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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 12:37
 
Moroni, jeudi 17 avril 2008 (HZK-Presse) – Contre toute attente, c'est encore la société NICOM qui gagne contre la BIC (Banque pour l'industrie et le commerce), en obtenant des juges de la Cour d'Appel le rejet de la demande en révision du procès. Comme une douche froide, le délibéré est tombé hier mercredi 16 avril, dans la journée, au cours de l'audience publique présidée par Cheikh Salim, un magistrat que l'on croyait pourtant acquis à la cause de la BIC , selon de nombreux observateurs.

Composée de trois juges dont les conseillers Abdoulkader et Mme Nadhuma Youssouf, la Cour a motivé sa décision en estimant que dans cette affaire, la BIC a manqué à la procédure. Ce magistrat, qui exerçait précédemment à la chancellerie des fonctions administratives, sera le 10ème en trois ans à instruire cette affaire commerciale aux multiples rebondissements, qui a donné lieu à 7 décisions de justice successives, toutes favorables à la société NICOM et son gérant Shemir Kamoula. Comment et pourquoi une dizaine de magistrats d'un même tribunal, dont 4 juges de première instance, auraient-ils pu en arriver pratiquement aux mêmes conclusions ?
En décembre dernier, deux hauts magistrats de cette même Cour d'Appel ont été limogés pour avoir été soupçonnés de corruption, après avoir confirmé, dans le cadre de ce même dossier, le précédent jugement condamnant la BIC-Comores [une filiale du groupe BNP-Paribas] à payer 4,8 milliards (9,7 millions d'euros) à titre de dommages et intérêts pour avoir interrompu abusivement les lignes de crédits de la société NICOM.
Interrogé par HZK-Presse, l'avocat de cette dernière s'est déclaré « agréablement surpris » par le délibéré de la Cour d'appel. « Nous étions quelque peu réservés et même circonspects, par rapport aux changements intervenus dans l'appareil judiciaire, car cela ne nous inspirait pas confiance ». Mais tous comptes faits, « le droit a encore triomphé », ajoute Me Ibrahim Ali Mzimba.
Les juges d'Appel n'ont donc pas accordé à la BIC-Comores la possibilité tant espérée d'une ultime « procédure en révision du procès », en se fondant sur le fait qu'elle n'a pas satisfait aux conditions de recevabilité de sa requête telles que prévues à l'article 602 du code de procédure civile, notamment l'obligation d'une « assignation à comparaître de toutes les parties au procès, à peine de nullité ».
L'un des avocats parisiens de NICOM, Jacques Alexandre Genet, aurait semble-t-il réussi à démontrer dans ses plaidoiries, sa qualité de « fin procédurier », en soulevant cette exception d'irrecevabilité contre la BIC , reconnaît un juriste habitué des allées du palais de justice.
Ayant épuisé toutes les voie de droit, la BIC n'aura plus qu'à recourir à l'arbitrage international à travers l'OHADA [Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique, une juridiction intergouvernementale spécialisée dans le contentieux commercial, dont l'Union des Comores est membre adhérent, ndlr], comme semblait déjà l'envisager l'avocat comorien de la BIC , Me Fahmi Said Ibrahim.
El-Had Said Omar

Pour voir le compte rendu de l'affaire en 1ere instance, cliquez ICI
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans JUSTICE ET DROIT
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 14:09

