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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 15:43
 
Lu pour vous / Source : http://kavou01.skyblog.com/
 
Msirojou2.jpg
(Photo / place MSIROJOU de Ouani)
 
On ne peut pas évoquer Ouani sans mentionner la place publique de palabres notoires, Msirojou. Adulé par certains parce qu'il adoucit les fortes températures tropicales pour en faire un lieu au thermomètre vivable, encensé par les concitoyens à la recherche d'un symbole pour Ouani, fustigé par certains qui y voit un lieu de palabres inutiles où l'on fait couler beaucoup de salives à défaut d'actions, décrété arbre à abattre car selon une constatation, il détruirait les habitations environnantes, sauvé in extremis par une poignée d'experts recherchant à contenir la propagation des racines, prisé par son côté grande fleur pour abriter les cérémonies de mariage ou les meetings politiques dans un pays où à défaut d'un football prospérant la politique est devenue l'opium du peuple. Ouani est amalgamé aux représentations du Msiro (NDLR: appélation contractée du Msirojou pour les connaisseurs).

Pourtant l'histoire ou l'héritage de Ouani n'en est pas moins riche: quartier latin des Comores, pionnier du développement communautaire, forte tradition pour les droits des femmes ( 1ère députée, 1ère femme ministre, 1ère femme maire...) et à la pointe du combat féministe au sein de l'archipel, 1er aéroport de lîle, influente semaine culturelle et de la jeunesse, mythique orchestre Joujou des Comores, illustre clubs de football et basket-ball, sanctuaire de la confrerie Chadhouli où reposa Cheik Soilihi, 1ères télévision et radio communautaires à diffusion régionale.... et enfin 1er espace socio-culturel pour l'insertion de la jeunesse. Ouani fut une ville très en avance dans les années 60-70. Une ville où l'esprit des Lumières côtoyait les idées progressistes de nombreux intellectuels, la féodalité d'une société à tradition musulmano-bantoue et le dynamisme d'une jeunesse vivace qui fit de l'éducation le levier de progrès et d'intégration de la modernité. Jadis Ouani de par son caractère de Ville cité pionnière attira les regards des autres localités jusqu'à en faire des envieuses, des jalouses et détracteurs.

Malgré le précieux héritage de la ville au Msiro et la diversité de ses talents, Ouani demeure aujourd'hui une ville musée où le rayonnement se conjugue au passé. Les années passèrent et malgré le poids de notre fierté, Ouani continue de perdre son influence sur la scène nationale faute de renouvellement de notre modèle sociétal. L'un des symboles du recul ouanien, l'insalubrité des rues, des espaces publiques, des bords de mer et aussi de la seule unique rivière qui alimente la ville en eau. Comment la ville du savoir où des associations communautaires font corps avec les habitants pour un destin meilleur de la ville peut démissionner de la première mission: préserver notre image de ville de progrès par la propreté de notre ville. Comment la ville où l'on trouve le plus de diplômés au mettre carré est si peu influente dans les cercles de décision du pays? Comment Ouani par son expérience en matière d'organisation a la diaspora la moins organisée et inefficace quant à sa contribution sur les projets communautaires?

Afin d'établir un parallèle entre Ouani et sa représentation parabolique (Msiro) et relever le défi de la modernité, nous avons entre nos mains le choix de contenir les racines de notre Msiro en instaurant une barrière qui les empêche d'empiéter sur les habitations environnantes symbole d'une continuité vers l'avenir ou liquider le Msiro en gardant juste le souvenir dans nos mémoires de cet arbre aux diverses branches qui a résisté aux intempéries et accepté d'offrir  son hospitalité aux hôtes de passage et aux Ouaniens peu importe leurs origines ou croyances, symbole de rupture. Ces deux alternatives sur le destin du Msiro font resurgir un clivage attestant le double strabisme de Ouani: défaut sur la manière de regarder notre passé par une incapacité de conserver les bonnes pratiques et aussi l'illusion sur notre futur en voulant à tout prix embrasser le futur par une absence de remise en cause de notre modèle. Les maux du Msiro ne viendraient-ils pas de ces hôtes ( chenilles...)? 
 
KAVOU


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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 22:05

 

 

 

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Comme à son habitude, l’occident fidèle à son esprit dominateur exige que les autres cultures et civilisations du monde sautent des étapes pour se conformer au bon vouloir du capitalisme triomphant. Avec la colonisation l’occident n’a pas laissé d’autre choix aux pays colonisés que celui d’intégrer la culture dominante pensant naïvement comme l’écrit Cheikh Hamidou Kane que c’était pour “apprendre à lier le bois au bois et à vaincre sans avoir raison“. Malheureusement les Africains ont occulté la nature du capitalisme colonisateur qui a mis en place toute une batterie de mesures administratives comme pédagogiques pour justement empêcher les Africains d’apprendre ne serait-ce que “lier le bois au bois“, c’est-à-dire la technologie leur permettant de créer des industries en Afrique, n’en parlons pas de vaincre sans avoir raison.

L’Afrique, dans le dessein colonial, devait seulement servir de réservoir de matières premières à transformer en Europe pour nourrir les industries naissantes. Ainsi les Africains ont, surtout appris les langues des colonisateurs pour être de bons interprètes et d’intermédiaires. Pendant ce temps, les colonisateurs étudiaient minutieusement nos sociétés pour pouvoir briser tous les ressorts qui pourraient nous permettre un jour de secouer sérieusement le joug colonial. C’est ainsi que commença la colonisation des esprits et des intelligences africaines : par l’école, l’église et le fouet. L’actualité récente démontre en fait la continuation de cette tendance. Après la prétendue décolonisation, les liens d’allégeance politique et de dépendance économique continuèrent de plus belle. Après les partis uniques, la démocratie fut décrétée à la Baule comme une carotte pour mériter l’aide, autrement dit, l’endettement. En fait l’occident a fait semblant d’oublier toutes les étapes parcourues, depuis les guerres des religions – qu’on appellerait aujourd’hui terrorisme –, l’extermination de peuples entiers – qu’on appellerait aujourd’hui génocide si ça se passait en Afrique –, les révolutions – qui aujourd’hui s’appelleraient guerres civiles –, etc.


La démocratie est le pendant politique du développement des forces productives et de l’émergence de leurs luttes multiformes pour l’égalité et qui était une nécessité impérieuse pour le maintien de la domination du capital sous des formes nouvelles en tenant compte de la fin de l’esclavage et de la volonté de liberté acquise par les représentants africains aux batailles de libération de la France, n’en déplaise aux révisionnistes de tous poils qui veulent nier ou minimiser l’apport des Africains dans les deux guerres mondiales.

La démocratie de la Baule était donc quelque chose de tout à fait inconnu en Afrique, du moins sous ses canons occidentaux. Pour nos pays, la démocratie de la Baule devint synonyme de multipartisme débridé d’élections sous la férule de l’argent et de dictateurs démocratiquement élus. Concernant notre pays, le clou de l’histoire c’est l’organisation d’élection à 3 milliards de francs pour un Etat qui n’a pas d’état civile fiable.

