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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 09:11
 
Le Comité Maoré présidé par Idrisse Mohamed, une organisation de la société civile comorienne qui mène un combat acharné pour une vraie unité des Comores et le retour de Mayotte dans son giron naturel, l'Union des Comores s'oppose à l'arrivée du Secrétaire d'Etat français chargé de la Coopération, Monsieur Alain JOYANDET en représailles à l'organisation d'un pseudo reférendum sur la départementalisation de l'île comorienne de Mayotte le dimanche dernier. Selon l'agence Pana, dans une depêche diffusée hier, il « appelle toutes les couches de la population à se rassembler samedi à la Place de l'Indépendance pour protester contre la visite du Secrétaire d'Etat français aux Comores ».

En principe, Monsieur JOYANDET est censé être à Moroni demain pour participer au
conseil des ministres de la commission de l'Océan Indien (COI) qui aura lieu du 03 au 04 avril 2009.

De plus, l'Agence APA cite une lettre du Comité Maoré adressée au Secrétaire général de la COI dans laquelle il demande que « Mayotte ne puisse plus participer à aucune forme de manifestations de la COI » et que la question de Mayotte soit inscrite à l'ordre du jour du Conseil des Ministres.

Nous regrettons que de telles initiatives courageuses et honorables ne soient pas prises par le gouvernement de l'Union des Comores.  Car il ne faut pas perdre de vue que le Comité Maoré n'a aucun pouvoir pour se faire écouter par la COI. espérons que la population comorienne l'écoutera !

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)
 
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 10:19

Source : Alwatwan.net / 01 avril 2009

Barakani, le village natal de l’ex-rebelle Mohamed Bacar, voisin de la ville de Wani, a été encore une fois le théâtre d’affrontements. Le problème foncier est à l’origine de ce drame qui frappe des familles entières. Il suffit d’une étincelle pour que les deux voisins se déclarent la guerre. Déjà meurtris par des anciennes querelles causées par des problèmes de parcelles de terrain, à d’abord Seleya, zone forestière, puis aujourd’hui à Marsatra, une sorte de limite entre Wani et Barakani.

Cette fois-ci des maisons en pailles et en tôles ont été détruites par des jeunes Waniens qui disent que les personnes résidentes occupent ces parcelles illégalement. Sur place, le décor laisse supposer la violence des attaques. Tout a été ravagé dans a zone.
Ahmed Mohamed Charif se déclarant propriétaire des lieux, a tenté de récupérer les terrains à plusieurs reprises pendant le régime Bacar. Il a essuyé un non-recevoir des autorités. Après la chute de Bacar, il a relancé les démarches, qui se sont faits plus insistantes ce dernier mois.

Un mois avant, une maison a été détruite par la personne qui s’en réclame mais a été reconstruite le lendemain même par les occupants. Les “ultimatums et les menaces ne pouvant rien”, selon lui, il a passé à l’acte, ordonnant la destruction des habitations par des jeunes de son village.

La crise dégénère, se généralise, les Barakaniens d’un coté, les Waniens de l’autre. A Wani, le mouvement se radicalise à tel point qu’un individu qui habite une parcelle, même à titre gracieux, est sommé de l’abandonner ou de la louer. Les démarches entreprises pour apaiser les tensions n’ont pas, à ce jour, abouti.

Mounira Ahmed

 

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 10:07
Paris, mercredi 01 avril 2009 (HZK-Presse) – Sur scène des jeunes filles de toutes origines défilent comme de vrais mannequins. Ce ne sont que des étudiantes et la présentatrice rappelle leurs formations, comme pour démentir les présupposés sur les femmes qui font ce métier. Nous sommes à Bobigny, en région parisienne, mi mars.

Sur scène des robes de soirées. Ensemble noir, strié de petites flammes, porté avec une petite veste couleur diamant. Courte robe bleue dont le bas a été dessiné pour faciliter les mouvements sur une piste de tango. Noir encore, bustier et mini-jupe de soie portés avec des collants. Des diamants paraissent incrustés dans cette simple robe noire et brillent sur la tête du mannequin. Rouge de soirée dévoilant de longs bras.

Les modèles sont nombreux, les types très divers, les yeux sont émerveillés. Les clins d’œil aux vêtements de l’archipel des Comores sont là. Pourtant, il n’y a que trois modèles qui renvoient directement aux habits des Comores : un ensemble brodé de fils d’or fait d’un tissu du fameux lesso qu’on trouve quasiment sur toutes les femmes de l’archipel ; un manteau confectionné avec un tissu chiromani de couleur bleue avec une cagoule pour jouer au Petit Chaperon… bleu ; et la traditionnelle saluva portée par toutes les comoriennes, et plus particulièrement à Anjouan. La dominante reste quand même les tenues de cérémonie et de soirée.

Sous la musique d’un célèbre groupe anjouanais, Mme Latufa Saïd Omar (A gauche sur la photo ci-dessus avec le micro), présentait ses créations à un parterre de femmes et d’hommes des réseaux de militants de la cause féminine et du développement dans les pays du tiers monde. Quelques heures auparavant, on parlait de système d’irrigation dans le désert sahélien et d’expérience de production en communauté en Amérique du Sud. Ce n’était pas la première fois qu’elle montrait ses robes, pourtant les occasions sont rares pour cette femme engagée et travailleuse, mais discrète dans sa propre communauté.

