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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 10:16

 

 

Source : Al-watwan n° 1122 – 1123 du mardi 29 juillet 2008

 

Dix-neuf députés sur trente et trois ont rejeté le projet de loi déposé par le gouvernement relatif à la citoyenneté économique. Ce programme de ‘‘citoyenneté économique’’ allait donner la possibilité à tout investisseur, résidant dans un pays qui a conclu un accord avec les Comores, d’obtenir la naturalisation comorienne. Pour sa part, le gouvernement convaincu du bien fondé de sa démarche projette de soumettre la loi à la prochaine session d’octobre en prenant le soin, cette fois-ci, de mener une consultation large et profonde.

 

Ce programme initié par le chef de l’Etat allait lui permettre de relancer le programme Habitat, gelé par manque de moyens financiers. Le vote des députés a surpris tout le monde, d’autant que le gouvernement et les proches de la compagnie Comoro Gulf Holding, pensaient à son adoption, après avoir passé le cap de son passage au forceps en commission des lois. Ce projet de la citoyenneté économique a soulevé un tollé général, par sa singularité. Poser comme seule condition à l’obtention de la naturalisation, la possibilité d’investir dans l’immobilier un montant de 100.000 dollars est considérée par beaucoup comme ‘‘léger et suspicieux’’, dans la mesure où ‘‘le domaine de la naturalisation est l’un sujet les plus sacrés des nations’’.


Les personnes bénéficiaires de ces naturalisations, vivant aux Emirats et au Koweït, connus sous le nom de ‘‘Biddon’’, sont en réalité des apatrides exclus de fait à la naturalisation de leurs deux pays d’accueil, au seul motif qu’ils ne prouvent pas leur nationalité d’origine. L’obtention de la naturalisation comorienne allait leur ouvrir les portes aux Emirats et au Koweït et leur donner aussi la possibilité de devenir des Comoriens de droit.

 

L’Organisation patronale des Comores (Opaco) avait été le premier à réagir, à travers un mémorandum demandant au gouvernement ‘‘de retirer le texte pour favoriser une large concertation nationale’’. (Lire notre édition du vendredi)

 

Ce programme de ‘‘citoyenneté économique’’ allait donner la possibilité à tout investisseur immobilier, résidant dans un pays qui a conclu un accord avec les Comores, d’obtenir la naturalisation comorienne. Le projet rejeté par les élus devait conduire à une dérogation de certaines dispositions du code de la nationalité dont l’objectif est ‘‘d’assurer le développement économique et social de l’Union des Comores à travers l’attraction d’investissement étranger dans le domaine de l’immobilier’’. La qualité d’investisseur immobilier est acquise à toute personne présentant une demande en vue d’investir aux Comores une somme minimum de 100.000 dollars. La naturalisation comorienne est accordée, selon ce projet, sans condition de résidence habituelle ni de stage aux Comores. Selon son article 4, la naturalisation ‘‘ne peut être accordée qu’à l’étranger justifiant de sa résidence habituelle dans un pays ayant signé un programme économique avec les Comores’’.

 

Les initiateurs de ce projet annoncent que l’enveloppe financière pour la naturalisation de 4000 familles maximum des Emirats Arabes Unies est d’environ 100 millions de dollars. La naturalisation est ouverte aux conjoints et aux enfants des personnes naturalisées en vertu de la loi. Le gouvernement convaincu du bien fondé de sa démarche projette de soumettre la loi à la prochaine session d’octobre en prenant le soin, cette fois-ci, de mener une consultation  large et profonde.

 

AAA

 

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Mariama HALIDI ALWATWAN - dans JUSTICE ET DROIT
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 14:04

Selon les magistrats et les auxiliaires de justice, la machine judiciaire ‘‘a toujours du mal à fonctionner après la libération de Ndzuwani''.

Depuis lundi, les plaignants devant le Tribunal de première instance de Mutsamudu ne trouvent pas une oreille attentive à leurs plaintes. Et pour cause, les magistrats et les auxiliaires de justice observent un arrêt de travail car ils estiment que la machine judiciaire ‘‘a toujours du mal à fonctionner après la libération de Ndzuwani''.

