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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 14:24

HALIDI-BLOG-COMORES

OCéAN INDIEN

 
 
 
Ezidine est papa d’un enfant français à la Réunion.
À 24 ans, Saïd Mohamed Ezidine Saïd Hassane aurait préféré rester à la Réunion, auprès de son fils. Mais la préfecture en a décidé autrement : comme son dossier n’est pas complet, il a été arrêté mercredi dernier, et devra quitter le territoire le 4 septembre au matin. Direction définitive : Moroni
Ce jeune Comorien,
arrivé comme étudiant, aurait pourtant préféré rester à la Réunion, auprès d’un fils français qu’il a reconnu en 2006. "J’avais un titre de séjour d’étudiant, en règle. J’ai juste voulu changer de statut, pour pouvoir travailler et m’occuper de mon fils".
La préfecture lui demande de remplir un dossier pour lequel il doit fournir un certificat de nationalité française du bébé. Ce document s’obtient auprès du tribunal. Mais la réponse à son dossier lui arrivera d’une bien étrange manière. "Mercredi, des policiers sont venus me chercher. Ils m’ont d’abord dit que c’était une simple formalité. Puis ils m’ont placé en garde à vue, puis en centre de rétention administrative". Devant le juge, son avocate obtient une assignation à domicile : le jeune homme, qui estime n’avoir rien à se reprocher, peut rentrer chez lui. Du moins, jusqu’à mardi matin.

JIR
 

Date : 04-09-2007
http://www.lexpressmada.com/display.php?p=display&id=10866
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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 06:20
MOHELI : AFFAIRE DES FAUSSES CAUTIONS*
Fazul condamné à 18 mois de prison avec sursis et 5 ans d'inéligibilité

Moroni, lundi 6 août 2007 (HZK-Presse) – Fazul est condamné à 18 mois de prison avec sursis et 5 ans d'inéligibilité à tout mandat électif. Tel est le verdict qui est tombé hier ce lundi au tribunal correctionnel Fomboni dans le cadre de l'affaire dite des « vraies fausses cautions » dont est reconnu coupable l'ancien chef de l'exécutif de l'île autonome de Mohéli, Mohamed Said Fazul.

Candidat à sa propre succession à l'élection présidentielle de l'île de juin dernier, M. Fazul n'aurait pas déposé auprès du trésor public la caution de 3 millions fc comme l'exige le code électoral, alors qu'il s'était fait établir une quittance en bonne et du forme avec la complicité de certains agents dudit trésor.

Mais l'ancien numéro un de l'île n'est pas seul à subir cette condamnation, puisque Abdallah Said Sarouma, alias Chabouhane, ainsi que Fouad Mohadji, tous les deux candidats malheureux au dernier scrutin, se trouvent dans le même cas. Ils sont poursuit pour le chef d'accusation de « faux, usage de faux et détournement de deniers publics », après avoir tenté de se faire rembourser illégalement une caution non versée.

Il semble en revanche établi que seuls l'actuel président Mohamed Ali Said et son challenger du second tour Abdou Djabir en sont acquittés. Les condamnés ont interjeté appel du jugement.
El-Had Said Omar 060807/eso/hzkpress e/15h00
 
* voir notre point de vue intitulé «  Mohéli : les candidats  Fazul et Sarouma (Baguiri)  ont-ils participé aux dernières élections présidentielles des îles sans versement de la caution ? »en cliquant ICI.
 
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans JUSTICE ET DROIT
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7 juillet 2007 6 07 /07 /juillet /2007 09:10
Procès de la destitution du Président Djohar : Condamnation du mercenaire Bob Denard à un an de prison en appel
 
 
Le célébre mercenaire Bob Denard, 78 ans,  a été condamné hier par la cour d'appel de Paris à quatre ans d'emprisonnement, dont trois ans avec sursis et mise à l'épreuve, et 100.000 euros d'amende pour "sa tentative de coup d'Etat aux Comores en 1995" (Parlons plutot d'un coup d'Etat réussi). Il a annoncé par le biais de son avocat, Me Elie Hatem, qu'il n'allait pas se pourvoir en cassation. Bob-Denard.jpg
 
