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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 13:00

Source : Alwatwan.net/09 janvier 2009

 

Ismael-saandi Eléments de définition. L’Ohada n’a pas pour vocation uniquement de régler les litiges commerciaux entre les pays membres, contrairement à ce qui a été affirmé dans cette émission. C’est une organisation internationale qui a pour objectif de favoriser l’intégration économique des pays de la zone franc par la mise en place des structures juridiques communes, notamment par l’harmonisation de la législation des pays membres et l’unification des modes de règlement des conflits. Les trois principaux objectifs de cette organisation sont : l’harmonisation et la modernisation du droit des affaires des pays membres par l’adoption d’actes uniformes, le règlement efficace des litiges nés à l’occasion de l’application des actes uniformes et une formation de haut niveau des magistrats et auxiliaires de justice.
Le traité instituant cette organisation a été signé par les chefs de l’Etat et de gouvernement des Etats membres dont le président de la République de notre pays de l’époque, le regretté Saïd Mohamed Djohar, à port Louis (Ile Maurice) le 13 octobre 1993. Il est entré en vigueur le 18 septembre 1996. L’assemblée fédérale de notre pays a ratifié ce traité par la loi N° 94-028/AF du 3 décembre 1994. A ce jour, huit (8) actes uniformes ont été adoptés notamment les actes uniformes portant sur le Droit commercial général, le droit des sociétés commerciales et du Groupement d’intérêts économiques. Ces actes uniformes viennent modifier notre législation commerciale et, plus généralement, le cadre juridique des affaires de notre pays. A cet effet, en juin 2001, une ordonnance a été signée par le chef de l’Etat pour harmoniser notre législation aux actes uniformes de l’Ohada.
Pour mieux informer les opérateurs économiques, les magistrats, les auxiliaires de justice, les hauts fonctionnaires de notre administration ainsi que nos partenaires commerciaux de la région, un séminaire régional de sensibilisation portant sur l’Ohada a été organisé par notre ministère de la Justice du 27 au 28 octobre 1998.

[b]Faire connaître l’Ohada,
Former les ressources[/b]

Ce séminaire a regroupé tous les magistrats, greffiers et huissiers du pays, des hauts fonctionnaires ainsi que plusieurs hautes autorités étrangères, notamment le ministre malgache de la Justice, le secrétaire permanent de l’Ohada, le secrétaire général de la Commission de l’Océan indien ainsi que des professeurs de droit, des représentant des opérateurs économiques des pays de la région.
Cette manifestation a permis de faire connaître l’Ohada et de vulgariser la nouvelle législation, issue des actes uniformes.
En outre, des centaines de magistrats, d’auxiliaires de justice, des opérateurs économiques ont bénéficié des formations dispensées soit à Moroni, soit á l’Ecole nationale de la magistrature et des Greffes de l’Ohada sis à Porto Novo au Bénin. Les actes uniformes de l’Ohada ont été largement vulgarisés en 2002 sous forme de recueil.
En dépit de tous ces efforts, l’Ohada demeure méconnu et sa législation a du mal à s’appliquer dans notre pays.

Regrets et recommandations

Certes, la justice comorienne a commencé timidement à se référer aux actes uniformes, mais plusieurs secteurs publics et privés continuent d’ignorer cette législation qui s’applique directement dans notre pays. Ainsi, nos sociétés commerciales, y compris les sociétés d’État, ne tiennent pas compte des actes uniformes de l’Ohada dans leur fonctionnement.
Le projet de loi portant sur les sociétés à capitaux publics et les établissements publics que j’ai rédigé en 2005 à la demande du gouvernement de l’Union et de certains députés, en me référant á la législation de l’Ohada, a été dépouillé de sa substance par l’assemblée de l’Union en janvier 2006 (loi No 07-011/Pr) et le décret d’application de cette loi du 3 septembre 2007 ( décret No 07-151) contient, malheureusement plusieurs dispositions contraires à l’acte uniforme portant sur les sociétés commerciales. En effet, en ce qui concerne, les sociétés d’état, conformément à son article 1er, l’Acte uniforme sur le Droit des Sociétés commerciales s’applique à toute société commerciale dans laquelle un Etat ou une personne morale de droit public est associé. La lecture de cet article invite, désormais, à avoir une compréhension stricte des entreprises publiques.
La présence de l’Etat ou d’une personne morale de droit public dans l’une des formes de sociétés commerciales définies par la loi, n’affecte en rien la nature commerciale de la société qui, pour cela, est régie par l’Acte uniforme. Peu importe que l’Etat soit associé unique ou associé avec d’autres.
C’est dire que les sociétés d’Etat ou nationales, les sociétés à capital public, les sociétés d’Economie mixte, quel que soit le niveau de participation de l’Etat, sont régies par l’Acte uniforme. Des textes nationaux spécifiques pourront être pris pour tenir compte de l’origine publique du capital, mais ils ne sauraient être ni contraires à l’Acte uniforme ni entraver l’application de ce dernier.

Dans notre pays, les textes spécifiques pris par les autorités pour régir les sociétés à capitaux publics sont contraires et entravent l’Acte Uniforme sur le Droit des sociétés commerciales. Les statuts de nos sociétés d’états, ainsi que leurs comptabilités n’ont pas étés harmonisés á la nouvelle législation.

Afin d’améliorer la gouvernance de nos sociétés d’Etat, il appartient à notre gouvernement de commencer ce long travail d’harmonisation des statuts de ces sociétés qui permettra, d’une part, de les assainir et, d’autre part, d’en finir une bonne fois pour toute avec les conflits de compétence inutiles dans la gestion de ces sociétés. Les sociétés d’Etat pourront ainsi acquérir une autonomie de gestion et bénéficier d’une sécurité juridique qui mettra à l’abri leurs dirigeants, des desideratas et humeurs des autorités politiques.

* Ismael Saadi, Juriste

 

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Mariama HALIDI Alwatwan - dans OPINIONS DES AUTRES
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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 20:56

VOUS AVEZ DIT IMMIGRES CLANDESTINS A MAYOTTE ?

OU UNE VASTE ESCROQUERIE POLITIQUE ET INTELLECTUELLE

 

Il convient une fois pour toutes, tordre le cou à ce battage médiatique sur la prétendue "île française de Mayotte régulièrement envahie par des immigrés comoriens", en faisant mine d'ignorer le récurrent contentieux qui oppose la France aux Comores, s'agissant (je cite la Résolution de L'ONU du 21 octobre 1975), de "la présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte". Une résolution qui : "condamne énergiquement la présence française à Mayotte, qui constitue une violation de l'unité nationale, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la République indépendante des Comores"

 

 

On préfèrera côté français, brandir comme un trophée ou un étendard les 16.000 Comoriens expulsés chaque année et taire le milliers de Comoriens morts en mer depuis l'instauration en 1995 par la France, du tristement célèbre "Visa Balladur". Un visa qui fait entrave à la libre circulation des Comoriens sur leur territoire, conformément à la loi et au droit internationaux.

 

Avec les encouragements et sous la bienveillance de l'administration française à Mayotte, les tenants de la départementalisation n'ont de cesse, vis à vis des Comoriens des autres îles, de s'enferrer dans une logique de haine, d'exclusion de rejet de l'autre, au lieu d'œuvrer pour une démarche d'entente, de rapprochement et de solidarité dans un environnement empreint de tolérance de liberté et de démocratie.

