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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 23:31
 
 
 
« Nous ne sommes pas des figurants ! » ont-ils lancé à l’assistance, en menaçant de boycotter la suite des travaux. « Soit on nous écoute, soit on
s’en va… », renchérit Cheikh Ali.
 
Moroni, lundi 29 janvier 2007 (HZK-Presse) –
Plus d’un mois après la rupture des négociations entre l’Union et les îles autonomes sur le transfert des compétences, la communauté internationale a entrepris depuis vendredi dernier, une action visant à relancer le processus. L’initiative revient une fois de plus à l’Union africaine qui a dépêché à Moroni une délégation conduite par Francisco Madeira, envoyé spécial du président de la Commission de l’organisation panafricaine.
La cérémonie s’est déroulée au palais de Beit-Salam, siège de la présidence de l’Union, en présence du corps diplomatique et des représentants de l’Union européenne (UE), de la Ligue des Etats arabes (LEA) et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
 
La cérémonie s’est déroulée au palais de Beit-Salam, siège de la présidence de l’Union, en présence du corps diplomatique et des représentants de l’Union européenne (UE), de la Ligue des Etats arabes (LEA) et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Sur un ton ferme, M. Madeira a exhorté les parties comoriennes à renouer le fil du dialogue et à « ne pas éterniser les discussions politiques », l’objectif étant selon lui le développement économique du pays et le bien être de sa population.
 
Mais la cérémonie a été émaillée par un incident, provoquée par les délégués des îles autonomes de Ndzouani [Jaffar Salim Allaoui, ministre de l’intérieur], et de Ngazidja [Cheikh Ali Bakari Kassim, ministre des transports] qui ont tous les deux protesté pour n’avoir pas été invités à prendre la parole, au même titre que le directeur de la cabinet du président de l’Union, Mohamed Abdouloihabi, intervenu à la demande de Madeira en qualité de président de la commission d’accompagnement du transfert des compétences.

« Nous ne sommes pas des figurants ! » ont-ils lancé à l’assistance, en menaçant de boycotter la suite des travaux. « Soit on nous écoute, soit on s’en va… », renchérit Cheikh Ali.
 
Pour le représentant de l’Union africaine, la présence de la communauté internationale dans cette cérémonie est « très importante », car traduit son « engagement constant » à aider ce pays à faire fonctionner ses nouvelles institutions et à « rendre effective l’application des textes votés et promulgués » dit-il.

La commission devra donc se remettre au travail sans tarder, pour aboutir à accord sur les questions qui continuent à diviser les parties [le type d’armement des forces de sécurité intérieure, la gestion des sociétés d’Etat], avec l’appui des experts internationaux notamment dans les domaines juridique et militaire.

Tout doit être fait dans le respect de la constitution, poursuit Madeira, qui a n’a pu s’empêcher de mettre en garde ceux qui seraient tentés par « les extrémismes totalitaires ou séparatistes », en exprimant le souhait que les Comores ne deviennent pas « une autre Somalie ».
 
Toutes les délégations étrangères présentes à la cérémonie de Beit-Salam, ont fait part de leur disponibilité à accompagner les Comores dans cette phase cruciale de parachèvement des institutions, sans intention de se substituer aux acteurs comoriens eux-mêmes. Quant à l’émissaire du secrétaire général de la LEA, il a insisté sur l’urgence de régler la crise politique actuelle, pour pouvoir ensuite s’occuper du développement économique, « le grand défi que doit relever le peuple comorien ».
 
Pour l’ambassadeur de France, Christian Job, « il faut cesser de suspecter Paris de mener plusieurs politiques aux Comores », la France ayant prouvé aux yeux de la communauté internationale son engagement à aider ce pays à sortir de la crise à mettre en œuvre son plan de développement, explique-t-il.
 
Invités à s’exprimer, les représentants des îles ont exclus toute idée de reprise des travaux de la commission, tant que les textes ayant déjà obtenu un consensus n’auront pas été validés et mis en application.
 