Le comble c’est que la Communauté internationale qui casque, joue au pompier pyromane en imposant habilement des constitutions et des institutions ingérables à travers son réseau d’experts faiseurs de constitutions africaines pour avoir la jubilation de constater que ça ne fonctionne pas et jeter ensuite l’anathème sur l’Afrique incapable de bonne gouvernance et revenir ensuite proposer des renforcement des capacités et autres potions magiques du genre. Le financement de ses exercices étant mangé pour plus de la moitié par une expertise internationale gloutonne sous diverses formes qui n’arrivent pas à avoir réellement prise sur la société concrète hors bureaux. On nous serine à longueur d’élections qu’il faut qu’elles soient démocratiques, transparentes et fiables sans donner aux Africains le temps de réfléchir sur ces grands mots et de voir si nos pays ont intérêt à ces élections valables selon les critères d’évaluation de l’occident. En effet qu’est ce que des élections démocratiques pour une population incapable à plus de 75% de comprendre ce qui est écrit dans la loi électorale? Comment peut on passer en quelques années de soi disant indépendance, d’une forme de gouvernement des meilleurs, cooptés dans nos villages à un gouvernement d’anonymes élus sur la base du bien parler et de la corruption des électeurs dans un système avec urnes et isoloirs conditions propices chez des peuples ignorants en majorité des règles du jeux et ne votant que sur la base d’ethnies, de régions d’îles ou de villages.


Qu’est ce que des élections démocratiques où l’origine géographique est le seul critère d’accession à la magistrature suprême? Cela serait-il acceptable dans les démocraties occidentales ou bien est on entrain de nous servir des sous démocraties à l’usage des pays sous développés pour justifier toute l’armada d’institutions et d’Ong destinées à lutter contre le sous développement qui paradoxalement justifie, lui, leur existence et les nourrit!

A propos des critères des élections pour être reconnues par les systèmes d’évaluation occidentaux, je me pose les questions suivantes. Y’aurait-il élections plus démocratiques que celles où tout le peuple pourrait participer en comprenant et maîtrisant les règles du jeu? Y’aurait-il élections plus transparentes que celles où on saurait qui a voté pour qui? Si non je propose de réfléchir sur un système électoral moins coûteux plus démocratique et plus transparent et à la portée des budgets de nos pays pauvres. Il faudrait un système électoral qui éviterait l’hypocrisie des électeurs (qui promettent de voter tous les candidats moyennant argent) et limiterait le vote des mineurs et des morts. Au final ce système devra limiter l’emprise de la fameuse Communauté internationale payeuse de pots cassés par les assistés mais qu’elle a contribué à fragiliser elle-même en tant qu’assistante. Last but not least, un tel système électoral devrait redonner un peu de souveraineté aux Etats sous développés pauvre et qui pourraient enfin organiser des élections sur leurs propres budgets. Que demande le peuple! Ce qui est certain c’est que le multipartisme et les élections avec urnes et isoloirs, obsession des démocrates occidentaux, n’ont pas permis plus de démocratie en Afrique. Ceci rend nécessaire une réflexion autonome sur la démocratie dans les pays affamés en proie aux épidémies et autres endémies qu’on appelle “en développement“ en dépit du bon sens.

Je pense qu’une des pistes réside non point dans un transfert de technologie hypothétique coûteux et au final plus bénéfique pour leurs pays d’origine, mais dans une véritable appropriation de la science et de la technique universelles par les savant africains mentalement décolonisés, pour résoudre les problèmes prioritaires des populations

rurales en Afrique qui à leur tour aideront au développement de l’ensemble de l’Afrique, en assurant une autosuffisance alimentaire élémentaire à tous les enfants du continent condition sine qua non d’un développement endogène et pérenne.


Aboubacar ben Saïd Salim

Source : Al Watwan No 1622 du 15 septembre 2010

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 21:49


Le 35 ème anniversaire de l'indépendance des Comores a été marqué par un acte de
trahison. Dans son allocution prononcée à Mutsamudu le 06 juillet 2010, le
Président de l'Union donne autorisation au retour sans préalable de Mohamed
Bacar et ses acolytes. Une décision gravissime au regard du comportement
criminel de l'ancien dictateur d'Anjouan. Une haute trahison le jour où les
Comores fêtent l'Unité nationale d'accorder une clémence à un chef séparatiste
qui a mis à genoux l'Union et le vivre ensemble. C'est très, très dangereux pour
l'exemple, car Sambi donne l'impression que les crimes contre la nation sont
légitimes et resteraient impunis.

Cette décision nous rapprocherait de l'assassinat gratuit du Colonel Combo
Ayouba qui s'était opposé à toute réintégration des forces de gendarmerie
anjouanaise (FGA) et du retour du Colonel Bacar. Reprenant les dires de sa
compagne, une fois le forfait fait, la route est tracée pour laisser la voie
ouverte à la réintégration des FGA. Or, Combo s'étant opposé à toute idée de
réhabiliter les séparatistes qui l'avaient trainés nu dans les quartiers de
Mutsamudu après le débarquement, il défendait le principe que des
sécessionnistes ne pouvaient porter l'uniforme d'une armée républicaine après
avoir commis des crimes et porter atteinte aux droits de l'homme et à la dignité
humaine.

Cette décision porte également une atteinte à l'idée que nous nous faisons de
l'Unité et de l'indépendance des Comores. Comment le Président peut-il
outrepasser la justice et réhabiliter des personnes poursuivies pour des crimes
auxquels ils n'ont pas été jugés? Comment le Président peut-il expliquer sa
décision d'avoir engagé des forces, de l'argent public et cautionner l'impunité
des criminels? Comment enfin le Président peut renier son discours, ses paroles
présentant constamment Mohamed Bacar comme un danger et solliciter le concours
de la communauté internationale pour l'expulser manu militari et le laisser
rentrer comme si de rien n'était?

Mohamed Bacar a été présenté comme un criminel  de guerre, et toute personne
accusée d'actes de rébellion, de tortures, d'abus de pouvoir et de crimes de
guerre peut il circuler en toute impunité sur ses lieux de ses crimes en portant
un regard dédaigneux sur ses victimes?

La décision de Sambi porte une grave atteinte à l'indépendance des Comores et
aux principes fondateurs de l'Union, des Chartes des Nations-Unies et de l'Union
Africaine. Qui est plus, elle porte atteinte au fonctionnement de la justice
qui, seule, peut décider, de la poursuite ou non, d'un criminel. Après
condamnation, Sambi aurait pu gracier l'homme pour cautionner les actes de
Mohamed Bacar. Mais il ne peut empiéter la justice et déshonorer la dignité des
juges. 

Ayatollah désavoue le Président Sambi et tourne au ridicule. Nous qui l'avons
soutenu, notamment lors du débarquement, tombons nu et affecté par cette haute
trahison envers  les idées et les fondamentaux de la République. Le Président
Sambi nous a toujours demandé de dénoncer ces trahisons. Cet acte constitue un
acte grave et menace le vivre ensemble, en paix, au sein de la Communauté
nationale.