Le nouveau procureur de la République dans l'île, Idi Bazia, et le juge Mohamed Abdou se sont installés au palais de Hombo au moment où l'exécution d'une décision de libérer les ex-milices de Mohamed Bacar était déjà en cours. Le dernier contingent de 73 hommes a recouvré la liberté, sur ordre du procureur général à Moroni, Nidhoim Athoumane, à la date du 28 juin. Depuis, seuls se trouvaient dans les geôles de Koki, les hommes politiques et ministres du régime rebelle de Mohamed Bacar.

Après un compromis des autorités de l'Union et de l'île, le juge Mohamed Abdou a ouvert une information qui a abouti à une mise en liberté sous contrôle judiciaire des prisonniers. Mais la décision a rencontré le refus du commandant régional de l'And à Ndzuwani. Il y a eu aussi le rejet par le président du tribunal de l'île d'une ordonnance visée par le procureur Idi Bazia sur l'exportation d'une certaine quantité de produit de rente par un expatrié.

La colère des magistrats exerçant dans l'île est causée par cette inapplication des décisions de justice. Le juge Mohamed Abdou aurait préféré prendre l'avion et regagné Moroni au moment où le procureur Bazia a arrêté la même décision. Les gendarmes et autres auxiliaires de justice dans l'île ont croisé les bras et attendent un dénouement de la crise.

Alwatwan N° 1116 du 18/07/08

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Mariama HALIDI Alwatwan - dans JUSTICE ET DROIT
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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 08:49
Selon l'avocate de Mohamed Bacar, l'ancien chef de l'exécutif d'Anjouan, assigné à résidence dans une base aérienne à Saint-Denis (île de la Réunion), pourrait quitter l'île de la Réunion à partir de la fin de la semaine à destination du Bénin.
"Des représentants de la préfecture ont annoncé lundi au colonel Bacar que le préfet envisageait d'abroger son assignation à résidence et de mettre à exécution un arrêté de reconduite à la frontière", a indiqué à la presseMaître Marie Briot, avocate du colonel
Mohamed Bacar.
 
Maître Marie Briot à rajouté : "Le colonel Bacar n'y est pas opposé, mais il réclame des garanties de ne pas être renvoyé aux Comores une fois sur place. Il craint que le Bénin n'ait déjà conclu un accord avec l'Union des Comores pour qu'il soit extradé aux Comores".
Mais pour la préfecture de la Réunion, le gouvernement français "ne renverra pas le colonel Bacar aux Comores ni dans un pays susceptible de le renvoyer aux Comores".
"La France a pris attache avec les autorités de plusieurs pays qui pourraient l'accueillir. Le Bénin est une hypothèse parmi d'autres", a expliqué le secrétaire général de la Préfécture, Monsieur Theuil.
Toutes les voies de recours étant épuisées par le colonel Mohamed Bacar, l'arrêté de réconduite à la frontière peut être exécuté sans problème.
Pour rappel, suite à l'intervention militaire sur l'île d'Anjouan tendant à instaurer l'ordre constitutionnel en mars dernier, Mohamed Bacar  en compagnie des militaires de sa garde rapprochée (22) avait fui l'île par vedette pour se rendre à Mayotte, une île comorienne sous administration illégale de la France où ils demandaient l'exil politique. Ils ont par la suite été transférés à la Réunion à bord d'un avion de l'armée de l'air française pour l'examen de leur demande et y être assignés à résidence mais aussi pour des poursuites judiciaires. Mohamed Bacar  a été condamné  à 3 mois de prison avec sursis pour détention d'armes.
Quant à la demande d'exil, L'Ofpra (Office français pour la protection des réfugiés et apatrides) a refusé tout en excluant son renvoi aux Comores.
Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES) 9 juillet 2008.
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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 23:24

  C’est maintenant officiel. Comme il fallait s’y attendre, depuis quelques jours le magistrat Idi Bazia surnommé Jeannot, originaire de Foumbouni - Ngazidja,  est devenu le nouveau Procureur de la République à Anjouan en remplacement du magistrat Ahmed Maandhu alias Lezamed (il est aussi avocat). Ce dernier qui a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines (voir ICI), cumulait son poste de conseiller juridique du chef de l’exécutif de l’île par intérim avec celui du Procureur de la République par intérim depuis l’intervention militaire à Anjouan.

 

Idi Bazia était depuis septembre dernier  Président du Tribunal de Première Instance de Mohéli en remplacement du magistrat Idrisse Abdou Moustakim qui était nommé juge d’instruction. Il a aussi travaillé au parquet de Moroni pendant plusieurs années en occupant plusieurs fonctions dont juge d'instruction, procureur de la République, président du tribunal et conseiller à la cour d'appel.