Se sentant visé par les mises en garde de l’envoyé spécial de l’Union africaine, le délégué de l’exécutif d’Anjouan, a répliqué en se disant « choqué » que l’on continue faire « un procès » aux autorités anjouanaises alors que l’île est « bien présente au sein de l’Union des Comores depuis le 17 février 2001 » [date de signature de l’accord de réconciliation nationale].
 
Concernant les prochaines élections présidentielles des îles, prévues en avril prochain, il est ressorti de la réunion de Beit-Salam l’assurance que le scrutin se tiendra sans changement de calendrier et avec l’appui de la communauté internationale, a confirmé Francisco Madeira.
 
Addis-Abeba, siège de l’Union africaine, « attend de savoir si les Comores sont prêtes à se prendre en charge », conclut le diplomate lors d’un bref point de presse tenu quelques heures avant de quitter Moroni.
Source :El-Had Said Omar - 290107/eso/hzkpresse/12h00
 
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans CONFLIT DE COMPETENCES
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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 17:35
Conflit de compétence : Les notables de l’île Autonome d'Anjouan tentent de jouer la médiation
 
Moroni, vendredi 12 janvier 2007 (HZK-Presse) – Sous l’impulsion de Monsieur Afraitane Aboubacar, ancien membre de la cour suprême des Comores sous le régime du président Djohar, les notables de l’île d’Anjouan « soucieux de préserver la paix sociale dans l’île et dans le pays » s’invitent à la recherche d’une solution « pacifique » aux questions qui divisent le président de l’Union des Comores et celui de l’île autonome d’Anjouan et proposent leur mission de bonnes offices aux deux présidents « natifs d’Anjouan » en leur invitant au dialogue, a appris HZK-Presse.
 
Contacté par HZK-Presse, Monsieur Afraitane Aboubacar a confirmé que des notables de toutes les régions de l’île se sont déjà rencontrés à deux reprises pour se concerter et voir dans quelle mesure, ils peuvent « contribuer à la recherche d’une solution pacifique devant mettre fin de façon durable » au différend qui oppose le président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Mohamed Sambi à Mohamed Bacar, président de l’île autonome d’Anjouan.
 
Selon Monsieur Afraitane, les deux « présidents protagonistes » seraient disposés à se rencontrer à Mutsamudu, une rencontre dont le lieu et la date ne sont pas encore fixés.
 
« Nous ne cherchons pas à juger tel ou tel président, nous voulons qu’ils se parlent en  frères  et travaillent dans la complémentarité, dans l’entente et dans la compréhension, pour l’intérêt suprême de  la population et du pays », a-t-il dit.
 
Interrogé par HZK-Presse, un haut responsable de l’Union qui n’a pas voulu s’exprimer officiellement a qualifié cette initiative de « salutaire. »
 
« On ne peut que saluer et encourager une telle initiative en espérant que ces notables sauront jouer le rôle de médiation », a-t-il dit.
 
Le gouvernement de l’Union n’a jamais fermé les portes de dialogue, mais ce sont les présidents des îles qui, par leur déclaration commune du 17 décembre 2006 ont rompu les discussions, alors que c’est sur le seul point des forces de sécurité intérieur où il n’y avait pas eu de consensus, a-t-il affirmé.
 
Je trouve que c’est vraiment dommage pour le pays poursuit-il, car on aurait mis en application ce qui avait  requis le consensus de tous et continuer à discuter sur la question qui divise, comme il se fait ailleurs.
 
Cette initiative « salutaire » soit-elle, aboutira-t-elle aux résultats escomptés, sachant que la question qui divise les présidents Sambi et Bacar est institutionnelle plutôt que personnelle ? De quelle marge de manœuvre disposent les médiateurs pour parvenir à des résultats concrets ?
 
