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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:24

 Source : Alwatwan du 11/12/2008

Le co-rapporteur, Jean-Jacques Hyest, a rappelé dans son exposé que ''lors d'un déplacement à Mayotte le 27 septembre 2008, Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, avait annoncé que la consultation sur la question de la départementalisation de Mayotte aurait lieu en mars 2009''. Il écrit que ''la départementalisation était une revendication historique'', relevant que ''l'archipel des Comores avait obtenu le statut de territoire d'outre-mer en 1946, le Conseil général imposant alors aux Mahorais des restrictions de crédits, un sous-équipement et le transfert du chef-lieu de Dzaoudzi à Moroni (Grande Comore)''. Evidemment, le rapport feint d'ignorer que cette décision ressassée comme argument majeur pour expliquer la séparation de Mayotte avec les autres îles, émanait de Paris et non de Moroni.

Le rapporteur écrit que ''la crainte d'une hégémonie des îles plus peuplées structure l'action des autorités politiques de Mayotte, la départementalisation étant revendiquée à compter de 1958 comme le moyen d'ancrer le plus solidement possible l'archipel au sein de la République française'' et les ''femmes chatouilleuses'' sont présentées comme la preuve de la volonté des Maorais de demeurer français. Une version de l'histoire incroyablement légère, édulcorée et qui diffère de celle défendue par les responsables politiques français de l'époque.

Le rapport écrit : ''lors du scrutin d'autodétermination du 22 décembre 1974, les îles de la Grande Comore, d'Anjouan et de Mohéli s'étaient prononcées à une quasi unanimité pour l'indépendance tandis que les Mahorais avaient choisi, à 63,82 % des suffrages exprimés, le maintien dans la République française.

“Nulle et non avenue, toute consultation française à Mayotte (Onu)”

Les Comores ayant ensuite proclamé unilatéralement leur indépendance, deux consultations ont été organisées à Mayotte''.

Evidement ce document d'une légèreté inimaginable passe sous silence les vérités historiques connues de tous. L'île comorienne de Mayotte est maintenue sous administration française, les Comores deviennent le 12 novembre 1975, membres de l'Onu dans leurs frontières naturelles et l'appartenance de Mayotte aux Comores est affirmée par le droit international. La ''question de l'île comorienne de Mayotte'' est systématiquement inscrite à l'ordre du jour provisoire des assemblées générales successives de l'Onu, entraînant de nombreuses résolutions de cette organisation mondiale qui dénoncent le ''non-respect par la France de l'intégrité territoriale des Comores'' et notamment la résolution de la 39ème séance plénière tenue le 21 octobre 1976, qui a condamné les ''consultations françaises à Mayotte du 8 février et du 11 avril 1976'' et qui a, par avance, déclarée, ''comme nulle et non avenue, toute consultation française à Mayotte''.

L'acharnement français à vouloir tronquer l'histoire, minimiser les résolutions de l'Onu finit, à force d'être asséné, pour convaincre une classe politique française qui ignore tout sur cette question et dont les leaders ne s'y intéressent que pendants les quelques jours qui précèdent une grande élection pour des raisons conjoncturelles qu'on devine aisément.

C'est le cas avec Edouard Balladur en campagne en 1995, avec François Bayrou en campagne en 2002 et avec l'actuel président, Nicolas Sarkozy, en campagne l'année dernière.

La faiblesse du discours comorien et le peu d'intérêt portées aux questions maoraises fragilisent les postions des Comores.

Naturellement le rapport ''sénatorial'' passe sous silence le fait que peu avant la déclaration unilatérale de l'indépendance des Comores, l'Etat français tenait au strict respect de l'intégrité territoriale des Comores. C'est ainsi que le ministre français des DOM-TOM, Olivier Stirn affirmait que ''la vocation de la France n'est pas de diviser les pays qui veulent accéder à l'indépendance. C'est le cas des Comores qui ont la même religion, sensiblement la même langue, les mêmes intérêts économiques et politiques...Croire qu'en isolant Mayotte on protège mieux ses habitants est un contresens''.

Last but not least, le rapport ''sénatorial'' ''oublie'' ces déclarations du plus haut responsable de l'Etat français entre 1975 et 1981, le président Valérie Giscard d'Estaing lui-même, qui déclarait à Paris le 21 octobre 1974 parlant des Comores : ''c'est un Archipel qui constitue un ensemble, c'est une population qui est homogène dans laquelle il n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine française. Est-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'Archipel devienne indépendante et qu'une île conserve un statut différent? Nous n'avons pas à l'occasion de l'indépendance d'un territoire, à proposer de briser l'unité de ce qui a toujours été l'unique Archipel des Comores''.

Des silences de mort

Trente trois ans après la séparation de Maore, les rapporteurs constatent une ''dualité de statut (qui) s'accompagne d'une dualité des règles en matière d'état des personnes et des biens, et d'une justice particulière aux citoyens de statut personnel, rendue par les Cadis''.

La loi de programme pour l'outre-mer de 2003 a tenté de forcer le destin de Maore en lançant le rouleau compresseur, limitant ''le champ d'application du statut personnel à l'Etat et à la capacité des personnes, aux régimes matrimoniaux, aux successions et aux libéralités'', interdisant ''la polygamie pour les personnes accédant à l'âge requis pour se marier à compter du 1er janvier 2005'' et prohibant ''la répudiation unilatérale pour les personnes accédant à compter du 1er janvier 2005 à l'âge requis pour se marier'', interdisant ''les discriminations entre enfants devant l'héritage pour les enfants nés après la promulgation de la loi''.