Nakidine Mattoir

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 08:05

35 ans

Et toujours rien…

 

C’est la dernière blague à la Une sur nos places publiques. Elle nous viendrait de la Belgique, une terre d’Europe aux jambes écartelées entre la Flandre et la Wallonie. Un jour de grande fête, les « notables », un mot impropre dans notre langue, mais très présent dans nos vies au quotidien, décident de se retrouver sur la place de l’indépendance, à Moroni. Fiers sous leurs toges aux mille couleurs, défiant la chaleur grisante, ils sont nombreux à honorer ce grand jour, avec leurs faux-sourires édentés. Il y a là les Mohéliens, les Anjouanais, les Grands Comoriens, il y a même les Mahorais, en costume trois-pièces, eux, pour marquer leur différence. Ne manquent à l’appel que les « Comoriens ». A se demander s’ils sont encore en vie ou s’ils ne sont pas tous partis en exil…

Car voilà à quoi ressemble ce pays déserté par les siens, désormais. A des épouvantails d’histoire évacuée. Des gens qui prétendent se réaliser pleinement avec des miettes d’archipel dans la conscience. Leur ascension se négocie au prix d’un leadership à territoire limité. Devenus Mohéliens, Anjouanais, Grands comoriens et Mahorais, ils se refusent à incarner l’enfance renouvelée d’un peuple en prise avec les démons de la défaite, depuis bientôt trente cinq ans. Un bon Comorien est un Comorien mort ou qui vivote à l’étranger, en se demandant s’il n’a pas perdu son âme dans une tragique traversée. Pendant ce temps, un certain Aboubakari Boina avance dans la presse cette idée insolite, sans que personne ne le reprenne à la virgule près : les Comores, unifiées, politiquement, seraient une invention coloniale. Saïndoune Ben Ali, poète de son état, disait un jour que lorsqu’un âne passe, le Comorien salue tête baissée. Nous, nous nous contenterons de dire que ce monsieur Boina ne maîtrise pas assez la réalité politique de ce pays pour s’autoriser une telle sortie ou peut-être qu’il compte sur l’indifférence de l’opinion comorienne envers ce qui est écrit dans les journaux pour paraître aussi falot, à l’heure des bilans en demi-teinte. Toujours est-il qu’il l’a écrit dans Albalad sans qu’aucun historien ne le corrige vertement.

Ce qui nous a quelque peu dérangés, on doit dire. Car que sont devenus les gardiens de la dignité d’archipel ? Se seraient-ils consumés sur place, à l’image de nos élites dirigeantes, qui ne sont plus que les parties restantes d’un corps calciné par le temps et le mépris de la conquête ? Le fait est que nos « faiseurs » d’opinion confondent encore pouvoir et terroir dans des joutes insulaires sous parrainage international et sous nos applaudissements, comme le souligne le poète. Posons-nous les bonnes questions pour une fois ! Aurions-nous effacé toute trace de ce que qui a été dans le passé commun ? Toute dignité aurait-elle vraiment sombré dans le brouillard des petits pouvoirs au nombrilisme épuisé ? Qui ne se souvient de ces mots d’Isabelle Mohamed, cette fille de lune venue du Bordelais, dans Maandzish N°3/ Petites histoires comoriennes, ouvrage paru aux éditions Komedit ? « Le questionnement sur l’unité des Comores n’est bien évidemment pas anodin ni lié au hasard : certains traits incontournables de la réalité comorienne semblent le rendre possible, mais il faut bien reconnaître qu’il a été orchestré dans l’histoire récente et maintenant dans l’actualité immédiate, à la faveur du conditionnement de la pensée par les modèles extérieurs, particulièrement par le modèle français pour ne pas le nommer. Il satisfait ainsi tous ceux qui ont intérêt à se poser en casseurs d’une unité qui ne permettrait pas le même exercice du pouvoir ou la même mainmise sur un espace convoité ».

Si l’on en croit la pensée ambiance de notre intelligentsia aux affaires, les Comores n’auraient jamais connu d’unité politique avant Passot et Humblot. Dire « oui » à ce qui n’est pas une question est synonyme d’aveuglement, forcément. Dire « non » embarrasserait nos élites, qui n’auraient plus que leur honte à relever, si l’on veut bien appeler « chat » un chat. Des élites qui n’ont pas su reconstruire le destin commun et qui se contentent à présent de verbaliser leur chute. Elites qui semblent voués aux « abonnés absents » lorsqu’on les sonne, et qui scient la branche sur laquelle nous sommes assis dès qu’on leur donne droit à la parole. Mais que sont devenus les rêves d’hier lorsque cette jeunesse avisée, au sortir d’un crash colonial marqué d’un mépris sans retour - nous étions alors en 68, à l’intérieur d’une carlingue de vieux coucou - se mit à composer des chants de révolution au nom de l’utopie collective ? Où sont ces enfants qui se projetaient dans la lutte pour l’émancipation du peuple, en tissant des monceaux d’espérance dans le silence de nos forêts ? Seraient-ils vraiment morts et enterrés ? Ces Comoriens d’un « autre âge », qui parlaient de « culture nouvelle » et de sursaut au grand jour, ne s’imaginaient sûrement pas vivre dans un pays défait, dévasté et déchiqueté de toutes parts. Ils étaient loin de penser que nous ne survivrions plus que grâce à l’assistance internationale. Aboubacakari Boina, qui fut de leurs rangs du temps de l’Asec, avant de se mettre à écrire des bilans critiques d’indépendance où le colon nous apprend à être ensemble, ne doit plus s’en souvenir. Ce qui explique la réincarnation de ses modèles d’antan en une certitude des temps de défaite.

Reste à savoir si ce qui a fait disparaître ces hommes et ces femmes de la gauche révolutionnaire n’est pas lié au fait qu’ils tissaient leurs discours dans le mensonge de la vie en pays dominé. Usiku wa mwendza ndrabo kohomo husha raconte un vieil adage. Apparemment, rares sont ceux parmi eux qui saisissaient le sens de leur propre quête. Ils « perroquaient » comme de vilains petits copieurs qui ne savent plus à quel saint se vouer pour exister sur le trône. Il n’est donc pas surprenant que leurs tissus de boniments finissent d’éclater au grand jour, pendant que le peuple ravale sa misère en travers de gorge. Ces hommes et ces femmes étaient les enfants d’une idéologie étrangère à nos réalités. Du moins, avaient-ils mal lu le préambule des classiques du marxisme-léninisme et des enfants de Mao. Ce qui les amène à tenir ce rôle de valets du néolibéralisme qu’ils tiennent de nos jours, quand ils ne jouent pas aux esprits assagis de la petite semaine. Nous ne citerons pas d’autre nom, pour ne pas céder à une polémique inutile, ce serait perdre du temps. Néanmoins, souvenez-vous qu’un homme ayant appris sa ligne de conduite révolutionnaire, en se laissant duper par l’Albanie de Hodja par le biais des ondes moyennes, pouvait ne pas devenir un saint imam dans une mosquée à l’étroit, à Ngazidja. Souvenez-vous également de ce que ce fils de la petite-bourgeoisie des hauteurs de Moroni, torturé dans une caserne à Voidjou par les mercenaires français, qui se présente comme l’avocat du nouvel ordre des patrons profitant de la déchéance humaine dans l’archipel, avait cru défier un jour. Pardonnez-nous d’avoir à insister. Que sont devenus les enfants de l’utopie collective en terre comorienne ? Qu’ont-ils appris de leur lutte qui les fasse renoncer à toute trace de dignité ? Il y a encore peu, un historien de la place, issu de cette génération au regard biaisé, s’essayait à démontrer que Humblot le colon fut un botaniste dont il faudrait réhabiliter les travaux pour le bonheur futur des Comoriens. A ce rythme, il n’y pas de doute, Dieu lui-même risque de nous tomber sur le paletot.