 

Le traitement inhumain et inqualifiable réservé à Mayotte, à tout Comorien originaire des trois autres îles, constitue un grand coup de canif dans la Constitution du Pays des droits de l'Homme. Un coup de canif, des plus nocif et des plus humiliant, qui fait de Mayotte un bout de France dérisoire, une zone de non droit où les lois républicaines n'ont guère droit de cité.

Les tenants de la départementalisation de Mayotte n'ont de cesse de fulminer contre les Comoriens encore appelés "immigrés clandestins" en exigeant de la France, en leur encontre, toujours plus de répressions, d'expulsions, pour venir à bout de "cette invasion". En faisant mine d'oublier, qu'avant l'instauration du "Visa Balladur" en 1995 :

            - les Comoriens des autres îles, dans le cadre des échanges et des rencontres séculaires ne stationnaient pas à Mayotte, dans la mesure où ils pouvaient aller et venir. Du coup, nul besoin de venir clandestinement à Mayotte, avec le risque de perdre sa vie a bord des kwasa kwasa (des milliers de morts en mer). A ce sujet, il faut s'interroger pour quoi la traversée vers Mayotte est souvent entachée de morts souvent suspects, alors que de tout temps, avant l'instauration du "Vsa Balladur" criminogène, le cabotage inter-îles, y compris vers Mayotte, se faisait sans encombre ?

            - Les échanges multiformes (économiques, sportifs, culturels, commerciaux, scolaires etc ) contribuaient à promouvoir des valeurs positives (tolérance, solidarité, respect de l'autre, débats d'idées pourquoi pas contradictoire etc), aux antipodes de la campagne de xénophobie, de haine et de rejet de l'autre (celui que certains Maorais désignent avec mépris, "l'immigré clandestin"), prônée par les tenants de la départementalisation.

Incontestablement, le problème c'est : non les soi-disant "immigrés clandestins comoriens" , mais bien le "Visa Balladur" criminogène. Et la solution, est sa suppression.

"Un Visa Balladur", qui fait rappelons-le, entrave à la libre circulation des Comoriens sur un même territoire (Mayotte, Anjouan, Moheli et la Grande Comore). Territoire dont l'unité, l'intégrité et la souveraineté, sont garanties par les nombreuses résolutions qui condamnent l'occupation par la France de l'île comorienne de Mayotte. Depuis l'instauration de ce visa criminogène en 1995, par le Gouvernement Balladur, sous la présidence Mittérand, des milliers de Comoriens des autres îles sœurs tapissent le fond des abysses du bras de mer de 75 km, qui va d'Anjouan à Mayotte dans l'indifférence scandaleuse aussi bien des autorités comoriennes que françaises. Des morts sans sépultures qui n'avaient pas hésité à risquer leurs vies pour rejoindre à bord de rafiots qui un parent, qui un ami ou une connaissance pour des raisons certes économiques et sanitaires, mais aussi familiales, cultuelles et culturelles. Des Comoriens que rien n'arrête. Rien ! Pas même l'inertie coupable des autorités comoriennes face à cette hécatombe, ni même l'arsenal imposant de l'appareil répressif, policier et de surveillance français (arrestations abusives et arbitraires, utilisation en mer de vedettes rapides, radars etc. ), encore moins les campagnes de désinformation, ne pourront empêcher les Comoriens de fouler le sol de la terre de leurs ancêtres.

Les limiers de "la coloniale", n'ont de cesse de souffler sur les braises, avec leurs discours et campagnes de haine et de xénophobie, qui font la part belle à la désinformation et à la falsification de l'histoire comorienne. Tant et si bien, qu'ils arrivent d'une part, à être repris, avec ô combien de complaisance, par plusieurs médias français et d'autre part, à faire d'une occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte, une affaire "d'immigrés clandestins comoriens". Et de l'île comorienne de Mayotte, reconnue comme telle par les instances et la communauté internationale, "une île française à décomorianiser".

Il est par ailleurs de notoriété publique qu'à Mayotte, les Comoriens originaires des trois îles sœurs, font en permanence l'objet de ratonnades, d'expéditions punitives,  d'expulsions manu militari … Sans oublier, les fréquentes atteintes graves aux libertés démocratiques, qui vont des incendies criminels, aux discriminations à l’embauche, en passant par l'ensevelissement scandaleux de corps de "naufragés clandestins" dans une fosse commune, en violation de nos principes et usages…

Les autorités françaises, se grandiraient en travaillant en direction de rapports harmonieux, dans le sens d'une vraie entente et d'une réelle réconciliation franche et sans ambiguïté, entre Comoriens des 4 (quatre)  îles et non, dans une logique d'exclusion, d'ostracisme et de confrontation. Et ce, en levant pour de bon, l'hypothèque "Bourbier Maorais", non par un huis clos induit par  des stratagèmes du fait accompli et de la loi du plus fort, mais par des négociations franco-comoriennes sous l'égide des instances et de la Communauté internationale, prenant certes en compte, plus de trois décennies d'administration française. Et la suppression du "Visa Balladur" est un préalable. Autrement, tout le tintamarre autour des records d'expulsions "d'immigrés clandestins" n'est que marché de dupes et manœuvres de diversions, destinés à alimenter la récurrente déstabilisation des Comores , un des adjuvants nécessaire et jusqu'ici suffisante à l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte. Et les autorités comoriennes emmurées dans ce domaine, dans un silence complice ne sont pas sans reproches, dans la mesure où pour n'importe quel pays, l'unité, l'intégrité et la souveraineté ne sont ni cessibles, ni négociables. Pourquoi le seraient-il pour les Comores ?

                                                                                                          Said Hassane Jaffar

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 20:27

Source : Alwatwan.net / 19 décembre 2008

Le président français, vient de fixer la date du référendum qui va faire d'une partie de notre territoire une partie dun territoire étranger, la France. Nos protestations, les résolutions des Nations unies, l'opposition de la Ligue des Etats arabes, de l'Union africaine, du défunt non-aligné et le droit international n'y ont rien fait.

La France a les armes pour nous faire peur, elle a l'argent pour acheter jusqu'à la parole de certaines de nos plus hautes autorités passées et actuelles, elle a les french mic-mac de son contre-espionnage pour tourner en bourrique les pouvoirs africains qui ont entraîné avec eux dans les profondeurs de l’indignité et du déshonneur, l'Afrique française du sud du Sahara et l'Union africaine, les réduire au silence et obtenir leur collaboration passive.
Fort de ce dispositif tissé depuis des années, ce pays peut se permettre deux choses en principe incompatibles et qu'il est le seul à faire au monde en ce début du vingt et unième siècle : être membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, c'est-à-dire la structure au sommet du monde sensée veiller à la défense du droit international, et au même moment, continuer à coloniser un pays en violation flagrante de ce droit et de toutes les résolutions de l'assemblée générale de l'Onu.

Pour parvenir à cette dure réalité pour nous, l'administration d'occupation française a fait exactement tout ce qu'il fallait et a mis de son côté tout ce qu'il fallait.

D'abord, la France a mis tout son poids de puissance planétaire sur la balance en noyautant systématiquement la classe politique comorienne : en effet, il est plus qu’affligeant de constater que des jours après que son président ait fixé la date le jour et l'heure qu'il compte réduire notre pays comme peau de chagrin et ainsi miner définitivement toutes nos chances de nous développer, aucune réaction n'est venue des hommes politiques comoriens qui, pour faire semblant de n'avoir rien entendu, se sont réunis au foyer Aouladil'Comores à Moroni pour "défendre le sunnisme".