Pendant qu’on préparait la mariée pour le bouquet final, Latufa est entrée sur scène, sur la plante des pieds. Et, la voix hésitante, elle a remercié et remercié tout le monde. Rare cas où personne dans son entourage et au-delà n’est oublié.

Latufa est née à Mutsamudu (Anjouan) et vit à Paris depuis plus de quinze ans. C’est une militante de la cause des femmes et de l’unité des Comores depuis longtemps. Avec son mari, Abdouroihamane Saïd Omar (à propos du quel on pourrait dire que derrière les réussites d’une femme, il y a la compréhension et le soutien d’un mari), elle fait partie de ces Anjouanais qui ont refusé de suivre la folie séparatiste et qui ne craignaient pas d’afficher clairement leurs positions unionistes, notamment au sein de l’association Umodja des Femmes comoriennes et Femmes Solidaires (Union des Femmes françaises).

Le parcours de Latufa est le reflet d’une certaine persévérance. Elle a suivi sa formation de styliste à Paris de 1997 à 2001, année où elle a obtenu son diplôme. Ce fut une formation à la fois théorique et pratique, avec de nombreux stages. Après 2001, elle a continué à se perfectionner avec des missions dans les grandes maisons parisiennes. Elle a ainsi été retoucheuse chez Paule Ka, finisseuse et couturière polyvalente chez Dior, préparatrice de modèles chez Chanel… Et récemment encore, elle a travaillé en tant que couturière à domicile dans la confection de robes de soirées et de lingeries chez Sabia Rosa entre 2004 et 2005, puis en tant que contrôleuse et coupeuse de cuir chez Hermès entre 2006 et 2008.

Aujourd’hui, Latufa a créé sa propre ligne de prêt-à-porter féminin qui associe audacieusement des matières diverses (raphia, perles, paillettes, strass, dentelles, cuir…) et des tissus comoriens, africains et européens.

Il ne manque que le « déclic » commercial pour que cette activité générée et soutenue par la passion ne devienne une activité commerciale. Latufa voudrait commercialiser ses créations, mais c’est encore difficile pour cette artiste qui est loin des réseaux commerciaux.

Mahmoud Ibrahime, Correspondant, Paris
010409/mi/hzkpresse/600
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 23:56

Chers visiteurs du blog

 

Nous vous proposons  ci-dessous les notes de lecture du jeune (par l’âge) et grand (par le talent) écrivain-poète comorien Adjmael Halidi consacrées à notre recueil de poèmes « Cris d’ici et d’ailleurs ». Cet article est paru dans Ya  Mkobe, la revue scientifique du CNDRS (Centre National de documentation et de recherche scientifique des Comores) dont nous remercions le directeur de publication de nous avoir autorisé à le diffuser sur notre blog pour vous.

 

Adjmael Halidi (photo), né le 12 juin 1986 à Tsembehou sur l’île d’Anjouan aux Comores,  est l’auteur de plusieurs poèmes publiés sur internet et d’un recueil de nouvelles « Au rythme des alizés » publié aux éditions de la lune en 2006.

 

Un grand poète lunaire qui parle et commente le recueil d'un autre poète lunaire mais novice avec des mots aussi profonds ! sans commentaires. 

 

Bonne lecture.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 



Confession intime, confession universelle

 

Notes de lecture sur le recueil de poèmes « Cris d’ici et d’ailleurs » de Halidi Allaoui. Moroni : Komédit, 2008, 72 p.

Par Adjmael Halidi

Auteur du recueil de nouvelles

 « Au rythme des alizés »2006 les éditions de la lune

 

 Entre la Mélancolie et la Prière, une petite voix s'élève et nous fait vivre, tel un rêve éveillé, ce laps de temps qui sépare et résume toute la vie de l'Homme. Cet Homme qui né de l'angoisse, de la mélancolie, et qui survit de prières, d'espoir. Le poète, ici, espère se confesser ; pense exprimer sa tristesse, son ras le bol, et, sa confiance à la vie à voix basse. Ironie du sort ! Il se trahit lui-même. Quand il intitule son recueil Cris d'ici et d'ailleurs, le poète Halidi Allaoui met tout le monde dans la confidence ; ses cris diaprés, puisque trempés dans l'encre de toutes les vies de ce monde, du nord au sud, de l'est à l'ouest, ont pris le large, quitté le jeune gosier du poète malgré lui, rien que pour consoler l'autre , l'alter ego, histoire de lui permettre d'y croire car il n'est pas le seul à vivre pareil cas : Cris d'ici et d'ailleurs révèle un secret sans âge : la vie est un étendard qui porte toutes les couleurs , hormis la rose ; mais elle mérite tout de même d'être vécue .

