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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 14:14

 

 Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Source : HZK-Presse du   février 2011

 

 

Contrairement à ce qui s’était passé lors du premier passage de J. Martin à Mayotte, cette fois, il s’est trouvé des gens qui connaissent bien l’histoire de l’archipel pour répondre à sa volonté de reconstruire l’histoire de la région.

 

Anachronismes et contre-vérités

Ces propos ont choqué un grand nombre d’enseignants mais ne sont intervenus que ceux qui avaient des connaissances suffisantes sur l’histoire des Comores en général, et de Mayotte en particulier. Ainsi, après la prise de parole de Daniel Martial-Henry pour faire des rappels sur la généalogie de sa famille, Mohamed Nabhane, professeur agrégé d’arabe a interpellé Jean Martin sur les nombreuses inexactitudes et contre-vérités historiques.

Pour lui, il s’agit encore une fois de faire appel à l’autorité, à l’expert pour accréditer une version officielle de l’histoire de l’archipel, comme on a fait appel au linguiste F. Laroussi pour établir que le shimaore est une langue distincte du shikomori, il y a quelques mois. Seulement, il y a des cas où l’appel à l’autorité est fallacieux : lorsque l’expert se prononce sur un sujet autre que celui pour lequel il est qualifié. Or quand M. Martin aborde le 20e siècle comorien, il sort de sa période historique (18e et 19e siècles) pour parler de la période contemporaine pour laquelle, il n’a quasiment pas fait de recherche.

Isabelle Mohamed a pris la parole pour affirmer que si les propos de J. Martin étaient un peu plus mesurés en conférence que dans le livre, il n’en demeurait pas moins qu’encore une fois l’historien avait oublié son métier, en multipliant les anachronismes (ndr : erreur consistant à juger le passé avec ce qu’on sait aujourd’hui, la faute la plus grave pour un historien) et en multipliant les contre-vérités.

Elle a dénoncé la volonté de présenter au public les Anjouanais comme des envahisseurs de l’extérieur venant spolier les Mahorais, rappelant que si Mohamed Ahmed avait acheté des terres à Mayotte c’était parce qu’homme de pouvoir et d’argent il avait eu les moyens et les connaissances pour le faire mais que l’assistance devait savoir que, comorien polygame, il avait une femme mahoraise, que les terrains étaient au nom de cette femme, que les enfants de ce lit en étaient a priori héritiers et qu’il s’agissait donc d’un fonctionnement de classe ou de caste.

La nation comorienne

L’auteur de ces lignes, historien de formation a d’abord montré sa perplexité car les précédentes recherches de J. Martin sont en total opposition avec ses affirmations d’aujourd’hui. Le dernier livre est loin d’être un livre d’histoire, c’est en fait un livre de commande. Pour lui, J. Martin fait fi de toute méthode historique et ne cite jamais ses sources, à partir du moment où il aborde le 20e siècle. Ainsi, l’historien développe une nouvelle thèse sur la mort de Zakia Madi, elle se serait noyée, aveuglée par les grenades de la garde comorienne alors que, jusque-là, dans la thèse en cours dans l’île (rappelée par Daniel Martial Henry qui a affirmé que c’est son père qui a fait l’autopsie), celle qui est désignée comme la « martyr du MPM » aurait été tuée par les éclats de grenade.

Or, J. Martin ne présente aucune archive pour appuyer sa thèse. Le correspondant de la Gazette lui a donc suggéré un rapport qui se trouve dans les archives françaises et qui bat en brèche les deux thèses présentées. Il est également revenu sur l’affirmation de J. Martin selon laquelle la nation comorienne n’a jamais existé et n’existe pas. Pour lui, même en gardant la définition européenne et française de « nation », J. Martin confond « nation » et « Etat ».

En effet, dans l’histoire européenne, on a eu des nations sans Etats (ainsi l’Allemagne et l’Italie ne recouvrent leur unité nationale et ne forment des Etats qu’en 1870) et l’absence d’Etat, dans le sens occidental, ne veut pas dire qu’il n’y a pas de nation. Et puis, est-ce que le monde entier, notamment l’Afrique, doit se plier à la définition française de la nation, est-ce que les Africains ne pouvaient pas avoir d’autres manières de s’organiser politiquement ?

Le droit des peuples

Pour répondre à l’idée, développée par J. Martin du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui doit, selon l’historien, prévaloir sur l’intangibilité des frontières issues de la colonisation (selon l’ONU), l’avocate Fatima Ousseni, a rappelé le cas des habitants de l’île de Sainte-Marie qui au moment de l’indépendance avaient affirmé leur volonté de rester français. Pourquoi, pour ce cas là, la France a refusé de prendre en compte le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? » a-t-elle demandé.

A toutes ces interrogations, Jean Martin n’a eu que quelques mots de réponse, confirmant par le silence les insuffisances du travail présenté et une volonté d’imposer un point de vue colonialiste de l’histoire des Comores en général et de Mayotte en particulier.

