dans la deuxième quinzaine du mois de juillet, j’ai animé des ateliers d’écriture avec le concours de la Direction de l’Ingénierie Culturelle du Conseil Général. Et ce n’est pas la peine de m’éterniser sur cette action socioculturelle qui a vocation de transcender le discours creux des politiques. L’important c’est de mentionner le crime de lèse-majesté que j’ai commis. Lisez, ci-dessous, une partie de l’article que j’ai publié dans la Gazette des Comores :

 

Traficotage de visas français : ça a une odeur de pas du tout clair

 

Toujours en ce 1er jour de septembre. A Hombo. Une flopée de demandeurs de visas attend derrière le portail du consulat de France. Entre la peur et le pessimisme : le taux d’obtention de visas s’élève à 30% contrairement au début de l’année où il était à 99%. A l’ombre d’un arbre, à l’autre bout de la route, un monsieur examine des dossiers de demandes de visas, efface au correcteur un  passage et rajoute des choses. Et fait payer à chaque demandeur 1000 fc. En plus des 75 francs qu’il prend en échange d’un imprimé qui était censé être gratuit.  « Je rends seulement service à ces pauvres gens » dit-il dans un sourire. Encore dehors, un certain O, ancien secrétaire général du gouvernement de l’île, crie sur les gens, prend leur dossier, les soutire de l’argent, rentre au consulat et revient leur promettre monts et merveilles. « O est « un ami du consul ». Pour que votre dossier soit accepté, il faut aller chez lui à Bambao Mtsanga. Moi je lui ai graissé la patte et donné mon dossier. Et j’ai eu le visa. » nous confie un jeune homme. Et il n’est pas le seul à nous mettre dans la confidence. D’ailleurs, depuis peu O est surnommé le Deuxième-consul-de-France.

 

X, quinquagénaire, vit à Mayotte depuis 10 ans. Quand il a entendu que le consulat d’Anjouan a été rouvert, il est rentré au bercail demander un visa. Après maints refus,  il a été obligé de donner 300 euros à une personne qui connaît un monsieur de Mutsamudu qui est « un ami du consul ». Le dossier a été cette fois-ci accepté et le demandeur qui est en ce moment à  Mayotte a bénéficié d’un visa de 1 mois. L’intermédiaire qui vient de la région de Bambao M’truni refuse de donner le nom de son chef. Mais ce qui est sûr cet « ami du consul »est un businessman.

 

R. quant à lui est un jeune qui a un bel avenir. En plus des boites privées qu’il a montées, il collabore à de nombreuses presses écrites nord-américaines et radio du moyen orient. Lui aussi est un « ami du consul », dans les villages, il se fait passer pour un barbouze, sans même qu’il ait la nationalité française et récolte de l’argent et des dossiers de demandes de visas au nom du consul. Le consul dément tout implication dans ces histoires de trafic. (Voir interview). En tout cas , comme cette histoire d’école franco-comorienne Victor Hugo qui vient d’ouvrir à Mutsamudu et que les responsables disent qu’elle est administrée par le Consulat de France et que le consul dément et dit que c’est une école privée comme les autres et que lui en tant que Frederick de Souza mais pas comme consul embrasse l’initiative . Ce qui est sûr rien n’est clair. Mais « Il faut imaginer Sisyphe heureux » comme le demande Camus. » Signé A. Halidi.

 

Ça put vraiment la Françafrique

 

Savez-vous que quand j’ai demandé des explications à Monsieur Frederick de Souza par rapport à l’annulation de mon visa, il m’a juste dit devant une foule de personnes « Vous m’avez trahi. Je ne veux plus parler avec vous ». Pourtant, je ne me souviens pas du tout le moment où j’ai trahi monsieur le consul. Si trahir signifie  dénoncer des magouilles ; je l’admets : j’ai trahi monsieur De Souza. Mais si trahir veut dire échanger sa probité et son honnêteté contre un visa, monsieur le consul, désolé, je n’allais pas me taire pendant que l’enquête que j’ai menée prouve que des petites gens sont rackettés pour un visa. Au delà de cette extorsion, ces pratiques s’inscrivent bien dans la mort programmée de ce pays car avec toutes ces ressources que des ailleurs inconnus vont blanchir,  cet argent aurait pu être injecté dans des activités de production paysanne et  récanaliser ainsi  ces iles à vau-l’eau. D’ailleurs, si j’ai trahi quelqu’un, je crois que c’est moi même. Puisqu’il y a des choses que j’ai tues. A titre d’exemple, par le truchement d’un haut responsable du gouvernement de l’Union des Comores à Anjouan, des Comoriens de la Grande-comore ont séjourné dans le village de Tsembehou durant quelques semaines et ont déboursé des sommes astronomiques pour des visas longs séjours pour la France. Je ne suis pas le seul à en parler. Le site internet holambecomores en a aussi parlé : « Le consul de France à Anjouan est "rappelé" par son administration. Il devrait partir demain lundi 7 septembre après avoir été moins d'un an en poste.

