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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 22:53

Elections du Président de l'Union des Comores, Novembre et Décembre 2010

 

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Abdou Djabir (photo Archives)

 

 

Mes chers compatriotes de la diaspora



Vous comme moi, nous aimons notre cher pays des Comores, parce qu’il est unique dans son genre : la tranquillité de la vie, la beauté de la nature et la chaleur des relations humaines. L’agriculture, la pêche et le tourisme attendent que les Comoriens se mettent enfin au travail pour la création des richesses et pour lutter contre la pauvreté.
Vous comme moi, nous voulons le plus grand bien à notre pays (la paix sociale, la stabilité politique et le développement dans la démocratie). Nous voulons que les Comoriens trouvent une vie meilleure chez eux, et que nos enfants cessent de braver le cimetière marin vers Mayotte comme perspective d’avenir. Nous voulons que nos enfants trouvent dans l’héritage de leurs parents, non pas les ravages de l’égoïsme insulaire et de la corruption, mais la preuve de notre amour pour les générations futures et pour la nation à construire.
Vous comme moi, nous avons l’âme en peine, et nous souffrons qu’après 35 ans d’indépendance, le spectre de l’instabilité politique et du séparatisme continue à compromettre le destin commun des Comoriens. Cette instabilité est engendrée entre autre, par le mépris des dirigeants à l’égard des institutions et des règles de gouvernance, convenues d’un commun accord. L’argent de la communauté internationale, l’instruction et l’intelligence des Comoriens tournent dans le vide du pouvoir personnalisé, clanique, et la mégalomanie des hommes : conserver le pouvoir par la force (nationale ou étrangère), contre la constitution, contre les décisions de la haute cour de justice qui a constaté la fin de leurs mandats.

Malgré tout, je crois profondément à l’alternance démocratique de 2010. Je conserve cette obsession qui m’habite depuis des années : servir notre pays commun des Comores, avec une équipe de réformateurs soudés autour d’un projet de société, et capables d’écrire une nouvelle page dans l’histoire des Comores, sous la présidence tournante de 2010-2015.
J’ai donc renoncé avant la retraite en France, à la sécurité de ma carrière, de ma famille et de mes enfants, afin de m’impliquer dans le destin controversé de notre pays, pour partager avec vous, ses heurts, malheurs et bonheur, peines, joies et ses espoirs.
Nous devons réapprendre à vivre ensemble, à dépasser la peur de l’autre, la méfiance réciproque, les rancœurs hérités de l’histoire commune et l’échec d’une gestion publique partagée. L’Etat et son autorité doivent être renforcés ; et la justice se doit d’être ferme, s’agissant de la sécurité des hommes et de leurs biens.

Je demande votre aide, votre soutien. Mobilisons-nous pour sensibiliser et pour renforcer l’équipe du changement et son projet d’avenir : changer les choses, gouverner autrement et vivre mieux : tel est mon engagement sur l’avenir des Comores de demain (2010-2015).

Abdou DJABIR
Juriste de formation
Député à l ’Assemblée de l’Union des Comores

                                    

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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 22:19

UNION DES COMORES
Ile Autonome de Mwali


Coordination des Forces Vives
dans l'Ile Autonome de Mwali
 

 

Fomboni, le 02 juin 2010 

 

 

 A


Monsieur Jean PING, Président de la Commission de l'Union Africaine
Et
Monsieur Abdou DIOUF, Secrétaire Général de l'Organisation Internationale de la Francophonie    

 

 

Monsieur le Président,


Monsieur le Secrétaire Général,


Au nom de la Coordination des Forces Vives dans l'Ile Autonome de Mwali et à mon nom personnel, je voudrais vous adresser les remerciements de toute la population de la petite île des Comores, pour les efforts inlassables que vos organisations déploient depuis le déclenchement de la crise séparatiste dans l'Ile d'Anjouan jusqu'à leur concrétisation par la signature par toutes les parties comoriennes, en présence de la communauté internationale, de l'Accord cadre pour la Réconciliation Nationale aux Comores le 17 février 2001 à Fomboni.

 

Votre engagement personnel en tant garants de l'application dudit accord ainsi que votre accompagnement dans la mise en place du nouveau cadre institutionnel répondant aux aspirations légitimes des populations des îles des Comores, a été déterminant parce qu'il a permis entre autres, l'organisation des élections des Chefs des Exécutifs de l'Union et des Iles Autonomes comme celles des Assemblées tant au niveau national qu' au niveau insulaire, par deux fois.

Aussi, la mise en place des autres institutions à l'exemple de la Cour Constitutionnelle ainsi que l'accompagnement de celle-ci dans son fonctionnement technique et administratif, sont autant d'actes déterminants qui prouvent encore une fois que les organisations dont vous avez la charge de présider, sont déterminés à ne rien laisser au hasard afin d'aider les comoriens à vivre dans un état de droit et dans la paix.

Grâce à ces efforts, les Comores, depuis 2002, ont réintégré la communauté des nations et le cap vers la promotion de l'état de droit, le respect des principes démocratiques pour la bonne gouvernance ainsi que la consolidation de l'unité nationale et la sauvegarde de l'intégrité territoriale, sont désormais ancrés dans les mœurs politiques dans l'Union des Comores.

Monsieur le Président de la Commission de l'Union Africaine,

Monsieur le Secrétaire Général de la Francophonie,

La population de l'Ile Autonome de Mwali n'a ménagé aucun effort dès le début du processus dit de Fomboni pour la recherche d'une solution juste, équitable et durable devant permettre aux Iles de l'archipel des Comores de gérer leurs affaires propres sans entraves, mais aussi de consolider la cohésion et la solidarité nationales, pour apporter sa très modeste contribution à l'enclenchement d'un sursaut national dans un nouveau cadre institutionnel qui mettrait de côté nos divisions.

Ce sursaut national tant souhaité par nous pousserait à converger en vers l'idéal commun des comoriens qu'est le développement socio-économique équilibré de nos îles pour l'épanouissement des comoriens.

En apposant sa signature au bas de l'accord de Fomboni du 17 février 2001 ainsi que de l'accord de Beït-Salam de décembre 2003, les autorités de Mwali ont, avant toute chose, privilégié l'intérêt supérieur de la nation parce que telle a toujours été la conviction de la population de Mwali en dépit du mépris souvent ostensiblement affiché par ceux qui ont eu à présider les Comores jusqu'à nos jours.

La mise en place des nouvelles institutions issues du nouveau cadre institutionnel, lui-même inspiré de l'accord cadre pour la Réconciliation Nationale aux Comores, n'a pas toujours été facile. D'embûches en heurts, l'Union des Comores a fini par triomphé, du moins dans les apparences.

Dans un premier temps, ce fut le débat sur l'organisations des législatives; ensuite, ce fut celui d'adoption des lois organiques relatives aux compétences partagées entre l'Union et les Iles Autonomes et enfin leur mise en vigueur.

Promulguées, lesdites lois organiques ne seront jamais appliquées; pire, les autorités nationales ont fini par les mettre de côté pour imposer d'autres mécanismes en violation de l'esprit et de la lettre du processus de Réconciliation Nationale, enterrant du coup le principe cher aux comoriens, à savoir l'autonomie des Iles de l'archipel.

Dans l'Ile Autonome de Mwali, cela s'est traduit par la révocation par les autorités nationales des responsables locaux, nommés conformément à la législation par l'autorité légale de l'Ile. Ce sont les forces de l'ordre obéissant non à la loi mais à des diktats des autorités nationales, qui ont exécuté manu militari ce coup de force dans l'Ile Autonome de Mwali.

Ces mesures illégales ont eu pour conséquence directe, l'arrêt immédiat du début des réalisations socio-économiques dans l'Ile de Mwali, au détriment de sa population qui appréciait cette nouvelle gouvernance qui tenait compte des intérêts de la population et non de ceux qui la gouvernent.

Les autorités légales, les forces politiques et la société civile dans l'Ile de Mwali ont alerté les autorités nationales et la communauté internationale des conséquences graves pouvant découler de ce mépris persistant à l'égard des populations qui ont pourtant fait des choix délibérés, clairs et conformes à leurs aspirations légitimes pour une vie meilleure.