Ensuite, à quelques mois de cette échéance fatidique elle a usé de la ruse. Ceux qui s'étaient enthousiasmés ou, au contraire, s'étaient étonnés de la rapidité avec laquelle le président Nicolas Sarkozy avait reçu notre président, comprennent désormais les raisons profondes de cette invitation "improvisée" : commencer à installer le piège Gthn qui aujourd'hui nous prend aux pieds.

En effet, pendant que nos diplomates et autres cadres du ministère comorien des Relations extérieures se pavanaient dans les avions de Moroni à Paris en passant par Dzaudzi en première classe et passaient la belle vie dans des hôtels et tout frais payé par la princesse France, les fonctionnaires du Quai d'Orsay ont mené à bout et inexorablement, sans bavure, la mission pour laquelle leur patrie leur a confiée : nous mettre en pièces.

Pendant ce temps, mes chers compatriotes diplomates, continuez à recevoir des hôpitaux français les kits pour El-maarouf, à remettre des diplômes aux étudiants de l'Ecole nationale technique et professionnelle formés grâce à la coopération française, et à procéder à la pose, en présence – quelle insigne honneur ! – de son excellence l'ambassadeur de France, de la première pierre de la construction de l'internat d'une école.

Madjuwani Hassani
madjuwani@gmail.com
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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 11:04

Femme de la Diaspora:

Lèves toi et Bats-toi pour la Femme Comorienne de Kamar !

 

L’émancipation professionnelle de la femme un bien grand mot qui sonne fort et qui en effraie certains parfois.

 

Avant d’en définir le sens réel, voyons d’abord de quelle Femme nous faisons allusion précisément.

 

Malgré nos similitudes et ressemblances, nous parvenons à distinguer 2 types de Femmes :

La  Femme comorienne de Kamar[1]

La  Femme comorienne de l’Occident dite femme de la diaspora.

 

Pourtant leurs préoccupations se ressemblent, leur priorité première étant la réussite sociale. Celle-ci représente pour elles la garantie du bien être de leur foyer, les moyens d’offrir une qualité d’éducation et de scolarisation à leurs enfants, une manière aussi de consolider leur statut de femme et d’épouse.

 

Aujourd’hui la Femme de la diaspora, elle, se démarque. Son accès à la scolarité et aux études supérieures lui a offert les premières clés de sa réussite. Elle s’est ouverte les portes de métiers jusqu’alors inaccessibles.

Au fil du temps, elle a développé une palette de compétences qu’elle revend sur le marché du travail. Un savoir-faire qui la pousse même à gagner en ambition, à vouloir grimper les échelons de sa carrière professionnelle.

 

Un savoir qu’elle n’oublie pas de mettre au profit de l’économie de son pays.

 

Alors pourquoi cette même Femme de la diaspora n’encourage t-elle pas la Femme locale vers le même élan professionnel ? En somme, devenir une stimulatrice à l’épanouissement professionnel de la Femme comorienne locale qui représentent 50% de la population comorienne. Qui serait à son tour une locomotive pour la relance économique de Kamar, dont l’archipel a grandement  besoin notant un niveau très faible d’activité chez la femme (soit 17,9% contre 32,8% chez les hommes[2]).

 

Dépendant d’un système matriarcal, la Femme comorienne de Kamar occupe une place importante dès l’adolescence .Etant le ciment de notre société,  je me demande encore, comment une société comme le Kamar peut tant la mettre à part ?

 

Et c’est bien ici où la Femme de la diaspora doit intervenir car son rôle est non négligeable. Tout en puisant dans ses richesses culturelles et traditionnelles et en préservant ses valeurs, elle se complète avec ses atouts de Femme moderne.

La Femme de la diaspora pourrait  à travers ses acquis professionnels  transmettre son savoir, son expérience à la Femme de Kamar.

 

 

 

RASSEMBLER, DEVELOPPER, ENTREPRENDRE !

 

L’Education est  le coeur du problème à Kamar, la Femme de la diaspora dispose d’atouts professionnels majeurs qu’elle peut transmettre aux autres laissées pour compte, en s’investissant dans des  missions telles que :

-          ateliers de coutures/d’artisanat

-          ateliers éducatif en développant des garderies /des crèches …

-          cours des bases du commerce, en organisation, en gestion et négociation  

-          ateliers agriculture et agro alimentaire

-          sous forme de coopératives, créer des centres de conseils et gestion etc….

 

Car au lieu d’envoyer du riz en Afrique (pensant l’aider), pourquoi ne lui apprendre tout simplement à en cultiver voir même le vendre ?

 

Il est, certes, vrai que l’économie comorienne est pour l’essentiel soutenue par l’excès des transferts d’argent  de la diaspora s’élevant à hauteur de 72000 euros soit une fois et demi le budget de Kamar[3]

Mais au delà de l’importance et au regard de la prépondérance de ces envois, il serait  décisif de créer les conditions pour que la diaspora finance des investissements productifs à Kamar.

 

En somme, mettons au profit des ces Femmes comorienne de Kamar  le Savoir, l’Arme la plus destructrice  pour combattre l’ignorance : le Sida de notre continent !

 

Un savoir déjà tenté par la communauté à travers, d’une part , des  mouvements associatifs symboliques : tels que l’association humanitaire YLANG YLANG basée à Montpellier  menée par Madame Chaki ;ou encore  l’association  pour le développement des îles Comores (Adic) présidée par Anne Eter ,qui pour historique est la descendante de la dernière reine de Mohéli, Fatima Djoumbé.

 

Timidement mais sûrement, on remarque aussi quelques  figures féminines emblématiques qui décorent le visage entrepreneurial comorien.

Prenons l’exemple, de la dynamique créatrice de la marque USURI, Wassilati Mbae ou encore Soilha Said Mdahoma, chef d’entreprise en BTP  surnommée « la bâtisseuse », elle-même ayant reçu le trophée de la réussite au féminin en 2007.

 

En somme des références  et associations qui véhiculent un modèle cristallisant le désir de changement, sensibilisant et encourageant la Femme comorienne de Kamar à se prendre en main pour réellement s intégrer professionnellement

 

NON A L UTOPISME, OUI AU REALISME !

 

Même si la Femme de la diaspora  est dotée d’une double culture qui l’amène à comprendre certains freins ralentissant l’évolution professionnelle de la Femme comorienne de Kamar, la Femme de la diaspora doit rester réaliste.

Née ou ayant vécu dans un environnement occidental, la Femme de la diaspora a la possibilité de vivre sa double culture comme une richesse supplémentaire. Loin de nuire à l’une ou l’autre identité, elle a le choix de la sauvegarder, de la protéger, et ceci par des actions simples comme par exemple :

 

-          Consulter avant tout  la Femme comorienne de Kamar : que l’on sache quels sont ses besoins, ce qu’elle veut entreprendre

-          La Femme de la Diaspora doit connaître son histoire ; sa culture, ses codes ; ses dialectes et sa politique

-          Elle peut effectuer des (courts ou longs) séjours à Kamar en menant, par exemple, des actions efficaces  pour s’imprégner au fur et à mesure du terrain.

Ceci en évitant surtout de « je vienniser »le Kamar, une mauvaise habitude qui assassine à petit feux l’archipel

-          S’informer ; s’impliquer dans les actions menées par la communauté

-          Avoir un soutien interne des politiques et  externe de  personnes de références ayant comme rôle de parrain etc.….

