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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 17:41
Un manifeste pour l'égalité et l'équité hommes-femmes

Le monde célèbre ce 8 mars la journée internationale de la femme. Une occasion de dresser le tableau sur la situation des femmes et d'envisager des mécanismes juridiques qui permettront de changer le statut des femmes dans notre pays.

8 mars, une date importante pour toutes les femmes du monde. Une journée sur 365 ou 366 jours s'avère insuffisante certes, mais elle a une valeur symbolique et fortement imprégnée dans notre culture moderne. A titre de rappel, l'idée a été lancée en 1910 par une journaliste allemande Clara Zetkin lors d'une réunion des femmes socialistes réunies à Copenhague pour défendre les droits et réclamer le droit de vote.

100 ans après, des progrès ont été enregistrés dans le monde sur le sort et le statut des femmes, y compris aux Comores. Cela dit, des progrès qui semblent très insuffisants au vu du poids électoral, démographique et de l'implication des femmes dans le développement du pays. Le récent code de la famille votée par l'Assemblée en juin 2005 ne fait que renforcer l'iniquité et les inégalités dont sont victimes les femmes. Ce nouveau code légalise la répudiation, la polygamie et l'injustice en matière de succession (Articles 43 à 47, puis 53-54). Cette injustice se prolonge dans cette idée lorsque le couple est placé sous la tutelle exclusive du mari, car selon un des articles, " l’homme assure la direction de la famille, la femme la domesticité". Ce dispositif dénature l'égalité des droits des époux, en faisant du mari, le primat du couple. Or un mariage est un consentement mutuel entre deux personnes, par conséquent, il serait légitime de modifier cet article en assurant l'équité et l'égalité en ces termes " sous la direction des deux époux".

Pour ce qui est de la polygamie, même si elle est en régression, le législateur pourrait mieux cadrer sa pratique. Par exemple, lors du premier mariage, qu'il y ait la possibilité pour les deux époux de signer un acte de non polygamie ou bien que la dispense de polygamie se fasse par un écrit de la première épouse reçue par le cadi en entretien individuel.

Ces exemples illustrent les injustices dont sont victimes les femmes comoriennes. Un code de famille qui est totalement contraire à la Charte fondamentale des Nations-Unies, de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme et à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et de l'Enfant. C'est ainsi qu'il me semble important de modifier la Constitution et le code de la famille pour assurer l'équité et l'égalité hommes-femmes.

Des points qui me semblent importants doivent y figurer :

- Sur le plan politique et de la représentativité:
* La parité dans les élections politiques (assemblée nationale, conseillers des îles)
* Parité au sein du gouvernement, notamment dans les ministères régaliennes.
* Parité dans les directions des établissements publics et para-publics.
*Egalité des salaires entre hommes et femmes. Il est inacceptable que la femme touche moins de revenus que l’homme, à fonction égale.
* Tout candidat à la Présidence de l’Union doit présenter au moins une vice-Présidente et réciproquement.

- Sur le plan du Code civil :

* Abrogation des dispositifs discriminants envers les femmes;
* Equité dans l'héritage : une part égale homme-femme;
* Légaliser l'avortement des mineures et la contraception;
* En cas de non versement de la pension alimentaire, rendre inéligible et interdiction d'exercice de tout mandat public pendant dix ans pour le père "délinquant";
* Renforcer les dispositifs contre la violence faite aux femmes.

A l’aube du troisième millénaire, nous devrions changer nos pratiques et nos mentalités pour intégrer la femme dans l’espace politique et assurer l’égalité et l’équité du genre dans notre espace juridique.

Nakidine MATTOIR
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 23:06

A l'occasion de la journée internationale de la femme édition 2010, nous vous

proposons ci-dessous un article du journal Albalad datant de novembre dernier

lequel rélate l'expérience de trois comoriennes.

Bonne lecture.

Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES



Lu pour vous :

Source : Albalad n° 123 du 09 novembre 2009

Trois Comoriennes  parmi les hommes

Trois comoriennes ayant fait carrière dans des milieux professionnels dominés par

les hommes évoquent leurs souvenirs et les leçons de leur expérience.

Il n’est déjà pas facile de faire une carrière de journaliste, de soldat ou de responsable

politique aux Comores. Mais si en plus, on est une femme, le défi devient encore plus

complexe à relever.