Depuis des mois, le bruit court qu'il vend des visas. Ces derniers mois, les aspirants au visa Schengen de la Grande-Comore et Mohéli, ayant un dossier "faible", partent le demander à Anjouan. Le pourcentage de visas accordés est étonnamment important comparé à la Grande-Comore. Les parents des heureux bénéficiaires parlent de sommes oscillant entre 4000 et 6000 euros. »

Quoi encore ? Que monsieur De Souza était à toutes les réunions qui ont annoncées l’ouverture de la pseudo-école française Victor Hugo !  Et que c’est lui même qui disait, pour convaincre les parents d’élèves d’inscrire leurs enfants, que cette école a eu l’agrément du consulat de France et de l’Education Nationale Française. Pour finalement le dénier dans les colonnes de la Gazette des Comores.

 

Peu m’en chaut finalement de l’interprétation que les uns et les autres donneront de cette audace de restaurer la vérité devant des puissances dit-on comme le consul et ses acolytes. Car assurément les gens de cet acabit sont en train de ternir l’image de nos deux pays : la France et les Comores. Et pousser certains à la francophobie sinon à la francopathie. Eh oui ! En agissant ainsi crois-je marcher peut-être dans le sillage de feu monsieur François-Xavier Verschave  qui a cru jusqu’à la fin de ses jours à ses idées. Et a suivi au pied de la lettre le précieux vers de Césaire : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir ». Enfin, ce pays sera ma tombe. Parce que une tombe est loin d’être ce vide que chacun de nous est appelé à habiter un jour. Mais une partie de notre foi qu’on trimbale partout où le vent nous mène.

 

Adjmaël Halidi

Journaliste et écrivain-poète

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 18:56

La compagnie O Mcezo était en tournée la semaine dernière  à Ouani pour présenter "la fanfare des fous", un spéctacle du comédien comorien, Soeuf Elbadaoui parlant de la déposséssion citoyenne

Vous trouverez ci-dessous le compte rendu de la compagnie O Mcezo du 16 août 2009 sur cette tournée enrichissante.

Bonne lecture.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG - COMORES) 


O Mcezo* Cie

 

 

 tournée 09 juillet - août

 

Etape IV Ouani

compte-rendu de tournée.

 

pour La fanfare des fous de Soeuf Elbadawi

un spectacle sur la dépossession citoyenne.

 

 

 

Ouani, ville culturelle, a accueilli la compagnie O Mcezo* pour sa quatrième étape de tournée dans l’archipel avec La fanfare des fous, spectacle de Soeuf Elbadawi parlant de dépossession citoyenne.

Entre deux barzangi, un tari et un deba de mariage traditionnel, la folle équipée a posé ses bagages à l’espace Shababi, situé non loin de la grande place (Msiroju) de cette cité carrefour du nkoma à Ndzuani, pour un stage consacré à de nouvelles pratiques théâtrales dans l’archipel.

« Ce stage était intéressant. Les amateurs de théâtre, les comédiens, ont pu profiter de l’expérience de la compagnie O Mcezo*. Ils ont découvert une manière différente, professionnelle, et efficace, de faire du théâtre » estime Salim Abdel-Kader, responsable de TV Ninga, et principal partenaire de la tournée O Mcezo* à Ouani. Les treize stagiaires inscrits au stage ont pris part, aux côtés des comédiens de la compagnie, au gungu la mcezo, théâtre de rue (boneso la ndzia) alliant tradition de tribunal populaire et modernité du happening artistique pour un théâtre mis au service de valeurs citoyennes. En l’occurrence, le « gunguïsé », ce jour-là, personnage de fiction, ligoté et traîné dans Ouani town, y compris en plein milieu du Panga, la vieille ville, incarnait le principe de suspicion, qui divise et détruit la communauté de vie, un principe qu’il « nous faut combattre pour mieux revivre ensemble » explique un des stagiaires.


Pour Mohamed Loutfi, bibliothécaire au Clac de Ouani, membre de l’organisation accueillant la compagnie O Mcezo* : « La jeune génération s’est posée des tas de questions par rapport au gungu. Les anciens, eux, avaient déjà leur petite idée sur cette pratique. Mais cette action théâtrale a été globalement bien perçue par tout le monde. Car nous l’avons fait pour dénoncer ceux qui sèment la zizanie et la suspicion dans la cité. D’habitude, on fait subir le gungu à une personne ayant commis un acte remettant la communauté de vie en cause. Avec ce gungu de théâtre, nous avons personnifié une idée. Nous avons pris un comédien pour incarner cette idée contre la suspicion et la zizanie. C’était nouveau et surprenant à la fois pour le public de Ouani ». Des travestis dans les rues pour signifier à tous la nécessité de lutter contre ceux qui mettent le mieux-vivre ensemble en péril. O Mcezo*, au lendemain de cette gungu performance, a aussi présenté La fanfare des fous devant un public fort curieux, bien que habitué à d’autres formes de spectacle vivant.