Le rapport observe que dans ''les bidonvilles de Mamoudzou, la situation apparaissait potentiellement explosive, de nombreux jeunes étant livrés à eux-mêmes, parfois après la reconduite de leurs parents aux Comores''. Pas un mot sur les milliers des personnes morts souvent dans des conditions mystérieuses dans les eaux maoraises. Pas un mot sur les conclusions graves du naufrage d'un Kwassa-Kwassa, tirées par le rapport
de la Commission nationale de déontologie de la sécurité du 14 avril 2008 affirmant ''sans se prononcer sur les causes du naufrage, la Commission demande qu'il soit impérativement mis fin, conformément à la réglementation internationale en vigueur, à la pratique de la navigation en dérive feux éteints lors des opérations de recherche en mer des clandestins. Elle recommande instamment de ne plus recourir à des méthodes, qui aboutissent à la mise en danger d'êtres humains, notamment de femmes et d'enfants, dans des conditions susceptibles de caractériser le délit d'homicide involontaire''.

Pas plus tard que la semaine dernière, un Kwassa sombre dans les eaux maoraises, douze parmi les victimes sont enterrés dans une fosse commune
''comme des zébus'', dans une terre musulmane, de droit français. Un anniversaire macabre qui rejoint celui indigne de Hamuro, village incendié pour... se débarrasser des ses habitants.
AAA
Al-watwan, 11 décembre 2008

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Mariama HALIDI Alwatwan - dans MAYOTTE
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 23:50

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions

 

Moroni, mercredi 12 novembre 2008 (HZK-Presse) – Le rassemblement de ce mercredi Place de l’indépendance a été incontestablement le point d’orgue de la semaine de commémoration de la Journée nationale Maore. Le perron de l’ancienne Chambre des députés, lieu hautement symbolique où fut proclamé le 6 juillet 1975 l’indépendance des Comores, était trop étroit pour accueillir toutes ces personnalités politiques et de la société civile venues témoigner leur engagement au coté du Comité Maore.

 

Un comité qui a réussi le pari cette année d’impliquer activement à la fois le gouvernement et l’assemblée nationale autour de la question de Mayotte, devenue « une cause nationale qui transcende tous les clivages politiques », selon Idriss Mohamed, principal animateur de ce collectif qui milite depuis 2005 en faveur du retour de Mayotte dans son giron naturel.

 

On remarquera la présence de l’ancien premier ministre Abbas Djoussouf, des anciens ministres Omar Tamou, Ali Bazi Sélim, Said Mohamed Sagaf, Dr Mouhtar, des anciens présidents de l’assemblée fédérale Abdallah Halifa et Mohamed Said A. Mchangama, de l’ancien ambassadeur Ali Mlahaili, de l’actuel député Said Ali Kémal et d’autres « dinosaures » de la classe politique.

 

Toutes les institutions de l’Union et des îles autonomes étaient représentées à cette cérémonie de clôture, qui a donné lieu à des chants patriotiques qui ont revigoré la foule, et à l’issue de laquelle un mémorandum a été lu devant le public, avant d’être remis à l’ambassadeur de France, Luc Hallade.

 

Dans son intervention, Idriss Mohamed a dénoncé « l’occupation illégale » de Mayotte par une ancienne puissance colonisatrice qui « abuse de la seule loi du plus fort » pour garder cette 4ème île de l’archipel. Réfutant les arguments véhiculés ici et là pour justifier « un prétendu choix des mahorais de rester français pour être libres », le secrétaire général du Comité Maore estime au contraire que « la vie à Mayotte n’est pas enviable » car les habitants  y sont « traités comme des étrangers sur leur propre territoire par rapport aux français blancs de souche qui s’en approprient, et ont leurs quartiers résidentiels inaccessibles aux autochtones », dit-il.

 

Et Idriss d’appeler tous les comoriens à « refuser le fait accompli » imposé par la France, notamment en luttant pour stopper les expulsions de Mayotte des comoriens des trois autres îles, qui continuent à mourir dans le bras de mer séparant Anjouan et Mayotte, à cause du visa Balladur.

 

Un thème développé par une jeune femme, représentant le comité Maore à Anjouan, pour qui, « les naufrages des kwasa-kwasa sont souvent provoqués par les gendarmes français », chargés de la surveillance côtière. Cette militante anjouanaise des droits de l’homme, dénonce le « traitement inhumain infligé à des femmes et des enfants » expulsés de Mayotte dans des « conditions qui n’honorent pas un grand pays comme la France ».

 

Au nom du gouvernement de l’Union, le ministre de la justice, Mmadi Ali a tenu à saluer le patriotisme de la classe politique comorienne d’avant, pendant et après la colonisation, tout en invitant la jeunesse à « rester vigilante et attachée aux valeurs d’unité nationale et de défense de l’intégrité territoriale de notre pays », rappelant au passage que c’est le jeune Ali Toihir, qui a eu le privilège historique de hisser pour la première fois le drapeau des Comores à l’ONU le 12 novembre 1975.

 

Ce jour là, le chef de l’Etat comorien de l’époque, le prince Said Mohamed Jaffar, s’était adressé à l’assemblée générale de cette organisation internationale, en appelant la France à « respecter le principe sacré » de l’accession des pays à l’indépendance « dans les frontières héritées de la colonisation », qui s’applique au cas de l’archipel des Comores, dont l’unité a toujours été reconnue par les gouvernements français successifs jusqu’en 1975, a-t-il fait observer.

 

Le rassemblement d’hier s’est terminé par la lecture d’un mémorandum par Ibouroi Ali Tabibou, secrétaire général de la Confédération des travailleurs comoriens (CTC), suivi d’une marche pacifique placée sous le signe de la condamnation du référendum de « départementalisation » de Mayotte.

 

Le mémorandum, qui fait la synthèse des propositions de règlement du contentieux franco-comorien sur Mayotte, sera immédiatement remis à l’ambassadeur de France à Moroni, par une délégation de quatre personnes composée du président du Comité Maore Dr Mbaé Toyb, du ministre de l’Union chargé de la Fonction publique Ahmed Abdou, du président de l’assemblée de l’île de Ngazidja, Soudjay Hamadi et de l’ancien ministre des affaires étrangères, Dr Mouhtar Ahmed Charif.