 

Donc, avant toute aventure et investissement pour le Kamar, il est évident et PRIMORDIALE que la Femme de la diaspora  remplisse ces conditions (et autres) afin d’éviter le pire qui la conduiront vers un clash culturel et peut être l’amèneront  à ne plus jamais revenir !

 

SOUTENIR LA FEMME COMORIENNE N’EST PAS DU SIMPLE FEMINISME !

 

Beaucoup sont ceux qui pensent qu’aller vers la marche de l’émancipation professionnelle féminine se définit comme un acte FEMINISTE  consistant, au fond,   à écraser l’homme.

 

Détrompez-vous ! Chacun, homme comme femme devons  pouvoir trouver notre place pour  nous allier afin d’aller vers la réussite de notre  pays.

 

Nous sommes deux êtres partenaires et complémentaires. L’expression de Thomas Sankara le définit parfaitement  « la femme a besoin de vaincre pour l’homme  et l’homme a besoin de la femme pour vaincre »extrait du Livre « L’Emancipation des femmes et la lutte de la libération de l’Afrique » aux Editions Pathfinders

 

Donc Abats au Féminisme et Abats au Machisme ! N’oublions pas que l’éducation de l’enfant est assurée par les Femmes et si  nous voulons un changement des mentalités des Hommes, l’éducation des garçons et des filles dans notre société doit changer

 

Donc Femme de la Diaspora, faisons bénéficier notre potentiel professionnel  au profit de la Femme comorienne de Kamar, celle qui est le nœud de toute question humaine, à caractère universel.

Apportons cette vraie émancipation qui la  responsabilisera,  l’associant aux différents combats auxquels est confronté le pays,  la rendant ainsi actrice au développement de Kamar .

Car  nous sommes parmi les accélératrices de la révolution industrielle de  Kamar .

 

Toute reproduction ou parution de cet article est interdite et passible d’une amende

 

 

                                                                                                                Charifa MADI

Editorial /Communication UK

                                                                                                              charifamadi@hotmail.co.uk 

 

 

 

 



[1] Ce sont les arabes qui ont donné au début d XVIème siècle ce nom :  Kamar (Iles de la Lune)

[2] Rapport national sur le développement humain des Comores de 2007

[3] Extrait du rapport de la Banque Africaine de développement d’Octobre 2007

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 23:37

Changer les règles du jeu, non les acteurs

Je constate comme beaucoup d’entre nous, que les conflits entre le Président de l’Union et les chefs exécutifs des îles autonomes ont atteint un point de non retour. A quelques différences près, nous sommes dans le scénario des présidents Azali, Elbak et Fazul, sans M. Bacar. Le Président Sambi a échoué le dialogue des institutions comme son prédécesseur. Je persiste pour dire que le mal n’est pas dans la constitution ; le mal est dans la tête de ceux qui sont chargés d’appliquer la constitution. Il faudra du temps pour que notre culture politico administrative accepte la séparation des pouvoirs, la décentralisation et l’autonomie des îles en tant que partage des responsabilités et des moyens de gouverner. Le Président Sambi a réussi à saper l’autorité de la Cour constitutionnelle et des tribunaux judiciaires en limogeant ceux qui lui résistent. Il a mis les bouchés doubles pour balayer la résistance des députés de l’Union (vente de la nationalité comorienne). S’il ne réussit pas, il attendra la fin des mandats des élus (en mars 2009) pour légiférer par ordonnance. Une vaste opération de déstabilisation des autorités insulaires a commencé à Mohéli (le maillon le plus faible dans les rapports des forces).

Moi, je n’ai pas la magie du verbe et du discours mythique pour vendre du rêve aux Comoriens, en les faisant asseoir sur un nuage comme le fait M. Sambi. Ce dernier ne porte pas dans son cœur, la constitution qui l’a fait élire. Il a dans sa tête un modèle de pouvoir centralisé et personnel, et une gestion « épicière » de l’argent public, déjà vécus depuis 1982. Comme ses prédécesseurs, il veut sa propre constitution pour gouverner plus longtemps et plus tranquillement. Il veut enterrer l’autonomie des îles, la tournante et tous les contre-pouvoirs. C’est une atteinte grave au consensus national issu des accords de Fomboni en 2001

. Nous risquons tous de glisser sur une peau de banane, au profit du retour en force du séparatisme. L’Union Africaine est elle disposée à vivre avec Mohéli, ce qu’elle a vécu avec Anjouan ?

Le Président Sambi devrait accepter les règles du jeu dans l’intérêt de son pays. Il doit céder la tournante en 2010 et laisser son successeur faire les retouches de la constitution, en veillant sur la continuité de l’Etat. Et quand il s’installera à Anjouan, il aidera mieux que quiconque à renforcer l’autorité l’Etat et à enterrer le séparatisme.

 

Abdou DJABIR

Président du Parti MSADA

Président de la COMUNAT

le 25 novembre 2008

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 23:40

Ci dessous un article intéressant d'Anrmy B

Kamar : Osons la Mobilité Croisée pour Unir la Nation
Anrmy B (Photo)

A l'instar de tous les archipels dans le monde, Kamar [2] a des spécificités propres à son caractère géographique. Les problématiques liées à l'éducation du peuple, la mise en valeur des terres, l'espacement des naissances, la place de la femme, l'information populaire... doivent avoir ici une réponse autre que celle d'un pays continental. Certes, dans un ensemble comme Kamar une politique de décentralisation et d'autonomie est nécessaire, mais elle doit surtout être suivie de mesures poussant le grand comorien à vivre à Mwali, le mohélien à Ndzuani...
De part ce constat, Kamar est donc à la fois spécifique et complexe. Spécifique parce que composé de plusieurs entités insulaires elles même différentes ; Complexe car son positionnement géostratégique à l'entrée du Canal du Mozambique a toujours attisé et attise encore les convoitises des puissants de ce monde.
Vivant dans un monde moderne en perpétuel mouvement, on ne peut qu'être stupéfait par le poids étouffant de fléaux tels que l'immobilisme, le conservatisme et le féodalisme religieux dans la société comorienne. Mais de quelle société comorienne veut-on parler ? Existe-t-il déjà une vraie Nation comorienne unie partageant un même destin ? N'en déplaise à certains, la Nation comorienne n'existe pas encore, elle reste un puzzle non construit. Nous devons tirer la sonnette d'alarme suite aux mouvements séparatistes de 1995 et 1997 [3].Aujourd'hui, les institutions élaborées en 2001, dans l'esprit de créer la stabilité et faire disparaître le cancer du séparatisme ne font qu'enfoncer dans la division la partie indépendante de Kamar [4]. Avec leurs nombreux pôles de décision – 4 exécutifs, 4 parlements -, ces institutions rendent plus complexes la gestion du pays.
Elles minent surtout l'idée d'appartenance à une même Nation par le fait qu'aujourd'hui la gestion d'une île par ses originaires contribue à retenir les gens chez eux.
En réalité, le Peuple comorien ne se connaît pas. Le tourisme et les échanges économiques inter îles sont quasi inexistants sinon nuls. Le village reste encore malheureusement la seule référence du comorien. Ngazidja (la plus grande île de Kamar) et en particuliers la ville de Moroni abrite toutes les capitales (économiques, politiques, culturelles). Les mohéliens et les anjouanais sont donc contraints de s'y rendre régulièrement pour les démarches administratives, pour des soins, pour partir à l'étranger, ou pour travailler tout simplement.