Pourtant, c’est le pari réussi par Tidjara Djoumoi, journaliste de presse écrite connue, de


Mariame Bacar Tabibou
, officier de gendarmerie
et


de Sittou Raghadat Mohamed

première femme élue députée et première comorienne nommée ministre

Leur dénominateur commun dans leur parcours, un début difficile. Elles s’en souviennent.

«Au début de ma carrière, il n’y avait pas encore beaucoup de femmes militaires, donc mon

entourage n’était pas habitué à la présence féminine et était réticent et même ma mère a mis

du temps avant d’accepter mon intégration dans l’armée», confie le lieutenant Mariame.

 Même constat

 Les problèmes de Mme Tidjara Djoumoi sont venus de là où elle s’y attendait le moins :“ce

sont au contraire, les femmes qui se dénigrent entre elles mais les hommes, eux, ont de

l’estime pour les femmes instruites, expérimentées et compétentes.” dit-elle.

Même constat pour Mme Sittou:«Une partie des femmes de notre parti m’a soutenu mais les

autres ont préféré un homme à ma place».

C’est dire que la route est encore longue. Mais de plus en plus de femme s’imposent

en intégrant notammentdes secteurs jusque là réservés aux hommes. Il sera sans doute de     

plus en plus difficile de vouloir convaincre des Comoriennes de rester au foyer ou se contenter

de métiers dits féminins à l’avenir. Tidjara Djoumois’est frayé son chemin par la force de sa

plume. «Journaliste de formation, j’ai évolué dans un milieu d’hommes. J’avais déjà l’habitude

d’être avec eux; donc je ne me suis jamais sentie marginalisée. On m’acceptait de par mes

compétences et ma personnalité», raconte laresponsabledu renforcement des capacités des

communautés au FADC.

 

Dans les hautes sphères

 

Près ses études en journalisme, elle s’est trouvée seule parmi ses collègues hommes dans le

journal Al-Watwan qu’elle a marqué de son empreinte en participant à toutes les activités de la
chaine de fabrication. Cette expérience lui a sans doute facilité son travail au Fonds d’appui

au développement communautaire en tant que communicateur au début et ensuite entant que

responsable du renforcement des capacités des communautés.

 

Ailleurs dans les hautes sphères de la politique; Mme Sittou ne s’est jamais “sentie

discriminée en tant que femme et affirme même n’avoir pas eu beaucoup de problèmes à

exercer ses différentes fonctions.” Mais cela relève de la pure politesse. Car en vérité, elle a

été la cible de nombreuses attaques venant parfois de son camp.

Du statut d’enseignante à celui de ministre, elle a gravi les échelons en affrontant souvent des

hommes bien plus expérimentés.

 

Dans le milieu viril de l’armée, le lieutenant Mariame Bacar Tabibou, titulaire d’un diplôme de

gestion, s’est bagarrée depuis son entrée à la gendarmerie en1995 pour convaincre ceux qui

pouvaient douter de ses capacités.

Seule femme de sa promotion, elle a été obligée de s’imposer en subissant les mêmes

épreuves que ses «frères d’armes».

«Je m’en suis toujours sortie très bien», affirme-t-elle, précisant que dans l’armée

heureusement, on ne fait pas de la distinction entre femme et homme.«Tout le monde doit

obéir aux ordres».

 
Avoir une personnalité


Ministre, journaliste ou soldat, le secret de ces trois femmes a été «un fort caractère» mais

surtout la volonté de réussir et la capacité.

«Ma personnalité que j’associe à mes expériences sont la clé de ma réussite dans l’armée»,

estime le lieutenant Mariame. «Les femmes tiennent à faire le travail d’une façon dévouée,

elles travaillent d’une f
açon sérieuse, intransigeante et elles vont directement au but. » Insiste

Mme Tidjara.

Une affirmation partagée par les supérieurs de l’officier :.« En pourcentage, les femmes sont

rigoureuses par rapport aux hommes. Elles sont correctes, très sérieuses dans le travail»,

soutient le colonel Normal Mze Hamadi, adjoint du chef de l’Etat-major.

 

JOSYAICHAR.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 23:25

Lu pour vous

Source : Albalad n° 170  du 15 janvier 2010


Comores / Beauté : Karima JAFFAR ou la passion de la beauté

karida-blog.JPGPréserver la beauté de la femme comorienne et aider tout le monde en la relaxation, tel est l’objectif d’une jeune femme passionnée de beauté, karida Jaffar.

 Karima Jaffar, Karida (Photo - Archives de HALIDI-BLOG-COMORES) pour ses amis,  croit dur comme fer à son entreprise qui mettra à la disposition de ses clients des soins de beauté et des soins pour les cheveux.

