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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 20:09
Vous trouverez ci-dessous un article très intéréssant de Mohamed Chaher Said Massonde sur l'actualité institutionnelle des Comores. Il est toujours agréable de lire des articles argumentés. Nous espérons vivement que les réactions des uns et des autres se fonderont aussi sur des arguments solides. A noter que c'est nous qui avons surligné certains passages qui nous conviennent parfaitement.
Bonne lecture.

Halidi allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


RECONCILIONS LES COMORIENS AVEC L’INTEGRITE ET L’UNITE DE LEUR PAYS

Par Mohamed Chaher Saïd Massonde, ancien Ministre.
Février 2010


Dans quelques jours, le Congrès devra fixer le calendrier des prochains scrutins du président de l’Union et des Gouverneurs des îles. En approuvant par référendum la reforme constitutionnelle qui leur a été soumise à ce sujet notamment, les électeurs ont avalisé à la fois le principe de l’harmonisation proposé par le chef de l’Etat de même que la procédure qui attribue au Congrès, instance prévue à cet effet par la Constitution, la prérogative de déterminer les modalités de cette réforme. La perspective de la convocation de ce Congrès a cependant déclenché une polémique qui mérite que l’on s’y attarde en raison des motivations qui animent les responsables de cette fronde. Qu’une partie de la classe politique comorienne suspecte le président de l’Union de vouloir profiter de la mise en place de cette réforme pour se maintenir au pouvoir à quelques mois de la fin de mandat qui s’achève en mai 2010, est de bonne guerre. Mais ces acteurs politiques ne font pas preuve de mâturié politique lorsque, pour cette unique raison, ils brandissent la menace de bloquer un processus qui s’inscrit dans le droit fil de l’esprit de la réconciliation en œuvre depuis le déclenchement de la crise séparatiste. Ce processus doit plutôt être placé au-delà des clivages partisans.

C’est pour cette noble raison que j’ai choisi de briser le silence et d’interpeller les hommes et les femmes qui ont le souci d’éviter aux Comores le spectre d’une nouvelle instabilité, à refuser l’instrumentalisation de ce débat autant par ceux dont la seule ambition est de (re)conquérir le pouvoir que par ceux qui ne pensent qu’à s’y maintenir. Faut-il démontrer qu’après la neutralisation du séparatisme, l’instauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire de l’Union, l’harmonisation des élections dont le nombre et le rythme imposés par les circonstances de l’époque participent à affaiblir le fonctionnement de l’Etat et à asphyxier son économie, constitue la troisième étape d’un processus dont la finalité demeure la reconstruction nationale qui doit être effective à la fin de la tournante mohélienne ?

Au vu de ces considérations, a-t-on le droit de manquer une telle opportunité au nom de calculs politiciens ou d’intérêts personnels ? N’est-ce pas le moment de renforcer nos institutions, d’inscrire notre Constitution sur le marbre des enseignements tirés de l’histoire et de la pratique, pour que la prochaine tournante, la dernière de la série ( à moins que Mayotte accepte de prendre le relais) , permette aux Comoriens de jeter les bases réelles de l’intégrité et de l’unité de leur pays, d’asseoir les fondements d’une vraie démocratie, celle qui ne s’arrête pas aux frontières insulaires, mais qui donne naissance à des citoyens au service de leur Nation et capables de choisir les meilleurs d’entre eux pour leur confier le destin collectif.

Si c’est vraiment cela qui anime les acteurs politiques de notre pays, et c’est ce qui anime ma prise de position, décortiquons ensemble ce que dit la Constitution sur la fin des mandats des chefs des Exécutifs de l’Union et des îles. Elle stipule en son article 21: « A titre transitoire et en vue de l’harmonisation des élections des chefs des exécutifs des îles et de l’Union, les députés et les conseillers des îles réunis en congrès déterminent à la majorité absolue, la date des élections du président de l’Union et des Gouverneurs. »
Rappelons, en passant, que
l’article 23 de la même Constitution précise que « la présente loi entre en vigueur dès sa promulgation par le président de l’Union, dans les 7 jours suivant la proclamation des résultats du référendum par la Cour Constitutionnelle. »
Que comprendre dans ces énoncés ? Rien de plus clair sinon :
● Qu’il est souhaitable, économiquement et pour laisser le temps aux élus de gouverner, d’élire aux mêmes jours et le président de l’Union et les gouverneurs des îles, comme on vota et votera les députés et les conseillers. Au regard des résultats de la réforme constitutionnelle qui a porté sur ce sujet, la majorité des Comoriens s’est dite favorable à ce principe pour les raisons avancées !
● Qu’il revient au Congrès la prérogative de fixer les dates de ces élections, vu que les échéances des mandats des chefs actuels de ces Exécutifs arrivent à terme à des dates différentes (entre 2010 et 2013). L’harmonisation de ces élections n’est possible que par cette voie, puisque la Constitution n’a pas elle-même fixé cette « disposition transitoire ».

En conséquence, seuls sont conformes à la Constitution, l’acte qui convoque le Congrès et la décision que prendra celui-ci fixant les dates des élections. Que ceux qui prétendent le contraire, démontrent comment ils comptent procéder puisqu’ils affirment être eux aussi d’accord avec la nécessaire harmonisation des élections.

Une récente contribution d’un spécialiste du droit publiée dans les blogs, a nourri le débat d’une réflexion intéressante qui démontre que le report de l’élection du président de l’Union au-delà du terme de quatre ans ne serait pas conforme au texte de la Constitution. Selon cet expert, le respect de la Constitution suppose donc qu’on ramène plutôt la fin des mandats des gouverneurs au terme de celui du président de l’Union au nom de la règle qui stipule que « ce sont toujours les autorités inférieures qui se conforment aux autorités qui leur sont supérieures » et non l’inverse.

Voilà qui tomba bien pour alimenter d’un discours juridique les entêtés qui ne juraient que par leurs menaces de tout faire sauter si l’actuel chef de l’Etat dépassait d’une seconde le terme fixé. Mais quel homme politique, quel groupe de pression a eu le courage, au nom de cette même logique constitutionnelle, de demander, haut et fort, la fin des mandats des gouverneurs en 2010 ? Aucun, à notre connaissance !
Pour les raisons que j’ai avancées plus haut, je lance cet appel à la responsabilité et au nom de l’intérêt suprême, même si cette hypothèse paraît objectivement difficile à réaliser à quatre mois du terme du mandat présidentiel. A défaut, pourquoi alors ne pas saisir le Congrès de ce débat, pour exiger un calendrier raisonnable et acceptable par toutes les parties ?

Quant à la tournante, le président de l’Union n’a pas à ma connaissance, mis en cause le principe, bien que la décision que prendra le Congrès laisse la possibilité d’une prolongation de son mandat. L’argumentaire de l’expert en droit est contestable, qui accorde la primauté à la « règle fondamentale de la tournante issue d’un consensus national ». Rien ne peut en effet primer en démocratie, l’expression du peuple qui est souverain surtout quand il s’est prononcé directement par référendum.
Ayons le courage aujourd’hui de reconnaitre que l’Accord de Fomboni porte les germes du démantèlement de la Nation comorienne, en privilégiant les parties au tout, si bien que l’architecture inspirée (mais jamais mentionnée) par cet Accord s’avère dès lors non démocratique et dangereuse.

Non démocratique parce qu’elle empêche le peuple de choisir parmi tous les citoyens, le plus apte à conduire sa destinée à un moment donné. En démocratie en effet, on n’affecte pas un poste électif : on élit, on choisit, librement.
Dangereuse, parce qu’elle risque d’envoyer au deuxième tour, voire à la magistrature suprême du pays quelqu’un qui n’est pas forcément le meilleur dans le pays, mais simplement celui qui, par défaut comme en informatique, est le moins impopulaire, au mieux, le moins mauvais des 3 mauvais.

Dans un pays où la tradition électoraliste est de choisir sur des considérations familiales, claniques ou régionales, (mwana wahatru), le système de la Tournante ne fait que favoriser ce sectarisme. L’élection de 2006 l’a bien montré à Anjouan où chaque région a élu massivement « son enfant » et l’a propulsé au 2e tour, lorsque la Région a eu l’intelligence de réduire en son sein le nombre de candidats. Ce régionalisme exacerbé n’est pas ce dont a besoin notre pays, alors même que le combat pour l’intégrité de son territoire et l’unité de son peuple est loin d’être achevé.

En 1978, nous avons doté notre jeune Etat d’une Constitution plusieurs fois révisée par Congrès ou par voie référendaire. Jusqu’en 1989, j’ai eu personnellement, le privilège et la chance de prendre part à ces différents travaux d’élaboration et de modification. A chaque fois, l’esprit qui anima les acteurs politiques fut la sauvegarde de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale, mais aussi de l’autonomie des îles et de l’équilibre dans la répartition des pouvoirs. Ce dernier point ne figura jamais expressément sur les textes fondamentaux, mais son respect fut permanent dans l’esprit des décisions. Le résultat fut que, malgré les tentations, les velléités sécessionnistes ne trouvèrent jamais de soutien auprès des « populations » de nos 3 îles « libérées ». Ce fut là, la victoire de la philosophie UDZIMA.
Rendu nécessaire par les circonstances des négociations de l’époque, le principe de la Tournante tel qu’il est en oeuvre, ne renforce pas la Nation. La Tournante n’a pas non plus amélioré le quotidien des Comoriens, ni instauré la bonne gouvernance.
Il faut cependant aller jusqu’à son terme au nom du consensus et permettre à Mohéli de jouer sa partition. Nul n’a le droit de priver cette île de cette prérogative. Mais il ne faudrait pas non plus laisser la voie libre à ceux qui, au nom de la défense de cette tournante mohélienne, n’ont que l’unique dessein de reconquérir le pouvoir par tous les moyens et quel que soit l’état du pays.

Pour l’équité et la stabilité, la présidence mohélienne doit donc succéder à celle d’Anjouan et de la Grande Comore. Mais cette expérience n’attestera sa validité que si elle permet effectivement d’éteindre les torches du séparatisme et du chauvinisme, de renforcer l’unité des Comoriens et l’intégrité du pays et d’enraciner les vraies valeurs citoyennes et démocratiques.