Quel serait aujourd'hui l'intérêt pour un grand comorien d'aller à Mohéli ? Aucun malheureusement.
Il existe plusieurs leviers pour provoquer un sentiment d'union nationale. Cependant, dans le cas de Kamar, plusieurs facteurs freinent la naissance de cet élan national.
C'est de cet immobilisme archaïque, vicieusement maintenu par une pseudo notabilité embourgeoisée et principalement dans l'intérêt d'améliorer le quotidien du peuple comorien que vient germer l'idée de mobilité croisée bien adaptée à la configuration de ce bel archipel.
Naturellement, il ne s'agit pas d'énoncer ici des concepts sociologiques vides de sens, car la mobilité croisée est une notion simple et pragmatique, accessible à tous lorsqu'on en explique les avantages mais aussi quand on propose des mesures concrètes pour sa mise en place.
De mémoire de comorien, seul Le Président Ali Soilih [5] avait conceptualisé mais aussi appliqué cette notion de mobilité croisée. Pendant son mandat « ....Ali va donc s'attacher à se référer, sans cesse, à un concept nouveau pour le citoyen moyen, celui de Nation (Twaïfa)... [...] Et concrètement, il institue, par décret, le 15 octobre 1976, un service national d'une durée de un an, en veillant à ce que le jeune soit affecté, autant que possible, dans une île autre que celle de la naissance... »[6]
Après l'indépendance le 6 juillet 1975, et le départ de l'administration coloniale, Ali Soilih comprend donc qu'il est impératif de créer une Nation et « grâce à son action déterminée, [il] cherche à faire apparaître une conscience et une unité nationales naissantes... » (Voir note 5 bas de page). 33 ans après cette «Indépendance de drapeau», Kamar est toujours à la recherche de cette Unité alors que notre hymne national «Udzima Wa Massiwa» [7] nous le rappelle tous les 6 juillet.
Dans ce contexte inquiétant, comment ne peut-on pas soulever encore le débat sur la mobilité croisée ?
Car mise à part sa capacité à créer enfin une Nation qui se connaît et se respecte dans ses différences, la mobilité croisée sera une grande opportunité pour le développement économique de Kamar. En effet, elle permettra des débouchés réels dans l'immobilier (notion de location de propriétés dans toutes les îles) ; la mise en place d'un tourisme local inter îles ; une meilleure occupation du territoire national (Ndzuani croule sous le poids d'une très forte densité démographique -599 hab. /km2- face à Mwali -118 hab. /km2- qui a un territoire peu occupé). Sans oublier la commercialisation de nos produits sur un marché d'environ 750 000 consommateurs répartis sur 2.236 km2 (économies d'échelle).
Dans ce même état d'esprit, chaque île a ses avantages comparatifs : Pourquoi ne pas promouvoir le bois de Bahani (Ngazidja) ? Comment oublier le goût exquis des bananes vertes et du manioc deOuallah 1 (Mwali) ? Qui connaît la qualité du lait caillé de Nioumakélé (Ndzouani) ? Le sel solaire produit par les femmes de Bandrélé (Maoré) ne bénéficiera t'il pas de meilleurs débouchés commerciaux s'il est promu sur tout le territoire de Kamar (2.236 km2)? Qui connaît l'expertise de Bandrani (Ndzuani) dans la fabrication de galawas [8] ? Pourquoi ne pas aller apprendre des techniques de pêche artisanale du petit village de Chindini dans le sud de Ngazidja ?
Malheureusement tous ces trésors n'ont qu'une visibilité villageoise au mieux régionale. Le premier porte parole pour la promotion des produits locaux, de l'artisanat, des techniques agricoles et halieutiques n'est autre que le peuple mobile sur tout le territoire national.
Il nous faut aussi relever les avantages sociopolitiques qui nous amènent à oser sans tabou ce débat pour L'Union à travers une mobilité croisée adaptée et urgente. Il est plus que logique que ce brassage des populations, cette interpénétration du peuple comorien conduira à une meilleure connaissance et/ou compréhension des idéaux, des pratiques coutumières et religieuses, des problèmes quotidiens, des habitudes alimentaires... présents sur chaque île de Kamar. De la connaissance commune née de cette mobilité, une politique nationale de « compétition intelligente sectorielle » pourra être initiée. Chaque île aura sa spécialité connue de tous dans tel ou tel secteur. Ainsi Ndzuani pourra être spécialisée dans la tomate, la viande bovine, les soins et la beauté ; Mwali dans la banane verte, le poisson et l'écotourisme ; Ngazidja dans la culture du manioc, l'élevage de volaille et la couture d'habits traditionnels ; Maoré le sel solaire, la transformation de produits locaux et la plongée sous marine.

Tous les comoriens -diaspora comprise - amoureux de leur pays, doivent saisir l'importance et l'intérêt qu'ils ont de comprendre et débattre de cette idée simple de mobilité croisée. Une idée essentielle pour que chaque citoyen puisse se sentir chez lui, partout sur tout le territoire national. En relevant ce défi, tous les comoriens contribueront à une Révolution des mentalités et à l'édification effective de la Nation comorienne. Une fois que le comorien connaîtra son territoire, connaîtra surtout la vie du voisin du village d'à côté ou de l'île d'en face, nous balayerons à jamais les démons internes et externes du séparatisme. Il en va de l'Amour entre comoriens, il en va de l'Union de la Nation Kamar...
Quel patriote osera relever ce nouveau défi ?
Anrmy B.
International Economist ; London
anrmy@hotmail.com

Notes :
1 - Ce sont les navigateurs arabes qui ont donné au début du XVIème siècle leur nom à ces Iles situées dans le canal du Mozambique. Ils les appelaient couramment Kamar (Iles de la Lune)
2 - Dans cet article, nous utiliserons les noms authentiques de Ndzuani (Anjouan en français) ; Ngazidja (Grande Comore) ; Mwali (Mohéli) et Maoré (Mayotte)
3 - Le mouvement sécessionniste commence en 1995 à Mwali qui est rejoint par Ndzuani en 1997
4 - Mwali (34 500 h), Ngazidja (293 000 h), Ndzuani (254 000 h) sont indépendantes depuis le 6 juillet 1975.
Maoré (186 000 h) est restée française
5 - Chef d'Etat Révolutionnaire de Kamar du 2 janvier 1976 au 15 mai 1978. Il fut assassiné par Bob Denard.
6 - Extrait de « Ali Swalihi 1976-1977 L'IMPOSTURE » - Djahazi 04 - 2008
7 - Titre de l'hymne de Kamar. Ce titre signifie « Union des Iles »
8 - Pirogues monoxyles à un ou deux balanciers, faites en bois et longues de 3 à 10 mètres. Elles servent à la pêche artisanale dans l'océan indien.
5 concepts simples et concrets pour le succès de la Mobilité Croisée
• Opération Tour inter îles : Pour tous les citoyens de nationalité comorienne réduction de 50% pendant un mois pour se rendre sur une île en avion et/ou bateau// Janvier pour la destination Ndzuani ; Avril pour Mwali ; Août pour Ngazidja et Novembre pour Maoré.
• Opération Foires & Festiv'Iles : Foire des produits du terroir ; Festival de danses traditionnelles ; Foire de l'artisanat ; Foire des produits de la mer.
• Opération Karibou Ramadhan : Profiter de ce mois pour promouvoir et faire découvrir les spécialités culinaires de chaque île.
• Opération I Love Kamar : Choisir de présenter, le même jour et nationalement un même village dans chacune des 4 îles.
• Opération Pieds Pirogues : Marathon inter îles composé d'équipes de jeunes pratiquant 2 disciplines : course à pied et course à pirogue.
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* Né dans l'océan indien aux Kamar, Anrmy B. poursuit des études en Commerce International sous le soleil montpelliérain. Il décroche brillamment aux Etats-Unis (2001) un Master trilingue en Négociation et Gestion de Projets Internationaux.
Son riche parcours professionnel le mène dans les 4 coins du globe. Après Les Canaries, les Etats-Unis, Puerto Rico, La Réunion, L'Espagne, Dubaï il pose aujourd'hui ses valises à Londres où il est chargé du développement stratégiques des marchés hispanophones et francophone d'une grande société américaine.
Très attaché à sa terre natale, il s'engage activement dans des actions humanitaires-en particulier le domaine de l'éducation et la santé. Il a aussi l'honneur d'être membre de la famille Rotaract, la branche jeune du Rotary International.
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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 14:16

