Moroni, samedi 17 avril 2010 (HZK-Presse) –
Après trois jours d’intenses négociations en vue de trouver un consensus politique sur un nouveau calendrier des futures élections du président de l’Union et des gouverneurs des îles, aucun
compromis n’a pu être trouvé entre les quatre chefs d’exécutifs, et ce malgré la médiation menée par la communauté internationale.
Le premier à claquer la porte est le gouverneur de l’île de Mohéli, qui a quitté Moroni à la mi-journée de ce samedi, suivi par son homologue de Ngazidja. Pour Hamada Madi Bolero, membre de la
délégation mohélienne, « c’est plus qu’un échec », car selon lui le pouvoir central n’a pas tenu compte de la proposition faite par la partie mohélienne, celle d’organiser les élections en
novembre 2010. « Nous avons été réalistes car on ne pourrait matériellement pas organiser des élections en mai 2010 ».
Toutefois, en croire cet ancien premier ministre à l’époque du régime du colonel Azali, et membre de la Convergence nationale pour Mai 2010, une coalition de l’opposition, « la décision a déjà
été prise par les mohéliens de ne pas reconnaitre la légitimité du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi après le 26 mai 2010 ». Cette déclaration il l’a faite devant la presse à sa sortie de
Beit-Salam, ce samedi en fin de soirée, après la suspension des travaux.
Répondant à son tour aux journalistes, le vice-président Idi Nadhoim, qui assurait la présidence des dernières séances de négociations, s’est montré moins catégorique en affirmant qu’ils ont «
suspendu les travaux et non le dialogue ». Selon lui, les discussions « ne pouvaient se poursuivre dès lors que les gouverneurs Mohamed Ali Said et Mohamed Abdouloihabi se sont retirés »,
laissant leur homologue Moussa Toybou d’Anjouan seul à la table face aux représentants du pouvoir fédéral.
Le point d’achoppement reste la date des élections, dont les trois propositions mises à la table sont inconciliables, entre novembre 2010, mai 2011 ou novembre 2011. L’enjeu est de trouver un
compromis politique sur la durée de prolongation du mandat du chef de l’Etat, par rapport à la décision votée le 1er avril dernier par les parlementaires réunis en congrès, de fixer la date
d’harmonisation des élections au 27 novembre 2011, prolongeant ainsi de 18 mois le mandat du président Sambi.
Un congrès boycotté par l’opposition, estimant que toute prolongation de mandat de l’actuel chef de l’Etat, risque de remettre en cause le principe constitutionnel de la présidence tournante dont
le tour échoit à l’île de Mohéli, après Ngazidja (2002-2006) et Ndzouani (2006-2010).
El-Had Said Omar
Comores: le président Sambi se dit prêt à avancer la présidentielle
Le président comorien Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s'est dit prêt, sous condition, à revoir le calendrier électoral, à l'origine de vives tensions politiques aux Comores, annonçant par ailleurs l'entrée en fonction de soldats libyens au sein de sa garde présidentielle.
"Si on parvient à harmoniser les élections (présidentielle et des exécutifs des trois îles de l'Union), et si on parvient à trouver une base juridique, je suis d'accord pour changer le calendrier électoral", a déclaré mardi le président Sambi, dans un entretien exclusif avec l'AFP à Moroni.
"On peut trouver une solution, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas changer ce calendrier", a-t-il assuré.
L'opposition et de nombreux habitants de l'île de Mohéli contestent vivement la prolongation de dix-huit mois du mandat du président Sambi au-delà du 26 mai prochain (fin théorique de ses quatre ans de mandat), et réclament le respect de la présidence tournante de l'archipel.
Début mars, un congrès parlementaire, organisé dans le cadre d'une réforme de la Constitution mais boycotté par l'opposition, a fixé les élections du président de l'Union et des gouverneurs des trois îles (Grande Comore, Anjouan et Mohéli) au 27 novembre 2011.
"Mon objectif était d'harmoniser les élections (présidentielle et des chefs des exécutifs des îles), pas d'avoir un autre mandat ou de prolonger mon mandat actuel", a réaffirmé le chef de l'Etat, assurant avoir "toiletté la Constitution", et non l'avoir changé.
Suite à la visite en fin de semaine dernière d'un représentant de l'Union africaine, M. Sambi a annoncé une réunion mercredi avec les chefs des exécutifs des îles, premier "dialogue" pour "tenter de s'entendre sur un calendrier électoral, (...) base des discussions".
Dans ce contexte, le chef de l'Etat a officiellement reconnu la présence de soldats libyens au sein de sa garde, dont l'arrivée fin mars avait défrayé la chronique et alimenté les interrogations, l'opposition dénonçant des "mercenaires" d'un nouveau genre.
"Cela fait déjà plus de neuf mois que j'ai demandé à notre ami et frère guide (Mouammar Kadhafi) de nous envoyer quelques éléments pour venir entraîner mais aussi accompagner la garde présidentielle", a expliqué M. Sambi.
Ces militaires libyens "sont arrivés, ils sont installés, et c'est depuis ce matin qu'ils ont commencé leur travail", a-t-il déclaré, ne précisant cependant pas leur nombre exact, alors que quelques uns d'entre eux en uniforme étaient visibles dans l'enceinte de la présidence.
Le président comorien a démenti à ce propos tout problème avec la hiérarchie de l'armée. "Tout ça ce sont des rumeurs. Nous avons de bonnes relations (...)", a affirmé M. Sambi.
"Les militaires me sont au contraire reconnaissants, car depuis que je suis là, notre armée a eu beaucoup d'aide", a assuré le président, qui a annoncé que la Libye paiera pendant un an, et ce dès ce mois, les salaires des militaires comoriens.
Aujourd'hui "les Comores sont devenues un bon élève de la démocratie", a estimé M. Sambi, qui estime par ailleurs avoir "tout fait pour faire venir de l'argent et des investisseurs dans le pays".
"La communauté internationale a commencé à nous faire confiance et reconnaître nos sacrifices, c'est très important", s'est-il félicité, jugeant avoir contribué "à changer l'image du pays."
Enfin, le président comorien a regretté les "dégâts" causés dans la relation franco-comorienne par la départementalisation de l'île français de Mayotte, revendiquée par Moroni, et les propos tenus par le président Nicolas Sarkozy lors de sa visite sur place en janvier dernier.


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