 

 Au travers du premier vers de ce premier recueil riche en poésie et philosophie résonne d'ores et déjà l'esprit, le thème majeur , de l'œuvre poétique de Halidi Allaoui : la Nostalgie : cette frustration que donne l'absence de la chose aimée , ou tout simplement l'angoisse de vivre les souvenirs du royaume d'enfance loin du pays natal ,en somme , comme l'affirme le poète lui-même , la nostalgie est « Une douleur aiguë /Qui imite le vent /(et) déchire (le) cœur » ; surtout quand ce pays « essence » est pris d'assaut par « des preneurs d'otages » . « Je scrute la lune des îles » dit-il. Scruter, pour le jeune poète, ce n'est point le simple fait de chercher à savoir de quels maux souffre son archipel de sultans batailleurs ; même s'il s'écrie « l'ignorance ronge l'esprit », à chaque moment où il manque d'informations sur la situation politique et sociale de ses îles. Scruter, pour ce jeune exilé, c'est un devoir, un dur labeur qui consiste à trouver une solution adéquate aux problèmes centenaires des îles de la Lune, pour qu'enfin il puisse fuir cet asile exempté de minarets, de cocotiers, de véranda pour les contes, de boutres ancestraux. Cet asile vécu comme un calvaire, puisque « l'été l'automne l'hiver et le printemps /N'égalent pas (les) kashkazi et kusi » de ses îles, n'en parlons plus de ces matins dont « le soleil n'offre pas de câlins » que tous les jours il doit supporter à l'étranger. En effet, le poète vit à Rouen, en France. Mais là-bas, même si à plusieurs kilomètres de son pays d'origine, rien n'arrive à l'empêcher de toujours porter ses origines dans son cœur, comme auparavant, telle une mère, ce même pays lui a « intimement abrité dans (son) corps ». « Au large de cet océan houleux / Rien ne saura nous délier », promet-il. Surtout, c'est pendant les crépuscules, à chaque lever de la lune, emblème incontesté de l'Union des Comores, après une longue attente du « vent du soir », au moment où « (son) océan chante » que ses souvenirs ô combien !meilleurs se réveillent de leur triste tombeau, qui n'est autre que le cœur du jeune Halidi, « Point de tombeaux que nos cœurs ». Bien évidemment, le poète, ici, est « un aveugle qui voit », car même si martyr de l'espace et du temps, aveuglé par l'écart, la distance, les kilomètres qui le séparent de son vrai pays, il arrive toujours à voir, à fouiller, à scruter « la lune des îles ». Cette lune que pour nous est à tout le monde, mais que pour le poète n'appartient qu'aux originaires des îles de la Lune. Et qu'à chaque fois qu'il y aura cette lune tout en haut dans le ciel, le regard du Comorien partout où il sera rivé vers ses îles. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle cette lune a toutes les raisons de rappeler au poète son archipel aux mille et une légendes. Ce qui veut dire que même si l'errance de Halidi ne prend pas toujours fin, Ouani, Moroni, Saint-Denis, Rouen... le gîte du poète sera toujours Ouani, sera toujours les îles d'Al Kamar. Rouen n'est qu'une ville adoptive pour notre poète de l'ombre, comme il se qualifie lui-même. Bien sûr qu' Halidi espère n'être qu'un simple visiteur dans Rouen. Cette cité perçue par Halidi Allaoui comme une marâtre, puisqu'en dépit du bonheur qu'elle procure, elle ne peut remplacer la mère biologique, qu'elle soit pauvre ou riche. Pour le poète, Rouen le retient et le sépare de ses îles, donc Rouen est torturante. « Hélas ! Rouen torture ses visiteurs », explique le poète. Autrement dit, le poète prie avec ferveur, surtout dans le poème Destin où il implore tous les dieux de cette terre, d'Allah (Mungu) au dieu des poètes Orphée, par le truchement de Prévert qui l'incarne selon poète, à Mahomet (Mtrume), pour qu'enfin son exil prenne fin ; que le bonheur qu'il est parti chercher à Rouen atteigne aussi les Comores ; que son vrai pays devienne vivable et que ses enfants ne le fuient plus. Lisez le poète à travers ces vers pleins d'anaphores et d'espoir et vous comprendrez :

 

« Peut-être nous aurons pitié de toi
Peut-être nous exploiterons tes moyens
Peut-être nous deviendrons tes citoyens
Peut-être nous ne serons plus des oies »

 

Vivre, un vrai parcours du combattant

 

La question fondamentale de ce recueil, et il ne faut jamais oublier de le souligner qu'elle est existentielle, même si le décor, telle une scène de théâtre, est surréaliste, reste toujours : comment vivre ? En effet, même si le poète croule dans la souffrance, même si les jours du poète sont sombres, des mots comme « minuit », « nuits », « obscurité morose », « aveugle », « soir » démontrent cette obscurité du quotidien du poète , même si le poète « a encore la mort dans l'âme » , et, même s'il a parfois « ras le bol» , il garde toujours espoir . Quand il confie « Las de ce monde, je voulais mourir en silence », il nous rassure qu'il va bien, et, que la feuille blanche adoucit sa peine, lui sert d'antidépresseur. Tout en silence, le poète écrit tout ce qui lui passe par la tête. Ce qui veut dire que même si le bonheur est loin, il y croit toujours :

 

« Nuits d'insomnie incessantes
Attente infructueuse avec d'autres
Tout son espoir reposant sur l'éternité »

 