Depuis, la population de Mwali s'est rendu à l'évidence: l'un des principes phares du processus de Fomboni est enterré. L'autonomie des Iles, base du nouveau cadre institutionnel, est désormais morte.

Monsieur le Président de la Commission de l'Union Africaine,

Monsieur le Secrétaire Général de la Francophonie,

L'accord de Fomboni, comme vous le savez, constitue le ciment sans lequel l'Union des Comores composée des Iles Autonomes tel que stipulé dans l'article premier de la constitution du 23 décembre 2001, serait un nouveau "machin".

Cet Accord ciment comporte deux éléments essentiels constituants le fondement du contrat entre les îles de l'archipel: il s'agit de l'autonomie large accordée aux Entités insulaires et bien sûr de la Présidence tournante entre elles tous les quatre ans.

L'histoire récente de notre pays nous enseigne qu'à chaque fois qu'une solution juste et équitable est trouvée pour que les Comores soient un Etat moderne en harmonie avec les aspirations légitimes du pays réel, certains qui, après avoir profité du système et même de l'état d'esprit d'apaisement qui accompagnât cette période généralement transitoire, font tout pour mettre fin à cela et le pays refait un retard difficilement rattrapable avec comme conséquence immédiate le réveil des vieux démons tel le séparatisme, le repli sur soi et le chauvinisme qui engendrent des conflits inter populations.

Alors, après avoir détruit systématiquement l'autonomie dans une vitesse inouïe, l'ancien Président de l'Union Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s'est attaqué au second élément constitutif du nouveau cadre institutionnel agréé par toutes les parties comoriennes et garantis par vos deux organisations. Le faisant, l'ancien Président de l'Union est conscient du fait seules les deux grandes îles ont exercé leur droit. Il s'agit, et vous l'avez deviné, de la Présidence tournante tous les quatre ans.

Vous conviendrez avec moi, j'en suis certain, que si le stratagème évoqué est éloquent, il est très facile de démontrer que les auteurs nous ont pris pour des bons à rien.

Oui, Monsieur le Président de la Commission et Monsieur le Secrétaire Général, l'ancien Président de l'Union a, dans un premier temps, pour mieux cacher ses desseins, quelques jours après son investiture, pris l'engagement de ne pas toucher à la constitution du 23 décembre 2001 parce que, je le cite "les problèmes comoriens sont des problèmes économiques et non constitutionnels" et que par conséquent "il faudra laisser les Mohéliens exercer leur tour" avant de tirer toutes leçons du nouveau cadre institutionnel.

Dans un second temps, il s'est attaqué à l'autonomie des îles et aux institutions républicaines. L'ancienne Assemblée de l'Union en a fait les frais.

Ensuite, quelques mois avant la fin de son mandat, il proposa une réforme constitutionnelle non concertée dont l'unique objectif est de torpiller les dispositions constitutionnelles pour se succéder à lui-même de la manière la plus vile qui soit, c'est-à-dire sans passer par les urnes.

Il est quand même curieux et vous pouvez le constater comme nous, qu'un Président de l'Union originaire d'Anjouan puisse justifier le prolongement de son mandat sous le prétexte mensonger que son prédécesseur de la Grande Comores aurait exercé les mêmes fonctions sept ans!

Soit, mais oublie-t-il que les trois années d'avant l'adoption du nouveau cadre institutionnel, le régime putschiste ne gérait que les deux autres îles (Grande Comores et Mohéli), Anjouan ayant déclaré son "indépendance" et que même après la mise en place des institutions l'ancien régime n'a jamais pu imposer même les symboles de l'Union à Anjouan?

Cédant à la pression de la communauté internationale et de l'opinion publique, l'ancien Président de l'Union accepta l'organisation d'un dialogue avec les forces vives nationales afin de débattre de l'opportunité de modifier la constitution quelques mois avant la fin de son mandat et avant que l'Ile de Mwali ait exercé à son tour, dans les mêmes conditions que les deux autres îles, son droit consacré par la constitution, celui d'organiser les primaires à Mwali pour l'élection du Président de l'Union.

Vos organisations furent témoins du refus des autorités de l'Union à se propulser vers l'avenir si l'objectif affiché pour cette modification était véritablement de gagner en efficacité.

Dire que l'harmonisation des mandats et des scrutins serait une autre manière de renflouer les caisses de l'Etat sans que l'on présente une étude comparative des scrutins organisés déjà, c'est quelque part improviser sur un sujet qui semblait pourtant faire l'unanimité de la classe politique et de la société civile. D'ailleurs, cette dernière a présenté une proposition d'harmonisation qui conservait à la fois les mandats en cours et permettait aux institutions républicaines de respecter le droit.

Ensuite, créer le doute, permettre à ce qu'aujourd'hui dans notre continent il soit possible de terminer un mandat électif mais jouer au jeu dangereux de prolongation en prolongation alors qu'on commence enfin à imposer le respect de l'alternance politique en Afrique, ça n'est pas rendre service ni au continent, ni à la démocratie et à l'état de droit. D'ailleurs, il serait intéressant que nos Chefs d'Etat et de Gouvernement, lors du prochain Sommet de l'Union Africaine, prennent une résolution pour l'autoriser ou l'interdire. Une chose est sûre, si cela se réalise aux Comores sous un silence coupable de la communauté internationale, la promotion de la démocratie si chère aux organisations que vous présidez prendra un coup sérieux.

La Coordination des Forces Vives dans l'Ile Autonome de Mwali et d'autres forces politiques au niveau national ont alerté la communauté internationale sur cet autre aspect qui risquait déjà de porter atteinte à l'unité et à la concorde nationale.

En effet, c'est une mascarade d'un référendum jamais organisé dans notre pays et jusqu'ici jamais vécue, un 17 mai 2009. A Mwali, ce fut tout simplement un déni de démocratie et non un scrutin régulier alors que le destin de l'Union des Comores, le processus de Fomboni et la Réconciliation Nationale si fragile, allaient être mis à mal.

Cette indifférence affichée par les anciennes autorités de l'Union, ne pouvait tromper personne puisque l'objectif maintes fois exprimé par l'ancien Président de l'Union fut clair : rester au pouvoir par un coup de force inédit après la fin de son mandat constitutionnel.

Il est vrai que notre pays a connu plusieurs formes de coup d'Etat mais celle qui fut méthodiquement imaginée et mise en pratique par les anciennes autorités de l'Union, constitue un véritable chef d'œuvre. Sinon, comment comprendre que comme par magie, l'on puisse trouver, sans scrupule, en droit ou en politique, un procédé par lequel un mandat électif qui a pris fin, se proroge tandis qu'au même moment d'autres, qui ne sont pas arrivés à leur terme, se rétrécissent tout bonnement?

Tout ceci n'aurait pas été si grave dès lors que l'unité du pays, l'intégrité du territoire, la paix civile ainsi que la concorde nationale n'étaient pas menacées. Elles le sont parce que la population de Mwali ne transigera jamais sur ses droits acquis. Advienne qui pourra, mais elle est déterminée à défendre sa dignité et son appartenance à cette nation que certains veulent s'en approprier seuls le droit d'en être issu.

Oui, la paix civile et la concorde nationale sont en jeu. Pourquoi depuis l'indépendance, certains responsables politiques de ce pays ont-t-ils le droit exclusif d'exercer, et de quelle manière, certaines responsabilités liées à notre destin commun tandis que d'autres n'ont que le devoir de défendre nos valeurs communes?

D'autant que les Forces politiques dans l'Ile Autonome de Mwali ont toujours su défendre ces valeurs malgré la présence des forces extrémistes dans l'île qui n'ont jamais cessé de cultiver le séparatisme. La victoire de la raison sur l'aventure nous a permis de rester comoriens, de le réclamer haut et fort et de s'enorgueillir.