La chambre d'instruction de la cour d'appel de Saint-Denis a ordonné vendredi la remise en liberté du colonel Mohamed Bacar, le chef de l'exécutif et rebelle déchu de l'île d'Anjouan et de ses 21 hommes. Selon la préfecture de l'île de la Réunion, ils ont été aussitôt assignés à résidence. Suite à une demande d'extradition du gouvernement des Comores leur réprochant
des "détournements de fonds publics, homicides volontaires, viols, tortures et autres violences contre les habitants d'Anjouan"ils  étaient écroués sur requête du procureur de la République de Saint-Denis le 5 avril dernier.
Les avocats du  colonel Bacar et ses hommes avaient fait appel de la décision en expliquant lors de leur audition devant la chambre d'instruction de la cour d'appel  que le seul document adressé par les autorités comoriennes était un fax provenant de métropole et ne comportant aucun élément sur les faits incriminés. Selon Maître Marie BRIOT, un des avocats de Bacar et ses hommes "cette demande d'extradition fantaisiste n'aurait jamais dû être prise en compte".
Pour elle,  étant donné que ceux ci faisaient l'objet d'une assignation à résidence dans le cadre d'une procédure de reconduite à la frontière, ils devraient rester sous bonne garde à la base aérienne 181, même si la cour décidait de leur remise en liberté pour des raisons de sécurité.

Quant au procureur général, il avait requis le maintien en détention, invoquant le manque de garanties de représentation de Mohamed  Bacar et de ses hommes ainsi que leur propre sécurité, en raison des manifestations des membres de la communauté comorienne de la Réunion.

Selon le la Prefecture de la Réunion, "Le gouvernement des Comores dispose jusqu'au 4 mai pour adresser un dossier complet étayant sa demande d'extradition" afin de saisir à nouveau la Cour d'Appel de Saint Denis.

Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES
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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 08:54
Le sort des rebelles anjouanais : Bacar et sa bande ne risquent pas la peine de mort aux Comores
Moroni, jeudi 10 avril 2008 (HZK-Presse) – L'ex-chef rebelle et consorts qui ont soufflé le chaud et froid dans l'île d'Anjouan ont un dossier judiciaire très chargé. Qu'ils aient pris la fuite ou qu'ils soient restés dans l'archipel, ils seront poursuivis d'atteinte à l'autorité de l'Etat, d'atteinte à l'intégrité territoriale, de détournement de fonds, de complicité d'homicide, de pillage, etc. Ses compagnons d'infortune encourent au vu de ces charges, des peines comprises entre 5 ans et la perpétuité.
Contrairement à ce que la rue considère, « aucune des personnes inculpées dans ce dossier n'encourt la peine de mort. Même le colonel Bacar ne risque pas la peine capitale, même si elle existe toujours dans notre code pénal. Pour que il y ait peine de mort, il faut un assassinat. « Dans ce cas précis, il s'agit seulement de meurtre. Pour qu'il y ait assassinat, il faut au moins une préméditation », explique le procureur de la république, Azad Mzé.
L'exclusion de la peine capitale constitue un argument de plus en faveur de l'extradition de Bacar devant la justice comorienne. La France disait craindre l'application de la peine de mort à l'ex-dictateur pour justifier la non extradition. En tout cas, le transfert de Bacar devant les juridictions nationales pour répondre de ses actes est « en bonne voie », signalent les autorités judiciaires comoriennes. Les mandats d'arrêt et les demandes d'extradition sont arrivés à destination devant les autorités françaises.
L'incarcération de Bacar et sa bande répond à une demande de l'Etat comorien. Moroni parle de « plus de 50% de chance qu'il soit extradé ». Alors que leur ancien chef est entrain d'être cuisiné par la police française, les autres lieutenants de Bacar capturés par l'AND, commencent une vie carcérale avant même d'être jugés. Abdou Madi, Djaffar Salim et consorts passent leurs nuits dans la prison de Koki où ils ont remplacé leurs opposants d'hier.
C'est justement la question que les observateurs se posent, à savoir la légalité de cette détention. « Le délai de 48 heures pour la garde à vue est expiré. Il faut une autre décision pour prolonger la garde à vue ou les placer en mandat de dépôt. Les avocats peuvent soulever un vice de procédure », soutient un juriste. Mais pour des autorités militaires, « la garde à vue n'a pas encore commencé. Il s'agit d'une phase de renseignements ». Des enquêteurs de la police judiciaire sont dépêchés à Anjouan pour organiser les premières auditions.
Mais la tache s'annonce difficile pour cette équipe qui doit auditionner plus de 600 personnes, des politiques comme des militaires. Ne disposant pas de tribunal militaire, les anciens de la Force de Gendarmerie Anjouanaise (FGA) seront probablement jugés par les tribunaux de droit commun, comme les autres détenus. Le juge d'instruction en charge du dossier depuis juin dernier, a accéléré le travail. Deux informations judiciaires sont ouvertes au tribunal de Moroni. Maintenant, se pose aussi la question de la suite de l'enquête et du procès que d'aucuns espèrent qu'il aura lieu.
Du point de vue du droit, le procès doit avoir lieu à Anjouan étant donné que les prévenus sont anjouanais et ont commis leurs délits à Anjouan. « Mais pour des raisons de sécurité, les prisonniers peuvent être transférés à Moroni », explique-t-on dans les milieux judiciaires. Quant à la capacité de mener une instruction et de juger plus de 600 hommes, le procureur de la république assure que « la justice comorienne est capable d'y répondre même si cela sera difficile et prendra le temps nécessaire », compte tenu des ressources humaines et logistiques disponibles.
Source : Ahmed Abdallah - 100408/aa/hzkpresse/6h00
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans JUSTICE ET DROIT
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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 22:35

