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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 16:53
HALID-BLOG-COMORES
 
 
DSCI0310.JPGMadame Moinaécha Said Issilame …Madame Moinaecha Mroudjaé. (ci-contre)
Il s’agit en fait de la même personne. Mais certains l’appellent par son prénom marital et d’autres par son prénom de filiation*.
 
C’est elle que le chef de l'exécutif de l’île de Ngazidja, Monsieur Abdouloihabi vient de nommer à la tête du Commissariat à la condition féminine de l'île de Ngazidja en remplacement de Madame Ainy Chanfi.
Il est incontestable que le chef de l’exécutif de Ngazidja, en jetant son dévolu sur Madame Moinaecha pour ce poste, a voulu privilégier l’expérience et la maîtrise « du concept genre »DSCI0249.JPG 
En effet, Madame Moinaecha est une de ces grandes dames qui militent depuis les années 80 pour l’émancipation de la femme dans notre pays. Elle a fait la même école que Mesdames, Harimia Kassim, Sittou Raghadat, Fatouma Elias et les autres à savoir l’Organisation des femmes Comoriennes (MAOUNATI). Ci dessus de g à d :Mesdames Moinaecha et Sittou Raghadat
Ancienne institutrice et responsable du FADC – Antenne de Ngazidja (Fonds d’aide au développement Communautaire), elle est actuellement le maire de Bandamadji ya Itsandra. Première et unique femme maire de notre pays !
Elle est connue pour sa modestie et sa gentillesse mais aussi pour son dynamisme, sa fermeté et son entêtement quand il s’agit de défendre les droits de la femme. C’est en tout cas ce que j’ai retenu d’elle suite à nos multiples conversations de juillet dernier à Moroni !
 
Je sais que vos épaules sont assez solides pour supporter  sans beaucoup d’efforts cette nouvelle mission (même si elle n’est pas facile) qui vous est confiée voire même la cumuler avec la charge du village de Bandamadji.
 
Toutes mes sincères félicitations et bon courage Madame le Commissaire - maire (pourquoi pas ?)!
 
* En France, on parle de nom marital ou de filiation. Tel n’est pas le cas dans le système juridique comorien
 
HALIDI
 
 
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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 22:03
Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

Comores / PNUD
Lancement du rapport national sur le développement :
« Reconnaître à l’homme et à la femme, une égale capacité dans l’accès aux responsabilité
s »

Moroni, jeudi 27 septembre 2007 (HZK-Presse) – Comme tous les ans depuis près d’une décennie, les autorités comoriennes avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) viennent de lancer ce jeudi 27 septembre le Rapport national sur le développement humain (RNDH) brossant le bilan de l’évolution du pays au cours de l’année passée dans divers domaines de la vie de l’homme.

Pour l’année 2006 les auteurs du rapport ont choisi de mettre l’accent sur la problématique du genre, un thème d’actualité qui semble faire l’unanimité des décideurs et des leaders d’opinion comme l’ont prouvé les interventions qui ont marqué la cérémonie officielle organisée à l’hôtel Le Moroni.( voir l'article sur le RENAG en cliquant ICI)
De nombreuses personnalités politiques de l’Union et des îles, des représentants du corps diplomatique et des organismes de coopération ainsi que des responsables de la société civile y ont pris part.

Dans son allocution, le représentant résident du Pnud, M. Opia Mensah Kumah, s’est félicité de la pertinence du choix d’une thématique « qui est au centre des préoccupations de la communauté internationale ». Il s’agit selon lui d’un concept vivant qui prend en compte « la liberté, la dignité et le rôle des hommes dans leur développement », au-delà du simple calcul d’un revenu par habitant.

Ce document de référence présenté aux participants par Mme Sitti Alfeine Tadjiddine, n’est rien d’autre que le résultat d’un exercice qui a mobilisé plusieurs mois durant des cadres et techniciens nationaux, appuyés par le bureau local du PNUD, dans un processus participatif conforme au standard des rapports internationaux.

Il constitue surtout un outil de référence « pour promouvoir les débats publics autour des enjeux du développement et pour mobiliser les moyens d’action » explique M. Opia qui, à la lecture du rapport, fait observer que « de multiples discriminations basées sur le genre tendent à maintenir la femme comorienne en marge de l’activité économique et des centres de prise de décision ».

En dépit des progrès enregistrés dans les secteurs éducatif et sanitaire, les données récentes font état d’un taux d’activité de 18% chez les femmes contre 33% pour les hommes, avec 16% des femmes actives occupées qui sont salariées. L’on note aussi une présence marginale de la femme au niveau des sphères politiques avec moins de 2%.

Le représentant du Pnud s’interroge même, sur le paradoxe des « obstacles qui rendent la société comorienne réfractaire à l’évolution du statut de la femme » dans une société à dominance matriarcale et matrilinéaire, et de surcroît, matrilocale. Pour l’heure le pays semble avancer dans la bonne direction, à travers son adhésion aux différentes conventions internationales relatives à la promotion du genre et l’adoption du Code de la famille, reconnaît-il, en encourageant la société civile à poursuivre son combat contre les formes de discriminations, notamment le RENAG, la toute jeune organisation des avocats du Genre. Il a conclut en souhaitant « Inch Allah, que le troisième Objectif du millénaire pour le développement devienne une réalité aux Comores à l & #8217;horizon 2015 ».