 

Interrogé à la fin de la manifestation, le leader du Front démocratique Moustoifa Said Cheikh a déclaré que « l’objectif de ce mémorandum est d’exprimer à la France la vive protestation du peuple et du gouvernement comorien contre la mascarade électorale que les autorités françaises s’apprêtent à organiser sur une partie de notre territoire ». Encadrée par les forces de l’ordre, la marche s’est dispersée dans le calme et sans aucun incident.

 

El-Had Said Omar

121108/eso/hzkpresse/12h00

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans MAYOTTE
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 10:10

Source : Alwatwan.net /13 novembre 2008

Le président Sambi : ‘‘le droit finit toujours par triompher’’

Sambi A l’occasion de la célébration de la Journée nationale Maoré, le président de la République s’est adressé à la Nation, mardi 11 novembre, pour rappeler un devoir qui incombe à chaque Comorien : celui de défendre l’appartenance de l’île de Maore à la nation comorienne. Le chef de l’Etat a réitéré la détermination de son gouvernement à s’opposer, par ‘‘tous les moyens autorisés’’, au référendum que la France envisage d’organiser l’année prochaine à Maore dans la perspective d’ériger cette île comorienne en département français.
‘‘Nous connaissons d’avance les résultats de ce genre de consultations, et nous demandons à la France d’y renoncer’’, a déclaré le chef de l’Etat en rappelant que les Comores sont admises à l’Organisation des Nations unies en tant que nation composée de quatre îles. Pour lui, la France en tant que pays membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu se doit de ‘‘donner l’exemple en respectant le droit international’’.

Le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a lancé un appel pour le renforcement de l’enseignement de l’histoire des Comores surtout à ceux qui sont nés après 1975 qui, comme nous tous, doivent intégrer dans leur conviction profonde que ‘‘Mayotte est comorienne et le restera à jamais’’ et que son ‘‘occupation actuelle par la France constitue, précise-t-il, une péripétie de l’histoire’’. Dans le combat pour la réintégration de Maore dans son ensemble naturel, ‘‘il faut se garder, a-t-il dit, de perdre l’espoir, car nous avons le droit avec nous, et le droit finit toujours par triompher’’.

[b]“Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise”[/b]

Dans ce ‘‘combat légitime’’, le chef de l’Etat préconise uniquement ‘‘des moyens pacifiques, des négociations comme cela se doit entre Nations civilisées’’.
Il a demandé aux Comoriens et aux Comoriennes de se comporter de manière responsable pour, déclare-t-il, ‘‘montrer au monde notre maturité de peuple civilisé’’. Il lance un avertissement à ceux qui seraient tentés d’user de la violence : ‘‘Aucun citoyen français ne doit être maltraité ou brutalisé, la France reste un partenaire privilégié, en dépit de ce différend’’ qui oppose les deux pays.

Le président s’est adressé ainsi aux Mahorais : ‘‘A vous frères et sœurs mahorais, je ne vous souhaite que du bien, et je vous exhorte à la réflexion, ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise’’. Les Comoriens de Maore, de Mwali, de Ngazidja et de Ndzuwani, ‘‘nous sommes unis par le sang, la même religion, la même langue, les mêmes coutumes’’, a souligné le chef de l’Etat qui a lancé un appel à tous les Comoriens des quatre îles pour qu’ils dépassent les clivages politiques, à l’origine de ‘‘divisions stériles’’.
Il a précisé que beaucoup de Comoriens des trois autres îles ont la double nationalité, comorienne et française, mais, ajoute-t-il, ‘‘nous n’accepterons, à aucun prix, de céder Maore ou une autre île de l’archipel à la France’’. ‘‘Nous ne sommes pas contre le développement de Maore’’, mais nous avons un conflit avec la France ‘‘que nous entendons régler par la voie du dialogue’’.
Il a indiqué que malgré les difficultés économiques actuelles, ‘‘nous avons la fierté d’être un peuple libre et souverain’’.

Par ailleurs, le président de la République a saisi l’occasion pour démentir ce qu’il a appelé ‘‘les allégations de certains de mes détracteurs’’ selon lesquelles son gouvernement aurait retiré la question de Maore de l’ordre du jour à l’Onu. ‘‘En tant que garant de l’intégrité territoriale des Comores, il est de mon devoir, dit-il, de lutter pour le retour de Maore sous administration comorienne’’. J’ai demandé l’inscription de ce dossier à l’ordre du jour définitif de l’Onu, ‘‘mais c’est une question qui concerne deux parties et la partie française s’y oppose’’.

[b]“Pour assurer l’unité de la Nation comorienne”[/b]

Demandant plus d’engagements et de persévérance à chaque Comorien, le chef de l’Etat se veut aussi réaliste en précisant : ‘‘nous n’allons pas instaurer l’autorité de l’Etat à Maore comme nous l’avons fait dernièrement à Anjouan’’. Faisant ainsi allusion à l’intervention militaire pour déloger les rebelles qui avaient pris cette dernière en otage.

Le président Sambi est revenu sur les missions du Groupe de travail de haut niveau, notamment celle de trouver une issue pour la suppression du ‘‘visa Balladur’’ à l’origine des pertes humaines enregistrées régulièrement au niveau du bras de mer qui sépare Anjouan et Maore.

Pour terminer, le chef de l’Etat a demandé plus d’engagement au travail pour réussir le développement économique et social, lequel constitue le meilleur argument pour convaincre les Mahorais de la nécessité de vivre ensemble ‘‘pour ainsi assurer l’unité de la Nation comorienne’’.