Le tribunal administratif de Saint-Denis (île de la Réunion) a confirmé dimanche un arrêté de reconduite à la frontière qui vise Mohamed Bacar, l'ancien chef rebelle d'Anjouan déchu ainsi que 22 hommes qui l'accompagnent.

Mohamed Bacar, l'ex chef de l'exécutif d'Anjouan fort d'Anjouan, avait déposé une requête contre l'arrêté du préfet de l"île de la Réunion ayant prévu  son expulsion de cette île française "vers un pays où il serait légitimement admissible".

 

Toutefois, l'expulsion ne peut pas être réalisée tant que l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) n'aura pas statué sur la demande d'asile formulée par Mohamed Bacar et ses 22 compagnons.

 

Mohamed Bacar et ses accompagnateurs sont incarcérés  incarcérés à la Réunion depuis le 4 avril.

 

Les avocates de Mohamed Bacar ont annoncé qu'elle avait déposé une demande de mise en liberté devant la cour d'appel de Saint-Denis-de-la-Réunion.

L'un des compagnons de Mohamed Bacar, non concerné par la demande d'extradition des Comores, est assigné à résidence.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES) 06 avril 2008 23h35 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 13:15

Bacar relaxé mais devrait être placé en rétention administrative

SAINT-DENIS-DE-LA-REUNION (France) - Le président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, Mohamed Bacar, poursuivi notamment pour entrée illégale en France, a été relaxé samedi par le tribunal de Saint-Denis de la Réunion (France) mais devrait être placé en rétention administrative.

Le tribunal a déclaré nulle la procédure du Procureur de la République à l'encontre de M. Bacar et de ses 23 hommes, qui étaient poursuivis pour "séjour sans titre, importation, port et transport d'armes prohibées".

Ils devraient toutefois faire l'objet d'une mesure de rétention administrative et ne pourront pas quitter libres le tribunal correctionnel, selon une source policière.

Le colonel Bacar et ses 23 hommes, essentiellement des militaires, à qui il est reproché d'être entrés illégalement sur le territoire français le 26 mars à Mayotte en possession d'armes de guerre, avaient été placés en garde à vue aussitôt après avoir atterri à La Réunion, où ils avaient été transférés dans la nuit de jeudi à vendredi par avion militaire français.

Mohamed Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002 mais dont la réélection en juin 2007 a été jugée illégale par l'Union des Comores et l'Union africaine (UA), a été renversé au cours d'une opération militaire mardi.

Il s'était réfugié le lendemain à Mayotte, où il a été aussitôt appréhendé par les autorités françaises avant d'être transféré à La Réunion, avec les 23 personnes qui l'accompagnaient.