C’est pourquoi, j’en appelle à la responsabilité de tous pour créer les conditions de la reconstruction nationale. Cela passe par l’élimination des obstacles à l’harmonisation des élections en conformité avec la Constitution, par la capacité des élus du peuple à assumer leur mission, par le bannissement des pratiques politiciennes qui ne font que réveiller les vieux démons du séparatisme et des coups d’état et qui mettent en péril le processus de renforcement des Institutions, divisent le pays et soumettent le peuple aux pires souffrances.

Pour l’avoir déjà dit en 2001 lors de la campagne pour le référendum constitutionnel, je maintiens aujourd’hui encore que nous avons suffisamment d’expérience pour tirer le meilleur et mettre fin à une architecture institutionnelle circonstancielle qui ne garantit pas l’Intégrité et l’Unité de notre pays, sans être pour autant, un gage de démocratie.
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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:22

Vous trouverez, chers visiteurs du blog, un point de vue intéréssant de Maître Fahmi Said Ibrahim sur la question de l'harmonisation des mandats aux Comores. Contrairement à d'autres personnes, il a le mérite de faire recours à un raisonnement juridique dans son opinion. Chose agréable !

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)  

Source :
Al-watwan N° 1506 du 17 février 2010

 

COMORES : DE L’HARMONISATION DES MANDATS

Opinion

Fahami-Said-Ibrahim2.jpgLe débat sur l’harmonisation des mandats des gouverneurs des Îles et celui du président de l’Union fait autant couler beaucoup d’encre qu’il laisse prospérer l’imposture. A la veille de la convocation du Congrès, auquel la loi référendaire du 17 mai 2009 donne compétence pour trancher la question, une certaine opposition mène campagne tambour battant, entre cymbales et sous-fifres – autant dire beaucoup de bruit pour étouffer les casseroles qu’elle traîne - , pour exploiter la crédulité des dupes.

De quoi cette campagne est-elle le nom? De la tentative de faire accroire que la réconciliation nationale est en train de voler en éclats parce que la tournante est bafouée ! Que la démocratie elle-même est en danger parce que le président Ahmed Abdallah Sambi a l’intention de s’éterniser au pouvoir !

Après avoir transformé blogs et autres sites de désinformation en déversoir d’insultes calomnieuses d’une violence inouïe – il y a chez certains comme un bonheur à être dépouillé de la pénible tâche de penser -, ces porte-parole autoproclamés de la cause du peuple ont battu pêle-mêle le rappel des grands principes : à leurs yeux, le Congrès n’est pas habilité à voter la loi constitutionnelle d’harmonisation des élections parce que d’une part, si d’aventure celle-ci impliquait une prorogation ne serait-ce que de quelques jours du mandat du président de l’Union, il reviendrait à porter atteinte au principe de non rétroactivité des lois ; et que, d’autre part, de toutes les façons les accords de réconciliation nationale dits de Fomboni du 17 février 2001 lui interdisent d’y toucher parce que, si tel était le cas, ce serait porter atteinte à la tournante !


A propos d’atteinte au principe de non rétroactivité


Vous avez dit atteinte au principe de non rétroactivité des lois? Relevons simplement que ce principe n’est invoqué qu’en ce qui concerne le mandat du président de l’Union, mais que ces scrupules à géométrie variable, faut-il le souligner, sont noyés dans un silence de plomb lorsqu’on évoque les mandats des gouverneurs !

Mais minute papillon, voyons ça de plus près. Ecartons d’emblée insultes et calomnies, pour ma part je ne peux m’abaisser à les répondre, c’est déjà une première différence, et tentons de dissiper le brouillard de l’indistinct. Le principe de non rétroactivité constitue certes un principe fondamental de droit commun, réglant la question du conflit de lois dans le temps et assurant la sécurité juridique ; il souffre cependant d’exceptions : en matière pénale par exemple, l’exception est la règle lorsqu’une loi plus douce vient à entrer en vigueur ; c’est la rétroactivité in mitius.


Plus généralement, la doctrine s’accorde à dire que le législateur peut adopter des lois rétroactives à condition que l’intérêt général le justifie. Il en est ainsi en matière de lois de validation ou de lois interprétatives. Reste que la controverse a trait non pas à une loi ordinaire mais à une loi constitutionnelle dont l’objet se trouve être l’harmonisation des mandats des principaux organes exécutifs, de telle sorte que le pays se relève du bourbier actuel que représentent ces perpétuelles et coûteuses élections !


Mais d’où vient que ces belles âmes en arrivent jusqu’à contester la légitimité du peuple souverain dans sa volonté exprimée d’améliorer le fonctionnement régulier de nos institutions?

Nous touchons là à la question fondamentale de la souveraineté. Outre que l’article 3 de la Constitution dispose : La souveraineté appartient au peuple qui l’exerce, dans chaque île et dans l’ensemble de l’Union, par ses représentants élus ou par la voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.


Une question fondamentale : la souveraineté


Cette règle sans équivoque affirme de manière explicite que la souveraineté nationale appartient au peuple. Aussi dans l’exercice de cette prérogative, le peuple souverain a chargé expressément ses élus réunis en congrès de traiter le problème de la disparité des mandats lors du référendum du 17mai 2009 ! N’en déplaise à ceux qui veulent s’en attribuer abusivement et malicieusement l’exercice. Il se présente, certes, une difficulté évidente dans le choix du calendrier à arrêter : à quelle date faudra-t-il en effet regrouper ces élections générales?


La solution viendra sans doute de la mise en pratique de la théorie de l’interprétation réaliste du droit. Elle considère en effet que face à des contraintes juridiques qui se présentent concomitamment, exemple d’un principe général du droit dont la mise en pratique risque de compromettre un autre principe d’égale importance - songez que dans notre cas les mandats des gouverneurs eux-mêmes ne prennent pas fin la même année -, le choix d’une décision mette en balance plusieurs éléments, l’intérêt général ou le coût financier par exemple, de sorte que l’on puisse raisonnablement anticiper sur le bilan et en prenant garde que les conséquences ne soient pas disproportionnées à l’objectif poursuivi. En réalité, cette réflexion là n’intéresse pas messires les censeurs. Ils feignent même d’oublier que le principe de l’effet utile qui en découle a été récemment appliqué à certains actes maintenus à juste titre malgré qu’ils aient été pris sur le fondement d’une ordonnance par la suite partiellement censurée par la Cour constitutionnelle !


Apporter des clarifications dans ce qui était alors la jungle


Mais comment le serait-il autrement quand on sait qu’ils ont déserté le terrain des propositions lors du débat sur la réforme constitutionnelle, réforme qui, faut-il le rappeler, a eu au moins le mérite d’apporter des clarifications dans ce qui était alors la jungle des compétences partagées, et que ces soi-disant non démagogues, après n’avoir pas eu non plus le courage de solliciter le suffrage du peuple lors des dernières législatives, donc acquérir une légitimité certaine, labourent aujourd’hui le champ qu’ils maîtrisent le mieux, c’est-à-dire la démagogie ? On ne s’en laissera d’autant moins conter que nous autres, autre différence, sommes très à l’aise sur ces sujets : souvenez-vous en, nous avons été un certain nombre, vous les compterez sur les doigts d’une seule main, à avoir combattu le projet de Constitution soumis à référendum le 23 décembre 2001. Il nous avait semblé à l’époque que tel quel, non seulement ce projet était d’une risible ou pathétique complexité – c’est selon -, mais qu’il portait déjà en lui les germes des discordes futures ; et, plus grave, en diluant par trop l’unité nationale dans une espèce de machin à satisfaire les ambitions médiocres des uns et des autres sous couvert d’autonomie des îles, le remède proposé s’avérerait pire que le mal. Que disait à l’époque une certaine opposition? Que peu importait le texte proposé par Assoumani Azali, l’essentiel n’était pas là et que nous autres n’y entendions strictement rien ! L’essentiel était donc ailleurs. L’essentiel était de faire déguerpir au premier tocsin le colonel putschiste Azali grâce à la nouvelle et implacable mécanique que ce texte allait instituer, et qu’on verrait la suite après ! La suite, on la connaît. Les intérêts supérieurs de la nation ont été sacrifiés sur l’autel des petits calculs partisans.


A propos d’accord de Fomboni


Aujourd’hui, c’est la même personnalisation du débat et la même combinazzione qui sont à l’œuvre, sauf que dans ces nouvelles noces entre carpe et lapin, ambitions claudicantes cherchant à s’appuyer sur le bras (déjà armé?) du coup d’Etat permanent, ce sont les accords de Fomboni qu’on utilise comme d’un faux nez, leur donnant une place dans notre hiérarchie des normes - le sommet de la pyramide disent-ils - qu’ils n’ont pas, et occultant le fait que même s’ils ont eu la vertu d’initier une dynamique de réconciliation, c’est bien la détermination du président Ahmed Abdallah Sambi et l’intervention militaire qui rendirent effective la présence de l’Etat à Anjouan.

 
Mais à propos de l’accord de Fomboni, quelle place occupe t-il au juste dans la hiérarchie des normes ? Est-il inférieur ou supérieur à la constitution ? Il eut peut être fallu le qualifier de traité de Fomboni si à leurs yeux l’accord de Fomboni prime sur la constitution de l’Union adoptée par le peuple.


La tournante serait-elle donc en danger ? Soyons sérieux ! Qui peut réellement croire que le Congrès a un quelconque intérêt à toucher au cycle des primaires ouvert par les élections présidentielles de 2002 avant que l’île de Mohéli ne le ferme ? La mission assignée par le peuple au Congrès est claire : concilier cette tournante avec la nécessaire harmonisation des mandats des uns et des autres.


Le paradoxe de cette histoire est que ce soit l’île à laquelle échoient les prochaines primaires et dont la mandature bénéficiera à la fois de la dernière loi référendaire et de l’apaisement des rapports entre les différents exécutifs, qui fasse l’objet de toute cette mystification politicienne.