De là à imputer la responsabilité d’un pays déchu à cette seule génération de gauche, apparue à la faveur d’une confusion générale, à la fin des années soixante, il n’y a qu’un pas que nous allons bien sûr franchir sans retour. On ne peut nier le fait qu’ils étaient les premiers à pouvoir décrypter le monde en devenir et à nourrir l’espérance du mieux-vivre sur cette terre. Ils portaient en eux les prémices d’un pays en lutte pour son destin à venir et posaient une dialectique sur un enjeu de transformation sociale pour tous nos concitoyens. Ils étaient à contre-courant de la pensée ambiante, incarnée par les toges de notables et les ambitions mesurées d’une élite formatée au service du pouvoir colonial. Mais pourquoi ont-ils subitement renoncé à se battre ? Pourquoi sont-ils devenus les artisans et les experts d’une cogestion de crise financée par les organismes internationaux d’assujettissement des peuples ? Aujourd’hui, ils travaillent pour le FMI, la Banque mondiale et l’Union Européenne, qui privatisent le pays. Ils travaillent pour le système des Nations unies, qui n’arrive pas à aller au-delà de vingt résolutions contre ce qui déconstruit un pays. Ils travaillent aussi pour la coopération française, qui continue de vouloir acheter la paix sociale, afin de ne pas avoir à payer l’entretien (trop coûteux) d’une centrale d’écoute en pays étranger. Ils ne travaillent surtout plus pour un pays (le leur), qui ne sait plus où donner de la tête pour pouvoir se soigner, se former ou se nourrir. Ils ont oublié jusqu’à leur mystique révolutionnaire et ne sont plus que les ardents défenseurs d’une realpolitik de la soumission. De l’apprentissage de la vie en pays dominé à l’acceptation des temps de défaite comme un point d’achèvement de leur formation politique, personne ne s’imagine le temps parcouru. Il faudrait pouvoir dresser un bilan pour le saisir au plus près. Or ce bilan, tous le refusent d’un air détendu depuis que la liberté d’expression se revend au détail sur le grand marché de Volo Volo. Comment défendre un pays sans disserter sur les manquements d’une élite ayant troqué sa conscience contre un 4x4 rempli de fruits à pains et un passeport biométrique passant les frontières de Paris et Marseille sans kwassa kwassa ?

Au six juillet dernier, on nous suggérait de ne pas tout confondre dans le même marigot. Sambi s’en va, la république est sauve, et Mohéli va jouer à la tournante sur une PlayStation. Il n’y pas de raison pour qu’elle n’accède pas à la même technologie que les autres îles. Mais qu’allons-nous devenir, nous autres, qui écrivons sur le désastre, sans savoir comment l’exorciser ? Nous avions un pays, les Comores. Nous n’avons plus que des morceaux d’îles dans nos têtes. L’Etat comorien, qui existe, n’en déplaise à ceux qui racontent le contraire, signe et contresigne les dernières opérations de privatisation du pays. Après les matins de défaite face à l’adversité coloniale, nous sommes passés au cauchemar des années de renoncement, avec femmes, enfants, armes et bagages. Bientôt, nous allons nous transformer en clandestins sur nos propres terres, à défaut d’organiser la fuite massive d’un peuple en désarroi quotidien. On ne vous parle pas des seuls rescapés de la traversée entre Anjouan et Mayotte. On vous parle aussi de ces terres vendues aux fonds d’investissement étrangers, qui vont faire de nous des êtres sans-abris, à quelques mètres des consciences suspendues de nos cimetières. Va-t-on les terrasser, ces cimetières, pour ne plus avoir à se souvenir du passé ? Le 6 juillet 2010, 35 années après avoir confondu les mots « indépendance » et « dépendance » dans un délit d’initiés, nous avons célébré la mort dans l’âme la reddition d’un peuple, dont le mkalimani, cette élite aux affaires, ne sait plus que mimer le « oui » de l’avilissement intellectuel. Certes, nous sommes la résultante d’un pouvoir destructeur, venu d’ailleurs, étranger à notre soif de liberté. Mais nos élites, à quoi elles servent, à part expliquer et raconter que 3+1 égal à 2, voire à 5 ? La logique voudrait que 3+1 fassent 4 pour que les jeux passent la rampe du casino de nos régimes usurpateurs. Mais ça tout le monde s’en fout bien sûr…

Collectif Komornet

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 08:31

Source : Al-watwan N° 1579 du jeudi 24 juin 2010

COMORES : HARMONISATION ELECTORALE : “UN CALENDRIER IRREALISTE” / Par Mohamed Kassim Zahahé

 

Fixer l’élection au 7 novembre est trop ambitieux et vu l’expérience, ces délais ne sont pas techniquement réalistes. Si la Ceni est mise en place le 1er juillet prochain et que grâce à Dieu, les fond sont obtenus à temps, il serait idéal et peut-être réaliste de tenir les élections le 26 décembre 2010 pour le premier tour et le 27 février 2011 pour le second. La Cour constitutionnelle aura, jusqu’au 10 mars 2011, à publier les résultats définitifs“.

Je viens de lire à travers Al-watwan N°1575 du 17 juin 2010, les grandeslignes de l’accord pour la gestion de lapériode intérimaire, signé par le Président de l’Union, les gouverneurs des îles et la communauté internationale, représentée par l’ambassadeur Francico Madeira. A cet accord, a été joint le calendrier électoral fixant au 7 novembre et 26 décembre prochains les premiers et deuxièmes tours des élections harmonisées.

 

Quand on lit les dates butoirs fixées dans ce calendrier, il y a quoi à se réserver quand on connaît les tenants et les aboutissants d’une organisation d’une élection plurielle. En effet, depuis 1992, j’ai eu le privilège, avec d’autres collègues, de faire partie de la Commission nationale électorale et lorsque vient le moment de proposer un chronogramme des activités électorales, nous avons toujours tenu comptes des réalités sociales susceptibles de faire boiter le processus électoral, telles que les cérémonies coutumières, les examens nationaux de fin d’année, les mois de ramadan, mawulid et du pèlerinage. Or, le calendrier proposé, fixe au 7 novembre prochain le premier tour dans un moment où entre le 1er et le 6 du même mois, nos pèlerins doivent quitter le pays pour se rendre dans les lieux saints de l’Islam. Peut-être, dirait-on que ce n’est rien, ce n’est pas important, mais personne ne doit se dérober de nos capacités d’organiser une élection de telle taille au même moment où nous voulons assurer avec toutes facilités possibles, le déplacement d’un millier de nos compatriotes. Nous ne pouvons non plus nous leurrer des difficultés de toutes sortes rencontrées chaque année dans l’organisation du pèlerinage.