Pour Me Hatem, l'absence à l'audience des autorités politiques françaises n'a pas permis de "savoir si réellement le coup d'Etat a été fait à leur insu". Il avait notamment cité Jacques Chirac "qui s'est retranché derrière son immunité présidentielle" et Alain Juppé "qui a invoqué un manque de temps durant la campagne".
Il a aussi déclaré aux médias ceci : "Il y a une volonté de la France d'oublier une page de l'histoire de l'Afrique et de profiter de cette situation pour accabler M. Denard",
 
A titre de rappel, Bob Denard était jugé en appel à la demande du parquet de Paris qui avait estimé à juste titre en juin 2006 que sa condamnation à cinq ans de prison avec sursis simple par le tribunal correctionnel était contraire à l’article 132-30 du code pénal (voir notre article publié le 06 juin 2007 dans rubriques Vidéos « Ouverture du procès en appel du célèbre Mercenaire Bob Denard à Paris encliquant ICI).
 
Un petit rappel de cette affaire :
 
Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1995, une trentaine de mercenaires français dirigés par Bob Denard ont débarqué aux Comores pour libérer ses amis politiques et militaires et renverser le président Saïd Mohamed Djohar.
Les mercenaires ont ensuite installé un comité militaire de transition (Combo Ayouba, Lava...) avant de  remettre le pouvoir à deux leaders politiques opposés farouchement au Président Djohar, messieurs  Mohamed Taki de l'UNDC et Said Ali Kemal de SHUMA. Le 4 octobre, les forces françaises sont intervenues pour "libérer" le président Djohar et le faire déporter à l'île de la Réunion. Les mercenaires se sont rendus. Mohamed Taki a finalement été élu président de la République le 16 mars 1996.

Lors de l'enquête, Bob Denard avait expliqué qu'il était impliqué aux Comores depuis 1977 -où il avait notamment participé avec les services français à l'installation au pouvoir d'Ahmed Abdallah- et avait agi par "engagement moral" vis-à-vis des Comoriens victimes d'élections truquées et de détournements de fonds de la famille Djohar.
Les complices de Bob Denard étaient pour la plupart rejugés dans le volet civil de cette affaire. Mais la Cour a jugé hier qu'aucune des parties civiles n'avait intérêt à agir et donc à réclamer des dommages et intérêts ( !!!).
Elle a ainsi débouté le gouvernement de la République des Comores, ainsi que les ayant-droits du président Djohar décédé en février 2006 pendant le procès de Bob Denard devant le tribunal correctionnel. La Cour a estimé que la veuve et les enfants du président n'avaient pas subi de préjudice moral direct ( !!!). Cette position n'est pas juridiquement convaincante.
 
HALIDI
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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 13:47
 
 
SOURCE : 08/06/2007 17:39:39 - PARIS (AFP)
 
Comores: cinq ans de prison dont quatre avec sursis requis contre Bob Denard
Cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, ont été requis vendredi devant la cour d'appel de Paris à l'encontre de Bob Denard pour "avoir organisé et préparé depuis le territoire français" le coup d'Etat aux Comores en 1995, l'avocat de l'ancien mercenaire demandant sa relaxe.
Bob Denard avait été condamné en première instance le 20 juin 2006 à cinq ans de prison avec sursis pour cette tentative de prise de pouvoir dans cet archipel de l'Océan indien mais le parquet avait fait appel, estimant que "le tribunal n'avait pas fait une exacte appréciation de la loi pénale".
Devant la 10ème chambre de la cour d'appel, l'avocate générale Marthe Coront-Ducluzeau a estimé que l'association de malfaiteurs "était clairement établie" pour cette opération, lancée le 28 septembre 1995, à laquelle avait mis fin six jours plus tard une intervention militaire française, en vertu d'accords liant la France et les Comores.
La magistrate a soutenu que Bob Denard, 78 ans, absent de l'audience pour "raisons de santé" depuis le début du procès, mercredi, a "mené une opération strictement personnelle de nature lucrative" et a refusé de "conclure que celui-ci ait eu l'autorisation d'agir des services secrets français".
L'avocate générale a demandé que les quatre ans de sursis soient assortis d'une période de mise à l'épreuve de trois ans et 10.000 euros d'amende. Bob Denard a déjà fait six mois de détention après son arrestation.
De son côté, Me Elie Hatem, avocat de Bob Denard, a demandé la relaxe de son client "qui ne se serait pas engagé dans cette opération sans avoir eu le feu vert des autorités françaises".
Pour Me Hatem, "il y a bien eu un feu vert des services secrets français pour cette opération à laquelle a participé la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE)".
Cette opération, a ajouté l'avocat de Bob Denard, avait pour but de destituer" le président comorien Saïd Mohamed Djohar qui a "été ensuite séquestré pendant quatre mois sur l'Ile de la Réunion par la France", tout en reconnaissant qu'il "n'avait pas de preuve tangible d'un commandement de l'autorité légitime" (les autorités françaises) demandant à son client de réaliser l'opération aux Comores.
Jeudi, Me François Trécourt, avocat de la République des Comores, partie civile, avait demandé un euro symbolique de dommages-intérêts : "Bob Denard a ruiné l'image des Comores, l'un des pays les plus pauvres du monde".
En première instance, les 25 autres coprévenus, reconnus coupables pour leur participation à cette opération, avaient été soit dispensés de peine, soit condamnés à des peines allant de trois ans d'emprisonnement avec sursis à quatre mois avec sursis.
Aucun de ces coprévenus n'avait fait appel et leurs avocats ont demandé vendredi au tribunal de ne pas donner suite aux demandes de dommages-intérêts des parties civiles, dont celles des héritiers du président Djohar, décédé en février 2006.
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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 12:36
Rebondissement dans l’affaire BIC / NICOM : Les avocats de NICOM accusent l'Etat de manipulation
 