Pour Salim Abdel-Kader, ce public « a parfaitement adhéré à l’idée innovatrice d’avoir des acteurs qui s’expriment plus par le geste que par le discours. Pour une fois, il a accepté de garder le silence durant tout le spectacle afin de rendre ce qui était dit sur le plateau audible. D’habitude, il ne le fait pas. C’est donc une grande première pour un public plutôt habitué à écouter des discours amplifiés et relayés par les acteurs pendant plusieurs heures. L’unique reproche effectué par ce public à la compagnie repose sur la durée du spectacle [une heure dix environ] mais c’est normal pour un public qui découvre pour la première fois ce genre de spectacle ».


Pour Mohamed Loutfi, « le public a apprécié la pièce. Mon impression est que le message est bien passé, bien que certains mots de shiganzidja [variante dialectale de la langue shikomori] aient eu une valeur poétique parfois peu accessible pour le grand nombre ici. Je dirais que ça s’est au final bien passé. Nous qui recevions la compagnie, on nous pose beaucoup de questions à présent. La majorité des ouaniens a été séduite » par la proposition d’O Mcezo*.

Salim Abdul-kader dit « Lycée » revient à son tour sur le fait que « le message transmis a été bien reçu par le public. Dans sa forme, dans le fond aussi, mais un peu moins dans les termes utilisés pour certains fragments du spectacle. Je veux dire que les idées sont bonnes, la manière de les transmettre, elle aussi, était excellente. Mais il y a des termes de shiganzidja qui ont été difficiles à comprendre pour le publicd’ici »


Mohamed Loutfi, lui, remarque qu’il s’agissait « d’un théâtre d’un type nouveau à Ouani. Les comédiens sont montés sur scène sans micros. Deuxièmement, les gens sont venus et n’ont pas vu de rideau de scène. Alors qu’ils en ont l’habitude. Troisièmement, la durée du spectacle a surpris. La pièce finie, les spectateurs ont refusé de se lever, sans doute parce qu’on n’aime pas voir se finir la bonne nourriture. A la fin du spectacle, les gens s’attendaient à ce que ça continue encore à jouer. Je pense que la compagnie devrait rallonger le temps du spectacle ».

Venus découvrir le travail de la compagnie au stade de basket, à dix mètres d el’espace Shababi, les Ouaniens n’ont pas manqué de s’interroger sur la dynamique O Mcezo*.

Pour Mohamed Loutfi : « Les gens ont bien saisi l’objet de ce projet. O Mcezo* est venue pour une action théâtrale au service de notre communauté, et au nom de certaines  valeurs citoyennes ».


Par rapport aux échanges engrangés durant ces cinq jours passés à Ouani par la compagnie, Salim Abdoul Kader de TV Ninga pense pour sa part que « les Ouaniens en général, et en particulier, les familles qui ont reçu la troupe O Mcezo* s’estiment heureuses et honorées de les avoir parmi elles. Tout le mal qu’elles souhaitent à cette compagnie, c’est qu’elle réussisse à atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée ».

De son côté, Mohamed Loutfi trouve « géniale » cette idée « de traverser le pays, en rassemblant. Cela arrive uniquement avec nos hommes politiques. Une troupe qui se déplace dans l’archipel pour jouer, et sans rien de demander financièrement en retour aux gens qui l’accueille. Une troupe qui joue gracieusement pour les communautés chez qui elle s’invite, je trouve ce projet particulièrement intéressant, et je leur souhaite de bien poursuivre dans cette voie ».

Dimanche 16 août 09

 

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 18:35

 Du 13 au 15 août prochain, la musique sera à l'honneur à Anjouan.  En effet, c'est à cette période que le Medina Festival d'Anjouan, un grand événement culturel qui a vu le jour en 2005 à l'initiative d'une radio locale de Mutsamudu, Radio Dzialandzé, sera organisé sur l'île avec faste pour la troisième fois.

Plusieurs artistes de la région de l'Océan Indien dont le talent n'est plus à vanter y prendront part aux côtés des artistes comoriens de l'intérieur et de l'extérieur comme ce fut le cas lors des deux précédentes éditions (2005 et 2006). On parle notamment des groupes malgache Jaojoby et  réunionnais Kozman Ti Dalon. Du côté des artistes comoriens, sont  programmés Lathéral et Mtoro Chamou de Maoré, Maalesh de Ngazidja, le groupe Soubi et Boinariziki de Mwali ou encore Joujou des Comores de Ndzuwani. Cette liste n'est pas exhaustive. 


Le Medina Festival a pour objectif principal de promouvoir la musique comorienne et favoriser son ouverture notamment sur la région océan indien. Et pour atteindre cet objectif cette année après les échecs de 2007 et 2008, le budget prévisionnel s'élève à  36 000 000 francs comoriens (à peu près 73171 euros). 


