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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 15:31
Vous trouverez  ci-dessous, la réaction de l'écrivain Aboubacar Ben SAID SALIM suite à l'interdiction du comédien Soeuf Elbadaoui et O Mcezo de se produire à l'Alliance Franco comorienne
.
Alliance ou aliénation ?

(Photo archives/ Aboubacar Said Salim)

Malreaux a dû se retourner dans sa tombe et Charles Degaulle éternuer dans la sienne, lorsque la nouvelle race des gardiens de la culture française ou ce qu'il en reste, confond alliance et aliénation. Heureusement que Monsieur Gardon n'était pas le Ministre de l'intérieur de De gaulle car il aurait sans doute mis Sartre, ce Voltaire du 20 e siècle en prison !

Si mon français est encore bon, (je ne fréquente plus l'Alliance depuis belle lurette) il me semble qu'une alliance naît de la volonté de deux personnes, de deux équipes, de deux nations pour aller ensemble vers un objectif commun. Dans le cas d'espèce de la prétendue, Alliance Franco Comorienne, on pouvait comprendre jusque là, le 17 mai exactement, que la France et les Comores s'alliaient pour l'objectif de rehausser la culture de l'un et l'autre pays, de leur vouer un respect mutuel, de permettre des échanges d'égal á égal entre les cultures et les civilisations de ces deux pays prétendument amies.

Lorsque j'ai lu avec consternation sur la toile universelle que Soeuf Elbadaoui était interdit d'Alliance , ce Soeuf Elbadaoui qui se surnomme avec humour Elbadano á cause de son esprit critique qui lui fait souvent dire plutôt non que oui , plus non mais, que oui mais, Elbada que Gardon le gardien des valeurs des lieux , doit appeler désormais Elbad,( son deuxième surnom) « le mauvais » dans une contraction et une contamination entre la langue arabe et l'anglaise, j'ai trouvé que l'objet de la mauvaise querelle qu'on a cherché á Soeuf Elbadaoui était vraiment très déplacée dans le cadre d'une alliance Franco-Comorienne .

Il révélait tout simplement l'ignorance puante de la culture comorienne mais aussi de la française. En effet être interdit d'Alliance pour un
Gungu, un charivari de protestation en l'honneur de ce que la France protège le plus parmi les valeurs républicaines qu'elle nous a si bien inculquées, l'intégrité territoriale et l'unité nationale, elle qui dans l'histoire , a connu de douloureuses amputations et occupation de territoires , depuis les huns , les Goths , les Visigoths , les Ostrogoths, les Arabes, les Autrichiens les Allemands , sans compter la perte de l'empire, la pire étant celle du département français d'Algérie, la France donc, notre maitre á tous en matière de politique semble jeter sa première leçon de patriotisme aux orties.

Comment ce Gardon de l'Alliance peut il croire que nous ayons chanté impunément « Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé..Contre nous de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé.... » '.On aurait ainsi chanté la Marseillaise pendant plus d'un siècle, Sans qu'on n'ait quelque part ne serait ce qu'une parcelle, une toute parcelle de patriotisme ! Allons donc !

Malheureusement pour tous les Gardon et les inspirateurs de cette décision qui sent la médiocrité à vue de nez, on a réussi á blanchir les têtes des nègres et on n'y a pas perdu toute sa lessive, puisque apparemment la France des Gardon continue á laver encore plus blanc que OMO, la fameuse lessive de notre jeunesse.
En effet « chez ces gens là messieurs » ,un gungu c'est trop bantou , c' est forcément sauvage et violent puisqu'on y va pas en costume cravate mais déguisés ,noircis au charbon pour faire encore plus noir, plus nègre que nature.
Mais il ne faut pas s'y méprendre, le nègre du Comorien n'est pas le noir de l'homme Blanc, ou le AZZI de l'Arabe. Le nègre du Comorien est celui qui est immoral ou amoral, qui refuse les règles de la famille ou de la communauté (internationale) . C'est pour cela que Soeuf déguisé en nègre, dans ce jeu de rôles traditionnel représentait paradoxalement la France qui à l'occasion était le Mshendzi , l'homme immoral ou amoral.

Et c'est exactement l'image que la France a présenté en faisant fi de l'opinion du monde entier, et en écrasant avec une superbe inégalée plus faible qu'elle, en occupant avec une filouterie, une fourberie à peine déguisée en référendum l'île comorienne de Mayotte.
C'est exactement en Mshendzi que la France a agi vis-à-vis des Comores et le Gun gu n'a fait que le dire dans son langage de Gungu.

Le prochain gungu

Mais après tout puisque l'Alliance Franco comorienne n'a de comorien que l'adjectif, le financement étant assuré uniquement par la France, Gardon a raison de lancer des fatwa contre ceux qu'ils considèrent hérétiques vis-à-vis de la pensée officielle de la France. On ne peut pas trop lui en vouloir puisqu'il en vit et n'en meurt pas !
En revanche, je pense que le Gungu qui doit suivre doit être un gungu contre la classe politique comorienne toute entière, qui a tellement délaissé la culture, qu'en plus de 30 ans d'indépendance elle n'a réussi á construire, aucune maison des Jeunes, aucune maison des associations ou autre lieu assez vaste et assez adapté aux rencontre et activités culturelles des jeunes.

Voila une belle perspective de coopération Sino Comorienne !

En attendant, mes chers acteurs et entrepreneurs culturels, puisqu'on est entrain de bannir la citoyenneté comorienne de l'Alliance, bannissons á notre tour l'Alliance en tant que citoyens comoriens.

Réinvestissons culturellement nos bangwe, lesquels avec un peu d'imagination s'adapteraient bien aux expositions photographiques et autres jeux scéniques qui ont fait l'illusion et le prétexte d'une Alliance incontournable ! Dévêtissions nous momentanément de la langue française et habillons nous d'une langue pour nos spectateurs et spectatrices des bangwe.

Faisons de l'Alliance une vrai Alliance Franco Française, où on pourra afficher sans honte et sans gêne aucune que Mayotte est française et le restera á jamais, puisque telle est la volonté de ses dirigeants, et des dirigeants de ses dirigeants !

Aboubacar Ben SAID SALIM
Ecrivain
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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 12:54

Source : Alwatwan.net/16 avril 2009

Seda-en-chemise-blanche L’enseignant de Henry Matisse, Seda, a été “suspendu” de cette école française de Moroni pour avoir défendu la Nation comorienne. L’artiste a manifesté contre le référendum colonial français de départementalisation de la terre comorienne de Maore, défendant ainsi la constitution de son pays qui lui enseigne que les Comores sont composées de quatre îles, admises aux Nations Unies dans leurs frontières issues de la colonisation comme l’affirment clairement toutes les Nations civilisées du monde et le droit international. Un tel acte abusif n’aurait pu être commis dans un pays qui se respecte. Parce qu’alors c’est l’école qui risquerait d’être fermée.

L’école française Henry Matisse a suspendu notre Seda national des cours d’Arts plastiques qu’il dispensait au motif politique qu’il a pris part, en sa qualité d’artiste, au “Gungu” organisé contre la France pour “violation du droit international” dans le cadre des manifestations organisées contre le référendum français de départementalisation de l’île comorienne de Maore. La décision est illégale, honteuse, parce que Seda exprimait ses opinions en dehors de l’école et sur un sujet d’intérêt national et n’a commis aucune faute grave vis-à-vis de cet établissement.
Le suspendre et l’exclure de l’établissement pour ces raisons là est révoltant. Parce que l’école est par excellence le lieu du savoir, de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, des mathématiques mais aussi de la civilité, de la démocratie de la liberté d’expression. Et si l’école est française de surcroît, tenues par des responsables français, qui épousent et croient jusque là aux vertus de la République et aux principes qui la fondent, une telle décision ne peut que susciter émoi et même indignation.
Seda n’est pas n’importe qui. Artiste peintre, il la pratique comme discipline, comme activité de loisir, mais aussi comme métier. Artiste de talent, il est de ceux qui donnent vie à l’alliance franco-comorienne, par les nombreuses expositions de ses chefs d’œuvre. A l’extérieur, il porte haut le drapeau de son pays à coté des Modali, Napalo, Chakri, etc…
Décider de l’exclure de l’école uniquement pour des raisons politiques, est une violation flagrante du code du travail, en vigueur aux Comores et en France. Henri Matisse n’ignore pas que les prémices de la législation en la matière obligent la justification de la rupture du contrat de travail par l’employeur. Dans le code de travail français, on met fin à un service pour motif personnel, inhérent à la personne du salarié, ou pour motif économique. Ces deux cas ne sont pas évoqués ici pour l’artiste remercié.
Il faillait que cette rupture obéisse à des motifs réels et sérieux qui par ailleurs sont clairement indiqués ou exprimés de façon précise.
Le cas de Seda est révoltant. Parce que l’enseignant s’est engagé à dénoncer le référendum organisé à Mayotte, à s’opposer à la partition de son pays par une puissance coloniale. Et si en plus, comme l’on affirmé une responsable d’Henry Matisse, des parents d’élèves franco-comoriens s’associent sans rechigner à cette mesure, ou dans le pire des cas l’inspirent, ils commettent là un acte grave contre leur nation qui fera date.
Seda ne défend ni plus ni moins que la Nation comorienne. L’enseignant se conforme et défend la constitution de son pays qui lui enseigne que les Comores sont composées de quatre îles, admis aux Nations Unies dans leurs frontières d’avant et clairement affirmées par tous les pays et le droit international. Un tel acte abusif n’aurait pu être commis dans un pays qui se respecte. Parce qu’alors c’est l’école qui risquerait d’être fermée.

* Photo : L'artiste Seda, en chemise blanche

La rédaction

 

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Mariama HALIDI ALWATWAN - dans OPINIONS DES AUTRES
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 19:54

Source : Alwatwan.net / 31 mars 2009

"Le seul langage que “propose” la France est celui du refus et de la rupture. La diplomatie qui permet aux Nations civilisés de régler leurs différends n’a donné, durant ces trente trois dernières années de conflit territorial ouvert, que la possibilité pour la France d’imposer ses intérêts et pour les Comores de perdre les siens. Inexorablement.
Ce référendum est un défi lancé à notre peuple. Une humiliation de trop. Un mépris.
Le gouvernement se doit de relever ce défi en usant le même langage que notre désormais adversaire."

En organisant le référendum sur la départementalisation de Mayotte, en violation des résolutions des Nations Unies qui condamnent toutes les consultations passées et ultérieures, la France commet un acte hostile aux Comores, un acte de guerre. Et maintenant? Peut-on entretenir des relations diplomatiques normales avec la France et contenter le peuple des sauts d’humeur de notre diplomatie?

La France a démontré à la face du monde ce dimanche 29 mars, qu’elle n’a rien à f… des résolutions des Nations unies et encore moins de l’Union africaine la concernant, du moment qu’elles mettent en péril ses propres intérêts.
Le différend qui oppose les deux pays depuis l’accession des Comores à l’indépendance en 1975, aurait pu trouver une issue en terrain diplomatique. Les Comores ont posé des nombreux actes licites, par des lettres, des mémorandums, des résolutions adoptées par les nations du monde. Les plus hautes autorités françaises et les secrétaires généraux des Nations unies ont été saisis pour engager ou parrainer des négociations entre les deux pays (Lire à ce propos nos deux dernières livraisons). Sur ce point, les Comores n’ont pas failli.

Par contre, la France, elle, a fermé toutes les portes de la négociation, la force étant son seul atout, la confrontation, sa seule voie. Pour elle, la négociation possible est celle qui déboucherait au reniement total et sans contrepartie par les Comores de son territoire. Sans aucune alternative possible. Elle dresse, depuis 1994, des frontières artificielles entre Mayotte et les trois îles, expulse les Comoriens qui s’y rendent sans visa, entraînant par ces tracasseries la mort de centaines et de centaines d’entre eux, péris en mer. Mayotte est placée sous une chape de plomb, ses habitants considérés de seconde zone et ce bout terre de “zone de non droit”.