 

Deuxième chose, supposons que tout irait bien une fois que la machine électorale serait lancée. L’accord est, certes, déjà signé le 16 juin, admettons que la mise en place des structures électorales sera effective le 15 juillet prochain.
Leur installation physique, l’élaboration et l’adoption du règlement intérieur et du budget estimatif ne se feront pas autant avant dix jours, c’est-à-dire que jusqu’au 31 juillet, le budget adopté par la Ceni et validé par le gouvernement et le Pnud, après amendements, sera transmissible aux partenaires bi et multilatéraux.
A moins de changement d’habitudes et de procédures sur les décaissements des fonds, certains bailleurs exigent la réception du budget trois mois avant la tenue des élections. Là dessus, il n’y aura pas de souci, nous serons dans les délais.

 

Toutefois, les activités préélectorales et pas les moindres nécessitent des gros financements au préalable et des délais élargis. En fait, la révision des listes électorales (sauf si cette fois-ci elles sont négligeables), l’acquisition du matériel électoral sensible, les formations en cascades destinées aux agents de trois mois. C’est dire que fixer l’élection au 7 novembre est trop ambitieux et vu l’expérience, ces délais ne sont pas techniquement réalistes. Si la Ceni est mise en place le 1er juillet prochain et que grâce à Dieu, les fond sont obtenus à temps, il serait idéal et peut-être réaliste de tenir les élections le 26 décembre 2010 pour le premier tour et le 27 février 2011 pour le second. La Cour constitutionnelle aura, jusqu’au 10 mars 2011 à publier les résultats définitifs.

 

Les dates ici évoquées nous permettront d’observer un processus électoral bien cadré d’une part et de réduire la longue attente de l’investiture du président et des gouverneurs nouvellement élus dont la date ne saurait dépasser le 26 mai 2011. Etant techniquement responsable, la Ceni a la latitude de prendre toutes les décisions relatives à la bonne organisation de l’élection conformément aux articles 42 et 43 de la loi électorale en vigueur.

 

Mohamed Kassim Zahahé
Ancien secrétaire général de la Ceni



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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 08:12



Par Nakidine Mattoir(.)


L’ancien Premier ministre est mort ce dimanche 13 juin 2010 à Port-Louis (lIe Maurice). Avec la disparition du président fondateur du Mouvement pour la Démocratie et le Progrès (MDP), Moroni perd une de ses plus belles étoiles et les Comores, un patriote et un amoureux de la nation comorienne.

Intègre, Abbas Djoussouf l’était en tout dans sa vie politique et civique. Tout au long de sa vie, l’ancien candidat à la présidentielle s’est taillé une image d’homme de probité morale et intellectuelle. C’est un albatros au milieu d’un océan d’hommes politiques pourris et arrivistes. C’est un homme fidèle à sa parole, ses convictions et son idéologie. Jamais, il n’a trahi ses idées pour des prébendes. Jamais, malgré les sollicitations, il n’a vendu son âme pour un poste politique. Sa vie se résume en un mot : intègre. Au quotidien et dans sa vie. Dans son ½uvre politique et ses relations humaines.

Solitaire aussi. De 1967 à 2002, plus d’une trentaine d’années d’actions publiques en ont fait un homme respecté, parfois craint, mais profondément seul. Seul dans son combat politique pour lutter contre la dictature d’Ahmed Abdallah. Seul pour soutenir Mohamed Taki Abdoulkarim en 1990. Seul dans son coin pour défendre une idée, une constance: la démocratie et une certaine idée pour les Comores. De cette lutte, Abbas Djoussouf apparait comme le champion de l’opposition. C’est un honnête homme au service de la nation comorienne.   Une personnalité dotée d’un fort caractère, ce qui est considéré comme un mauvais caractère. Une personnalité intègre vient de tirer sa révérence, et la nation comorienne est en deuil

Cette aventure politique débute en 1967 après des études brillantes en France. De retour à Moroni, l’ingénieur topographe décide de s’investir en politique pour combattre les inégalités et le népotisme du régime de Said Mohamed Cheikh, et surtout de défendre l’indépendance des Comores. Un combat qu’il va mener avec fidélité et constance, jusqu’à sa mort ce dimanche 13 juin 2010.

Humilité enfin. Au cours de mes entretiens avec lui, une imagea forgé mon esprit. Ce grand homme était tout simplement un homme humble, sobre et franc. Dans le cadre de mes travaux sur l’Histoire des Comores, je me suis entretenu plusieurs fois avec lui. A mes yeux, c’est l’une des rares personnes qui répondent sans ambages aux questions, distillant les réponses avec clarté et vous indiquant des sources, parfois ses opposants où vous pouvez trouver l’authenticité des écrits et de ses paroles. Malgré les années passées en prison, les tortures, les humiliations, les trahisons, il a su rester égal à lui-même : digne et sobre. C’est un homme qui a profondément marqué la jeunesse, notamment la mienne. En 1990, lorsqu’il était candidat à l’élection présidentielle, des jeunes, comme moi, soutenaient sa candidature, bien que nous ne fussions pas des électeurs, en raison de son âge. Abbas Djoussouf aurait pu accéder à la plus haute marche de l’Etat. Mais il n’aimait pas les compromissions et les deals en soutane. C’est une impardonnable lacune dans le monde comorien, mais une grande dignité égale à l’Homme.

Patriote intransigeant, il a défendu avec convictions l’Unité des Comores à la Conférence d’Antananarivo en 1997. L’enfant chéri de la France, comme le dit souvent la presse et l’opinion publique, a été trahie par ses amis. Ou plutôt il a encore préféré défendre ses convictions aux dépens du pouvoir. C’est noble, juste et valeureux. Le putschiste Azali à la solde des mafieux, va couper la tète d’une dynamique de pouvoir qui commençait à porter ses fruits: paiement régulier des salaires, rationalisation de l’état, hausse des pensions…etc. Abbas Djoussouf était à la fois un grand démocrate et un homme de conviction. Déterminé, mais non sectaire, c’est un homme républicain, honnête, droit, très attaché au combat contre les injustices et les inégalités. Il refusait la langue de bois et la pensée unique, Il n’était pas prisonnier des moules habituels. C’est une personnalité atypique dans la classe politique comorienne.

L’ancien premier ministre incarnait de nombreuses qualités qui font malheureusement défaut aux hommes politiques d’aujourd’hui: humilité, droiture intellectuelle, probité, son d ition. Tu étais un homme libre et engagé dans des combats justes. Tu vas nous manquer et repose en paix Inchallah amine.
A notre et aux futures générations de reprendre le combat juste cet homme courageux et droit

(*)Historien

Source : Albalad n°277du 15-06-10

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 14:12

 

Vous trouverez ci dessous la reflêxion de Monsieur Mohamed Chaher Said Massonde sur l'arrêt rendu par la cour constitutionnelle le 08 mai dernier.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

J’ACCUSE

 

Depuis toujours j’ai pensé et dit que notre pays avait la grande chance de ne pas connaître les handicaps de races, de langues, de culture et autre religion qui, dans plusieurs autres contrées du monde, causent et entretiennent entre pays, groupes ou communautés, des guerres de tout genre. Cela n’a pourtant jamais suffi pour que le peuple comorien puisse vivre dans la sérénité et que les dirigeants puissent s’occuper des tâches essentielles, nécessaires au bien-être des populations : des troubles plus ou moins sérieux sont à chaque fois entretenus par ceux-là mêmes qui espèrent occuper les rênes du pouvoir. Parce que, pour eux, il faut le plus vite possible renverser celui qui est en place, et vite occuper le trône ! C’est ainsi que, depuis la proclamation de l’Indépendance en 1975, le pays n’a jamais connu la stabilité nécessaire à l’effort et à l’entreprise de son développement, si bien que la seule période où un effort de développement a pu être maintenu fut, qu’on le veuille ou pas, celle malheureusement entachée de la présence de mercenaires.