Telles sont entre autres questions que se posent certains observateurs interrogées par HZK-Presse dont les avis sont partagés entre « scepticisme et vœux de réussite »
 
Source : Hamid Ahmed - 120107/ha/hzkpresse/8h00
 
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans CONFLIT DE COMPETENCES
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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 21:00
Agence Comorienne de Presse (HZK-Presse)
 
Comores / Politique & institutions
 
Mutsamudu, vendredi 5 janvier 2007 (HZK-Presse)Le gouvernement et les autorités de l’île autonome d’Anjouan se disent « disposés » au dialogue à condition que les discussions se fassent « dans la franchise » et dans un esprit qui privilégie l’ « intérêt supérieur » de la nation, c’est ce qui ressort du compte rendu du premier conseil de l’année 2007 tenu par le gouvernement de l’île autonome d’Anjouan ce jeudi 4 janvier, à Daru-Nnajah, sous la présidence du colonel Mohamed Bacar, président de l’île autonome d’Anjouan.
 
En effet, selon Monsieur Fadhullah Saîdali, porte-parole et ministre de la santé de l’exécutif d’Anjouan, le gouvernement déclare « la disponibilité de l’île autonome d’Anjouan et de ses autorités au dialogue, dès lors que celui-ci se fait dans la franchise et dans un esprit qui privilégie l’intérêt supérieur de la nation aux considérations politico politiciennes. »
 
Le conseil du gouvernement a longuement examiné la situation de tension qui prévaut dans le pays, suite à une rupture de dialogue entre les entités insulaires et l’Union, a affirmé M. Fadhullah.
 
Il règne dans le pays un climat d’extrême tension qui à certains moments, fait craindre le pire, suite au discours et autres déclarations plutôt provocateurs du président de l’Union, a-t-il dit.
 
En toile de fond de cette mésentente qui, parfois, prend des allures « belliqueuses », poursuit le porte-parole, « la mise en application effective des lois relatives au partage des compétences ».
 
La communauté internationale mobilisée tente de ramener les protagonistes à la raison en les invitant à renouer aussitôt que possible les fils du dialogue, chacun des quatre présidents devant mettre un peu du sien pour que soit atteint le consensus nécessaire au règlement des questions qui achoppent, a-t-il ajouté.
 
Selon le porte parole du gouvernement Bacar, le conseil « appelle la population à ne pas céder aux provocations et à ne pas participer à des actions qui pourraient compromettre la paix et la stabilité dans l’île et dans le pays, fait appel au civisme et au patriotisme des habitants de l’île pour une attitude responsable respectant les lois fondamentales et de la personne humaine, mais aussi en refusant l’obscurantisme, la violence et tout ce qui est contraire à la vie. »
 
Anjouan et les Comores unies aspirent à vivre dans la paix, que « ceux qui aiment la guerre aillent s’extasier sous d’autres cieux », a conclu ainsi le compte rendu du gouvernement, lu par le ministre Fadhullah sur les ondes de radio télé Anjouan (RTA), dans son édition de 20 heures de ce jeudi 4 janvier 2007.
 
Le compte rendu n’a pas fait allusion à l’affaire des armes de l’Armée nationale de développement (AND) dérobées au port de Mutsamudu par la force de gendarmerie d’Anjouan (FGA) depuis le 31 décembre dernier, et dont le gouvernement central exige la restitution.
 
Hamid Ahmed
050107/ha/hzkpresse/23h00
 
 
Agence comorienne de presse (HZK-Presse
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans CONFLIT DE COMPETENCES
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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 20:58
Agence Comorienne de Presse (HZK-Presse)
 
Comores / Politique & institutions
 
Moroni, vendredi 5 janvier 2007 (HZK-Presse)« C’est moi qui décide et décide seul sur le déploiement de l’armée et des armes sur toute l’étendue du territoire national ». Tel est en substance le message que le colonel Said Hamza, chef d’Etat-Major de l’Armée nationale de développement (AND), a tenu à livrer lors de sa conférence de presse tenue au camp militaire de Kandani ce vendredi 5 janvier, en début de soirée, après avoir donné sa version des faits concernant les derniers événements d’Anjouan.
 
Une semaine après la saisie par la force de gendarmerie d’Anjouan (FGA) [une structure paramilitaire sous contrôle du chef de l’exécutif de l’île], d’un stock d’armement destiné au commandement régional de l’And, le patron de l’armée comorienne lance un ultimatum aux autorités insulaires pour une restitution « immédiate et sans conditions » des armes dérobées, tout en se réservant « le droit absolu de les récupérer à tout moment ».
 
