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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 22:51

Régalez-vous avec le tari ci-dessous du groupe de Mawatoiniya de OUANI (NDZUWANI-COMORES). Que j'aime la belle voix de Mifouza, la chanteuse.

 

 


 

Allaoui HALIDI (HALIDI-BLOG-COMORES)

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 19:15
« J’ai appris que dans le prochain gouvernement il y a ceux qui veulent qu’on me confie le ministère des WC, ainsi je mettrai en place les WC publiques qui manquent dans le pays » Fouad Mohadji, Vice Président de l'Union des Comores
Source : HZK Presse 07/05/13 / 06h00

Sacré Fouad Mohadji, il reste lui même. Un homme qui ne mâche pas ses mots et ne se laisse pas intimider. Un contre tous à Mwali !!!!!!
En tout cas, entre Fouad Mhadji (Vice Président de l'Union), Ikililou Dhoinine (Président de l'Union), Mohamed Ali Said (Gouverneur de l'île de Mwali) et Hamada Madi Bolero (Directeur de cabinet de la Présidence de l'Union et chargé de la Défense. Certains n'hésitent pas à dire qu'àctuellement, il est la vraie autorité de l'Union ) Paka modja Ngefo !!!!!!!!!!!! Mtru atso vegnawo balahe. Qui vivra verra. Cela fait partie de l'ambiance regrettable de la tournante lunaire. Hélas !

En tout cas, cette odeur nauséabonde que dégagent les Comores depuis quelques temps est insupportable. Elle entraine des nausées. Vivement l'odeur d'ylang-ylang, du jasmin et des clous de girofle.

Non. Vous ne vous trompez pas. Nous parlons bien de nos îles aux parfums.

 

Espérons que nous aurons rapidement l'odeur de nos parfums. Je ne désespère pas même si un poète comorien pense que l' "ylang-ylang (est) en fumée". Car nous en avons ras le bol.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 13:56
LU POUR VOUS
Source :
http://www.sudouest.fr/2013/05/04/abdouroihamane-des-comores-a-floirac-1044090-2780.php
Par dominique andrieux
 
Abdouroihamane, des Comores à Floirac
« La retraite c’est le repos après le dur labeur ».|| photo. D. A.
(photo. D. A.)
1 sur 2
« La retraite c’est le repos après le dur labeur ».
 
«Je ne vous donne pas mon prénom. » Manquait plus que ça M. Abasse ! Allez ! Et d’épeler : « Bon, notez! A-b-d-o-u- r-o-i-h-a-m-a-n-e. » Trop facile. Traduit du shikomor (langue officielle parlée au Comores), Esclave de dieu. « Faut bien être l’esclave de quelqu’un », glisse le Floiracais, un brin pince sans rire. Il raconte être parti de son île avec madame et leurs six enfants, il y a trente ans - la petite dernière - naîtra dans l’Hexagone.
Pour la métropole, Paris où il découvre le plaisir de bosser dans le métro, puis Bordeaux, avec un job au palais des Congrès.
Que retient-il de son arrivée : « Chez nous, on dit bonjour aux grandes personnes, enfin à tout le monde. Ce que j’ai fait ici tout naturellement jusqu’au jour où un monsieur m’a dit assez sèchement ‘‘tu me dis bonjour mais tu ne me connais pas’’ ». « Après, j’ai ri et je n’ai plus dit bonjour », raconte M. Abasse lequel décrit les Comoriens comme « des gens chaleureux, généreux ». Nous confirmons.
« Nous sommes des gens pauvres mais riches humainement », lâche celui qui est arrivé avec sa famille à Floirac, en 1991. Les Abasse font partie de ces familles concernées par la rénovation urbaine du quartier Libération. Eux ne regrettent rien, ravis d’occuper un appartement dans un immeuble neuf, « plus calme, moins bruyant », rue Jules-Guesde.
Abdouroihamane est à la retraite depuis un an. Il se consacre à sa famille et à l’association ouanienne de Floirac France Comores dont il est président.