Cette instabilité chronique a ses raisons d’être, dont la première est le différend de Mayotte. Mais force est de reconnaître qu’est grande la part de responsabilité de nos aspirants dirigeants facilement séduits par l’appât du pouvoir à eux tendu par ceux dont les intérêts sont bien servis par la chienlit à la comorienne…

 

Ce sont eux tous qu’ici J’ACCUSE :

 

D’avoir créé et entretenu de toutes pièces la sécession anjouannaise de 1997. Tout n’a pas encore été dit, mais les difficultés socio-économiques du pays en général, d’Anjouan en particulier, n’expliquent pas toutes les horreurs de ce passé récent, ainsi que sa médiatisation soutenue pour la désinformation (rappelons-nous les centaines de morts annoncées par certains médias suite au débarquement à Anjouan de l’AND alors qu’en réalité, une seule main suffisait pour compter les vrais malheureux victimes).

 

D’avoir, fin 1999 début des années 2000, perturbé les négociations entre l’Etat et, non seulement les sécessionnistes d’Anjouan, mais même de Mayotte, et conduit le pays à une vraie-fausse réconciliation qui ne permit jamais aux putschistes d’asseoir leur pouvoir sur l’île récalcitrante, mais qui fit naître un Etat affaibli avec 3 Constitutions incohérentes et de multiples institutions conflictuelles et ruineuses. Mais ce fut quand même mieux que le Nouvel Ensemble Comorien qu’on a failli flanquer au pays si il n’y eut, Dieu merci,  la vigilance de l’Opposition d’alors .

 

D’avoir semé et d’inviter aujourd’hui le chaos constitutionnel, alors même que le peuple comorien vient d’accepter par référendum une révision de la Constitution pour la rendre, certes pas encore satisfaisante, mais au moins plus cohérente et moins budgétivore.

 

La trouvaille cette fois est dans l’invention de fantômes appelés « prolongation du mandat » et « rétroactivité ». Ces mots furent créés ex nihilo et jetés dans le débat politico-constitutionnel autorisant les pseudo-responsables à appeler en leur nom à tout brûler et tout casser.

 

Pourtant, la question qui se posait était simple à résoudre puisqu’elle consiste à harmoniser les élections du président mohélien de l’Union et des gouverneurs des Iles. Oui, la résolution de cette question était aisée, pourvu que l’on accepte le verdict du peuple souverain qui s’est prononcé pour cette harmonisation. Il suffisait entre politiciens raisonnables de négocier les dates les plus raisonnables possibles pour les faire adopter en Congrès.

 

Qui osera dire que les Comoriens ne sont pas capables de se rencontrer et de convenir entre eux de ces dates ? Avaient-ils besoin de faire le tour de la Terre, de mobiliser LA Communauté Internationale pour leur convenir de dates et de programme de réunion ? Eux (les Comoriens) qui tous les jours se voient, discutent de tout et de rien dans les bagwés, les mashughulis…

 

Je condamne tout ce remue-ménage comme voulu pour distraire des vrais problèmes du pays que sont son Unité et son Développement…

 

Et voilà que saisie, la Cour Constitutionnelle vient ajouter à la confusion dans son Arrêté du 8 mai dernier, sans rien résoudre de l’imbroglio cousu de bric et de broc par nos « politico-juristes-constitutionnalistes ».

 

Que cette honorable Institution statue sur la constitutionnalité de la Loi du Congrès, c’est de son ressort le plus  strict. Mais elle n’a aucun pouvoir pour ouvrir une période intérimaire (imprévue dans notre texte constitutionnel), encore moins pour dire quel gouvernement doit être formé et par quelle démarche gouverner !

 

En se prononçant sur ces points, la Cour offre gratuitement aux extrémistes des deux bords des raisons de ne vouloir rien voir, rien entendre, alors que la sagesse suggère que l’on se rencontre, se concerte en toute indépendance pour avancer la date des élections harmonisées, et pourquoi pas aussi mettre en place un gouvernement d’entente pour « expédier les affaires courantes ».

 

De grâce, que l’on arrête ce charivari ! Que nos politiciens se montrent matures et responsables! Qu’ils se soucient de l’intérêt premier et supérieur de la Nation : les lectures et autres interprétations des mots de la langue de Molière peuvent durer toute l’éternité ; mais elles ne résoudront pas les problèmes de notre pays, de notre peuple qui ont au contraire besoin aujourd’hui d’élections harmonisées du mohélien à la tête de l’Etat et des gouverneurs des Iles.

 

Serait-ce trop de demander à Ahmed A. Sambi, à Abdouloihab Mohamed, à Ali Said et à Moussa Toyib, d’oublier un moment l’orgueil que peut leur conférer leur haute autorité, pour convenir, en simples Comoriens soucieux des problèmes de leur pays et de leur peuple, de convenir d’une nouvelle date pour se rencontrer et décider en toute responsabilité, de nouvelles dates pour ces fameuses élections harmonisées, nouvelles dates qu’un nouveau Congrès ne pourrait que corroborer ?

En agissant ainsi, vous rendriez à votre pays le plus grand des services qu’il puisse attendre de ses enfants. Et tous les Comoriens vous seraient reconnaissants pour toujours !

 

 

 

Fait le 10 Mai 2010.

 

  Mohamed Chaher Said Massonde,

  Ancien ministre.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 23:44

Opinion : Comment expliquer à ma fille l'évolution de la crise politique tribalo-constitutionnelle aux Comores/ Par Dr Abdou Musbahou

 

Je commence par t'avouer que je n'ai aucune animosité particulière contre notre président et le respecte comme tel, mais je milite sans aucune ambigüité pour son départ pacifique du pouvoir, car il n'a pas honoré ses promesses de campagne et souhaite prolonger son mandat. Par contre, je n'apprécie pas la stratégie maladroite de l'opposition et son amateurisme. Je crains le pire avec une opposition à plusieurs facettes sans leader ni projet commun, mis à part le départ de Sambi.

Il ne faut se voiler la face ; il faut reconnaitre que la stratégie de l'opposition nationale pour faire partir Sambi en mai 2010 a lamentablement échoué pour les raisons suivantes :
-L'opposition n'a pas empêché Sambi de réviser la constitution par voie référendaire.
-L'opposition a considéré à tort que les accords de Fomboni priment sur les 2 constitutions présentées au peuple successivement par Azali et Sambi et votées massivement par les comoriens.
- L'opposition a commis une erreur grave en considérant que la tournante est une affaire Mohélienne qui doit être réglée entre le gouvernement de l'union et les opposants Mohéliens.
-L'opposition Mohélienne a manqué de cohésion et paraît divisée par les calculs politiciens.
-L'opposition Mohélienne a minimisé l'importance capitale de Mohamed Ali Saïd et du président du conseil de Mohéli.
-L'opposition a trop misé sur la communauté internationale.