Et le colonel Hamza de déplorer que les forces régulières de l’île, fortes de 400 hommes, puissent se sentir menacées au point de « forcer le coffre d’un véhicule militaire et s’emparer de quelques dizaines d’armes et munitions destinés à équiper la cinquantaine de militaires du détachement régional de l’AND, récemment installé sur l’île ».
 
Pour le chef d’Etat-major, les accusations portées contre l’armée nationale, soupçonnée de préparer un débarquement pour désarmer la GFA et renverser le pouvoir de Mohamed Bacar, sont « ridicules et infondées ».
 
Si le débarquement militaire de septembre 1997 auquel il avait lui-même participé s’était soldé par un échec, sous le régime du président Taki, c’est parce que « l’armée s’est heurtée l’hostilité de la population d’Anjouan à l’époque favorable à la sécession », avec la complicité d’un courant de l’opposition nationale espérant en découdre avec le nouveau régime ». Aujourd’hui le contexte n’est plus le même, explique-t-il.
 
Succédant au colonel Soilihi alias Campagnard depuis le 18 juin 2006, le colonel Hamza entretiendrait avec le président d’Anjouan des relations « très anciennes » qui ne l’ont pas empêché de mettre en garde son ancien frère d’arme, en déclarant ce soir n’avoir de compte à rendre qu’au Chef de l’Etat « pour tout déplacement de troupes ou d’armement à n’importe quel endroit du territoire national ».
 
L’acte commis au port de Mutsamudu le 31 décembre dernier par les autorités de l’île autonome d’Anjouan constitue à ses yeux une « grave violation de la loi », estimant que nul n’a le droit de perquisitionner un territoire militaire, [le véhicule immatriculé AND en fait partie] pour des raisons de « secret défense ».
 
Le conférencier rappelle en outre que depuis presque une décennie l’armée nationale est bannie du sol anjouanais, une situation qui devait prendre fin avec le parachèvement du processus de réconciliation nationale. Chargé dès sa nomination de cette délicate mission, le chef d’état-major se félicite que le président de l’Union ait pu dès le 23 juin installer officiellement le commandement régional, et nommé Ahmed Salim, le chef d’escadron ».
 
L’Armée nationale compte à ce jour 56 militaires opérationnels dans l’île, dont 19 du Groupe de sécurité des hautes personnalités (GHSP), et 18 du commandement régional, précise-t-il, avec en perspective « le recrutement d’une centaine d’hommes supplémentaires ».
 
Le colonel Hamza a par ailleurs récusé l’authenticité d’une « vraie fausse » note confidentielle attribuée à l’Etat-major, et selon laquelle il aurait donné l’ordre au commandement régional de Ngazidja « de neutraliser par tous les moyens les autorités de l’île ». Si une enquête est en cours, le patron de l’armée se défend en accusant les instigateurs de ce « faux document » qui circule à Moroni depuis quelques jours, de porter « atteinte à l’autorité militaire et à la sûreté de l’Etat ».
 
Quant à l’arrêté du 18 décembre pris par le ministre de l’intérieur d’Anjouan, interdisant aux compagnies aériennes et maritimes de transporter des militaires à destination d’Anjouan, il s’agit d’un « affront inadmissible contre l’autorité de l’Etat ».
 
Tout en reconnaissant que la situation restait encore tendue à Anjouan, le colonel Hamza s’est gardé de dévoiler ses intentions sur les voies et moyens de sortir de cette impasse, trois semaines après l’échec des négociations entre l’Union et les Iles sur le transfert des forces de sécurité intérieure. Reste à savoir si la récente médiation initiée par la communauté internationale, sous les auspices de l’Union africaine, pourra aider à renouer le fil du dialogue.  
 
