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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 17:20
Comores / Politique & institutions
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>Mutsamudu, mardi 2 janvier 2007 (HZK-Presse) - Un équipement militaire constitué d'armes, de minutions et d'uniformes, chargé dans une voiture immatriculée AND 49 EM et embarquée dans le navire Shissiwani II, en provenance de Moroni a été saisi dimanche 31 décembre 2006 au port de Mutsamudu par la brigade du Port, constituée essentiellement d'éléments de la force de gendarmerie d'Anjouan (FGA). Elles ont été filmées et montrées aux téléspectateurs de la Télé Anjouan, dimanche soir vers 22 heures, heures locales (+3 GMT). 

Cette saisie est intervenue, moins de 24 heures après l'inauguration officielle du bureau régional du commandement de l'AND à Anjouan. 

Selon le capitaine Dossar, Commandant du groupement de sécurité des hautes personnalités (GSHP), interrogé par HZK-Presse le lundi matin, « l'AND est officiellement installée à Anjouan, une partie du territoire national et elle a le droit de disposer des armes partout où elle est appelée à remplir sa mission. » 

« La FGA doit restituer ces armes sans délais ni condition », a-t-il ajouté avant de confier à HZK-Presse que selon le colonel Abdou Bacar, chef du cabinet militaire à la présidence de l'île autonome d'Anjouan qui fait office d'état major de la force de gendarmerie d'Anjouan (FGA), « l'armement saisi au port de Mutsamudu n'est pas justifié. » 

Interrogé par HZK-Presse, le chef d'Etat major de l'armée nationale de développement (AND) le colonel Said Hamza, a qualifié « cet acte d'inadmissible et d'intolérable. » 

« Nous avons rendu compte à nos supérieurs hiérarchiques et nous attendons des ordres », a-t-il ajouté, sans autre commentaire. 

Cet acte vient de faire monter d'un cran la tension qui règne déjà entre la FGA et l'AND, et la frustration est « lisible » sur les visages de cette dernière dont certains sous couvert de l'anonymat se disent « humiliés » et voudraient aller récupérer « leurs armes. » 

Suite à cet incident, le Chef de l'Etat, Monsieur Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s'est adressé à la nation depuis Mustamudu ce lundi soir, avant de regagner Moroni mardi après-midi, a appris HZK-Presse, de sources proches de la présidence de l'Union.
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Hamid Ahmed
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>020107/ha/hzkpresse/15h00
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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 00:10
Mutsamudu, mardi 26 décembre 2006 (HZK-Presse) –

C’est dans un stade archi comble de Missiri, situé au centre ville de Mutsamudu, chef lieu de l’île autonome d’Anjouan, que le président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s’est exprimé ce lundi 25 décembre, en début d’après midi pour annoncer la décision qu’il a déjà prise, demandant à la communauté internationale et les pays amis des Comores de « soutenir le gouvernement comorien pour désarmer le régime de Mohamed Bacar, président de l’île autonome d’Anjouan. »
 
Selon le chef de l’Etat, les autorités de l’île d’Anjouan sont devenues un obstacle et un frein à toute initiative de développement de l’île autonome d’Anjouan.
 
Devant les milliers d’Anjouanais qui sont venus l’écouter, le président Sambi a déclaré qu’à compter de ce jour « Mohamed Bacar est seul responsable de tout acte qui engendrerait l’usage d’armes et des conséquences qui en découleront. »
 
Aux éléments de la Force de gendarmerie d’Anjouan (FGA), Monsieur Sambi leur a demandé de regagner les casernes et de rester loyaux et respectueux, car dit-il, conformément à la constitution de l’Union, il est le chef des forces armées.
 
Quant aux habitants d’Anjouan, le chef de l’Etat leur a juré qu’il ne « quittera Anjouan sans avoir investi de leurs fonctions les responsables de la sécurité portuaire et aéroportuaire », des responsables qu’il va lui-même nommer, étant le garant des frontières du pays, précise-t-il en ajoutant qu’Anjouan fait partie du territoire des Comores où l’autorité de l’union doit s’exercer pleinement comme dans les autres îles.
 
En cas de résistance de la part des autorités locales, « je demanderai votre concours » a conclu le président Sambi.
 