Le seul langage que “propose” la France est celui du refus et de la rupture. La diplomatie qui permet aux Nations civilisées de régler leur différends sans violence n’a donné, durant ces trente trois dernières années de conflit territorial ouvert, que la possibilité pour la France d’imposer ses intérêts et pour les Comores de perdre les siens inexorablement.
Ce référendum, s’il n’a aucune conséquence juridique sur l’appartenance de Mayotte aux Comores, est un défi lancé à notre peuple. Une humiliation de plus. Un mépris.
Le gouvernement se doit de relever, en usant le même langage que notre désormais adversaire. A commencer d’abord par refuser l’expulsion de Mayotte des Comoriens des autres îles. Définitivement. A défaut de tirer les conclusions qui découlent du constat de ce référendum : la France n’est plus un pays ami.

Ahmed Ali Amir

 

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Mariama HALIDI AL WATWAN - dans OPINIONS DES AUTRES
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:51
Vous trouverez ci- dessous deux points de vue opposés de deux députés français sur la départementalisation de l'île comorienne de Mayotte.

Il s'agit de  de Didier QUENTIN (Député UMP de Charente Maritime) et de Noel MAMERE (Député des Verts de la Gironde)

Source : Sudouest.com / lundi 23 mars 2009


POUR / Par Didier QUENTIN (Député UMP de la Charente Maritime)

La départementalisation est une réponse à l'attachement profond à la République d'une île qui a demandé protection à la France dès 1841 contre les « sultans batailleurs ». Les Mahorais se réfèrent à cette histoire vivante et nulle part on ne peut voir flotter autant de drapeaux tricolores. Entendre l'Union africaine parler de « néocolonalisme » ou d' « impérialisme » est une plaisanterie. Pour Mayotte, le référendum est l'assurance tous risques de rester des Français à part entière et je m'attends à un oui massif. Mais il est évident qu'il faudra ménager des transitions. Car en faisant de Mayotte le 101e département français, on renforce l'attractivité de ce « petit Eldorado » qui est à l'origine du courant d'immigration depuis les îles voisines, surtout Anjouan et Mohéli, et qui provoque des situations dramatiques de personnes qui traversent à leurs risques et périls. Le corollaire de la départementalisation est donc une coopération plus ambitieuse avec les Comores. C'est aussi en faire un accélérateur de réformes. Un peu oubliée durant un siècle et demi, Mayotte a connu depuis vingt ans des progrès spectaculaires (collèges, lycée, hôpital, routes) mais il reste beaucoup à faire pour développer le potentiel de l'île « hippocampe » à la riche biodiversité : tourisme, aquaculture, cultures vivrières. Chance pour les Mahorais, le changement de statut est aussi une chance pour la France : ainsi, dans ses rapports avec l'islam, Mayotte - avec ses cadis (juges musulmans) devenus médiateurs sociaux - peut être un laboratoire.

Didier Quentin



CONTRE / Noel MAMERE (Député Les Verts de la Gironde)

Départementaliser Mayotte est une mauvaise idée car cela pose un problème de droit international. La première erreur fut, lors de l'indépendance des Comores en 1974, de rattacher l'île à la France sous pression de lobbys qui avaient intérêt à se séparer de l'archipel alors que les Comoriens sont un même peuple, avec la même langue et la même religion (l'islam). L'immigration clandestine a aggravé cette situation artificielle. Mais peut-on parler de « clandestins » s'agissant de Comoriens qui se rapprochent de leurs familles ? En attendant, on compte par endroits 55 % de sans-papiers. Et les autorités sont coincées dans un engrenage de contrôles aux frontières et de répression indignes de la République. L'urgence est donc de voir ce qu'on fait avec ces sans-papiers entassés en centres de rétention, et nullement un référendum. Bien sûr, la réponse sera « oui » car ce « confetti de l'Empire » a déjà un niveau de vie supérieur à celui de ses voisins. Mais, pour réussir, il faudrait que la France dépense des millions d'euros. Je ne dis pas qu'il faut abandonner les Mahorais. Mais la logique plaide pour une « Union des Comores » garantie internationalement. C'est inenvisageable pour l'instant, mais il faut examiner de plus près le statut de ces « zones ultrapériphériques » de l'Union européenne. Je relève enfin la contradiction flagrante entre ce référendum et le rapport Balladur, qui suggère la réforme du département. Et songeons aux Antilles, où l'on vient de voir quelle est la difficile situation des DOM.


Noël maMère

Source : Sudouest.com/lundi 23 mars 2009

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 11:19

Opinions...

 

MAYOTTE    

Plaidoyer pour la non départementalisation de Mayotte

Source : MALANGO-MAYOTTE / Dimanche 22 Mars 2009 - 08:28:35    
La pertinence autant que l'impertinence de ses propos sur son blog nous ont fait demander à Marcel Séjour de nous dire ce qu'il pense du projet de départementalisation de Mayotte. Lui même s'interroge sur la « légitimité » qu'il a à « parler au nom de Mayotte ». Arrivé à la soixantaine, Marcel Séjour est à Mayotte depuis 1993. C'est à dire qu'il aura passé plus d'années à Mayotte que certains mahorais expatriés à la Réunion ou en métropole qui s'exprimeront dimanche prochain par procuration. De plus, il a fait le choix de Mayotte en venant construire sa vie ici. Cela nous semble suffisant, en plus du fait qu'il est... français comme tous les électeurs qui vivent à Mayotte et voteront le 29 mars. Ce n'est pas un politique, ce n'est pas un décideur, mais un citoyen « lambda » qui s'interroge sur ce statut et les répercussions auxquelles il peut s'attendre dans sa vie quotidienne, mais aussi dans celle de ses voisins, de ses amis qui n'ont pas la même couleur mais qui partagent le même destin, les mêmes inquiétudes.
 
 
Depuis plus de quinze ans, Marcel Séjour témoigne de la réalité mahoraise au travers de ses toiles.
 

Il n'est pas un parent respectable qui ne souhaite pour ses enfants un avenir meilleur que celui vécu par les générations précédentes, c'est-à-dire une vie prospère et sécurisée. Lorsqu'on leur a demandé de choisir entre l'indépendance et le maintien dans la République les parents mahorais des années 70 se sont comportés comme tous les parents du monde : ils ont évalué ce qui leur semblait le plus prometteur, et, à choisir entre le mzungu puissant, dominateur et riche et le cousin bavard, dominateur et fauché, ils n'ont pas hésité. L'avenir de leurs enfants passerait par la France. Elle seule pouvait garantir les équipements collectifs, la stabilité sociale, la santé, et surtout l'éducation sans laquelle il n'est pas possible d'abandonner définitivement la précarité et sa sœur la servitude. Le choix fait par les anciens et surtout les anciennes de Mayotte était parfaitement justifié, raisonnable et légitime et il n'est assurément pas question, et à aucun moment, de le remettre en cause.

Mais la question qui va être posée aux habitants de Mayotte dimanche prochain n'est pas la même que celle qui fut posée en 1974 ; elle implique donc une réponse ou à tout le moins une réflexion différente et ceci pour deux raisons aussi fondamentales l'une que l'autre.

Les temps changent


En 1974 la France était la quatrième puissance de la planète ; aujourd'hui elle est la septième ; demain elle sera la neuvième puis la dixième puis la onzième et ainsi de suite ; dans un bref avenir elle ira, avec ses soixante petits millions d'habitants, grossir la masse informe des anonymes puissances dites « moyennes » , chose inconcevable par nos parents. C'est d'ailleurs tout l'Occident qui glisse de son piédestal de leader. La grande crise aidant, les nouveaux équilibres économiques et donc stratégiques sont en train de se réorganiser autour de puissances autrefois « émergentes ». En abandonnant l'Irak, en parlant à nouveau avec l'Iran, en avouant ne pas gagner la guerre en Afghanistan ni d'être en mesure d'y parvenir, les Etats-Unis de Barak Obama admettent que l'idée de l'Empire américain a pris fin, que l'Amérique ne dominera ni ne policera le monde et se contentera d'être une grande puissance parmi d'autres grandes puissances, à égalité peut-être, à couteaux tirés surement avec la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie ou l'Indonésie. Le déclin de la France et de toutes les nations européennes est donc inévitable, tout comme seront inévitables le recentrage des populations européennes sur le « territoire national » et la montée des radicalismes.

Dans ce monde nouveau quelle sera la meilleure place pour Mayotte ? Et comment y accéder ?

La deuxième grosse différence d'avec le référendum de 1974 c'est que la question alors posée était beaucoup plus dramatique que celle du 29 mars. En effet on demandait alors aux parents mahorais de choisir entre être français ou ne pas l'être. Si tu votes oui tu es français, si tu votes non tu ne l'es plus. Il s'agissait d'un dilemme, ce que la consultation du 29 mars n'est pas. Aujourd'hui les Mahorais n'ont pas le couteau sous la gorge, et quelle que soit leur réponse ils passeront d'un accommodement avec l'Etat à un autre accommodement avec le même Etat, pas d'une citoyenneté à une autre. Dire NON au département n'est pas quitter la République mais dialoguer avec elle. Bien sûr personne ne sera surpris si le OUI l'emporte mais le NON est prévu comme une possibilité par la République elle-même puisque la question est posée.

La conclusion qu'imposent ces différences fondamentales d'avec 1974 c'est que dire OUI au département n'est pas une obligation de survie, que ce n'est donc pas la seule réponse possible, qu'il existe une autre hypothèse de travail, une autre façon d'imaginer l'avenir de Mayotte, qui n'était pas envisageable du temps de nos parents et que ce n'est pas manquer de respect à l'égard des anciens mais bien au contraire les traiter avec tout le respect qui leur est dû que de chercher, aujourd'hui comme hier quelle réponse est porteuse des meilleurs espoirs pour les générations qui arrivent.

Qu'elle soit en faveur du OUI ou qu'elle soit en faveur du NON, l'argumentation peut être circonscrite à trois grands chapitres, lesquels correspondent aux trois principes fondateurs de la Nation française post révolutionnaire, à savoir Liberté, Égalité, Fraternité. Les Mahorais, les Mahoraises surtout, ne s'y sont pas trompés, qui ont pris le premier de nos grands principes, Liberté, comme justification nécessaire et totalement suffisante à la sécession de Mayotte. « Nous voulons être français pour être libres ». C'est donc par la Liberté que nous terminerons, lui donnant le mot de la fin.

Fraternité républicaine

Depuis que Ségolène l'a chanté dans un palais des sports le mot fraternité a tendance à faire sourire ; on parle ainsi désormais de solidarité nationale, voire de solidarité républicaine.

L'expression, vidée de toute sensiblerie, évoque une cohésion quasiment instantanée des français dans leur ensemble aussitôt qu'un des leurs est frappé par le sort, un élan irrésistible de solidarité engagé, encouragé, orchestré par les plus hautes instances du pays, garantes d'une efficacité sans faille, qui va venir en aide aux plus démunis avec l'argent que vont lui donner de bon cœur et avec le sourire ceux qui en ont plus qu'il ne leur est nécessaire ; la toute première conséquence d'un OUI au département sera de mettre en branle cette désormais fameuse « solidarité républicaine », celle qui consiste à répartir les richesses de façon un peu plus humainement satisfaisante, de prendre aux riches pour donner aux pauvres, d'ouvrir en grand les portes à ce qui n'est accessible qu'aux départements et aux seuls départements, c'est-à-dire les subventions et allocations d'un côté et les impôts et taxes de l'autre, Ce qui est donné et ce qui est repris. On nous donnera un peu plus. Sans doute. Et on nous prendra un peu plus. Sans aucun doute.

Tout consiste donc à savoir si nous y gagnerons ou non. Des experts très qualifiés nous expliquent que les subventions et allocations dépasseront très largement les impôts exigés, impôts que les Mahorais ne paieront pas puisque leurs revenus sont trop faibles. A quoi d'autres experts tout aussi qualifiés répondent que les impôts locaux, tels les ordures ménagères, ou la taxe foncière sont payables sitôt qu'on est locataire ou propriétaire, même si on n'a pas de revenu et que les allocations diverses seront largement érodées par un net accroissement du coût de la vie. Difficile de s'y retrouver.