Monsieur le Président de la Commission,

Monsieur le Secrétaire Général,

Lorsque l'ancien Président de l'Union a volontairement attendu le moment qui lui convienne pour renouveler le parlement national et les conseils des îles dont le mandat a expiré presque une année avant, tout en croyant que les résultats lui seraient favorables pour réaliser son coup de force, la population de Mwali a compris que le moment était suffisamment grave et s'est interdite de céder aux provocations aussi bien verbales que dans les faits.

Les élections législatives furent une occasion rêvée des anciennes autorités pour user de toute forme de corruption comme l'achat de conscience dans le seul but de contourner le droit pour ravir à l'Ile de Mwali son droit constitutionnel.

Cependant, les résultats ont montré que les Mwaliens sont déterminés à barrer la route à la dictature annoncée: pour les élections locales, 7 élus sur 9 et pour les élections nationales 3 sur 4 élus appartiennent à ce qu'on appelle aujourd'hui à Mwali "les vrais Mwaliens". Une très large majorité des Mwaliens donc a dit "non" à la prorogation du mandat de l'ancien Président de l'Union.

Qu'au niveau national, une majorité d'élus des deux grandes îles décident de l'avenir d'un pays à système fédéral, cela prouve combien l'exercice de se considérer membre à part entière d'une nation constituée d'Entités autonomes, est difficile. Et de toute façon, raisonner en nombre dans ce cas précis où notre destin commun est mis en jeu, serait chose aisée. Notre divorce avec l'île comorienne de Mayotte est passé par là.

Monsieur le Président de la Commission,

Monsieur le Secrétaire Général,

Le 03 mars 2010 et le 10 mars 2010, par communiqués respectivement, vous avez vite réagi suite à la décision honteuse du Congrès des élus d'exclure l'Ile de Mwali de l'Union des Comores avec un mépris inégalé jusqu'alors; et le 01 mars 2010 date à laquelle ledit Congrès a pris cette décision, restera dans les annales de l'histoire des Comores et dans la conscience de la population de Mwali comme un jour noir.

Malgré ce choc psychologique qui consterna toute une population qui s'apprêtait pourtant avec assurance, et contre les ennemis du peuple comorien, à effacer dans sa mémoire trente cinq ans d'humiliation de tout genre, elle a apprécié vos prises de positions ainsi que celles des autres organisations et pays amis des Comores.

Aussi, nous nous sommes conformés à la législation en vigueur en dépit du sentiment que nous avons tous de nous sentir seuls et abandonnés par nos frères et sœurs qui avaient la charge de conduire les affaires de l'Etat sans partialité et dans l'équité. Nous croyions fort que la communauté internationale resterait au côté des victimes de cet hégémonisme qui n'a nullement pas besoin d'être démontré.

Nous avons saisi la Cour Constitutionnelle sans beaucoup d'espoir, il est vrai. Simultanément, nous avons fini par accepter de nous asseoir sur la table de négociations pour trouver un compromis dans le seul objectif de sauver notre pays d'une énième aventure qui porterait atteinte à ce qui nous est très cher: l'unité nationale. Quel autre sujet puisse être débattu à cette occasion dans un dialogue où avaient part les Exécutifs de l'Union et des Iles Autonomes que celui de doter le plus rapidement possible l'Union des Comores d'un interlocuteur légal et légitime pour pallier à toute éventualité ? Malheureusement les anciennes autorités nationales ont fait de ce forum le lieu où ils allaient encore une fois jouer sur notre destin pour l'intérêt d'une personne et nous le regrettons fortement.

Entre temps, la Cour Constitutionnelle a tranché.

En effet, par l'Arrêt N°10-05/CC du 08 mai 2010, la Cour Constitutionnelle "déclare qu'à compter du 26 mai 2010 à 00h, s'ouvre une période intérimaire...". Elle suspend même des dispositions constitutionnelles liées aux fonctions du Président de l'Union notamment, celles relatives à la dissolution de l'Assemblée de l'Union, au changement du Gouvernement et de la composition actuelle de la Cour Constitutionnelle et aux mesures exceptionnelles. La Cour a placé l'Etat comorien dans une situation où les mécanismes de son fonctionnement doivent obéir à une démarche consensuelle.

Et pourtant, l'ancien Président de l'Union, dans son entreprise destructrice de toute tentative d'arriver à un compromis pour la gestion même de la période intérimaire déclarée par la Cour, a mis en place un Gouvernement illégitime qui continue comme si de rien n'était, à gérer l'Etat sans même se soucier des conséquences de ses actions.

Monsieur le Président de la Commission,

Monsieur le Secrétaire Général,

La délégation du Chef de l'Exécutif de l'Ile Autonome de Mwali au dialogue inter comorien ouvert à Moroni le 25 mai dernier comme la communauté internationale, fut témoin des manipulations de l'ancien Président de l'Union qui porte seul la responsabilité de l'échec.

Après que la délégation de l'Union ait proposé l'organisation des élections harmonisées et consensuelles en juillet 2010 et que toutes les autres délégations aient accepté cette proposition en signant un engagement officiel, elle a fini par se rétracter avant de proposer une autre période, novembre 2010.

Notre délégation a beaucoup hésité avant de décider sans beaucoup de convictions d'ailleurs à ce que les élections consensuelles et harmonisées soient organisées en novembre 2010. C'était sans compter avec la volonté manifeste de l'ancien Président de l'Union à rester au pouvoir jusqu'aux dates qui lui conviendraient.

En vérité, l'ancien Président de l'Union, a décidé de mettre toute son énergie pour détruire tout le processus de Fomboni afin de justifier son maintien au pouvoir.

Peine perdue car la population de Mwali l'a compris depuis fort longtemps.

En effet, la Présidence tournante comme l'autonomie des îles, sont deux éléments fondateurs et indissociables du pacte entre les îles de l'archipel. Si l'autonomie devrait permettre aux Entités insulaires de gérer sans entrave leurs propres affaires, la Présidence tournante fut conçue pour répondre à un besoin maintes fois exprimé par les populations des îles, celui de prendre part à la gestion du pays.

Puisque la situation économique, financière et sociale dans laquelle se trouvent les Comores, est une conséquence directe de la gestion de trente cinq ans d'indépendance, la responsabilité bien que partagée dans une certaine mesure, incombe à ceux qui ont eu l'honneur d'assumer la magistrature suprême du pays tout au long de la période des Comores indépendantes.

En effet, il fut constaté lors de la Conférence internationale sur les Comores en 1997 à Addis Abeba que durant cette période des Comores indépendantes, certains dirigeants ont profité de l'Etat pour mener une vie aisée loin de celle que mène la majorité de nos concitoyens.

Aussi, certaines parties du territoire ont bénéficié des politiques mises en place par les autorités d'alors, ce qui a créé un déséquilibre palpable et des inégalités criantes entre les différentes parties du territoire national.

Pour y remédier, les parties comoriennes ont pris l'engagement de créer toutes les conditions nécessaires à l'épanouissement des régions et à la promotion de la démocratie.

Il est vrai que l'Union des Comores a des véritables difficultés pour s'imposer partout comme il se doit, mais il n'en demeure pas moins qu'en 2002, un Président originaire de la Grande Comores a plus ou moins accompli sa mission et de 2006 à 2010, c'est un originaire d'Anjouan qui a pris le relais.

Depuis fort longtemps l'équilibre des pouvoirs entre les îles était devenu réalité. Toutefois, depuis la fin de la législature passée avec à la tête un originaire de Mwali, les autorités nationales de fait ont tout simplement abandonné ce principe. Aujourd'hui, pendant qu'un originaire de la Grande Comores préside l'Assemblée de l'Union, qu'un autre préside la Cour Constitutionnelle, l'ancien Président de l'Union, originaire d'Anjouan, refuse de céder la place à un ressortissant de l'Ile Autonome de Mwali.

L'on pourra tout nous expliquer sauf que la population de Mwali est lassée d'être toujours la cible privilégiée de ceux qui considèrent que la gestion des affaires de l'Etat comorien serait un privilège de droits divins.

Aujourd'hui, il nous semble curieux qu'avant même que le tour soit complété par l'exercice de la magistrature suprême par un originaire de Mwali, les anciennes autorités nationales ont entrepris d'ores et déjà et dans l'opacité totale, une politique de bradage du patrimoine national.