A. Amir Bobah
050107/aab/hzkpresse/21h00
 
 
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 00:10
Mutsamudu, mardi 26 décembre 2006 (HZK-Presse) –

C’est dans un stade archi comble de Missiri, situé au centre ville de Mutsamudu, chef lieu de l’île autonome d’Anjouan, que le président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s’est exprimé ce lundi 25 décembre, en début d’après midi pour annoncer la décision qu’il a déjà prise, demandant à la communauté internationale et les pays amis des Comores de « soutenir le gouvernement comorien pour désarmer le régime de Mohamed Bacar, président de l’île autonome d’Anjouan. »
 
Selon le chef de l’Etat, les autorités de l’île d’Anjouan sont devenues un obstacle et un frein à toute initiative de développement de l’île autonome d’Anjouan.
 
Devant les milliers d’Anjouanais qui sont venus l’écouter, le président Sambi a déclaré qu’à compter de ce jour « Mohamed Bacar est seul responsable de tout acte qui engendrerait l’usage d’armes et des conséquences qui en découleront. »
 
Aux éléments de la Force de gendarmerie d’Anjouan (FGA), Monsieur Sambi leur a demandé de regagner les casernes et de rester loyaux et respectueux, car dit-il, conformément à la constitution de l’Union, il est le chef des forces armées.
 
Quant aux habitants d’Anjouan, le chef de l’Etat leur a juré qu’il ne « quittera Anjouan sans avoir investi de leurs fonctions les responsables de la sécurité portuaire et aéroportuaire », des responsables qu’il va lui-même nommer, étant le garant des frontières du pays, précise-t-il en ajoutant qu’Anjouan fait partie du territoire des Comores où l’autorité de l’union doit s’exercer pleinement comme dans les autres îles.
 
En cas de résistance de la part des autorités locales, « je demanderai votre concours » a conclu le président Sambi.
 
Les autorités de l’île ont vivement réagi trois heures après ces déclarations du chef de l’Etat par la voix du ministre de la justice d’Anjouan, Monsieur Mohamed Abdallah, assurant l’intérim de son collègue de l’intérieur Djaffar Salim Allaoui actuellement en France.
 
« Je tiens à rappeler à son Excellence le président de l’Union et à la population de se référer au communiqué de la communauté internationale actuellement résidant à Moroni faisant appel aux autorités des Comores au respect scrupuleux des accords de Fomboni et de Beit Salam et au respect des lois de la République », a déclaré Monsieur Mohamed Abdallah, intervenant en direct de la Radio Télé Anjouan (RTA) dans son édition de 20 heures, heures locales.
 
A notre grande surprise, on dirait que son Excellence le président Sambi ignore ces accords sus référencés, c’est vraiment regrettable et j’ose le dire fort que c’est regrettable, a-t-il ajouté.
 
A titre de rappel, poursuit le ministre Abdallah, en citant les accords de Fomboni : « au niveau des îles, les structures en place dans les îles continueront d’exercer leurs fonctions jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions » et de conclure que « ces mêmes dispositions font l’objet de l’article 60 de la constitution d’Anjouan. »
 
Devant cette tension persistante, difficile de dire si ce climat peut accoucher d’une solution dans la douceur.
 
Comme pour appeler à l’apaisement et à la retenue et écarter toute hypothèse de renversement d’un quelconque président d’une île par la force, comme on pouvait l’entendre dans la foule, le président Sambi a demandé à la population d’attendre les élections pour agir et s’exprimer démocratiquement.
 
Source : Hamid Ahmed –
261206/ha/hzkpresse/12h00
 
 
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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 21:54
Comores / Politique & institutions  
 
Moroni, lundi 18 décembre 2006 (HZK-Presse).
 
 En réaction à la déclaration des présidents des îles autonomes publiée hier dimanche, accusant le président Ahmed Abdallah Sambi d’avoir « délibérément opté pour la logique de la confrontation », pour n’avoir pas signé le décret portant modalités de transfert des Forces de sécurité intérieure (FSI), le gouvernement de l’Union justifie la position du chef de l’Etat dans un communiqué daté du même jour et parvenu ce matin à HZK-Presse.
 
Le président de l’Union serait favorable à la mise en place des FSI dans les îles, mais demeure « fermement opposé à l’idée de plusieurs forces armées indépendantes dans le pays et qui échapperaient totalement à son contrôle », expliquent les auteurs du communiqué.
 