(©AFP / 29 mars 2008 12h44)

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 12:57
Comores / Société
L’ordre des avocats face à la presse :
Un plaidoyer pour la transparence absolue de la justice
 
Moroni, samedi 12 janvier 2008 (HZK-Presse)Présidée par le doyen des avocats du barreau de Moroni, Me Ali Abdou Elaniou, une conférence de presse de l’ordre des avocats s’est tenue ce samedi 12 janvier à l’hôtel Le Moroni, pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme « une immixtion du pouvoir politique dans les affaires judiciaires ». Même si la conférence ne portait pas sur certaines affaires qui défraient la chronique, comme le procès BIC/NICOM, les intervenants n’ont pas manqué de s’y référer, pour justifier leur position.   
 
Pour Me Elaniou, la récente révocation de deux magistrats [Halifa Ben Mohamed et Zaidou Ahamada, membres de la cour d’appel soupçonnés de corruption, ndlr], suivie de l’inculpation du bâtonnier, Me Harimia Ahmed, relèvent d’une volonté d’instrumentalisation de la justice et de mise à la touche des autorités de l’île autonome de Ngazidja, où « l’effectivité des juridictions de base » ne serait pas respectée par le gouvernement de l’Union, contrairement aux deux autres îles de Mwali et Ndzouani.
 
Il a été reproché au ministre de la justice, Mourad Said Ibrahim, et au gouvernement d’avoir agi en dehors des règles, « ignorant le rôle du conseil supérieur de la magistrature, seul organe habilité à sanctionner un magistrat dont la faute est prouvée », soutient le doyen. Un conseil dont la mise en place dépend de la nomination des membres de la Cour suprême, elle-même non effective malgré la promulgation des lois qui les ont créées.
 
Et son confrère Me Mahamoud d’expliquer que le devoir de l’ordre des avocats était d’abord de dénoncer les « violations répétées des procédures ». Exprimant leur solidarité envers leur confrère inculpée, ils disent ne pas contester pas la légalité des poursuites engagées contre tout justiciable, dit-il, « mais nous sommes liés par l’obligation de protéger le secret du dossier de chacun de nos client », sous peine sanctions disciplinaires. Et Me Harimia de renchérir en citant l’exemple de l’utilisation abusive par la chancellerie de documents bancaires appartenant à son cabinet et frappés selon elle du secret professionnel.
 
Concernant le recours à des juges étranger pour palier à l’insuffisance de magistrats dans le pays, les conférenciers s’y opposent estimant qu’une telle démarche serait « indécente et humiliante » aux yeux de l’opinion, après 32 ans d’indépendance. « C’est une question de souveraineté nationale », lance le doyen des avocats, qui suggère au gouvernement le renforcement des capacités par la formation…
 
A en croire Me Ibrahim Ali Mzimba, appeler des expatriés à venir siéger dans nos juridictions cela suppose une révision de la constitution car en la matière ni le ministre de la justice, ni le parlement n’a la compétence de modifier une disposition d’ordre constitutionnelle. Il faut valoriser la profession pour inciter les jeunes à embrasser la carrière de magistrat.
 
La conférence a permis aussi de poser la question de l’exercice du métier d’avocat aux Comores, notamment en raison de « l’absurdité », selon Me Elaniou, des textes appliqués, en l’occurrence la loi de 1939 utilisée à une époque où l’archipel était rattaché à Madagascar, sous administration française. « Un texte purement colonial et non adapté au contexte actuel », fait-il observer.
 
L’interdiction faite récemment à Me Larifou par un juge pour défaut d’autorisation préalable de plaider, étant considéré comme « un avocat étranger », ne serait pas justifiée. En France, une simple « visite de courtoisie » suffirait à un avocat étranger, pour plaider dans une affaire.
 
Dans un communiqué remis à la presse, se référant à une récente déclaration du président Sambi affirmant que « tout le monde est justiciable », l’ordre des avocats à la cour d’appel réclame « la transparence absolue de la justice » et demande que « le droit, tout le droit et rien que le droit s’applique à ces hommes en robe », magistrat comme avocat.    
 