RENDEZ-VOUS La rive droite est un territoire riche de ses diversités culturelles. Chaque samedi dans notre édition, un ou une habitant(e) nous présente un plat et son histoire.

Le zilo (poisson au coco) ntchari
 
Couper les têtes des poissons. Dans un grand récipient, ajouter à l’eau les têtes, le sel, le poivre et l’oignon.
Laisser cuire une dizaine de minutes.
Sortir les têtes.
Faire revenir les poissons dans de l’huile à raison de 2 minutes maximum par côté.
Chauffer le lait de coco à part, avec le piment. L’incorporer au court bouillon, ajouter le curcuma, le citron, la cannelle, les poissons. Porter à ébullition et laisser cuire entre 5 et 6 minutes.
Pour le ntchari, émincer la tomate et l’oignon et ajouter un zeste de citron.Servir frais.
ingrédients
Pour 4 personnes
Un poisson environ 500 g (au choix, par exemple le tilapia)
- curcuma
- 1 berlingot de lait de coco
- 1 oignon
- 1 citron
- cannelle
- sel

 

 

 
 

 
|| photo D. A.
(photo D. A.)
Publié le 04/05/2013 à 06h00
Par dominique andrieux
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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:32

 

 


 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 22:03
Etant un adepte du twarab de Zanzibar, il est de mon devoir de rendre un Grand Hommage à Bi Kidude (Son vrai nom est Fatuma binti Baraka), une légende du Twarab, qui nous a quittés hier (17 avril 2013) sur son île natale. Originaire de l'île de Zanzibar (TANZANIE), elle serait née en 1910.
Bi Kidude va beaucoup nous manquer mais grâce à son oeuvre et à sa belle voix (voir la vidéo ci-dessous), nous ne l'oublierons pas.
En 2005, elle avait reçu le prestigieux prix World Music Expo (Womex) pour sa contribution extraordinaire à la musique et à la culture de Zanzibar.
Paix à son âme.
Ci-dessous ce qu'on pouvait lire dans une dépêche de l'AFP d'hier :

"Bi Kidude, visage ridé sur une frêle silhouette et voix haut perchée, dépensait une énergie débordante sur scène, frappant un large tambour coincé entre ses jambes, tirant à intervalles réguliers sur une cigarette ou lampant une rasade d'alcool à la bouteille."

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 22:17
ylang-ylanf-en-fumee.jpg
COMORES / POESIE : YLANG-YLANG EN FUMEE*, RECUEIL DE POEMES DE MONSIEUR  ATTOU  VU PAR UNE LECTRICE
 
Par Mme Said Allaoui Asna
 
J’ai lu et relu le recueil de poèmes « YLANG-YLANG EN FUMEE ». Avec un regard de lectrice mais aussi de  compatriote et d’amie de l’auteur  je livre mon sentiment.

Monsieur Attou, vous n’êtes pas un provocateur comme vous vous questionnez dans votre ouvrage. Vous êtes tout simplement un homme qui en a « Ras le bol » pour reprendre le titre d’un poème de votre recueil.  Un homme meurtri par l’état chaotique dans  lequel son  pays cher à son cœur se trouve. Un homme qui se questionne sur le pourquoi, le comment et où va-t-on ? C’est tout à fait légitime. Il n’est pas un provocateur.

Monsieur  Attou,  votre cri du cœur retentit et raisonne bien au fur et à mesure qu’on lit vos poèmes.  

En écrivant ce livre, étiez- vous entre autre dans une démarche thérapeutique pour ne plus avoir à vous sentir coupable de ne pas avoir dénoncé ce qui se passe aux Comores ?  Ou cherchiez-vous tout simplement à vous libérer de vos propres maux, vos souffrances, vos propres brulures dans cette YLANG-YLANG EN FUMEE ?
 Peu importe votre démarche, vos cris ont retenti  dans mes oreilles à travers vos poèmes.