Devant cette impasse politique entre pouvoir central et exécutifs insulaires, le président Sambi envisagerait l’option de « s’en remettre à l’avis de l’Assemblée de l’Union », estimant que les lois déjà adoptées et promulguées offre un cadre juridique « incomplet et parfois contradictoire ». Et le gouvernement de citer l’exemple des dispositions contradictoires entre l’article 7 de la loi organique portant modalité d’application de l’article 9 de la constitution, et l’article 6 de la loi organique relative aux statuts des FSI, qui prêtent à confusion quant à l’organe législatif habilité à légiférer sur lesdits statuts, l’Assemblée de l’Union ou les assemblées des îles ?
 
Abordant les aspects institutionnels liés au transfert des FIS, le communiqué revient sur les prérogatives constitutionnelles dévolues au président de l’Union, considéré à la fois comme « l’arbitre et le modérateur du fonctionnement régulier des institutions » et « chef des armées » (article 12 de la constitution).
 
Le refus du président Sambi de procéder au transfert des FSI dans les conditions actuelles semble également motivé, poursuit le communiqué gouvernemental, par le fait que la gendarmerie d’Anjouan soit toujours « placée sous le seul contrôle du président de l’île », soupçonné de détenir encore un important arsenal de guerre, appartenant à l’armée nationale pour des missions de défense extérieur.
 
Une telle situation de fait « ne peut servir de modèle » aux îles de Ngazidja et Mwali, ajoute le communiqué. Le président Sambi trouve « inacceptable » la proposition faite par les chefs des exécutifs des îles de leur transférer purement et simplement « certaines casernes, les hommes et les équipements qui s’y trouvent ».
 
Le chef de l’Etat se dit néanmoins disposé à doter immédiatement les trois FSI d’un premier lot d’équipements constitués de 300 boucliers, 300 casques de maintien de l’ordre, 300 masques à gaz, 300 matraques, 100 menottes. S’il exclut toute dotation « en armement, munition et autres équipement de guerre », en se référant à l’article 4 de la loi organique votée en 2005 et portant modalité d’application de l’article 9 de la constitution, prévoyant pour les FSI « des moyens appropriés à l’exercice de leurs missions », rien n’empêche le président de l’Union de leur fournir en outre un stock de grenades lacrymogènes et même « certaines armes à feu à point de petits calibres », assure-t-on.
 
Se fiant à l’avis de nombre d’experts et personnalités consultés sur ce dossier explosif, le pouvoir de l’Union affirme sa « volonté de sortir de l’immobilisme », tout en prônant la vigilance sur les « graves dangers » que peut représenter pour le pays une multitude de forces armées « sous des commandements indépendants ». Le président de l’Union ne désespère pas de faire revenir à la table des négociations les présidents des îles, pour un « dialogue constructif », en les exhortant de « ne pas précipiter le pays dans le chaos et l’anarchie au seul motif électoraliste des futures élections présidentielles des îles ».
 
 Elus en 2002 pour un mandat de cinq ans, Mzé Abdou Soulé Elbak (Ngazidja), colonel Mohamed Bacar (Ndzouani) et Mohamed Said Fazul (Mwali) seraient candidats à leur propre succession à la tête des exécutifs insulaires lors du prochain scrutin d’avril 2007.
 
El-Had Said Omar 
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)  
18/12/06/eso/hzkpresse/9h00
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 23:00
Transfert des forces de sécurité intérieure
 
 
 
 
Les présidents des îles rejettent au chef de l’Etat la responsabilité de l’échec des négociations
 
Moroni, dimanche 17 décembre 2006 (HZK-Presse)
 
Suite à l’échec hier samedi des négociations sur le transfert des forces de sécurité intérieure, les trois chefs des exécutifs des îles autonomes de Ngazidja, Ndzouani et Mwali ont déclaré ce dimanche au cours d’un point de presse tenu à Mrodjou à 8 heures, que la rupture du dialogue avec le président de l’Union était consommée.
 