Au cours de cette conférence de l’ordre, on a noté l’absence des avocats Fahmi Said Ibrahim, Bahassan Ahmed Said, Abdérémane Sidi et Fatoumia Barwane.
 
El-Had Said Omar
120108/eso/hzkpresse/12h00
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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 21:35
Comores / Société
Affaire de l’inculpation du bâtonnier :
Le procureur général dément toute instrumentalisation politique
 
Moroni, samedi 5 janvier 2008 (HZK-Presse)Suite aux accusations portées la semaine dernière contre lui par Mme Harimia Ahmed, bâtonnier de l’ordre des avocats (voir l'article en cliquant ICI), le procureur général, M. Nidhoime Attoumane nous a déclaré que « l’inculpation de Me Harimia Ahmed ne procède d’aucune pression quelconque comme elle le prétend à tort », et qu’il ne s’agit en l’espèce que d’une « affaire ordinaire » et elle est mieux placée pour le savoir.
 
A en croire M. Attoumane, « c’est le juge qui a apprécié les faits reproché au bâtonnier et qui a décidé seule de la placer sous contrôle judiciaire ». « Je ne vois pas de complot… », ajoute le procureur pour qui les accusations dont il est l’objet sont « gratuites » et relèvent d’une « surenchère malhonnête » de la part de l’avocate.
 
Lors d’une conférence de presse tenue fin décembre, Mme le bâtonnier semblait voir dans son inculpation dans l’affaire dite de « détournement de fonds publics appartenant à la société comorienne des hydrocarbures (SCH) » [résultant d’une perquisition opérée cher le patron d’une entreprise malgache dénommée Nester, cliente de la SCH], une tentative d’amalgame orchestrée par le parquet général, avec le fait qu’elle soit l’avocate de la société Nicom contre la Banque pour l’industrie et le commerce (BIC).
 
« C’est faux » rétorque le procureur général qui distingue les deux affaires, l’une pénale et l’autre commerciale, précise-t-il.
 
Quant aux manœuvres d’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique, M. Nidhoime Attoumane considère qu’il existe toujours des dimensions plus ou moins politiques selon l’importance des intérêts en jeu. L’affaire BIC-NICOM qui défraie la chronique « met en jeu beaucoup de monde et d’intérêts, jusqu’au plus petit épargnant, dit-il, sans omettre le risque qu’étant l’unique banque commerciale de la place, les conséquences peuvent toucher toute l’activité économique du pays et le quotidien des gens ».
 
Concernant l’argent perquisitionné chez le patron de Nester, cette somme n’avait pas à être restituée à l’avocate, soutient le procureur général, car selon lui « il s’agit d’une pièce à conviction destinée à être conservé entre les main de la justice jusqu’à la fin du procès ». Et M. Nidhoime d’ajouter que même le ministère des finances n’avait pas compétence à demander au tribunal une telle restitution, l’argent n’étant pas budgétisé dans les finances de l’Etat et que Me Harimia assurait la défense de la SCH et non du ministère.
 
Concernant la mise en observation des comptes de Me Harimia Ahmed, le procureur explique qu’il s’agit plutôt de copies de relevés de comptes versées au dossier, suite au dépôt  à la Bic de la somme de 29 millions fc provenant de la perquisition de Nester, déplacée du trésor public où l’argent était initialement consignée sous scellé, explique le procureur général.
 
A propos de l’accusation portée contre la présidente du tribunal, Mme Tasmina, sur la découverte de drogue dans son véhicule de fonction, le procureur apporte un démenti formel, en affirmant que l’affaire en instruction mettait en cause de jeunes garagistes qui auraient reconnu les faits. L’information judiciaire ouverte aurait permis la mise en détention d’un prévenu.               
 