I-L'opposition n'a pas empêchée Sambi de réviser la constitution par voie référendaire.


La révision de la constitution par sambi est légale, contrairement à ce que raconte l'opposition. L'opposition devrait dissuader Sambi de réviser la constitution sinon se battre pour que le non l'emporte au lieu d'adopter la stratégie d'un boycott mou.

II-L'opposition a considéré à tort que les accords de Fomboni priment sur les 2 constitutions présentées respectivement par Azali et Sambi et votées massivement par les comoriens.


Les accords de Fomboni doivent être considérés comme s'ils n'ont jamais existés à partir du moment où la constitution proposée par Azali, est acceptée par voie référendaire par les comoriens. Elle a automatiquement régularisé la situation des Comores sur le plan constitutionnel. Il est inconcevable d'imaginer que des accords signés entre des séparatistes au pouvoir à Mutsamudu, à Fomboni et Anjouan, sans légitimité des urnes, doivent être au-dessus d'une constitution votée par le peuple. En fait les accords de Fomboni demeurent un argument fragile pour défendre la tournante.

III - L'opposition a commis une erreur grave en considérant la tournante comme une affaire Mohélienne qui doit être réglée entre le gouvernement de l'union et les opposants Mohéliens.


La tournante est un droit constitutionnel qui doit être défendue et respectée par tous les Comoriens y compris le président sambi.
Si Sambi ne veut pas respecter la tournante tous les comoriens respectueux de leur pays doivent s'unir comme un seul homme pour défendre cet article fondamental de la constitution. Il n'est pas question de défendre les Mohéliens ni combattre la personne de Sambi, mais il s'agit de faire respecter la constitution de notre pays. Et parler de la tournante des mohéliens n'est qu'un abus de langage. D'ailleurs si les Mohéliens doivent présenter 3 candidats de leur choix l'élection du nouveau président dépend du vote de Ngazidja et d'Anjouan et à juste raison, compte tenu de l'inégalité démographique en faveur de ces derniers. Il faut se rappeler qu'il s'agit d'une élection d'un président de tous les comoriens par suffrage universel et non pas le président des Mohéliens. Et le bon président originaire de Mohéli sera l'homme ou la femme qui saura le plus rassembler les comoriens de toutes les îles. Et, il serait suicidaire qu'un politicien accepte son élection en tournant le dos à une île. C'est pourquoi il faut éviter le jeu politique malsain consistant à diaboliser une catégorie de la population comme faire pavoiser une opposition composée de femmes en faveur de la tournante excluant de fait les femmes Anjouanaises ou prononcer des propos sectaires. L'opposition nationale a focalisé sa stratégie sur la tournante tout en occultant l'échec politique et économique de sambi par rapport à ses promesses électorales. Cette stratégie n'est pas mobilisatrice car en dehors des intellectuels l'ensemble des Comoriens ne se sentent pas concernés. Ils estiment à tort qu'il s'agit d'une affaire politique, n'ayant pas d'impact direct sur leur vie quotidienne de misère.

IV-L'opposition Mohélienne a manqué de cohésion et paraît divisée par les calculs politiciens.


Si l'opposition Mohélienne mérite des félicitations pour avoir mis en échec Sambi dans les législatives, force est de constater qu'il manque de stratégie commune pour faire plier Sambi.
Au détriment d'une stratégie commune en faveur de la tournante, la politique de petits clans pour la présidentielle s'organise alors que rien ne dit que Sambi quittera le pouvoir le 26 mai. Les alliances contre nature pour l'élection du président du conseil de Mohéli en dit long.

V-L'opposition Mohélienne a minimisé l'importance capitale de Mohamed Ali Saïd et du président du conseil de Mohéli.


La constitution actuelle présentée par Sambi et votée par le peuple y compris les Mohéliens, n'a pas prévu le remplacement du gouverneur d'une île en cas de démission collective entrainant le départ de tous les élus du pouvoir insulaire. En conséquence, en cas de démission collective Sambi sera contraint d'organiser des élections anticipées du gouverneur et des conseillers sans attendre novembre 2011 ou il nommera un gouverneur de son choix en dehors de tout cadre légal. Il s'agit d'une action légale de la part des élus de Mohéli plus est dans ces conditions Sambi se mettra dans l'illégalité et ses arguments en faveur de l'harmonisation seront balayés d'un revers de main. Son masque tombera devant les comoriens et la communauté internationale. Par contre la stratégie selon laquelle, Mohamed Ali Saïd et l'opposition ne doivent plus reconnaitre Sambi après le 26 mai est une grave erreur qui ne profitera qu'à ce dernier. Il s'agit d'une action illégale qui sera qualifié de rébellion à l'égard du pouvoir de l'Union avec tous ses corollaires. Sambi aura les mains libres pour continuer son chemin vers 2011 et la population de Mohéli ne peut pas accepter le prix d'un isolement pour ne pas dire embargo. Menteurs ou naïf tous ceux qui brandissent la menace d'un pouvoir séparatiste à Mohéli tel a été le cas à Anjouan. Par contre Anjouan payera sans doute les pots cassés compte tenu des origines de sambi. La haine contre les Anjouanais innocent véhiculée par des politiciens véreux mettant tous les anjouanais dans le même pot risque de nuire à la stabilité du pays. Ainsi il est grand temps que tous les Anjouanais condamnent sans équivoque la prolongation du mandat de Sambi, surtout que ce dernier n'a rien fait en faveur de cette île depuis son avènement au pouvoir. Aucun projet touristique ou de développement n'est prévu dans cette île alors qu'elle présente les mêmes atouts que ses sœurs. Il ne faut pas aimer une bague pour des raisons excentriques jusqu'à sacrifier son doigt. C'est un suicide donc un pêché.

V-L'opposition a trop misé sur la communauté internationale.


La timidité de l'opposition lors des campagnes pour la révision de la constitution et des 2 dernières consultations tranche avec son agressivité devant les chancelleries à l'étranger et auprès des organismes internationaux. Il est naïf de croire qu'un pays étranger quel qu'il soit sans aucun intérêt particulier s'immiscera dans l'imbroglio politico-constitutionnel comorien en dehors d'un cadre juridique. Les Comores, un pays souverain avec un pouvoir légal reconnu comme tel a le droit de modifier sa constitution comme bon lui semble dans le respect des droits de l'homme. Dans les grandes démocraties il arrive que l'opposition soit hostile à une modification d'un article de la constitution mais elle l'accepte au final, car elle est soumise à la loi de la majorité. L'UA n'a aucune compétence pour demander à Sambi de se soumettre à un accord de 2001 en occultant la constitution actuelle.
L'opposition et le pouvoir ne font que se ridiculiser auprès de la communauté internationale en montrant leur immaturité.

En conclusion, il appartient aux élus de l'opposition en général et de Mohéli en particulier de présenter une démission collective afin de contraindre en toute légalité Sambi à quitter le pouvoir dans les meilleurs délais. Par contre il sera difficile de garder le titre de gouverneur de l'île de Mohéli et ne pas reconnaitre l'autorité du gouvernement de l'Union sans porter l'étiquette de rebelle.