Nous souhaitons un bon déroulement et une bonne réussite de ce grand festival musical qui va certainement faire vibrer toute l'île d'Anjouan. D'autant plus qu'il est placé cette année  « sous le signe de la cohésion et des retrouvailles », selon  Ali Mohamed Nobataine, le coordinateur du comité d’organisation du festival (Comfest).


Le mgodro comorien mélangé avec du Salégy malgache, du maloya réunionnais et d'autres rythmes endiablés ! Voilà un bon plat musical pimenté et consistant pour tous ceux qui s'intéressent ou chercheraient à s'intéresser à la musique de l'Océan Indien. Miam miam. ça va chauffer à Anjouan durant les trois jours festifs.

Qu'est ce qu'il faut de plus pour toucher le coeur des mélomanes ?


Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 23:04

 Depuis le 05 juillet dernier a lieu  un grand événement culturel d’envergure régionale en Algérie. Sans exagération, on peut affirmer que l’Algérie devient à cette occasion le continent africain. Il s’agit du  2eme festival panafricain. L’Algérie a voulu que cet événement soit grandiose. Pari réussi.

51 Etats africains sont représentés en plus du Brésil et des Etats-Unis. De gros moyens financiers, matériels, humains, techniques….sont mobilisés pour « lancer un nouveau défi, celui de participer à la renaissance de la culture africaine » comme l’ont voulu les organisateurs. Des avions spéciaux ont même été affrétés pour aller chercher les différentes délégations. Au moins 8000 personnes ont participé à la cérémonie d’ouverture.

De grands artistes africains ayant une notoriété internationale sont là aussi : Youssou Ndour, Salif Keita, Césaria Evora, Ismael Lô, Kamel Ouali, Mori Kanté, Mohamed Lamine qui fait du tabac dans le monde du RN’B pour ne citer que ceux là.

La diversification des programmes est aussi à saluer : Conférences sur la littérature africaine et débat sur  Frantz Fanon, musiques modernes et traditionnelles, expositions artisanales, patrimoniales…, colloques sur  la femme africaine, la décolonisation de l'Afrique..., défilés de mode, concerts…cinéma. Théâtre…

Notre pays est dignement représenté à cette grande fête africaine. Une délégation d’au moins 30 personnes se trouve en Algérie : Artistes, chercheurs, militantes de l’égalité des genres. Tous ont fait leur preuve dans leurs domaines d’élection et ne sont plus à présenter chez nous : .Napalo, Sittou Raghadat Mohamed (1ere photo : Archives), Boina Riziki, soubi…..

L’Afrique et la culture sont en fête en Algérie jusqu’au 20 juillet prochain.

Pour la suite, je vous suggère de consulter le site officiel de l'évenement en cliquant ICI et de lire l’article d’Alwatwan ci-dessous

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

Festival d’Alger 2009 : les artistes comoriens sont en pleine activité


C’est la ministre algérienne de la Culture, Khalida Toumi, qui a donné le top de ce festival. L’artiste international comorien Napalo est le premier comorien à monter au créneau en présentant une exposition de ses œuvres sous la direction de Mme Khalida Toumi. Les vingt sept autres artistes et chercheurs comoriens présents à ce festival sont programmés pour présenter leurs œuvres et leurs spectacles à partir du samedi 11 juillet. La troupe de danse traditionnelle comorienne, Masanpanga de Mbeni se produit du samedi 11 au mercredi 16 juillet dans la grande salle de l’Institut national de musique d’Alger, dans le cadre de la compétition des danses traditionnelles africaines.

Salim Djabir va tenir, dès demain mardi 14 juillet au mercredi 15 prochain à Alger, un colloque sur l’activité sportive africaine en général et celle des Comores en particulier. Quant à Sittou Raghadat Mohamed, elle interviendra jeudi 16 juillet prochain dans un colloque sur le développement de la femme africaine. L’ancienne ministre parlera également du mode d’habillement de la femme comorienne.

Quatre artistes comoriens dont Fatima Mbaraka, artiste de tissage et broderie, Ahmed Abdou et Ankili, artistes en sculpture du bois et Fayssoil Zoubeir artiste en terre cuite ou poterie rivalisent de talents pour présenter honorablement les Comores.


Les représentants comoriens ont été surpris de voir l’exposition de l’artiste sénégalaise, Aminata Djegal, qui expose des photos sur le mariage traditionnel  comorien ou anda.

La sénégalaise, qui avait visité nos îles a focalisé ses expositions sur des images illustrant différents moments forts de cet événement.