Votre ouvrage m’a beaucoup plus touché aussi bien dans cette démarche thérapeutique, votre colère et  vos interrogations que dans la profondeur et la simplicité des mots.
 
Par contre, Je n’ai pas vraiment accroché au style et au  genre. Choisir un recueil poétique pour narrer une situation chaotique, désastreuse et j’en passe, je trouve cela audacieux mais personnellement je pense que Monsieur Attou , vous auriez  mieux fait peut être d’écrire un livre sous forme d’autobiographie ou de roman relatant votre vécu ou votre  ressenti face à la problématique comorienne.
Sans compter que j’aurais aimé vous  voir approfondir un peu plus des sujets d’actualité oh combien pertinents, et réels que vous avez  soulevés dans votre  œuvre. Mais au lieu de cela vous êtes  resté très scolaire. Est-ce parce que vous êtes enseignant ?
Des sujets tels que l’environnement, la politique, la corruption que vous abordez  avec des mots simples et forts bien cachés ! Tous ces sujets là, à mon avis,  méritent d’être approfondis.

Mais je vous comprends aussi  car j’ai l’impression que vous avez privilégié la thérapie.  Votre démarche ne consiste pas à trouver des solutions aux maux qui rongent notre pays.

Voilà mon ressenti en lisant votre livre. Il n’engage que moi.

J’avoue que j’attends impatiemment votre  prochain livre malgré ma petite déception  expliquée plus haut en espérant que vous  aurez  un gout plus raffiné et plus profond.
A vous tous et toutes qui n’avez  pas encore lu le recueil « YLANG-YLANG EN FUMEE »  de Monsieur Attou,  je vous le recommande vivement. Il  vous incitera aussi à  entamer votre thérapie  dans l’optique d’aller de l’avant malgré les problèmes du pays.

Même si j’ai le sentiment que l’Ylang-ylang a déjà brulé et enfumé les Comores, je ne désespère pas. Quand est ce que cet ylang ylang va jaillir et parfumer nos belles îles lunaires ?

Merci Monsieur  Attou de nous avoir ouvert, à travers ce livre, la porte de votre vie.

Asna SAID ALLAOUI
 
* YLANG-YLANG EN FUMEE, recueil de poèmes de Monsieur Attou, enseignant et amoureux des lettres et de la musique publié aux  éditions EDILIVRE  en 2012

Biographie de Monsieur Attou

Monsieur Attou est né en 1968. Il fait ses études primaires à la coulée de lave à Moroni et dans la ville de Ouani. Il fréquente par la suite le collège rural de Ouani et s’inscrit au lycée de Mutsamudu. Après l’obtention d’un bac littéraire, il se rend au Maroc pour ses études universitaires en lettres et sciences humaines. Il est actuellement enseignant de langue française au lycée de Ouani après avoir enseigné au lycée de Mutsamudu. L’écriture et la musique sont ses deux passions.

Résumé

Ce recueil retrace, dans un univers poétique, la survie d’une population livrée à elle-même, bercée dans un monde chimérique sous les discours fallacieux d’une classe politique ne craignant pas Allah. Dans Ylang Ylang en fumée, Attoumane Ahmed Cheik met en exergue la pauvreté, les salaires de misère, la hausse incessante des prix de denrée de première nécessité, le chômage des jeunes, les fausses promesses, la destruction de l’environnement, la double souffrance d’une population à la suite de la présence d’une puissance étrangère dans l’île de Mayotte et tant d’autres.
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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 20:18
Daoud Saïdali Toihir, directeur de l’Anpi : “les lourdeurs de notre administration pénalisent le climat des affaires”

Source : Alwatwan.net 12 avril 2013

Daoud_Saidali_Toihir
En seulement trois années d’activités, la direction générale de l’Agence nationale pour la promotion de l’investissement (Anpi) se réjouit des résultats obtenus en matière d’amélioration du climat des affaires. Cet organe, chargé de “vendre“ les opportunités d’investissement aux Comores, dispose désormais d’antennes au niveau de chaque île. Bien qu’il se dise satisfait de l’environnement actuel des affaires, son patron, Daoud Saïdali Toihir, regrette que les choses ne bougent pas au rythme qu’il faudrait. Interview.