Compte rendu Petan Mognihazi
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Mariama HALIDI Alwatwan - dans MAYOTTE
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 23:31


Moroni appelle Paris à surseoir au projet de référendum à Mayotte
Plusieurs organisations politiques et de la Société civile comoriennes ont dénoncé le référendum de départementalisation projeté par la France à Mayotte au cours du premier trimestre 2009, lors de la célébration ce mercredi à Moroni, de la la "Journée nationale Maoré".
Sur l'initiative du Parlement comorien, le 12 novembre, date de l'admission des Comores à l'ONU en 1975, a été retenu depuis 2005 comme Journée nationale Maoré pour l'intensification de la lutte pour la réintégration de l'île comorienne de Mayotte.
A l'accession des Comores à l'indépendance en 1975, la France avait refusé de se retirer de Mayotte, une des quatre îles de l'archipel et a, depuis, administré l'île en dépit de la protestation des autorités comoriennes qui ont toujours continué à revendiquer l'appartenance de cette île à l'ensemble comorien.
Quelque 1.500 personnes rassemblées Place de l'Indépendance pour célébrer cette journée ont effectué une marche pacifique pour remettre un mémorandum à l'ambassade de France à Moroni, appelant les autorités françaises à surseoir au projet de départementalisation de Mayotte, a constaté un correspondant de la PANA dans la capitale comorienne.
Les forces de sécurité ont pris des dispositions particulières pour empêcher les manifestants d'accéder dans la zone où est située l'ambassade de France pour éviter ainsi d'éventuels incidents.
Dans un communiqué publié lundi, l'ambassade de France avait déjà informé le public de sa fermeture mardi et mercredi, en prévision de la célébration de la "Journée nationale Maoré".
"L'organisation de la consultation française est une agression caractérisée contre le peuple comorien", indique un communiqué publié à l'issue du rassemblement de la Place de l'Indépendance, avant d'appeler la France "à renoncer à sa consultation et à ouvrir de véritables négociations avec le gouvernement comorien".
"Notre union sacrée pourra faire surseoir le projet français d'accomplir son projet de départementalisation de Mayotte", a déclaré Idriss Mohamed, un des dirigeants du Comité Maoré qui a appelé "à un front uni pour l'indépendance totale des Comores".
Source : PANA
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Mariama HALIDI PANA - dans MAYOTTE
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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 23:07

Source : AFP/ 07-11-08

"La départementalisation est impensable, je répète, impensable, si l'on n'a pas préalablement établi un état civil fiable", a mis en garde vendredi soir le député (app. PS) René Dosière, lors de l'examen du budget de l'outre-mer à l'Assemblée nationale.

"Entre la réalité qui existe sur le terrain et la perception que l'on a de cette réalité à Paris, il y a un gouffre", a déclaré M. Dosière.

"Si nous faisons la départementalisation de Mayotte sans avoir réglé au préalable le problème de l'état civil, nous irons à la catastrophe", a-t-il averti.

La ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer Michèle Alliot-Marie a reconnu le 21 octobre devant la commission des Lois que "l'état civil n'est valablement établi que pour environ la moitié de la population", ajoutant que le gouvernement allait "essayer d'accélerer le travail de la commission de révision de l'état civil".

Même si l'attribution du RMI "n'interviendra pas à court terme" selon elle en cas d'un oui, plus que probable, lors du referendum, "il est nécessaire que l'identité des demandeurs soit connue avec certitude".

Or, souligne Didier Quentin (UMP), dans un rapport pour avis, la commission de révision de l'état civil ne dispose que d'une quarantaine de rapporteurs et d'un secrétariat de "cinq agents".

Selon Victorin Lurel (PS), "25.000 actes seulement ont été produits depuis 2000", dans un territoire où coexistent deux types d'état civil, un musulman et un classique.

"La commission a été incapable, en sept années, de répondre à la demande des Mahorais", a souligné le député de Mayotte Abdoulatifou Aly, proche de François Bayrou.

"L'Insee nous dit que Mayotte compte 190 000 habitants. Mais on se demande comment on peut recenser la population de Mayotte", a relevé M. Dosière, qui a présidé une mission d'information sur l'immigration à Mayotte en 2005.

Selon lui, "dès qu'un fonctionnaire ou quelqu'un représentant l'ordre public met les pieds dans les bidonvilles ou les favelas, tout le monde fuit partout".

En réalité, affirme M. Dosière, le nombre de clandestins, dont la plupart viennent de l'île voisine d'Anjouan (Comores) "augmente chaque année". Il représente "en gros un tiers de la population".

Lorsque l'on compare le nombre d'électeurs inscrits avec la population, le rapport se situe à 34%, alors que ce taux est compris entre 60% et 70% dans tous les autres départements français, y compris ceux d'outre-mer, souligne-t-il.

Le député de l'Aisne a raconté l'histoire savoureuse d'un Mahorais voulant se faire naturaliser français dont l'acte de naissance présenté à un magistrat le faisait apparaître comme "plus âgé que sa mère".

"Quelques jours après, l'intéressé est revenu avec un acte de naissance parfaitement bien fabriqué et qui lui permettait de pouvoir acquérir la nationalité française".

"Dans ces conditions, le problème n'est pas tellement de savoir si les papiers sont vrais ou faux -on a le sentiment que la plupart sont faux- mais de savoir s'ils sont vraisemblables ou pas", a-t-il dit, sans rire.

"La commission de révision de l'état civil obtient des résultats qui me laissent perplexe", a affirmé le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo, qui a demandé au nouveau préfet de Mayotte un rapport avant la fin de l'année.

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 13:35

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions

 

Moroni, vendredi 7 novembre 2008 (HZK-Presse) – Instituée depuis 2005 à l’initiative du Comté Maore, la journée nationale Maore sera célébrée le 12 novembre prochain, dans un contexte particulier, marqué par la mise en place du Groupe de travail de haut niveau (GTHN), considéré comme un nouveau cadre de discussion bilatérale entre la France et les Comores sur l’épineux dossier de Mayotte, d’une part, et la décision de Paris d’organiser un autre référendum à Mayotte début 2009 pour doter cette quatrième île comorienne du statut définitif de « département d’outre-mer », d’autre part.