 

Pour voir la 1ère partie cliquez ICI

 

Mahmoud Ibrahime (Correspondant à Mayotte)

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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commentaires

MAC 21/02/2011 21:05



Je n'ai jamais lu l'ouvrage de J. Martin mais une chose est sûre, les différentes personnes qui ont intervenu et qui ont été mentionné dans cet article, à savoir M Nabhane, Mme Mohammed et Mme
Ousseni ne sont pas historiens. Ce sont des individus politiques, qui interpellent un scientifique sur des questions purement politiques alors que l'historien est là pour présenter sa thèse. Le
journaliste qui a dirigé cet article fait la même erreur. 


Et la thèse de J. Martin d'après ce que j'ai compris de l'article et de dire qu'il n'y a pas eu d'Etat comorien et que le choix des mahorais peut se fonder sur le droit des peuples à disposer
d'eux. 


Alors J. Martin n'est pas spécialiste du XXème donc il n'a aucune légitimité à écrire sur les comores du XXème. Toutefois, il est spécialiste des comores, il a écrit sa thèse sur les Comores, il
est spécialiste des Comores donc il a une légitimité à écrire sur les Comores. Les années qui l'ont mobilisé a travaillé sur les Comores au XVIIIe et XIXe siècle, le légitiment pour travailler
sur le XXème. Et c'est parce qu'il a saisi les Comores au XVIIIe et XIXe qu'il est plus à même de comprendre les Comores du XXème. Car c'est dans les Comores du XVIIIe et XIXe siècle que se
trouvent les fondements des Comores du XXe siècle; En somme, je trouve le parcours scientifique de J. Martin parfaitement logique, il commence par le XVIIIe, le XIXe pour traiter pleinement le
XXe siècle. Ca en fait dans la démarche, une historien légitime qui a construit pendant plusieurs années son objet d'étude et donc il maitrise son objet d'étude. 


Je donne un exemple parallèle, d'une historienne F. Hildesheimer qui a écrit la meilleure biographie sur Richelieu en 2004. Avant d'écrire cette biographie, ce qu'elle n'avait pas prévu au début
de sa carrière, cette historienne a publié de nombreux écrits de Richelieu (qu'elle a donc lu et lui a permis de maitriser le personnage) a écrit quelques bouquins sur des aspects de ce
personnage avant d'offrir une oeuvre complète. 


J. Martin est un historien, c'est un scientifique, il n'a aucune considération politique à traiter des Comores et il est dommage que des gens renvoient son oeuvre scientifique, purement
intellectuellement à cette perpétuelle querelle politique. 


Quant au fait de souligner qu'il n'y a pas eu d'Etat comorien pour expliquer le non de Mayotte, je la trouve pertinente. Etat et Nation sont deux choses entièrement différentes. L'Etat est
politique et unifiée, la Nation est culturelle et renvoie à l'idée de peuple. Le parallèle avec l'Allemagne et l'Italie est intéressant. Avant d'être l'Italie unifiée par Garibaldi, l'Italie
était divisée en plusieurs Etats avec à leur tête un prince. Je suis certaine qu'au XVIe siècle, les princes toscans ne considéraient pas les princes mantouans ou de Milan comme leurs frères
appartenant à la même nation comme ce fut le cas avec nos sultans batailleurs. Toutefois comparaison n'est pas raison car si l'Italie et l'Allemagne ont pu s'ériger en état à partir de la
conscience d'appartenir à la même ce n'est pas le cas des Comores. Et l'on oublie qu'il y a deux défitions du terme nation, la définition allemande, menée par les historiens tels que Mommsen, qui
considère qu'une nation regroupe un peuple partageant la même ethnie, même religion, même langue etc... et la définition française pronée entre aure par Renan qui définit la nation comme une
"volonté collective", le désir de vivre ensemble. Il semble que les mahorais ont choisi l'acception française, choix logique vu leur désir leur refus de l'indépendance et le plébiscite pour la
départementalisation.


L'auteur de cet article nous dit, pourquoi devons nous définir nos iles par des notions occidentales tout en justifiant ses propos par des concepts occidentales... Il faut savoir ce que l'on
veut...


Je terminerai par dire, que l'on a droit de ne pas être d'accord avec la thèse de J. Martin, mais contrairement à ce que ceux qui ne sont pas dans le milieu universitaire de l'histoire
l'imaginent, il n'y a pas 1 seule vérité en histoire et l'historien n'est pas celui qui a toutes les réponses. J. Martin a voulu défendre une thèse scientifique et a apporté les éléments pour
justifier sa thèse. Son discours scientifique a donc été consciencieusement construit. 


A la thèse de J. Martin opposons une autre thèse scientifique celle de P. Caminade, plutôt que de se lancer comme à chaque fois dans des interminables querelles émotives sur une chose
dérisoire. 



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