La seule chose dont on soit absolument certain c'est que si Mayotte devient département elle vivra au rythme des autres départements. Il suffit donc d'étudier ce qui s'est fait en France depuis les dix dernières années pour deviner ce qui va très probablement arriver à Mayotte. Or on constate que le niveau de vie général des métropolitains n'a pas beaucoup augmenté mais qu'au contraire il a souvent baissé, que le pouvoir d'achat n'est plus ce qu'il était, que les allocations et subventions diverses sont en nette diminution et de plus en plus difficiles à obtenir pour un nombre de gens de plus en plus restreint, que les acquis sociaux partent les uns après les autres, que les inégalités sont de plus en plus criantes, que la précarité devient la règle générale et que chômage et délocalisation sont les deux flasques mamelles de la société qui s'annonce ; DES sociétés qui s'annoncent, doit-on dire car la France n'est pas la seule dans ce cas. Toutes les nations européennes sont concernées. Si tout cela se passe en France, si la crise y sévit, si la précarité s'installe, si le nombre des miséreux augmente, pour quelle raison Mayotte, département français, connaitrait-elle un sort différent ?

Sitôt devenue département Mayotte recevra plus d'argent !

Peut-être mais pas tout de suite et comme tous les autres départements elle n'en aura pas beaucoup parce que les temps sont durs n'est-ce pas, parce que c'est la crise, parce que les caisses sont vides, parce qu'on a déjà donné, parce que tout se traite à Paris et qu'il faut donc en référer à Paris, parce qu'il y a un nouveau ministre, comme vous le savez, qu'il ne connaît pas encore le dossier, comme vous vous en doutez mais il va l'étudier, très bientôt, faites-lui confiance, et il rendra ses conclusions très bientôt, prochainement même, parce qu'on ne peut pas aller trop vite voyons voyons, que certaines étapes doivent être atteintes avant d'autres, l'inverse est vrai aussi, parce qu'il faut laisser du temps au temps et ne pas mettre la charrue avant les bœufs, ah ! les beaux grands bœufs du grand Chirac ! et pour tout un tas d'autres raisons aussi bonnes les unes que les autres, raisons que les Français de métropole et de Mayotte ont déjà toutes entendues mille et une fois et il n'y a pas de raison pour que ça change puisque la crise est là, qu'elle est bien là et que nous nous en sortirons, ça c'est sur, nos dirigeants nous l'affirment mais ça va prendre du temps et pour s'en sortir il faudra se serrer les coudes, serrer les dents et probablement serrer aussi les fesses. Il n'est d'ailleurs pas besoin d'être département pour attendre les sous puisque notre bon vieil état providence a déjà prévu que le RMI, ou le RSA, ou ce qu'il s'appellera dans dix ans ne serait versé à Mayotte dans son intégralité que dans dix ans justement. Il n'est pas prévu par contre que la fiscalité ait besoin de dix ans pour se mettre au goût et à l'heure de l'hexagone. Bref, que du bonheur. Et Bruxelles fera aussi partie de la fête, qui insistera pour verser son obole aux tout frais départementalisés, soyez les bienvenus dans le cercle de l'Europe, nous vous attendions, enfin vous voilà, vous faut-il des routes, des ponts, une piste longue ? Ne vous inquiétez plus de rien nous nous occupons de tout.

C'est quoi ce délire ?

Par la maîtrise des rouages administratifs qu'elle suppose la départementalisation profitera d'abord, et presqu'exclusivement à ceux qui ont l'habitude du pouvoir politique ou/et économique, soit 80% des créoles catholiques et 10% des noirs musulmans, c'est-à-dire à peu près 15% de la population ; au grand maximum. Ça c'est de la démocratie qu'elle est bonne ! Et il n'y a aucune chance pour que ça s'arrange puisque dans le monde entier les richesses sont de plus en plus concentrées dans les mains de moins en moins de gens. Crise après crise, défaillance après défaillance la prospérité de la France ne se conjugue désormais plus qu'au passé.

Jamais plus la France ne redistribuera autant de richesses que celles dont elle disposait jusqu'à la fin des trente glorieuses.

Ce destin est non seulement inéluctable mais il est sans retour possible. Jamais on n'a vu un Empire s'écrouler puis revenir à sa gloire première. Le sort de l'Occident est donc scellé. L'Occident va tomber, ça on le sait. Quand ? Ca on ne sait pas. C'est Dieu qui sait. La chute de Rome a pris deux siècles ; celle du Pékin impérial n'a pris que quelques mois mais ce qu'on sait à Mayotte, et ce à quoi nos enfants devraient être préparés, c'est que suivre le Blanc là où il va n'est plus aussi rassurant qu'avant et nous avons le droit, ici, à Mayotte et petits comme nous sommes, d'essayer de doubler nos chances. Quel est l'intérêt de s'attacher pieds et poings liés au sort d'un géant qui s'effondre ? Ancrer aujourd'hui son destin à celui de la France c'est prendre en marche un train qui ralentit et va bientôt s'arrêter. En disant OUI au département Mayotte met tous ses œufs dans un seul panier ; celui du mzungu. C'est ça la sagesse mahoraise ? C'est ça que les anciens souhaitaient pour leurs enfants ?

Egalité républicaine.

La deuxième raison pour laquelle on conseille de voter OUI c'est que lorsque Mayotte sera enfin érigée au rang de département « pur et dur » rien ne distinguera plus les Français de Mayotte de ceux de métropole. C'est un argument essentiel des tenants du OUI que de souligner que Mayotte sera désormais l'égale de n'importe quel autre département républicain. Cette question de l'égalité est d'une grande importance pour les Français, beaucoup plus que pour les Anglais par exemple, et elle est considérable pour les Mahorais puisqu'en effet, si ces derniers demandent si souvent et avec tant d'insistance d'être traités en égal c'est bien parce qu'ils ont la certitude de n'avoir jamais été considérés comme tels, ni par les Comoriens ni par les wazungu. On aurait grand tort de ne voir là que caprice ou enfantillage puisque cette crainte de l'inégalité est constitutive de la psychologie mahoraise, que son installation remonte aux lointaines années de sujétion à leurs arrogants cousins, suivies des années de colonisation et de domination blanche, pas si lointaines que ça celles là, que cette crainte, qu'on appelle souvent « complexe d'infériorité » est devenue un archétype et que, comme tel, rien ne pourra plus le déloger de la psyché locale sauf à rompre avec le blanc, de façon définitive et pendant plusieurs générations. Nous n'en sommes pas encore là et il faut donc, pour les Mahorais, s'en accommoder. Etre traité de façon égale est une très bonne façon de faire taire cette crainte permanente et l'accès de Mayotte au rang de département « pur et dur » offre l'espoir, sinon la garantie d'être inscrit dans un espace républicain où le mot Egalité est un mot fondateur donc rassurant ; et si cela ne suffisait pas, sitôt que Mayotte sera département « pur et dur » les Mahorais auraient alors le droit d'exiger d'être traités en égal avec les métropolitains, ce que les Mahorais n'ont jamais fait jusque là et qui n'augure pas d'une harmonie apaisée entre les wazungu et les autochtones. Cet argument en faveur du OUI est un argument si fondamental qu'il ne peut absolument pas être écarté, et personne ne peut donner tort aux Mahorais, le métropolitain moins qu'aucun autre puisqu'il a, par sa longue domination et par l'usage intensif du vocable « égalité », créé et activement contribué à entretenir le terreau même des revendications qui s'annoncent.

Pour attirante et légitime qu'elle soit cette revendication d'égalité est pernicieuse pour deux raisons.

La première c'est qu'à force de réclamer l'égalité de traitement dans tous les domaines les Mahorais vont voir, voient déjà, peu à peu disparaître toutes les petites libertés qui façonnent leur vie depuis toujours sans pour autant avoir aucune chance de disposer de tous ces biens dont les « vrais » Français disposent. La justice cadiale, pour ne citer qu'elle, est devenue un archaïsme intempestif dont Mayotte doit se passer, reléguant l'enseignement de l'Islam au rang de coutume régionale et vaguement folklorique qu'on tolère mais dont on ne tient plus compte. On tolérera les Debba, on les encouragera même parce qu'il n'y a que des femmes, toutes pomponnées et parfumées et qui chantent bien en battant des mains et c'est si tellement authentique, si tellement vrai, si indubitablement folklorique qu'on les rassemblera bientôt dans un stade les jours d'escale de gros bateaux remplis de troisième âge cacochymes et libidineux, alors que dans les mêmes moments on demandera au Muezzin d'arrêter ses appels à la prière à quatre heures du matin parce que ce n'est pas républicain. Ce n'est plus d'égalité mais d'uniformisation qu'il faudra parler et lorsqu'il aura l'argent pour ce faire, ce qui n'est pas demain la veille, le Conseil Général fera venir à grands frais des plaques de faux marbre ou des dalles de grès reconstitué pour construire un centre piétonnier qui ressemblera à s'y méprendre aux plateaux piétonniers d'Angers de Valence ou de Trèves.

Désespérant.

En outre on ne saura jamais de quelle égalité on parle. Dieu a créé les hommes égaux entre eux mais, ainsi que le faisait remarquer Coluche, certains sont plus égaux que d'autres. Ainsi lorsque la pure et dure Mayotte sera l'égale de n'importe lequel des départements français de quel département sera-t-elle plus particulièrement l'égale ? Du Pas de Calais ou des Hauts de Seine ? Mamoudzou sera-t-elle l'égale de Neuilly ou celle de Gandrange ? Qui parierait sur Neuilly ?

La seconde raison de se méfier, plus insidieuse et plus destructrice c'est que celui qui passe son temps à réclamer l'égalité se maintient dans la position de demandeur, confirmant ainsi à son interlocuteur qu'il n'est pas son égal et les wazungu n'ont pas besoin de ça pour croire qu'ils sont supérieurs. Ils vont donc se trouver confortés dans leur position dominante, celle de ceux qui octroient, avec plus ou moins de bonne grâce, face à ceux qui quémandent, avec plus ou moins d'insistance. Si égalité il y a elle aura été accordée par le dominant, qui en attendra nécessairement de la gratitude. C'est pas gagné. D'un côté nous aurons les « je donne- t'es jamais content » et de l'autre les « je veux-y a jamais assez ». Déjà tendues et pas franchement satisfaisantes les relations entre les Mahorais et les wazungu vont devenir exécrables. On peut vivre avec, sans doute, mais on peut aussi essayer de ne pas envenimer les choses et même de tourner l'inégalité à notre profit. Ce qui est tout à fait possible.

Dans un couple, ou simplement dans n'importe quelle relation entre deux personnes celui qui a le vrai pouvoir c'est celui qui dispose du pouvoir de dire non. Celui qui dit oui acquiesce à une initiative qui vient de l'autre ; celui qui dit non impose qu'une autre initiative soit proposée. Si, comme tout le monde s'y attend, à Mamoudzou comme à Paris, Mayotte vote OUI elle n'aura plus qu'à attendre que le mzungu décide à quelle sauce et à quelle vitesse elle sera mangée. Le mzungu dira alors : » Bon, puisque vous avez dit OUI vous faites ce qu'on vous dit. » Si au contraire Mayotte votait NON la surprise serait totale et le mzungu n'imposerait plus mais demanderait. « Bon, nous sommes surpris mais c'est comme ça ; maintenant vous voulez quoi ? »

Alors, et alors seulement le Mahorais serait un peu plus l'égal du mzungu puisque son avis serait demandé !

Liberté républicaine

La troisième raison pour laquelle un OUI serait intéressant c'est qu'en ancrant de façon aussi irrévocable Mayotte dans la trame républicaine on la sépare, de façon tout aussi irrévocable de ses caractériels cousins et insolents voisins, et là encore l'argument n'est pas mince puisque ce fut très exactement le premier argument qui conduisit Mayotte, en 1974, à refuser l'indépendance. « Nous voulons être français parce que nous voulons être libres ! » Libres des Comoriens bien évidemment. Que peut-on bien trouver à y répondre ? Il n'existe pas cinquante façons de se libérer d'un despote ; on peut le maintenir à distance et ne plus rien avoir à faire avec lui ; on peut s'en différencier au point que ses prétentions deviennent ridicules et donc inaudibles. De ce fait, et par essence pourrait-on dire, l'accès au statut de département va avoir l'immense avantage de signifier aux Tartarins d'à côté qu'à partir de maintenant ils ne s'adressent plus à des descendants de leurs serfs mais à des Français libres et égaux en droit, que toute revendication sur Mayotte est assimilable à une insulte faite à un état souverain, que tout acte malveillant peut être considéré comme une agression, voire un casus belli et qu'ici on s'attend en toute logique à ce que le président du Conseil Général, s'il se déplace à Moroni, soit reçu avec les égards et la pompe dus à un ambassadeur. Avant c'étaient eux qui se la pétaient ; maintenant c'est Mayotte qui biche. Chacun son tour et c'est très bien comme ça. Les wazungu ont même un proverbe pour illustrer le phénomène, où l'on parle d'assiette au beurre qui passe pour tout le monde. Eh bien l'assiette au beurre, en ce moment, elle est devant Mayotte. A bon entendeur ! Le temps passé est bel et bien passé, une page est définitivement tournée, il n'est pas question de revenir là-dessus et jamais, vous entendez, JAMAIS Mayotte ne reviendra dans les Comores !