« Toutes ces images sont argentiques et ont été faites sur place. » a tenu à préciser la photographe sénégalaise. « Karibu, bienvenue aux îles de la lune », tel est le thème de son exposition. « Accepte et arrive », « Belle fête », « Quand les hommes se mettent à la danse du twarabu » ou encore « quand les femmes se mettent à la danse traditionnelle du wadaha »  sont quelques uns des intitulés des photos exposées. »


Elie-Dine Djouma

Source : Alwatwan n° 1357 du lundi 13 juillet 2009

 

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 09:49

PATSON, de son vrai nom Patrice  Mian Kouassi,  est un humoriste ivorien connu en France grâce à son jeu de jambe.  Il se trouve aux Comores depuis quelques jours en tournée et pour  prendre part à une grande manifestation culturelle, « le festival Solidar’été 2009 » qui va ouvrir la saison touristique 2009.


Hier, il était à l’hôtel Itsandra Beach en compagnie d’artistes locaux dont les rappeurs comoriens  Cheikh Mc et Dadiposlim. En principe, il se produira ce soir au stade de Moroni avec les mêmes artistes avant  de se rendre dans les autres îles des Comores

 PATSON qui s’est aussi surnommé « beau goss » et « ennemis de jeunes femmes » est l’un des humoristes de Jamel Comedy Club, une émission  de télévision créée, produite et présentée  par le célébre comédien français Jamel Debbouze et diffusée pendant l’été sur Canal+.


Cet "expert automobile en moteur diesel", qui a choisi d’évoluer dans le domaine humoristique a  fait ses débuts dans une troupe de théâtre dans son pays d’origine, la Côte d'ivoire avant de participer à des ateliers et de suivre des cours en France.


L’humoriste Patson joue sur scène une succession de personnages drôles évoquant la différence et la richesse culturelle de l’Afrique. Ses modèles sont Jean Miché Kakan, Adama Dahico, Coluche, Bourvil, Eddie Murphy et Gohou.


Patso est aussi un citoyen engagé. En 1998, il a créé l’association Micro d’Or et œuvre à l’intégration de famille en France et soutient plusieurs projets au Sénégal et en Cote d’Ivoire. Il profitera d’ailleurs de son séjour aux Comores pour remettre  du matériel sportif à des clubs sportifs et  des fournitures scolaires à certaines équipes.


Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 15:04

Lu pour vous : Source : http://www.clicanoo.com

L’information fait grand bruit dans les sphères culturelles de Paris, de notre région et jusqu’aux Etats-Unis où elle se trouve relayée, notamment à New York(*), par les amis et connaissances, écrivains et universitaires, de Soeuf Elbadawi. L’auteur du “Moroni Blues” présenté sur toutes les scènes réunionnaises est interdit de séjour sur le plateau de l’Alliance Française des Comores qui s’était engagée, comme elle l’a fait souvent à son égard par le passé, à lui offrir une résidence de travail pour sa pièce “La fanfare des fous”, assortie de la programmation de cette création.

La raison de ce forfait ? Un événement qui remonte au 13 mars dernier, date d’une performance de rue où Soeuf Elbadawi, à l’instar des tableaux de nos défilés du 20 Décembre pointant l’esclavage d’antan, est apparu les mains liées, le corps blanchi à la chaux, jouant le rôle du “blanc noir” décrit dans les années 50 par l’auteur antillais Frantz Fanon dans son livre “Peau noire, masques blancs”, sous les huées de la foule entrant dans le jeu pour scander le slogan “mkolo nalawé” (colon dehors) (voir photo). Un happening à la manière du “gungu” local, permettant aux gens d’exprimer leurs peurs, qui en cette période de référendum annoncé pour la départementalisation de Mayotte, a pris un sens particulier et sérieusement inquiété les autorités. Résultat, la décision annoncée jeudi dernier par le directeur de l’Alliance franco-comorienne, Jérôme Gardon, d’annuler purement et simplement ses engagements avec la compagnie de Soeuf Elbadawi, O Mcezo. “La fanfare des fous”, spectacle sur la façon dont on dépossède les citoyens de leurs droits, aurait trouvé un écho particulièrement iconoclaste dans l’esprit du comité d’administration de cette double institution, sans compter que nombre de coopérants français en fonction à Moroni auraient, nous dit-on, fustigé pour l’occasion “l’arrogance” de l’homme de théâtre. La peur de l’autre...


Le responsable de l’Alliance franco-comorienne aurait expliqué sa volte-face en pointant en Soeuf Elbadawi comme “l’instigateur d’une manifestation politique violente”. Ce à quoi le “fauteur de trouble” répond : “Il ne s’agissait que d’un gungu, et celui du 13 mars était organisé contre le viol de l’intégrité territoriale des Comores. Ce qui est terrible, c’est d’entendre dire que je suis exclu de l’Alliance pour avoir osé dire que Mayotte est comorienne !... Ce qui revient à dresser les Comoriens contre d’autres Comoriens”. Voilà en tout cas, de son point de vue, une image “indigne” des institutions culturelles françaises.