El-Had Said Omar
050108/eso/hzkpresse/9h00
 
 
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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 11:18
Conférence de presse de Me Harimia Ahmed :
Le bâtonnier serait-elle victime d’un complot ?
 
Moroni, mardi 1er janvier 2008 (HZK-Presse)Trois jours après son inculpation pour « détournement de deniers publics », Mme le bâtonnier de l’ordre des avocats du tribunal de Moroni a tenu à se défendre devant la presse, contre ce qu’elle considère comme une « tentative d’humiliation » personnelle. Pour Me Harimia Ahmed, il s’agirait ni plus ni moins d’un « complot » monté par le garde des sceaux, le procureur général et le juge d’instruction Mme Tasmine. Cette dernière aurait ainsi violé le secret du délibéré en se rendant chez le ministre, accompagnée du procureur.
 
A en croire l’avocate qui assure la défense de Nicom dans l’affaire l’opposant à la Banque pour l’industrie et le commerce (BIC), c’est encore le ministre de la justice Mourad Said Ibrahim qui serait l’instigateur du décret présidentiel qui a limogé le mois dernier deux magistrats à la Cour d’appel soupçonnés de corruption dans l’affaire BIC/NICOM, dont un procès en révision doit avoir lieu le 16 janvier prochain.
 
Me Hairimia Ahmed établit même un lien de causalité entre sa propre inculpation et ce dossier judiciaire au multiple rebondissement, allant jusqu’à accuser le ministre de la justice « d’avoir mis [ses] comptes bancaires en observation en toute illégalité ». Le compte de ce cabinet d’avocat serait très mouvementé, ces derniers temps, dit-on, ce qui n’a rien d’anormal soutient le bâtonnier qui se défend en expliquant que beaucoup de clients, notamment d’importantes sociétés commerciales en formation, y font transiter leurs fonds.
 
Concernant le cas particulier à l’origine de sa mise en examen, l’avocate justifie la détention de la somme de 29 millions fc provenant de la saisie pratiquée sur la société Nester par une autorisation du ministre des finances, confirmée par un courrier de ce dernier daté du 20 décembre.
 
Poursuivi d’avoir escroqué la société comorienne des hydrocarbures (SCH), le patron malgache de Nester était trouvé en possession de cette grosse somme en espèces lors d’une perquisition ordonnée par le tribunal. De l’argent que Nester n’avait pas versé à la SCH en règlement des produits pétroliers qu’elle avait acheté à prix coûtant pour revendre sur place.
 
En sa qualité d’avocate de la SCH, Me Harimia avait informé une semaine plus tôt la présidente du tribunal, que cette somme supposée détournée, « a fait l’objet d’une décharge du trésor [où l’argent avait été initialement consigné sous scellé en attendant la fin du procès, ndlr] en présence de deux gendarmes », avant d’être déposé à la BIC sur son compte, conformément à une ordonnance du juge d’instruction en date de juillet 2007.
 
Mais l’avocate a cru devoir déplacer de nouveau ce fameux pactole pour le replacer dans un autre compte ouvert à la SNPSF, par « souci de sécurisation en raison des risques de saisie pesant sur la BIC », dit-elle.
 
Et comme ces fonds appartiennent légalement à la SCH, Me Harimia a décidé de remettre à cette société dès le 27 décembre dernier, un chèque postal certifié de 29 millions fc qu’elle a brandi aux journalistes présents à sa conférence de presse.
 
Mais Me Harimia Ahmed s’insurge contre « un acte qui porte atteinte au principe de la présomption d’innocence ». Elle accuse la juge Tasmina d’être « indigne de la fonction qu’elle occupe », de même que le nouveau procureur général Nidhoime Attoumane « coupable à ses yeux de conspiration contre les droits de la défense au procès des militants du Font démocratique en 1985… ».
 
L’avocate exprime aussi son indignation face au mépris dont elle serait l’objet alors qu’elle défend ce dossier de la SCH depuis deux ans au nom des intérêts de l’Etat, et sans avoir été payé un rond.
 