L’autre paradoxe est que ceux qui par le passé ont eu à faire les frais de cette même politique du pire n’ont pas tiré les leçons ; mais peut-être qu’entre carpe et lapin festoyant, l’un veut faire de son nouveau compère le lièvre ! Doit-on pour autant dire que tout est bien dans le meilleur des mondes ? Assurément non et la critique objective de l’opposition sur la gestion du pouvoir par la majorité participe du jeu démocratique. Mais là où elle est moins légitime, c’est lorsque d’aucuns privilégient la pose politicienne et la personnalisation des enjeux au détriment des intérêts supérieurs de la nation.


Le Parti de l’Entente Comorienne, alliant une éthique de conviction avec, aujourd’hui dans la majorité présidentielle, une éthique de responsabilité, entend prendre toute sa part dans la volonté de redressement national conduite par le président Ahmed Abdallah Sambi. Mais libre et fidèle à ses principes, il y participera avec d’autant plus de loyauté qu’il exigera que la gouvernance de l’Etat soit la plus exemplaire.


Fahmi SAÏD IBRAHIM,
Avocat et Député à l’Assemblée de l’Union

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 22:36

Depuis quelques semaines aux Comores, on parle de la prochaine privatisation de Comores Télécom "un des des plus beaux fleurons des entreprises publiques comoriennes".

Quel gachis ! quelle connerie !  Encore et encore. A quand alors la "privatisation pure et simple du pays" ?  Franchement, quand est ce que nous comprendrons que nous ne devrons plus continuer à suivre à l'aveuglette ce que "ces machins internationaux" nous dictent ?

Vous trouverez ci-dessous, cher visiteur du blog, le point de vue de mon ami Chaher Chaharane sur ce projet triste et ridicule de privatisation de Comores Telecom que je partage sans reserves.

Que mon ami chaher m'autorise à m'approprier  purement et simplement son texte !

Bonne lecture.

Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES

L’ouverture du capital de Comores Télécom annonce-t-elle le parachèvement  de la privatisation de la maison Comores ?

 

 Le processus engagé depuis la fin des années 80 avec la privatisation progressive et insidieuse de l’école, de la santé, du social et le désengagement total de l’Etat de l’investissement public marquera-t-il avec cette opération un point de non retour? En effet,  je crois que céder l’un des plus beaux fleurons des entreprises publiques comoriennes, que des managers responsables et compétents pourraient aisément garantir une rentabilité  et une viabilité à long terme,   et en faire une source de financement sûre et pérenne pour le  budget de l’Etat, ne ferait qu’accréditer l’idée répandue dans l’opinion publique comorienne et  dans les institutions financières internationales que  les comoriens sont des incompétents et ouvrirait certainement le bal à la liquidation du patrimoine nationale (hydrocarbures, Aéroport, Ports ….) au profit de marchands étrangers sans scrupules.

 

Comores Télécom constitue incontestablement un outil formidable à la disposition de nos gouvernants dans leur stratégie de développement de la cohésion nationale et d’aménagement du territoire. Elle reste aujourd’hui l’une des seules entreprises publiques,  reconnue, en bien ou en mal, sur toute l’étendue du territoire national, et  pourvoyeuse de fonds pour les caisses de l’Etat, ce en dépit des contraintes politiques, des problèmes de management et  de gouvernance récurrents. En bien, parce qu’elle permet de rapprocher, sur l’ensemble du territoire national, les citoyens à travers le téléphone fixe et le téléphone mobile, et en mal, à cause de ses tarifs prohibitifs. Mais ces tarifs si prohibitifs soient-ils, les revenus qui en découlent restent aujourd’hui au pays et ne partent pas enrichir davantage  les multinationales étrangères. D’aucuns diront que le peuple comorien n’en profite  pas, mais on revient là au débat fondamental et  récurent de la gestion de la chose publique par ceux qui  en ont la charge…

 

J’ai cru comprendre que  les liaisons inter-îles et internationales, par câble sous-marin,  prévues pour être opérationnelles à partir de mi-2010, et pour lesquelles l’Etat s’est endetté à hauteur de plusieurs milliards de FC auprès de la Chine, devraient sensiblement modifier la structure de coûts et l’économie générale des télécommunications aux Comores, et autoriser une tarification proche de ce qui se pratique dans d’autres pays. Or c’est précisément ce moment là que nos dirigeants ont choisi pour  brandir le spectre de la privatisation ! Alors qu’on aurait pu plutôt  penser que la relative bonne santé de cette entreprise et son formidable développement durant ces dix dernières leur donneraient des arguments suffisamment  solides pour renvoyer  les funambules de la Banque mondiale dans leurs buildings dorés  de Washington cuver les bons plats de crustacés et le trewbo ingurgités sous nos cocotiers.  Ou peut-être que l’argument massue des recommandations de la Banque mondiale n’est-il qu’un leurre qu’ils ont trouvé pour des buts moins inavouables ?  Nous préparent-ils alors  d’autres fiascos  du type Air Comores/Ashley, EEDC/Lyonnaise des eaux, Galawa Beach/Dubai World ?

 Dans cette période charnière du développement des télécommunications dans le pays, le bon sens ne serait-il pas d’imaginer des montages innovants permettant de s’associer l’expertise technique de partenaires mondialement reconnus pour nous aider à  développer et  consolider les compétences nationales en vue de  rentabiliser les lourds investissements engagés, au lieu de brader le patrimoine national à des capitalistes étrangers, obnubilés par le seul  profit court terme. Car ne nous voilons pas la face,  ce ne seront pas eux qui  vont payer les milliards de dettes contractées pour financer ces investissements mais bel et bien le contribuable comorien

 

Mais dans un pays où les seules valeurs qui comptent se résument à l’argent-roi, aux 4x4 flambants neufs, aux exhibitions à « Disneyland Beach Itsandra », où les convictions, la solidarité, le sens de l’intérêt général et du collectif s’érodent, où des gens sans le sou sont idolâtrés du jour au lendemain, parce que par la ruse, le népotisme, la corruption, la magouille ou la tromperie, ils accèdent à des charges publiques leur permettant de puiser impunément dans les caisses de l’Etat, où tout le monde, des ainés aux  jeunes en passant les élites,  se vend au plus offrant  pour pouvoir  tout simplement survivre, où les plus faibles meurent de faim ou de maladies bénignes à l’entrée de nos hôpitaux faute de soins , rien n’est impossible. 

Car qui d’autre peut croire aux potions magiques de ces  partisans de la terre brûlée des temps modernes, de ces fanatiques de l’ultralibéralisme,  à part  ceux qui y trouvent là le moyen inespéré de continuer à  tromper et duper le peuple. Le Professeur Joseph E. Stiglitz, ancien Economiste en chef et Vice-président de la Banque mondiale, ancien Conseiller économique de Clinton et Prix Nobel d’économie, n’a-t-il pas dénoncé avec vigueur dans « La grande désillusion », Ed. Fayard 2003, le caractère inopérant et surtout néfaste de ces remèdes ultralibéraux  sur nos faibles économies. Qui d’autre que l’un des leurs pouvait-il mieux s’attaquer à la toute puissance de ces pyromanes,  qui ne connaissent de nos pays que les artères qui mènent des aéroports aux hôtels de Luxe, où ils passent la majeur partie de leurs missions, généreusement bien payées, chez nous , aux bords de la  piscine   à jouer aux copier-coller sous Microsoft office, et prétendent pourtant dans leurs rapports, recommandations et diktats mieux les connaître que nous.

 

Mais à qui la faute ? Si ce n’est à ces intellectuels  de bas étages que nous sommes, qui n’avons d’intellectuel que le nom, passés maîtres dans l’art d’aligner les faux diplômes et autres titres ronflants,  qui au lieu d’éduquer le peuple et l’aider à sortir de la misère,  nous nous fourvoyons dans la compromission, le déni de soi et l’art du caméléon – le seul qu’un certain nombre d’entre nous maîtrise d’ailleurs - laissant ainsi le champs libre aux politicards de tous bords dépecer et brader le pays. Car quel est le plus grand mal que nous avons fait  à ce pays   qu’en laissant ce tumeur qu’est  le « privé » s’installer insidieusement dans les esprits et  dans le pays,  dans des secteurs  relevant pourtant des prérogatives  de l’Etat tels que l’école, la santé, le développement des infrastructures économiques et sociales ?   Qu’en laissant ce venin du «  chacun pour soi, dieu pour tous » s’enraciner dans nos villes et villages, à travers les actions de développement communautaire engagées partout dans le pays,  qui permettent de désamorcer  l’explosion sociale et assurent une certaine tranquillité à nos politicards dans leurs plans machiavéliques de mise en coupes réglées du pays.

 

Alors  après tout le mal que nous avons fait et/laisser faire à ce pays, le temps n’est-il pas  venu de se réveiller, de dire stop aux diktats  des Pétrodollars, des multinationales, des ultralibéraux … de montrer que dans ce pays il y a  des hommes et des femmes responsables,   dignes, consciencieux et compétents,   capables de prendre en main et de gérer, en bon père de famille,  notre patrimoine national.

 

 

Chaharane Chaher,
 Contrôleur financier dans l’industrie pharmaceutique, France

Email : cchaher@gmail.com

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 00:05

Source : Alwatwan n°1480 du 12 janvier 2010

Vœux de Sarkozy à Mayotte, Un affront à la mémoire des milliers de morts en mer et au droit international

Par Ahmed Ali Amir | Al-watwan

Le président français manquerait une occasion historique de demander, au nom de la France, “pardon” au peuple comorien, pour tous les drames humains, que son pays s’est rendu responsable en voulant forcer la marche à reculons de l’histoire d’une nation et d’un peuple. Au nom de cette France, qui se réclame généreuse, respectueuse du droit, le président français manquerait une opportunité de faire au monde le mea culpa de la République française, pour avoir sciemment violé les résolutions pertinentes des Nations unies, demandant le retrait de la France de Mayotte et admettant les Comores en tant que nation composée de quatre îles dont Maore.