 

D’où la particularité de l’édition 2008 de la Journée Maore qui, selon les organisateurs, prendra pour la première fois « une dimension internationale ». Au cours d’un point de presse tenu samedi dernier, le comité d’organisation regroupant des représentants du gouvernement central, de l’Assemblée nationale, des partis politiques et associations de la société civile, a rendu public le programme des activités prévues, notamment le vote d’une résolution par les parlementaires, des conférences débats et le traditionnel rassemblement Place de l’indépendance, suivi d’une marche pacifique avec remise à l’ambassade de France d’un mémorandum.

 

Cette année, les élèves des différents établissements publics et privés seront associés à l’événement, par la lecture d’un « message aux frères mahorais » suivi d’une chaîne humaine de solidarité. L’on retiendra aussi la prière collective qui sera lue aujourd’hui, dans les mosquées de vendredi, en mémoire des morts et disparus du bras de mer séparant Anjouan de Mayotte, dont la France porterait une responsabilité morale en raison du fameux visa Balladur [du nom d’un ancien premier ministre français, ndlr] imposé depuis 1994 aux ressortissants des trois autres îles sœurs.

 

Les statistiques font état de plus de 4000 victimes, selon les estimations de l’observatoire de l’immigration et d’autres ONG humanitaires présentes à Mayotte. Des chiffres qui font de ce bras de mer de 70 km, le plus grand cimetière de l’Océan indien.

 

Sur le plan politique et diplomatique, les organisateurs de la Journée Maore posent le débat de la nécessité de réinscrire la question de Mayotte à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies, et de réactiver parallèlement le « Comité des Sept », un organe ad hoc de l’Union africaine spécialement chargée du dossier de Mayotte, qui ne s’est plus réuni depuis 1977.

 

Il est recommandé au gouvernement de saisir aussi les autres instances internationales, dans l’objectif d’empêcher la tenue de tout référendum à Mayotte à l’initiative de la France, « quitte à geler les négociations en cours », si Paris ne revenait pas sur sa décision, soutient Idriss Mohamed, président du Comité Maore.

 

33 ans après l’accession des Comores à l’indépendance, quel bilan tirer du contentieux territorial franco-comorien sur la quatrième île de l’archipel maintenue sous administration de l’ancienne puissance colonisatrice ? C’est pour tenter de répondre à cette problématique qu’un colloque national sera organisé à Moroni avant la fin de l’année, avec participation d’experts internationaux, apprend-on de source proche des organisations qui luttent pour la défense de l’unité nationale et l’intégrité territoriale des Comores.

 

El-Had Said Omar

071108/eso/hzkpresse/6h00

 

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans MAYOTTE
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 20:57

Les Mahorais ne toucheront pas le RMI ’à court terme’

L’attribution des prestations sociales, notamment du RMI, n’interviendra pas à court terme à Mayotte, où les habitants se prononceront par référendum en mars sur une départementalisation de l’île, a déclaré la ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer Michèle Alliot-Marie (Photo).

 "En accompagnement de la départementalisation, les Mahorais seront soumis à la fiscalité de droit commun", a rappelé la ministre. Toutefois, "l’attribution des prestations sociales, notamment du RMI (...) n’interviendra pas à court terme", a-t-elle mis en garde lors d’une audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale le 21 octobre. Michèle Alliot-Marie a expliqué que l’attribution de prestations sociales exigeait en effet que "l’identité des demandeurs soit connue avec certitude". "Or l’état civil n’est valablement établi que pour environ la moitié de la population" de Mayotte, actuellement collectivité départementale, a-t-elle constaté. Elle a cependant estimé que l’Etat irait "sans doute plus vite" pour les allocations en faveur des personnes âgées ou handicapées.

SOURCE : Rfo.fr (avec AFP
) 28 octobre 2008

Voir aussi les reserves de Laurent Fabuis émises le 6 mai 2008 en cliquant ICI
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Mariama HALIDI RFO et AFP - dans MAYOTTE
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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 22:54


Source : Al-watwan N° 1180 du 23 octobre 2008 

«La carte nationale d'identité est obligatoire à tout citoyen Comorien, quelle que soit la nationalité dont il est en possession. Par conséquent, elle est exigée à la demande du visa de sortie et de retour», peut-on lire dans un communiqué signé le 3 octobre dernier, par le directeur général de la Sûreté du territoire, il y a donc de cela juste trois semaines.
A défaut de cette carte, le postulant à un visa sera considéré comme étranger et devra régulariser sa situation administrative au même titre qu'un étranger résidant aux Comores. La nouvelle mesure est appliquée à partir du 10 octobre 2008.

Pour de nombreux Comoriens, « la décision est en soi bonne, malheureusement il s'est écoulé trop peu de temps (une semaine) entre le jour de sa publication et celui de son application ». Il n'y a pas eu assez de temps, après la signature de ce document, pour préparer et sensibiliser les gens.

Il y'a moins d'une semaine une équipe de handballeurs ainsi que des musiciens mahorais ont séjourné à Ngazidja. Avant de quitter Moroni, les membres de cette délégation ont dû se conformer à la réglementation en vigueur en Union des Comores. Actuellement, on demande à tout citoyen comorien de prouver qu'il est comorien. Sur la base de leur passeport français, les jeunes mahorais se sont fait délivrer des fiches individuelles d'Etat civil par des mairies comoriennes, ce qui leur a permis de se faire délivrer ensuite la carte nationale d'identité pour la modique somme de 8 euros.

Au service d'immigration l'on a appris que cette délégation mahoraise a choisi la voie de sagesse en présentant la carte nationale d'identité ; ce qui lui a évité le paiement d'un séjour s'élevant à 30 000 francs. Nul n'est obligé d'obtenir cette carte d'identité sachant que, dans ce cas, il sera considéré comme étranger dans son propre pays.