 
 
 
« Même si décision était légale dans la forme, sur le fond il ne tient pas debout. La loi qui régit le code de procédure civile relève d'une ordonnance », ajoute Me Mzimba qui a abandonné momentanément sa campagne électorale pour cette conférence de presse.
 
Moroni le mercredi 6 juin 2007 (HZK-Presse) - Le dernier rebondissement de l’affaire BIC/NICOM fait mouche et laisse l’opinion perplexe. Alors qu’on croyait se diriger vers un dénouement de l’affaire, les avocats de Nicom repartent à l’offensive en s’attaquant à un décret ministériel qui, selon eux, remettrait tout en cause. En première instance, le tribunal condamnait la Bic à indemniser son client à hauteur de 3,8 milliards fc pour avoir « fermé illégalement » les lignes de crédits de cette société. Pour la Bic c’est Nicom qui était soupçonnée d’escroquerie pour avoir utilisé un faux document bancaire, risquant de porter atteinte à l’image de l’institution.
 
La cour d’appel a confirmé dans son arrêt du 29 mai le jugement en ramenant le montant initial à 1,4 milliards fc, avec obligation pour la Bic de verser « un premier acompte de 800 millions à Nicom et les 600 autres millions à la banque centrale en guise de caution » en attendant l’issue définitive du procès.
 
Une exécution provisoire rendue pourtant caduque, trois jours plus tôt par un décret du 25 mai dernier modifiant l’article 519 du code de procédure civile et qui stipule que « en aucun cas elle ne peut l’être pour les jugements condamnant pécuniairement les banques et les établissements financiers ».
 
« En décidant de la sorte, c’est la Bic qui a gagné », déclare Me Harimiya Ahmed avocate de Nicom qui estime que « si la justice demande 800 millions sur près de 4 milliards, pour sauver la société de la faillite, la Bic devait se réjouir », lors d’une conférence de presse.
 
L’affaire se serait compliquée, poursuit l’avocat, par la publication du décret co-signé par les ministres de la justice et des finances, qu’elle qualifie de « taillé sur cette mesure » et qui déroge au code de procédure civile. « Cette décision du ministère de la justice est illégale. Jamais un ministre ne prend de décret sauf délégation spéciale. D’autant que le président n’était pas en voyage pour le justifier », lance Me Arimia.
 
« Même si décision était légale dans la forme, sur le fond il ne tient pas debout. La loi qui régit le code de procédure civile relève d'une ordonnance », ajoute Me Mzimba qui a abandonné momentanément sa campagne électorale pour cette conférence de presse.
 
Les avocats de Nicom estiment par ailleurs que « le décret du ministre va à l’encontre du traité de l’Ohada » qui régit le Droit des affaires dans les pays africains francophones. Me Harimiya s’étonne de la tournure qu'a prise cette affaire. « Au début, on croyait avoir a faire avec la Bic mais on se rend compte que c'est l’Etat qui est devant nous », assène t-elle.
 