« Les femmes comoriennes ont déjà une beauté naturelle spécifique. Je veux les mobiliser et les aider à la garder » dit la jeune femme qui a affiné ses connaissances pendant son long séjour  en Egypte, alors épouse d’un diplomate.

La jeune femme se met au service des femmes mais également des hommes grâce à ses multiples talents. Karida affirme pouvoir assumer tous les besoins de soins de beauté naturelle et cela de la tête aux pieds. Elle dit être même en mesure d’offrir des soins de relaxation à ceux qui en ont besoin.

Remonte à longtemps

Sa passion pour la beauté des femmes remonte à longtemps, dès son jeune âge. « J’aimais prodiguer des soins de beauté à mes amis et à mes proches. C’est l’une des raisons qui m’ont poussé  à choisir d’apprendre les techniques. »

Aujourd’hui, elle est coiffeuse, masseuse, esthéticienne et maîtrise des techniques de relaxation. « Ce sont des aptitudes qua j’ai acquise pendant mon séjour en Egypte » dit -‘elle.

Ses savoirs faire

« Je ne fais pas seulement que des soins du visage et du corps, des cheveux et des ongles. Je peux aussi alléger les fatigues dues au  stress quotidien. J’ai pour cela ce qu’il faut : sauna, jacuzzi, bain de vapeur etc.»

« Mon but est d’aider à lutter contre le stress et que tout le monde se sente bien intérieurement » dit celle qui utilise des mixtures de fruits comme les bananes, les abricots, les algues, l’argile et l’aloès Véra. Depuis son retour au pays, certaines de  ses amies et  ses connaissances viennent nombreux pour solliciter ses services. C’est ce qui l’a encouragée à s’installer.

Pour l’instant, elle  aménage les locaux. « Je fais les derniers préparatifs et attends quelques matériels pour la coiffure pour ouvrir en grand au public  le centre», conclut-t-elle.

Josy  Aicha R (Stagiaire)

 

 

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 13:04

Source : Alwatwan n°1445 du 18 novembre 2009

 

Fawecom-Mwali / Une approche genre au niveau scolaire

  Divers acteurs de l’enseignement ont suivi à Fomboni une formation sur l’intégration

de l’approche-genre au niveau scolaire du mercredi 11 au lundi 16 novembre.

Objectif final et moyen terme : lutter contre l’abandon scolaire des filles.

 

Sous l’égide du Fawecom, une formation sur l’intégration de l’approche genre au niveau

scolaire a été dispensée à l’endroit de neuf enseignants, huit élèves, un membre du conseil d’école, un conseiller pédagogique et la directrice de l’école primaire publique de

Fomboni du mercredi 11 au lundi 16 novembre. Le coordinateur national et la personne ressource à la Fawecom respectivement Tourqui Fazul et Thourayat Mouhadji devaient, six jours durant, alterner pédagogie et andragogie pour initier l’apprentissage de l’équité du genre

dès l’école et doter les jeunes, notamment les filles. Il s’agit d’enseigner aux participants comment “sortir de sa coquille” et pouvoir prendre la parole à chaque fois que cela est nécessaire pour se prémunir contre toute forme d’abus que la fille, future femme, pourrait être victime à l’école, dans la société et dans la vie familiale et conjugale.

 

L’école de Fomboni Centre est choisie par le Fawecom comme étant le centre d’excellence de Mohéli dans la mesure où elle est dotée d’un conseil d’école dynamique qui prend en son compte la notion de genre et abrite, par ailleurs, un point d’eau, de latrines séparées pour filles et garçons.

 

Cependant tout n’est pas parfait. Aussi, en étroite collaboration avec l’Ong chère à l’ex ministre, Sittou Raghadat, une cantine scolaire où l’on distribuerait gratuitement du lait

et pain aux élèves, une buvette qui permette de se ravitailler sur place pendant les repos et d’autres facilités encore ont été ou doivent être mises en place. Des efforts doivent être

fournis, également, en ce qui concernent les toilettes certes en bon état de marche mais qui sont littéralement prises d’assaut à chacune des deux pauses quotidiennes des enfants.

 

Selon notre interlocutrice, Raïhata Madi Ali, le Fawecom envisage, à moyen terme, d’étendre sa coopération dans huit autres établissements scolaires de l’île. Enseignante en classe de cours élémentaire, la stagiaire, Raïhata Madi Ali est totalement acquise à la mise en place de ces clubs dits “Tutsémé” qui trouvent leur origine en Afrique de l’est et dont l’objectif final est de lutter à moyen terme contre l’abandon scolaire des filles.