D'ailleurs, dès le tout début du recueil, Halidi l'a crié haut et fort : « Que puis-je faire d'autre ? /Espérer, espérer... »

 

En effet, le poète Halidi, ne saurait mener ce combat tout seul. Il aurait failli à sa mission. La mission de persévérer, de survivre. Des gens qu'il a connus à 20 ans le soutient. La plupart d'entre eux sont des lémures : Prévert, Bachelard, Molière, Rimbaud, Fanon, Soyinka, Labou Tansi, Abou. Ces derniers, de par leur vécu, l'aident à assumer sa « comorianité » : le fait d'être né français du bout du monde (Comores postcoloniales), de devenir Comorien (Comores indépendantes) et de devenir français métropolitain (le poète a la nationalité française et vit en France). Difficile de se révolter contre la Franç'Afrique (poème L'Humanité, p.49) quand on a comme ancêtres les gaulois. Discrètement, il se révolte contre la puissance mère : il parle d'Anjouan et de Mohéli de 1997. Du séparatisme et du rattachement à la France.

 

« Les feuilles malgré elles
Ont choisi de se faire écraser
A sa droite il n'y a qu'une porte blanche
Au-dessus de sa tête
Se trouve un plafond tricolore
Qui baise un tissu vert »

 

La femme, un être omniprésent

 

Le thème de la femme est omniprésent dans Cris d'ici et d'ailleurs .D'ailleurs, si on veuille bien croire au poète Halidi, la femme est sa muse, « femme de mes idées ». Elle est aussi la personne qui le pousse à ne pas baisser les bras, « femme d'espoir ». La femme est tout pour le poète. Mais de quelle femme l'auteur parle ici ? Sûrement cette « Rose du bonheur », cette « Maman », cette « femme verset » n'est autre que ses îles. «Elle »la bien-aimée c'est certainement son pays, les Comores. Ce pays qui le manque à mourir. Enfin, Halidi Allaoui, à travers ce tout premier recueil de poèmes ,sorti chez Komédit (première maison d'édition comorienne) , prie et espère que son pays sera un jour épargné de ses tyrans, de ses mauvais enfants, de ses agitateurs qui font à ce que la population comorienne ait des « espoirs laminés ».

 

                                                                                  Adjmaël Halidi

                                                                                      www.adjmael-halidi.com

 

Source : la revue Ya Mkobe n° 16-17 / 2008


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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 19:54

Source : Alwatwan.net / 31 mars 2009

"Le seul langage que “propose” la France est celui du refus et de la rupture. La diplomatie qui permet aux Nations civilisés de régler leurs différends n’a donné, durant ces trente trois dernières années de conflit territorial ouvert, que la possibilité pour la France d’imposer ses intérêts et pour les Comores de perdre les siens. Inexorablement.
Ce référendum est un défi lancé à notre peuple. Une humiliation de trop. Un mépris.
Le gouvernement se doit de relever ce défi en usant le même langage que notre désormais adversaire."

En organisant le référendum sur la départementalisation de Mayotte, en violation des résolutions des Nations Unies qui condamnent toutes les consultations passées et ultérieures, la France commet un acte hostile aux Comores, un acte de guerre. Et maintenant? Peut-on entretenir des relations diplomatiques normales avec la France et contenter le peuple des sauts d’humeur de notre diplomatie?

La France a démontré à la face du monde ce dimanche 29 mars, qu’elle n’a rien à f… des résolutions des Nations unies et encore moins de l’Union africaine la concernant, du moment qu’elles mettent en péril ses propres intérêts.
Le différend qui oppose les deux pays depuis l’accession des Comores à l’indépendance en 1975, aurait pu trouver une issue en terrain diplomatique. Les Comores ont posé des nombreux actes licites, par des lettres, des mémorandums, des résolutions adoptées par les nations du monde. Les plus hautes autorités françaises et les secrétaires généraux des Nations unies ont été saisis pour engager ou parrainer des négociations entre les deux pays (Lire à ce propos nos deux dernières livraisons). Sur ce point, les Comores n’ont pas failli.

Par contre, la France, elle, a fermé toutes les portes de la négociation, la force étant son seul atout, la confrontation, sa seule voie. Pour elle, la négociation possible est celle qui déboucherait au reniement total et sans contrepartie par les Comores de son territoire. Sans aucune alternative possible. Elle dresse, depuis 1994, des frontières artificielles entre Mayotte et les trois îles, expulse les Comoriens qui s’y rendent sans visa, entraînant par ces tracasseries la mort de centaines et de centaines d’entre eux, péris en mer. Mayotte est placée sous une chape de plomb, ses habitants considérés de seconde zone et ce bout terre de “zone de non droit”.

Le seul langage que “propose” la France est celui du refus et de la rupture. La diplomatie qui permet aux Nations civilisées de régler leur différends sans violence n’a donné, durant ces trente trois dernières années de conflit territorial ouvert, que la possibilité pour la France d’imposer ses intérêts et pour les Comores de perdre les siens inexorablement.
Ce référendum, s’il n’a aucune conséquence juridique sur l’appartenance de Mayotte aux Comores, est un défi lancé à notre peuple. Une humiliation de plus. Un mépris.
Le gouvernement se doit de relever, en usant le même langage que notre désormais adversaire. A commencer d’abord par refuser l’expulsion de Mayotte des Comoriens des autres îles. Définitivement. A défaut de tirer les conclusions qui découlent du constat de ce référendum : la France n’est plus un pays ami.