Docteur Abdou Musbahou

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 12:50

De la francité à la francophonie : faire la différence
Par  Amroine Darkaoui


Ce 20 mars 2010, date de célébration du 40ème anniversaire de la francophonie - champ de partage de la langue française et de diversité linguistique - est une opportunité, entre autres contributions, de s'interroger sur la différence entre "francité" et "francophonie".

Cette interrogation est suggérée par l'usage dans la presse comorienne du terme "ufarantsa" ou "ufarantsia" pour désigner la francophonie. Or, cette marque de classe "u" appliquée à un nom indique l'appartenance à l’entité ainsi marquée par ce nom.

Ainsi, ufarantsa ou ufarantsia caractériserait ce qui est français, et appartient à la France, dans le sens de la francité de quelqu'un, d'un objet. Ce qui, évidemment, ne signifie pas francophonie, terme qui relève, non pas de l’entité France, mais de celle de la langue française, signifiant par conséquent le partage de la langue française.

Il conviendrait alors, par analogie, d’établir cette différence dans la langue comorienne, en construisant le terme signifiant « francophonie », non pas de l’entité France - « Farantsa » - mais de celle « shiFarantsa » - la langue française. Cela donnerait alors le terme « ushiFarantsa ».

En ce moment marqué par le débat sur l’identité nationale française, cette clarification est sans doute nécessaire.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 22:48

Source : Alwatwan du 16 mars 2010

Le récit: Moi Bahia, la Miraculée (Un hymne sentimental à la France)

 
Par Aboubacar ben SAID SALIM
Ecrivain.


Je viens de lire, le récit d'Omar Guendouz et Bahia Bakari , la seule rescapée du crash du 30 juin 2009 de l'Air Bus A 310 de la Yéménia.

J'ai apprécié la clarté du récit écrit dans un style parlé qui sied bien à l'autobiographie d'une petite fille de 13 ans , mais qui malheureusement cache mal le parti pris de l'adulte co-auteur contre les Comores et les comoriens.

On s'attendait à plus de respect pour le peuple comorien en général et plus de compassion en particulier pour les familles des victimes endeuillées par ce terrible accident, mais il n'en est rien.

Le fil conducteur du récit d'après les auteurs, semble être cet engouement de tout comorien pour le visa d'entrée en France et l'obtention de la nationalité Française. Pour Guendouz Omar, et Bahia Bakari, le comorien ne vit, n'agit, ne respire que dans le but d'obtenir un visa pour la France.

Deux exemples sont très parlants à ce propos, celui du sauveteur de Bahia, Libouna Sélémani Matrafi. En effet les autorités françaises n'ont trouvé comme suprême récompense pour ce héros que de lui offrir un visa pour la France et peut être la nationalité Française qui semblent plus recherchés aux Comores que le paradis d'Allah.

Page 232 on peut lire « on est français par le droit du sang, par le droit du sol. Je trouverais normal que Libouna Sélémani Matrafi le devienne, comme il le souhaite, par le mérite. » Déclare l'ambassadeur de France aux Comores Monsieur Luc Hallade,
Mais le plus insultant reste l'interprétation de l'engagement des parents des victimes pour que la lumière soit faite sur ce crash et qui pour les auteurs n'est qu'un simple moyen d'obtenir un visa pour la France.

Je cite p 236 « les associations de victimes se déchirent, comme ce Monsieur Al- Kabir , pour être sur le devant de la scène . Chacun s'improvise « interlocuteur » , pour être reçu par les autorités françaises et tenter d'obtenir un visa pour la France « ( souligné par nous)

Ce que monsieur Guendouz oublie dans son empressement pour défendre la thèse officielle, c'est que ce Monsieur Al-Kabir comme il l'appelle a perdu dans le crash sa sœur, 1 nièce et 2 neveux

Combien de victimes fallait-il avoir dans sa famille pour mériter le titre glorieux «d' interlocuteur » des autorités françaises, Monsieur Guendouz ?

Quant à un passage exprimant un peu de compassion pour les autres familles comoriennes endeuillées, non, il n'y en a pas. Il n'y en a que pour « la miraculée. » et pour sa famille.

Si d'après Monsieur Guendouz le moteur de la vie de tout comorien est d'obtenir un visa pour la France ou la nationalité française, peut on dire alors que la motivation de ce livre est d'obtenir encore plus de reconnaissance de la France pour avoir repris sans honte , ni gêne tous les clichés officiels de la France sur les Comores depuis Mayotte heureuse d'être française , jusqu'aux coups d'états, en passant par les kwassa -kwassa vers le paradis mahorais, et l'obsession du visa et de la nationalité ...française ,une véritable maladie psychiatrique ! C'est à vous dégouter d'être comorien -Mayotte a raison=CQFD-
Devant la peur compréhensible de Bahia de reprendre l'avion pour retourner en France, le Ministre Joyandet ne trouve rien d'autre à dire que : « c'est un avion de la république Française » p190.
Comme si l'avion d'Air France qui a crashé en Amérique Latine, n'était pas un avion de la République Française, comme si l'Air Bus A310 de la Yéménia, n'était pas un avion fabriqué dans la république française !

Mais l'apothéose des idées rétrogrades de Guendouz qui fleurent bon le « harkisme », réside dans l'éloge du « caméléonisme » à travers la description du père de Bahia , qu'il érige en exemple du comportement digne des bons français venus d'ailleurs, lesquels ne doivent jamais rien dire , ni rien faire qui puisse les distinguer ni les faire remarquer , d'autant plus qu'ils ont une identité quelque peu remarquable : un drôle d'accent ou une drôle de couleur !

Le contexte s'y prête en cette période de débat sur l'identité nationale en France et Guendouz semble avouer à travers l'admiration du « caméléon » Kassim , père de Bahia qui se contente d'être un éboueur fier, un point un trait et français , allais-je oublier.

P81 « Papa prend ce travail d'éboueur qu'il ne quittera jamais ....il est fier de travailler en France »

P 83 « Chaque matin, il se réveille à trois heures et demie. Il enfile sa tenue d'éboueur. Il ne manque jamais à son travail. Il le considère comme un devoir et comme une chance. » Comprenez que notre éboueur ne se mêlera jamais de syndicalisme ni d'une quelconque revendication de ses droits.
Et voilà en filigrane la solution à tous les problèmes d'intégration dans la société française.
Soyez « caméléon » vivez en France et mourrez- y , sans vous faire remarquer « pour ne pas déranger les gens. » dirait Brassens.

Page 81 «Papa est un caméléon, il se fond partout, il est partout chez lui. »
On pourrait ajouter à cette solution une autre plus radicale, le blanchissement épidermique par la chirurgie esthétique.

Et vive la France toute blanche, chrétienne, mangeuse de cuisses de grenouilles, de camembert, de baguette, et buveuse de gros rouge !


Références du livre Moi Bahia, la miraculée
Editions Jean Claude Gawsewitch
ISBN 978-2-35013-207-5
Achevé d'imprimé décembre 2009
Dépôt légal janvier 2010

 

 
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