A quoi le Sage répond que dès qu'on parle d'avenir il ne faut jamais dire jamais ; à moins bien sur d'ajouter « Inch'Allah », ce que les plus dévots des défenseurs du OUI oublient toujours de faire.

« Il est très difficile de prévoir quoi que ce soit, et surtout l'avenir » disait Oscar Wilde et il avait bien raison. L'avenir est en effet plein de surprises et ce n'est pas être fou que d'envisager toutes les hypothèses possibles et préparer ainsi, pour ses enfants, un monde où ils pourront vivre libres et en paix. Nos anciens ont choisi la France parce qu'ils voulaient rester libres. Mayotte est française, elle restera donc libre. Le statut de département amènera des contraintes nouvelles mais ne fournira aucune garantie supplémentaire. L'Algérie était constituée de cinq, puis quatorze départements jusqu'aux accords d'Evian. A la suite desquels les quatorze départements ont disparu laissant deux millions de pieds noirs battant de l'aile et claquant du bec sans que leur détresse n'émeuvent quiconque ni ne change quoi que ce soit. Si, pour des raisons qui sont les siennes la France utilisait son droit du plus fort, et décidait d'abandonner Mayotte personne n'y pourrait rien et de plus la communauté internationale l'y encouragerait. Peut-être même trouverait-on sa décision « courageuse ». Ce que le dominant a fait il peut le défaire. Si, ce qu'à Dieu ne plaise, la Raison d'Etat voulait que soit sacrifié un petit peuple lointain et exogène alors le petit peuple lointain et exogène serait sans état d'âme sacrifié à la Raison d'Etat. Il n'y a aucun doute à avoir la dessus. La liberté si chère au cœur de nos mamans mahoraises dépend du bon vouloir du Prince et ne sera garantie que tant que le voudra le Prince.

Ayant proposé à Mayotte un choix possible entre le OUI et le NON, la République envisage donc chacune des réponses comme étant acceptable et c'est donc déjà un gage de liberté. Puisque la République veut vraiment que Mayotte soit libre alors elle acceptera que Mayotte puisse disposer d'une autonomie que la soumission aveugle et muette aux diktats républicains ne lui autorisera pas. Il ne s'agit pas pour Mayotte de changer brutalement de partenaires mais d'obtenir le droit d'en courtiser d'autres et le droit de chercher par elle-même, et ailleurs que dans les carnets d'adresses mzungu d'autres appuis, d'autres circuits, d'autres règles de fonctionnement que ceux qui lui seront inévitablement imposés par une départementalisation pure et dure. La liberté ne consiste pas à subir mais à chercher sa voie personnelle et à prendre soi même la direction de son propre avenir.

S'il n'est plus complètement avec le mzungu, l'avenir de Mayotte se trouve où ? Mais dans sa région voyons ! Placées où elles sont et avec leur histoire les Comores ne sont pas un Haïti en gestation mais ont naturellement vocation à devenir la Suisse de l'Océan Indien. Ou le Lichtenstein ; ou Monaco. Qu'on y songe, voila un ensemble de quatre îles dont aucune ne présente d'intérêt particulier. Les plages sont bien plus belles aux Seychelles et à Maurice, les sommets bien plus élevés et accessibles à la Réunion, les espaces bien plus vastes à Madagascar, la faune bien plus fascinante sur le continent tout proche. Les Comores ne disposent d'aucune ressource ni d'aucune richesse que l'on sache. C'est très exactement un endroit dont personne ne voudra jamais s'emparer et c'est déjà ça. Tout comme la Suisse dont personne n'a jamais voulu emprunter les montagnes. Et tout comme la Suisse aussi c'est un carrefour entre des vieilles civilisations, des cultures puissantes et des échanges en devenir, un point de passage entre l'Afrique et tous ses partenaires, Européens, Arabes, Indiens et bientôt –déjà—Chinois. Pendant et à mesure que l'Occident décline la nouvelle carte du monde verra s'installer un axe qui reliera la Chine et l'Afrique et tiendra nécessairement compte de l'Inde et de la péninsule arabique.

Ce n'est donc ni à Rambouillet ni à Marcoussis mais dans les Comores que se signeront les cessez le feu entre belligérants africains ou arabes.

C'est dans les Comores que se célèbreront leurs accordailles.

C'est dans les Comores que se scelleront leurs nouvelles alliances.

C'est dans les Comores que se signeront les contrats entre les nations africaines et leurs partenaires historiques ou à venir.

C'est dans les Comores que s'installeront les établissements bancaires dont se serviront les habitués de l'Océan Indien.

Et l'on voudrait que Mayotte n'en soit pas !!

Personne, et nous les signataires de ce plaidoyer moins que quiconque, personne ne désire que Mayotte rejoigne dès demain l'Etat comorien. Il n'est pas question d'appauvrir Mayotte ni d'envisager pour elle des conditions de fonctionnement plus aléatoires que celles qui régissent aujourd'hui son quotidien. Nul ici ne songe, non plus qu'à Paris, à demander à Mayotte de quitter la République.

Il est question d'œuvrer pour que Mayotte elle-même contribue activement à mettre en place une structure dans laquelle elle serait écoutée parce qu'elle aurait pris son sort entre ses propres mains.

Refuser le département ne changera rien nulle part dans l'immédiat et aucun châtiment ne tombera du Ciel ni de la République pour punir Mayotte d'avoir osé dire que le mot « département » ne convenait pas. Après le NON, le travail des hommes politiques consistera, comme à l'habitude, à obtenir le maximum de l'Etat pour ensuite le redistribuer à leur guise. Ils devront simplement se servir d'autres mots que « département » ou « zone ultra périphérique ».

« Impossible !! » trépigneront-ils.

Qu'en sait-on ? L'a-t-on jamais fait ? A-t-on même seulement essayé ? En a-t-on seulement discuté ? Bien sûr, un NON impliquerait nécessairement une certaine redistribution du pouvoir et quelques indignés et fébriles caciques trembleraient sur leurs ronds de cuir avant de prendre d'avec la politique locale une retraite glorieusement méritée. Mais le vide que créera leur départ ne sera d'aucune gène puisque c'est très exactement dans cet espace laissé vacant que pourra s'installer une jeunesse mahoraise pourvue enfin d'un but qui soit plus prometteur et plus stimulant que celui qui consiste à copier le maître en tous points de sa vie, à afficher ainsi des ambitions d'esclave et finir caissier ou agent de sécurité avec un bac plus cinq. C'est très exactement dans cet espace à construire que les jeunes de Mayotte et de la région pourront mettre au feu leurs idées, tester leurs audaces et canaliser leur ardeur.

Dire NON aurait en outre le dernier avantage de calmer à peu près tout le monde. Dernier mais pas le moindre.

Les wazungu pour commencer qui verraient, une fois la surprise passée et à l'exception de quelques joueurs de golf en colère, une bonne dose de pression disparaître de leurs effarouchées épaules. Sans doute seraient-ils toujours les Détenteurs Suprêmes du Savoir et du Pouvoir mais dépourvu désormais de toute urgence, leur enseignement aurait moins d'importance et, débarrassés de l'absolue et constitutionnelle obligation d'exiger de tout un chacun qu'il se comporte selon la norme, bon nombre d'entre eux se feraient plus discrets, ce qui ne sera pas dommage.

D'autres qui serraient surpris, stupéfaits, quasiment cloués sur place et soudainement calmés, ce sont les agités d'à côté qui se verraient brutalement privés d'un de leurs arguments majeurs pour continuer à traiter Mayotte comme une dépendance. Ce qu'elle n'est pas. Le choix du NON imposerait à tous que les actes de Maore valent largement les palabres de Ngazidja. Une fois la stupéfaction passée, et comme ils ne sont pas plus bêtes qu'ailleurs, ils traiteront Mayotte avec plus de respect, en partenaire, en égale, rassurés qu'ils seront qu' « attendre » est redevenu un verbe actif.

Et si, sans que cela lui coûte, dire NON permet à Mayotte de faire le calme autour d'elle, ma foi, ce sera tout bénéfice et tout à mettre au crédit de Mayotte qui aura prouvé qu'il n'est pas toujours besoin d'être riche pour être libre et que ses habitants pouvaient être aussi lucides que n'importe qui et politiquement plus mûrs que beaucoup.


Amine kam'gwavenze

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 11:06

Vous trouverez ci-dessous une contribution d' Abdallah Mohamed (Photo, archives HALIDI-BLOG-COMORES), un des architectes de l'actuel système institutionnel des Comores, aux travaux de la conférence inter comorienne tenue à Moroni du 03 au 06 mars 2009. Bien évidemment il défend avec fougue "son bébé constitutionnel"et reste fidèle à ses convictions.
Comme on dit chez nous "mtru ka dza Mwana a rudi à mulatsa" (on ne met pas au monde un bébé pour le jeter)

HALIDI-BLOG-COMORES

 

 

 

 

 

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UNE REVISION DE LA CONSTITUTION DU 23 DECEMBRE 2001, EST- ELLE OPPORTUNE ?



On ne peut apprécier valablement l’opportunité ou l’inopportunité de la révision de la Constitution du 23 déc 2001 qu’à la lumière du contexte politique qui a prévalu dans le pays et qui a conduit à son adoption.


1 – LE CERCLE VICIEUX

Pendant des décennies, les Comores ont souffert de nombreux maux qui menaçaient, en permanence la cohésion nationale et entravaient, sérieusement, tout effort de développement. Cependant, les diagnostics établis par les gouvernants successifs, bien qu’expéditifs étaient véridiques, aboutissant toujours à une inadaptation des institutions, sans jamais relever une quelconque faute des hommes.


C’est ainsi que le pays se vit doté d’une nouvelle constitution en moyenne tous les quatre ans, sans que ces changements des textes fondamentaux apportent les solutions attendues.


En fait, il est apparu que chaque nouvelle constitution était taillée sur mesure, plus pour servir les intérêts du Président en place que pour répondre aux besoins réels de la nation. Il n’en demeure pas moins que cette valse s’est poursuivie pendant des décennies sans que rien ni personne ne parvienne à y mettre un terme.


Résignés, les comoriens se sont, peu à peu, désintéressés de la politique, l’abandonnant aux mains de politiciens peu scrupuleux qui la percevaient plus comme un moyen de s’enrichir que comme un outil de transformation de la société. Lentement mais sûrement, une crise de confiance s’instaura entre gouvernants et gouvernés. Les revendications insulaires se firent de plus en plus pressantes.


Cette crise s’aggrava au point que toute initiative prise par les premiers était suspectée de partial ou de favoritiste ou contestée par les seconds dans une sorte de boycott déguisé de l’action gouvernementale.


Le paradoxe est que les politiciens de tous bords ne semblaient pas prendre conscience de la gravité de la situation. Ils continuaient leur mascarade en s’amusant à dénoncer, sournoisement, la mauvaise gouvernance quand ils se trouvaient dans l’Opposition et à s’y appuyer comme système de gouvernement une fois au Pouvoir. Se méprenant sur le silence fataliste de la population, ils semblaient considérer que celle-ci s’y accommodait et, ne se rendaient toujours pas compte que le pays était au bord de l’implosion.


En effet, une bonne partie de la population des trois îles ne comprenait pas que, par le passé, le pays ait lutté, avec conviction, pour accéder à l’indépendance et qu’une fois celle-ci acquise, l’ordre fasse place au désordre, le pillage de l’Etat et les passes droits gagnent droit de cité, au grand bonheur des politiciens locaux.

Les anjouanais, eux, décidèrent d’exprimer, par des actes, leur réprobation. Ils refusèrent de continuer de lier leur destin à celui d’un pays qui allait, manifestement, à la dérive et proclamèrent l’indépendance de leur île en août 1997. Ainsi est née la crise séparatiste anjouanaise.