Que peut-on retenir de ces trois années d’activités de l’Anpi?


En trois ans, le pays a commencé à mettre en place les bases pour promouvoir l’Investissement. Nous avons beaucoup avancé dans la facilitation de la création d’entreprise. Il faut maintenant créer les conditions d’un environnement plus attractif pour les affaires. C’est ce que nous sommes en train de faire avec les réformes que nous mettons en place.

Plus concrètement, quelles sont les avancées que votre agence a enregistrées?


Auparavant, il fallait dix-sept étapes pour créer une entreprise. Elles sont deux actuellement. Nous avons réduit sensiblement les démarches administratives. Avec le système de guichet unique, nous avons regroupé en un seul point toutes les démarches pour créer une entreprise. C’est beaucoup plus opérationnel à Ndzuwani, où dans un seul point vous pouvez créer votre entreprise. A Moroni, nous avons des facilitateurs.

Pourtant, les Comores végètent toujours au 158ème rang du Doing Business…


Je ne dirais pas cela. En trois années, nous avons gagné cinq places et dans les dix-neuf pays du Comesa, nous sommes le premier pays le plus réformateur.

Qu’est-ce qui pénalise alors l’environnement des affaires aux Comores?


Il y a d’abord les lourdeurs et la complexité de notre administration. Je ne dis pas que l’administration comorienne bloque l’investissement, plutôt elle ne favorise pas l’investissement. A titre d’exemple, c’est toute une difficulté pour payer les impôts. C’est plus pénible pour le secteur foncier où l’immatriculation des domaines est un processus aussi long que couteux.

Sur ce, qu’elle est la proposition de l’Anpi?


Nous avons soumis une note en conseil des ministres pour exiger l’introduction d’un délai à toute l’administration pour délivrer un document. Passé ce délai, l’administration doit justifier le retard.

L’Organisation patronale des Comores (Opaco) est devenue très discrète. N’est-ce pas un danger pour le secteur privé en général?


Ma plus grande crainte est le démantèlement du secteur privé. Il n’y a presque pas d’organisations qui défendent le secteur privé et qui puissent servir de contre-pouvoir. Les hommes d’affaires comoriens jouent en solo.

Que faut-il faire pour y remédier?


Je crois qu’il ne suffit pas de créer une entreprise, encore faut-il la développer et la pérenniser. Malheureusement, l’Etat n’a pas encore une vraie politique pour appuyer le secteur privé. Le Document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté (Dscrp) a, certes, identifié les secteurs porteurs. Mais il n’y a pas de politique pour développer ces secteurs. Par exemple, de quel type de tourisme avons-nous besoin ou encore qu’est-ce que nous allons développer dans l’agriculture?

Quelle est la stratégie de l’Anpi pour le secteur privé comorien?


Nous voulons donner confiance et crédibilité aux investisseurs nationaux ainsi qu’aux membres de la diaspora. Leurs réussites serviront à encourager les investisseurs internationaux, assurés de rencontrer des partenaires motivés. Nous sommes un pays insulaire, nous avons les contraintes liées aux transports aérien et maritime, mais aussi à l’électricité. Il faut maintenant pouvoir transformer ces contraintes en opportunités.

Depuis quelques années, des sociétés étrangères s’installent aux Comores. Quels sont vos rapports?


A mes yeux, il n’y a pas encore d’investisseurs étrangers aux Comores.

Et Moroni Terminal, Hss, Semlex et sa filiale locale Lsc,….


Il y a un problème autour de ces sociétés étrangères qui s’installent par des conventions spéciales. Je crois qu’il faudrait impliquer l’Anpi pour assurer un suivi. Semlex serait en train de réaliser des investissements, mais nous n’en savons rien. Pour Moroni Terminal, nous avons été associés au début dans les démarches, mais au moment de la signature de la convention, nous avons été écartés. Je crois que l’Etat doit prendre les leçons du passé notamment avec Cgh.