Dans les colonnes d'un confrère qui parait à Maore, le président du Conseil général de Mayotte, Ahmed Attoumani Douchina a déclaré : « Si les Comores font payer un visa aux mahorais, c'est qu'ils reconnaissent que Mayotte est un pays étranger, donc ils reconnaissent son appartenance à la France » . De deux choses l'une : ou bien monsieur le « président du Conseil général de Mayotte » a un problème où bien il n'a rien compris à la disposition en question et à ce qui s'est réellement passé. Il est vrai, à sa décharge, que le communiqué de la direction générale de la Sûreté du territoire a été rédigé en français et comme mwenye Ahamadi Attoumani n'est pas Français,
on ne peut pas lui en tenir rigueur. Ce qui est sûr, au-delà de tout cela, c'est que les jeunes mahorais ont passé un excellent séjour à Ngazidja comme chaque fois qu'un jeune comorien de Mwali, de Ndzuwani ou de Ngazidja se rend dans une autre de ses îles. C'est là l'essentiel. Pour le reste demandez à « monsieur le président du Conseil général de Mayotte ».

Source : Al-watwan N° 1180 du 23 octobre 2008

 

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Mariama HALIDI Alwatwan - dans MAYOTTE
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 13:58
 
 
Les Mahorais – sportifs et musiciens – bloqués à Moroni pour une histoire de visa ont retrouvé leur foyer mardi 21 octobre. Présentée comme un coup fourré d'Ahmed Abdallah Sambi par certains médias mahorais, l'affaire aurait pourtant dû rester anodine. Explications.

L'affaire a fait grand bruit à Mayotte : des Mahorais bloqués à Moroni par le seul fait du prince, en l'occurrence du président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi ? Voilà quelque chose d'inadmissible pour certains journalistes qui ont décidément la dent dure contre un président qu'ils se plaisent à appeler "l'enturbanné". Mais avant de détailler les mécanismes de la propagande mise en place par certains médias, de quoi s'agit-il, au juste ?
Les faits

Mi-octobre, plusieurs délégations de sportifs et musiciens mahorais se rendent en Grande-Comore, pour participer à des échanges : les membres de Kinga Folk, groupe de musique de Labattoir habitué à se rendre dans l'Union des Comores, ainsi que des handballeuses de Passamainty. Lorsque leur séjour touche à sa fin, ils se trouvent bloqués à Moroni pour une question de visa. "On avait prévu de payer le visa de sortie 500 francs comoriens, donc un euro. C'était le prix pratiqué avant", indique Ali Saïd, secrétaire général de Kinga Folk. "Mais dernièrement, ce prix est passé à 60 euros. Certains d'entre nous n'avaient pas cette somme, d'où le souci." C'est finalement le maire de Mamoudzou qui, présent sur les lieux, a réglé le problème, permettant aux Mahorais de quitter la Grande-Comore et de retrouver leurs foyers mardi 21 octobre.
Ali Saïd ajoute que lorsque le problème s'est posé, "on nous a proposé, en solution alternative, et pour éviter de payer ces 60 euros, de prendre une carte d'identité nationale comorienne, ce qui nous aurait permis de payer le visa de sortie 500 fc, donc 1 euro." Selon lui, point de chantage dans cette proposition. Au contraire : "C'était un moyen de nous aider pour la personne qui nous en a parlé". Une mesure dont a fait preuve le président du Conseil général
pour qui cette affaire n'en est pas une...

La propagande en marche

Immédiatement, certains titres de la presse écrite mahoraise, Le Mahorais et Les Nouvelles de Mayotte, crient au scandale. Le premier titre : "30 jeunes mahorais bloqués à Moroni", et surtitre : "Mayotte-Comores : la coopération peut-elle avoir lieu ?" Le second y va d'un édito rageur, intitulé : "Rien ne va plus !"
Tous deux présentent l'affaire comme un coup fourré de Sambi. Une manière pour le président de l'Union des Comores d'humilier les Mahorais. Leur version : entre le moment où ces jeunes sont arrivés à Moroni et le moment où ils devaient partir, le méchant Sambi a fait passer un texte augmentant le tarif du visa de sortie. Extraits...

Le Mahorais (n°222, 21 octobre 2008, p.3) : "Les relations entre l'Union des Comores et Mayotte sont encore tendues et pour tenter de rapprocher les peuples, l'association comorienne Scout Ngome avait choisi de passer par les jeunes, loin de tous les conflits politiques. Hélas, c'était sans compter sur le président Sambi qui semble ne pas avoir apprécié cet échange innocent entre jeunes. Ainsi, quelques jours avant la fin du séjour des Mahorais, Ahmed Abdallah Sambi a fait augmenter la taxe de sortie du territoire de 1,06 à 60 euros, empêchant ainsi les adolescents de sortir du territoire. (...) L'Ayatollah aurait proposé un beau chantage : ou les jeunes payent ou ils prennent la nationalité comorienne pour sortir gratuitement du territoire." A ce moment, l'auteur de l'article cite "le directeur de communication du cabinet du président du Conseil général", qui affirme : "Et il ne s'agit pas de rumeurs !" Le directeur en question n'étant autre que Saïd Issouf, ancien journaliste qui écrivit en 2007 que Mohamed Bacar était un président "démocratiquement élu", l'information aurait mérité d'être vérifiée. Mais non : la journaliste n'a pas cru nécessaire de joindre les autorités comoriennes, ni même leurs soi-disant victimes. Elle poursuit et conclut : "La volonté du gouvernement comorien de voir Mayotte réintégrer le giron des îles de la Lune est venu jeter une fois de plus une ombre sur un geste qui partait d'un réel sentiment de partage. L'Union des Comores pense-t-elle vraiment que prendre des adolescents en otage fera changer d'avis l'opinion publique mahoraise ??" Des otages donc...
Avant de démonter cette falsification de la réalité, voyons ce qu'a écrit le directeur des Nouvelles de Mayotte, dans le style raffiné qui le caractérise...
Les Nouvelles de Mayotte (n°948, 21 octobre 2008) : "Quand aura-t-on fini d'être pris pour des blaireaux par l'enturbanné [comprendre Sambi, ndlr] de Moroni ? Après nous en avoir fait voir pendant des mois avec son chantage aux clandos [sic], le voilà qu'il prend littéralement en otage [des otages, on y revient, ndlr] de jeunes sportifs Mahorais partis en Grande Comores [la faute est de l'auteur, ndlr]. Il serait grand temps que nos responsables ouvrent grands leurs yeux plutôt qu'un autre endroit de leur anatomie et arrêtent de nous bassiner avec leur coopération régionale (...) Il suffit de boycotter une bonne fois pour toutes ces îles (...) Non mais c'est quoi ces conneries ? Décréter en voyant de jeunes sportifs mahorais, que désormais le visa de sortie coûte 60 euros c'est les prendre pour des cons (...)" On reviendra plus tard sur la répétition de litanies telles que "l'enturbanné" porteur de "babouches", et on ne citera pas les innombrables insultes du genre : "On n'a pas besoin d'aller se faire racketter par des abrutis". Arrêtons-nous seulement sur ce qu'il faudrait faire selon Les Nouvelles : boycotter le Forum économique qui se tient du 21 au 23 octobre à Moroni, dire à Sambi "d'aller se faire voir", et finalement boycotter tout court les îles indépendantes : "De toutes façons, à part la misère, y'a rien à voir !"
Outre le fait que l'auteur de ces lignes – le même qui, dans une autre récente édition, parlait du "lagon d'Anjouan", lagon qui n'existera que dans quelques centaines voire milliers d'années - n'a pas dû se rendre souvent dans ces îles pour donner ce conseil, l'on remarque que comme sa collègue du Mahorais, il n'a pas jugé important en sa qualité de journaliste de contacter les autorités comoriennes, ni même leurs soi-disant victimes.