Les autorités de l’île ont vivement réagi trois heures après ces déclarations du chef de l’Etat par la voix du ministre de la justice d’Anjouan, Monsieur Mohamed Abdallah, assurant l’intérim de son collègue de l’intérieur Djaffar Salim Allaoui actuellement en France.
 
« Je tiens à rappeler à son Excellence le président de l’Union et à la population de se référer au communiqué de la communauté internationale actuellement résidant à Moroni faisant appel aux autorités des Comores au respect scrupuleux des accords de Fomboni et de Beit Salam et au respect des lois de la République », a déclaré Monsieur Mohamed Abdallah, intervenant en direct de la Radio Télé Anjouan (RTA) dans son édition de 20 heures, heures locales.
 
A notre grande surprise, on dirait que son Excellence le président Sambi ignore ces accords sus référencés, c’est vraiment regrettable et j’ose le dire fort que c’est regrettable, a-t-il ajouté.
 
A titre de rappel, poursuit le ministre Abdallah, en citant les accords de Fomboni : « au niveau des îles, les structures en place dans les îles continueront d’exercer leurs fonctions jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions » et de conclure que « ces mêmes dispositions font l’objet de l’article 60 de la constitution d’Anjouan. »
 
Devant cette tension persistante, difficile de dire si ce climat peut accoucher d’une solution dans la douceur.
 
Comme pour appeler à l’apaisement et à la retenue et écarter toute hypothèse de renversement d’un quelconque président d’une île par la force, comme on pouvait l’entendre dans la foule, le président Sambi a demandé à la population d’attendre les élections pour agir et s’exprimer démocratiquement.
 
Source : Hamid Ahmed –
261206/ha/hzkpresse/12h00
 
 
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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 00:07
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)  
Comores / Politique & institutions 
   
 
 Moroni, lundi 25 décembre 2006 (HZK-Presse) :
 
Quelques trois cents anjouanais résidant à Ngazidja sont descendus ce lundi dans la rue pour condamner l’attitude du chef de l’exécutif de l’île autonome d’Anjouan, suite à sa récente décision d’interdire l’arrivée et l’installation dans l’île d’un détachement de l’armée nationale de développement(AND). Un refus qui a provoqué une brusque réaction populaire [manifestation à Mutsamudu, meeting à Morontsy, lire nos précédentes dépêches].
 
A l’initiative de la Coordination des anjouanais pour le développement des Comores (Cadc), la manifestation de ce matin à Moroni avait pour objectif, selon son secrétaire général, de « sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale sur les dérives séparatistes du pouvoir du président Mohamed Bacar ».
 
Parmi les manifestants, on notait la présence de nombreux cadres de l’administration, qui défilaient derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire « Anjouan n’est pas une île Milk de Mohamed Bacar » [« milk » est une traduction littérale d’autonomie, ndlr] ou encore « Le séparatisme est une honte : combattons le ».
 
Plus excités, un groupe de jeunes à l’arrière de la marche pacifique scandait des slogans hostiles appelant au départ du président Bacar, au cri de « Nalawé ! » (Dehors).
 
S’adressant à la foule, le secrétaire général de la Cadc a déclaré leur « détermination à défendre l’unité nationale », et demandé les plus hautes autorités du pays de prendre « toutes les dispositions nécessaires pour désarmer le pouvoir de Mohamed Bacar » qui, à ses yeux, constitue « une grave menace qui ne peut laisser personne indifférent ».
 
Et Farid Aboubacar de prendre clairement position en faveur de l’actuel président de l’Union, Ahmed Abdallah Sambi, dont l’arrivée au pouvoir serait « une opportunité pour enterrer définitivement le séparatisme incarné par le colonel Bacar », explique-t-il.
 
D’autres orateurs ont pris la parole pour dénoncer les « pratiques anti-démocratiques » instaurées à Anjouan par le régime « corrompu » du colonel Mohamed Bacar. L’on reproche au chef de l’exécutif d’Anjouan de continuer à souffler le chaud et le froid en défiant toute présence du gouvernement central dans l’île.
 
Interrogée par HZK-Presse, Mme Karida Dia a justifié sa participation à la marche par le besoin de prouver son « engagement à défendre le droit de tous les anjouanais à vivre dans la liberté et la démocratie, et contre la répression exercée contre le peuple ».
 
Ces réactions hostiles semblent traduire un certain sentiment de peur à l’approche des élections présidentielles des îles (prévues en avril 2007), auxquelles Mohamed Bacar pourrait se représenter pour un second mandat de cinq ans.
 