Ahmed Ali Amir

 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 12:47

Source : Alwatwan.net / 31 mars 2009

Transport-aerien Peu avant de s’envoler pour le Qatar, le président Sambi a promis de recevoir, à son retour, les responsables de Yemenia Airways pour poursuivre ces négociations. L’objet de la prochaine rencontre entre les responsables de Yemenia et ceux de l’Union des Comores va consister non seulement à trouver un compromis sur les tarifs des billets d’avions, mais aussi “à aboutir à une amélioration des conditions de transit des passagers comoriens au Yémen”.

Les pourparlers sur la révision à la baisse des tarifs des billets d’avion, entre la compagnie Yemenia airways et les autorités et la diaspora comoriennes continuent. Selon le président de Sos-Voyage, une association de la diaspora comorienne en France, Farid Soilihi, le président Sambi a promis de recevoir, dès son retour de Qatar, les responsables de la compagnie aérienne du Yémen pour poursuivre ces négociations.
La délégation de Sos-Voyage, a été reçue par le président Sambi peu avant son départ samedi dernier. Selon le vice-président Idi Nadhoim, en charge du ministère des Transports et du Tourisme, cette rencontre fait suite à la mission effectuée, le 18 mars à Sanaa au Yémen, par le vice-président et d’autres responsables du transport aérien et des représentants de la diaspora comorienne en France.
Cette mission conduite par le vice-président s’était rendue au Yémen pour étudier avec les responsables locaux, notamment de la compagnie aérienne Yemenia airways, de meilleures conditions de voyage pour les passagers comoriens en provenance ou à destination de France. “Nous allons poursuivre ces démarches jusqu’à ce que la diaspora comorienne bénéficie d’un tarif réduit des billets d’avion”, a déclaré le Vice-président Nadhoim.

Près de quatre mille Comoriens font, durant les grandes vacances, la navette Paris-Moroni via Sanaa en payant des tickets dont les prix montent d’une année à l’autre. Le voyageur comorien est contraint de payer un billet d’avion qui lui coûte 1.800 euros. “Depuis dix sept ans, les Comoriens vivent cette situation de hausse continue de tarifs”, a rappelé Farid Soilihi de Sos-voyage. Selon lui, le gouvernement yéménite et les responsables de la compagnie Yemenia reconnaissent “la dure épreuve financière” qu’ils font subir à la diaspora comorienne, a-t-il ajouté. Le suivi des négociations est un signe positif par rapport à notre premier rendez-vous avec le gouvernement de Yémen et les responsables de Yemenia airways. “Nous pensons que le gouvernement de l’Union aboutira à quelque chose de positif par rapport à cette question”, espère Farid. “Il est urgent que Yemenia réduise ses prix”, lance-t-il Pour sa part, la compagnie yéménite aurait promis de réduire ses tarifs, mais “elle attend juste une bonne formule de négociation avant de s’engager”, croit savoir un autre membre de Sos.

L’objet de la prochaine rencontre entre les responsables de Yemenia et ceux de l’Union des Comores va consister non seulement à trouver un compromis sur les tarifs des billets d’avions, mais aussi “à aboutir à une amélioration des conditions de transit des passagers comoriens au Yémen.

Elie-Dine

 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 12:15

Suite au discours du Président de l'Union des Comores, Monsieur Ahmed Abdallah Sambi, d'hier à Doha à l'occasion du 21 sommet des pays arabes dans lequel il avait appelé les membres de la ligue arabe  à exprimer "leur solidarité avec le peuple des îles Comores dans la défense de son droit légitime, juridique et souverain à recouvrer l'île de Mayotte et à publier, à l'instar de l'Union africaine, un communiqué rejetant le référendum nul", ceux ci viennent de réagir  favorablement.

En effet, la ligue arabe, dans une résolution publiée ce jour, a
déclaré son "rejet de l'occupation française (de l'île comorienne de Mayotte) et demande à la France de poursuivre le dialogue avec le gouvernement comorien pour parvenir à un règlement qui garantit le retour de l'île Mayotte sous la souveraineté des Comores".

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 18:59
Comme il fallait s'y attendre le "oui" de la force l'a emporté ce soir  au pseudo référendum sur la départementalisation forcée de l'île comorienne de Mayotte, selon les premiers résultats publiés par la Préfécture de Mayotte.

L'on parle de plus de 95% de oui après la dépouille de 25 bureaux de vote sur 133 pour un taux de participation d'à peu près 60%.


Ces résultats n'ont aucune valeur juridique en délà du territoire de la France. En effet, la France occupe par la force dépuis le 06 juillet 1975, date de la proclamation unilatérale de l'indépendance des Comores en violation du droit international; Mayotte, une île comorienne.