Ce que ces médias ne disent pas (très certainement parce qu'ils ne le savent pas)

Que disent ces soi-disant victimes aujourd'hui ? "Le traitement médiatique qui en a été fait me désole." C'est Ali Saïd, de Kinga Folk, qui parle. "On a été très bien accueillis, et par les associations et par les villageois. Quand à l'administration, nous n'avons eu aucun problème. Nous regrettons juste de ne pas avoir été informés de ce changement." Et de conclure : "Je ne vois pas comment les journalistes pourraient mieux savoir ce qu'il s'est passé que moi, qui y étais ! Ils ne peuvent pas savoir mieux que moi." Or ils ne l'ont pas interrogé...
S'ils l'avaient fait évidemment, ils n'auraient pu s'adonner à leur haine de Sambi. Car de haine, ses soi-disant victimes n'en avaient pas, comme l'a également montré un reportage de Télé Mayotte. Et pour cause : si ces journalistes avaient contacté les autorités comoriennes, voire leurs confrères comoriens, voilà ce qu'ils auraient appris...
La décision de fixer à 60 euros le prix du visa de sortie ne date pas du laps de temps durant lequel ont séjourné ces Mahorais en Grande-Comore. La décision, signée par le ministre des Finances de l'Union des Comores et par le directeur du cabinet de la Présidence , date du... 4 juillet 2008. Bien avant donc que ces délégations ne se présentent à Hahaya. Si le choix d'une somme aussi conséquente est curieux – et certainement regrettable -, il apparaît difficile de lui prêter un quelconque désir de machination.
Quant au "chantage de l'Ayatollah" – "ou les jeunes payent ou ils prennent la nationalité comorienne pour sortir gratuitement du territoire" selon Le Mahorais -, il n'était en fait qu'une "proposition parmi d'autres", affirme Ali Saïd. "On ne nous a pas forcés à demander une carte d'identité." Une proposition liée à une note datant du 3 octobre 2008 (toujours avant que ces délégations n'arrivent à Hahaya) signée par le directeur de la Direction générale de la sûreté du territoire, qui stipule que tout ressortissant comorien, "quelle que soit sa nationalité indiquée sur le passeport", doit se munir d'une carte nationale d'identité comorienne.
Si cette dernière note peut prêter à confusion et à débat, nous voilà bien loin de la prise d'otage intolérable décrite par ces médias. Prise d'otage, à les croire, manigancée par Sambi lui-même. Ce dernier ne se trouvait pourtant pas aux Comores ces derniers jours : il avait quitté le pays le 15 octobre afin de se rendre au Québec, où se déroulait jusqu'au 19 octobre le Sommet de la Francophonie ...

Les enseignements de cette désinformation

Comme souvent dans ce type d'affaires, les médias locaux se sont emballés, guidés non pas par la volonté d'informer, mais par celle de dénigrer un régime qui ne leur plaît pas car il a le tort à leurs yeux de continuer à revendiquer le retour de Mayotte dans l'ensemble comorien. Paradoxalement, ils se sont faits pour une fois plus virulents que les politiques eux-mêmes – la grande majorité de la classe politique locale ne s'est pas exprimée sur le sujet et le président du Conseil général a jugé l'affaire anodine -, devenant non plus les observateurs d'un conflit délicat, mais des acteurs poussant via des procédés malhonnêtes au rejet de la partie adverse. Plusieurs enseignements ressortent de ce traitement médiatique.

1- Un anti-Sambisme primaire. Ces médias veulent faire croire – à moins qu'ils n'y croient eux-mêmes - que le président d'un pays en telle situation de crise aime à perdre son temps dans de si mesquines histoires. Les journalistes y croient-ils eux-mêmes ? Cette fausse naïveté est à ranger dans la longue liste des méthodes de dénigrement d'un président certes très critiquable. Pourquoi de tels procédés, quand ces médias pourraient se contenter d'attaquer Sambi sur son bilan catastrophique ?

