Dans quelques heures les électeurs comoriens commenceront à élire leurs députés. Ce dimanche 20 décembre 2009. Il s’agit en fait du deuxième tour des élections législatives.
L’on nous parle des députés…. Oui des vrais députés comme ils en existent dans tous les pays civilisés, semble t-il.
Mais quand on analyse ce qui s’est passé depuis le 7 décembre dernier – au lendemain du déroulement du premier tour des élections législatives – on se demande si nos vaillants candidats – du moins quelques uns – ne sont pas devenus fous ou si la folie ne les a pas tout simplement attrapés.
Citons quelques exemples et vous jugerez vous-même.
« Le bon Dieu a voulu que je sois en vie sinon je ne serais pas là ». Ce sont les propos du Secrétaire Général de la CENI de Mwali rapportés par HZK Presse le 10 décembre 2009. En effet, suite à une erreur de saisie les résultats annoncés par l’ORTC dans une circonscription ont été erronés. Un candidat furieux qui avait peur, à juste titre qu’on lui vole sa deuxième place ne pouvait pas maitriser sa folie. Il n’avait pas hésité à constituer un commando pour partir à la recherche de ce méchant Secrétaire Général qui était sur le point de prendre l’avion pour Moroni. Fort heureusement, celui-ci avait appris à courir très vite et à faire du saut en hauteur depuis sa naissance. Cela lui a bien servi ce jour là. Allez demander à ceux qui se trouvaient à l’aéroport de l’île à l’arrivée du cortège, « une file de voitures arrivant à toute allure avec double clignotant et phares allumés » comment leur cœur battait fort et vite.
« Heureusement, ils ne se sont pas dirigés à la buvette où je me trouvais, et je me suis rapidement taillé un chemin pour prendre la fuite » a précisé le Secrétaire du CENI.
On nous apprend depuis tout petit qu’il faut toujours fuir quand on voit apparaitre un fou. Notre Pauvre Secrétaire Général ne s’est il pas tout simplement rappelé de cette règle en prenant la fuite tout de suite au lieu d’attendre le candidat pour discuter dans de telles circonstances ?
Certains nous diront que la folie de notre candidat furieux est compréhensive. Car personne n’accepterait qu’on lui pique sa place, dans tous les sens ! Ils ont raison. Des villageois ne deviennent-ils pas fous et ne s’entretuent-ils pas régulièrement pour des problèmes de « places foncières » ? Alors pourquoi ne pas comprendre la folie de notre candidat furieux qui défend juste sa deuxième place ?
Effectivement, on peut considérer que la folie de ce candidat est compréhensive ! Passons.
Et le cas de cet autre candidat ? Un Homme de droit de surcroit qui se bat régulièrement pour la primauté du droit sur la force et l’arbitraire ! La folie très grave et regrettable de l’agressivité l’a aussi attrapé le 14 décembre dernier au siège de la Cour Constitutionnelle. Hélas !
En effet, la Cour Constitutionnelle en publiant les résultats officiels a eu la malencontreuse idée d’annuler certains bureaux qui lui étaient favorables. Cela lui a fait perdre à peu près 7 points. Du coup, même s’il est resté en tête, il a « pété les plombs ». Son attitude est incompréhensive et impardonnable. Il pourrait même être poursuivi pour « violence, voie de fait, outrage à magistrat et agressions contre les agents de la Cour Constitutionnelle » selon le Directeur de cabinet du Président de la Cour.
D’autres cas de folie sont à évoquer même s’ils sont moins graves.
C’est le cas par exemple de ces candidats soit disant du même bord qui se tiraillent ouvertement pour un arbre. Franchement, il faut être fou pour le faire. Ils veulent tous s’approprier un baobab. Si au moins, c’était un giroflier ou un bananier, nous allions comprendre. Mais un baobab ? Cela devient quand même inquiétant même si c’est moins grave que les cas précités.
Ou encore cet autre cas de folie. Mais juste une folie de grandeur.
Parce qu’il a été quelques semaines Président par intérim du pays, il refuse de battre « un bon technicien » ou d’être battu par « un bon technicien » qui n’est qu’un « bouc émissaire ». Ainsi, il déclare ouvertement qu’au deuxième tour, pour lui son vrai adversaire, c’est le Président de l’Union lui-même et non pas le candidat qui l’a devancé au premier tour. Donc s’il perd, cela veut dire que c’est Sambi qui l’a battu et s’il gagne, c’est Sambi qui a perdu. Et quoi encore ? Quand quelqu’un a du mal à rester à sa place, on déduit chez nous qu’il est fou.
Nous suggérons à la Cour Constitutionnelle au cas où ce candidat gagnerait de constater immédiatement la fin du mandat de l’actuel Président de l’Union. Comme cela, il sera inutile d’organiser des élections présidentielles dans les mois à venir.
Enfin, nous finirons par cet autre cas de folie même s’il y en a d'autres.
Il s’agit de ce candidat qui dit des choses incongrues. « Qu’il vente, qu’il pleuve, je serai élu ». Comment peut-on avoir le culot de solliciter les voix des électeurs et les sous estimer ? »
Finalement, à quoi sert d’organiser des élections dans la circonscription de ce candidat ?
Ah non. Nous finirons plutôt par ce cas de folie gravissime. Nous ne pouvons pas nous en passer.
Un candidat – notre candidat furieux – eh oui encore lui - a débarqué à l’improviste le 16 décembre dernier à la direction régionale de la sûreté du territoire de son île. Il a cassé le matériel informatique et photographique et a déchiré des papiers… Il parait qu’il a voulu mettre fin à la délivrance des cartes d’identité biométriques. La façon appropriée pour lui d’éviter la corruption électorale. Mais cette fois ci, quelle que soit la raison, la folie de ce candidat est inexcusable.
Les folies de nos candidats étant diversifiées, peut-on les traiter toutes à Hamramba ? Asile politique ou psychiatrique ? C’est la vraie question. En tout cas ça promet !
Bien évidemment, si nous vous avons choqué, n’hésitez pas à nous traiter aussi de fou. Voire même de fou dangereux. Si vous le souhaitez. C’est votre droit et votre liberté aussi.
Halidi Allaoui
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