“Ma performance parlait de dignité, de respect et de liberté ce qui explique que la population ait salué l’événement. Sans vouloir tomber dans la parano qui veut que la France coupe les ailes à tous les Comoriens qui viennent lui rappeler qu’une autre relation au quotidien est possible, je trouve à mon tour inquiétant de voir dans le même temps le plasticien Seda viré de l’Ecole d’art française Henri-Matisse, où il enseigne, pour sa participation à la performance”, constate l’auteur. “(voir le communiqué d'O Mcezo en cliquant ICI)de L’art doit servir à faire bouger les lignes.

En tant que comédien, incarnant ce personnage horrible traîné dans les rues, je ne cherchais pas à asséner des vérités. Mon seul but était de susciter une interrogation. Est-il normal que ce pays continue à se perdre dans les mémoires, sans que l’on puisse exiger notre part de dignité, sans que l’on ait notre mot à dire ?”

 Et Soeuf Elbadawi de prier pour que ses jeunes compatriotes ne se laissent pas récupérer par le gotha politique : “Et pour qu’ils ne troquent pas leurs colères contre un visa ou contre un coup de pouce pour un boulot, ou même contre le chèque d’un député corrompu. Leur colère est saine, elle part du citoyen et ne singe pas nos hommes politiques et leurs appétits de pouvoir...”

Pour la compagnie de Soeuf Elbadawi et pour son producteur Washko Ink, les projets artistiques sont certes compromis, mais leur engagement dans l’art citoyen n’en sera que plus grand. “J’avoue que si je pouvais contribuer à ce combat par mon travail, je serais un homme heureux. J’ai l’impression de servir une juste cause, cette histoire de départementalisation n’étant qu’un aspect du problème. On nous vole la terre (l’occupation de Mayotte si j’en crois le droit international, reste en tous points illégale), et en plus, on sème la haine dans les cœurs”

Marine Dusigne

Soeuf El badaoui

Journaliste, artiste et “auteur de fictions” comme il dit, Soeuf Elbadawi est né en 1970 à Moroni. Comédien, il s’installe en France en 1992 pour y poursuivre des études de lettres modernes. À Paris, il collabore avec Radio France Internationale, produisant des magazines culturels pendant une quinzaine d’années (littérature francophone, sujets de société sur l’immigration), ce qu’il faisait au péalable pour Radio Comores. Chroniqueur pour la revue Africultures en France et pour le mensuel Kashkazi aux Comores, il est rentré au pays, initiant le Komor4 Festival, lieu de rencontre de toutes les cultures du monde fédérateur d’une “nouvelle fratrie à inventer sur ces îles situées en mer indianocéane”. Depuis 2007, Soeuf Elbadawi qui partage son temps entre Paris et Moroni, enseigne à l’université des Comores dans le cadre d’un laboratoire de recherches en théâtre. Agitateur culturel et fondateur de Washko Ink, structure associative de production culturelle, il a commis son “Moroni Blues” qui fonctionne tel un récit de ville à facettes multiples, empruntant à la fois à la poésie, à l’image, à l’anthropologie ou encore à l’histoire. Il vient de publier le fruit d’un travail sur le même thème “Une rêverie à quatre mains”, après sa tournée l’an dernier sur les planches réunionnaises et sa résidence aux Bambous de Saint-Benoît. Il a également fait paraître dans un passé récent deux opus sur le label parisien Buda Musique (Musiques traditionnelles des Comores et Zaïnaba ; Chants de femmes des Comores) et réalisé avec le jeune cinéaste comorien Ahmed Jaffar le film “Moroni Undroni Mndroni”, sur la question du repli communautaire dans la capitale comorienne.

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 09:43

Source : Alwatwan.net / 01 juin 2009

Djahazi-(Une) “Djahazi, Pavillon des îles Comores”, c’est un parmi les principaux thèmes retenus par la cinquante troisième Exposition internationale de La Biennale des arts, qui débute le jeudi prochain, 4 juin, à Venise en Italie.

Une équipe composée de la directrice nationale de la culture, Wahidat Hassani, du conseiller à la vice-présidence en charge du Tourisme, Said Mohamed Abdoulwahab, et de cinq dockers et charpentiers va représenter les îles Comores à la cinquante troisième Exposition internationale de La Biennale des arts, qui s’ouvre jeudi prochain à Venise en Italie.
L’objectif de ce voyage est d’aller participer à ce projet conçu par Paolo W. Tamburella, artiste italien qui a été fasciné par ces types d’embarcations lors d’une visite à Moroni.
Le projet consiste à présenter un djahazi, le grand patrimoine culturel tangible ainsi que le savoir faire des dockers et des artisans comoriens. “Le travail d’un docker comorien en matière de chargement et déchargement sera mis en valeur dans la fête même si cette pratique n’existe plus au port de Moroni à l’heure actuelle”, a précisé le chef de la délégation, Wahidat Hassani.