Les partisans de ce dernier accusent le président de l’Union de vouloir déstabiliser la coalition « mdjidjengo » [regroupant les trois présidents des îles autonomes] en refusant de transférer aux îles leurs compétences, notamment les forces de sécurité intérieure, dont le décret portant modalités de mise en place butte sur le type d’armement.
 
El-Had Said Omar
251206/eso/hzkpresse/14h00

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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 22:40
Comores / Politique & institution
 
Mutsamudu, mardi 19 décembre 2006 (HZK-Presse)
 
Les autorités de l’île autonome d’Anjouan ont renforcé la sécurité à l’aéroport de Ouani depuis hier lundi dans la matinée, et refusent l’atterrissage de tout avion qui transporterait des éléments de l’armée nationale de développement (AND) dont un détachement devrait arriver dans l’île ce lundi afin de participer à la cérémonie d’ouverture officielle et inaugurale du bureau du commandement régional, prévue en principe pour le vendredi 22 décembre 2006 prochain.
 
Une trentaine de soldats de l’AND devrait arriver lundi matin dans l’île à bord du vol régulier de la compagnie Comores Aviation en provenance de Moroni, a confirmé M. Anissi Chamsidine, coordonnateur de l’action du gouvernement de l’Union dans l’île.
 
En présence du ministre de l’intérieur de l’île d’Anjouan M. Djaffar Salim Allaoui, des éléments des forces de la gendarmerie d’Anjouan (FGA) munis de kalachnikovs et d’autres armes de guerre ont pris position autour et à l’intérieur de l’aéroport, a constaté HZK-Presse.
 
Interrogé par HZK-Presse sur les raisons de la présence massive et inhabituelle de la FGA à l’aéroport, le lieutenant Absoir surnommé Lafolle, chef de la sécurité du président de l’île autonome d’Anjouan Mohamed Bacar a affirmé qu’ils sont là car « ils disposent des informations selon lesquelles les autorités de l’Union veulent faire débarquer des soldats pour désarmer par la force la FGA. »
 
« Nous nous battrons, s’ils débarquent, il ne faut pas qu’ils nous intimident puisque nous sommes des militaires comme eux », a-t-il dit.
 
Sans parler de tentative de débarquement, le ministre de l’intérieur de l’île, M. Djaffar Salim Allaoui [qui avait précipitamment quitté Moroni samedi alors la commission d’accompagnement du transfert des compétences dont il est membre n’avait pas encore restitué au chef de l’Etat ses derniers travaux], a expliqué que « c’est pour des raisons d’équilibre de la terreur » qu’ils  sont là.
 
Interrogé par HZK-Presse sur ces rumeurs de débarquement, le coordonnateur de l’action du gouvernement de l’Union à Anjouan M. Anissi Chamsidine a rejeté toute hypothèse « d’intervention de l’Union par la force à Anjouan » et a dit « regretter que les autorités de l’île se soient comportées de cette façon, sur un processus (de déploiement de l’AND : ndlr) qui a déjà commencé et qui doit se poursuivre. »
 
Selon toujours M. Anissi, « les autorités d’Anjouan sont capables de monter de toute pièce un tel scénario pour arrêter des gens car ils sont des spécialistes en la matière. »
 
Le représentant de l’Union à Anjouan estime que cette démonstration des autorités locales est bien un des éléments qui prouvent que « le président Sambi a bien raison de ne pas accepter que les forces de sécurité intérieure des îles disposent d’un armement de guerre. »
 
Malgré ce climat de tension, le trafic aérien entre Anjouan et les autres îles du pays n’a pas connu de perturbation, même si la présence visible des armes à l’aéroport a fait plus de peur que de mal aux passagers et à leurs accompagnateurs.
 
Hamid Ahmed
 
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
191206/ha/hzkpresse/10h00
 
 
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19 décembre 2006 2 19 /12 /décembre /2006 23:58
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
 
Comores / Politique & institutions 
 
 
Moroni, lundi 18 décembre 2006 (HZK-Presse) –
 
Les autorités de l'île autonome d'Anjouan ont interdit l'atterrissage de tout appareil en provenance de Moroni qui transporterait des militaires sans qu'une « demande écrite » leur soit préalablement adressée par le gouvernement de l'Union.
 