Contacté sur cette affaire, le ministère de la justice s'abstient de tout commentaire d'autant plus que le ministre est en voyage. Ce qui n'était qu'une simple affaire commerciale quitte le terrain judiciaire pour prendre une dimension politique, et même diplomatique compte tenu des intérêts en jeu d'un des grands groupes bancaires français, la Bnp-Paribas qui détient la majorité du capital de la Bic. 

Source : Ahmed Abdallah - 5607/aa/hzkpresse/9h00
 
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans JUSTICE ET DROIT
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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 09:22
Affaire BIC/NICOM : La Bic est condamnée à payer 3,8 milliards fc
 
 « M. Christian Goût a commis une faute professionnelle, en fermant les comptes sans informer le conseil d’administration ni les actionnaires ».
 
Moroni, mercredi 16 mai 2007 (HZK-Presse) – La Banque pour l’industrie et le commerce (Bic-Comores), une société du groupe français Bnp-Paribas est condamnée par le tribunal de première instance de Moroni à verser 3,8 milliards fc (soit 7,7 millions d’euros) à la société Nicom, à titre de dédommagement du préjudice que cette dernière prétend avoir subi, suite à la fermeture des crédits que sa banque a décidé de lui infliger depuis 2005. C’est ce qui ressort d’un jugement rendu la semaine dernière, dans le cadre d’une affaire aux multiples rebondissements.
 
Entourés de ses deux avocats, le gérant de la société Nicom, Shamir Kamoula, se dit « victime d’un coup de la Bic  », qu’il soupçonne d’avoir voulu « avantager des amis » en trouvant dans cette affaire « un prétexte » pour l’éjecter du marché florissant du ciment dont il représentait 75% de parts de marché en 2004 [plus de 53.000 tonnes importées dans le pays, ndlr], expliquait-il hier soir aux journalistes, au cours d’une conférence de presse.          
Les avocats dénoncent la formule laconique : « nous n’avons pas convenance à travailler avec vous », utilisée par la Bic pour informer l’homme d’affaires de sa décision, l’obligeant à recourir à la signature de son avocat sur toute transaction bancaire passant par la Bic , déplore Me Ibrahim Ali Mzimba.
 
Cette fermeture aurait causé la détérioration de la trésorerie de l’entreprise, dont le chiffre d’affaires a chuté de 3 milliards fc en 2004 à moins de 1 milliards en 2005, selon les conférenciers.
 
A l’origine de cette affaire, la Bic avait porté plainte en 2005 contre Shamir pour avoir produit en sa faveur un avis de débit d’un client du nom de Hamza Said Construction, d’un montant de 14,9 millions fc, en règlement d’une vente de marchandises. Ce document s’est avéré être un faux, mais l’affaire fut classée sans suite, le délit d’escroquerie n’étant pas matériellement prouvé par la banque, soutient Me Harimia Ahmed.
 
Le parquet n’a pas fait appel du jugement qui a décidé la relaxe du gérant de Nicom, ajoute l’avocate.
 
Et Me Mzimba de se référer à « une jurisprudence française constante » pour tenter de démontrer qu’une banque ne peut s’autoriser de fermer des comptes commerciaux quelle que soit la nature de la faute commise par son gérant en tant que personne physique, distincte de celle de la société. La direction de la Bic ne saurait ignorer ce principe élémentaire du droit bancaire, dit-il.
 
La procédure commerciale a révélé que « M. Christian Goût a commis une faute professionnelle, en fermant les comptes sans informer le conseil d’administration ni les actionnaires »
 
« Je mets M. Goût au défi de me prouver qu’il a tenu l’Etat informé d’une telle action », lance l’avocat qui estime que la gestion de la Bic n’engage pas les autorités comoriennes.
 
Et l’avocat de se demander pourquoi la direction de la Bic n’a pas demandé « une contre expertise sur le montant des pertes » présumées de la société Nicom.
 
La banque et son administrateur directeur général sont condamnés solidairement à verser les 3,7 milliards fc, par une décision de justice assortie d’une exécution provisoire.
 
« La Bic s’est trompée d’époque et de pays », lance Me Harimia Ahmed, qui estime que la responsabilité civile de la banque est engagée. Tout comme celle de Christian Goût, actuel Administrateur directeur général de la Bic , qui aurait selon le bâtonnier commis « une faute professionnelle » en décidant unilatéralement de fermer les lignes de crédit de la société Nicom, sans informer le Conseil d’administration de la Bic.   
 
