Moroni, mercredi 27 octobre 2010 (HZK-Presse) – Ingénieur en urbanisme, Larif Oukacha figure parmi les 10 candidats qui visent la magistrature suprême. Ancien ministre de l'Habitat, sa rupture avec Sambi a fait couler beaucoup de salive. Après plusieurs années dans la Mouvance , ce père de deux enfants réclame du centre en faisant équipe avec le vice-président Idi Nadhoim. De son divorce avec Sambi en passant par ses projets de société, l'ancien secrétaire général de la présidence de la république et originaire de Djoiézi répond aux questions de La Gazette / HZK-Presse. Oukacha est marié et père de deux enfants.
Question : En quoi vous êtes différent des autres candidats ?
Mohamed Larif Oukacha : Depuis les années 1990, je suis de tous les combats politiques dans ce pays. Ceci m'a valu l'honneur de participer à plusieurs gouvernements ; dans lesquels je me suis illustré par le courage et le sérieux qui ont caractérisé mon travail. Pendant toute cette période, j'ai beaucoup appris. J'ai par ailleurs eu la chance de faire la connaissance de presque toutes les personnalités politiques nationales ; ce qui est un avantage incontestable dans l'exercice du pouvoir. Vous comprenez donc que la principale différence entre le candidat Mohamed Larif Oukacha et les autres est sans conteste l'expérience. Je dispose de connaissances solides dans les milieux politiques et économiques du pays.
Question : Quel est votre projet de société ? (En quelques lignes)
M.L.O. : La société comorienne, est une société à deux vitesses qui s'occupe très mal de ses pauvres. Nous sommes en retard par rapport aux autres pays de la zone du sud ouest de l'océan indien. Nous devons opérer un plan de rattrapage économique pour MOHELI en construisant les infrastructures. Le développement de notre société passe par la valorisation de la personne humaine et par une meilleure gestion de nos ressources financières propres. Avoir une idée à l'endroit de nos paysans en leurs cherchant des marchés pour écouler leurs produits. Renforcer la démocratie afin de pérenniser les acquis constitutionnels tels la tournante et la large autonomie des iles.
Question : Quelles sont vos trois premières priorités ?
M.L.O. : Mes trois premières priorités sont : La sécurité sous tous ses formes : la sécurité des personnes et des biens, Réfection du réseau routier national, les secteurs sociaux (éducation et santé)
Question : Où allez-vous trouver l'argent pour réaliser vos projets ?
M.L.O. : Pour fiancer ces projets, je vais ouvrir le pays aux investisseurs étrangers en renforçant notre coopération avec la république populaire de CHINE et nos frères du monde arabe. Continuer notre collaboration avec les institutions financières de BREETON WOODS, en respectant leurs exigences ; ce qui nous procurera des moyens importants. Nous ne pouvons pas oublier l'apport que peut nous apporter la coopération avec les institutions financières régionales telles que la Banque africaine de développement (BAD) qui nous accompagne activement depuis notre sortie de crise.
Question : Quelle est votre solution pour faire revenir Mayotte ?
M.L.O. : Nous continuerons de négocier avec la FRANCE , car c'est l'unique voie qui puisse aboutir à une solution juste et durable qui ne léserait pas la population de MAYOTTE, et qui reconnaitrait à l'Etat comorien sa souveraineté sur l'ile. Pourquoi n'imiterions-nous pas les anglais et les chinois et leur modèle sur HONG KONG ? Néanmoins il faut maintenir cette question auprès de toutes les tribunes internationales pour que les comoriens n'oublient pas.
Question : Y aura-t-il un projet spécifique pour Mohéli quant on connaît son retard?
M.L.O. : Un plan spécifique pour MOHELI, c'est trop dire ; il faudra néanmoins résorber graduellement notre retard économique. Toutefois ce rattrapage ne doit aucunement constituer un rein pour le développement de notre pays.
Question : Où doit-on vous situez ? Dans l'opposition ou dans la Majorité présidentielle ?
M.L.O. : Je ne suis ni de l'opposition, ni de la mouvance ; je préférerai qu'on me situe plutôt au centre. Même si pour certaines idées je me reconnais dans les deux camps.
Certains se demandent pourquoi vous avez attendu maintenant pour dénoncer l'attitude de Sambi ?
M.L.O. : Quand j'étais membre de l'équipe gouvernementale, je ne pouvais que lui rester solidaire.
Question : Vos adversaires vous accusent avoir voulu retarder la tournante mohélienne. Ne croyez-vous pas que les mohéliens vont vous sanctionner à cause de cela ?
M.L.O. : Ceux qui m'accusent d'avoir voulu retarder l'arrivée de la tournante à MOHELI comprennent mieux que quiconque le motif de cette décision. Et nous bénéficions de beaucoup d'avantages que nos frères de la Grande-Comore et d'Anjouan n'ont eu la chance d'en jouir. Le conflit des compétences entre le pouvoir de l'Union et celui des iles a disparu Les prérogatives de chacun sont bien détaillées dans la loi.
Question : Que ferez-vous de la présence arabe notamment le groupe CGH ?
M.L.O. : Nous renforcerons notre coopération avec les pays arabes ; mais pour ce qui du consortium COMORO GULF HOLDING, il est de notre devoir d'apprécier leur mission pour mieux d'étendre les intérêts du peuple comorien. Mais je peux d'ores et déjà dire que sa mission parait noble.
Propos recueillis par A.A. Mguéni 271010