Dans une déclaration lue devant la presse, Mzé Abdou Soulé Elbak, le colonel Mohamed Bacar et Mohamed Said Fazul accusent le président Ahmed Abdallah Sambi d’avoir « délibérément opté pour la logique de la confrontation », en refusant de signer le décret portant modalités de mise en œuvre des lois relatives aux compétences, et particulièrement celle qui fait actuellement débat concernant le transfert des Forces de sécurité intérieure (FSI) des îles autonomes. 
Hier samedi vers 15 heures, à leur sortie du palais de Beit Salam où ils se sont longuement entretenus avec le chef de l’Etat pour une ultime négociation, après l’échec de la précédente réunion au sommet de mardi dernier, aucun des trois chefs des exécutifs n’avait souhaité répondre aux questions des journalistes.
 
Seuls les deux vice-présidents de l’Union, Idi Nadhoim et Ikililou Dhoinine, ont déclaré à la presse que « le président Sambi a promis de mettre dans un bref délai à la disposition des autorités des îles un premier lots d’équipements, dont des boucliers, casques et matraques », tout en exigeant des autorités de Ndzouani, qui disposent d’une importante quantité d’armements non appropriés aux missions des FSI.
 
Il s’avère que la gendarmerie anjouanaise détient depuis 1997 un stock d’armement répertorié au patrimoine de l’And et qui échappe au contrôle de l’Etat central, y compris des armes de guerre relevant des missions de défense extérieure [domaine exclusif de l’Union], confiait hier à HZK-Presse un ancien gradé de l’Armée nationale de développement (And) appelé pour un avis consultatif.
 
Le président de l’île, le colonel Mohamed Bacar, aurait quant à lui justifié la confiscation de ces armes par son « souci de protéger Ndzouani de toute nouvelle agression », faisant allusion au débarquement militaire de septembre 1997 sous le régime du président Mohamed Taki [deux mois après l’éclatement de crise séparatiste], et la récente tentative avortée de renversement de son pouvoir (2003) menée par le capitaine Combo Ayouba, et dont le président Azali était accusé d’être l’instigateur.    
 
L’Etat doit être présent sur l’étendue du territoire national, y compris l’île de Ndzouani où l’And serait aujourd’hui en droit de « disposer des moyens appropriés aux missions qui relèvent de sa sphère de compétence, en récupérant l’arsenal qui lui a été confisqué », soutient M. un membre du cabinet militaire de l’Union.
 
Interrogé hier, Idi Nadhoim a précisé que sur la base de l’expertise fournie par d’anciens officiers militaires, notamment le colonel Moilim Djoussouf, le commandant Abdourazak et le colonel Aboubacar Mzé Cheikh, un rapport a défini les types d’armements « appropriés aux missions de sécurité intérieure, limitées à des opérations de prévention, de maintien et de rétablissement de l’ordre public ». Il a cité entre autres des matraques, des grenades lacrymogène et des armes mixtes (fusils et pistolets mitrailleurs).
 
Mais les présidents des îles autonomes considèrent que la non signature du décret de transfert des compétences, relève d’un « mépris que le président Sambi manifeste contre la constitution, les lois de la république (…), s’érigeant ainsi en souverain de droit divin ».
 
La question de la nomenclature d’armements à affecter aux Forces de sécurité intérieure aurait pu être résolue sur la base des conclusions issues des consultations menées auprès d’experts indépendants, indique la déclaration qui note une « attitude rebelle et inattendue du président de l’Union », avant d’appeler l’ensembles des forces armées « à rester fidèles à leurs missions républicaines ».
 
Le directeur de cabinet à la présidence de l’Union chargé de la défense, Mohamed Abdoulwahabi, devait à son tour s’adresser ce dimanche à la presse, vers 14 heures, pour donner la position des autorités centrales sur la tournure que prennent les évènements.
 
Un ancien haut cadre de l’armée interrogé à sa sortie d’une consultation à Beit-Salam, et qui a requis l’anonymat, estime que « le transfert des FSI est devenu véritable enjeu électoral », à trois mois de la fin du mandat des chefs des exécutifs actuellement au pouvoir dans les îles.
 
El-Had Said Omar
Source : Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
 
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