« Cette affaire est une garantie pour les investisseurs étrangers qui peuvent constater l’indépendance de la justice de notre pays », dit Me Harimia.
 
A en croire les deux avocats des affaires similaires sont souvent traitées dans les juridictions françaises sans qu’elles « ne donnent lieu à des pressions de toutes sortes, ni interférer dans les relations bilatérales entre la France et les autres pays ».
 
Dans ce litige commercial les conférenciers excluent toute implication du gouvernement français, « Paris n’a aucun rôle à jouer », répond Me Mzimba, qui révèle une correspondance de Jean-Jacques Santini, dans laquelle le Directeur de la branche internationale de Bnp-Paribas recommande à la direction de la Bic la recherche d’une entente à l’amiable avec les avocats de Nicom.     
 
L’affaire sera de nouveau jugée demain jeudi en cour d’appel, la Bic ayant contesté la procédure d’exécution provisoire de l’ordonnance du juge de première instance.
 
Unique banque commerciale de la place depuis l’indépendance, la Bic est une société anonyme de droit comorien au capital de 300 millions fc (609.000 euros), dont le groupe français Bnp-Paribas détenait 51% des actions avant de les céder depuis fin 2006 à la BRED , une filiale de la Banque Populaire [34% pour l’Etat comorien et 15% pour des actionnaires privés].     
 
Un des actionnaire privés de la banque, récemment invité à une réunion d’information par la direction de l’établissement, confiait à HZK-Presse que « la BIC ne peut pas payer une telle somme, ses fonds propres ne dépassant guère les 2 milliards de réserves, sinon elle va droit à la faillite ». A moins de procéder à une recapitalisation de la société, ce qui est encore peu probable dans la conjoncture économique actuelle.
 
El-Had Said Omar
Source: Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
 
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans JUSTICE ET DROIT
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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 22:59
Nouvelle affaire de malversation à la SCH : Le président de la Commission de gestion incarcéré
 
Moroni, lundi 19 mars 2007 (HZK-Presse) – Salim Ben Ali, président de la commission de gestion de la Société comorienne des hydrocarbures (SCH), est déféré ce matin au parquet de Moroni, après avoir été placé depuis vendredi en garde à vue à la brigade de recherche de la gendarmerie pour une affaire de malversation.
 
Il s’agit d’une « nouvelle affaire » de la SCH venant s’ajouter aux autres dossiers en cours d’instruction depuis juillet 2006 et dans lesquels sont déjà inculpés deux anciens dirigeants de l’entreprise, Abdou Soefo et Mohamed Moussa Moindjié, ainsi que plusieurs personnalités de l’ancien régime du colonel Azali Assoumani.
 
Si M. Moindjié écroué le 23 août 2006, bénéficie avec une dizaine d’autres prévenus d’une liberté provisoire, ce n’est pas le cas de M. Soefo, réincarcéré à nouveau pour non respect du contrôle judiciaire.
 
Nommé par décret du président de l’Union du 5 août dernier, M. Ben Ali était choisi pour diriger une structure provisoire de cinq membres, « chargée de l’organisation et du fonctionnement de la SCH en attendant la nomination d’un nouveau directeur », avec pour délicate mission d’assainir la situation financière de l’entreprise et régler les litiges en suspense.
 
Mais très vite il lui est reproché de s’ériger de fait en véritable patron de la boîte, osant prendre de grandes décisions dont celle relative au contrat Nestair, une société malgache spécialisée dans les produits pétroliers, qui est à l’origine de son inculpation.
 
Signé le 15 février dernier, ce protocole d’accord autorise Nestair à disposer sur le dépôt de Moroni d’au moins 300 m³ de produits pétroliers facturés au coût de revient.
 
Nestair avait déjà obtenu auprès des autorités comoriennes le droit de vendre sur le marché local du gasoil, sur la base d’un contrat de bail de trois ans, conclu en octobre dernier avec le ministre des finances de l’Union.
 
Le contrat stipule « la mise à disposition d’un espace de stockage logistique d’hydrocarbures d’une capacité de 500m3 dans les dépôts et terminaux d’importation de la SCH ». Il est aussi précisé à l’article 8 que « les produits pétroliers importés par Nestair et achetés par SCH et Ma-Mwe ne sont pas assujettis aux taxes et coût de stockage ».
 