 

HALIDI-BLOG-COMORES
25/06/08 00h25

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 12:14

La Cour d'appel de Saint-Denis s'est opposé mardi à l'extradition du "président" déchu d'Anjouan Mohamed Bacar et ses hommes de sa garde rapprochée, réclamée par l'Union des Comores. Elle a suivi les réquisitions de l'avocat général qui, à l'audience du 5 juin dernier (voir ICI), avait estimé que l'intégrité physique de Mohamed Bacar et ses hommes serait menacée s'ils étaient renvoyés aux Comores, se référant à à la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). du 6 avril dernier.

L'Ofpra avait en effet rejeté la demande d'asile en France de l'ancien chef de l'exécutif d'Anjouan. Mais il avait exclu  son renvoi aux Comores en raison soi disant  des probables "risques de persécution". C'est du n'importe quoi mais cela n'est pas du tout surprenant quand on sait comment il avait quitté facilement Anjouan, où il était accueilli et qui l'avait aidé.

L'on assiste à une parodie de justice pour un problème diplomatique et politique.
 
Rappelons que l'extradition avait été demandée par les autorités comoriennes pour "atteinte à l'autorité de l'Etat" et complicité d'homicide volontaire, de coups et blessures volontaires, viols et détournements des deniers publics". Pour corroborer leurs affirmations, les autorités comoriennes avaient transmis aux autorités françaises plusieurs  procès-verbaux d'audition de personnes déclarant avoir été victimes des hommes du colonel Bacar  que celui-ci avait qualifié de " pures inventions"  à l'audience.
 
Néanmoins,l'avocat général François Basset avait curieusement consideré  que "les autorités comoriennes n'apportaient pas un début de commencement de preuves".
Quant au célèbre avocat français, Me Jacques Vergès qui représentait l'Etat comorien, il avait argué  à l'audience que le dossier relevait du "pur droit commun" et qu'un avis négatif à cette demande d'extradition aurait juste pour conséquence "d'empêcher le gouvernement français de prendre ses responsabilités". Il n'avait pas aussi manqué de rappeler aux magistrats français ceci : "Vous êtes là pour servir la justice indépendante et pas le gouvernement et ses magouilles".

Mohamed  Bacar a évidemment fait appel de la décision de l'Ofpra et de son arrêté de reconduite à la frontière et s'est pourvu en cassation sur sa condamnation pénale. Quelle lâcheté de vouloir à tout prix ne pas vouloir assumer ses responsabilités et ne pas rendre compte à la justice de son pays ! Le coq après avoir chanté s'est transformé en poule mouillée !
 
Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)
24 juin 2008
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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 09:07


Le procureur de la République de l’île d’Anjouan, Ahmed Maandhui, alias Lezamed, a déclaré lundi avoir ordonné la libération des personnalités proches de Mohamed Bacar (président déchu), « parce qu’il n’y a aucun chef d’accusation sérieux retenu contre eux ».

"On ne va pas les incarcérer pour le fait qu’ils ont été proches de Mohamed Bacar, il faut des faits. Que je sache, on ne fait pas le procès du séparatisme. Autrement, certains proches du président Sambi se trouveraient, eux aussi, derrière les barreaux », a déclaré à APA le magistrat Maandui.

Nommé dans la foulée du débarquement militaire de l’armée comorienne et des forces de l’Union africaine (UA) à Anjouan, en mars dernier, Ahmed Mandhui, qui cumule sa tâche avec les fonctions de conseiller juridique du président intérimaire de l’île, dénonce aujourd’hui les tentatives du gouvernement de l’Union des Comores de mettre au pas la justice comorienne.

« Le pouvoir veut gérer le dossier des prisonniers à sa guise, sans aucun respect des règles juridiques », a-t-il dit.

Le magistrat dit en outre regretter que certaines décisions judiciaires se heurtent, dans leur exécution, à la volonté de l’autorité militaire à Anjouan.

« J’ai ordonné la libération d’un certain nombre de prisonniers, mais l’armée a refusé de les élargir. Je n’ai pas accepté ce poste pour être une marionnette du pouvoir ou un guignol », s’insurge-t-il.

