LU POUR VOUS : ARTICLE PUBLIE PAR ALWATWAN.NET
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Commission nationale pour la libération de Ndzuwani
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''Nous devons intervenir avant tout soutien extérieur''
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Les intervenants à la réunion organisée par la Commission nationale pour la libération de Ndzuwani ont déploré ''la portée limitée des derniers efforts déployés par l'Ua et
la communauté internationale''. Pour eux, la voie diplomatique ''a échoué'' et il appartient maintenant à l'armée nationale de ''se prononcer''. On n'y a dénoncé les ''réseaux occultes
français'' qui opèrent sur le terrain. Pour certains, les pays qui sont sensés soutenir les Comores avaient leurs ''préoccupations propres'' (organisation de la coupe du monde en 2010 et
admission au Conseil de sécurité de l'Onu, pour l'Afrique du Sud). Le pays ''doit donc compter sur ses propres moyens''. Selon un professeur à l'Universités des Comores, dans son
histoire, ''l'organisation panafricaine n'a jamais réussi à résoudre les crises du continent''. Le ton a été résolument en faveur de l'option militaire dans la mesure où, selon un député,
''Mohamed Bacar ne nous donne pas le choix''.
Samedi 15 décembre, la Commission nationale pour la libération de Ndzuwani a convié la presse nationale, dans les locaux du Palais du peuple à Moroni, pour faire
le point sur la question de la ''libération de l'île et du problème des déplacés'' et ce à cause de la répression dont ''sont victimes les habitants qui n'obéissent pas aux
autorités de fait''.
Le deuxième vice-président du parlement fédéral et candidat à l'élection présidentielle de Ndzuwani, Mohamed Djanfari, a déclaré en préliminaire à la conférence que
''la question de la libération de Ndzuwani est une affaire nationale et non insulaire''.
Chabane Bourhane, représentant de l'île de Ngazidja à la commission, a fait état de la portée limitée des derniers efforts déployés par l'Union africaine et la communauté
internationale. Il a fait allusion aux mesures restrictives de quarante-cinq jours imposées aux autorités de fait de Ndzuwani et à leurs collaborateurs, arrivées à terme le 25 novembre
dernier et prorogées de soixante jours supplémentaires. Pour Chabane, ''la voie diplomatique a échoué et il appartient maintenant à l'armée nationale de se prononcer pour épargner le
pays d'une dislocation fatale à son unité et à sa stabilité''. Choudjayidine, de l'île autonome de Moili, abonde dans cette logique d'une option militaire pour un règlement de la
crise de Ndzuwani. Il interpelle, à cet effet, le pouvoir central pour qu'il tienne compte de nouveaux enjeux des instances internationales et de certains Etats ayant d'autres priorités.
Il parlera des ''réseaux occultes français'', d'une part, et des ''préoccupations'' de la République d'Afrique du Sud, d'autre part, notamment l'organisation de la coupe
du monde en 2010 et son admission au Conseil de sécurité de l'Onu. Pour ce professeur de droit à l'Université des Comores, le pays doit compter sur ses propres moyens car l'histoire de
l'organisation panafricaine, de la création de l'OUA à sa transformation en UA, n'a jamais réussi à résoudre les crises du continent. Le conférencier a l'intime conviction qu'une
expédition militaire, le plus tôt possible, contre les rebelles, réussira car le climat est différent de 1997 où c'était un mouvement populaire de l'ensemble de l'île.
''La guerre est terrible avec les conséquences qu'elle engendre mais Mohamed Bacar ne nous donne pas le choix'', a souligné le député Mohamed Djanfari : ''il
n'y a pas de séparatistes à Ndzuwani mais une poignée d'individus qui s'enrichissent par rapport en 1997 où la population revendiquait l'autonomie de l'île. Ndzuwani a vécu une décennie
de répression et sans aucune réalisation''. Le Député Djanfari a parlé d'un ''échec cuisant'' de la diplomatie et affirme qu'il reste au chef de l'Etat, en tant que chef des
armées, d'envisager l'option militaire.
''Si Bacar refuse le vote, c'est qu'il sait d'avance qu'il sera battu'', a déclaré le candidat à ces élections Mohamed Djanfari qui décrivait également la vie des
Anjouanais subissant répression et dont certains préfèrent fuir vers les autres îles de Moili et Ngazidja. Ainsi, constate-t-il, la crise sociale et financière se généralise et il
sollicite le président Sambi à prendre rapidement toute initiative de restaurer la stabilité à Ndzuwani et la paix sur l'ensemble du pays.
Se basant sur son ''expérience d'ancien militaire casque bleue enrôlé dans des troupes d'interposition'', il a dit que ''l'Ua n'enverra jamais une force
combattre les milices de Ndzuwani''. C'est pourquoi, ''nous devons intervenir avant tout autre soutien extérieur ''.
Le président de la conférence rassure qu'il y aura élection à Ndzuwani aussitôt l'île libérée car il n'y aura plus de résistance. A l'occasion du débat, des intervenants
ont insisté sur certains médias qui joueraient contre l'unité nationale.
Choudjayidine a parlé de manque ''de patriotisme'' citant, en exemple, Mohamed Abdou Madi. Il a exprimé, du coup, ses craintes quant à la prolongation des mesures
de l'Ua. Répondant à une question de la presse Chabane Bourhane a précisé qu'il y a une résistance interne ce que justifie les arrestations et autres tortures infligées aux Anjouanais. Un
inspecteur de l'enseignement qui a quitté l'île à cause de la répression, Ahmed Majani, est revenu sur la ''nécessité de libérer Ndzuwani prise en otage par la famille Bacar et leurs
amis''. Pour lui, ''la fuite massive d'éléments de la Fga (Force de gendarmerie anjouanaise) montre que la libération est une option largement ouverte''.
Quant au sort des déplacés vers Moili et Ngazidja, Mohamed Djanfari soutient que ces ''frères et sœurs'' contraints de quitter leurs domiciles respectifs vivent
difficilement dans des familles d'accueil, d'où la nécessité de subvenir dans l'urgence à leurs besoins élémentaires.
M. Soilihi Ahmed
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