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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 12:41

Source  : Alwatwan.net/13 mars 2009

accueil-des-delegation-a-Ou S’unir pour réussir et faire face à la crise, tels est le slogan des femmes entrepreneuses des pays et région du sud-ouest de l’Océan indien (Maurice, Madagascar, Seychelles, Rodrigue, les Comores et la Réunion). Le quatrième forum des femmes entrepreneuses de la zone de l’océan indien se tient du 12 au 15 mars à Ndzuani. A cette occasion, une délégation de femmes entrepreneuses de la région, composée de dix-huit personnes se trouve actuellement aux Comores. Ces femmes regroupées en association intitulée “Entreprendre au Féminin de l’Océan indien (Efoi)” ont été reçue par les associations des femmes entrepreneuses de l’Union des Comores, l’Efoi Comores et l’Initiative Femme Comores (Ifemco).

Un cocktail dînatoire a été organisé pour l’occasion au restaurant le Jardin de la Paix à Moroni. Cette cérémonie de bienvenue a été marquée par la présence de Sitou Rahada Mohamed (ancien ministre), de Moina Fatima Djalim, ministre de l’Education de Ngazidja, de Sitti Soifiat Tadjidine (commissaire au plan) et de plusieurs représentantes des associations de femmes entrepreneuses comoriennes.
Dans son mot de bienvenue, Hissan Guy a dit que ce quatrième forum de l’Océan indien constituait une “occasion pour nous femmes entrepreneuses de renforcer notre partenariat”. “Etant dans une zone qualifiée de fragile, a-t-elle déclaré, notre intérêt est de nous unir pour faire face à la crise car les échanges que nous entreprenons nous permettent d’exister et de faire entendre notre voix”. Enfin, elle a appelé “toutes les femmes qui veulent entreprendre à formaliser leurs activités”.
Le commissaire chargé des programmes régionaux pour les femmes chefs d’entreprise mondiale, Aline Wong, a souligné, pour sa part, que ce quatrième forum devait aider à renforcer le portail.

Les moyens de produire pour augmenter le pouvoir d’achat

“Ce site web que nous avons créé facilitera les échanges régionaux et c’est la qualité des échanges qui appelle le soutien des bailleurs de fonds”. Selon elle, “il faut donner aux femmes les moyens de produire pour augmenter le pouvoir d’achat des ménages, aider une femme c’est aider une famille”.
Le regroupement des femmes entrepreneuses comoriennes ou régionales existe depuis les années 1999. Jusqu’en 2005, les activités programmées ne se déroulaient pas comme prévues. Ce n’est qu’en 2006 avec le premier forum tenu à Tamatave que l’ensemble des activités de l’association a pris son envol. Selon Hissan Guy : “l’Ifemco s’est donnée comme priorité de se procurer un local et faire en sorte que les gens sachent où s’orienter quand on veut recourir à ses services”.
Rosy Félix originaire de l’île Maurice, présente affirme que “ce forum permet la consolidation du réseau. Chaque pays est différent et cela est une opportunité à exploiter”. Pour Ginette Anaudin, “le site web, permet à la femme entrepreneuse de s’épanouir et de s’affirmer sur le marché qu’elle veut conquérir”.

Mariata Moussa

 

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 23:02

Source : Alwatwan.net/11 mars 2009

Briser-le-silence Le vice président de l’Union, Idi Nadhoim, a dénoncé la violence sous toutes ses formes : “les différentes formes d’agressions basées sur le genre sont couvertes de silence. Cette situation dramatique interpelle tout un chacun, famille, communauté, société civile et autorité pour enrayer ce fléau en brisant le tabou culturel et social au bénéfice de la justice”. Célébrer la femme “c’est parler de condition humaine, c’est dénoncer les attitudes et les silences convenus et entretenus pour étouffer une voix, écraser une personnalité et marginaliser une nature”. La célébration de la journée de la femme a été une occasion d’appeler toutes et tous à “Briser le silence” : “C’est le premier pas à faire pour lutter contre les maltraitances faites contre les jeunes filles”.