Interrogé au téléphone par APA, le porte-parole du gouvernement comorien n’a pas souhaité réagir à la libération de certaines figures du régime Bacar (Voir ICI).

« Il est encore trop tôt pour savoir tous les tenants et les aboutissants de cette décision » de libération des prisonniers, a déclaré Said Bacar Abdourahim, ministre de l’Education nationale, de la Recherche, des Arts, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, porte-parole du gouvernement.

SOURCE : APA/ IM/  09/06/2008/ 22 : 32 : 52 

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 12:59

 

 

L’ancien Président des Comores, Ahmed Abdallah Abdérémane disait souvent «Dans les rapports entre nos deux pays, les Comores sont la viande et la France est le couteau »

 

A méditer dans ce pseudo affaire politico judiciaire.

 

 J’espère que le peuple comorien saura au moins un jour  le montant des honoraires que l’Etat Comorien a versé à Me VERGES pour un procès inutile. Et quand je pense que les fonctionnaires comoriens ne sont pas payés depuis plusieurs mois, j’ai envie de vomir.

 

En vérité la réponse à une demande d’extradition est plus politique que judiciaire. Que les autorités politiques françaises prennent leur responsabilité et que les autorités comoriennes défendent fermement et adroitement les intérêts de leur pays ! (voir notre point de vue du 29 mars 2008 en cliquant ICI)

 

Fort heureusement, le ridicule ne tue pas !

 

Mais pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui veulent continuer à suivre ce feuilleton ridicule et humiliant, ci-dessous deux articles.

 

HALIDI-BLOG-COMORES

 

 

1) SOURCE :  Al-watwan N° 1087 du 06 juin 2008

 

Demande d’extradition de M.Bacar

“Ne trempez pas dans les magouilles de la France”

 

Affaire Mohamed Bacar

L'avocat général émet un avis négatif à l'extradition du colonel Bacar

 

L'avocat général de la cour d'appel de Saint-Denis a émis jeudi un avis défavorable à l'extradition de l'ex-président d'Anjouan, le colonel Mohammed Bacar, demandée à la France par l'Union des Comores. La cour d'appel rendra sa décision le 24 juin.

 

Jacques Vergès n’a pas mâché ses mots hier lors de l’examen par la chambre d’instruction de St Denis de la Réunion de la demande d’extradition

de M. Bacar et de ses 22 acolytes. La plaidoirie de l’avocat de l’Union des Comores poussera-t-elle les magistrats à donner un avis favorable

à cette demande d’extradition ? Rien n’est moins sûr. L’avocat général s’oppose fermement à un retour de Bacar aux Comores.

L’affaire est mise en délibéré au 24 juin prochain.

 

Homicides, viols, tortures, détournements de fonds, atteinte à l’unité des Comores. Les faits reprochés aux

23 Comoriens sont graves. Et pourtant, leur audition relève davantage de la comédie que de la tragédie”. Tour à tour ils sont appelés à la barre pour se voir notifiées les accusations dont ils font l’objet. L’examen de chaque cas commençant par une vérification de l’état civil de l’intéressé, c’est là que l’assistance est amenée à rire, sinon au

moins à sourire. Nom ? Prénom ? Nom et prénom du père, de la mère… Absoir Omar : lequel est le patronyme ?

Le président finit par en perdre son latin. Lieu de naissance ? - Fomboni, Mohéli. - C’est à Anjouan, ça ?

 

Passées ces nécessaires vérifications d’identité, l’interrogatoire est rapide, et les réponses stéréotypées.

- Qu’avez-vous à dire concernant les accusations dont vous faites l’objet dans le mandat d’arrêt international

: homicide, viols, … ?

- C’est la première fois que j’entends parler de ça. Ce ne sont que des mensonges.

- Acceptez vous d’être extradé aux Comores ?

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce qu’il n’y a pas de justice là bas.

Et l’intéressé d’aller se rasseoir auprès de ses compatriotes, le sourire aux lèvres, le sentiment du devoir accompli.

Il faudra attendre 2 heures et le passage des 23 acolytes pour que soient étayées les accusations. Les témoignages

sordides de viols et de torture, rapportés par l’avocat de l’Union des Comores alourdissent l’ambiance.

Les viols auraient été commis “par volonté de torture, et non par pulsion sexuelle”.