Placée sous contrôle judiciaire avec obligation de se présenter au tribunal chaque samedi, Mme le bâtonnier estime qu’il y a eu « abus d’autorité » dans la procédure engagée, alors qu’elle devait tout au plus être entendue comme témoin.
 
Reçue par le chef de l’Etat juste avant son inculpation, Me Harimia affirme que « le président Sambi n’a jusqu’ici entendu qu’un seul son de cloche » dans la conduite des affaires judiciaires actuelles.
 
Pour prouver son intégrité mise à mal, Me Harmia s’est exercée à convaincre l’opinion, en exhibant devant la presse une médaille du croissant vert, distinction honorifique que lui a décernée l’ancien président Djohar.
 
El-Had Said Omar
020108/eso/hzkpresse/10h00
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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 09:50
Justice : affaire des hydrocarbures
Justice : affaire des hydrocarbures
Trois ministres de l'ancien regime sous les verrous

La juge Maoulida Djoubéir a prononcé, hier lundi 24 décembre en fin d'après-midi, des peines de prison ferme, assorties d'amendes et de confiscation de leurs biens, contre quatre des dix-sept prévenus dans l'affaire de détournement de deniers publics à la Société comorienne des hydrocarbures (SCH). Il s'agit de M. Abdou Soefo (photo), le principal accusé, qui écope de quatre ans, de M. Oubeidi Mzé Chei dont la peine vient d'être réduite à deux ans de prison ferme (contre quatre dans le réquisitoire du procureur de la République). Houmed Msaidié et Abdourahim Ahamada dit Kafou écopent respectivement d'un et de deux ans d'emprisonnement. Conformément au mandat d'arrêt en audience délivré par le ministère public, ces quatre personnalités ont été placées en mandat de dépôt et conduites hier à la Maison d'arrêt de Moroni. Elles viennent d'interjeter appel.
M. Abdérémane Koudra, lui, est condamné à sept mois de sursis tandis que Mourad Bazi a bénéficié d'une relaxe. Mohamed Moussa Moindjié, quant à lui, écope de sept mois de prison ferme. S'agissant du lieutenant-colonel Chaarane Mouigni, il est condamné à trois mois et risque d'être radié de l'armée nationale de développement (AND)
D'autres personnalités de l'ancien régime, aujourd'hui installées à l'extérieur, ont été jugées par contumace et condamnées à des peines d'emprisonnement et d'amende. Il s'agit de Naoufal Boina, de Mahmoud Fakriddine, de Hamada Madi Boléro et de Mohamed Soeuf Elamine.

Source : inoussa.centerblog.net
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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 09:50

HALIDI-BLOG-COMORES

Comores / Société

Affaire BIC/NICOM
Entretien avec le procureur général :
« J’ai l’intime conviction que Halifa a été intéressé (…) et cela ne m’étonne pas car il fut l’homme des procès truqués... »
 
Moroni, lundi 17 décembre 2007 (HZK-Presse) Dans un entretien qu’il a accordé à HZK-Presse et La Gazette des Comores, le procureur général, M. Nidhoime Attoumane rejette en bloc les allégations portées contre lui par les deux magistrats de la Cour d’Appel, Halifa Ben Mohamed et Zaidou Ahamada, selon lesquelles il aurait exercé des pressions sur la cour pour influencer la décision qu’ils s’apprêtaient à rendre dans l’affaire opposant la BIC [Banque pour l’industrie et le commerce, filiale du groupe français BNP-Paribas, ndlr] à la société NICOM.
 
« J’ai vu une première fois le magistrat Halifa, pour le mettre en garde contre des tentatives de corruption de la part de NICOM, ce à quoi il me répondit que c’est de bonne guerre », déclare le procureur qui y voit « un aveu » du juge d’appel.
 