Sarkozy s’apprête à se rendre à Maore pour présenter ses vœux à nos frères mahorais pour 2010. La courtoisie républicaine voudrait qu’il présente ses condoléances pour les centaines d’hommes, de femmes et d’enfants péris dans les eaux comoriennes, à cause d’un visa “illégal” imposé par le premier ministre français Edouard Balladur en 1995. Au nom de la France, le président manquerait une occasion historique de demander Pardon au peuple comorien, pour tous les drames humains, que son pays s’est rendu responsable en voulant forcer la marche à reculons de l’histoire d’une nation et d’un peuple. Au nom de cette France qui se réclame généreuse, respectueuse du droit, le président français manquerait une opportunité de faire au monde le mea culpa de la République française, pour avoir sciemment violé les résolutions pertinentes des Nations unies, demandant le retrait de la France de Mayotte et admettant les Comores en tant que nation composée de quatre îles dont Maore.

Seule puissance coloniale de la planète Car ces vœux n’auront de sens, si la France maintient cette politique honteuse de déplacement de population à Mayotte au nom d’une prétendue lutte contre l’immigration, donnant à la France ce chiffre macabre de 26.000 expulsions par an, dont 16.000 à partir de la seule Maore, décidée en violation des lois internationales, mais aussi conduites dans la brutalité, au mépris des lois même de la République française. Depuis que les Comores sont devenues indépendantes, elles ont vécu une instabilité chronique, marquée par des coups d’Etat et des assassinats de présidents. Mayotte, maintenue sous administration française, est transformée en base arrière de toutes les manœuvres de déstabilisation, jusqu’aux préparatifs de la sécession de l’île d’Anjouan en 1997, inspirés par les nostalgiques d’un passé colonial, que la France – aujourd’hui la seule puissance coloniale de la planète – refuse de tourner le dos, de faire le deuil. Le président Sarkozy ne peut prétendre ne pas savoir. Les rapports qu’il a lui-même commandé et qui lui ont été remis personnellement, révèlent, les violations les plus flagrantes des droits de l’homme et des droits de l’enfant. Ils dénoncent certaines pratiques employées par la Police aux frontières, notamment la navigation prohibée tous feux éteints pour intercepter les embarcations dites “clandestines”, provoquant naufrages et disparitions de plusieurs passagers. Ces rapports ont dénoncé également le caractère inhumain et “indigne” des conditions d’accueil et le surpeuplement au sein du Centre de rétention administrative de Pamandzi.

Sarkozy ne peut ignorer la transformation de Mayotte en “zone de non droit”, à l’exemple de la rétention trop fréquente des mineurs et les pratiques des forces de l’ordre de son pays installées sur cette île visant à changer leurs âges pour les rendre majeurs. Pour tous ces actes indignes de laRépublique, la France doit changer de politique et faire face à la réalité.

Mayotte, la comorienne, poursuit le chemin tracé par la force des armes, de la manipulation et du mensonge. De statut en statut, elle s’achemine vers un statut définitif qui prétend lui faire tout oublier, faire table rase de son histoire, de ses racines et même de sa géographie. Mais la culture est réputée être plus forte que toutes les vertus. Les muezzins interdits d’appeler à la prière, les cadis écartés, les terres des ancêtres saignés jusqu’à changer de mains, Mayotte se réveillera d’elle même, pour rechercher son identité et son espace.

La culture est plus forte que la force et la désinvolture


Pour ce déplacement à Mayotte, Sarkozy avait prévu de se rendre à Moroni pour signer un accord global de coopération, préparé dans le cadre du Groupe de Travailde Haut Niveau, mis en place par les deux présidents comoriens et français. Les discussions bilatérales engagées par les deux hommes au palais de l’Elysée, sur le contentieux territorial, n’ont jamais eu de suite.

Le Gthn mis en place s’est transformé en instrument de validation de la politique française à Mayotte, une caisse d’enregistrement des consultations de l’île et d’acquiescement des stratégies coloniales qui se traduisent dans les faits par les séparations forcées, douloureuses, des comoriens des trois îles avec leurs frères de Mayotte. Le président comorien a eu le courage de tirer les conclusions qui s’imposaient et de faire revenir la question à l’ordre du jour de l’assemblée générale des Nations Unies, se refusant de cautionner un document cadre de partenariat qui passerait sous silence le contentieux territorial. Le pays en a connu trop de présidents qui ont signé les yeux fermés pour apprécier à sa juste valeur la position de l’actuel. Si ce geste du président Sambi est encore insuffisant, il est aux antipodes des courbettes que les régimes précédents nous avaient habitués.

Sarkozy à Mayotte? Ses vœux seront perçus comme une insulte à la mémoire des centaines de morts en mer, emportés par une politique coloniale, contestée par les Nations Unies et contredite par le droit international.

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Mariama HALIDI A A AMIR - dans OPINIONS DES AUTRES
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 23:00

A propos des Comores, de tout et de rien

et pour un 2010 de tous les possibles sous le volcan

 

Avis à ceux qui n’étaient pas au courant ! On réhabilite Humblot et Pobéguin dans nos îles avec la complicité des hommes de science. A force, la colonisation devient une affaire positive. Nos cadres se ruent à Mamoudzou, sur le lagon, en quête d’un boulot, prétextant le manque de considération, ailleurs, en France ou aux Comores indépendantes. A Moroni, on crée des associations d’indigènes, du type France-Comores Echange, pour protéger les intérêts français. On salue même la générosité de Monsieur l’Ambassadeur, sollicitée sur la Place de France, pour des projets sans réelle portée dans l’économie nationale. Sans doute pour contrer l’offensive arabe que le président Sambi est seul à prétendre contrôler. Des « arabes » qui paient avec une monnaie de singe, le sieur Bachar Kiwan n’étant en réalité qu’un rabatteur pour des investissements en eaux profondes, un rabatteur sachant cependant compter sur ses rétro-commissions pour tenir bien droit sur ses pattes. Raison pour laquelle on multiplie les promesses du lendemain. Car il va sans dire que demain nous serons mieux qu’aujourd’hui…

Cela n’a l’air de rien, mais le constat est là, bien là. Nous vivons dans une bulle, à l’intérieur de laquelle nous feignons de pouvoir gommer, par un simple jeu d’évitement, la complexité d’un monde qui se refuse à notre droit à l’existence. Nous fermons les yeux sur la réalité rampante, et à chaque mauvais coup reçu, de petits malins s’en ébaubissent comme au premier jour de leur vie, oubliant qu’ils sont complices d’une opération de déstructuration d’archipel à grande échelle. Que la France continue à déconstruire le pays en profondeur, à le miner de l’intérieur, bien qu’elle n’affiche plus son gros appétit, nous le savions. Nous le savions d’autant plus qu’ils sont encore nombreux parmi nous à lui tendre la main dans l’indignité et le déni. Une suite à l’inconvenable situation fabriquée en ces îles par la patrie de Humblot depuis plus d’un siècle. Situation due aux multiples renoncements de l’élite comorienne. Un ramassis d’hommes de mains  de seconde zone, à double discours, et pour qui mentir aux compatriotes, et agir contre leurs intérêts, est synonyme de fortune personnelle. A se demander, parfois, si ces hommes, choisis ou autoproclamés parmi les meilleurs d’entre nous, se rendent bien compte de ce qu’ils sont devenus, des fossoyeurs ambulants.

Certes, Dieu lui-même ne nous dégringole pas encore sur le paletot, mais cela ne saurait tarder. Ce qui ne nous interdit nullement de parler de ces autres fronts sur lequel l’élite comorienne brille par son absence, sauf lorsqu’il s’agit de brosser le poil d’un nouveau maître sur nos terres. En short-list, au bout de la ligne d’horizon, il y aurait ces richesses minières, récemment annoncées par le président Sambi. Il y aurait les hôtels en développement, du groupe Gulf Holding, et le contrôle des marchés portuaires, validé par l’Etat de l’Union. Il y aurait cette emprise financière, sur les médias et les esprits, qui se concrétise chaque jour, un peu plus. Il y aurait le blanchiment d’argent que l’on supputerait, dans les coulisses de la coopération entretenue avec nos cousins d’Orient. Il y aurait cette affaire de citoyenneté, revendue à plus offrant, au Koweït, à on ne sait qui. Il y aurait ensuite la revente d’une partie des télécoms nationales pour trois fois six sous, avec plus value pour un homme du sérail présidentiel, ou encore ces négociations en cours pour le contrôle des dessertes aériennes pour le compte du vice-président. Se renier n’est pas chose simple, mais nos derniers gestes en politique, contraires au destin d’un peuple aspirant à sa liberté, n’auraient pas que Mayotte française comme instrument de mesure, désormais. Il y aurait aussi le facteur dit « arabe ».

L’ennemi, et ses visages multiples, ne manquera pas, en nous écoutant, d’affirmer que nous sommes d’éternels mauvais esprits. Car nous sommes parmi ces rares comoriens qui s’oppose, au progrès, promis par des représentants de fonds d’investissement dont nous ne maîtrisons pas les courbes ascendantes. Comme nous avons toujours été retors à la générosité d’un pays ami, déconstruisant l’archipel depuis plus de 150 ans, sans la moindre concession. Dans nos délires, nous rejetons jusqu’à cette idée, nettement répandue dans l’opinion, d’une communauté d’étrangers, qui nous aimeraient plus que nous-mêmes. C’est vous dire ce qui choque dans nos attitudes au grand jour. Nous ne savons guère apprécier la valeur d’une main tendue, surtout lorsqu’elle se pique de perversité au quotidien. Ce qui n’échappe pas à notre ministre des affaires étrangères, qui aurait insisté récemment sur le mauvais esprit de ses concitoyens. Des concitoyens qui ne savent pas dire merci, y compris à Sambi, qui a tellement fait pour protéger la souveraineté menacée de son pays depuis sa prise de Beït-Salam. A en croire ce bienheureux ministre, nous passerions notre temps à lister nos petits malheurs, en rejetant la faute aux autres, à la France, à Bachar et à sa clique, en n’oubliant d’interroger la nôtre, de responsabilité. Qu’avons-nous fait qui nous autorise à dispenser telle ou telle autre leçon à ceux qui trahissent l’intérêt général dans ce pays ? Il n’a pas tort, Monsieur Djaffar. Nous n’avons absolument rien fait. Mais promis, Monsieur le ministre, une fois n’étant pas coutume, nous allons nous livrer séance tenante à un rituel d’auto-flagellation dans les règles. Encore faut-il savoir ce que cache ce « nous » à visée fantasmatique. Qui est ce « nous » possiblement affabulateur ? Une difficile question, à laquelle nous répondrons traîtreusement, en nous camouflant derrière une bannière unique. Une bannière qui, grâce à nos tours de passe-passe honnêtes, n’exposera le nom d’aucune personnalité en particulier. Une bannière qui, néanmoins, concernera tous ceux en qui le peuple espère ou espérait pour sa survie. Nous parlons là de cette fameuse élite comorienne en panne de projets depuis le temps de feu Mbae Trambwe.