Monsieur le Président de la Commission,

Monsieur le Secrétaire Général,

Toutes les entreprises nationales sont aujourd'hui, au mieux bradées, au pire, elles sont détruites. C'est le cas de la prestigieuse Société Comorienne des Hydrocarbures ou encore de la Société comorienne des télécommunications.

Une augmentation vertigineuse de la masse salariale aussi bien au niveau des entreprises publiques qu'au niveau de la fonction publique, font craindre une faillite certaine de l'Etat en tant que garant de la stabilité sociale.

Il n'est pas certain que certaines pratiques observées depuis longtemps dans les administrations de recouvrement des taxes douanières et impôts directs dans certaines parties du territoire national, qui consistent à défier les services publics de recouvrement, ont changé; pire, nous sommes persuadés qu'elles risquent de s'accentuer lorsque l'Ile de Mwali aura enfin eu son droit constitutionnel de présider à la destinée du pays après tant de débats et d'exercices.

Les provocations, le mépris et même les injures faites à l'endroit des comoriens originaires de la petite île, nous inquiètent et nous obligent d'ores et déjà à chercher une protection.


Par exemple, et contrairement à ce qui se passe sur les autres parties du territoire, il est interdit dans l'Ile Autonome de Mwali, de manifester même si l'on a toutes les autorisations légales; sous les ordres des autorités nationales de fait, les forces de sécurité violent les domiciles des personnes dont la seule reproche qu'on leur faite est d'avoir manifesté leur colère et demandé que l'équité soit observée partout.

Dans la capitale fédérale, les originaires de Mwali sont constamment menacés par des milices pro-gouvernementales contre lesquelles aucune mesure même de dissuasion n'a jamais été prise.

Les organes de propagande des autorités de fait (Radio et Télévisions nationales) diffusent à la queue-leu-leu, jours et nuits, des provocations tout en désinformant la réalité de ce qui se passe dans l'Ile Autonome de Mwali.

Comment des dirigeants censés représentés le pays à l'extérieur, ont la double nationalité, comorienne et française par exemple, se permettent-t-ils de donner des leçons de patriotisme à ceux qui sont restés comoriens et réclament le droit de l'être? Quel moral ont certains dirigeants de fait du pays qui n'ont pas hésité de mettre en vente la nationalité comorienne, mais qui osent nous regarder en face et nous donner de leçons de patriotisme?

Monsieur le Président de la Commission,

Monsieur le Secrétaire Général,

La Présidence tournante à son tour comme l'autonomie des îles, a perdu son sens et son intérêt ou en tous les cas il est détourné de son véritable objectif.

Pour préserver l'unité de notre pays, mais surtout la cohésion et la solidarité des populations de nos îles, la population de l'Ile Autonome de Mwali n'a plus les moyens d'imposer par la force son droit d'être comorien. En 2002 et 2006, les populations de la Grande Comores et d'Anjouan, n'ont livré aucun combat, n'ont pris part à aucun autre dialogue, n'ont subi aucune pression de quelque nature que ce soit, pour bénéficier de leur droit d'organiser au moment convenu les primaires pour la présidence de l'Union.

Elle refuse donc de passer cet examen où les notes de toute façon sont connues: accepter le diktat. Non. Il n'en est plus question.

Si l'ancien Président de l'Union qui a fomenté un coup de force contre les institutions républicaines, estime qu'il est dans son droit de ravir à l'Ile de Mwali son droit et que la Communauté internationale est prête à l'accompagner dans cette aventure aux conséquences dramatiques, l'Ile de Mwali est prête pour une refonte totale de l'Union des Comores et pour la mise en place d'une Confédération comorienne.

Celle-ci nous permettrait d'éviter au pays et au peuple comorien d'autres rudes épreuves à l'issue desquelles des familles entières disparaîtraient ou seraient disloquées. Une telle nouvelle forme de l'Etat comorien aurait l'avantage de permettre aux Entités de se forger un avenir conforme aux aspirations de leur population tout en sauvegardant l'unité du pays. Elle permettrait surtout à ceux qui doutent de la volonté et de la capacité des Mwaliens à se frayer d'autres options pour le développement socio-économique de l'Ile d'être rassurés.

Monsieur le Président de la Commission,

Monsieur le Secrétaire Général,


La population de Mwali a, à l'instar des populations des autres îles, cru aux principes directeurs de l'Accord de Fomboni. Elle a tout donné pour que l'Ile d'Anjouan retrouve la place qui est la sienne dans la famille comorienne. Elle a toujours répondu présente lorsque l'unité du pays est menacée pour apporter sa très modeste contribution dans le but d'être considérée dignement avec ses spécificités. Elle n'a rien à se reprocher contrairement à certaines autres.

La seule raison qui pourrait la ramener à la table des négociations serait l'engagement clair et sans condition des autorités nationales de fait et sous l'observation des autres institutions républicaines (Cour Constitutionnelle, Assemblée de l'Union et Institution militaire) ainsi qu'en présence de la communauté internationale, à mettre toutes les cartes sur la table parce que les autorités de fait ne sont plus ni légales ni légitimes, pour que les comoriens retrouvent la sérénité requise en vue d'organiser le plus vite l'alternance démocratique conformément à notre législation en vigueur.

Un mandat électif fini doit, sans aucune condition, être renouvelée par l'organisation d'élections libres, démocratiques et transparentes. Comme l'a décidé la Cour Constitutionnelle, seule une démarche consensuelle sur la gestion de la période intérimaire pourra aider les Comores à retrouver la normalité constitutionnelle.

L'Ile de Mwali, sa population, ses élus, son Exécutif, ses Forces Vives, ne reconnaissent plus l'autorité politique des autorités nationales de fait à Mwali. Ensemble, ils continueront à combattre la dictature jusqu'à ce que justice soit rendue.

En tous les cas, nous sommes convaincus que l'ancien Président de l'Union ne cherche qu'à rester et demeurer aux commandes du pays quelque soit le prix. Voilà pourquoi, nous pensons qu'une autre démarche qui préserverait l'unité du pays laissant le libre choix aux Entités d'un Nouvel Etat Comorien débarrassé de toute possibilité qui permette à une quelconque Entité d'imposer sa vision institutionnelle et de prendre en otage les autres Entités pour une quelconque aventure, sauverait les Comores d'une aventure aux conséquences désastreuses.

La population de Mwali refuse de toujours servir de laboratoire d'étude de faisabilité des institutions comoriennes.

Le combat pour la dignité et le respect de la population de Mwali dans l'Union des Comores, est une lutte que nous avons tous engagée et que nous mènerons sans complaisance et sans concession.

Veuillez croire, Monsieur le Président de la Commission de l'Union Africaine, Monsieur le Secrétaire Général de la Francophonie, en l'assurance de notre Très Haute Considération.


Le Président de la Coordination.

Ali Hassanaly

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 22:05

Suite à la lettre du Chef d'Etat major , le Genéral Salimou du 27 avril dernier, vous trouverez ci dessous la réponse de Mohamed Dossar, Directeur de Cabinet du Chef de l'Etat chargé de la défense (lettre n° 10-147/PR/PR-Dir-Cab, en date du 29 avril 2010)

Au général de brigade, Salimou Mohamed
Amiri, chef d'état major de l'And, Moroni



Monsieur le Chef d'Etat Major,

Vous m'avez fait parvenir copie d'une lettre que vous venez d'adresser au Colonel Abdoulbatsoi Ahmed Abdou, chef du cabinet militaire de la présidence, au sujet de ce que vous appelez “atteintes à ma personne”. Cette lettre est une accusation d'une extrême gravité et les plus grandes réserves doivent être émises quant au fondement des allégations qu'elle avance. J'ignore les raisons réelles de cette soudaine aversion vis-à-vis de personnes qui vous ont tendu la main lorsque vous traversiez des moments difficiles.

