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Transfert des forces de sécurité intérieure
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Les présidents des îles rejettent au chef de l’Etat la responsabilité de l’échec des négociations
Moroni, dimanche 17 décembre 2006 (HZK-Presse) –
Suite à l’échec hier samedi des négociations sur le transfert des forces de sécurité intérieure, les trois chefs des exécutifs des îles autonomes de Ngazidja, Ndzouani et Mwali ont
déclaré ce dimanche au cours d’un point de presse tenu à Mrodjou à 8 heures, que la rupture du dialogue avec le président de l’Union était consommée.
Dans une déclaration lue devant la presse, Mzé Abdou Soulé Elbak, le colonel Mohamed Bacar et Mohamed Said Fazul accusent le président Ahmed Abdallah Sambi d’avoir « délibérément opté
pour la logique de la confrontation », en refusant de signer le décret portant modalités de mise en œuvre des lois relatives aux compétences, et particulièrement celle qui fait
actuellement débat concernant le transfert des Forces de sécurité intérieure (FSI) des îles autonomes.
Hier samedi vers 15 heures, à leur sortie du palais de Beit Salam où ils se sont longuement entretenus avec le chef de l’Etat pour une ultime négociation, après l’échec de la précédente
réunion au sommet de mardi dernier, aucun des trois chefs des exécutifs n’avait souhaité répondre aux questions des journalistes.
Seuls les deux vice-présidents de l’Union, Idi Nadhoim et Ikililou Dhoinine, ont déclaré à la presse que « le président Sambi a promis de mettre dans un bref délai à la disposition des autorités des îles un premier lots d’équipements, dont des boucliers, casques et matraques », tout en exigeant des autorités de Ndzouani, qui disposent d’une importante quantité d’armements non appropriés aux missions des FSI. Il s’avère que la gendarmerie anjouanaise détient depuis 1997 un stock d’armement répertorié au patrimoine de l’And et qui échappe au contrôle de l’Etat central, y compris des armes de guerre relevant des missions de défense extérieure [domaine exclusif de l’Union], confiait hier à HZK-Presse un ancien gradé de l’Armée nationale de développement (And) appelé pour un avis consultatif. Le président de l’île, le colonel Mohamed Bacar, aurait quant à lui justifié la confiscation de ces armes par son « souci de protéger Ndzouani de toute nouvelle agression », faisant allusion au débarquement militaire de septembre 1997 sous le régime du président Mohamed Taki [deux mois après l’éclatement de crise séparatiste], et la récente tentative avortée de renversement de son pouvoir (2003) menée par le capitaine Combo Ayouba, et dont le président Azali était accusé d’être l’instigateur. L’Etat doit être présent sur l’étendue du territoire national, y compris l’île de Ndzouani où l’And serait aujourd’hui en droit de « disposer des moyens appropriés aux missions qui relèvent de sa sphère de compétence, en récupérant l’arsenal qui lui a été confisqué », soutient M. un membre du cabinet militaire de l’Union. Interrogé hier, Idi Nadhoim a précisé que sur la base de l’expertise fournie par d’anciens officiers militaires, notamment le colonel Moilim Djoussouf, le commandant Abdourazak et le colonel Aboubacar Mzé Cheikh, un rapport a défini les types d’armements « appropriés aux missions de sécurité intérieure, limitées à des opérations de prévention, de maintien et de rétablissement de l’ordre public ». Il a cité entre autres des matraques, des grenades lacrymogène et des armes mixtes (fusils et pistolets mitrailleurs). Mais les présidents des îles autonomes considèrent que la non signature du décret de transfert des compétences, relève d’un « mépris que le président Sambi manifeste contre la constitution, les lois de la république (…), s’érigeant ainsi en souverain de droit divin ». La question de la nomenclature d’armements à affecter aux Forces de sécurité intérieure aurait pu être résolue sur la base des conclusions issues des consultations menées auprès d’experts indépendants, indique la déclaration qui note une « attitude rebelle et inattendue du président de l’Union », avant d’appeler l’ensembles des forces armées « à rester fidèles à leurs missions républicaines ». Le directeur de cabinet à la présidence de l’Union chargé de la défense, Mohamed Abdoulwahabi, devait à son tour s’adresser ce dimanche à la presse, vers 14 heures, pour donner la position des autorités centrales sur la tournure que prennent les évènements. Un ancien haut cadre de l’armée interrogé à sa sortie d’une consultation à Beit-Salam, et qui a requis l’anonymat, estime que « le transfert des FSI est devenu véritable enjeu électoral », à trois mois de la fin du mandat des chefs des exécutifs actuellement au pouvoir dans les îles. El-Had Said Omar Source : Agence comorienne de presse (HZK-Presse) |
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