Etat des lieux consternant, c’est le moins qu’on puisse dire, nos faiblesses, nos incapacités, nos manquements, remplissent plusieurs pages d’écriture dans l’histoire de la renonciation. Renonciation à la dignité, s’entend ! Rappelons-nous de la période la plus récente. Celle qui se situe avant le 6 juillet 1975. L’élite, cette élite, à laquelle nous nous devons d’appartenir pour la circonstance, ne travaillait alors que pour celui qui l’avait formé, nourri au fouet et au mépris, c’est-à-dire pour le colon. On ne pouvait rien n’attendre d’elle, ce qu’on peut aisément comprendre en notre époque néolibérale. Nous faisions alors amis-amis avec l’ennemi, et ne fabriquions pas de cachoteries. Après le 6 juillet 1975, examen de conscience aidant, nous dûmes par moments jouer aux patriotes intermittents, avant de montrer assez vite que nous pouvions œuvrer contre nous-mêmes. Si l’on excepte la période soilihiste, un accident de l’histoire avec un grand « A », le tableau reste noir de monde. La faute à nos présidents qui se sont fourvoyés, avec l’ennemi sans prendre la moindre précaution d’usage. A nos intellectuels, qui ont cessé de penser, en croyant réussir une ascension sociale au royaume des traîtres. A nos cadres, qui ont déserté l’intérêt général, en voulant se transformer en winner à cercle restreint. La faute à « nous » ! L’élite ! Car nous avons failli à tous les étages. Mais aurions-nous eu envie de lutter contre le désastre engendré dans ce paysage insulaire que l’on nous aurait déjà tous abattu. Nous ne ferons d’ailleurs la leçon à personne, pas même au ministre Djaffar des Affaires Etranges, qui, fidèle à la tradition, fléchit sans compter son opinion sur l’intégrité physique de l’archipel dans cette guerre sans nom, et à la suite de laquelle le peuple comorien se morfond dans une cage. En deux mots, notre destin privatisé, au nom d’intérêts qui échappent à l’entendement du peuple, pose clairement la question de la responsabilité, non pas collective, mais de l’élite.

A quoi auront servi en effet les années de privations de nos vieux parents, si nous, nous continuons à insulter l’avenir ? Ils nous avaient envoyé sur les bancs d’école, en espérant nourrir des lendemains meilleurs. Mais des années de rouerie politique, en faveur du plus fort, nous ont appris à nous assoir sur leur destin. La loi de la jungle, qui est la seule qui donne tort au plus faible, sans discuter, a permis d’établir une oppression sans fin, qui a aliéné jusqu’aux lignes de défense de nos cerveaux. Notre fragilité au combat est manifeste. L’élite comorienne dans son ensemble s’est désengagée de sa réalité depuis le 19ème siècle, parce qu’elle a eu peur de la complexité d’une guerre, menée d’abord à coup de ruses, ensuite avec des armes d’une rare efficacité, allant du kalash de chien de guerre au visa de Consul pour Marseille. Au passage, l’économie du plus fort nous aura brisé jusqu’à l’échine, non pas parce que nos adversaires, au visage terriblement changeant, savaient battre leurs cartes mieux que personne, mais plutôt (et surtout) parce que nous leur avons servi de petites mains. Comment appelle-t-on un homme politique qui se met au service d’intérêts contraires à son peuple ? Il est facile de parler de Bachar ou de pointer du doigt sur Humblot & Cie, qui ne sont que des vilains protagonistes d’une histoire autrement plus complexe, dans laquelle notre pays est programmé pour servir de paille à des puissances d’argent constituées dans l’ombre. Mais si nous retournions, ne serait-ce qu’une fois, le miroir dans l’autre sens, nous verrions bien que nous héritons d’une place de choix dans l’échelle des responsabilités. Nous y avons largement contribué, aux rêves de défaite finale.

Dans le rapport de force, de fait institué, ne s’en sortent que ceux, parmi nous, qui ont compris que la main qui étreint, mieux vaut la baiser, pour ne pas succomber, au front. Le président Abdallah, en se coltinant les chiens de la France sous les tropiques, s’est ramassé sous un tombeau. Avant lui, le sultan Said Ali, jouant au marathon avec l’ennemi, contre le sultan M’safumu notamment, s’est mordu les doigts sous la terre de Tamatave. Ayant pris conscience de la complexité de cette bataille, la majorité des membres de notre élite nationale a su raison garder depuis, en se mettant d’office (et toujours) au service du plus fort, et en faisant sienne les efforts de l’usurpateur Andriantsouli. Voulant paraître plus docile aux yeux de l’ennemi, ce dernier, qui s’est retrouvé à Mayotte par hasard, a cédé la quatrième île contre une rente de 1.000 piastres. Ton bonheur immédiat, même s’il est usurpé, contre celui de tout un peuple. Plus tard, nous verrons que pour construire l’alternative, Ali Soilihi choisira de miser sur le petit peuple, plutôt que sur l’élite. Il était, conscient, lui, du fait que cette élite n’était instruite que pour servir de petits intérêts, avec la bénédiction de ceux qui tirent la grosse ficelle du pouvoir dans nos îles. C’est devenu une vérité scellée dans le marbre : ceux qui devraient nous montrer le chemin vers l’espérance, sont ceux qui traficotent avec l’ennemi aux multiples visages ou qui l’ont soutenu dans son entreprise. « C’est l’habitude qu’à le peuple de la servitude qui explique que la domination du maître perdure » écrivait La Boétie. Nous, nous reprenons sa phrase, mais en mettant le mot « élite » à la place de « peuple ». Car toute notre intelligentsia est passée maitre en compromissions de toutes sortes, au contact d’intérêts extérieurs au pays. Elle manque surtout de se projeter dans une destinée commune, à l’inverse du mongozi, qui avait le culot de dire « non » à l’écrasement, en prenant l’histoire, la grande, à témoin.

Il y a comme qui dirait un malaise. L’élite corrompue, oublieuse de l’intérêt général, incapable de formuler un projet de société complexe, est prête à brader les bijoux de famille, tant qu’elle arrive à s’en sortir, au détriment du grand nombre. Il arrive que ça dégénère, bien sûr. Les plus ingénieux paniquent et quittent le pays, à la manière des rats sur le navire. Ils affirment alors, et contre toute attente, que la situation économique est insoutenable, avouant préférer un destin de migrant fragilisé aux misères faites à ce peuple, leur peuple. Les moins ingénieux, eux, restent sur place, et construisent des villas de carton pâte. Tapant le basmati du grand-mariage, sur des 4x4 rutilantes neuves, ils deviennent pour la plupart consultants, soit pour des ONG au cahier de charge improbable, soit pour des bailleurs de fond sans scrupules. Si vous en connaissez quelques-uns qui n’entrent pas dans ce schéma, nous serions ravis et honorés de les connaître. Vous n’oublierez pas, s’il vous plaît, de nous passer leurs coordonnées. Car tout le monde nous donne l’impression à présent de baisser les bras. Nous, comme les autres. Nous trouvons qu’il est plus facile de pactiser avec l’inacceptable que de vouloir imaginer un projet de société complexe, hors domination, et au travers duquel les Comoriens dans leur ensemble pourraient et voudraient se projeter. Est-ce parce que nous manquons d’adresse au combat, d’audace ou d’intelligence ? La mise sous contrôle permanent du peuple comorien est un fait qui ne se raconte plus sans détails affligeants. Nous, hommes politiques, cadres et intellectuels ne nous amusons plus qu’à détruire toute espérance en ces îles, jusqu’à la bouffonnerie. Cependant, il est une légende qui circule ! Lorsqu’un peuple abdique, il importe que l’acte de décès soit diffusé aux frontières, placardé sur les murs, et n’ayant pas encore vu le nôtre, de publié, nous nous inquiétons sérieusement. Comme si ce peuple, pour lequel nous nous interrogeons ici, se donnerait encore les moyens d’être de ce monde, d’être vivant. Une bonne nouvelle pour une décennie qui s’achève difficilement, nous direz-vous. Mais peut-être que 2010 n’est pas cette année de tous les possibles que vous essayez d’imaginer, en nous souriant. Qui sait ?

Collectif Komornet

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 15:53

CRASH DE L'A310 : LES COMORES ENFIN REVEILLEES.

Sur le site RFI Afrique de ce 2 décembre 2009, le journaliste Cyril Bensimon, cite de source comorienne, que "le gouvernement comorien vient de désavouer la commission d'enquête française sur le crash de l'avion de la compagnie Yemenia, le 30 juin dernier."
Ce revirement de position n'est aucunement lié à des pressions qu'aurait exercées le Yémen sur les Comores. Dès le premier jour, le gouvernement comorien doutait sur les raisons de cette catastrophe. C'est son ministre de la justice M. Madi ALI, qui était le premier à donner la piste d'une bavure militaire au journal al Shark. Il a depuis été révoqué. Ensuite ce fut le tour de la polémique entre le gouvernement français, par le biais de ses ministres de transport et des Affaires étrangères, de monter au créneau contre les propos du ministre comorien Idi NIDHOIME. Il a, lui aussi, perdu depuis son ministère.