Dans un pays fragile comme le nôtre, suite à la grave crise séparatiste qui a affecté les Comoriens pendant plus de dix ans, il est extrêmement dangereux de vouloir réveiller les démons du chauvinisme insulaire.Il s'agit là dufonds de commerce de certains politiciens passéistes et rétrogrades, qui ne sied pas à un intellectuel tel que vous. Pour ma part, je suis indigné que vous me mettiez implicitement en cause dans ce prétendu “complot visant votre personne”. Pour ce qui concerne le travail des services de renseignement, je suis désolé que vous puissiez faire l'objet de surveillance. Si c'est bien le cas, peut-être est-ce à cause de certaines des relations que vous entretenez.

En effet, c'est bien votre droit de voir qui vous voulez, votre vie privée ne regarde que vous, et vous avez tout à fait le droit d'avoir de la sympathie envers qui vous voulez, mais si parmi ces relations il s'en trouve qui menacent l'Etat et la stabilité de ce pays, les services de renseignements manqueraient au plus élémentaire de leur devoir de protection de l'Etat, s'ils ne cherchaient pas à y voir plus clair. Par contre, permettez moi de m'étonner de l'étalage que vous faites de “renseignements” qui à priori ne vous étaient pas destinés.

Comment ces “informations” vous sont-elles parvenues? Faut-il croire que vous surveillez les services de renseignements? Si c'est le cas, ça serait à la fois suspect et inquiétant. J'ose espérer que vous saurez revenir à des relations apaisées sur le plan professionnel et mettre fin à ce climat malsain qui n'a que trop duré et qui nuit à la sérénité de l'institution dont vous avez la charge.

Veuillez agréer, monsieur le chef d'état-major,l 'expression de mes salutations distinguées.

 

Mohamed Bacar Dossar



Ampliations :
SE.Monsieur le président de l'Union, monsieur le procureur de la République,
Monsieur le Commandant de la gendarmerie,
Monsieur le Chef de cabinet militaire

 

 

En cliquant ici vous pouvez lire notre commentaire sur ce deballage éhonté des hauts responsables de l'armée comorienne

  

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 20:55

 

Le lundi 3 mai 2010, nous avons publié une depêche concernant une lettre du Genéral Salimou, chef d'Etat major de l'armée comorienne. Vous pouvez voir la lettre en question en cliquant ICI. (fichier en pdf). Et aujourd'hui, une interview du colonel Abdoulbastu Ahmed Abdou, chef du cabinet militaire.

 

Ce qui est sur, ce déballage très médiatisé n'honore ni les hauts responsables de l'armée comorienne concernés ni notre pays. En tout cas, il ressemble fort à un jeu d'enfants dans une cour de recréation d'une école primaire. C'en est pas sérieux, c'est ridicule et c'est honteux. Attendons maintenant le coup de sifflet du Directeur de l'école pour mettre fin à la recréation. Et là les coups de poing se poursuivront ailleurs. 

 

Je ne supporte pas cette odeur nauséabonde que dégage en ce moment notre pays. Une puanteur de cadavre. hélas ! Vivement qu'on retrouve très rapidement NOTRE odeur agréable du jasmin, de l'ylang ylang et des clous de girofle.

 

 Bonne lecture

 

Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES

 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 20:35
Monsieur le directeur,

Le samedi 6 février à 13h35, TF1 a diffusé un reportage sur Mayotte, pour présenter aux téléspectateurs français cette île qui va devenir dès 2011 le 101e département de la France.
Je vous transmets ici mes vifs remerciements car j’espère que ce reportage va contribuer à lever le voile sur un des scandales les plus dramatiques de la France dans l'Océan Indien
Cela me donne également l'occasion de corriger les contrevérités colportées par votre reportage.

En effet, votre reportage a mis le doigt sur une tragédie humaine qui éclabousse directement le gouvernement de l'Union des Comores, mais également les autorités de la République Française à Mayotte et en Métropole: le bras de mer d'une centaine de kilomètres qui sépare Mayotte d'Anjouan et des autres îles des Comores, dans le canal de Mozambique se trouve être le plus grand cimetière marin du monde entier.

Des centaines de Comoriens dont de nombreux enfants et femmes à bord de frêles esquifs du nom de Kwasakwasa y font naufrage, et s'y noient chaque année.
Ils quittent leur île, ils quittent tout pour fuir la pauvreté et la misère, le manque de soin, le désespoir à la recherche d'une meilleure vie: ces boat people qui meurent chaque jour dans l'indifférence des autorités de cette région et du monde sont avant tout des migrants économiques, des migrants de la faim.
C'est donc une contre-vérité que d'affirmer comme dans votre reportage que les femmes s'embarquent pour Mayotte pour y accoucher afin de permettre à leurs enfants nés dans cette île d'y acquérir la citoyenneté française; c'est là ignorer complètement la réalité sociale qui prévaut à Mayotte.
L'acquisition de la nationalité française pour les enfants issus de parents en situation illégale est tout simplement une chose impossible à cause de l'ostracisme, l'exclusion et la haine dont ces parias font l'objet dans tous les domaines de la société et en particulier à la préfecture de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte.
Cela même du temps où le droit du sol avait encore quelque signification en France.
Combien des ressortissants des autres îles vivent à Mayotte de nombreuses années, y travaillent, y ont du bien et se trouvent toujours acculés à l'illégalité sans possibilité d'acquérir de titre de séjour: huit ans, dix ans, vingt ans, peu importe ?
Sans compter que leurs enfants sont eux aussi souvent pourchassés des écoles, avant leur seizième année au grand dam des lois de la République.
Les immigrés à Mayotte sont des êtres sans aucun droit et cela constitue une honte pour la République Française, le pays des droits de l'homme et du citoyen.

Pour les Anjouanais, l'immigration illégale à Mayotte n'est qu'un réflexe de survie: affronter la mort à la mer pour fuir une mort lente annoncée des enfants et de la famille dans un pays exsangue complètement vampirisé par des dirigeants sans foi ni loi de la trempe de Sambi.
Le scandale de la France dans cette région éloignée de l'Océan Indien n'est pas seulement d'avoir décolonisé un petit pays placé sous sa responsabilité historique, en lui infligeant comme héritage en plus de sa pauvreté ce lourd fardeau de la désunion.

Le scandale de la République française c'est aussi de maintenir ce déséquilibre économique et de provoquer indirectement une telle tragédie sans rien faire d'autre que la pure démagogie.
En effet qui peut croire que la lutte contre l'immigration clandestine passe seulement dans la répression, la reconduite hors de Mayotte à coups de millions jetés à la mer?
Sans compter que ces reconduites sont encore une fois faites hors la loi française, conduites à la hussarde par le préfet, sans aucune considération pour ces êtres humains qui sont parfois pourchassés, arrêtés à l'insu de leur famille et sans aucun bien et renvoyés parfois dans une île qui n'est pas la leur.
Des millions mis dans des moyens de surveillance et de traque pour faire des chiffres, alors que les expulsés reviennent le lendemain et le phénomène ne fait que perdurer et s'amplifier.

Le scandale de la République c'est aussi que ces fonds perdus pourraient être investis dans une coopération régionale intelligente qui contribuerait à doter l'île d'Anjouan, d'où proviennent la majorité des immigrés, des moyens sanitaires fiables pour soigner ses citoyens et qui faciliterait les échanges commerciaux et humains normaux entre les îles: cela permettrait à Mayotte de bénéficier des fruits d'une agriculture dynamique en provenance d'Anjouan et aux paysans de pouvoir vivre de leur travail en restant à Anjouan.
Sans une telle politique d'aide intelligente aux autres îles des Comores, Mayotte créera toujours un appel d'air que nulle répression, nulle démagogie ne pourra juguler.

C'est une telle politique qui ferait honneur à la République et non une politique aveugle qui voudrait faire d'un coin des Iles des Comores, un îlot de prospérité dans un océan de misère.

Les milliers de morts au large de Mayotte sont de la responsabilité du gouvernement des Comores et de la République Française, c'est une tragédie qui devrait révolter les Français et le monde entier.
C'est une tragédie qui justifierait une enquête internationale pour situer les responsabilités des uns et des autres.
La France en tant que puissance colonisatrice a une responsabilité dont elle ne peut se dédire.