Au régard du droit international, Mayotte n'est pas et ne sera jamais  un territoire français d'outre mer. C'est une terre comorienne occupée illégalement par une puissance étrangère comme l'ont souligné récemment à juste titre le député communiste français Jean Paul LECOCQ et le professeur André ORAISON de l'Université de la Réunion. Désolé pour ceux que cela agace mais c'est la réalité juridique, historique, géographique, socioculturelle....  Les autorités comoriennes comme les organisations internationales (UA, ONU...)  ont également  rappelé à maintes réprises que la tenue d'un quelconque pseudo reférendum est nulle et non avenue et est une violation grave de la souveraineté et de l'unité des Comores. Elles ont  ont déjà rejeté les résultats. Idem pour la population.

 Pas plus tard que vendredi dernier et ce matin, les Comoriens ont encore manifesté massivement à Moroni contre la tenue forcée de ce pseudo reférendum sur une de leurs îles. Nous avons assisté à la même chose à Paris hier après midi.

En fait, avec la tenue de ce pseudo reférendum, la France ne fait que prouver que quand on est fort et puissant on peut faire impuniment ce qu'on veut dans ce monde et violer à sa guise le droit international même si l'on a contribué à son élaboration. Mais ce combat de "David contre Goliath" continuera tant que cette injustice perdurera. Le géant peut tout piétiner sur son passage mais il n'impréssionne pas le petit mkomori d'aujourd'hui.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES) 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 01:28

Hommage au célèbre comédien et conteur de Ouani "président zaglo"

 

L’homme de la verve et conteur ouanien, "Président ZAGLO" alias '' Baha le fils" est mort.

 

Baha-le-fils.jpgQuelle personne ayant vécu à Ouani entre 1980 et ce jour n’a pas connu ou entendu parler de Baha le fils alias Président zaglo ?


Quel fidèle auditeur de Radio Comores de la fin des années 80 ne se rappelle pas des émissions du Président Zaglo du dimanche matin ?

 

L’homme est décédé à OUANI – ANJOUAN le vendredi 13 mars 2009 à l’âge de 84 ans.

 

Abdallah Abdérémane Mchindra, de son vrai nom, était arrivé avec sa famille à Ouani, sa ville natale, après avoir passé plusieurs années à Madagascar, en 1977, suite aux évènements dramatiques de Majunga de décembre 1976. Certains journalistes préfèrent plutôt parler « d’un massacre tant par le nombre de victimes, près de deux milles,  que par la rapidité avec la tuerie a été exécutée (trois jours) » [1]. Tailleur de profession, il y avait ouvert un atelier de couture, mais il s'était surtout fait connaître grâce à un autre talent : celui d'inventeur d’histoires et de conteur.

 

Baha le fils avait commencé sa carrière artistique dans son atelier de couture où il contait régulièrement  ses histoires - le plus souvent il s’agissait de ses souvenirs mais avec exagération - à un petit groupe de jeunes fidèles. L'information  s'était vite propagée dans la ville. Au fil du temps, le public s'était élargi au point qu’il était nécessaire de trouver un autre endroit approprié.

 

C’est la raison pour laquelle, il avait, par la suite, pris l'habitude d’organiser ses séances de contes tous les après midis de 16h00 à 18h30 au stade de foot ball d’Ouani. Et là, c'était devenu un rituel et un vrai spectacle gratuit en plein air : toujours  la même place ; la même pierre qui lui servait de siège ; les fidèles qui attendaient impatiemment son arrivée. Et les enfants qui guettaient l’apparition de sa silhouette pour le signaler à leurs ainés et ensuite aller l'escorter comme un chef d’Etat jusqu'au stade. L'homme moustachu, habillé souvent en chemise bleue ciel à manches longues avec un kofia pointu  sur la tête était toujours accueilli par des applaudissements. Après avoir salué la foule nombreuse, il s'installait sur sa pierre. Les badauds rejoignaient les fidèles et s'attroupaient autour de lui. C’était parti. Ça y allait dans tous les sens : la concentration, les fous rires, les cris de joie et les tapages de mains. Le conteur se lançait dans son art préféré durant au moins 2 heures 30 tous les jours : conter, conter encore, conter toujours. Souvent c’étaient des histoires inventées…. Ce qu’il appelait des «zaglo » -entendez par là – des mensonges ou encore de la pure invention. D’où son pseudonyme « Président Zaglo ».

 

Président Zaglo avait effectivement un talent incroyable et impressionnant d’inventer des histoires et mensonges pour agrémenter ses aventures et souvenirs de matelot à Madagascar. Il avait aussi la facilité d’improviser des réponses quand on lui demandait des précisions sur ses histoires.

 

C’était un moment agréable et un vrai bonheur pour ses fans.

 

 Il est à l'origine de certains mots utilisés couramment à Ouani. Est-ce un emprunt à d'autres langues ou une invention ? Les linguistes nous le diront un jour.

 

C'est le cas par exemple  du mot célèbre "zaglo" qui signifie maintenant "mensonge",  "invention", "verve". Ou encore le nom "Bingwa" qui, souvent dans ses contes, avait le sens d'une personne robuste. Aujourd'hui, à Ouani, certains membres d'une  famille portent allégrement ce surnom sans peut être savoir son origine. On peut aussi citer "ma parapé" (parpaing en français) dont le sens figuré en shindzuwani est  "des mensonges".