Au fil du temps, la presse française, n'a cessé d'indexer la compagnie Yemenia d'être responsable d l'accident, sans pour autant avancer des arguments crédibles. Le comble fut l'article publié sur le site "le point.fr" du 29 octobre 2009, où le journaliste affirme : "Les deux bâtiments les plus proches, la frégate Nivôse et le patrouilleur La Rieuse se trouvaient chacun à plus de 800 km. Dépêchés par Paris pour participer aux recherches, les deux navires sont arrivés au large des Comores les 1er et 2 juillet. Aucun de ces bateaux ne dispose d'armement antiaérien. Les trois autres navires présents dans la zone sud de l'océan Indien - patrouilleurs Albatros et La Boudeuse, frégate Floréal - n'ont pas quitté leur port d'attache à La Réunion."
Si, cette information a trouvé d'échos favorables auprès des étrangers, elle constitue pour les Comoriens, qui savaient que cela faisait 3 jours que "la Boudeuse" mouillait au port de Moroni, et qu'il n'a quitté le port qu'à 18h, heure des Comores, le 29 juin 2009, et qu'il se trouvait ce soir là, à 22h00, heure des Comores, non loin de l'Aéroport de Moroni-Hahaya, un demi-aveu.
A cela, il faut ajouter les contradictions sur les propos de Bahia, la seule rescapée du crash, depuis qu'elle est rentrée en France, par rapport à la version consignée par les gendarmes comoriens qui l'ont interrogé à l'hôpital de Moroni, où elle était admise, avant son rapatriement en France, et celle qu'elle a donné au commandant du remorqueur "Al Haramayin" qui l'a repêchée.

Mais, le point principal de la discorde, est la différence constatée entre les enregistreurs de Hahaya où la liaison entre le pilote et le contrôleur aérien est rompue par un bruit, pendant que l'avion était à 15000 pieds, mais que dans le rapport sur les boites noires, remis par la commission d'enquête française, il n'en est fait aucune mention.

Il va donc de soi, que dès lors, que le gouvernement comorien sait que les manœuvres militaires avaient eu lieu, et qu'il y a tentative, d'écarter certains faits avérés, de faire appel à un tiers, en l'occurrence les autorités américaines, qui, il ne fallait pas oublier, ont, eux aussi, participé aux recherches dès les premières heures.

Par ailleurs, accident ou bavure, la compagnie Yemenia ne gagnera ou ne perdra que le prestige de ses équipages, mais les indemnités de son appareil resteront les mêmes. Par contre, les Comores ont tout intérêt à rechercher toute la vérité, car, selon la version qui sera retenue, les indemnités des victimes peuvent aller de cent mille $US, pour la convention de Montréal à un million $US, selon la jurisprudence de Lookerbie.


Par Mohamed Chanfiou Mohamed.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 12:22

Vous trouverez ci-dessous une opinion très avisée d'Ahmed Ali amir, Rédacteur en chef du journal Alwatwan sur les prochaines éléctions légistatives et leur impact sur la durée du mandat de l'actuel Président de l'Union des Comores + la réaction du secrétaire Général du CRC, parti d'opposition + la réponse de la rédaction d'Alwatwan

Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES
Opinion. Elections législatives : la paix à tout prix / par Ahmed Ali Amir

La politique est devenue chez nous l'art d'évacuer les débats de fond, de les repousser à plus tard pour n'aborder que les questions subsidiaires, annexes et finalement sans importance. Les législatives qui s'annoncent ont pourtant un rôle majeur à jouer, celui d'harmoniser les élections présidentielles de l'Union et des îles, dès l'installation des assemblées.

A un mois de ce scrutin capital, le débat est terne, presque grippé.
Les élections législatives des députés de l'Union et des conseillers des îles, dont les mandats sont arrivés à terme, ne posaient apparemment pas de problèmes de calendrier, mais de constitutionnalité. Les échéances prévues pour les renouveler ont été largement dépassées au point de plonger le pays dans une longue situation exceptionnelle, mais le but visé par la réforme de la constitution permettait certains écarts pour justement coordonner les dates et les tenir le même jour.

L'opposition qui n'était pas apparemment prête à affronter des élections législatives juste après le référendum constitutionnel, a opté pour le silence sur la période que s'est octroyée le président pour légiférer par ordonnance. Un sujet qui est pourtant de haute importance dans une grande démocratie, parce que la période est assortie de contraintes constitutionnelles clairement établies.

Les élus de la prochaine législature auront à se pencher, dès leur entrée en fonction, sur la loi portant harmonisation des élections présidentielles, puisque en janvier-février 2010, la constitution prévoit la convocation déjà des primaires à Mohéli. Les échéances légales en perspective se suivent, à commencer par l'élection présidentielle de l'Union en mai 2009, les élections présidentielles de Mohéli et Ngazidja en 2012, et enfin l'élection présidentielle de Ndzouwani en 2013.

La réforme constitutionnelle avait comme premier objectif, celui d'harmoniser les élections. Alors les choix qui s'offrent à la loi d'harmonisation sont politiques, à la merci de la majorité qui se dégagera. Si la mouvance présidentielle obtient la majorité, les élections présidentielles se tiendront à la date de la dernière élection en perspective, celle d'Anjouan prévue en 2013. En toute légalité. Sur cette option, le président de l'Union verra son mandat rallongé de trois ans et celui de Mohéli et de Ngazidja de deux ans. Une option que seul l'exécutif de Ngazidja pourrait rejeter par principe. Dans le cas contraire, l'opposition majoritaire peut choisir le statu quo pour permettre l'alternance mohélienne en 2010 avant de songer à une harmonisation des élections. Dans cette optique, elle peut trancher en faveur d'une réduction du mandat de Moussa Toybou, avec les risques politiques que l'on connait. Car c'est sur une question de calendrier d'élections, Anjouan se refusant à obéir au report décidé par Sambi pour des raisons de transparence, que le pouvoir Mohamed Bacar a coupé les ponts, jusqu'à provoquer des sanctions internationales et un débarquement militaire.

Une autre option, plus politicienne mais plus probable, risque de dominer le débat politique les prochains jours.
L'opposition nationale coutumière à ce genre de compromis, pourrait accepter le prolongement du mandat du président de l'Union d'une manière consensuelle, à la condition que la transition, sera chapeautée par un exécutif de l'Union représentatif des courants de l'assemblée nationale. Ce scénario s'est répété plus d'une fois et dans des circonstances presque similaires.

Le président Sambi qui n'est justement pas lié à aucun pacte de conglomérats de partis, ne verrait aucun inconvénient à terminer son mandat à la tête d'une coalition qui adhérera à son ambitieux programme de redressement économique. La formation de tous les gouvernements n'a, jusqu'ici, obéi qu'à ses propres choix. La paix de demain est peut être à ce prix.

Ahmed Ali Amir
Source : Al-watwan N° 1422 du 15 octobre 2009


Droit de réponse accordé au secrétaire général de la Crc.

Contorsions. Moussa Toybou, alter ego de Mohamed Bacar ?

Voilà ce que le Rédacteur en chef d'Al watwan vient nous démontrer en affirmant que la tournante ne peut avoir lieu qu'en 2013 sinon Moussa Toyb risque de faire sécession. En journaliste avisé M. Ahmed Ali Amir devait établir des parallèles là où c'est irréfutable.
Mohamed Bacar disposait d'une milice répondant au nom du Fga. M. Bacar portait le titre de président et il était extrêmement jaloux pour ne pas dire sourcilleux de son autonomie et de ses compétences, de surcroît légales.

Et Moussa Toyb ? Pur produit de Sambi, il accepte de porter le titre de gouverneur, sans la moindre transition normale lorsqu'on passe d'un régime à l'autre, ensuite le gouvernement de l'Union qui décide de tout dans l'Ile et enfin la Fga a été complètement démantelée et c'est l'And qui contrôle l'Ile. Alors de quelle volonté dispose Moussa Toyb pour imposer l'harmonisation en 2013 ? De quelles marges de manœuvres dispose-t-il pour rallonger le mandat du président Sambi de 4 à 7 ans ?

On attendait mieux de l'un de nos meilleures plumes. Laudateur, il ne l'a jamais été et le titre de son article “Paix” contraste profondément avec le contenu. En effet, sa conclusion frise l'appel à la guerre. Rien de moins sinon comment aux comoriens, et particulièrement à ceux de Mohéli dont échoit la tournante d'attendre jusqu'en 2013, eux qui se préparent pour mai 2010 ?

Comment convaincre ceux qui adhérent à l'alternance démocratique et pacifique que le président Sambi s'octroie, par un tour de passe-passe, un nouveau mandat de 3 ans ? Dans quel chapitre, dans quel article et dans quel alinéa de la constitution comorienne les députés et les conseillers sont – ils habilités à renouveler le mandat du président de l'Union ? Par quelle contorsion intellectuelle peut-on établir un parallèle entre harmonisation électorale et extension de mandat ?
I
l est vrai par ailleurs qu'on peut écourter un mandat, mais prolonger un mandat sans passer par les mandataires (le peuple souverain) cela relève de la magie. Gbagbo, en Côte d'Ivoire, a bénéficié de la guerre civile dans son pays. Certes M. Ahmed Ali Amir n'exclut pas la possibilité pour Moussa Toyb de provoquer une guerre civile si d'aventure le président Sambi ose toucher à son mandat.

Allons ! Allons ! Soyons sérieux même pour écrire des bêtises, si le président Sambi veut prolonger son mandat jusqu'en 2013 il n'a qu'un seul moyen : interroger la peuple souverain par voie référendaire. Il en a le droit, mais a-t-il le courage ?

Houmed Msaïdié

Réponse de la rédaction

Nous prenons acte du droit de réponse de Houmed Msaidié. Nous constatons avec regret que Msaidié, choisit le ton polémique, discourant sur des sujets accessoires et occultant volontairement ou non, les vrais enjeux posés par le papier du journaliste Ahmed Ali Amir. Il a vite fait d'oublier que le président Sambi a déjà appelé le peuple par voie de référendum, pour modifier la constitution, et qu'à plusieurs reprises le président a clairement indiqué, que les futurs élus seront appelés en congrès pour harmoniser les élections, une fois les assemblées de l'Union et des conseils des îles installées. Référendum et Congrès sont les deux voies prévues par la constitution pour la modifier. Les batailles futures ne seront pas gagnées par des affirmations à l'emporte pièce, mais par une préparation de l'opinion. Ou bien l'opposition occulte cette perspective de convocation du congrès, et elle sera encore une fois, surprise par la tournure des événements, ou bien elle se prépare à gagner ces élections comme l'envisage d'ailleurs l'auteur du papier incriminé pour ''maintenir le statu quo et permettre Mohéli d'assurer l'alternance en 2010''. Etonnant tout de même que le leader de l'opposition ne pense pas une seule fois que cette alternative soit possible, mais préfère se placer dans une position défaitiste. Pourquoi, par exemple, n'envisage-t-il pas une opposition majoritaire dans les futurs parlements alors qu'Ahmed Ali Amir n'écarte pas cette hypothèse. Etonnant et inquiétant droit de réponse.