Un appareil de la compagnie Comores Aviation qui devait acheminer ce lundi matin à Anjouan un groupe d'officiers et soldats de l'Armée nationale de développement (AND), a du être annulé in extremis, suite à une information faisant état d'un déploiement des forces de sécurité anjouanaises sur l'aéroport de Ouani, pour empêcher l'arrivée dans l'île de ces éléments de l'And.
 
Selon des sources concordantes, c'est le ministre de l'intérieur de l'île, Yahaya Djaffar Salim, qui se serait rendu lui-même à l'aéroport de Ouani pour demander aux éléments de la Garde de sécurité des hautes personnalités (GSHP), relevant de l'And, et venus accueillir le groupe de militaires en provenance de Moroni, de déguerpir pour éviter tout affrontement.
 
Un passager présent à l'aéroport, contacté vers 14 heures par téléphone, a affirmé à HZK-Presse « que plusieurs militaires en armes de combat étaient encore stationnés sur la piste d'atterrissage et à différents coins de l'aéroport ».
 
Contacté dans la journée, le Coordonnateur de l'Union dans l'île, a déclaré au correspondant de HZK-Presse que ce contingent de 30 militaires de l'And était prévue de longue date dans le cadre de l'inauguration vendredi prochain d'un bâtiment affecté à l'armée nationale.
 
Un démenti apporté à une certaine rumeur qui circulait à propos d'un supposé « débarquement militaire » venant de Moroni.
 
Aucun signe de tension à Mutsamudu n'était observé en fin d'après-midi, même si la veille une patrouille des forces de gendarmerie d'Anjouan a sillonné la ville.
 
El-Had Said Omar
 
181206/eso/hzkpresse/17h00  

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 21:54
Comores / Politique & institutions  
 
Moroni, lundi 18 décembre 2006 (HZK-Presse).
 
 En réaction à la déclaration des présidents des îles autonomes publiée hier dimanche, accusant le président Ahmed Abdallah Sambi d’avoir « délibérément opté pour la logique de la confrontation », pour n’avoir pas signé le décret portant modalités de transfert des Forces de sécurité intérieure (FSI), le gouvernement de l’Union justifie la position du chef de l’Etat dans un communiqué daté du même jour et parvenu ce matin à HZK-Presse.
 
Le président de l’Union serait favorable à la mise en place des FSI dans les îles, mais demeure « fermement opposé à l’idée de plusieurs forces armées indépendantes dans le pays et qui échapperaient totalement à son contrôle », expliquent les auteurs du communiqué.
 
Devant cette impasse politique entre pouvoir central et exécutifs insulaires, le président Sambi envisagerait l’option de « s’en remettre à l’avis de l’Assemblée de l’Union », estimant que les lois déjà adoptées et promulguées offre un cadre juridique « incomplet et parfois contradictoire ». Et le gouvernement de citer l’exemple des dispositions contradictoires entre l’article 7 de la loi organique portant modalité d’application de l’article 9 de la constitution, et l’article 6 de la loi organique relative aux statuts des FSI, qui prêtent à confusion quant à l’organe législatif habilité à légiférer sur lesdits statuts, l’Assemblée de l’Union ou les assemblées des îles ?
 
Abordant les aspects institutionnels liés au transfert des FIS, le communiqué revient sur les prérogatives constitutionnelles dévolues au président de l’Union, considéré à la fois comme « l’arbitre et le modérateur du fonctionnement régulier des institutions » et « chef des armées » (article 12 de la constitution).
 
Le refus du président Sambi de procéder au transfert des FSI dans les conditions actuelles semble également motivé, poursuit le communiqué gouvernemental, par le fait que la gendarmerie d’Anjouan soit toujours « placée sous le seul contrôle du président de l’île », soupçonné de détenir encore un important arsenal de guerre, appartenant à l’armée nationale pour des missions de défense extérieur.
 
Une telle situation de fait « ne peut servir de modèle » aux îles de Ngazidja et Mwali, ajoute le communiqué. Le président Sambi trouve « inacceptable » la proposition faite par les chefs des exécutifs des îles de leur transférer purement et simplement « certaines casernes, les hommes et les équipements qui s’y trouvent ».
 