 

  La notoriété du "président Zaglo" avait de loin dépassé les frontières de la ville et la région d’Ouani. Elle était devenue nationale à cause des émissions qui lui ont été consacrées à la fin des années 80, par Radio Comores, l’unique radio et station nationale de l’époque.

 

D’ailleurs, Jean Claude Klotchkoff dans son livre ‘’Les Comores Aujourd’hui’’[2] n’a pas manqué de le souligner : «  A Ngazidja - Grande Comore, un conteur de soixante quatre ans Monsieur Abdallah Abderemane Mchindra, s’est fait connaître du grand public sous le nom de ‘’Président Zagloo’’. Ancien matelot, tailleur, il a l’art d’amuser les grands comme les petits par sa verve et son art de raconter ses souvenirs à l’antenne de radio-Comores, le dimanche matin. Au cours de son émission, ‘’ fou- rire ‘’ » a-t-il écrit à juste titre.

 

Ses émissions sont aussi couronnées d’un succès incontestable à Anjouan où elles sont aussi diffusées régulièrement sur les ondes de différentes radios locales de l’île.

 

Cet homme ayant contribué à l’édification du royaume de notre enfance et fait connaître Ouani et un volet de la littérature comorienne à sa façon  grâce à ses maparapé, zaglo et contes, il était de notre devoir de lui rendre un hommage ne serait-ce que petit. Car nous sommes intimement convaincus qu’un jour Ouani, l’histoire et la culture des Comores lui rendront le vrai hommage qu’il mérite comme c’est le cas actuellement avec les Mbaé Trambwé et autres.

 

Paix à ton âme Président ! Tu n’es pas mort pour tous ceux que tu as émerveillé avec tes contes, maparapé et zaglo.  Et les souvenirs du royaume restent vivaces et joyeux.

 

HALIDI ALLAOUI (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

[1] Kashkazi n°58 du 07 décembre 2006. Pour approfondir le sujet voir Nakidine Mattoir , les Comores de 1975 à 1990, L’Harmattan 2004, 192 pages

[2] Editions JA p 49 1989

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 14:26

Source : Alwatwan.net / 24-03-09

Premier anniversaire du débarquement. Journée de fête et de regain d’espoir à Anjouan

Parade-militaire Les moments forts de la fête ont cependant été la décoration du président tanzanien et son chef d’état-major par le chef de l’Etat comorien, ou encore la savoureuse prestation offerte par les jeunes recrues de l’armée comorienne dans leur parade, qui décrit un Karibu (bienvenue) sur le sol après un complexe tour de positionnement.

Anjouan a bien été au rendez-vous pour son premier accueil d’un chef d’Etat. La journée du mercredi toute entière, consacrée à la fête, a, selon certains, ravi la vedette à une traditionnelle Ide el Fitr et même un 6 juillet. De Wani, où a atterri à 9 heures la délégation tanzanienne, devancée une heure avant par celle du président comorien et du corps diplomatique, à la place Mzingaju, où avait lieu la fête, la marée humaine formait une clôture infinie des deux côtés de la voie. Si bien que pour aller doucement et pouvoir saluer tout le monde, le cortège des présidents a mis environ une heure pour parcourir les 5 kilomètres séparant l’aéroport de la capitale.
Parmi la pléthore d’invités (nationaux et étrangers) arrivés sur le lieu du défilé militaire, la personne de ustadh Soulaymane (tel que appelé par le président Sambi) a recueilli une ovation particulière. En fait, pendant un laps de temps, une partie non négligeable de l’assistance a confondu l’envoyé spécial du colonel Kaddafi avec le Guide de la Jamahiriya. Rien de moins!
Les moments forts de la fête ont cependant été la décoration du président tanzanien et son chef d’état-major par le chef de l’Etat comorien, ou encore la savoureuse prestation offerte par les jeunes recrues de l’armée comorienne dans leur parade, qui décrit un Karibu (bienvenue) sur le sol après un complexe tour de positionnement.
Avant que le spectacle ne commence à s’émousser sur la place célèbre place, l’entrée au pont de Mtsambamwe, sur la voie principale de Gungwamwe, était déjà bondée de monde. C’est ici que la manifestation joyeuse allait se poursuivre, avec l’inauguration de la succursale d’Exim Bank, abritée dans un bâtiment de location situé sur les lieux. Avant que le ruban ne soit coupé par le président Ahmad Abdallah Sambi, Yogesh Malec, le président directeur général d’Exim Bank a rappelé : “On est ici pour voir le président Sambi honorer sa promesse, celle d’ouvrir cette boite ici à Anjouan, un an après Ngazidja. Nous le remercions de nous permettre de mener nos activités sur le sol comorien, qui est, contrairement à ce que l’on dit, plein de ressources inexploitées.” Yogesh Malec a promis de doter la représentation anjouanaise d’exim Bank des dernières innovations technologiques afin de faire profiter sa clientèle du meilleur service bancaire.