La rédaction

Source : Al-watwan N° 1423 du 19 octobre 2009




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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 22:03

Vous trouverez ci-dessous l'intervention du Collectif Komornet diffusée ce jour sur Internet concernant "l'affaire Adjmael Halidi" dont nous avons parlé le 17 septembre dernier :

On en parle (ces jours-ci) aux Comores.
Un jeune homme, poète de grand chemin, porté par un imaginaire d’insoumission subite, s’est autorisé il y a quelques longues semaines à réfléchir sur les contradictions mêlées d’une terre, la sienne, face à l’adversité coloniale. Nous nous vendons au plus offrant, aurait dit quelqu’un, y compris à celui-là même qui nous a défait. Traduction de ce charabia bien troussé, reconnaissons-
le, cette histoire parle d’un jeune homme se ramassant une giclée de mépris devant un bureau de consulat français aux Comores pour avoir écrit sur un petit trafic de visas…

Disons que le jeune homme, connu sous le nom d’Adjmaël Halidi, est sorti du sacro-saint piège des mots, en s’autorisant à enquêter sur des tranches de vie réelle, et en nommant la bêtise de manière bien déterminée dans un article que très peu de personnes ont parcouru, au demeurant. Il a signé un reportage dans le journal La gazette des Comores, dans lequel il relatait les hauts faits du consulat de France à Ndzuani, île comorienne devenu terreau de séparatisme ambiant. Le jeune homme s’en prenait aux amis du consul de France, qui contribuent à installer un réseau de magouilles & co. façon françafrique, en délivrant des visas à plus value sur le marché noir et en faisant croire que la France barbouzarde était bel et bien de retour dans les cuvettes de l’île. Ainsi le jeune homme écrivait-il en lettres bien noires sur page blanche :
Toujours en ce 1er jour de septembre. A Hombo. Une flopée de demandeurs de visas attend derrière le portail du consulat de France. Entre la peur et le pessimisme : le taux d’obtention de visas s’élève à 30% contrairement au début de l’année où il était à 99%. A l’ombre d’un arbre, à l’autre bout de la route, un monsieur examine des dossiers de demandes de visas, efface au correcteur un  passage et rajoute des choses. Et fait payer à chaque demandeur 1000 fc. En plus des 75 francs qu’il prend en échange d’un imprimé qui était censé être gratuit.  « Je rends seulement service à ces pauvres gens » dit-il dans un sourire. Encore dehors, un certain O, ancien secrétaire général du gouvernement de l’île, crie sur les gens, prend leur dossier, les soutire de l’argent, rentre au consulat et revient leur promettre monts et merveilles. « O est « un ami du consul ». Pour que votre dossier soit accepté, il faut
aller chez lui à Bambao Mtsanga. Moi je lui ai graissé la patte et donné mon dossier. Et j’ai eu le visa. » nous confie un jeune homme. Et il n’est pas le seul à nous mettre dans la confidence. D’ailleurs, depuis peu O est surnommé le Deuxième-consul-
de-France.
X, quinquagénaire, vit à Mayotte depuis 10 ans. Quand il a entendu que le consulat d’Anjouan a été rouvert, il est rentré au bercail demander un visa. Après maints refus,  il a été obligé de donner 300 euros à une personne qui connaît un monsieur de Mutsamudu qui est « un ami du consul ». Le dossier a été cette fois-ci accepté et le demandeur qui est en ce moment à  Mayotte a bénéficié d’un visa de 1 mois. L’intermédiaire qui vient de la région de Bambao M’truni refuse de donner le nom de son chef. Mais ce qui est sûr cet « ami du consul »est un businessman.

R. quant à lui est un jeune qui a un bel avenir. En plus des boites privées qu’il a montées, il collabore à de nombreuses presses écrites nord-américaines et radio du moyen orient. Lui aussi est un « ami du consul », dans les villages, il se fait passer pour un barbouze, sans même qu’il ait la nationalité française et récolte de l’argent et des dossiers de demandes de visas au nom du consul. Le consul dément tout implication dans ces histoires de trafic. (Voir interview). En tout cas , comme cette histoire d’école franco-comorienne Victor Hugo qui vient d’ouvrir à Mutsamudu et que les responsables disent qu’elle est administrée par le Consulat de France et que le consul dément et dit que c’est une école privée comme les autres et que lui en tant que Frederick de Souza mais pas comme consul embrasse l’initiative . Ce qui est sûr rien n’est clair. Mais « Il faut imaginer Sisyphe heureux » comme le demande
Camus. »

En signalant les faits par ce reportage, le jeune homme n’avait fait que confirmer ce que l’homme de la rue pressentait et racontait en réalité bien avant lui, ce que le Ministère des Affaires Etrangères à Moroni, et certains proches de Mohamed Said Mchangama, leader politique pourtant très proches des Français, laissaient entendre depuis un bon moment. Le site Holambe le claironnait semble-t-il sur l’une de ses pages, récemment : « Le consul de France à Anjouan est "rappelé" par son administration. Il devrait partir demain lundi 7 septembre après avoir été moins d'un an en poste. Depuis des mois, le bruit court qu'il vend des visas. Ces derniers mois, les aspirants au visa Schengen de la Grande-Comore et Mohéli, ayant un dossier "faible", partent le demander à Anjouan. Le pourcentage de visas accordés est étonnamment important comparé à la Grande-Comore. Les parents des heureux bénéficiaires parlent de sommes oscillant
entre 4000 et 6000 euros. ». Le jeune homme au final n’avait fait que reprendre cette rumeur que l’actuel directeur de l’Alliance française à Mutsamudu faisait courir dans des cercles plus restreints d’amis triés sur le volet. A savoir que la France cherchait à se refaire une santé sous nos tropiques, en l’utilisant, et lui, et ledit consul, pour tracer les plans tordus d’un avenir immédiat, qui ne disait pas encore son nom.
Le jeune homme, malgré lui, est donc tombé sur ce qu’on appelle une info à problèmes. Monsieur de Souza, consul de France à Ndzuani, débarqué tout récemment dans l’archipel, fait effectivement dans la prospective malheureuse, en alignant des coups de bâton en traître, à la manière d’une officine sous contrôle. Monsieur de Souza serait-il un agent déguisé ? Un militaire recasé ? Un sous-traitant de la Coloniale ? Ses patrons n’ont en tous cas pas apprécié que l’on devine la nature profonde de ses hauts faits et gestes en pays conquis. Alors, ils se sont énervés dans l’arrière-cour, tout en se demandant comment corriger l’impertinence d’un jeune homme, se jouant de la poésie en temps réel. Comme il est de coutume, lorsqu’un enfant de terre soumise s’agite en rébellion, une décision a vite été prise. Ce jeune poète, du nom d’Adjmaël Halidi, osant défier l’ordre ancien dans un journal, La Gazette des
Comores, qui tend d’ordinaire la main à l’ambassade de France, devait recevoir une juste punition. Une punition qui permette à son directeur de publication, Elhad Said Omar, de ne pas avoir à prendre sa défense en public pour délit d’opinion. Histoire d’éviter malaise et gêne. Il a donc été décidé qu’on mettrait le nom du jeune sur la liste des ingrats de la république et qu’on lui interdirait d’aller collaborer à Maore, Mayotte, dernière destination à la mode pour les créateurs, intellectuels et cadres comoriens, Maore où ce jeune avait déjà un contrat avec certaines associations œuvrant pour une coopération au chemin plus que balisé.
L’affaire n’a ému personne, il faut dire ce qui est, à tel point que le jeune a dû se retourner sur lui-même, avec une phrase de Césaire en guise de prière (« ma bouchesera la bouchedes malheursqui n'ont pointde bouche, ma voix, la libertéde cellesqui s'affaissentau cachotdu désespoir ») et une autre de Guevara en bandoulière (« tous les jours, il faut lutterpour que cet amourde l'humanitévivantese transformeen gestesconcrets, en gestesqui serventd'exempleet qui mobilisent. »). Façon de dire, j’écris, oui, mais pour qui, pour le peuple en souffrance, sans doute. Le consul de France à Ndzuani, ce fanfaron, qui ternit ( ?) l’argent du contribuable français, en cumulant les actes de barbouzerie en terre conquise, se sera entre-temps fendu d’un déroutant numéro en public, annonçant au jeune la mise en application de la sentence supposée par nous : « Vous m’avez trahi. Je ne veux plus parler avec vous ». Et toc !
Vous pourrez toujours rêver, mais vous n’irez plus à Maore, Mayotte, défendre les couleurs du slam à la prison de Majikavo. On en rigole ! On en rit ! A gorge déployée ! Drôle de théâtre en effet que ce pays, où l’on punit chaque parole prise de travers par la France coloniale à coup de gifles symboliques, sans que l’Etat comorien ne réagisse en ennemi, et sans que le citoyen n’ait la queue qui se dresse devant la bêtise. Des artistes qui se font taper sur les doigts, pour ce qui est de ces derniers mois, sans qu’il n’y ait la moindre vierge (nationale) effarouchée contre les réactions démesurées des autorités représentant la France aux Comores, il y a de quoi s’interroger. On se rappelle du cas du plasticien Seda à l’école française, du cas de notre camarade dramaturge Soeuf Elbadawi à l’Alliance française, et voilà qu’il va falloir rajouter le cas du poète Adjmaël Halidi sur une liste que l’on ne
souhaite pas voir exhaustive.
Quelle idée (aussi) de vouloir apprendre à une certaine France à bien se tenir dans nos îles ? Vous vous croyez où les « poètes » ? Dans un pays libre de droit ? Si ce n’est pas le cas, vous savez probablement que nous vivons sous un climat plus que malsain où le « Maître » use de toutes les armes imaginables pour écraser les voix discordantes. Si c’est le cas, vous avez tort de continuer à le croire, et la France coloniale, retenez bien cette phrase, n’en aura pas fini avec nous, avant de vous avoir mis en cabane pour longtemps, mes chéris. Donc faites un effort, s’il vous plaît, fermez-nous vos petites gueules, bien baveuses ! Si vous ne voulez pas avoir à subir situation plus grave. Car vous n’avez bien sûr encore rien vu à ce jour ! L’écrivain mahorais, puisqu’il faut appeler « chat » un chat, et qu’il y a des Mahorais et des Comoriens désormais dans ce paysage insulaire, l’écrivain mahorais Nassuf
djailani, dont se réclame aussi Adjmael Halidi, confiait ceci dans un texte, Roucoulement, paru chez Komedit : « Mourir d’envie de dire/ mais prostré à l’idée de heurter/ Mourir d’envie d’écrire/ mais rester interdit par la peur et l’angoisse de choquer ». Du mutisme et de l’interdit en pays déconstruit ! Paroles à méditer pour quiconque les soupèse sous ce maudit ciel gris d’archipel. On ne frappe pas chez le cousin français sans conséquences…