Le chef de l’Etat se dit néanmoins disposé à doter immédiatement les trois FSI d’un premier lot d’équipements constitués de 300 boucliers, 300 casques de maintien de l’ordre, 300 masques à gaz, 300 matraques, 100 menottes. S’il exclut toute dotation « en armement, munition et autres équipement de guerre », en se référant à l’article 4 de la loi organique votée en 2005 et portant modalité d’application de l’article 9 de la constitution, prévoyant pour les FSI « des moyens appropriés à l’exercice de leurs missions », rien n’empêche le président de l’Union de leur fournir en outre un stock de grenades lacrymogènes et même « certaines armes à feu à point de petits calibres », assure-t-on.
 
Se fiant à l’avis de nombre d’experts et personnalités consultés sur ce dossier explosif, le pouvoir de l’Union affirme sa « volonté de sortir de l’immobilisme », tout en prônant la vigilance sur les « graves dangers » que peut représenter pour le pays une multitude de forces armées « sous des commandements indépendants ». Le président de l’Union ne désespère pas de faire revenir à la table des négociations les présidents des îles, pour un « dialogue constructif », en les exhortant de « ne pas précipiter le pays dans le chaos et l’anarchie au seul motif électoraliste des futures élections présidentielles des îles ».
 
 Elus en 2002 pour un mandat de cinq ans, Mzé Abdou Soulé Elbak (Ngazidja), colonel Mohamed Bacar (Ndzouani) et Mohamed Said Fazul (Mwali) seraient candidats à leur propre succession à la tête des exécutifs insulaires lors du prochain scrutin d’avril 2007.
 
El-Had Said Omar 
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)  
18/12/06/eso/hzkpresse/9h00
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 23:00
Transfert des forces de sécurité intérieure
 
 
 
 
Les présidents des îles rejettent au chef de l’Etat la responsabilité de l’échec des négociations
 
Moroni, dimanche 17 décembre 2006 (HZK-Presse)
 
Suite à l’échec hier samedi des négociations sur le transfert des forces de sécurité intérieure, les trois chefs des exécutifs des îles autonomes de Ngazidja, Ndzouani et Mwali ont déclaré ce dimanche au cours d’un point de presse tenu à Mrodjou à 8 heures, que la rupture du dialogue avec le président de l’Union était consommée.
 
Dans une déclaration lue devant la presse, Mzé Abdou Soulé Elbak, le colonel Mohamed Bacar et Mohamed Said Fazul accusent le président Ahmed Abdallah Sambi d’avoir « délibérément opté pour la logique de la confrontation », en refusant de signer le décret portant modalités de mise en œuvre des lois relatives aux compétences, et particulièrement celle qui fait actuellement débat concernant le transfert des Forces de sécurité intérieure (FSI) des îles autonomes. 
Hier samedi vers 15 heures, à leur sortie du palais de Beit Salam où ils se sont longuement entretenus avec le chef de l’Etat pour une ultime négociation, après l’échec de la précédente réunion au sommet de mardi dernier, aucun des trois chefs des exécutifs n’avait souhaité répondre aux questions des journalistes.
 
Seuls les deux vice-présidents de l’Union, Idi Nadhoim et Ikililou Dhoinine, ont déclaré à la presse que « le président Sambi a promis de mettre dans un bref délai à la disposition des autorités des îles un premier lots d’équipements, dont des boucliers, casques et matraques », tout en exigeant des autorités de Ndzouani, qui disposent d’une importante quantité d’armements non appropriés aux missions des FSI.
 
Il s’avère que la gendarmerie anjouanaise détient depuis 1997 un stock d’armement répertorié au patrimoine de l’And et qui échappe au contrôle de l’Etat central, y compris des armes de guerre relevant des missions de défense extérieure [domaine exclusif de l’Union], confiait hier à HZK-Presse un ancien gradé de l’Armée nationale de développement (And) appelé pour un avis consultatif.
 
Le président de l’île, le colonel Mohamed Bacar, aurait quant à lui justifié la confiscation de ces armes par son « souci de protéger Ndzouani de toute nouvelle agression », faisant allusion au débarquement militaire de septembre 1997 sous le régime du président Mohamed Taki [deux mois après l’éclatement de crise séparatiste], et la récente tentative avortée de renversement de son pouvoir (2003) menée par le capitaine Combo Ayouba, et dont le président Azali était accusé d’être l’instigateur.    
 