Vous trouverez ci-dessous le point de vue de l'historien Mahmoud IBRAHIME sur la question de Mayotte publié aussi par certains journaux comoriens. En principe, cette question devrait être évoquée  par le Président de l'Union des Comores, Monsieur Ahmed Abdallah Sambi lors  de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, qui se tiendra le 27 septembre 2008. Ce sera peut être l'occasion d'en savoir plus par rapport aux dernières négociations franco comoriennes. Entendez par là ces fameuses négociations du Groupe de travail de haut niveau (GTHN) que certains ont qualifié de groupe de la honte et dont la 3ème réunion s’est tenue du 17 au 18 septembre dernier à Mayotte.

 

Union des Comores. Une diplomatie : pourquoi faire ?

Par Mahmoud IBRAHIME
Docteur en Histoire

 (photo archives)Ce sont des images tristes que celles qui sont diffusées sur le net depuis le 4 juin 2008. Images tristes que celles du Ministre des Relations Extérieures, Ahmed Ben Saïd Jaffar, l’ancien Premier Ministre Ali Mroudjaé et les autres éminents membres du Groupe de Travail de Haut Niveau poursuivis et harcelés dans les rues de Paris par une demi-douzaine de jeunes comoriens aux cris de " Mayotte n’est pas à vendre".

 Un membre du groupe s’est même permis de dire aux jeunes qu’il n’avait pas de leçons de patriotisme à apprendre d’eux parce qu’ils vivaient en France, oubliant que si ces jeunes sont à l’extérieur c’est faute de pouvoir vivre dans leur pays, plongé dans un gouffre par les mêmes hommes politiques.

 C’est terrible qu’après plus de trente ans d’indépendance ce soient des jeunes de 20 à 30 ans, parfois nés à l’extérieur qui refusent que des diplomates adeptes de la « realpolitik » bafouent l’unité et l’intégrité de leur pays.

 Comment sommes nous arrivés à cela ? Comment des fonctionnaires de l’Etat peuvent-ils autant ignorer l’histoire de leur pays, les lois, en l’occurrence la Constitution de l’Union et faire preuve d’autant de naïveté face à notre partenaire historique, celui qu’ils sont sensés le mieux connaître ? A quoi sert la diplomatie comorienne aujourd’hui si elle n’est pas capable de défendre à l’extérieur les intérêts vitaux des Comores ?

 La 63e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies sera ouverte le 16 septembre 2008. La « question de l’île comorienne de Mayotte » est inscrite à l’ordre du jour provisoire depuis le mois de juillet, comme chaque année. Théoriquement, il en sera toujours ainsi tant que cette question n’est pas résolue.

 Les négociations bilatérales, une politique nouvelle ?

 Le 16 septembre 2008, c’est aussi la date choisie par la diplomatie française pour recevoir une délégation conduite par l’Ambassadeur Soulaimana Mohamed Ahmed à Mayotte. Cet Ambassadeur, qui aime à se désigner comme un « réaliste », ne s’est pas montré très combatif jusqu’à présent à propos du droit de l’Etat comorien sur Mayotte. Il ne faut donc pas s’attendre à une nouveauté à l’AG de l’ONU. La question sera de nouveau retirée, sauf si, à force d’humiliations, de la part des fonctionnaires français qui ne viendront pas les poches vides, les Comoriens ont un sursaut d’orgueil.

 Le Gouvernement comorien devrait donc sous peu, comme les années précédentes, transmettre  à notre représentant à l’ONU, l’écrivain Mohamed Toihiri, l’ordre de faire retirer cette question de l’ordre du jour.

 Depuis la présidence du colonel Azali, n’en déplaise à l’actuel Ministre des Relations extérieures, qui pense avoir innové dans ce domaine, ce retrait est justifié par les gouvernements successifs par une volonté de « changer de politique ». Et comme l’énonçait cette année le même ministre, le gouvernement Sambi, entend privilégier la stratégie française de négociations bilatérales, convaincu que le combat au sein des organisations internationales serait devenu obsolète. Il faut dire qu’il s’agit bien d’une politique originale qu’aucun de nos amis (Chine à propos de Taiwan) et voisins (Maurice à propos des Chagos) n’a adoptée. Et pour cause ! Il s’agit de conflits de droit international, et le pays qui se sent privé de son droit a intérêt à demander réparation aux organisations internationales, surtout quand le partenaire feint des négociations depuis plus de 10 ans et renforce progressivement ses positions.

 Le droit du plus fort

 La revendication comorienne sur Mayotte ne se base ni sur le droit comorien ni sur le droit français, mais sur des principes du droit international et des résolutions de l’ONU. Il faut donc se demander pourquoi depuis tant d’années, l’Etat comorien est persuadé que ce problème se résoudra dans des discussions bilatérales alors que la France continue à agir ouvertement comme si le droit international n’était pas applicable s’agissant de Mayotte. Pourtant, une vingtaine de résolutions de l’ONU condamnent sa présence à Mayotte depuis 1975 et la présente au monde telle qu’elle ne voudrait pas l’être : une puissance qui foule aux pieds le droit international et qui met en pratique, dans cette partie du monde, la politique du plus fort.

 De plus, les diplomates français connaissent la faiblesse de la diplomatie comorienne. Ici plus qu’ailleurs en Afrique, les peurs refoulées, le complexe d’infériorité de l’ancien colonisé et surtout les regrets de certains d’avoir rompu les chaînes trop tôt sont des réalités tangibles. Les Français savent qu’à cause de tout cela, dans les discussions bilatérales, ils peuvent mieux manipuler une diplomatie comorienne qui n’a aucun objectif précis depuis plusieurs années, sinon celui d’obtenir des aides. Ils peuvent donc jouer en permanence du chantage à la coopération et obtenir de leurs homologues comoriens qu’ils ferment les yeux sur leurs droits contre des espèces sonnantes et trébuchantes.

 C’est sur ces réflexes de mendiants que comptent des hommes politiques mahorais comme le sénateur Adrien Giraud pour faire fléchir les diplomates comoriens. Lui aussi voudrait jouer un peu du chantage au co-développement.

 Sous la présidence du colonel Azali, le gouvernement a cédé à pratiquement tout. Il a rompu avec le consensus qui avait été établi par les prédécesseurs de s’opposer à l’entrée de Mayotte en tant qu’entité distincte dans l’organisation des Jeux de l’Océan Indien. Il a régulièrement fait retirer la question de l’Assemblée Générale de l’ONU. Il a signé un accord secret promettant à la France de ne pas réintroduire cette question à l’ONU pendant deux ans.