ZAROUKI BOUCHRANE
Résidence le palais des doges
930, avenue Léonard de Vinci
34970 Lattes
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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 14:46
Nous avons publié le 16 novembre dernier un article sur "l'affaire Colonel Anrifi : Le courant ne passe pas très bien entre l'Etat-major et Beit Salam".

Vous trouverez en cliquant
ICI (document en pdf) la lettre que le chef d'Etat major, le Général Salim a adressée au Lieutenant Colonel Anrifi le 10 novembre 2009 suite à sa nomination au poste de Commandant régional de l'AND à Mohéli.

Attendons la suite.

Halidi allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES
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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 17:33
Vous trouverez ci-dessous la lettre ouverte de Dr Abdou Misbahou diffusée il y a quelques jours sur internet.


Lettre Ouverte Aux Comoriens

Chers Compatriotes,

Dans un souci de rapprocher les comoriens, le président de la République souhaiterait faciliter les liaisons inter-îles par des moyens de transports rapides sur les plus courtes distances.

L’idée paraissait excellente car, cette nouvelle stratégie en matière de transport présente plusieurs avantages. Cette nouvelle politique aurait eu pour avantage de favoriser les échanges entre les habitants des différentes îles en réduisant les distances qui les séparent. Par ailleurs, elle devrait contribuer à réduire sensiblement la facture des armateurs. Au bout de la chaîne, le prix du billet devrait être réduit de moitié et les passagers bénéficieraient d'un gain de temps appréciable.

 A l’origine le choix des sites ne souffrait d’aucune critique car leur situation géographique répondait bien à l’objectif du projet qui privilégiait l’intérêt national et non la satisfaction des intérêts d’un village pour des raisons politiques ou partisanes.

Force est de constater que depuis quelques jours, Sambi a encore écouté son entourage. Il a décidé de modifier pour l'île d'Anjouan, le site qui devait accueillir cette infrastructure. Le village de BIMBINI est donc hors course. J’espère que ce ne sont pas les mêmes conseillers que pour le projet habitat. Ce choix de dernières minutes dicté par les « techniciens » selon Sambi, a éloigné le projet de son objectif initial au profit des règlements de comptes politiques. L'efficacité et l'intérêt national ont été purement et simplement sacrifiés.
Rien ne justifie ce changement quand on sait que la situation géographique du site de BIMBINI présente l’avantage de se situer dans une des rares zones inhabitées dans cette île surpeuplée. La presqu’île de Chissiwani possède les belles plages d’Anjouan, lesquelles sont restées encore sauvages avec l’île de la selle, d’où son intérêt touristique. Cette région est méconnue car elle n’est pas traversée par la route qui fait le tour de l'île. Je vous invite à visiter ces plages sur google earth car l’exclusion d’Anjouan du programme hôtelier de Sambi fait croire à certains que cette île n’a pas de belles plages. Sambi ne peut pas prétendre qu’il ne connait pas ces plages car elles sont mitoyennes des domaines appartenant à des familles de Mutsamudu (famille prince, Mdama et Zoubert Yahadj ). J’ai préféré citer des noms pour fournir aux uns et aux autres davantage de preuves vérifiables quant aux mauvais choix politiques de Sambi en matière de développement touristique à Anjouan.

Je lance un appel à l’opposition nationale pour empêcher Sambi d’entraîner le pays dans ces choix politiques et économiques hasardeux. L’argent public n’est pas le bien de Sambi pour qu’il s’en serve à sa guise pour ses règlements de comptes politiques ou pour des raisons partisanes.
Si la position des partis d’opposition en faveur de la tournante est louable, son silence dans la mauvaise gestion de la chose publique les discrédite. En définitive, les comoriens ont le sentiment que le souci premier de l’opposition est aujourd'hui de faire partir sambi pour hériter des postes ministériels et bénéficier des avantages et autres privilèges liés à l'exercice du pouvoir.

Mohéli possède les plus belles plages des Comores. Malheureusement personne ne parle de l’inexistence de structure hôtelière dans cette île. Quel paradoxe ?

Sambi nous parle d’un grand aéroport à Anjouan, je voudrais savoir le nombre d’avions transportant des touristes qu’il peut accueillir alors que l’unique hôtel (20 chambres) de cette île est vieux de plus de 45 ans et que la diaspora anjouanaise demeure insignifiante. Au moment où l’aéroport de Hahaya est sous exploité, une construction d’un autre aéroport international à Anjouan sans développement des structures hôtelière ne serait qu’un gâchis pour satisfaire les séctaristes.

Aussi, je condamne avec la même vigueur la construction d’un port en eau profonde à Moroni alors que le port de Mutsamudu sous exploité est conçu pour servir de port d’éclatement vers les autres îles.

Le port de Mohéli comme l’aéroport de cette île, méritent des améliorations. Malheureusement aucun Comorien n’en parle y compris les Mohéliens.
 
La destruction de l’ancien hôtel Maloudja ou Galawa n’est qu’un gâchis car, Ngazidja possède d’autres plages désertes aussi belles où l’on peut créer de nouvelles structures.
Le projet habitat nous rappelle les aventures de Sambi. Et les comoriens n’accepteront pas que Sambi revient encore nous dire qu’il a été mal conseillé dans le choix du site tel a été le cas du projet habitat.

Aussi, la veille du départ de Sambi - sans assemblée nationale- ne m’apparaît pas le moment opportun d’engager le pays dans une démarche visant à confier un pan de sa souveraineté et de son économie à un seul étranger sans appel d’offre. Il existe une dérive dans ce quasi monopole, bien que cet homme d'affaires mérite d’être encouragé pour son intérêt pour les Comores au moment où les investisseurs étrangers nous ont tourné le dos.

Condamner Sambi dans ses mauvais choix politiques et économiques ne se limitent pas à défendre les intérêts d’un camp ou d’un village. Il s’agit d’un devoir citoyen car Sambi n’a pas le droit de confondre la gestion des fonds publics avec les deniers de la fondation de son épouse.

Dans le choix du site du port d’Anjouan il n’appartient pas aux étrangers de décider de ce que les comoriens doivent faire sans tenir compte de l’intérêt national.
Sambi doit mettre de côté son orgueil ou son égo et prendre la mesure de la gravité de ses responsabilités en tant que chef d'état. Il va de son honneur de se démarquer de la politique de coups bas et de règlements de comptes, monnaie courante aux Comores et particulièrement à Anjouan.

Aussi les Comoriens doivent refuser de suivre la politique de haine orchestrée par certains politiciens véreux contre la personne de Sambi et les anjouanais. Il faut tout simplement utiliser son bulletin de vote pour élire les députés de l'opposition nationale. Il s'agit de l'unique frein aux aventures de Sambi.
A bon entendeur salut

Abdou Musbahou
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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 16:42

 

 

A ma tante

A mes cousins

A ma cousine

 

Le pire est arrivé en début d’après midi du mercredi 18 mars 2009. Il est parti ; il nous a quittés ; il nous a laissés pour que sa grande âme repose en paix.

 

Voilà un après midi blanc ; un après midi funeste. Comme je le déteste. Le blanc est encore là. Il nous pourchasse. Il refuse de se diriger vers le bunarti pour nous laisser tranquille. Même de loin, ce blanc torturant m’envahit et ne veut pas me lâcher. Avec ces kandzus et koffias blancs. Ou encore ce linceul blanc et  ce drap blanc qui couvre désormais le lit de ma tante. Sans oublier cette robe et ce foulard blancs qu’elle doit porter pendant quatre mois et dix jours  ainsi que ces nuits  blanches qu’elle va passer. Elle doit aussi porter – temporairement (parait il) -  le deuil peu importe sa lourdeur. Mais, il va de soi que le deuil va abuser de sa  gentillesse. Il va certainement l’habiter pour toujours. Tout cela me hante.  Quel temps lugubre ! Quelle couleur triste ! Couleur du deuil. Ouste !