L’Etat doit être présent sur l’étendue du territoire national, y compris l’île de Ndzouani où l’And serait aujourd’hui en droit de « disposer des moyens appropriés aux missions qui relèvent de sa sphère de compétence, en récupérant l’arsenal qui lui a été confisqué », soutient M. un membre du cabinet militaire de l’Union.
 
Interrogé hier, Idi Nadhoim a précisé que sur la base de l’expertise fournie par d’anciens officiers militaires, notamment le colonel Moilim Djoussouf, le commandant Abdourazak et le colonel Aboubacar Mzé Cheikh, un rapport a défini les types d’armements « appropriés aux missions de sécurité intérieure, limitées à des opérations de prévention, de maintien et de rétablissement de l’ordre public ». Il a cité entre autres des matraques, des grenades lacrymogène et des armes mixtes (fusils et pistolets mitrailleurs).
 
Mais les présidents des îles autonomes considèrent que la non signature du décret de transfert des compétences, relève d’un « mépris que le président Sambi manifeste contre la constitution, les lois de la république (…), s’érigeant ainsi en souverain de droit divin ».
 
La question de la nomenclature d’armements à affecter aux Forces de sécurité intérieure aurait pu être résolue sur la base des conclusions issues des consultations menées auprès d’experts indépendants, indique la déclaration qui note une « attitude rebelle et inattendue du président de l’Union », avant d’appeler l’ensembles des forces armées « à rester fidèles à leurs missions républicaines ».
 
Le directeur de cabinet à la présidence de l’Union chargé de la défense, Mohamed Abdoulwahabi, devait à son tour s’adresser ce dimanche à la presse, vers 14 heures, pour donner la position des autorités centrales sur la tournure que prennent les évènements.
 
Un ancien haut cadre de l’armée interrogé à sa sortie d’une consultation à Beit-Salam, et qui a requis l’anonymat, estime que « le transfert des FSI est devenu véritable enjeu électoral », à trois mois de la fin du mandat des chefs des exécutifs actuellement au pouvoir dans les îles.
 
El-Had Said Omar
Source : Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
 
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13 décembre 2006 3 13 /12 /décembre /2006 23:30
Enseignement supérieur : Le président de l’Université a démissionné
 
Moroni, lundi 11 décembre 2006 (HZK-Presse)
 
Le président de l’Université des Comores, Damir Ben Ali a remis sa démission, suite à des divergences avec le nouveau gouvernement sur des décisions de nominations et de limogeages récemment opérés au sein de son institution.
 
La vacance du poste a été officiellement constaté par le ministre de l’éducation nationale, comme l’exigent les textes statutaires qui prévoient l’élection d’un nouveau président dans un délai d’un mois par les membres des deux instances dirigeantes de l’Université, le conseil d’administration et le conseil scientifique réunis.
 
On invoque entre autres le cas controversé de la nomination de Youssouf Boinahéri au poste de Directeur du département Ressources humaines, précédemment occupé par Toiouilou Mzé Hamadi, ancien chargé de la gestion du patrimoine au département tourisme de l’Institut universitaire et technique (IUT).  
 
Une réunion de crise a été convoquée samedi dernier, regroupant enseignants et responsables de l’administration de l’université pour tenter de désamorcer le conflit lié au « test d’admissibilité » qui, selon le secrétaire général adjoint, Ismael Ibouroi, avait été organisé sans implication suffisante de l’institution. 
« Au vu des résultats [188 admis sur 1100 candidats, soit 16% de réussite] la sincérité et la légalité du test ne sont nullement contestées, ce sont plutôt les conditions d’organisation qui sont critiquables », explique-t-il à HZK-Presse.
 
Et d’ajouter qu’il était aussi important de « ne pas donner un argument aux séparatistes » dans un contexte sociopolitique déjà assez tendu.
 
Pour sa part, le gouvernement n’aurait pas apprécié le choix opéré par M. Damir Ben Ali dans les récents recrutements d’enseignants, dont les postulants s’avèrent être essentiellement des hauts dignitaires de l’ancien régime du colonel Azali [Maoulana Charif, ancien ministre, Younoussa Ben Imani, ancien Commissaire général au Plan, Mohamed Abdou Mouigni, ancien secrétaire général du gouvernement, etc.].
 
Estimant avoir agi au regard des seuls critères de compétence, le président de l’Université aurait refusé d’exécuter l’injonction d’annuler ces recrutements, préférant remettre en jeu son propre poste qu’il occupe depuis la création en 2003 de la jeune institution. C’est le vice-président Kamal Affraitane, qui assure actuellement l’intérim.        
 