2 –DU SEPARATISME AU PACTE

De toutes les crises politiques que le pays a traversées, la crise séparatiste anjouanaise est, de loin, la plus profonde par son ampleur mais aussi par ses conséquences prévisibles tant pour le pays lui-même que pour toute la région. C’est pourquoi, les autorités comoriennes ont sollicité l’aide de la communauté internationale pour son règlement.

Dans un climat politique très acerbe, face à des anjouanais intransigeants et très déterminés, le dialogue inter-comorien n’a pu être amorcé que grâce à la pression de la communauté internationale très impliquée dans la recherche d’une solution qui préserve l’unité nationale et l’intégrité territoriale du pays.

C’est au terme d’un marathon diplomatique très onéreux, marqué par deux grandes conférences à Addis Abeba et à Antananarivo, plusieurs rencontres des parties comoriennes encore à Addis Abeba, Pretoria, et Fomboni, sans parler des nombreux déplacements de délégations de la communauté internationale aux Comores que les anjouanais ont, peu à peu infléchi leur position. Ils ont alors soumis des propositions allant dans le sens d’une réorganisation plus équitable du système politique du pays qui tienne, largement, compte de sa spécificité insulaire. Ces propositions se résument en deux points précis, à savoir :

  • une présidence tournante entre les îles ;

  • un partage du Pouvoir entre l’Etat et les îles ;

Elles reçurent l’adhésion des autres parties comoriennes ; d’où la signature de l’Accord-cadre de Fomboni du 17 février 2001.

Ce document paraphé par toutes les parties comoriennes ainsi que par l’Union africaine et l’Organisation Internationale de la francophonie, agissant es qualité de représentants de la communauté internationale et de garants de l’Accord-cadre, a effectivement institué un partage du pouvoir entre l’Etat et les îles dans le cadre d’une décentralisation accordant une large autonomie à ces dernières. Quant à la Présidence tournante, il fût convenu de l’inscrire directement dans la nouvelle Constitution qui allait être rédigée en conséquence.

Tant le contexte de son élaboration que les aspects consensuels et solennels de son contenu et des termes employés, font de l’Accord-cadre de Fomboni du 17 fév 2001, un véritable PACTE scellé entre les comoriens pour assurer la stabilité politique du pays et renforcer la cohésion nationale. Ce PACTE s’étend, logiquement, à la Constitution du 23 déc 2001 dont la rédaction a été largement inspirée par ledit Accord.


3– LE NOUVEAU DEPART : POSITIVER L’INSULARITE

La Constitution du 23 déc 2001consacre, comme convenu, le partage du pouvoir entre l’Union et les îles (préambule et art. 11) et la présidence tournante entre les îles (art. 13). Cette solution consensuelle crée, désormais un cadre nouveau mieux adapté à l’insularité du pays et propice à une participation effective de tous les comoriens, quelle que soit l’île d’origine, à l’effort collectif de son développement.

En effet, la présidence tournante assure la stabilité des institutions en ce sens que :

  • Elle met fin aux coups d’Etat à répétition grâce à la promotion d’une culture démocratique dans le renouvellement des institutions et du fait que les îles s’ érigent, spontanément, en gardiens des institutions parce qu’elles y trouvent leur compte ;

  • Elle renforce la cohésion nationale par une égalité de chance effective de tous les comoriens à accéder à la magistrature suprême du pays ;

  • Elle encourage une compétition entre les îles pour toujours mieux gérer les affaires du pays.

Avec le partage du pouvoir entre l’Union et les îles, l’insularité cesse d’être un handicap pour devenir un atout pour le développement du pays.

  • Le partage du pouvoir limite l’exode des îles vers Moroni ;

  • Il décongestionne l’administration centrale en incitant les cadres à se déployer dans les îles ;

  • Les îles deviennent des acteurs à part entière, du développement du pays.

En résumé, à la différence des Constitutions antérieures, systématiquement taillées sur mesure au profit des présidents en place, celle du 23 déc 2001 est une œuvre consensuelle et collective de tous les comoriens. Elle fait un véritable « management » de l’insularité que le pays n’a pas su gérer avec toute l’attention requise, par le passé.

La Constitution du 23 déc 2001 apporte ainsi des remèdes à de nombreux maux qui gangrénaient le pays depuis des décennies, lesquels maux monopolisaient l’attention des gouvernants et les empêchaient de s’atteler aux tâches réellement utiles au développement du pays.

La Constitution du 23 déc 2001 est conçue pour préparer le pays à relever, dans le long terme, un défi plus ambitieux : celui du développement dans un environnement insulaire. A cette fin, plusieurs phases sont au programme. On en est encore à la première. Dans celle-ci, il est nécessaire que chaque île puisse diriger le pays sous le régime de cette Constitution, dans le respect de la tournante. Comme l’a fait l’île de la Grande comore avant l’île d’Anjouan, celle-ci doit donc assurer la présidence pendant quatre ans puis la céder à l’île sœur de Moheli en 2010 pour quatre ans. Cela facilitera autant l’évaluation prévue en 2014. Il s’agit de veiller à l’équilibre entre les îles dans l’esprit du PACTE. Du succès de cette première phase dépend la suite du programme.

Il est vrai, on le dit, que la politique n’est pas une science exacte… Mais seulement quand elle est politicienne ; pas quand elle est au service d’un idéal comme le notre. Dans le cas d’espèce, une révision constitutionnelle ne peut pas être improvisée. Le Président de l’Union doit avoir de bonnes raisons pour vouloir changer la Constitution du 23 déc 2001 et ce sont ces raisons que nous sommes en droit de connaître.

En tout état de cause, et pour les raisons que nous venons de montrer une révision de cette Constitution, maintenant, ne nous semble pas opportune.


4– L’INOPPORTUNITE DE LA REVISION CONSTITUTIONNELLE ENVISAGEE

Il résulte de tout ce qui précède que la Constitution du 23 oct 2001 a beaucoup apporté au pays. La stabilité des institutions et la cohésion nationale apparentes sont encore fragiles, leur pérennisation interpelle tous les comoriens. Cela signifie que le dialogue et la concertation doivent prévaloir en ce moment où chaque comorien devrait faire des sacrifices encore plus grandes, dans un élan patriotique.

Nous rappelons que, outre les mécanismes prévus pour le règlement des conflits entre les institutions, cette Constitution renvoie à des lois organiques la solution à un certain nombre de questions importantes. On ne peut donc pas justifier son abandon brutal sans même l’avoir évaluée, sous le faux prétexte qu’elle paralyse l’action gouvernementale, pour adopter une autre imposée, de surcroit, par un Président en fonction. On ne peut pas comprendre, non plus que le Président de l’Union demande aux comoriens d’approuver un projet dont le contenu parait dangereux politiquement et anticonstitutionnel, juridiquement.

Sur le plan politique, l’avant projet est dangereux :

  • Ce n’est une correction des dysfonctionnements mais plutôt un rejet pur et simple de l’expérience en cours ;

  • Il signifie la rupture du PACTE en ce sens qu’elle porte atteinte à des points fondamentaux de la réconciliation nationale ;

  • Il force le pays à renouer avec les vieux démons des constitutions taillés sur mesure pour servir des intérêts des présidents en place ;

  • Il expose le pays aux risques de voir ressusciter des maux que la Constitution du 23 déc 2001 avait réussi à remédier.

Sur le plan juridique, il est inconstitutionnel et, son maintien risque de placer son auteur au dessus des lois du pays :

  • Il est en violation flagrante avec l’article 37 de la Constitution en vigueur. En effet, bien que l’art. 37, alinéa 2 de la Constitution stipule qu’  « aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte (…) à l’autonomie des îles », l’avant projet (art. 5) s’est permis de retirer aux îles toutes les compétences qui leur sont dévolues par la Constitution en vigueur pour les remettre à l’Union et de ce fait, il porte atteinte à l’autonomie des îles.

  • Il viole aussi l’article 13 de la Constitution en vigueur en ce sens qu’il est une voie détournée dont la finalité est d’entraver la tournante en permettant au Président actuel de se maintenir indéfiniment au Pouvoir. En effet, la combinaison des art. 7, 8,17 et 18 de l’avant projet fait apparaître que le mandat du Président de l’Union passe de 4 à 5 ans mais que celui-ci ne quittera ses fonctions qu’en même temps que les présidents des îles. Comme le mandat du Président de l’île d’Anjouan arrive à terme seulement en 2013, c’est à cette date que tous les exécutifs, y compris celui de l’Union, seront renouvelés, du moins en théorie. Or comme le calendrier des élections est proposé par l’exécutif de l’Union et soumis au vote de l’assemblée de l’Union, on peut penser qu’avec le jeu de la dissolution et les grandes possibilités du président de l’Union d’avoir une majorité au sein de la nouvelle assemblée élue, l’examen de ce calendrier risque d’être retardé indéfiniment. La première phrase de l’art. 17 de l’avant projet conforte cette hypothèse.

  • l’avant projet manque d’objectivité. La première phrase de l’art. 17 ainsi libellée : « la présente loi s’applique au Président de l’Union actuellement en fonction… » rend le contenu de l’avant projet subjectif et suspect car le président de l’Union n’a pas fait preuve d’humilité ni d’abnégation. On peut penser qu’il n’a initié la révision que pour en profiter personnellement et que dans le cas contraire il ne l’aurait peut-être jamais fait.

Chef de la Délégation d’Anjouan
ABDALLAH MOHAMED

        Mars 2009

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 20:28

Maore : Au nom de ma loi, je vous recolonise!
Décidément la colonisation n'est plus ce qu'elle était. On nous a toujours appris à l'école que pour coloniser un pays, il fallait un explorateur qui découvre le pays, une armée pour occuper le pays, des missionnaires pour christianiser le pays et des instituteurs pour coloniser les esprits et les ''civiliser''.

Ce qui se passe à Mayotte aujourd'hui est une colonisation du troisième type, puisque rien de tout cela n'est déterminant dans la recolonisation de l'île comorienne. C'est une recolonisation qu'on peut qualifier de “juridico législative”. Il est vraiment indécent de voir de vénérables sénateurs, d'honorables députés, des excellences ministérielles de Gauche comme de Droite se réunir dans des lieues illustres qui ont fait la renommée d'une France des Droits de l'homme, championne de la libération des peuples, indécent dis-je, de voir tout ce beau monde soutenir piteusement une discussion en forme de syllogisme.
“Les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes, or les Mahorais sont un peuple, donc les Mahorais peuvent disposer d'eux-mêmes en acceptant par référendum de dépendre de la France pour être libres!” Belle logique n'est-ce pas!

Mais pour la France il y a peuple et peuple et pour l'Osétie du Sud le syllogisme ne fonctionne plus. ''Les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes or les Ossètes du Sud sont un peuple donc les ossètes du Sud n'ont pas le droit de disposer d'eux-mêmes si le référendum n'est pas organisé par la France''.
Il devient encore plus complexe s'agissant du Pays Basque ou de la Corse. “Les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes, or les Basques sont un peuple, donc les Basques ne peuvent disposer que de l'Etat”.

De grâce Messieurs et mesdames les parlementaires Français, arrêtez de prendre les autres peuples et les autres hommes pour des simples d'esprit auxquels vous pouvez faire avaler vos couleuvres juridico colonialistes. Honte à vous dans les concerts des Nations car pendant que les Usa donnent une leçon de démocratie magistrale au monde, vous donnez l'exemple de la cupidité la plus basse, de la casuistique politico juridique la plus hypocrite et de la démocratie la plus irrespectueuse du droit internationale, c'est-à-dire la démocratie du plus fort.

Mais, parbleu! Puisque vous aimez tant la démocratie qui signifie gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple, pourquoi messieurs du gouvernement, messieurs du parlement ne demandez vous pas plutôt au peuple français au nom duquel vous dites agir, et par référendum, s'il veut recoloniser Mayotte et devenir la risée du monde en ce début de 21e siècle et de 3ème millénaire?