2- Un mode de pensée colonialiste. Le vocabulaire employé pour évoquer Sambi ("enturbanné", "babouches", barbu") est caractéristique des écrits datant de l'époque coloniale, méprisants envers ce qui n'est pas européen. Il s'agit en l'occurrence d'un des procédés favoris de la presse française d'extrême droite. Mais bien plus : le traitement de l'actualité des Comores indépendantes s'accompagne souvent dans ces médias de sarcasmes et d'idées reçues souvent infondées, qui démontrent le mépris de leurs auteurs.

3- Un manque de rigueur récurrent.
C'est une règle d'or de certains médias : quand il s'agit d'évoquer les Comores, pas question d'appeler quiconque sur place – ni autorités, ni journalistes. Le Mahorais publie certes des dépêches d'agences (qu'il ne cite quasiment jamais soit dit en passant), mais les agrémente parfois de commentaires, souvent infondés, quelquefois justes. Dans cette affaire comme dans d'autres, est-il si compliqué d'appeler la présidence ou les services de l'immigration comoriens ? Voire des confrères journalistes – dont certains basés à Moroni sont excellents ? Téléphoner à Moroni ou Mutsamudu n'est guère plus difficile qu'appeler à Paris – sauf en période de crise énergétique, ce qui n'est pas (trop) le cas actuellement.
Quel argument pousse ces journalistes à ériger des frontières dans leur propre fonctionnement ? Quelle idée se font-ils de leur métier, si leur rigueur s'arrête aux barrières tracées par la politique ?
Il ne s'agit pas de dénoncer une simple faute : tout journaliste (tout journal) commet un jour ou l'autre des erreurs, se fait manipuler ou participe malgré lui à une œuvre de désinformation. Nous nous trouvons là face à un mécanisme de propagande sinon souhaitée, du moins acceptée par les journalistes qui s'y plient.
Si tous les médias locaux ne sont pas à ranger dans la même catégorie, certains ayant fait des efforts ces dernières années pour traiter l'actualité des Comores indépendantes en rémunérant des journalistes sur place, l'affaire des "Mahorais bloqués à Moroni" est un révélateur de l'état critique dans lequel se trouve une partie de la presse locale. Parfois rigoureuse lorsqu'il s'agit de l'actualité insulaire, elle prend les traits d'un chien enragé incontrôlable dès lors qu'il s'agit d'évoquer "l'ennemi comorien".
Rémi Carayol
Source : Malango Mayotte
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Mariama HALIDI MALANGO - dans MAYOTTE
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 14:02

SOURCE : ALWATWAN.NET 17 octobre 2008

referendum171008 Le Comité Maoré a invité la classe politique et la société civile à une réunion d’information hier, jeudi 16 octobre, dans le cadre de la préparation de la journée du 12 novembre, date à laquelle les Comores ont été admises à l’Organisation des nations unies (Onu). Cette année, la perspective d’un référendum à Maore en mars 2009 confère à la journée une dimension particulière.

Un communiqué publié à l’issue de la réunion considère que le projet français de consultation sur le statut de Maore constitue ‘‘une agression caractérisée contre le peuple comorien et qui n’est possible que parce que la France est une grande puissance qui peut se permettre de malmener un petit pays et de piétiner les résolutions de l’Onu’’. Il accuse la France, au même titre que les autres puissances peu respectueuses du droit international, de pratiquer ‘‘un terrorisme d’Etat’’ et invite Paris à renoncer à son scrutin et ‘‘ à ouvrir de véritables négociations avec le gouvernement comorien’’.

‘‘La question de Maore n’est pas l’affaire du Comité Maore; il s’agit d’une question nationale’’, a déclaré, d’entrée de jeu, le principal animateur de l’association, Idriss Mohamed. C’est ainsi que la classe politique et la société civile comoriennes ont été invitées à participer à cette réunion de préparation de la journée du 12 novembre hier à Hamramba.

Il faut dire que depuis 2005, cette date, qui marque l’adhésion des Comores à l’Onu, est érigée en ‘‘Journée nationale Maore’’ et enregistre, au fil des ans, une mobilisation croissante à la faveur de ce nouvel élan patriotique autour de la question de Maore.
Selon Idriss Mohamed, la célébration de cette année a ceci de particulier qu’elle intervient à la veille du référendum prévu en mars 2009 à Maore par la France et dont l’objectif est d’ancrer définitivement l’île dans la République française. ‘‘Nous devons tout faire pour empêcher cette consultation’’, a-t-il dit. Pour cela, il compte sur une forte mobilisation populaire le 12 novembre prochain afin de mettre en garde la communauté internationale contre ‘‘les graves tensions’’ que ce référendum pourrait créer dans la région.

Dans un communiqué conjoint publié à l’issue de la réunion, les partis et les organisations de la société civile présents à Hamramba considèrent que ce projet de consultation sur le statut de Mayotte est ‘‘une agression caractérisée contre le peuple comorien ; une agression qui n’est possible que parce que la France est une grande puissance qui peut se permettre de malmener un petit pays et de piétiner les résolutions de l’Onu’’.

Le même communiqué accuse la France, au même titre que les autres puissances, peu respectueuses du droit international, de pratiquer ‘‘un terrorisme d’Etat’’ et invite Paris à renoncer à son scrutin ‘‘dans un souci d’apaisement et pour ouvrir de véritables négociations avec le gouvernement comorien’’.

Le 12 novembre, le Comité Maoré envisage de sortir sa grosse artillerie communicante pour un plus grand retentissement de l’événement à l’échelle internationale. Ainsi, est-il prévu d’associer la diaspora comorienne, disséminée dans les quatre coins de la planète, à la manifestation. Outre le rassemblement populaire qui interviendra le même jour à la Place de l’Indépendance qui sera suivi, selon toute vraisemblance, de la remise d’une lettre de protestation à l’ambassade de France à Moroni, il y aura, deux jours plus tôt, des conférences dans les principaux lycées du pays et à l’université des Comores.

Mohamed Inoussa

 

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Mariama HALIDI AL WATWAN - dans MAYOTTE
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