Mais ces témoignages sont balayés d’un revers de main par l’avocat général : Ils ont été amenés trop tard (la veille de l’audience), et ne peuvent donc être pris en compte par la Chambre d’instruction. C’est le 1er d’une série d’arguments contre l’extradition des 23 hommes. Le principal étant le manque de preuve, l’absence d’articulation des faits qui ne sauraient mettre en cause la responsabilité pénale de Bacar et de ses hommes. Autrement dit, la justice comorienne n’a aucun élément précis contre eux.

 

“La France doit tenir sa parole”

 

Mais Me Vergès a d’autres flèches à son arc. Il rappelle qu’en décembre 2002 des mercenaires Français ont tenté un coup d’Etat à Mohéli. Arrêtés par l’armée Comorienne, ils ont été extradés à la demande de la France.

Avec promesse de réciprocité, faute d’accord d’extradition entre les deux pays. Et l’avocat de l’Union des Comores de demander que la France tienne sa parole en livrant Bacar aux autorités comoriennes.

 

Maître Vergès enfonce le clou en dénonçant “ l’attitude incohérente “ de Paris. Pour lui les politiques ne veulent pas assumer leur responsabilité en “ transférant la patate chaude “ aux magistrats. Me Vergès demande ainsi à la chambre d’instruction de seulement “ dire le droit et ne pas tremper dans les magouilles politiques

de la France’’. D’autant plus que si la chambre d’instruction donne un avis favorable à la demande d’extradition, le gouvernement français aura toute liberté d’accéder ou non à cette demande. A l’inverse, un avis défavorable

obligerait l’Etat français à refuser la demande de Moroni. Malgré tous ces arguments, la demande d’extradition aux Comores de l’ex président d’Anjouan et de ses compères a très peu de chances d’aboutir. L’OFPRA (Office français de Protection des Réfugiés et Apatrides) l’a d’ailleurs déjà déconseillée, et en coulisse Paris continue

à leur chercher un pays d’accueil. Le Bénin se dit prêt à les héberger, tout comme d’autres Etats du Golfe

Persique. La chambre d’instruction de la Réunion a mis son avis en délibéré. Elle se donne jusqu’au 24 juin prochain pour dire oui ou non à l’extradition vers les Comores.

 

Hakime Ali Said

 

2) SOURCE : CLICANOO.COM | Publié le 6 juin 2008

 

Bacar bien parti pour rester

COUR D’APPEL. L’avocat général a proposé hier à la chambre de l’instruction de prononcer un avis défavorable à la demande d’extradition du colonel Bacar et ses hommes. Pour l’Union des Comores, Me Vergès a demandé aux juges de « ne pas tremper dans les magouilles du gouvernement français » et de le laisser décider tout seul. Décision le 24 juin.

Il n’y avait hier soir pas de sièges plus inconfortables que ceux des trois magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Saint-Denis. Sollicités pour examiner la légalité de la demande d’extradition déposée par l’Union des Comores à l’encontre du colonel Bacar et sa vingtaine d’hommes, ils se sont retrouvés pris à partie dans le débat politico-diplomatique qui entoure la présence sur le sol français de l’encombrant président déchu d’Anjouan. Si leur avis est défavorable, la procédure d’extradition sera renvoyée dans les cordes et Bacar échappera à un procès à charge à Moroni. Si leur avis est favorable, ils renvoient la patate chaude au gouvernement français qui devra prendre seul la décision d’extrader Bacar, au risque de se froisser avec les Comores ou de vivre un procès embarrassant compte tenu des liens ténus entre l’ex-président et la France.

Avec sa verve et son aisance coutumières, Me Jacques Vergès, venu représenter l’état comorien, a rapidement mis la pression sur les juges. « Ne trempez pas dans les magouilles du gouvernement. Soyez une justice respectée et respectable et laissez ce gouvernement incohérent se dépêtrer de sa position impossible », lance le ténor du barreau.

L’avocat fait référence aux déclarations de Kouchner promettant de « remettre Bacar aux autorités comoriennes » et de l’autre côté au frein que met selon lui le ministère de la Justice à cette extradition. « Le gouvernement tient une position impossible, certains ministres veulent cette extradition et d’autres ne la veulent pas. Faites que ce choix politique soit celui des politiques et pas celui des magistrats. Ne servez pas d’alibi au gouvernement pour éviter de trancher ce dossier », conclut Jacques Vergès.