Un boutre traditionnel est scindé en deux et embarqué, au mois de mai dernier, sur un cargo à destination d’Italie. “A partir du 3 juin, le djahazi comorien sera remonté, et accosté dans la zone d’eau en face de l’entrée principale dite de Giardini pour toute la durée de la Biennale”, peut-on lire dans le site web, www.djahazi.net, de l’artiste initiateur du projet, de participation des Comores à l’évènement.

Pour rappel, cette manifestation artistique est considérée comme parmi les plus fascinantes en Europe, voire dans le monde. Elle fut créée en 1895 par George Dulinot, qui souhaitait “faire profiter de l’art à tout le monde”. Sa fille, Maria Dulinot, perpétua l’idée de son père et organisa la deuxième à Venise en 1897. Historiquement, les boutres traditionnels ont été pendant des siècles un moyen de transport qui a facilité la communication et les relations commerciales des îles Comores avec les pays voisins.
Ces derniers temps, ces chef-d’œuvres sont immobilisés au petit port de Kalaweni à Moroni où ils tombent complètement en ruines submergés par l’eau. Ils seront “historiquement et artistiquement” ressuscités à Venise par Paolo W. Tamburella, artiste italien émerveillé par ces types d’embarcation et qui souhaite partager sa passion avec les peuples des quatre coins du globe.

Nour El-Fahad (Stagiaire)

 

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 12:05

Source : HZK-Presse: 28/04/2009

Malgré la pluie, le Ministère de l’éducation nationale chargé de la culture de l’Union, a tenu à honorer son engagement, celui de célébrer la Journée mondiale du Livre. Le ministre a saisi cette opportunité pour faire d’une pierre deux coups et célébrer la soirée du Kalam d’Or qui est à sa deuxième édition, et consistant à gratifier les plus belles plumes de nos îles. Cette année a été marquée par la distinction faite au mysticisme comorien d’abord, avec la remise de diplômes aux plus grands poète et écrivains religieux, dont deux anjouanais et un grand prince grand-comorien, pendant que le Kalam d’or a été attribué au Dr Honoris Damir Ben Ali, fondateur du CNDRS et chercheur anthropologue, le Kalam d’argent à Chamanga et le Kalam de bronze à Salim Hatubou.
Pas moins de deux cent personnes ont bravé la nuit et le mauvais temps pour assister samedi soir au Palais du peuple à la fête du livre, célébrée sous l’égide du Président de la république Ahmed Abdallah Sambi. Présidé par le Ministre de l’éducation Kamaliddine Afraitane, la cérémonie a été honorée par la présence des ministres de l’île autonome de Ngazidja, comme ceux de l’Union ainsi que par les représentants du corps diplomatique. Par ailleurs des animations musicales ont été assurées par le célèbre jazzman comorien Maalesh, pendant que Soumette acteur de talent et son compère Sultan ont joué une compilation de poèmes dont « Disque de lune », extrait de Kaulu la mwando de MAB Elhad, complété par un autre texte de Salim Hatubou.

Kalam d’or, un hommage à la plume comorienne !

M. Afraitane a fait un bref aperçu historique de cette journée qui remonte à 1995, à la suite de la conférence générale de l’Unesco. Il a insisté sur la nécessité d’encourager la lecture en soulignant que « beaucoup écrire est le plus souvent pour le plaisir, mais cela procure une certaine notoriété ». Et le ministre d’ajouter « cette soirée est placée sous le signe de la reconnaissance ; la plume a ses fonctions multidimensionnelles reconnues. » C’est ainsi que le Kalam d’or sera l’expression d’une fierté nationale et une opportunité pour lui donner ses lettres de noblesse et primer les plus méritants.

Il insistera par ailleurs sur le rôle majeur que joue le livre, pour véhiculer les connaissances et son influence sur les lecteurs. Pour l’ancien professeur, la lecture est « une perche tendue, une fenêtre ouverte vers le monde ». Et si comme il a tenu à le faire remarquer, « le livre constitue une marchandise, sa notion didactique contribue à rendre le monde meilleur et lutter contre l’ignorance ». Il rappellera le rôle joué par les Clac (Clubs de Lecture et d’Action Sociale) pour dire que « son impulsion contribue au rayonnement en faveur de la lecture et l’écriture dans notre pays » avant de louer l’apport de l’O.I.F en faveur des Comores.

Le Ministre Afraitane, reconnaîtra que la scène culturelle comorienne n’est pas assez honorée. Sinon comment comprendre qu’à ce jour, les auteurs comoriens ne figurent pas sur les programmes scolaires, hormis depuis peu les romanciers Toihiri et Aboubacar Said Salim ? Comment comprendre que nos auteurs et artistes sont souvent invités et gratifiés à l’extérieur, alors qu’ils sont ignorés dans leur pays ? « Honorer les maîtres de la plume est le gage d’un intérêt manifeste » qu’attend marquer son ministère. Il faut rappeler que dans sa première édition en 2007, le Kalam d’or a eu pour lauréats les romanciers Mohamed Toihiri, Aboubacar Said Salim et le poète Saindoune Ben Ali. Et le Ministre de conclure : « La nuit du Kalam d’Or constituât une grandeur pour soutenir les autres sources de création et c’est aussi une gratification et du baume au cœur » pour les auteurs et les créateurs bien sûr, à en croire le Ministre.