La 2ème fois, c’est en présence du président de la cour d’appel, Cheikh Salim, « pour le prévenir que j’étais en possession d’éléments de preuve qu’il entretenait des communications téléphoniques avec la partie NICOM, notamment l’avocat et la famille Kamoula, et qu’il commettrait ainsi ‘’une faute déontologique grave’’ ». Des dizaines d’appels téléphoniques intervenus entre le 30 novembre et le 9 décembre, précise-t-il.
 
Cheikh Salim, qui venait d’être nommé à la Cour, au même moment que Halifa, « s’était volontairement désisté pour laisser la Cour statuer sereinement », explique le procureur, pour couper court aux accusations de la partie NICOM pour qui ces magistrats étaient « parachutés par le gouvernement » pour faire gagner la BIC.
 
L’on apprend aussi que le ministre de la justice, Mourad Said Ibrahim, aurait reçu le même Halifa, qui était précédemment en détachement à la chancellerie en qualité de conseiller, pour lui recommander « de respecter la loi », affirme le procureur N. Attoumane.
 
A en croire ce dernier, « des rumeurs de tentatives de corruption dans l’affaire circulaient déjà », ce qui aurait justifié l’enquête de la Direction nationale de la sûreté du territoire (DSNT) dont le rapport remis au président de la république a dressé un listing de nombreux appels téléphoniques entre les juges et l’une des parties au procès en l’occurrence les avocats de NICOM et la famille Kamoula.
 
« J’ai l’intime conviction que Halifa a été intéressé (…) et cela ne m’étonne pas car il fut l’homme des procès truqués... ». Et pourquoi a-t-il été réintégré dans l’appareil judiciaire après l’avoir quitté durant plus de dix ans ? « On pensait qu’à quelques semaines de son départ à la retraite, M. Halifa allait prendre du recul et faire preuve de sérénité », poursuit le procureur général, qui estime que ce vieux magistrat « a commis un parjure, car ce n’est pas loyal de communiquer avec une seule partie au détriment de l’autre ».
 
M. Nidhoim Attoumane déplore que des hommes de loi « profitent de l’absence d’un conseil de la magistrature pour se permettre de violer leur serment ». Concernant le cas de Zaidou Ahamada, qui a siégé à la cour dans cette même affaire, le procureur qualifie ce dernier de « malhonnête » et l’accuse également de « faute professionnelle ».
 
Il aurait plusieurs fois été vu avec Shamir Kamoula (gérant de NICOM), révèle le procureur général, mais se défendrait en arguant qu’il était « un ami de longue date de cette famille ». Or l’amitié est une cause de récusation d’un juge, soutient M. Attoumane, citant l’article 343 du code de procédure civile qui en prévoit huit, dont celle de « l’amitié ou l’inimitié entre le juge et l’une des parties », ce que l’on reproche au magistrat.
 
L’arrêt de la Cour d’appel étant définitivement rendu, il ne reste plus à la BIC que deux possibilités, soit former un recours en cassation, soit engager une action en révision du procès, ce qui risque de prendre beaucoup de temps, surtout que ces recours ne sont pas suspensifs de l’exécution de la décision d’une part, et que la mise en place de la cour de cassation (cour suprême) est reléguée aux calendes grecs d’autre part.
 
Quelques heures après avoir dénoncé les actes de corruption présumée au sein de l’appareil judiciaire, le président de l’Union a décidé par décret daté du 15 décembre, de mettre fin aux fonctions des magistrats Halifa Ben Mohamed et Zaidou Ahamada. Un recours en annulation du décret présidentiel serait envisagé, apprend HZK-Presse. 
 
La Chambre d’accusation de la Cour d’appel a qui a siégé hier lundi, sous la présidence de Cheikh Salim, a examiné le dossier concernant la demande de mise en liberté provisoire de Shamir Kamoula, poursuivi pour tentative de fraude fiscale, et placé en détention à la maison d’arrête de Moroni depuis le 7 décembre dernier. L’affaire a été mise en délibéré pour le 20 décembre.
 
El-Had Said Omar
171207/eso/hzkpresse/12h00
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