Il est certain messieurs les dirigeants français que vous revendiquez à cor et à cri “l'exception française” et vous allez réussir à faire une belle exception à la règle de la décolonisation que vous aviez vous-même tracée, le 29 mars prochain à Mayotte dans ce référendum gagné d'avance puisque comme aux années 1960, vous avez bâillonné les opposants à votre bon vouloir cette fois ci par les expulsions des “clandestins” hier des “Serrez la mains” certes, mais surtout par les euros. Oui il faut oser le dire, vous achetez les Mahorais au marché des esclaves modernes, c'est-à-dire celui de la pauvreté et du sous développement que vous avez contribué à cultiver et maintenir durant les 150 Glorieuses de la colonisation. Vous bafouez sciemment la dignité d'un peuple, en l'occurrence le Comorien dont vous n'êtes d'ailleurs pas loin de nier l'existence, puisque vous niez qu'il n'ait jamais existé un Etat comorien.

Qui a dit “à vaincre sans péril on triomphe sans gloire”? Une telle vérité ne peut venir que d'un Français, d'un Français de France de la France d'avant la racaille politique Corneille. Mais bien sûr UBU aux colonies s'embarrasse peu de morale et de panache.
Ce qui est étonnant dans cette cour du roi Pétaud qu'est devenu le parlement français lorsqu'il débat de la question de Mayotte, c'est que personne ne s'est donné la peine de produire une définition juridique de ce qu'est un Territoire d'Outre Mer.
Pourquoi? Parce que on serait alors bien obligé de s'en tenir à l'évidence que Mayotte n'a jamais formé un territoire d'Outre Mer à part, et que donc le ''peuple mahorais'' qu'on veut faire disposer de lui-même est une pure invention des nostalgiques de la fleur de lys et de l'aigle impérial. Si on recolonise de droit Mayotte, pourquoi avoir refusé en 1997 les Anjouanais qui eux aussi ont demandé à être français. Pourquoi alors le fameux droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'a-t-il pas joué aux yeux des dirigeants français?Allons! Allons! Un peu de décence messieurs!

Certains dirigeants français ont condamné avec raison et justesse l'invasion de l'Irak par Bush au mépris des Nations unies et pourtant ce sont les mêmes, qui à travers leurs partis (pris) politiques font fi des résolutions de l'Onu lorsqu'il s'agit de l'intérêt égoïste d'une certaine France qui veut à tout prix garder Mayotte.
Il faut reconnaître que la France innove notamment dans la notion de mondialisation. En effet, l'idéal du néolibéralisme ne serait-il pas de contrôler politiquement tous les pays du monde et donc disposer du marché à sa guise. Comme la France va certainement faire des émules dans cette nouvelle théorie de recolonisation au nom des peuples à disposer d'eux-mêmes, on peut s'attendre au réveil des démons qui sommeillent dans le anciens pays colonisateurs. Et peut être qu'au milieu du 21 siècle, le village global version française se réalisera mais avec un chef de village français et des chefs de quartier blancs aux yeux bleus comme en rêvait le Führer et vive le droit des peuples forts à disposer des peuples faibles. En attendant parions que Mayotte sera bientôt une colonie de peuplement, la France ayant tiré les leçons de la Nouvelle Calédonie.

En effet la France n'est pas à Mayotte que pour avoir un pied-à-terre dans le canal de Mozambique, ce n'est là que la raison apparente. Elle a plus d'un tour dans son sac en voulant à tout prix, même celui du ridicule, garder Mayotte. L'avenir nous le dira sans doute.
En attendant, je propose en toute sincérité que Zarko obtienne le prix Nobel de la Paix pour avoir développé et appliqué avec audace et succès un nouveau concept en rétro politique (science qui consiste à refaire le monde comme il était avant) : le droit des peuples à se faire recoloniser s'il le veulent puisque la colonisation avait du bon et que le parlement français a d'ailleurs voté une loi pour le prouver !!! Qu'elle belle contribution au progrès de l'humanité!!! Merci Zarko. Allah vous bénisse!
Par Aboubacar B. Said Salim
Ecrivain
Al-watwan N° 1266 du 02 mars 2009
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Mariama HALIDI Alwatwan - dans OPINIONS DES AUTRES
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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 00:41
Le journal Témoignages a publiéles opinions du professeur André Oraison sur le contentieux franco-comorien. Cette personne, peut, tout au plus, être considérer comme un observateur qui souhaite apporter un éclairage juridique sur la question et en aucun cas comme un acteur du conflit. Un collectif de citoyens et associations comoriens, et le ‘‘Collectif des associations et des amis des Comores’’ (Caac) se considérant partie prenante de ce litige et estimant avoir légitimité et intérêt à lui apporter commentaires et contradictions a adressé un droit de réponse à Témoignages qui, malheureusement ‘‘n’a pas voulu publier notre droit de réponse malgré notre insistance’’, selon les rédacteurs de ce ‘‘droit de réponse’’ dont nous publions de larges extraits.

Les lecteurs de Témoignages ont eu à lire, ces dernières semaines, une série d’articles du Professeur Oraison qui, sous couvert du professionnel du droit, livre en réalité une interprétation juridico-politique tendancieuse du contentieux franco-comorien sur l’île comorienne de Mayotte. Il a bien sûr montré que du point de vue du droit international l’Etat comorien est irréprochable dans cette affaire, que c’est lui qui a raison. Mais l’éminent professeur de droit explique qu’il est improbable que la France, puissante et forte, accepte d’être jugée par une juridiction onusienne. La solution souhaitable donc pour les Comores, ce ‘‘pot de terre’’ fragile, est de laisser faire la France, ce ‘‘pot de fer’’ contre lequel elles ne peuvent rien. Cqfd. Belle démonstration juridique d’un éminent professeur de droit, dont on peut se demander s’il ne serait pas en service commandé.

Il ne s’agit nullement pour nous, en tant que société civile de citoyens comoriens, d’apporter une contradiction technique à un praticien du droit public, mais d’exposer des considérations qui semblent lui échapper pour nous opposer à une manipulation des évidences ; parce que le problème du cas maorais est volontairement réduit à une analyse interprétative sous l’angle de la forme. Nous maintenons que la question de l’île comorienne de Mayotte, plus que du juridisme, relève de la politique, de la diplomatie et de l’organisation politique du monde, telle que définie dans la Charte de l’organisation Des Nations Unies.

Le professeur Oraison démontre avec maintes références juridiques que le problème épineux de la question Maoraise ne peut trouver de solution dans la pratique du droit international et que d’autre part, le traitement de la question est en tout point conforme au droit public français, dont il est bien connu que la partie française le fait évoluer au gré de ses besoins, de ses intentions alors que le droit international est le même pour tous.

Nous notons cependant avec satisfaction qu’est reconnue dans les développements du professeur Oraison une interprétation restrictive de principes universels tel que le ‘‘droit des peuples à disposer d’eux-mêmes’’ par la partie française, et que donc la mauvaise foi de celle-ci est même perçue par un juriste aussi émérite. Ce dernier n’envisage pourtant pas les moyens d’action du gouvernement comorien que sous leur aspect judiciaire en soulignant l’impossibilité ou les difficultés de leur mise en œuvre. Quels sont donc les fondements du droit international?
- Les conventions internationales, tantôt générales, tantôt spéciales, établissant des règles expressément reconnues par les États en litige;
- La coutume internationale comme preuve d’une pratique générale, acceptée comme étant le droit;
- Les principes généraux de droit reconnus par les nations civilisées.

Ainsi, donc tous les traités et accords conclus entre la France et les Comores, toutes les résolutions des Nations unies, toutes les chartes fondatrices des diverses institutions dont les états sont membres concourent à l’élaboration de ce droit international. Ainsi donc, les diverses décisions ou résolutions adoptées par les divers organes de l’Onu font jurisprudence, ainsi que celles de la Cour internationale de Justice. La difficulté réside toujours dans les moyens de mise en œuvre et d’application contre des membres siégeant au Conseil de Sécurité de l’Onu.

Coutume internationale et la loi du plus fort

De même, la coutume internationale ne saurait être celle de la loi du plus fort. Faut-il souligner que nombre de conflits sont traités autrement que par la voie judiciaire, qu’à cet égard, l’Organisation des Nations unies a institué une ‘‘commission des sanctions’’ parmi d’autres instruments? Rappelons par exemple que l’embargo contre l’Irak a été décidé par les seules Nations unies, que le devoir d’ingérence a été institué, essentiellement, pour des motifs humanitaires et qu’ainsi la Communauté internationale a su s’affranchir de procédures judiciaires.
Le chapitre 2 de la Charte de l’Onu est explicite :
Article 2. ‘‘L’Organisation des Nations unies et ses membres, dans la poursuite des buts énoncés à l’article 1, doivent agir conformément aux principes suivants :
- L’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses membres.
- Les membres de l’organisation, afin d’assurer à toute la jouissance des droits et avantages résultant de leur qualité de membre, doivent remplir de bonne foi les obligations qu’ils ont assumées aux termes de la présente charte.
- Les membres de l’organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.
- Les membres de l’organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies.
- L’organisation fait en sorte que les Etats qui ne sont pas membres des Nations unies agissent conformément à ces principes dans la mesure nécessaire au maintien de la paix et de la sécurité internationale’’.

On pourrait en conclure que les deux états comorien et français sont en infraction avec cette charte :
- la France, parce qu’elle foule aux pieds les principes de l’intégrité territoriale comorienne, et qu’elle se refuse à toute négociation sur la question, se soumettant ainsi aux exécutifs maorais, qui d’ailleurs en droit public français n’ont pas d’injonction à donner au gouvernement.
- les Comores parce qu’elles ne mettent en œuvre aucun des instruments qui sont à leur disposition, et que leurs errements respectifs occasionnent des milliers de morts dans le canal du Mozambique, lesquels suffiraient à faire jouer le droit d’ingérence, voire de crime contre l’Humanité!
Ainsi en fait acte l’article 33 de la charte.
- “Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d’enquête, de médiation, de conciliation, d’arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d’autres moyens pacifiques de leur choix’’.
- Est affirmé le fait que la résolution d’un conflit peut connaître d’autres issues que la voie judiciaire. Ainsi les Nations unies ont également élaboré un ‘Agenda pour la paix’’ publié le 17 juin 1992 dans sa 47e session dans lequel il recommande le respect et l’usage de l’article 6 de la charte. Entre autres dispositions, il prévoit que toute négociation engagée dans le cadre du règlement d’un conflit préalablement soumis aux Nations unies doit faire l’objet de l’approbation du Conseil de sécurité, dans lequel ne peuvent voter les pays qui sont parties du conflit.

Le professeur Oraison nous explique d’ailleurs que la condamnation de la France étant quasiment certaine, celle-ci ne consentira jamais à soumettre la question à la Cour Internationale. Cette conception intègre les a priori selon lesquels ni la population maoraise, ni les autorités comoriennes n’évolueraient dans de nouvelles directions.

On peut par exemple se demander si, avec le statut départemental, la société Maoraise ne va pas connaître des ruptures encore plus profondes, si la généralisation des formes d’assistanat ne va pas démanteler davantage l’économie balbutiante Maoraise, d’autant plus que ce statut ne contribuera pas à résoudre le problème migratoire. Rien n’indique non plus que la France ne finira pas par restreindre les dispositifs d’assistance ou leur accès, le processus étant déjà engagé ! Toutes ces ruptures, les difficultés et disparités prévisibles peuvent entraîner des difficultés sociales et politiques, surtout si dans le même temps, les Comores finissaient par bénéficier d’investissements des pays du Golfe et qu’un essor touristique apparaissait enfin.

A l’Onu et non dans les assemblées et juridictions nationales

C’est pourquoi on aurait tort de balayer, comme le fait le professeur Oraison, alors même que la pugnacité des Comores est constante, l’hypothèse du règlement par les voies judiciaires, l’avenir n’appartenant à personne, et la pérennité des revendications comoriennes se justifiant aussi longtemps qu’une solution équitable n’aura pas été trouvée entre la France et les Comores!

Le professeur Oraison affirme le postulat selon lequel, conformément à la Charte de l’Onu, un ‘‘état souverain ne renonce pas à ces droits et ne reconnaît pas, en principe, un droit de sécession au profit de ses collectivités composantes’’. Nous sommes d’accord avec le professeur sur ce point! Et nous dirons que là où s’élaborent le droit et la reconnaissance des états dans leurs frontières internationalement reconnues, c’est aux Nations unies et non dans les assemblées et les juridictions nationales! Sinon, tout le monde pourrait dans cette logique absurde, dessiner le monde à sa convenance.