 Entre naïveté et reculades

 Le Président Sambi, qui a été un grand pourfendeur de la politique du colonel Azali, a avalisé les reculades de celui-ci et se compromet dans des pratiques illégales vis-à-vis de la Constitution de l’Union, s’agissant de cette île comorienne. Il a été converti aux vertus des négociations bilatérales. Il y a encore peu, il ne jurait que par sa rencontre avec le Président Sarkozy qui lui aurait promis le règlement de cette question, en particulier par l’introduction de la libre circulation des marchandises et des hommes au sein de l’archipel, Mayotte comprise.

 Lorsque le danger du référendum à Mayotte a été soulevé par les associations de la diaspora, le ministre Ahmed Jaffar n’a pas hésité, en juillet 2007, à dire qu’il n’y aura jamais de référendum et qu’il avait eu des assurances à ce propos. Il venait de rencontrer des fonctionnaires du Quai d’Orsay. Depuis, il n’a pas changé d’avis.

 C’est effarant de voir à quel point les hommes politiques comoriens sont ignorants du fonctionnement des institutions françaises, alors que leur pays a été colonisé pendant près de 150 ans par la France. En 1973, le président Ahmed Abdallah et les leaders du Parti Vert ont cru avoir obtenu l’indépendance des Comores dans l’unité parce que l’exécutif (le Président Giscard d’Estaing et le Premier Ministre Jacques Chirac) leur avait assuré que ce serait le cas. Ils ont oublié la force des parlementaires en France, et surtout de certains réseaux qui ont su agir auprès de ces derniers.

 Aujourd’hui, le Président Sambi et son ministre des Relations Extérieures continuent à croire qu’un responsable français, soit-il Président ou un simple fonctionnaire, peut aller à l’encontre de la loi française en accordant la libre circulation entre Mayotte et les autres îles de l’archipel. Les diplomates français doivent rire, souvent. En tout cas, ils entretiennent le rêve du gouvernement comorien de conférences en rencontres dites de « haut niveau » qui n’ont qu’un seul objectif : flatter l’égo de certains responsables politiques comoriens.

 Azali-Sambi : la continuité

 La question de Mayotte, gelée par le gouvernement du Président Azali, est maintenue au frigo par les hommes du Président Sambi. Les conséquences sont énormes car moins on parle de l’occupation de l’île de Mayotte au niveau international et plus les Français intègrent peu à peu dans l’esprit des dirigeants européens qu’il n’y a pas de conflit entre la France et les Comores s’agissant de Mayotte. Pire, les pays africains et arabes qui ont toujours soutenu les Comores dans cette question reculent. Comment les Comoriens pourraient-ils obtenir l’aide d’autres pays alors que leurs propres gouvernements lâchent sur tous les points ?

 En 2000, le gouvernement Azali a ignoré le référendum permettant à la France de lancer le processus de départementalisation de l’île, il n’y a eu aucune protestation. Voici qu’encore une fois, un autre référendum est annoncé en 2009, et le gouvernement comorien n’a rien à dire, pire, il participe à des réunions dites de « haut niveau » dans lesquelles on lui fait croire que le visa d’entrée à Mayotte va être aboli par la France. Cette même France qui en Europe demande plus de fermeté dans la lutte contre l’immigration ouvrirait à Mayotte un passage plus abordable pour les candidats africains à l’entrée en Europe ?

 Mais il y a plus grave, chaque année une centaine de Comoriens disparaissent entre Mayotte et Anjouan et c’est comme si ces Comoriens n’avaient ni pays ni nationalité. Il n’y a jamais aucune réaction du gouvernement ni pour présenter ses condoléances ni pour demander des explications sur les circonstances au gouvernement français. Ce sont des associations françaises qui ont poussé leur Etat à reconnaître que les interpellations se font dans des conditions telles que certains kwasa-kwasa ne peuvent que se retrouver sous la mer.

 Ne pas fâcher notre principal partenaire et obtenir le plus d’aide économique de lui, voilà le credo de notre diplomatie actuelle. Cela peut-il suffire comme doctrine diplomatique ? »

 Mahmoud Ibrahime
Docteur en Histoire

 HALIDI-BLOG-COMORES 

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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 19:50

Nous vous proposons ci-dessous un point de vue très intéressant de l'écrivain Jean Marc Turine concernant l'asile politique demandé par le tortionnaire et dictateur Mohamed Bacar à la France 

Pas d’asile politique pour Mohamed Bacar

 

Par Jean Marc TURINE*

 

La « crise anjouanaise » semble résolue : l’Armée Nationale de Développement (l’armée de l’Union des Comores), soutenue par des troupes de l’Union Africaine, contrôle quasiment l’intégralité de l’île « rebelle ». Le but premier de cette opération militaire visait à en déloger son président dictateur Mohamed Bacar depuis que celui-ci, à partir de juillet 2007, a refusé d’organiser de nouvelles élections. Depuis cette date, la présidence de l’Union des Comores, l’Union africaine, la France, les Etats Unis comme l’Afrique du sud ne reconnaissaient plus la légitimité de son pouvoir. L’opération militaire avait un second but, essentiel lui aussi : procéder à l’arrestation du dictateur et de ses principaux acolytes pour les traduire en justice.

Que de patience diplomatique a-t-il fallu au Président comorien, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, pour convaincre ses alliés d’apporter leurs soutiens, politique et militaire, pour restaurer l’unité du pays ! L’Afrique du Sud et la France, pour des raisons sans doute différentes, ont exercé des pressions très fortes et pendant des semaines pour empêcher le « débarquement ».

Mais, du jour où la Libye a offert la location de deux hélicoptères ukrainiens pour le transport de troupes, la Tanzanie a accepté de dépêcher un contingent de quelques centaines d’hommes, de même que le Soudan et le Sénégal, la France ne pouvait plus ne pas, elle aussi, intervenir en facilitant le transport des soldats sénégalais.

Comme tous les dictateurs fanfaronnant qui annoncent « préférer mourir les armes à la main », Mohamed Bacar a choisi la fuite quand il a eu la certitude que l’opération était lancée et que ses troupes ne disposaient pas des moyens nécessaires pour résister à la coalition.

Les Comoriens sont en droit de se demander comment et par qui cette fuite a été rendue possible et comment ces hommes ont pu joindre l’île voisine de Mayotte. Aux Comores, personne ne doute du rôle joué par la France dans cette entreprise.

Aujourd’hui, le dictateur déchu demande l’asile politique à la France afin de se soustraire à la justice. La France ne peut pas, ne doit pas lui accorder ce droit. Cet homme a mis en œuvre, et bien avant sa mise au ban de la communauté internationale, une politique répressive criminelle : tortures, emprisonnements, assassinats, viols. Cet homme a mené les anjouanais à la misère économique tandis qu’il vidait à son profit personnel les caisses de l’État. Le ministre tanzanien des affaires étrangères l’a clairement signifié.

 Accorder à Mohamed Bacar l’asile qu’il quémande dans sa lâcheté constituerait une insulte aux six mille personnes, femmes, hommes, enfants, mortes en mer, désireuses de se rendre à Mayotte pour fuir la misère provoquée par lui et ses proches. Ce serait faire insulte aux milliers d’Anjouanais rapatriés par les autorités françaises qui les considèrent comme des illégaux. Enfin, ce serait oublier le sort des centaines de « déplacés » anjouanais, en Grande Comore ou à Mohéli, qui depuis des semaines, pour échapper à la brutalité aveugle des gendarmes de Mohamed Bacar, ont abandonné tous leurs biens.