 

Il, c’est ton mari

Il c’est votre père

Il, c’est mon oncle

Il c’est l’ami de tout le monde

Il, c’est « Monsieur » Ahmed Cheik alias baha Attou

Il, c’est tout simplement un homme qui avait le sens de l’humour et qui savait concilier le « dini wa duniya » - la religion et la vie

 

Quand ma sœur m’a téléphoné ce mercredi là vers 13 heures (heure de Paris) pour me demander de la "rappeler tout de suite car c’est TRES URGENT", je me suis demandé s’il fallait vraiment le faire de peur d’apprendre ce que mes oreilles ne voulaient pas recevoir. Même si, en réalité, je m’étais déjà préparé depuis mon entretien  téléphonique de la veille avec ma cousine et mon cousin. J’ai commencé à appréhender la mauvaise nouvelle même si je m’efforçais de refouler avec fougue cette appréhension.

 

Hélas ! Quand j’ai rappelé, c’est pour entendre effectivement de la bouche de ma sœur la mauvaise nouvelle : « Baha Attou est mort ».

 

Sur le coup, j’ai repensé au pessimisme mais réaliste de ma cousine et à la sérénité dont elle avait fait preuve  lors de notre conversation de la veille. Un réveil brut de ma mémoire qui boguait. Ses paroles bousculent encore mes nerfs solides : « les médecins ont l’air d’être optimistes. Mais moi non. De toutes les façons ils le sont toujours. Je ne vois aucune amélioration. Bien au contraire. Mais on fait avec et on verra. ». Quelle souffrance et quel désespoir de perdre un être cher !

Comme si cela ne suffit pas, il faut aussi que la souffrance de l’impuissance et de la résignation vienne s’ajouter dans ton chagrin profond, toi ma chère tante. Je l’ai ressenti quand je t’ai eue au téléphone quelques minutes après l’annonce de la mauvaise nouvelle : « tu transmettras la nouvelle aux autres et tu leur préciseras que nous avons tout fait  mais ça n’a pas marché. » m’as-tu lancé en soupirant.

 

Oh que c’est dur et monstrueux d’écrire une telle lettre ! Oh que c’est triste et monstrueux de lire une telle lettre !

 

Mais n’est ce pas aussi notre cataplasme pour apaiser notre douleur comme tous ceux qui ont perdu des êtres chers ? Les morts ne sont t-ils pas heureux que quand ils ont  des vivants ?

 

Croyez-moi chers tante, cousins et cousine quand j’affirme que même si mon corps est invisible, je suis à vos côtés. Mon cœur, mon esprit et toute ma force se trouvent à OUANI pour vous épauler et partager avec vous notre douleur indescriptible.


Oh ! Le temps passé n’arrange toujours pas les choses. La souffrance continue à ronger mes os.

 

Grâce à eux, j’ai aussi lu la célèbre sourate 36 « Ya sin » du coran avec toute la famille devant ce corps enveloppé dans un linceul blanc

Grâce à eux, j’ai aussi fait un douan et répété plusieurs fois la sourate 1 « Al fatiha » du coran pour notre cher défunt

Grâce à eux j’ai aussi récité le « Ayat il kursiyu » avant la levée du corps

Grâce à eux j’ai aussi porté sur mes épaules SON shilili, le cercueil de chez nous

Grâce à eux  j’ai aussi participé à la prière mortuaire

Grâce à eux j’ai aussi serré, après l’enterrement, ces milliers de mains de tous ces gens venus de partout pour partager notre peine et dire au revoir à leur ami. Quelle foule !

 

La mort a encore fait preuve de sa lâcheté habituelle et injuste. Un ogre jamais rassasié ! Elle continuera à le faire. Hélas ! Elle s’est encore une fois attaquée à une personne vulnérable. Un homme de 76 ans qui était affaibli depuis quelques jours  par une maladie et qui ne pouvait plus l’affronter. Jamais, elle n’avait osé le défier quand il possédait toutes ses forces ! Un Homme, de surcroit, qui aimait la vie !

 

Quelle lâcheté, en effet, de s’attaquer en permanence aux vulnérables et innocents : bébés, enfants, femmes enceintes, vieux, malades, accidentés, personnes qui dorment... ! Et souvent en cachette.

 

Pourquoi elle ose rarement défier les gens quand ils ont la plénitude  de leurs forces ? Pourquoi elle n’a pas le courage d’affronter les gens à visage découvert ?

 

En tout cas, je vous combattrai tant que je serai là. Car vous ne m’intimidez pas. Vous ne m’impressionnez  pas. Lâche que vous êtes, je suis convaincu que vous crierez victoire qu’une fois que je ne serai plus là.

 

A vous mes cousins

A toi ma cousine

 

La tâche sera difficile mais je suis convaincu que vous l’accomplirez avec brio. Accrochez vous à nos valeurs ancestrales pour réussir. Vous avez le devoir MORAL d’aider votre mère – ma tante – à « surmonter » sa peine et cette épreuve difficile. Ne la laissez pas s’enfermer dans la solitude, l’anxiété et  le chagrin pendant et après ce « eda » horrible qui durera quatre mois et dix jours. Quatre mois et dix jours durant lesquels elle doit s’enfermer à la maison et ne pourra recevoir aucune visite d’homme, qu’elle serait susceptible de pouvoir épouser ! Un bon moyen pour achever une femme déjà détruite par le chagrin !

 

De plus, il ne sera pas facile pour elle d’oublier un homme avec lequel elle a passé plus de 40 ans de vie commune et de cohabitation pour le meilleur et pour le pire – avec des hauts et des bas.  L’époux idéal que ses parents lui avaient offert alors qu’elle avait à peine 15 ans.

 

De mon oncle, Baha Attou alias « Mister big » comme moi, vous  et les autres  aimiez l’appeler (en contrepartie, il nous offrait quelques pas de danse au lieu de nous qualifier d’insolents ou d’impolis), de votre père et de ton époux, je garde le souvenir d’un homme vivant qui avait le sens de la générosité, de l’humour, de la tolérance, de la compréhension et de l’amitié.

 

Tous ceux qui t’ont côtoyé partout aux Comores, surtout à Ngazidja dans les années 60 et 70 quand tu étais fonctionnaire du Trésor Public et à Ndzuwani, ton île natale où tu étais rentré en 1980 pour apporter aussi ta modeste contribution au nouveau  gouvernorat de notre pays fraîchement indépendant jusqu’ à ton départ à la retraite le témoigneront.  Ou encore tous ces élèves, étudiants et  personnes de passage à Moroni que tu hébergeais grâcieusement avec joie et recevais à bras ouverts dans ta résidence familiale de la coulée de laves en dépit de son exiguïté et sans que vous ayez forcément de lien de parenté.

 

Bien des gens de ta génération se rappelleront du musicien, du footballeur et de ces palabres de Msiroju, la célèbre place publique de  la ville. 

Oh Msiroju de  mon enfance !  Je te cherche tous les jours. Vain effort. Apparemment. Avec ton arbre géant et ces brouhahas. Ces jeux de cartes, de dominos, de mdraha…. Ces festivités culturelles, nuptiales, politiques… Que du folklore ! De  la véranda de notre domicile familial, mes yeux te caressaient tous les matins. Tu m’offrais  en retour des clins d’œil amoureux. Aujourd’hui, de très loin je te montre mes larmes. A ton tour de caresser mes joues. J'en ai besoin.

 

Tes amis de la « place rouge » regretteront  le départ prématuré d’un ami fidèle qui répondait toujours présent aux pique-niques de dimanche.

 

Dès le mois de juillet prochain, à l’occasion des mariages, partout à Ndzuwani, on sentira le vide. L’on entendra plus, en effet, cette voix suave  de « Said Ahmed Cheik » dans les barzangué  et l’on ne verra plus ce bon danseur de toutes les danses traditionnelles de l’île.

 

Quant aux jeunes de Wani, ils chercheront vainement, leur ami Baha Attou, cet homme élancé aux kandzu et koffia pointu qui savait concilier « le dini wa duniya », la religion et la vie. Car il ne sera plus ni sur les pistes des discothèques de la ville pour arpenter quelques pas endiablés de tcha tcha tcha et autres danses modernes ni à la mosquée pour accomplir ses obligations religieuses. Ils ne verront pas non plus ce passionné du sport au stade de football entrain d’admirer les jeunes  qui s’entrainent tous les après-midis ou remettre des trophées et médailles aux vainqueurs de différentes compétitions sportives qui seront organisées au mois d’août prochain dans le cadre de la célèbre semaine culturelle et de la jeunesse de la ville.