Nous nous bornerons à rappeler que les Comores sont, au même titre que la France, un Etat souverain reconnu par la communauté internationale comme étant le 141ème membre de l’Onu, composé de quatre îles : Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande Comore. La France qui dispose pourtant du droit de veto, ne s’est nullement opposée à cela. La charte des Nations unies, donne à chaque Etat les mêmes droits et les mêmes prérogatives et à l’assemblée générale, un pays égal une voix.

Prusse, Allemagne nazie, frontières ‘‘internationalement reconnues’’

Dans cette même logique, l’histoire de France nous a appris effectivement qu’un pays souverain, fut-il faible à un moment de son histoire, ne renonce pas pour autant à une portion de son territoire : celle concernant l’annexion, par la Prusse, de l’Alsace et de la Lorraine, et celle de l’occupation d’une partie importante du territoire français pendant la deuxième guerre mondiale par l’Allemagne nazie, lorsque la France n’était pas en capacité militairement de défendre son territoire, en sont une parfaite illustration.

La Prusse comme l’Allemagne nazie auraient pu organiser toute sorte de consultations sur ces territoires et les gagner puisqu’elles disposaient de la supériorité de la force, étaient seules juges et parties. Les instruments juridiques n’existant pas à l’époque, c’est par des jeux d’alliance que les conflits s’internationalisaient ; aucun français digne de ce nom n’aurait reconnu pour autant la validité de la force et du fait accompli qui en découleraient.

Nous prendrons donc acte que notre professeur affirme que le cas de l’île comorienne de Mayotte ‘‘n’est pas seulement une question de statut interne et de pur droit public français’’. Effectivement, il s’agit aussi d’un cas de casus belli, qui peut faire école au niveau international, car d’autres territoires sont contestés, et qui met en échec les principes de décolonisation et la paix mondiale.
Nous dirons aussi qu’en la matière, le droit international a été dit par les multiples résolutions de l’Onu et que la France s’obstine à refuser leur mise en œuvre. Elle se pose pourtant, cyniquement, en grande donneuse de leçon en matière de respect des frontières internationales des Etats!
Le président français s’était fortement investi pour la résolution du conflit ayant opposé la Russie à la Géorgie sur l’Ossétie et l’Abkhazie, afin de faire respecter le droit international. La contradiction française revient à ceci : Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères de Géorgie, M. Gregori Vachadze, M. Bernard Kouchner écrit : ‘‘Vous connaissez l’attachement de la France, comme celui de l’Union européenne, à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie, dans ses frontières internationalement reconnues. Le peuple géorgien peut compter sur l’engagement résolu de la France pour obtenir un règlement pacifique et négocié des conflits géorgiens’’. Pourquoi ces principes essentiels ne sont-ils pas respectés aux Comores?

Désorganisation politique de la planète

Les consultations de 1976 et 2000 ont été organisées illégalement, par l’Etat français, sur un territoire où son autorité n’était plus reconnue. La Communauté internationale les tient d’ailleurs pour nulles et non avenues et l’a exprimé, sans aucune ambiguïté, dans la résolution 31/4 du 21 octobre 1976, par laquelle l’Organisation des Nations Unies rejette :
- toute forme de référendums ou consultations qui pourraient être organisés ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France ;
- toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte ;
- et considère que «la présence de la France à Mayotte constitue une violation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République indépendante des Comores».
(..)
Le professeur Oraison évoque un droit légitime des Maorais à vivre ‘‘librement’’… à l’instar de beaucoup de peuples qui ‘‘le font savoir par tous les moyens possibles’’.
Fichtre ! La liberté ne serait-elle possible que sous le drapeau français? C’est oublier que les Comores sont aujourd’hui un Etat démocratique ou les citoyens élisent leur président, leurs députés, et même les exécutifs décentralisés. En adoptant ainsi le discours du Mouvement maorais Mdm, c’est oublier aussi que la Constitution comorienne prévoit une large autonomie des îles qui laisse toute latitude à l’exécutif maorais pour définir son mode d’administration.
De la même façon est relevé dans son article ‘‘le droit inaliénable de 200 000 Maorais de rester français’’. Voici que soudain, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est devenu le ‘‘droit de rester français’’! Faut-il souligner que le fait d’être français n’est qu’un état de la personne et en aucun cas un gage d’autonomie … et de libre disposition de soi-même. Ce juriste confondrait-il le droit des peuples aux droits des personnes?

L’article 11 de la Constitution française énumère les cas de recours au referendum et l’article 88.5 élargit ceux-ci à l’intégration dans l’Union européenne de nouveaux Etats. Il est paradoxal que le peuple français puisse décider si la Turquie pourra intégrer l’Union européenne et qu’il ne soit pas en mesure de décider si un territoire qui est contesté à la France par la Communauté internationale et le droit international, doive être intégré à la République!

La réalité, c’est que cela exigerait que l’Etat français joue la transparence et laisse le débat public s’imposer alors que celui-ci s’est cantonné entre pouvoir et réseaux de la Françafrique. Cela risquerait d’attirer l’attention des pays européens qui ont tous réaffirmé la souveraineté de l’Etat comorien sur l’île de Mayotte, en votant les résolutions de l’Onu y relatives, mais que la France veut rendre complices de son imposture. Il ne fait aucun doute pour personne que les motivations maoraises sont uniquement liées au sous-développement de l’île et aux aspirations à bénéficier des avantages sociaux en vigueur en France. L’importante émigration maoraise à La Réunion et à Marseille en est l’illustration. Elle consiste le plus souvent à aller cueillir ces minimas sociaux et n’a rien à voir avec une volonté d’adhésion aux valeurs républicaines françaises ou à un quelconque attachement des Maorais à la France.
(...)
Depuis l’instauration du Visa Balladur (illégal en droit international) en 1995, entre 6000 et 10000 femmes, enfants et jeunes, ont péri dans ce bras de mer que jadis, les Comoriens franchissaient sans encombres depuis des lustres. C’est devenu le plus grand cimetière marin du monde, pendant que des sommes considérables sont investies dans des procédures de reconduite à la frontière avec des méthodes qui, rendues publiques, ont soulevé l’indignation des opinions et même de la Commission européenne qui a rappelé à l’ordre le gouvernement français.

Oui, nous disons que le droit international est en notre faveur ;
Oui, nous disons que le monde s’est doté d’instruments de paix et que nous continuerons à dénoncer les manquements de la France aux principes universels ;
Oui, nous disons qu’aucun pays ne peut l’ignorer sous peine de contribuer à la désorganisation politique de la planète. Jamais nous ne renoncerons à Mayotte, Jamais.

Le professeur Oraison serait-il en ‘‘service commandé’’? Mais voilà que soudain, le professeur Oraison, dans son argumentation, quitte son pré carré juridique pour revêtir l’habit du moraliste politique, et du politologue averti!
Quel vilain pays que ces Comores qui ont donné une si mauvaise image de marque depuis 1976? Pays incapable de se réformer, pays qui encouragerait ou laisserait se développer une émigration de plus en plus importante vers l’île de Mayotte!

Disons de suite que les gouvernements comoriens ne sauraient interdire ou réglementer l’émigration vers Mayotte, sans se mettre en contradiction avec le principe affirmé dans toutes les lois fondamentales comoriennes, selon lequel La République des Comores est un Etat constitué de ses quatre îles, dont Mayotte. Comment dès lors exclure cette quatrième île du territoire à l’intérieur duquel la circulation des biens et personnes est réputée libre? Ce serait reconnaître au niveau international que Mayotte est juridiquement sortie de l’ensemble comorien. (...)

‘‘Déstabilisation’’ de la société traditionnelle ou tentative de formatage?

Après l’indépendance comorienne, l’instauration des divers régimes a eu lieu sur intervention directe des services spéciaux français, ce que personne ne niera. Qu’il s’agisse du coup d’état d’Ali Soilih, de son renversement et assassinat par le mercenaire français Bob Denard, de l’instauration d’un régime de ces mêmes mercenaires français, avec la complicité des autorités françaises, qui lui a permis de contourner l’embargo vers l’Afrique du Sud, de la rédaction de la Constitution de l’époque rédigée par des experts français, de la déportation par la France du premier président Comorien élu démocratiquement Saïd Mohamed Djohar, après qu’il ait été renversé par le même mercenaire français Bob Denard en service commandé.

Et donc maintenant, la France serait en droit d’exiger, pour les Comores, une mise aux normes politiques avant de consentir à discuter du cas Maorais! Puisqu’on parle d’image de marque, la question se pose de savoir laquelle a le plus souffert : celle d’un jeune Etat soumis aux vicissitudes des menées de la Françafrique, ou celle d’un grand Etat qui méprise les aspirations à la démocratie de peuples qu’il a asservi pendant plusieurs siècles?

Pitoyable, donc l’image de marque d’un des pays les plus pauvres de la planète! La pauvreté serait donc une honte, mais que dire de l’état de l’île comorienne de Mayotte, pourtant administrée et soutenue par une des cinq plus grandes puissances économiques du monde, depuis 1841! Ce serait donc la faute aux Comoriens qui déstabilisent l’île? C’est oublier que dans les autres Dom, existe aussi un état endémique de chômage, que les retards socio-économiques sont également criants, et force est de reconnaître que ce n’est pas la faute aux Comoriens!

A propos de coopération franco-comorienne

Pire, l’afflux des ‘‘clandestins comoriens’’ serait en passe de déstabiliser la ‘‘société traditionnelle maoraise’’. Comment les traditions Maoraises pourraient-elles être déstabilisées par des groupes qui respectent les mêmes valeurs religieuses, coutumières et matrilinéaires? N’est ce pas plutôt la tentative de formater la société maoraise selon les normes occidentales qui serait le plus à même d’amener cette déstabilisation? N’est ce pas plutôt la désignation de boucs émissaires en la personne de gens tout à fait semblables, les fables de différences ethniques ou linguistiques qui concourent à cette déstabilisation?
Disons à monsieur Oraison qu’on peut réformer des systèmes politiques, économiques, mais qu’on ne réforme pas si facilement des sociétés. Celles-ci muent dans un long processus d’adaptation, même si on essaie quelquefois de tordre les esprits. Que personne, et surtout pas le professeur Oraison ne fasse l’erreur de croire que les Comoriens exigent que Mayotte rentre sans condition dans le giron comorien. La revendication du moment est celle de non mise en œuvre du referendum de départementalisation, et l’ouverture de négociations sous l’égide internationale. Le préalable d’un développement probable de l’économie comorienne avant celles-ci est une argutie politique, surtout en période de crise. Les Comores ne seraient pas le seul pays à connaître sur leur territoire des disparités économiques. C’est aussi méconnaître les effets de la synergie qui résulteraient d’une libre circulation des biens et des personnes entre les îles, lesquelles contribueraient à diffuser les facteurs de croissance sur les quatre îles.

Un mot sur la coopération franco-comorienne! Il est essentiel de constater que celle-ci ne s’est jamais exercée loyalement. La plupart du temps, elle se résume à un échange monétaire ou d’assistance contre l’abandon ou la mise en sommeil des revendications comoriennes sur Mayotte. Les pouvoirs comoriens obtenant des soutiens à leur régime contre leur silence sur la question maoraise, et quelques accords spécifiques marginaux. L’exemple le plus édifiant étant le silence comorien à l’assemblée générale des Nations unies dès l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République française en 1995, la dernière résolution, condamnant la France, datant de 1994. L’ère Chirac s’est illustrée d’ailleurs par la période la plus cynique des relations franco-comorienne, puisqu’elle vit la déportation du président Saïd Mohamed Djohar à la Réunion par des éléments de l’armée française, et l’obtention d’une signature du putschiste Azali, valant sursis à nos revendications en échange d’une reconnaissance de légitimité et de quelques accords de coopérations de dupe.

Aussi, l’appel du professeur Oraison à une coopération active, s’il est légitime, devrait aussi se pencher sur la nature de celle-ci et constater qu’elle n’est qu’un outil supplémentaire au service du bras armé du colonialisme. Les intérêts à la coopération de la partie française sont infiniment plus égoïstes et politiques que ceux de la partie comorienne, d’autant plus que celle-ci vient, grâce à l’instauration du ‘‘Groupe de travail de haut niveau’’ (Gthn), de placer les dispositifs sous le contrôle des exécutifs maorais, ce qui est une perversion. (...)
Notre professeur tend en tout point à désigner un Etat coupable et responsable de ses malheurs, qui serait les Comores et qui n’aurait d’autres opportunités et solutions que d’aménager son sort avec le premier responsable de ses misères. Nous n’avons pas évoqué le rôle joué par la France et des officines maoraises dans les dernières tentatives de sécession dont les Comores ont été victimes.