MS



Fête de la libération à Ndzuwani : deux grands discours au stade de Missiri
 

Kikwete-a-Ndzuwani Le diable a donc été chassé, mais le président s’interroge sur “ce qu’ont gagné les Anjouanais depuis leur libération?” Son constat à ce sujet reste amer. L’île est toujours “marquée des empreintes d’une sévère pauvreté, perceptible partout.” Le président de l’Union a appelé à un “apaisement des cœurs”, car le bonheur ne doit, à sa connaissance, être loin. Sambi demande juste qu’on lui fasse confiance : “Croyez-moi, je connais des choses que vous ne connaissez pas.” Le président Kikwete, pour sa part, ne doute pas de la volonté des Comoriens de vouloir du bien à leur pays, mais appelle les uns les autres à mettre un terme aux tiraillements inutiles qui n’ont pour rôle que de miner ses véritables potentialités.

Mercredi après-midi, à l’occasion du meeting organisé au stade de Missiri pour la célébration du premier anniversaire de la libération d’Anjouan des mains des rebelles, deux discours ont été prononcés par les deux chefs d’Etat, comorien et tanzanien. Au préalable, Fundi Anlimdine de Domoni, parlant au nom des Anjouanais, a remercié le numéro un tanzanien ainsi que la Libye, le Sénégal et le Soudan pour “avoir prêté main forte à notre libération.” “Espérons que par la même démarche courageuse nous obtiendrons Mayotte. Les anjouanais sont confiants là-dessus ; ce soi-disant référendum de départementalisation sera peut-être un régal le matin, mais deviendra un vomi l’après-midi,” conclut-il.
Tout de suite après, le président Sambi prit la parole, faisant un récapitulatif de la situation à l’origine de cette célébration : “Il y a dans ce pays, des gens qui n’aiment pas voir les Comores en paix. Ils se sont laissés utiliser et nous avaient plongés dans la tourmente et la tristesse. Ces gens avaient tout d’abord assuré aux Anjouanais que s’ils hissaient le drapeau français, ils deviendraient des français. Leur mensonge s’est vite révélé, alors ils ont changé de mot d’ordre, mettant en avant un “manque d’équité” entre les îles pour proposer ensuite la division. Mais peu à peu, les Anjouanais se sont interrogés sur la validité de leurs thèses. C’est alors qu’ils ont transformé Anjouan en une gigantesque prison, où beaucoup d’exactions ont été commises. Des exactions qui ont touché tout le monde, y compris moi même.”
Le diable a donc été chassé, mais le président s’interroge sur “ce qu’ont gagné les Anjouanais depuis leur libération?” Son constat à ce sujet reste amer. L’île est toujours “marquée des empreintes d’une sévère pauvreté, perceptible partout.” L’exemple choisi est celui des 1520 élèves du primaire qui partagent sept salles de classes, à Hadda, dans le Nyumakele. La même situation se prévalant dans d’autres localités.

“Cessez les querelles intestines”

Une situation “en partie entretenue par la croissance rapide de la population dans l’île, qui atteindrait à l’heure actuelle 600 habitants au kilomètre carré.” Mais, convaincu que le surnombre peut des fois servir au développement (l’exemple est pris chez les Chinois), le président de l’Union a appelé à un “apaisement des cœurs”, car le bonheur ne doit, à sa connaissance, être loin. Sambi demande juste qu’on lui fasse confiance : “Croyez-moi, je connais des choses que vous ne connaissez pas.”
Le président Kikwete, pour sa part, ne doute pas de la volonté des Comoriens de vouloir du bien à leur pays, mais appelle les uns les autres à mettre un terme aux tiraillements inutiles qui n’ont pour rôle que de miner les véritables potentialités. “Cessez les querelles intestines, car c’est une cause de régression. Et n’écoutez pas les séparatistes…” Le “président le plus populaire d’Afrique”, comme l’a affectueusement nommé l’animateur de la cérémonie, s’est d’ailleurs félicité d’avoir été “un bon voisin, qui se doit d’éteindre le feu chez le voisin”. Allusion faite au soutien décisif que la Tanzanie a apporté à l’opération Démocratie aux Comores, dont il se réjouit des résultats, surtout “pour n’avoir occasionné aucune perte humaine.”
Mais la Tanzanie, comme l’a pré annoncé le président Sambi, ne nous soutient pas uniquement dans la guerre, mais aussi dans le développement. Aussi, Jakaya Kikwete a révélé les autres buts de sa visite aux Comores : “Nous sommes issus des mêmes origines (ethniques, ndlr), les Samba, les Makombe, les Wagnassa, comme vient de le souligner mon frère (parlant du premier orateur, Fundi Anlimdine). Il nous faut donc renforcer ces liens de fraternité.” C’est donc certainement une raison suffisante pour décider le président Kikwete de “réviser le coût du visa d’entrée en Tanzanie” ou de “le supprimer tout simplement”, avec l’aval des autorités comoriennes. Par cet acte, le chef de la République unie de Tanzanie souhaite impulser le commerce bilatéral, et renforcer la coopération dans le domaine de la Santé, des Transports et de la Communication.
Il faut dire que le partenariat entre les deux pays dans ces domaines existe déjà, mais d’une manière un peu “anarchique” et peu développée. Le président Kikwete ne se targue pas de pouvoir “remorquer” les Comores, mais assure que les tanzaniens sont prêts à partager le peu qu’ils ont avec leurs frères comoriens.

Moussa Sardou

 

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