La journée internationale de la femme a été célébrée lundi 9 mars au foyer des femmes de Moroni en présence de nombreuses femmes. Au cours de la cérémonie des vidéos de témoignage, des sketches, des chansons et des poèmes dénonçant la violence à l’encontre des jeunes filles ont été présentés. Briser le silence est le premier pas à faire pour lutter contre les maltraitances faites contre les jeunes filles, entendait-on dire ici et là. Le thème retenu cette année au niveau international “Femmes et hommes unis pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles” est retranscris, au niveau national par le mot d’ordre “Stop aux agressions des mineurs et aux violences faites aux femmes”.
Dans son mot de bienvenue, la directrice à la vice présidence chargée de la santé et de la promotion du genre, Halima Abdoulkarim, a témoigné l’intérêt de la lutte pour l’égalité des sexes et le combat contre la violence perpétrée aux femmes et aux jeunes filles. “Au-delà des actes de violence, la domination d’une personne envers une autre constitue une autre forme de violence”, a-t-elle lancé avant de révéler que les cas enregistrés au tribunal de Moroni pour l’année 2008 dépassaient la centaine et que ce chiffre était en augmentation.

“Trop de crimes impunis”

Zainaba Ibrahim alias Mama Hayria a dénoncé les différentes formes de violences faites aux femmes et aux jeunes filles et a appelé la justice à avoir la main lourde contre les auteurs de ces crimes, pour faire respecter les droits de l’homme, conformément à la déclaration universelle des droits de l’homme.
Dans son message, le représentant résident du système des Nations unies aux Comores, Opia Mensah, a rappelé qu’une campagne a été lancée appelant les peuples et les gouvernements du monde entier à s’unir pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles et que cette campagne se poursuivra jusqu’en 2015, date butoir pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. Le diplomate onusien a parlé de lien entre la violence faite aux femmes et la propagation du Vih/sida : “Dans certains pays, pas moins d’une femme battue sur trois est contrainte à avoir des relations sexuelles ou est victime d’une autre forme de violence à un moment ou à un autre de sa vie”. Opia Mensah déplore que “bien trop souvent, ces crimes demeurent impunis et leurs auteurs libres à un moment où aucun pays, aucune culture ni aucune femme, jeune ou âgée, n’est soit à l’abri de ce fléau”.

“Des étapes ont été franchies, mais...”

Selon lui, à l’échelon local aussi, des hommes enseignent à d’autres hommes qu’il “existe une autre voie et que les ‘vrais hommes’ ne battent pas les femmes”.
Au nom du président de Ngazidja, Ahamada Hamadi, directeur de cabinet, a déclaré que célébrer la femme “c’est parler de condition humaine, c’est dénoncer les attitudes et les silences convenues et entretenues pour étouffer une voix, écraser une personnalité et marginaliser une nature”.
Pour sa part, le vice président de l’Union, Idi Nadhoim, qui parlait au nom de son collègue, Ikililou en charge de la Santé et de la Promotion du genre, a dénoncé la violence sous toutes ses formes, tout en déplorant les actes révélés dans notre pays et perpétrés aux femmes et aux enfants sans distinction de sexe et quelque soient les milieux sociaux : “Les différentes formes d’agressions basées sur le genre sont couvertes de silence. Cette situation dramatique interpelle tout un chacun, famille, communauté, société civile et autorité pour enrayer ce fléau en brisant le tabou culturel et social au bénéfice de la justice”.
Selon le vice président, “certains progrès” ont été enregistrés au cours de ces dernières années à l’issue des efforts déployés dans la lutte contre ce fléau. Parmi eux, figurent la ratification de la convention contre toutes les formes de discrimination à l’endroit des femmes et celle relative aux droits de l’enfant, la mise en place, en partenariat avec l’Unicef, des cellules d’écoute pour les enfants victimes de violence et le code de la famille en vigueur qui vise le respect de la culture et des traditions ainsi que l’équité et la stabilité dans la cellule familiale. “Nous sommes convaincus que des étapes ont été franchies, même si nous savons qu’il reste beaucoup à faire”, a conclut Idi Nadhoim.

Abouhariat Said Abdallah

 

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 11:21

Source : Alwatwan.net / 05 novembre 2008

Expert_Imani Dans le cadre de l’élaboration d’une politique sous-régionale en matière de genre, la Commission de l’Océan indien (Coi), en partenariat avec l’Unfpa, a lancé une étude sur les disparités liées au sexe à l’échelle de la zone. La restitution du rapport national des Comores, mardi 4 novembre à Moroni, a donné lieu à des échanges fructueux et a permis l’enrichissement du document. Malgré de fortes inégalités, les Comores ont réussi des avancées notables sur le chemin de la promotion des droits de la femme. L’écart du taux de scolarisation entre les deux sexes est de seulement 4% (75% pour les garçons contre 71% pour les filles). Des associations féminines fleurissent et témoignent de la prise de conscience chez les femmes quant à l’urgence de s’impliquer davantage dans les affaires de la cité.