Chers experts, Jamais nous ne renoncerons à l’île comorienne de Mayotte!

On peut imaginer toutes les formes et les procédures possibles qui pourraient conduire à échéance plus ou moins lointaine au retour de l’île comorienne de Mayotte dans son espace politique et géographique naturel, mais tant qu’on n’aura pas posé comme préalable la loyauté des parties, la question restera conflictuelle et dangereuse pour la paix dans la région et partant dans le monde. C’est un aspect de la question que n’a pas abordé notre juriste. Le principal regret à sa lecture, c’est de voir un expert se mettre au service de l’idéologie de la loi du plus fort. Cela, c’est un autre problème! Sans nous lancer dans une polémique malsaine, nous nous interrogeons sur les éventuelles officines au service desquelles, aurait pu se rapporter la publication de ces articles.

Il nous apparaît légitime que des voix citoyennes fassent enfin face aux experts, pour leur signifier que : Jamais nous ne renoncerons à l’île comorienne de Mayotte, Jamais! Nous appelons d’ailleurs nos compatriotes Maorais à dire Non au référendum organisé par la puissance occupante, le 29 mars 2009 !

22 Janvier 2009

[i]Pour la société civile de la diaspora comorienne
Le Collectif des associations et des amis des Comores (Caac)
Mail : caac.comores@gmail.com

Pour accéder aux articles du professeur Oraison, concernés par ce droit de réponse :
1.- Témoignages du samedi 27 décembre 2008 (page 10)
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=34248
2.- Témoignages du lundi 29 décembre 2008 (page 10)
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=34270
3.- Témoignages du mardi 13 janvier 2009 (page 9)
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=34542
4.- Témoignages du mercredi 14 janvier 2009 (page 9)
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=34549
5. http://amis.univ-reunion.fr/Conference/presentation/260/[/i]

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:46

MAYOTTE ? Parlons-en

 

Par Abdou Rahamane Ahmed, Président de l’association SOS DEMOCRATIE COMORES

Amir Said Jaffar

Jean Marc Turine, Ecrivain

Dernier livre TERRE NOIRE, Lettres des Comores, éditions Metropolis, Genève, 2008

 

Mayotte ou Maore est une petite île de 300 kilomètres carrés sur laquelle vivent officiellement un peu plus de 180000 personnes. Elle fait partie des quatre îles de l’archipel des Comores (avec la Grande Comore ou Ngazidja, Anjouan ou Ndzouani et Mohéli ou Mwali). Les quatre îles partagent une même langue, une même culture et une même religion, l’Islam. Anciennes colonies françaises dans l’Océan Indien, les Comores sont indépendantes depuis 1975. En 1974, la France a organisé sur l’ensemble de l’archipel un referendum lors duquel le peuple devait se prononcer pour son indépendance. À 93%, le oui l’emporta. Mais à Mayotte, le non fut majoritaire à 64 % suite aux menaces et tricheries des responsables du MPM (Mayotte la Française) et la France, reniant sa parole qui avait été de promettre le respect du vote populaire dans son ensemble, garda Mayotte parmi les Territoires français d’outre-mer. L’ONU n’a jamais accepté ce « rapt » ou cette partition de l’intégrité territoriale des Comores et l’Assemblée générale des Nations Unies a plusieurs fois condamné la présence française à Mayotte, quant à l’Union Africaine, elle considère le territoire comme occupé par une puissance étrangère. Cela fait donc plus de trente ans que la France viole le droit international et aujourd’hui le gouvernement français veut organiser un referendum sur la départementalisation de Mayotte, le 29 mars prochain. Le Secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Yves Jégo, a déclaré récemment « Mayotte est et restera française. »

 

En 1994, Edouard Balladur, alors Premier ministre, a imposé un visa pour les Comoriens des autres îles désireux de se rendre à Mayotte, c’est-à-dire chez eux. Ce visa de la honte, criminel aux yeux de très nombreux Comoriens, a provoqué la mort d’au moins six mille personnes en mer. Quand le monde dit libre applaudissait à la chute du Mur de Berlin, la France en a créé un d’un autre type en instaurant ce visa qui rend tout Comorien étranger dans son propre pays. Au fil des années, la situation s’est empirée, des dizaines de milliers de « clandestins » (surtout Anjouanais) vivent à Mayotte, arrivés en kwassa-kwassa (petites embarcations motorisées) et lorsque le Ministre français de l’immigration et de l’identité nationale parle d’immigration clandestine à Mayotte, il désigne bien sûr les Comoriens qui tous y ont de la famille.

 

La France n’est pas coupable de déplacer des populations, elle est coupable d’empêcher des populations de circuler librement sur leur territoire selon le droit international.

 

La France ne peut pas réclamer le respect des droits de l’homme au Tibet et occuper une partie d‘un état indépendant représenté à l’ONU. La France ne peut pas s’opposer à la partition de la Géorgie et refuser aux Comores ce que leurs gouvernements réclament avec entêtement, la fin de la main mise française sur Mayotte. La France ne peut pas brandir les droits de l’homme pour favoriser une plus grande harmonie entre les peuples et les Etats (prière vide de sens à force d’être ressassée) et les piétiner en soumettant le peuple comorien, impuissant, à sa brutalité de « grande » puissance.

 

Lorsque le gouvernement français se félicite des 29000 reconduites à la frontière pour l’année 2008, il faut préciser que plus de 10000 Comoriens considérés comme« clandestins » à Mayotte sont touchés. Aujourd’hui, les « illégaux » ou les « clandestins » à Mayotte constituent un tiers de la population et 70% des accouchements sont le fait de femmes en situation irrégulière.

 

La départementalisation de Mayotte constituerait une faute politique grave puisqu’elle manifesterait sans ambiguïté la volonté de la France de se placer au-dessus du droit international qu’elle tente de faire appliquer par ailleurs en d’autres régions du monde.

La départementalisation de Mayotte provoquerait en outre une humiliation collective durable ressentie au sein de la population des Comores.

 

Le gouvernement des Comores refuse catégoriquement la décision française, mais que peut-il entreprendre de façon concrète face à la « force de frappe » dont dispose la France au Conseil de sécurité : un droit de veto. Par une déclaration des chefs d’Etat et de gouvernement, en ce début de février, l’Union Africaine soutient le gouvernement comorien en précisant qu’avec le referendum du 22 décembre 1974 « le peuple comorien a exprimé sa volonté d’accéder à l’indépendance dans l’unité politique et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores. » À Mayotte des hommes et des femmes rejettent le projet français, aux Comores des manifestations ont lieu et en France, la diaspora comorienne (250000  personnes) tente de se faire entendre par l’intermédiaire de plusieurs collectifs pour dire non au geste insensé que le gouvernement français s’apprête à commettre. Lorsque ces voix, si faibles seront-t-elles, nous parviendront, prêtons-leur l’attention qu’elles méritent. Au nom de la justice et de la liberté des peuples à disposer de leur destin. Au nom du droit international, tout simplement.

 

  
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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 22:07

Nous vous proposons ci-dessous un article de Darkaoui Allaoui, blogueur et intellectuel mahorais dans lequel il explique les raisons pour lesquelles il appelle les mahorais à voter blanc le 29 mars 2009. Cet article est  publié sur son blog : http://alldark.over-blog.com/ 


Trois raisons pour le Vote blanc


Un homme politique doit être sincère


P

oint de fatalité de la sujétion . Jeunesse ! Jeunesse ! Jeunesse ! Appropriez-vous votre avenir au sein de la République. Point de crainte non fondée. Personne ne peut se substituer à vous pour faire le choix de votre avenir institutionnel. Je vous le dis, personne ! Les actions des autorités comoriennes  répondent à des convenances diplomatiques  des deux pays.  Elles ne doivent en rien être source de précipitation dans votre choix. Ce dernier  sera exempt de remords, s’il vous est suffisamment éclairé. Jeunesse, faites votre choix,  mais un choix éclairé. Il n’y a consentement éclairé que si tout est mis en œuvre pour rendre le choix libre. Or, aujourd’hui, le politique n’œuvre en rien pour vous offrir une telle liberté. Je soutiens et crois fort qu’un politique doit être sincère. Ce qui ne semble pas être l’apanage de beaucoup de nos acteurs politiques à Mayotte,  s’impose à eux, aujourd’hui,  plus que jamais, car nous engageons notre responsabilité aujourd’hui, pour l’Avenir de nos enfants chez eux à Mayotte.  Beaucoup d’élus mahorais ne semblent pas avoir pris la mesure de la responsabilité qui leur incombe en occultant consciemment ou inconsciemment le contenu de ce qui est convenu d’appeler le Pacte  pour la départementalisation de Mayotte.

Un  "oui" à forte connotation carriériste


L’unité des acteurs politiques mahorais de tout bord − MDM force d’alternance à part−  a bien quelque chose d’impensable, il y a encore quelques mois ! Socialistes, UMP, MDM, … dans une cette coalition aussi  acrobatique qu’incohérente, soulève quelques questions :

1/ le "oui" est-il sérieusement  menacé ?                  


Ce n’est pas ce qui apparaît au vue de ce qui est mis en œuvre, puisque le Préfet Denis Robin ;  sur une interview  récente sur RFO, de façon assez subliminale ;  a laissé entendre le contraire.


2/ le "oui " étant alors acquis, que peut cacher une telle coalition ?


A l’instar du MDM force d’alternance, pourquoi les partis politiques du pays ne se sont pas engagés individuellement dans  la campagne pour le « oui ». La raison est bien simple. C’est de pacte en accord secret qu’il faut comprendre cette unité de façade. Cinq sièges  font l’objet de convoitises : deux au palais Bourbon (sénat), un à l’Hôtel Banana (présidence du conseil général et régional bientôt) et très probablement deux à l’assemblée nationale. A l’évidence, tout acteur politique qui se hasarderait  à émettre la moindre critique s’éliminerait de lui-même de la course à l’un  de ses sièges ; mais encore mieux, il y a fort à parier que certains accords secrets, entre ces divers acteurs de partis politiques régissent le partage des sièges. L’opportunisme a ceci de cynique : le court terme enferme le long terme. Un tel accord, est loin de faire l’affaire du MDM force d’alternance détenteur du seul siège à l’assemblé nationale (…).

Ce "va-t-en oui", de nature politicienne, est purement et simplement carriériste.


Pourtant, le pacte est tout sauf un projet d’avenir serein pour le mahorais de basse ou moyenne catégorie. Il a du bon et surtout beaucoup de moins bon. Personne ne peut prétendre − avec le discernement sérieux – que la consolidation d’une union ancienne, justifie autant de sacrifices unilatéraux. Le mahorais se départementaliserait  plus par les devoirs et contraintes que par les droits, notamment les droits sociaux. Les effets bénéfiques recherchés dans ce processus de la départementalisation, telles que la préservation de la structure familiale mahoraise et la préservation de la culture mahoraise, ne verront pas le jour de si bonne heure. Plus que jamais, le mahorais sera contraint, d’une part , de partir à la pêche des avantages sociaux (qui ne seront effectifs à Mayotte que dans environ 25 ans !), et,  d’autre part, de fuir les charges nouvelles qui vont peser sur lui. Un tel procédé garantira de fait, l’émoussement progressif des us et coutumes, ainsi que la culture mahoraise.


J’accuse


J’accuse, pour l’ensemble de ces raisons, les principaux acteurs politiques à Mayotte, d’adopter une posture malsaine pour des intérêts purement individuels ;

J’accuse, les principaux acteurs politiques à Mayotte de vouloir volontairement faire porter une charge lourde pour les prochaines générations devant une départementalisation mal préparée et acquise à la hâte ;


J’accuse, les principaux acteurs politiques à Mayotte de confondre volontairement  solidarité nationale avec la solidarité familiale, et de faire porter une charge de plomb aux générations proches, en leur demandant de commencer le financement des avantages sociaux de demain, aujourd’hui.


Pour ces trois raisons, le 29 mars 2009, j’appelle mes concitoyens à opter pour le vote blanc.

                                                                                   Darkaoui le 30/01/2009 
                                                                                    Source : http://alldark.over-blog.com/

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