Que comptez-vous donc faire pour booster l’investissement?


Nous comptons organiser une conférence cette année, peut-être au mois de septembre, avec des hommes d’affaires du Golfe. Ce sera un événement national qui aura lieu à Moroni. L’idée est de promouvoir les partenariats entre les hommes d’affaires comoriens et ceux des pays arabes. Nous avons déjà l’appui de la Banque islamique de développement et l’Apix, l’agence chargée de promouvoir l’investissement au Sénégal.

Souvent, on n’arrive pas à distinguer le rôle de l’Anpi de celui de l’Union des chambres de commerce. Pourquoi cela?


En effet. Je reconnais qu’il y a parfois des chevauchements. Il faut qu’on arrive à différencier les tâches de l’Union des chambres de celles de l’Anpi. Il faut clarifier la mission de chacun afin de pouvoir identifier ce qui n’est pas pris en charge par les deux structures.

Propos recueillis par Toyb Ahmed

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 23:19

 

 

avion-accidente-07mars-2013-2.jpgCe dimanche 07 avril 2013 dans les environs de 16H45 un avion de la compagnie  AB aviation en provenance de Moroni - Hahaya avec 13 passagers à bord s’est accidenté au moment de l’atterrissage à l’aeroport de Ouani (Ndzuwani) suite à une crevaison d’un de ses pneus.


L’appareil a quitté la piste et s’est retrouvé dans un champ. Fort heureusement, il n’y a pas de victime. Toutefois, certaines personnes qui se trouvaient à l’aéroport de Ouani au moment de l’accident s’interrogent sur le manque d’intervention rapide : camion d’incendie, pompiers, autorités de l’aviation civile …..

 

avion-accidente-07mars-2013.jpgIl est temps que les autorités comoriennes prennent au sérieux le problème des transports aériens et maritimes. On ne peut continuer à mettre en danger les comoriens. Il s'agit d'un deuxieme accident d'avion en moins d'un an aux Comores !

 

Halidi Allaoui

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 22:56

CHAMSIDINE MHADJOU : « JE N’AI PAS CHOISI D’ÊTRE COMORIEN, J’AI ASSUMÉ CE QUE JE SUIS »

 

Am.jpg« J’ai choisi de servir mon pays. Et jusqu’à maintenant, je l’ai toujours servi avec loyauté même si quelques fois, comme les autres cadres de l’administration, il m’arrive de rencontrer des difficultés ». Cette phrase résume l’engagement indéfectible de Chamsidine Mhadjou en faveur de la partie indépendante des Comores malgré ses origines mahoraises. Si le Cndrs (Centre national de documentation et de recherche scientifique) et le ministère des Relations extérieures (Mirex) disposent aujourd’hui d’un service des archives, c’est grâce à lui.

 

« Ce sont les deux grandes réalisations dont je me sens le plus fier », dit-il. Après son baccalauréat en 1980, Mhadjou a obtenu trois ans plus tard le diplôme d’aptitude aux fonctions d’archiviste à l’Université de Dakar, puis un certificat de fin de stage diplomatique à l’Institut des relations internationales de Cameroun (université de Yaoundé) en 1989. A son retour aux Comores, il occupera divers postes de responsabilités, notamment celui de directeur de cabinet du Secrétaire d’État à l’Information, à la Jeunesse et aux Sports (1990-1991), avant d’être nommé chef du service de la documentation et des archives au ministère des Affaires étrangères et de devenir en 1995 le chargé de l’Onu (Organisation des Nations unies) au département des affaires politiques du même ministère.