Les chiffres sont éloquents : le pourcentage de femmes actives aux Comores est de seulement 25% contre 46% chez les hommes. Au niveau de la fonction publique, c’est encore pire : 70% de ses effectifs sont de sexe masculin contre 30% pour les femmes. Et nous vous épargnons d’autres statistiques encore plus révélatrices de la persistance de disparités flagrantes entre les sexes. La participation de la femme aux postes de responsabilité reste toujours une gageure avec un taux de 3% de femmes parlementaires, de 2% de femmes maires et de 6% de ministres.

Plusieurs pesanteurs socio-culturelles

C’est pour réduire ces inégalités que la Commission de l’Océan indien (Coi) entend élaborer à l’échelle de la zone une politique sous-régionale en matière de genre. Chaque Etat membre est, à cet effet, chargé de produire un rapport national sur des thématiques transversales. ‘‘La stratégie sous-régionale sur le genre doit pouvoir répondre à des préoccupations qui sont communes aux cinq pays de la zone. Il appartiendra aux plans nationaux en matière de promotion du genre de s’atteler aux problèmes spécifiques de chaque Etat membre’’, a déclaré Mamadou Boina Maécha.

Le rapport du consultant national, Younoussa Ben Imani, fait état de plusieurs pesanteurs socio-culturelles qui empêchent le plein épanouissement de la femme comorienne. ‘‘L’organisation sociale aux Comores établit des hiérarchies et des valeurs au sein de la société. Elle définit des rôles spécifiques distincts. Cependant, la plupart des rôles joués par la femme la relègue au second rang et se conclut par un statut socio-économique inférieur’’, lit-on dans le document. Le rapport évoque notamment les contraintes d’ordre culturel et traditionnel qui excluent de fait la participation de la femme aux diverses instances de décision. S’il est vrai qu’aucune loi ne dénie à la femme le droit de postuler à une fonction élective, la pratique est autrement plus dramatique. Tenez : sur près d’une cinquantaine de communes-pilotes dans le pays, une seule femme occupe le poste de maire. ‘‘La faible participation des femmes à la prise de décisions s’explique en partie par le fait que dès leur jeune âge, les femmes intériorisent leur exclusion et leur sentiment d’infériorité, souvent à cause de l’éducation reçue’’, ajoute M. Ben Imani.

Plusieurs recommandations

L’une des facettes des disparités entre les sexes dont la presse nationale fait rarement écho est celle liée à la violence contre les femmes. Selon une étude nationale consacrée à ce sujet, une jeune fille sur deux est victime de violence sexuelle (viols, attentats à la pudeur,…) sans parler des violences conjugales, des attaques verbales,…

Il faut dire que malgré ces fortes inégalités, les Comores ont réussi quelques avancées notables sur le chemin de la promotion des droits de la femme. A ce jour, l’écart du taux de scolarisation entre les deux sexes est de seulement 4% (75% pour les filles contre 71% pour les filles). Des associations féminines fleurissent également dans les quatre coins de l’archipel et témoignent de la prise de conscience opérée par les femmes elles-mêmes quant à l’urgence de s’impliquer davantage dans le fonctionnement de la cité.

Le rapport national des Comores préconise, entre autres recommandations, le ‘‘développement et la mise en valeur des emplois dans les secteurs utilisant substantiellement une main d’œuvre féminine’’, la vulgarisation du code de la famille ou encore la sensibilisation des autorités nationales pour adopter des lois sur la parité.

Mohamed Inoussa

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 01:09

 

 (Photo ci-dessous : quelques participants)

Du 28 juin au 02 juillet 2008 s’est tenu à Hantsambou, un village situé dans la région d’Itsandra à Ngazidja,  un atelier de Vision sur le centre d’excellence. En effet, l’école primaire de ce village  est choisie pour être le 1er centre d’excellence de Fawe dans notre pays. Depuis quelques années, elle fait partie des « écoles amies du Fawecom » où des formateurs en genre assurent régulièrement une sensibilisation sur le concept genre aux élèves et instituteurs.

