Source : Alwatwan.net/11 mars 2009
Le vice président de l’Union, Idi Nadhoim, a dénoncé la violence sous toutes ses formes : “les différentes formes d’agressions basées sur le
genre sont couvertes de silence. Cette situation dramatique interpelle tout un chacun, famille, communauté, société civile et autorité pour enrayer ce fléau en brisant le tabou culturel et
social au bénéfice de la justice”. Célébrer la femme “c’est parler de condition humaine, c’est dénoncer les attitudes et les silences convenus et entretenus pour étouffer une voix, écraser une
personnalité et marginaliser une nature”. La célébration de la journée de la femme a été une occasion d’appeler toutes et tous à “Briser le silence” : “C’est le premier pas à faire pour lutter
contre les maltraitances faites contre les jeunes filles”.La journée internationale de la femme a été célébrée lundi 9 mars au foyer des femmes de Moroni en présence de nombreuses femmes. Au cours de la cérémonie des vidéos de témoignage, des sketches, des chansons et des poèmes dénonçant la violence à l’encontre des jeunes filles ont été présentés. Briser le silence est le premier pas à faire pour lutter contre les maltraitances faites contre les jeunes filles, entendait-on dire ici et là. Le thème retenu cette année au niveau international “Femmes et hommes unis pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles” est retranscris, au niveau national par le mot d’ordre “Stop aux agressions des mineurs et aux violences faites aux femmes”.
Dans son mot de bienvenue, la directrice à la vice présidence chargée de la santé et de la promotion du genre, Halima Abdoulkarim, a témoigné l’intérêt de la lutte pour l’égalité des sexes et le combat contre la violence perpétrée aux femmes et aux jeunes filles. “Au-delà des actes de violence, la domination d’une personne envers une autre constitue une autre forme de violence”, a-t-elle lancé avant de révéler que les cas enregistrés au tribunal de Moroni pour l’année 2008 dépassaient la centaine et que ce chiffre était en augmentation.
“Trop de crimes impunis”
Zainaba Ibrahim alias Mama Hayria a dénoncé les différentes formes de violences faites aux femmes et aux jeunes filles et a appelé la justice à avoir la main lourde contre les auteurs de ces crimes, pour faire respecter les droits de l’homme, conformément à la déclaration universelle des droits de l’homme.
Dans son message, le représentant résident du système des Nations unies aux Comores, Opia Mensah, a rappelé qu’une campagne a été lancée appelant les peuples et les gouvernements du monde entier à s’unir pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles et que cette campagne se poursuivra jusqu’en 2015, date butoir pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. Le diplomate onusien a parlé de lien entre la violence faite aux femmes et la propagation du Vih/sida : “Dans certains pays, pas moins d’une femme battue sur trois est contrainte à avoir des relations sexuelles ou est victime d’une autre forme de violence à un moment ou à un autre de sa vie”. Opia Mensah déplore que “bien trop souvent, ces crimes demeurent impunis et leurs auteurs libres à un moment où aucun pays, aucune culture ni aucune femme, jeune ou âgée, n’est soit à l’abri de ce fléau”.
“Des étapes ont été franchies, mais...”
Selon lui, à l’échelon local aussi, des hommes enseignent à d’autres hommes qu’il “existe une autre voie et que les ‘vrais hommes’ ne battent pas les femmes”.
Au nom du président de Ngazidja, Ahamada Hamadi, directeur de cabinet, a déclaré que célébrer la femme “c’est parler de condition humaine, c’est dénoncer les attitudes et les silences convenues et entretenues pour étouffer une voix, écraser une personnalité et marginaliser une nature”.
Pour sa part, le vice président de l’Union, Idi Nadhoim, qui parlait au nom de son collègue, Ikililou en charge de la Santé et de la Promotion du genre, a dénoncé la violence sous toutes ses formes, tout en déplorant les actes révélés dans notre pays et perpétrés aux femmes et aux enfants sans distinction de sexe et quelque soient les milieux sociaux : “Les différentes formes d’agressions basées sur le genre sont couvertes de silence. Cette situation dramatique interpelle tout un chacun, famille, communauté, société civile et autorité pour enrayer ce fléau en brisant le tabou culturel et social au bénéfice de la justice”.
Selon le vice président, “certains progrès” ont été enregistrés au cours de ces dernières années à l’issue des efforts déployés dans la lutte contre ce fléau. Parmi eux, figurent la ratification de la convention contre toutes les formes de discrimination à l’endroit des femmes et celle relative aux droits de l’enfant, la mise en place, en partenariat avec l’Unicef, des cellules d’écoute pour les enfants victimes de violence et le code de la famille en vigueur qui vise le respect de la culture et des traditions ainsi que l’équité et la stabilité dans la cellule familiale. “Nous sommes convaincus que des étapes ont été franchies, même si nous savons qu’il reste beaucoup à faire”, a conclut Idi Nadhoim.
Abouhariat Said Abdallah