Qualifié après coup de « serviteur admirable ayant reçu une directive », l’avocat général François Basset devra commencer son réquisitoire en se justifiant : « Je ne suis inféodé à aucune hiérarchie, les magistrats sont étrangers au débat politique et sont là pour dire le droit. » Et visiblement, en matière de droit, il y avait beaucoup à dire sur les lacunes de la procédure d’extradition formulée par l’état comorien à l’encontre des 22 du clan Bacar. Confusion dans les identités des membres de la garde rapprochée de Bacar, qualification hasardeuse et trop vague des faits reprochés « sans le moindre commencement de preuve », l’avocat général ne voit que trop de raisons de donner un avis défavorable à la requête de l’Union des Comores. Sans compter que l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui a déjà accordé l’asile à trois des membres de l’expédition mahoraise, s’est prononcé contre un renvoi de Bacar et des siens aux Comores, « où leur intégrité physique ne serait pas garantie. »

Pour les avocats de la défense, il n’y a plus alors qu’à dérouler la liste des points litigieux de la procédure. Et insister sur le fait que cette extradition est demandée dans un but politique, ce qui présente un obstacle en droit français.

Pour Me Marie Briot, il n’y a aucun doute que les infractions reprochées à Bacar, à savoir « atteinte à l’autorité de l’État et à l’unité nationale », ont une connotation politique. « D’ailleurs, le ministre des Affaires étrangères comoriennes l’a réaffirmé lors de son voyage ici : Sambi doit transformer sa victoire militaire en victoire politique par le procès de Bacar », pointe l’avocate.

La chambre rendra son arrêt le 24 juin prochain

Sébastien Gignoux

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 09:07
SOURCE : SAINT-DENIS-DE-LA REUNION, 5 juin 2008 (AFP) - 9h16

Le colonel Bacar, ex-président d'Anjouan, condamné à 3 mois de prison avec sursis .

Le colonel Mohammed Bacar, président déchu de l'île comorienne d'Anjouan et les hommes de sa garde rapprochée, ont été condamnés jeudi à trois mois de prison avec sursis par la cour d'appel de la Réunion pour importation d'armes, a-t-on appris de source judiciaire.

Le 29 mars dernier, le tribunal correctionnel de Saint-Denis avait annulé pour vice de forme la procédure engagée contre le colonel Bacar et les 22 hommes (voir ICI) qui l'avaient accompagné dans sa fuite à Mayotte puis à la Réunion. Ils étaient poursuivis pour entrée irrégulière en France, détention, transport et importation d'armes. Le parquet avait fait appel de cette décision.
La cour d'appel a relaxé le colonel Bacar et ses hommes pour entrée irrégulière à Mayotte, invoquant des dispositions de la Convention de Genève. En revanche, tous ont été condamnés pour être entrés à Mayotte en possession d'armes, certains pour importation, d'autres pour détention. La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général Michel Baud qui avait requis une peine de 3 mois avec sursis à l'encontre de chacun des prévenus.
Les avocats de la défense avaient plaidé la relaxe estimant que les armes qu'ils transportaient étaient destinées à assurer leur protection pendant leur fuite d'Anjouan et qu'ils les avaient remises à la gendarmerie dès leur arrivée à Mayotte.

Le 6 avril dernier, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a rejeté une demande d'asile en France du colonel Bacar tout en excluant son renvoi aux Comores en raison des risques de persécution (Voir ICI).
Depuis leur arrivée à la Réunion dans un avion de l'armée de l'air française, le 28 mars dernier, le colonel Bacar et ses hommes sont assignés à résidence dans une base militaire. La cour d'appel doit examiner jeudi une demande d'extradition déposée par l'Union des Comores, représentée par Me Jacques Vergès.
Mohamed Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002 mais dont la réélection en juin 2007 avait été jugée illégale par l'Union des Comores et l'Union africaine (UA) a été renversé fin mars par une opération militaire baptisée "Démocratie aux Comores" conduite par l'armée comorienne et des troupes mandatées par l'UA.



© 2008 AFP.
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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 08:10

La décision de l’OFPRA (l'Office français de protection des réfugiés et apatrides) est bien tombée le mercredi dernier. La demande d’asile politique de Mohamed Bacar et la plupart de ses hommes a été rejetée. En effet, parmi ses 22 hommes, 4 se sont vus finalement accorder le  statut de réfugié politique en France. Toutefois, il est fort probable que Mohamed Bacar et les autre recalés saisissent  la commission de recours des réfugiés, à Paris, pour un réexamen de leur dossier. Affaire à suivre.