L'atelier de vision est, en fait,  une des étapes menant vers l'ouverture d'un centre d'excellence  tel qu’il est défini par le Forum des Éducatrices Africaines (Fawe),   une organisation  à vocation régionale regroupant des femmes ministres de l’éducation nationale, des femmes recteurs d’universités et d’autre femmes décideurs africaines influentes dont l’antenne aux Comores est  le Forum des Educatrices des Comores (Fawecom). Il s’agit  d’une école qui va intégrer la dimension genre dans sa pédagogie  en tenant compte de différents aspects (aspect physique, aspect académique et aspect social.)

L’atelier de vision a permis de réunir et impliquer toutes les parties prenantes  (les ministères de l’éducation de l’union des Comores et de l’île de Ngazidja, la communauté de l'école choisie, le conseil de l'école, le conseiller et l'inspecteur pédagogique de la région, le Fawe et son antenne des Comores, Fawecom ainsi que  les élèves de l’école choisie) afin de  réfléchir  ensemble et définir une vision commune sur le modèle de Centre d'excellence voulu et conforme  à la mission du  Fawe. D’où la nécessité  de recueillir au préalable toutes les données concernant l'école que l'on va transformer en un centre d'excellence.

(Photo ci-contre : Mme Lornah)

Ainsi,
 les participants  à l'atelier  parmi lesquels  des hommes politiques,  des techniciens des deux Ministères de l’éducation, des conseillers et inspecteurs pédagogiques, des enseignants de l'école hantsambou, les membres du conseil de l’école, des représentantes des associations féminines du village,  des notables de la localité  des représentants des élèves de l’ école, des  membres du fawecom ainsi qu’une délégation du Fawe conduite par Madame Lornah Murage, chargée régionale des programmes, ont visité l’école (aspect physique) pour  vérifier si l'école répond bien aux critères définis puis  ont  enquêté sur l'aspect social (comportement de la communauté par rapport à la vision du Fawe) ainsi que sur l’aspect académique (l'enseignement dispensé).

Il ya eu, ensuite, les débats qui ont abouti à l'élaboration d'un plan d'action pour le centre d'excellence. En principe le centre d’excellence de Hantsambou ouvrira ses portes lors de la prochaine rentrée scolaire. La cérémonie pour la pose de la première pierre de ce centre aura,  en principe, lieu demain.

Selon, Madame Sittou Raghadat Mohamed, ancienne Ministre et actuelle Secrétaire Générale du Fawecom (Photo ci-contre), « Un centre d’excellence pour FAWE est simplement une école où l’environnement physique, académique et social est sensible au genre. C’est celle qui possède tous les équipements ordinaires d’une école en plus de la sensibilité du genre dans tous ses aspects, y compris l’infrastructure physique, l’environnement social et académique. Cette école doit être un exemple démontrant de façon claire et effective comment créer un environnement scolaire sensible au genre. Elle doit faire face aux problèmes de l’éducation des filles en créant un environnement favorable à l’apprentissage et à l’enseignement scolaire et en assurant l’implication de la communauté dans la promotion de l’éducation des filles. »

 Elle rappelle aussi que «l’une des missions du Fawe dont l’antenne aux Comores  est le Fawecom,  est de promouvoir l'équité et l'égalité entre les sexes dans les systèmes d'éducation en Afrique en suscitant un changement d'attitude au sein de la communauté envers l'éducation des filles en appuyant par le biais des politiques et pratiques sensibles aux sexospécifités, l'accroissement de l'accès à l'éducation et à l'amélioration de la rétention et la performance scolaires en faveur des filles. »

D’autres centres d’excellence seront aussi ouverts à Mohéli et Anjouan.

Pour avoir plus de précisions sur  les raisons du choix de l’école primaire de Hantsambou et l’objet d’un centre d’excellence, nous vous suggérons d’écouter l’interview radiophonique accordée récemment par  Madame Sittou Raghadat Mohamed  à la RFI (Radio France Internationale) en cliquant ICI.

 Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

   

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 12:40

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, lundi 16 juin 2008 (HZK-Presse) – Si quelques cadres comoriens, surtout les jeunes, souffrent du manque d’emploi, à tous les niveaux, les bonnes, elles, semblent se faire désirer, tellement elles se sentent sollicitées et indispensables. Certaines d’entre elles essaient même de faire la pluie et le beau temps chez leurs patrons.

 

« Je ne jette pas des ordures », « je ne lave pas des grosses marmites », « je ne peux pas rester au travail au delà de 14 heures, j’ai d’autres engagements », ces propos, certains patrons ont dû les entendre de la bouche de leurs domestiques, qui sont, soit frustrées de leurs conditions de travail, soit tout simplement, par orgueil de recevoir des instructions venant de leur boss.