Faut-il rappeler que le statut français de Mayotte n’est pas reconnu par les Nations Unies depuis 1975 ?

Un mandat d’arrêt international a été délivré par les autorités comoriennes à l’encontre de Mohamed Bacar, et la France se doit de livrer cet homme à la justice comorienne. La France ne peut pas, sous peine de se déshonorer, déclarer l’universalité des Droits de l’homme et, dans le même temps, protéger un homme responsable de crimes qui seront ou non qualifiés de « crimes contre l’humanité ». On ne peut pas vivre dans la double conscience.

 *Jean Marc Turine  est romancier, cinéaste, essayiste et a été aussi enseignant.

Dernier livre paru : TERRE NOIRE, Lettres des Comores, éditions Metropolis, mars 2008.

ISBN: 978-2-88340-176-1
256 pages
Format: 13x21
Prix: 31 CHF
Prix: 20 EURO 
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Mariama HALIDI Jean Marc TURINE - dans OPINIONS DES AUTRES
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 21:57
Ci-dessous l’article de Madame Sittou Raghadat, native de OUANI – ANJOUAN publié aussi dans Alwatwan n° 1014 du 19 au 25 octobre 2007
 
OPINION / CRISE « ANJOUANAISE » : METTONS FIN A L’HYPOCRISIE
 
Par Madame Sittou Raghadat Mohamed
Ancienne Ministre
 
Rotation-deweek-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-050-copie-2.jpgPourquoi continuer à tergiverser dans le règlement de la crise ? Depuis plus de 10 ans les Comores sont paralysées par une crise séparatiste qui, au départ, était considérée par certains comme un jeu d’enfant. Au fil du temps, elle a pris de l’ampleur et les politiciens de tout bord ont trouvé à travers cette crise un moyen plus facile et idéal de conquérir le pouvoir plutôt que le recours des mercenaires ou autres méthodes trop compliquées et nécessitant des moyens colossaux.
 
Le comorien lambda se demande à juste titre pourquoi des hommes d’Etat ayant assumé les plus hautes responsabilités du pays se sont ralliés aux séparatistes au moment où, même des séparatistes, ceux là même qui étaient considérés comme les plus radicaux, ont abandonné le navire après avoir compris que la majorité des dirigeants ne sont que des aventuriers sans foi dont le seul objectif est de s’enrichir  sur le dos des anjouanais ?
 
Souvenons- nous, depuis la proclamation de l’indépendance par notre pays, accéder au pouvoir  s’est toujours défini ainsi : recours au mercenariat, complicité à l’enlèvement et à la déportation d’un président élu démocratiquement avant la fin de son mandat, encouragement du chauvinisme et incitation à la guerre civile et à la persécution.
 
En fait, tous les moyens sont bons pour arriver au pouvoir même s’il faut pactiser avec le diable. Hélas !
 
Aujourd’hui la crise anjouanaise représente une aubaine pour conquérir ou arracher le pouvoir.
Aussi est elle entretenue, adulée et encouragée au mépris de la population qui la subit. Les dirigeants actuels d’Anjouan ne sont ils pas considérés comme des héros ? L’on envoie même un avion spécial à leur chef pour pouvoir participer à une réunion à l’étranger !
 
J’ai du mal à comprendre que, malgré le drame que vit la population anjouanaise (Fonctionnaires licenciés depuis plus de 8 mois, Bacheliers sacrifiés depuis des années. Droits humains bafoués, emprisonnements et tortures fréquents, fuite vers Mayotte avec les conséquences que l’on connaît, fuite vers Mohéli et Ngazidja et subir toute sortes d’humiliations,) l’on puisse hésiter pour un débarquement militaire afin de régler définitivement cette crise qui reste un danger permanent de l’existence de notre pays sous prétexte que la « guerre » est dangereuse et va tuer des innocents. Trop c’est trop.
 
Est ce que les comoriens d’Anjouan qui sont sur place dont la dignité est bafouée sont encore vivants ? Combien sont ils morts en mer ? Combien de familles meurent de faim car les parents sont licenciés ? Combien d’enfants anjouanais sont privés de leurs droits à l’éducation, les portes de l’université des Comores leur étant fermées ?
 
Certains politiciens comoriens opposés à une intervention militaire prônent une négociation inter comorienne. Mais très franchement, négocier quoi et avec qui ? 
 
Cela fait plus de 10 ans qu’on négocie. Faut il qu’à chaque fois que l’on veuille régler définitivement la crise anjouanaise, une soi-disant issue émanant des comoriens s’y présente ? Est-ce le hasard ?
 
Je me rappelle de l’embargo de l’Union africaine sur l’île séparatiste, qui était sur le point de donner les résultats escomptés. Tout d’un coup l’on eut brandi « La fin du séparatisme ». Les sanctions furent levées car les comoriens se furent compris et eurent signés le 26 août 2000 les accords de Fomboni.
 
Aujourd’hui le même scénario se présente. Alors que les dirigeants d’Anjouan commencent à se trouver dans une situation difficile suite à la pression internationale, des leaders comoriens dont certains cautionnent en réalité ce qui se passe à Anjouan dans l’espoir de s’en servir pour conquérir le pouvoir viennent à leur secours. Ils se déclarent, en effet, opposés à une intervention militaire pour régler le problème et prône « une solution entre comoriens ». Pourtant ce sont les mêmes qui approuvent directement ou indirectement les propos malsains qu’on entend quotidiennement partout dans la capitale comorienne : « Un Président de l’Union anjouanais, la crise est anjouanaise, le règlement de la crise doit être immédiate sinon rentrez chez vous régler vos problèmes. Nous les grands comoriens nous sommes fatigués ».
 
A lors pourquoi dès qu’on parle d’une éventuelle intervention militaire qui mettrait fin définitivement à cette crise quelles que soient les conséquences, ils sont les premiers à s’y opposer ? Mais il faut savoir ce que nous voulons réellement messieurs…….
 
Le président de l’Union des Comores est interdit d’aller dans une partie du territoire de son pays. N’est ce pas là déjà une raison suffisante pour que tout comorien nationaliste digne de ce nom se sente humilié et se révolte pour un règlement immédiat de cette crise notamment militaire ?
 
C’est une gifle pour notre pays et non pas pour le Président Ahmed Abdallah Sambi et une atteinte à notre dignité et je l’assimile à la déportation du feu président Saïd Mohamed Djohar en 1995 sur l’île de la réunion.
 
Quelles que soient les divergences politiques que nous pouvons avoir,  nous avons le devoir de combattre par tous les moyens appropriés tout acte visant à nous humilier et à salir notre pays. Ce problème a assez duré, la population d’Anjouan a assez souffert et le pays a épuisé sa patience.
 
N’ayons pas peur des mots et arrêtons l’hypocrisie. S’il faut intervenir militairement pour régler la crise d’Anjouan qui n’est pas en réalité un problème anjouanais mais comorien, il faut le faire sans état d’âme. C’est un moindre mal par rapport au drame que vivent quotidiennement les Comoriens d’Anjouan. C’est un moindre mal par rapport à la crise économique, social et politique que connaît notre cher pays depuis la naissance de cette crise.
 
Le temps du balbutiement est révolu !
 
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Mariama HALIDI SITTOU RAGHADAT MOHAMED - dans OPINIONS DES AUTRES
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