Nestair consent par ailleurs à la SCH un prêt de 23 millions fc, pour la mise aux normes de certaines cuves, « un montant dérisoire », comparé à la trésorerie de la SCH qui fait une recette de 30 à 40 millions fc par jour.
 
Depuis quelques jours Nestair est opérationnelle, et approvisionne trois stations services de capitale, en utilisant les camions citernes de SCH, avec des bons de livraison portant l’entête « SCH » et sur lesquels est portée la mention manuscrite « Nestair », confirme à HZK-Presse Andjibou Ali Said, directeur de la SCH pour la succursale de Ngazidja.
 
Ce dernier affirmait à HZK-Presse avoir « tenté d’empêcher cette opération de blanchiment », qui aurait consisté à faire fonctionner au sein de la société « deux caisses parallèles », l’une pour les recouvrements de la SCH et l’autre réservée aux recettes de Nestair.   
 
Interpellé à son tour et placé également en détention provisoire, le représentant de Nestair, le malgache Ravelson Sole Dolare, a été aussi déféré ce matin devant le procureur de la république, Azad Mzé. Il doit répondre aux questions des enquêteurs après qu’une perquisition à son domicile ait permis à la police judiciaire de mettre la main sur une vingtaine de millions de francs comoriens en billets de banque et chèques, apprend HZK-Presse de source judiciaire.
 
Réagissant sur cette affaire, Kamar Ezamane Mohamed, ancien député et ancien co-dirigeant de la SCH, dénonçait dans une lettre au président de l’Union, publiée dans La Tribune des Comores (n°14 du 20 février), cette concurrence portant atteinte « aux intérêts et au patrimoine nationaux », qu’il qualifie de « crime économique ».
 
La SCH jouit depuis 1981 d’un monopole d’Etat dans un secteur toujours considéré comme stratégique. Le contrat Nestair serait à ses yeux « contraire à la loi portant réglementation des sociétés à capitaux publics » promulguée le 7 février dernier par le président Sambi, et prévoyant l’accord préalable du conseil d’administration.
 
Une précédente « convention de livraison de gasoil sur site à Mohéli » avait été signée en juillet 2006 avec la société Indo Africa maritime service, basée à Dar-Es-Salam (Tanzanie), autorisée à vendre du gasoil à « un prix préférentiel aux armateurs et industriels de la place » [l’opération a cessé après deux livraisons].
 
En 2003 un contrat tripartite était signé entre SCH, Total et MPS [Madagascar petrole service, filiale de Total] pour une assistance technique facturée à 1 million de dollars par an, mais dont la clause des quatre interventions trimestrielles prévues n’est jamais respectée selon un rapport de la commission de contrôle.
 
A cela s’ajoute un surcoût de 30.000 euros que la SCH doit supporter pour chacune des 8 cargaisons commandées durant l’année, à titre de frais de remorquage entre Mayotte et Moroni, pour assurer la sécurité du pétrolier lors du dépotage.
 
Créée en 1981 la SCH réalise un chiffre d’affaires de 12 milliards fc, et contribue au budget de l’Etat à hauteur de 4 milliards fc, soit près de 350 millions fc par mois. La SCH est placée sous la double tutelle du ministère des finances. Elle emploie un personnel de 130 agents fin 2006, contre 116 l’année précédente, soit une augmentation de 12%.
 
Source : El-Had Said Omar - 190307/eso/hzkpresse/7h30
 
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans JUSTICE ET DROIT
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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 23:48
 
 
 
Moroni, mercredi 28 février 2007 (HZK-Presse) – L’ancien directeur de cabinet du président Azali et actuel secrétaire général de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc), principal parti d’opposition au régime du président Sambi, a été empêché ce mercredi matin de se rendre à Anjouan. Houmed Ali Msaidié était attendu dans l’île dans le cadre d’une tournée de prise de contact avec la section régionale de son parti, a-t-il déclaré à HZK-Presse
 
 « Mon nom a été rajouté à la main sur une liste de personnalités interdites de quitter le territoire », poursuit l’ancien ministre d’Etat qui se dit « choqué par cette mesure arbitraire », alors qu’il n’est soumis à aucun contrôle judiciaire.
 
A en croire ce dirigeant de l’opposition, le procureur de la république, M. Azad Mzé aurait même clairement signifié au directeur national de la sûreté du territoire, auteur de la note d’interdiction, que Msaidié était bien « libre de ses mouvements ».
 