 

C’est, en effet, au Mirex que Chamsidinne Mhadjou a passé l’essentiel de sa carrière. Tour à tour conseiller technique du ministre, ambassadeur, puis secrétaire général de 2005 à 2006, il a été inspecteur général et Opl (Officier permanent de liaison) de la Commission de l’océan indien, chargé du dossier Comesa, jusqu’en 2007. Depuis décembre 2012, il occupe le poste de directeur général de la Coopération internationale. Né à Niambadao à Mayotte en 1958 et père de deux enfants (qui sont aujourd’hui à l’université), Chamsidine Mhadjou dit être satisfait de l’évolution de sa carrière.

 

«  Je n’ai jamais eu de difficultés à combiner vie familiale et vie professionnelle. Pendant vingt-six ans de mariage, et avant de devenir veuf, ma femme m’avait toujours soutenu », reconnait-il. La disparition de son épouse fut l’un des moments pénibles de sa vie. « Sans elle, je suis diminué. Mais en bon musulman, je ne peux que m’incliner devant le destin », dit-il. Un souvenir lui est resté en travers de la gorge. C’est lorsque, au bout de seulement quatorze mois, il a été éjecté du secrétariat général du ministère des Affaires étrangères « sans aucune explication ». « On m’a traité comme un moins que rien », peste-t-il.

 

Mhadjou se félicite, cependant, de n’avoir « jamais eu de reproches sur le plan professionnel » et d’avoir eu « une épouse avec qui j’ai partagé vingt-six ans de mariage, en parfaite collaboration et cela, tous les amis peuvent en témoigner ». A ses amis mahorais qui lui conseillent parfois de rentrer à Mayotte, il répond invariablement : « J’assume mon choix. Entre la réussite professionnelle et la réussite matérielle individuelle, j’ai opté pour le premier choix ».

 

Et de poursuivre : « Ce sont plutôt ceux qui sont restés à Mayotte qui ont fait un choix. Moi, j’ai assumé ce que je suis. Je n’ai pas fait le choix d’être Comorien ». Même admis à la retraite, il dit qu’il continuera à servir autrement les Comores. « J’appelle les Comoriens à plus de dignité. Nous avons aujourd’hui tendance à tronquer notre fierté contre des moyens matériels », déplore-t-il. Il constate que « cette fierté d’être Comorien tend peu à peu à disparaître ». Malheureusement.

 

Abouhariat Saïd Abdallah


Huit questions à ...

 

Quelle est la personne qui vous a le plus marqué dans votre vie ?

 

Saïd Kafé (Ndrl : Ministre des Affaires étrangères sous le régime Ahmed Abdallah. Il est d’origine mahoraise). C’était une personnalité intègre qui a servi son pays avec abnégation. Quelquefois, je cherche à lui emboiter le pas.

 

Avez-vous un nom d’une personnalité de référence ?

 

Sans doute le président Ahmed Abdallah, il a aimé ce pays. Je lui reconnais quelques erreurs, mais il a défendu et aimé le pays comme il pouvait.

 

La personne que vous aimez le plus ?

 

Mon père. J’ai aimé mon père parce que malgré la précarité dans laquelle il vivait, il n’avait jamais été complexé.

 

Qu’est ce qui vous fait le plus peur ?

 

Ce qui me fait peur, c’est la balkanisation des Comores. On est arrivé à la conclusion qu’il faut s’identifier à une île pour accéder au pouvoir et cela me fait peur.

 

Quelle est votre devise ?

 

Tous unis, pour le bonheur de nos enfants.

 

Quel est le rêve que vous n’avez pas encore pu réaliser ?

C’est de voir mes enfants entrer dans la vie active, ma femme aurait souhaité voir ses enfants entrer dans la vie active.

 

Qu’est ce que vous détestez dans vie?

 

Le mensonge et la calomnie

 

Le plus mauvais souvenir que vous gardez ?

 

La perte de mon épouse, et comme par hasard, tout comme en 2005 j’ai été bouleversé également sur le plan professionnel. J’ai été injustement sanctionné alors que j’assumais mon travail de façon régulière.