 

Quant à ta famille, tu restes tout simplement irremplaçable.

 

Toi, le vivant qui aimais dire qu’il faut profiter de la vie tant qu’on pourra. Tu n’avais pas peur de la  mort. Si Jean de la Fontaine était à nos côtés en ce moment, il allait certainement nous rappeler que sage que tu étais, la mort ne t’a pas surpris. Tu étais toujours prêt à partir. Et c’est fait. Que ta grande âme repose en paix cher oncle ! Amen.

Avril 2009 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 12:57

Source : Alwatwan.net/16 avril 2009

Lettre ouverte à son excellence monsieur Luc Hallade. Ambassadeur de France en Union des Comores

Artiste et formateur dans le domaine des Arts Plastiques, j’enseignais à l’École Française Henri Matisse. Mais j’ai appris ce lundi 6 avril 2009 que mes interventions dans cette école allaient être suspendues jusqu’à nouvel ordre, suite à ma participation à Moroni au “gungu” du vendredi 13 mars 2009, une manifestation dénonçant l’organisation par la France du référendum pour la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte, référendum déjà condamné par l’Etat comorien, l’Union africaine et les Nations unies.

L’ordre de suspendre mes cours viendrait de vous, m’a-t-on signifié.
Je ne vous cache pas mon étonnement et mon indignation face à pareille décision, prise par un ambassadeur de France, représentant d’un pays de droits, une démocratie, où la libre expression des citoyens est permise et souhaitée. Je trouve contradictoire qu’un représentant de l’Etat français veuille me faire taire ou m’imposer son opinion politique, en jouant mon poste d’enseignant à l’école française aux dés. Ce geste n’honore pas la France, terre revendiquée des droits de l’homme.

Mais qu’ai-je commis comme crimes? J’ai exprimé mon opinion sur un problème colonial non résolu entre la France et l’Union des Comores, mon pays? Je me suis prononcé sur la question de Mayotte, et plus particulièrement contre le processus de départementalisation enclenché par la France ? Dois-je vous rappeler, excellence, le contenu de la résolution N°31/4 du 21/10/1976 à l’Onu? Je ne vous ferais pas l’offense d’un cours d’histoire. Mais je demande le droit d’avoir une position claire et concise sur l’avenir de mon pays, en ma qualité de citoyen d’un Etat souverain, bien que fragilisé.

Je me demande à quoi servirait mon travail de créateur s’il ne reflétait pas le vécu comorien. Peut-on créer aux Comores sans avoir son mot à dire sur la réalité environnante? En prenant position sur la question de l’intégrité territoriale des Comores, je n’ai fait qu’exercer mon devoir de citoyen libre. Ce que vous pouvez comprendre et respecter. Vous avez certainement une opinion sur ce qui se passe dans votre pays.
Devrait-on vous suspendre de vos fonctions ou bien est-ce à dire que vous n’avez jamais d’opinion, en tant que citoyen sur le devenir de la France ?

Je sais que la décision de suspendre mon cours n’est pas venue que de vous. On m’a bien fait comprendre que l’opinion de certains parents d’élèves comoriens de nationalité française a beaucoup pesé dans cette décision. Jusqu’à preuve du contraire, aucun collègue ou parent d’élève français, dit “de souche”, ne s’est plaint ouvertement de ma position, ni ne m’a jugé. Seuls les Comoriens m’ont parlé de représailles (“tu n’aura jamais de visa si tu continues ainsi”) possibles, et je les comprends, dans la mesure où il n’est pas facile d’aimer son pays dans le contexte de crise où nous nous trouvons actuellement.
Mais est-ce le rôle d’un artiste que de tendre la main et de se taire? Au-delà, le citoyen n’a-t-il pas le droit d’exiger sa “part de dignité dans ce monde”?
Monsieur l’ambassadeur, j’estime avoir agi en accord avec ma conscience. Je n’ai rien contre les Français (comme si on pouvait mettre tout le monde dans une même boîte), mais je suis contre une situation d’occupation, contribuant à déstabiliser mon pays. Je connais aussi d’autres français qui me donneraient raison. Ce qui ne fait pas d’eux des anti-Français.

Je vous demande donc de respecter ma position sans aller à l’encontre des valeurs que vous incarnez à nos yeux.
 Mayotte est comorienne, de terre, de langue, de culture, de religion et de sang. N’est-il pas normal pour moi qui suis citoyen comorien de le rappeler? Je le répéterais autant de fois que cela m’est possible.

Il y va de ma propre intégrité intellectuelle. Ce pays a le droit d’avoir des enfants qui l’aiment. Avoir une opinion contraire à celle-là serait une manière de me renier moi-même jusqu’à l’os. Ce que je ne me vois pas du tout faire.

Seda,
artiste plasticien comorien

 

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Mariama HALIDI AL WATWAN - dans LETTRES
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 23:00

A toutes les femmes

 

Compte tenu de l’éducation que mes parents m’ont donnée, je commettrai un crime si ce jour,  je ne publie pas un billet…. Et pas sur n’importe quel thème. Nous sommes le 08 mars. C’est  votre journée. C’est la journée internationale de la femme célébrée partout dans le monde. J’ai une grande pensée pour vous, toutes les femmes en général et les femmes comoriennes en particulier. Je m’associe aussi à vous pour mener le combat contre la violence faite à la femme.

 

En effet, cette année, le thème retenu est « Femmes et hommes unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles ». Un thème crucial compte tenu des différentes formes de violence dont beaucoup de  femmes et enfants sont victimes un peu partout dans le monde. Le plus souvent, c’est la violence physique qui est  visible. L’on voit les traces …les plaies, les bosses, les yeux enflés...les membres cassés et que  sais-je encore. Du coup, une autre violence est oubliée. Pourtant, elle est terrible ; elle détruit en silence.  On ne s’en rend compte que quand c’est trop tard ; Il s’agit  de la violence morale. Ces mots ou phrases qui blessent ; ce manque d’attention qui fait mal….Ces divorces, ces mariages arrangés ou forcés qui traumatisent. Ces insultes ou encore ces absences régulières qui détruisent. La liste est longue

 

Aux Comores, chez moi là bas dans l’océan indien, ces quatre îles qui s’amusent  à l’entrée du canal de Mozambique,  les deux violences sont là aussi. Le plus souvent c’est un sujet tabou même si les chiffres sont là.  Selon une étude récente consacrée au sujet, une jeune fille sur deux  est victime de violence sexuelle (viol, attentat à la pudeur …). Et si on ajoutait les violences conjugales de toute sorte, qu’est ce que les statistiques donneront ? En réalité, je ne cherche même à les connaitre de peur de vomir. Les informations qui m’arrivent régulièrement de ma ville natale me suffisent déjà. Ils me donnent la chair de poule et me révoltent : ces violeurs qui sévissent depuis quelques temps ;  ces abus sexuels sur des filles mineures, la pédophilie, ces abandons de famille, ces divorces et répudiations sauvages… Tout le monde le constate mais leurs auteurs restent le plus  souvent impunis.

 

Pour faire face à ce fléau inacceptable et dégoutant, il serait temps que les autorités politiques et la justice comoriennes fassent preuve de fermeté et de sévérité. Elles doivent tout simplement assumer leurs responsabilités. Il  faut vulgariser et appliquer comme il faut le code pénal et  le code la famille. Les associations qui œuvrent pour  les droits de la femme  et la promotion du genre doivent encadrer les victimes et les inciter à porter plainte.

 

Je vais m’arrêter ici pour ne pas trop priver  de ma présence à ma tendre épouse. Car c’est aussi une sorte de violence morale ! Et elle ne ratera pas l’occasion de me dire qu’en cette journée importante  qui lui est consacrée j’ai mis aux oubliettes ses droits.

 

Tous unis nous mettrons fin à la violence  contre la femme et la fille !

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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