Il avait bénéficié le 2 septembre 2006 d’une mise en liberté d’office par la chambre d’accusation du tribunal de Moroni, après un mois passé en prison dans le cadre de l’affaire des détournements de fonds à la société comorienne des hydrocarbures.
 
Dans sa ligne de défense devant les 7 juges de la Cour constitutionnelle, son avocat avait invoqué « l’incompétence » des tribunaux ordinaires, estimant que « les faits incriminés étaient commis par son client dans le cadre de l’exercice de ses fonctions de ministre d’Etat », expliquait Me Fahmi.
 
L’ancien directeur de cabinet du président Azali accuse le nouveau pouvoir d’initier « des pratiques dignes d’un régime totalitaire ».
 
« Si c’est ma qualité d’opposant qui gêne, pourquoi un Jaffar Salim (le ministre de l’intérieur de l’île autonome d’Anjouan, ndlr) qui défie le gouvernement de l’Union, peut-il circuler librement sur le territoire national, tout comme Said Abeid (ancien dirigeant séparatiste exilé en France depuis 2001) qui se trouve actuellement dans le pays alors qu’il fait l’objet de poursuites…  », dit-il.        
 
Aucune réaction du gouvernement de l’Union n’a encore été faite sur cette affaire.  
 
Source : El-Had Said Omar - 280207/eso/hzkpresse/7h00 
 

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans JUSTICE ET DROIT
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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 23:28
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
 
Comores / Justice
 
Moroni, mercredi 28 février 2007 (HZK-Presse) Des terrains dont un bâti appartenant à M. Aboudou Soefo, l’ancien directeur général de la société comorienne des hydrocarbures (SCH), d’une superficie totale estimée à 13,38 ha sis à Makorani (sud de Ngazidja), à Sahani et Daché (Moroni) sont mis sous séquestre par le juge Ali M. Djounaïd dans son ordonnance du 14 février dernier, a appris HZK-Presse de sources judiciaires à Moroni.
 
De par cette saisie conservatoire, toutes ces propriétés sont indisponibles, « c’est-à-dire, a dit un magistrat, non vendables, non louables » jusqu’à la tenue d’un procès.
 
L’ancien directeur général de la SCH, rappelons-le, poursuivi pour « détournements de fonds publics » a été placé sous mandat de dépôt en juillet 2006 puis remis en liberté provisoire, quatre mois plus tard, et placé sous contrôle judiciaire.
 
Reproché de rupture volontaire du contrôle judiciaire parce qu’il aurait manqué plusieurs fois de pointer auprès du juge instructeur, celui qui fut ministre des Relations extérieures du colonel Azali après avoir dirigé la SCH, a été remis en détention le 8 janvier dernier.
 
Il est à noter que M. Soefo qui a déclaré, par la voix de son avocat, faire l’objet d’un « acharnement » de la part du parquet, a choisi de ne rien faire dans cette phase de l’évolution du dossier, et dit « accepter » sa détention « en attendant qu’on le libère ou la tenue d’un procès ».
 
« C’est une ordonnance de non droit », a réagi ainsi Me Ibrahim Ali Mzimba, l’avocat d’Aboudou Soefo, interrogé par HZK-Presse, ajoutant : « la vie privée de M. Soefo n’a rien à voir avec sa vie professionnelle ».
 
Pour Me Ibrahim Ali Mzimba, M. Soefo a exercé de hautes fonctions et des fonctions d’encadrement pendant près de 35 ans. « Ancien ministre, ancien directeur général, ancien professeur de l’enseignement secondaire pendant des décennies, on ne peut gommer la vie d’un homme qui approche la soixantaine en s’arrêtant sur ses trois ans à la direction générale de la SCH ».
 
Rappelons que si les terrains de M. Soefo sont saisis à titre conservatoire, ce n’est pas la première fois que la justice comorienne saisit des biens de gens poursuivis pour détournement de fonds.
 
Des véhicules appartenant à l’ancien directeur général des impôts, Djounaïd M. Soilihi, à son collègue des douanes, Raoul Delapyere, et autres condamnés pour l’affaire de la Banque centrale, tous poursuivis pour des délits similaires entre 2004 et 2005, avaient été saisis par la justice. Parmi ces véhicules quelques uns servent actuellement à la garde rapprochée du président Sambi.
 
Hassani Ahmed
280207/ha/hzkpresse/7h00
 
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