Pour sa part, le Vice président en charge de la santé, a déclaré que le moment était venu de « reconnaître à l’homme et à la femme, une égale capacité et une égale légitimité dans l’accès aux responsabilité
s ». Se faisant l’avocat d’une implication accrue de la femme dans le développement du pays, Ikililou Dhoinine appelle à « changer le regard de la société, afin de libérer les énergies créatrices, les talents dissimulés ou étouffés » que recèle cette moitié de la population que représentent les femmes (50,4%). Plus qu’un simple respect des droits humains garantis par les conventions internationales, il faut selon lui assumer une obligation morale d’y veiller quotidiennement.

Dans un contexte politique encore marqué par la crise séparatiste, le vice-président lance un véritable plaidoyer pour le renforcement de l’unité nationale, en offrant à tous « les conditions d’équité et de justice pour une société unie et solidaire ». Partageant l’objectif d’un large dialogue sur les politiques et stratégies de développement en rapport avec le genre, amorcé au niveau mondial de Copenhague à Beijing en passant par Le Caire, le représentant du gouvernement a tenu à reconnaître que la participation de la femme dans le secteur public comme privé demeure faible et que beaucoup de chemin reste à parcourir.

L’Etat s’engage notamment à ratifier la convention contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et celle relative aux droits de l’enfant, et à élaborer une politique nationale de la promotion du genre. C’est une des conditions pour garantir la paix et le développement humain, lance-t-il, avant de conclure en réaffirmant leur volonté d’appliquer les recommandations du rapport et d’inscrire sur l’agenda politique la participation effective des femmes dans le processus de décision.

Le grand Mufti, s’exprimant en qualité de principale autorité religieuse, a rejeté les « fausses accusations portées contre l’Islam » en déclarant que la religion musulmane « n’empêche en rien l’égalité entre l’homme et la femme dans tous les domaines de la vie économique et sociale ». Un verset du Coran explique à ce sujet que « la culture et le savoir sont une obligation pour tout croyant sans distinction de sexe », dit-il. La femme n’a-t-elle pas participé à la première guerre sainte du vivant du prophète Mohamed, lance le professeur Toihir Ben Said Maoulana.

El-Had Said Omar
270907/eso/hzkpress
e/6h00


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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 20:24
 
Le RENAG (Réseau National des Avocats du Genre) a élu son bureau le dimanche 9 septembre dernier à l’issue de sa première Assemblée Générale organisée pendant deux jours à l’Hôtel Galawa situé à Mitsamihouli au nord de l’île de Ngazidja. Plusieurs personnes (Juristes, Enseignants, Militantes, Economistes…) venues de Ngazidja, Mwali et Ndzuani y ont pris part. Le point commun de tous les participants est qu’ils s’intéressent de près aux questions de la femme dans notre pays.
 
Le premier bureau du RENAG est composé de :
 
- Madame Baraka Ali Mari : présidente (professeur certifié de physique Chimie) :
 
- Monsieur Soilihi : Secrétaire général (Juriste et actuel secrétaire général de l'assemblée de Ngazidja) :
 
- Madame Moinafatima chaharane : Trésorière (directrice de la fonction publique) :
 
- Madame Chouhoura Abdallah : Conseillère en communication (Ancienne déléguée aux Droits de l’Homme) :
 
- Madame Sittou Raghadat Mohamed : Conseillère en formation (Ancienne Ministre et Députée, Enseignante à l’IFERE) :
 
Le RENAG n’est autre que cette organisation non gouvernementale et apolitique, créée il y a quelques mois, laquelle regroupe des femmes leaders et hommes ayant une connaissance confirmée dans les questions du Genre.
 
Les objectifs du RENAG sont les suivants :
 
- Sensibiliser sur la pertinence de l'intégration du Genre dans les politiques et programmes de développement du pays
 
- Initier toute action de nature à participer au respect de l'égalité entre hommes et femmes pour une société de liberté d'harmonie et de stabilité
 
- Promouvoir le leadership féminin
 
- Promouvoir le renforcement des capacités des hommes et des femmes sensibles afin de pérenniser le plaidoyer du concept Genre
 
- Créer un espace de discussions et de dialogue favorable à un changement de mentalité à l'égard des femmes
 
- Participer à toutes les actions tendant à renforcer, harmoniser, actualiser la législation portant sur le droit de la femme
etc
 
La plupart de ses membres ont suivi la formation en Genre et Développement qui s’est déroulée à Moroni en mai dernier.
 
« Genre et développement humain », expression en vogue actuellement au sein des agences du Système de Nations unies et dans notre pays, est un concept qui fait prévaloir le rôle et la place de la femme dans les processus de prise de décisions
 
Vous trouverez ci-dessous quelques photos des participants de ladite AG :

week-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-132.jpgweek-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-127.jpgAccolade entre la Présidente et la
                                                                             conseillère en communication

Le bureau (de g à d : Mme Chouhoura, Mme Baraka, Mme Moinafatima, Soilih, Mme Sittou)
week-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-133.jpg   week-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-118.jpg


week-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-116.jpg    Maître Maandhui alias Lezamed et Mme
    Karida Dia (Ci dessus)
De g à d : Mmes Sittou, Chouhoura et Jacqueline (Ci dessous)


week-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-122.jpgweek-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-107.jpg
                                                                               


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