A son tour, le romancier et poète Aboubacar Said Salim a tenu à évoquer la première association comorienne de l’écriture, en l’occurrence l’autre Kalam, créée en 1995 chez Mounir Bourhane. Il a exprimé le vœu de « voir les autorités poursuivre cet effort à l’endroit de la littérature, et qu’elle soit un réseau servant à honorer les talents sans mkarakara ». Donc très heureux de constater que cela ne soit pas « un coup d’épée dans l’eau » ; au nom de tous « ceux qui sont un peu zinzin », paraphrasant le chateur Maalesh. Le professeur Abou a exprimé aussi le souhait de voir un jour une œuvre comorienne au cinéma. Le grand poète cédera le pas à l’autre poète en herbe et lauréat du concours de poésie comorienne 2008, en la personne de Melle Sitti Amina Alfeine qui a fait partager avec le public son « Ode à la lecture », un texte qui louait les vertus du livre.

La convention de Florence un acte sine qua non à la lecture

Représentant le jury, composé des Dr Moussa Said, Mbaraka Abdallah Charif et de la Directrice de la Culture au niveau de l’Union, Mme Hassane Wahida Aboubacar, le Dr Mbaraka Abdallah, doyen de la Faculté de lettres et des sciences humaines, a exprimé sa joie et trouvé dommage les intempéries qui ont empêché une participation massive à l’événement. Il fait deux constats essentiels : « les collégiens ne lisent pas ou très peu, d’où leurs lacunes. Le meilleur cadeau que l’on puisse donner à un enfant c’est lui offrir un livre et ce, dès le primaire ». Il a par ailleurs reconnu que l’une des causes de la démotivation à la lecture est « la cherté du livre », mais en réalité « le manque de fréquentation des bibliothèques villageoises » y est aussi pour quelque chose. Il a tenu à rappeler l’offre Libyenne de livres en faveur de la bibliothèque universitaire et a sensibilisé les parents sur la nécessité de redoubler d’efforts en faveur de la lecture. Rappelant les efforts de l’ex-ministre de l’éducation nationale en faveur de la signature de la convention de Florence, le doyen de la Fac de lettres a exhorté les autorités à faire le suivi pour la valorisation des écrits.

Au secours du CNDRS !

C’est avec émotion que le Dr Damir ben Ali saluera les grands talents, leur ardeur au travail et précisera que « mon travail est surtout de faire et faire écrire » dira-t-il. Selon lui le manque de lecture est lié au fait que « bon nombre de lecteurs ne trouvent pas de livres qui leur parlent de leur identité et de leur environnement ». Il déplore l’état d’abandon dans lequel se trouve la bibliothèque du CNDRS faute de moyens financiers et surtout de volonté politique, car « l’Université de La Réunion se propose de numériser la documentation du CNDRS et ses archives mais par manque de décision rien n’a été fait. Il suffirait d’une simple signature et d’un sceau pour sauvegarder tous ces chefs d’œuvres de notre patrimoine ». Mais comme l’a si bien illustré en guise de conclusion notre Maalesh national, il faut être un peu zinzin pour comprendre ces choses-là.

Haled A.Boina


Trois diplômes d’honneurs ont été tout d’abord remises à titre posthume à:

- Cheikh Ahmed Affendi : écrivain et poètes, né en 1882 à Mutsamudu, prof de philologie et juriste émérite a introduit aux Comores le Moulid, et la danse du kandza ainsi que le Tari.

- Cheikh Kaambi Mohamed Zaki Elmaceli : 1897-1977 traducteur et l’un des propagateurs du soufisme aux Comores, est l’auteur d’une œuvre intitulé « Hidayatti ahibba attawussouf »

-Prince Said Housseine : né en 1889, fils u Sultan Said Ali, il s’était engagé dans la première guerre mondiale. Le Dr Sultan Chuzur a traduit l’une de ses œuvres.

Et pour les Kalam 2009:

Le Kalam d’or est décerné à Damir Ben Ali né à Moroni, Chevalier de l’ordre du mérite ; fondateur du CNDRS, récipiendaire du trophée JCI Comores 2007; distingué pour l’ensemble de ses œuvres.

Kalam d’Argent : décerné au linguiste et chercheur Ahmed Chamanga, né à Ouani Anjouan, fondateur de la première maison d’Édition comorienne en France, récipiendaire du Trophée JCI 2007 (auteur de plusieurs livres sur la langue comorienne et il a fait publier de nombreux auteurs comoriens.

Kalam de Bronze : décerné au conteur et le plus publié des auteurs comoriens Salim Hatubou, né en 1972 à Hahaya.
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