 

« Si on me renvoie, tant pis, je n’en ai rien à perdre », réagissent certaines d’entre elles, si elles se sentent menacées de perdre leur job. Aussi, une fois renvoyées, certaines se font le plaisir de révéler quelques secrets de leurs employeurs, du genre (ils sont arrogants, ils sont pingres, ils sont sales, mon patron me fait la cour…).

 

Malgré cela, il suffit de frapper à la porte ailleurs pour être accueillies à bras ouverts par d’autres familles. Mieux encore, certains propriétaires vont jusqu’à aller à leur recherche et de là, elles essaient de placer la barre plus haute, réclamant un salaire mensuel de 30 000 francs, au minimum.

 

Oui, le marché des bonnes à Moroni se fait de plus en plus rare, à moins d’avoir suffisamment les moyens d’assurer leurs mensualités. Si elles gagnaient, dans les années 1990, entre 15.000 à 20 000 francs par mois, les salaires varient, maintenant, de 25 000 à 35 000 francs. A leur tour, bien entendu, les patrons deviennent exigeants, du moins, pour le quotidien de leurs foyers.

 

Tout ange au début, prouvant qu’elles maîtrisent parfaitement les travaux domestiques, pour impressionner ces derniers, certaines bonnes ne tardent pas à montrer leurs vrais visages, au bout de quelques jours. Ainsi, s’ensuit une série de plaintes de la part des employeurs, soit, par ce qu’elles ne savent pas faire le ménage, la vaisselle ou la cuisine,  soit, par ce qu’elles ne savent pas faire la lessive ou le repassage.

 

D’autres leur reprochent des absences ou retards répétés, qui sont plus souvent fréquents chez les grandes comoriennes, prétextant un mariage ou un décès dans leurs villages, voire, une maladie. Les soupçons des vols ne manquent également pas, notamment, des ustensiles de cuisines, provisions, argent, bijoux…

 

Par ailleurs, bien qu’ils soient perçus comme des domestiques solides, les boys, eux, sont souvent mis en doute, parfois accusés des pédophiles. Il est de plus en plus difficile de trouver, de nos jours, des domestiques qui réunissent toutes les conditions. Le mieux est de se satisfaire du minimum.

 

Le recours à des domestiques étrangères, surtout, d’origine tanzanienne ou malgache, devient parfois une alternative pour ceux qui sont financièrement bien lotis. Mais cela n’est pas aussi rose, car une fois sur place, certaines suivent le rythme du pays. Comme elles viennent uniquement pour gagner leur vie, quelques unes usent de tous les moyens pour parvenir à leurs fins, quitte même à séduire leurs patrons. Insatisfaites de ces comportements, certaines familles préfèrent, malgré leurs différents besoins, accomplir, elles mêmes, leurs tâches domestiques.

 

Ce constat ne concerne, toutefois pas, tous les domestiques. On en trouve qui ont des comportements plus qu’exemplaires « ma bonne, elle, jouait le rôle d’une mère pendant et après mon accouchement », a déclaré Hikima, une dame qui se déclare « très impressionnée par la qualité et le dynamisme de sa bonne ».

 

Cette idée est bel et bien partagée par d’autres qui trouvent que toutes les bonnes ne sont pas pareilles. Il y en a qui passent plusieurs années dans le même travail, tissant, à la longue, des  liens familiaux avec leurs patrons. Peu importe leurs critères, un constat s’impose : les domestiques sont devenus indispensables à Moroni, surtout pour les femmes actives, mères de plusieurs enfants. Donc, ne badinez pas avec vos bonnes!

 

Loulou S.I Alfeïne

160608/lsia/hzkpresse/15h00

 

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 12:44

 

 

C’est avec tristesse que nous venons d’apprendre le décès de Madame Fatima Said Allaoui, Ministre de la santé, de la population et de la cohésion sociale de l’île autonome de Ngazidja survenu ce jour à Madagascar suite à une maladie. C’est une grosse perte pour la femme comorienne compte tenu du passé combattif pour  la promotion  et la cause de la femme comorienne de cette grande militante qui était agée de 45 ans originaire de Singani dans le Hambou.

 

La dépouille est attendue dans les heures à venir aux Comores où se dérouleront les obsèques.

 

Nous présentons nos sincères condoléances aux proches de la defunte.


Paix à son âme !
 

Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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