Collectif Komornet

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 12:15

Ci-dessous un point de vue de mon cher ami Mister kavou publié sur son blog (http://kavou01.skyrock.com/) le 03 juillet 2009 suite au crash de l'A310 de Yemenia Airways que je m'approprie sans son autorisation expresse bien évidemment. (rires pour toi cher ami et une pensée sincère pour tous ces passagers qu'on a empêchés par la force à l'aeroport de Roissy de partir pour les Comores. C'est scandaleux et inacceptable aussi.) Je rajouterai juste que l'émotion doit céder la place au rationnel et au pragmatisme avant qu'il ne soit trop tard. C'est ce dont ont besoin, à mon avis, les victimes. 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)




Un peuple sous bricolage ou une nation qui s'auto -mutile

Un peuple sous bricolage ou une nation qui s'auto -mutile
Le drame a frappé dans nos vies et nos coeurs mardi dernier avec le crash de l'airbus A310 de Yemenia airways. Le peuple comorien touché au plus profond par ce drame est partagé entre colère, résignation et recherche de reconfort pour surmonter cette lourde peine. Mes condoléances à tous les Comoriens car l'ampleur du drame ne peut se limiter aux seules victimes. Les dommages collatéraux sont autant importants que les vies brisées et les familles endeuillées devant vivre avec le drame tout au long de leurs vies.

Je laisse la justice déterminer les causes directes du drame et par respect des familles et du peuple comorien, je ne voudrais pas rajouter des allégations que je ne saurai apporter la preuve. Une chose m'interpelle et je n'ai pas cessé de le dénoncer: A quand cesserons-nous de bricoler nos vies? A quand chaque comorien aura conscience que nous ne serons pas un grand peuple si nous continuons à croire que ce sont les autres qui doivent prendre soin de nous? A quand nous Comoriens seront mieux organisés à l'interieur et à l'exterieur du pays pour imposer RESPECT-DIGNITE-SOLIDARITE?

Le crash de Yemenia tout le monde savait et s' y attendait? Qu'avons-nous fait pour reagir et anticiper ce drame? la responsabilité ne peut pas être limitée à nos dirigeants. Nous en tant que peuples quelles solutions avons-nous avancer pour changer les choses? Quelle sera l'émotion après une semaine, un mois, un semestre après ce drame? Nous avons des structures associatives et communautaires qui oeuvrent pour le respect, le droit et le bien-être des Comoriens réçus à l'Elysée - ont-elles évoqué les difficultés des transports vers les Comores? Avec le naufrage du bateau Samson et le permanent drame des kwassa kwassa, qu'est ce qui est fait pour stopper cela? Je ne répondrai à ces questions mais je vous invite à nous poser les bonnes questions sur notre façon d'agir en tant que Comorien.

Source : http://kavou01.skyrock.com/

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 12:50

Source : Alwatwan du 19 juin 2009 n° 1344


France-Comores : la réponse appropriée
Tant que la France n'aura prouvé son intention claire de rouvrir des négociations sérieuses sur la question de Mayotte, les Comores n'ont aucune alternative que de revenir dans le circuit des Nations unies, le seul qui les protège des lobbyings et des pressions de toutes sortes. On ne peut rater la prochaine assemblée générale de l'Onu sous aucun prétexte.

L
e conseil des ministres de la France a adopté mercredi un projet de loi organique qui fera de Mayotte le cinquième département d'Outre-mer (Dom) français. Au même moment, au début de ce mois, la France manifeste son intention de relancer à tout prix les négociations dans le cadre bien précis du
groupe de travail de haut niveau (Gthn). Elle le fait connaître comme il se doit, au plus haut niveau et dans la plus parfaite règle de l'art, par une lettre circonstanciée du président Sarkozy adressé au président Sambi.

Ce cadre de travail fait miroiter au niveau de la communauté internationale et de l'opinion comorienne l'illusion de l'instauration des négociations bilatérales sérieuses entre les deux pays sur le litige territorial qui les divise depuis l'accession des Comores à l'indépendance en 1975.
Or dans la réalité, il n'en est rien. Absolument rien. Ces discussions sont strictement cadrées sur la coopération régionale et ne donnent que des réponses qui n'embarrassent, ni ne gênent le calendrier politique de la France, qui poursuit tranquillement l'ancrage de Mayotte dans la République française.

Des avancées diplomatiques mais c'est tout....

En 30 ans, Mayotte est passée de statut en statut, jusqu'à devenir le 101ème département français, en même temps que se poursuivent on ne sait où et avec qui des négociations entre les Comores et la France.

Et pourtant sur le plan diplomatique, des avancées significatives sont enregistrées.
Après 34 ans, malgré des rapports de forces qui nous sont défavorables,
la communauté internationale n'a pas lâché les Comores et continue à condamner la présence française dans l'île. Sambi, il faut le reconnaître, parle et plaide la cause de l'Unité des Comores sur toutes les tribunes du monde.

Cette constance dans le discours du président Sambi n'est malheureusement traduite que très partiellement dans les actes. Le ministère des Affaires extérieures enregistre à son actif, l'adoption de la récente
résolution de l'Union africaine et des déclarations de la Ligue de Etats arabes, des Etats du sahel, des pays non alignés, qui condamnent sans réserve la consultation des Mahorais sur la départementalisation.

La résolution de l'Ua a eu le mérite de réactiver le Comité des 7 chargé du dossier de Mayotte. Elle n'a pas encore donné lieu immédiatement, comme il le méritait, à un calendrier comorien de sa mise en oeuvre, dans l'objectif bien précis de réintroduire la question dans le circuit des délibérations de l'assemblée général des Nations unies.
Le Comité des 7 se doit en toute humilité de présenter son bilan. Le Gabon, qui le présidait, a jusqu'ici joué un rôle d'éclat, de déclarations et de gestes, mais n'a pas prouvé sa capacité à amorcer un début de discussions entre la France et les Comores sur le contentieux.
Revenir aujourd'hui sur des discussions dans le cadre du Gthn n'est pas une mauvaise idée en soi, si dans un autre cadre bien défini, les négociations sont ouvertes pour trouver une issue au litige territorial entre les deux pays.

Mais parce que la question de Mayotte est éminemment politique qu'elle ne peut être noyée au sein du Gthn dans un fatras de sujets auxiliaires qui ont trait aux transports entres les îles de l'archipel ou encore de la circulation des personnes et des biens, avec à la clé, l'exportation à Mayotte des
pommes de terre et des tomates produites dans les trois autres îles.

Tout sur l'assemblée générale de l'Onu!

Tant que la France n'aura prouvé son intention claire de rouvrir des négociations sérieuses sur la question de Mayotte, les Comores n'ont aucune alternative que de revenir dans le circuit des Nations unies, le seul qui les protège des lobbyings et des pressions de toutes sortes. On ne peut rater la prochaine assemblée générale de l'Onu sous aucun prétexte.

Parce que de son côté, la France agit et réussit. Toute sa stratégie pour imposer sa vision de l'avenir de l'archipel a abouti. Mayotte maintenue sous perfusion financière permanente devient une référence en matière de revenu par habitant. En face, les trois îles indépendantes déstabilisées en permanence par mercenaires interposés, minées de surcroît par une corruption et une gestion chaotique, pataugent encore dans la misère. Leurs dirigeants se décrédibilisent et leurs discours se déprécient.

En réussissant à nous imposer ses schémas, la France augure une nouvelle approche ces deux dernières années. Déstabiliser les Comores à l'intérieur en intimidant les patriotes. Les manifestations organisées aux Comores contre la politique coloniale de la France sont boycottées par des gros bras, recrutés parmi les anciens groupes paramilitaires privés. Des franco-comoriens sont interpellés pour choisir entre la cause française et comorienne, entre les deux nationalités. A partir de l'île d'Anjouan, les réseaux des anciens barbouzes sont réactivés pour on ne sait quel autre coup foireux.
Deux artistes, l'un interdit de cours à l'école française
, l'autre déprogrammée de l'alliance pour une performance artistique dénonçant la départementalisation de Mayotte, deux cas flagrant qui illustrent cette nouvelle forme de combat, inspirée des mêmes méthodes employées à Mayotte en 1974 pour courber l'échine des indépendantistes.

Et pendant ce temps, les Comores expérimentent la fameuse thèse du rôle positif de la colonisation en Afrique. A Shongo Dunda, le fameux Mchanboulou, qui s'est approprié les terres et les forêts, le symbole éhonté de l'exploitation des ressources des Comores, ce lui-même qui a extradé le dernier des sultans des Comores, redevient par le biais de simples discours révisionnistes, l'innocent Botaniste M. Humblot, sous des applaudissements salvateurs.
Il ne faut désormais ni se taire, ni se terrer. A tous ces enjeux, Il nous faut des réponses appropriées.
Ahmed Ali Amir
Al-watwan N° 1344 du 19 juin 2009
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Mariama HALIDI Alwatwan - dans OPINIONS DES AUTRES
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