Depuis quelques semaines l’université des Comores traverse une crise interne, consécutive à l’organisation en octobre dernier du test d’admissibilité des élèves anjouanais, suite à la décision des autorités de l’Union de ne pas reconnaître le fameux « baccalauréat anjouanais » de la session 2006, non validé pour cause d’irrégularités.
 
Le doyen de la faculté de Lettres, Moussa Said, avait démissionné avant le président, pour protester contre le recrutement d’enseignants sans que le Conseil scientifique en soit préalablement saisi, en tant qu’organe de l’Université chargé d’examiner les dossiers de candidatures aux différents postes à pourvoir.
 
Le professeur Moussa Said serait également mécontent, sur l’affaire du test d’admissibilité à l’université pour les élèves anjouanais, en reprochant les autorités d’avoir préparé et organisé ce test en dehors de l’institution universitaire dont les responsables ont été selon lui mis sur le fait accompli. Il a été remplacé par Mbaraka Charif Abdallah.
 
Ce lundi matin, un groupe d’étudiants ont sérieusement perturbé les cours au campus  universitaire de Mvouni, qui abrite les Facultés de Droit, Lettres, Histoire géographie et Sciences économiques. Ils ont bloqué l’entrée aux étudiants anjouanais admis au test, alors que ces derniers sont munis de leurs documents d’inscription dûment délivrés par l’administration.
 
Ce blocus s’est poursuivi dans la journée alors que le ministre de la justice, Mmadi Ali, assurant l’intérim de son collègue de l’Education nationale en mission à l’extérieur, devait procéder à la remise officielle des premiers bus destinés au ramassage des étudiants.
 
Interrogé par HZK-Presse sur les motivations de ce mouvement, Ali Said, un étudiant en Droit a déclaré que « si on doit admettre nos camarades d’Anjouan, on devait aussi autoriser ceux de Ngazidja et Mwali qui n’ont pas le diplôme du Bac de passer le test d’admissibilité, dans les mêmes conditions ».
 
Au ministère de l’Education on craint « une manipulation politique » des étudiants, à un moment où la rentrée scolaire dans les établissement publics du primaire et secondaire vient juste d’avoir lieu, après une longue grève du corps enseignant.
 
Le syndicat des étudiants, qui a réussi à calmer les esprits a appelé à la reprise des cours dès demain mardi.  
 
Dans les couloirs de l’administration de l’université, HZK-Presse a constaté une atmosphère assez lourd, signe d’un certain malaise devant cette « succession de décisions qui semblent faire un peu désordre », selon l’expression d’un membre du conseil d’administration qui a préféré garder l’anonymat. Et de s’interroger sur « l’opportunité » de telles mesures à un moment où le parlement est sur le point d’adopter la loi portant orientation, organisation et fonctionnement de l’université.
 
Des missions étrangères en provenance de La Réunion et de Perpignan (France), attendues cette semaine à Moroni dans le cadre de la coopération universitaire, seraient annulées sine die, a-t-on confirmé à HZK-Presse.
 
El-Had Said Omar
Source : Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
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11 décembre 2006 1 11 /12 /décembre /2006 01:23
 
 
 
Les milieux d’affaires n’excluent pas un lien avec l’ouverture à la concurrence du secteur bancaire comorien
 
Moroni, vendredi 8 décembre 2006 (HZK-Presse) – Rien n’est encore officiel, mais l’information faisant état d’un retrait du groupe français BNP-Paribas du capital de la Banque pour l’industrie et le commerce (BIC-Comores) semble se confirmer de source proche de cette dernière. En fait, ce désengagement de BNP-Paribas pourrait même intervenir plus vite que prévu, probablement d’ici fin 2006 ou début 2007, lorsque le Conseil d’administration de la Banque centrale des Comores (Bcc), qui se réunit vers la mi-décembre, aura statué sur ce dossier.
 
L’on parle déjà de raisons d’opportunité ou de rentabilité pour expliquer ce départ plutôt inattendu, notamment le processus de redéploiement du réseau BNP-Paribas vers la zone d’Europe centrale et de l’Est, voir même l’Asie où le marché est en plein essor.
 