 

Propos recuillis par

Abouhariat Said Abdallah

 

Source : Al-watwan du 04/04/2013 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 21:32
Source : http://www.alwatwan.net/
Trois questions à Sittou Raghdat Mohamed, secrétaire général du Rdr : “J’ai longuement réfléchi avant de prendre ma décision ”

18 mars 2013

Sittou_Raghdat_Mohamed
Après plusieurs années consacrées à la vie associative, vous venez de faire un retour à la vie politique en devenant le secrétaire général de votre ancien parti. Qu’est-ce qui a motivé ce come back?

C’est un retour attendu et souhaité depuis longtemps par ma famille politique. J’ai longuement réfléchi avant de prendre la décision de reprendre mes activités politiques au sein du parti Rdr (Rassemblement pour la démocratie et le renouveau), dont j’ai contribué à la création. Comme je l’ai souvent dit dans mes interviews, j’étais choquée et déçue par la chose politique depuis l’éviction humiliante de notre président feu Said Mohamed Djohar et le comportement de beaucoup d’entre nous en 1995. En effet, après son départ forcé en exil à l’île de la Réunion, suite à un coup d’Etat honteux, au lieu de se battre pour le retour au pays de celui qui demeurait l’architecte de notre raison d’être, le Rdr s’était empêtré dans des querelles stériles. Les divisions et les conflits des personnes qui animaient certains hommes politiques s’étaient accentués subitement. C’était le sauve qui peut! Non seulement, je ne pouvais pas cautionner cela mais j’avais aussi compris rapidement que je n’étais pas faite pour faire de la politique de cette façon. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me remettre, tout en me mettant au service des organisations non gouvernementales et apolitiques (Ong). En effet, dix sept ans durant, j’ai consacré mon énergie au social et à ma fonction d’enseignante. Aujourd’hui, ayant compris que des militants de mon parti, le Rdr, ont le sens du respect de leurs convictions et pensent comme moi et pour continuer à être utile à mon pays, il m’a paru nécessaire de m’associer à eux pour mutualiser nos forces, qualités et compétences. Notre pays a besoin d’un grand parti comme le Rdr.

Allez-vous combiner les deux et est-ce que cela sera facile de réussir à monter sur deux chevaux qui tous les deux sollicitent autant d’énergie et de temps?

J’ai l’habitude de cumuler plusieurs responsabilités. Et je n’ai jamais eu peur dans ma vie de mener simultanément diverses activités. Je le fais souvent avec aisance et dans de bonnes conditions. C’est une question de volonté et de bonne organisation. Je pourrais donc combiner les deux responsabilités. Mais par souci de vouloir bien faire et d’éviter le conflit d’intérêts, j’ai décidé de me consacrer exclusivement à la reconstruction de mon parti. Mon mandat de Présidente de Fawecom s’achèvera dans quelques semaines.

Le parti est resté très discret pendant très longtemps, peut-on parler d’un réveil? Comment entendez-vous vous organiser pour le remettre sur les rails?

Le parti Rdr n’a jamais fait preuve de discrétion. Il a toujours été présent à tous les grands moments politiques de notre pays. Il prend position sur les différents sujets qui concernent la vie politique. Son ancien secrétaire général a même été candidat lors des élections de l’exécutif de Ngazidja et y a occupé des postes importants. Il suffit de fouiller les archives d’Alwatwan et des autres médias pour s’en convaincre. Le vrai problème est que la conjoncture politique de ces dernières années n’a pas été favorable à l’épanouissement et à la visibilité des grands partis ambitieux et à vocation nationale comme le Rdr. Mais comme les choses changent favorablement, on entend parler du Rdr. Il va de soi qu’il va y avoir une réorganisation et beaucoup plus de dynamisme avec les adhésions qui ne cessent d’augmenter et le plan d’action mis en place. On a commencé à le sentir avec les derniers congrès qui ont eu lieu récemment à Ngazidja, Ndzuwani et Mwali.

Propos recueillis
par Saminya Bounou

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