Néanmoins, l’OFPRA a évoqué dans sa décision des risques “réels et dangereux” qui pèseraient sur Mohamed Bacar s’il devait être renvoyer aux Comores. Ce qui signifie logiquement que celui ci sera peut être expulsé un jour mais vers un autre pays qui accepterait de l’accueillir.  
La préfecture de La Réunion a aussitôt publié un nouvel arrêté de reconduite à la frontière à l’encontre de MOhamed Bacar et consorts tout en excluant une reconduite vers les Comores.

 

Les autorités comoriennes espèrent tout de même son extradition vers notre pays. « Nous espérons qu'il ne sera pas envoyé ailleurs.  La France doit mesurer l'importance de l'enjeu qui, en tout état de cause, ne pourra compromettre les relations entre les deux pays » a déclaré le ministre de l’éducation nationale de l’Union des Comores et porte parole du gouvernement, Monsieur Abdouroihim  Said Bacar.

 

HALIDI-BLOG-COMORES 15 mai 2008

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 23:27
SOURCE : APA-Moroni (Comores) 24/04/2008

 Un projet de recrutement de magistrats
étrangers dont le projet de loi a été soumis à l'assemblée nationale
par le président comorien, Ahmed Abdallah Sambi, fait polémique dans
l'archipel.

« Le projet de loi relatif au recrutement de magistrats étrangers
est complètement aberrant. Il est actuellement dans un tiroir à
l'assemblée. Nous n'allons jamais l'étudier », a déclaré à APA le
député Ibrahim Soeuf.

Il y a une semaine, le président de l'Union des Comores, Ahmed
Abdallah Sambi, avait appelé, lors d'une cérémonie dédiée à la
libération de l'île d'Anjouan, la population à faire pression sur
les parlementaires pour que le projet de loi du gouvernement portant
recrutement de magistrats étrangers soit adopté.

« Je vous exhorte à interpeller ces élus sur le sujet car le salut
de notre pays passe par l'application d'une justice équitable et
impartiale » avait-il dit.

« Ce projet de loi est une atteinte à notre souveraineté. Après plus
de trente ans d'indépendance, nous ne méritons pas cela », a réagi
l'ancien ambassadeur des Comores en Egypte, Mohamed Ali Dia,
aujourd'hui président du Parti national des Comores (PANACO).

Pour le vice-président de l'assemblée des Comores, Ibrahim Mohamed
Sidi, il s'agit-là « d'une insulte à notre justice ». Et Sidi de se
demander pourquoi le gouvernement comorien veut mettre en doute la
compétence de nos magistrats.

« Notre justice a des problèmes de moyens, non de ressources
humaines », a-t-il ajouté.

Pour Sidi, la justice et le droit « sont le reflet d'une réalité
sociale. Et ces magistrats étrangers ignorent royalement les
réalités comoriennes ».

Le chef de l'Etat comorien a toujours dénoncé la corruption qui
gangrène aujourd'hui l'appareil judiciaire des Comores. Deux hauts
magistrats de la cour d'appel ont été remerciés en janvier dernier
pour « corruption ».

Ils ont été suspectés de connivence avec une entreprise de négoce,
Nicom, qui avait alors des démêlés judiciaires avec la Banque
internationale des Comores (BIC, une filiale de la BNP dont l'Etat
comorien est actionnaire).

« Ces magistrats ont été placés sur écoute. Et on a relevé de
nombreux entretiens téléphoniques entre eux et la partie Nicom »,
avait dit le président Sambi pour motiver sa décision de
licenciement.

La justice a été l'un des principaux thèmes de la campagne
électorale du candidat en mai 2006. Il a toujours dit sa « volonté
d'assainir les mœurs judiciaires » des Comores.

Depuis son arrivée au pouvoir, ses opposants ne cessent, cependant,
de dénoncer l'interférence du pouvoir politique dans le
fonctionnement de la justice.

« Il suffit que la décision d'un juge ne satisfasse pas le pouvoir
pour qu'il soit relevé de ses fonctions », a fustigé un opposant au
régime, citant le cas de deux autres magistrats rayés du tribunal en
janvier 2007.

IM/aft/APA
24-04-2008
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