Mais dans les milieux d’affaires de la capitale c’est l’expectative, et l’on exclut pas un lien avec l’ouverture à la concurrence du secteur bancaire comorien, avec l’arrivée de deux nouvelles banques commerciales, la Banque Fédérale des Comores (BFC) financée par un important investisseur Koweitien, et la Exim Bank.
 
Unique banque commerciale en activité aux Comores, la BIC a réalisé en 2005 un résultat net de 340 millions fc, contre 408 l’année précédente. Elle représente 61% de parts de marché en termes de dépôts [10,8 milliards fc] et de crédits à l’économie.
 
Créée en 1982 avec un capital de 300 millions fc, la Banque pour l’Industrie et le Commerce (BIC) a été rachetée en 1990 par la Banque nationale de Paris [BNP Intercontinentale, devenue en mai 2000 le groupe BNP-Paribas] succédant ainsi la BIAO.
 
La BNP-Paribas détient 51% du capital, l’Etat comorien (34%) et des privés (15%). La direction actuelle de l’établissement assurera vraisemblablement la transition pour une durée de 12 à 18 mois, sous contrat avec le nouveau repreneur français qui est la Banque populaire, implantée à Mayotte à travers sa filiale la BRED ouverte en décembre 2001.
 
Après Maurice et les Comores, la BNP-Paribas quitte également Djibouti, ce qui est considéré comme « un désengagement stratégique » de la zone Océan indien.
 
Dans son ensemble, le groupe BNP-Paribas, qui fait partie des cinq premières banques européennes à vocation internationale, a réalisé une croissance record de 14% en 2005, confirmant sa stratégie d’expansion, un produit net bancaire de 21,5 milliards d’euros.     
 
Source : HZK - El-Had Said Omar - 081206/eso/hzkpresse/09h00
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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 23:53
Sabotage du réseau téléphonique de la capitale
 
 
 
 
« L’enquête de la gendarmerie s’oriente vers deux pistes »
 
Moroni, mardi 5 décembre 2006 (HZK-Presse) –
 
La société nationale des télécommunications (Comores Télécom) a été victime d’un acte de vandalisme, ce samedi à proximité de son siège. Le câble souterrain  raccordant plus de 2000 abonnés de la capitale au réseau téléphonique a été sectionné par des individus non encore identifiés.
 
La direction de l’entreprise a porté plainte et une enquête a été ouverte à la brigade de recherche de la gendarmerie nationale pour tenter de retrouver les auteurs de cet acte criminel, qui a eu pour conséquence de priver de moyen de communication plusieurs clients, notamment des entreprises et des administrations, durant plus de 72 heures.
 
A Comores Télécom, l’indignation est grande, surtout qu’une telle action ne semble avoir aucune motivation financière apparente, comme ce fut le cas en 2005 avec le vol d’une énorme quantité de câble en cuivre, destinée à un trafic très lucratif vers des pays voisins, avec la complicité d’agents de la société.
 
 En sectionnant le câble sur une longueur d’à peine 1 mètre, ces bandits ont-ils délibérément eu l’intention d’endommager le réseau téléphonique ? Si oui, pour quelles raisons ? Seuls les enquêteurs pourront élucider cette curieuse affaire.  
 
Le gouvernement de l’Union, à travers son porte-parole, Abdourahim Said Bakar, a vigoureusement condamné cet acte, et demandé que « tout soit mis en œuvre pour retrouver et punir les auteurs de ce sabotage inadmissible ».
 
Les entreprises qui utilisent des systèmes de réseau, tels que les banques ou les services postaux, ont subi de sérieuses perturbations entre samedi matin et lundi après-midi, provoquant des scènes de panique et de nombreuses réclamations des usagers. Les opérations d’envoi ou de réception d’argent dans les guichets Western Union furent momentanément suspendues, de même que le paiement des salaires à la Snpsf.  
 
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’on devrait s’orienter vers deux pistes, dont la plus plausible serait le sabotage, avec une coïncidence sur la qualité des principaux utilisateurs victimes [corps diplomatiques, hôtels, hautes personnalités de l’Etat], affirme le commandant Rafick Abdallah Soilih. Quelques techniciens de Comores Télécom ont été entendus mais ces interrogatoires n’ont donné lieu à aucune inculpation, a constaté ce mardi HZK-Presse, de source proche de l’enquête.
 
Source : El-Had Said Omar -  051206/eso/hzkpresse/16h00
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