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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 23:06

Source : site de Beit salam (présidence de l'Union des Comores)

Traduction du discours en langue nationale, prononcé à Mwali, le vendredi 1er janvier 2010, par le Président de la République.

— - PREMIERE PARTIE

Après l’introduction d’usage, les louanges à Dieu Seul et les bénédictions sur le dernier des Prophètes, le Président de la République s’est adressé à l’assistance en langue nationale en ces termes :


Honorables Ulémas, Educateurs de la population, Mesdames et Messieurs, Chers frères et soeurs, petits et grands et Chers enfants, Honorable Assistance,


Que Dieu vous garde, vous protège, vous honore et fasse de vous ses fidèles serviteurs dans ce monde et, lorsque vous retournerez vers Lui, vous compte parmi ceux qui heriteront de son paradis, s’il plait à Dieu.


Pour commencer, je ne peux que saisir cette occasion en or, pour souhaiter une bonne année à tous les Comoriens, aussi bien ceux qui sont dans les quatre iles que ceux qui se trouvent à l’extérieur. Pour vous tous qui êtes présents, je vous remercie pour vos voeux et je vous adresse à mon tour les miens, en priant Dieu pour que l’année qui commence aujourd’hui, soit une année fructueuse et bénie, qui rapprochera de nous les bienfaits qui sont lointains et qui fera sortir de terre toutes ses richesse cachées, et pour que nous soyions épargnés du malheur, de la zizanie et de la discorde.


Je voudrais ensuite saisir cette occasion en or, comme je l’ai fait à Ngazidja et Ndzouani après les élections pour vous féliciter pour les récentes élections qui se sont déroulées aux Comores. Approuvées par la communauté internationale, ces élections ont honoré notre pays et c’est une bonne chose. Les Comoriens ont démontrés à cette occasion, le degrès de leur maturité et prouvé qu’ils ont désormais fermé la page de la prise du pouvoir par la force. Dorénavant, toute personne désirant accéder au pouvoir, comme Président de la République, Gouverneur ou représentant, passera par la voie des urnes. C’est un honneur et une distinction. C’est une fierté pour nous.

En effet, nous sommes considérés comme faisant partie des démocraties. Les Comores sont comptés parmi les meilleurs élèves de la démocratie. Dans de nombreux pays de ce monde, des citoyens souhaitent en vain, avoir la chance de choisir leur gouvernants, avoir leur droit de vote. De nombreux pays de ce monde, non démocratiques, ignorent même la représentation populaire. D’autres ont des représentants désignés par le souverain.

Nous, Dieu merci, nous avons suivi la voie de la démocratie : si je suis Président aujourd’hui c’est pace que j’ai été élu en 2006 par la majorité des comoriens. Nous avons ensuite élu nos frères, hiers Présidents des Iles et aujourd’hui Gouverneurs. Personne ne s’est imposé par la force mais par le truchement du vote. Mohamed Ali Said a été élu à Mwali par les mohéliens, pas tous mais la majorité d’entre eux. C’est la démocratie. C’est la même chose pour notre frère Mohamed Abdouloihabi à Ngazidja, élu par une majorité des électeurs de cette ile. C’est la démocratie. Après la libération d’Anjouan, notre frère Moussa Toybou a été élu hier Président et aujourd’hui Gouverneur, non par tous les anjouanais mais par la majorité d’entre eux.

Mes frères, vous m’avez chargé en ma qualité de Président, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour proposer et choisir ce qui me semble bon pour ce pays. Ayant alors fait le constat des conflits de compétences entre le pouvoir de l’Union et celui des îles, je vous ai demandé, vous comoriens, de modifier certaines dispositions de la constitution. C’est ainsi que par voie référendaire, la majorité des comoriens a approuvé des réformes que la communauté internationale a salués.


Récement encore et puisque nous sommes en démocratie, nous ne pouvions rester sans parlement représentant les citoyens, pour légiférer en leur nom. La démocratie c’est le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. Il s’ensuit, que tout ce qu’entreprennent les élus, doit donc aller dans le sens des intérêtes du peuple. Voilà le sens de la démocratie.


Dans d’autres pays, la souveraineté est hériditaire : encore aujourd’hui, dans des royautés, le fils succède au père. Le souverain règne et légifère en même temps car il n’y a même pas de parlement. Le Souverain décide et impose ce qu’il veut. Il fait la pluie et le beau temps, que le citoyens soient d’accord ou pas.

Chez nous, nous avons fait le choix de la démocratie pour notre pays car nous avons connu les dictatures et les coups d’état qui ont fait reculer le pays et qui l’ont sali. Il fut une période où Comores étaient synonyme de Bob DENARD. L’image des Comores était ternie par les coups d’Etat, les assassinats de chefs d’Etat car la démocratie véritable était absente. Dieu merci, nous pouvons affirmer que nous sommes devenus de bons élèves à l’école de la démocratie.


Mes chers compatriotes, la démocratie est un espoir pour ce pays. Nous ne devons donc en aucun cas accepter que des gens, sous n’importe quel pretexte, remettent un jour celà en cause, pour nous imposer des dictatures. Il fut un moment pas si lointain où ce sont les militaires qui n’étaient pas des élus, qui nous gouvernaient après avoir fomenté des coups d’Etat : AZALI qui a eu un pouvoir issu d’un coup d’Etat, Mohamed Bacar qui régnait par les armes et Abeid et le séparatisme qui décidaient pour nous, sans mandat électif.


Nous devons donc nous féliciter aujourd’hui d’être parvenu à ce stade où tout prétendant au pouvoir, tout comorien qui veut être Président des Comores, doit savoir que ce pays a sa constitution, sa loi fondamentale, ses institutions, ses lois établies qu’ils doit respecter. que celui qui souhaite devenir Gouverneur ou député demain, remplisse les conditions exigées par la Loi et sache que les Comores ont banni les pouvoirs dictatoriaux. Que celui qui brigue un mandat fasse comme moi, comme Mohamed Ali Said ou comme les députés récemment élus. Si vous obtenez la confiance des Comoriens, c’est une bonne chose.


A ce propos, je voudrais répondre à certaines affirmations, même si je n’avais pas au départ, l’intention d’aborder les questions purement politiques aujourd’hui. Mais puisque des questions politiques ont été posées, je dois apporter des réponses politiques à ce qui a été dit. Toutefois, ,je voudrais d’abord remercier tous ceux qui ont manifesté leur confiance et cru en notre politique et qui ne sont pas peu nombreux. Il y a ceux qui disent que, puisqu’à Mwali, 3 députés sur 4 sont contre la politique de SAmbi, alors les mohéliens ne veulent plus de lui. Moi je ne crois pas à celà car ce n’est point la vérité et parce que je ne vois pas le mal que j’ai fait aux mohéliens ou à leur île pour que les mohéliens me rejettent. Un jour viendra, où vous saurez que, par Allah, j’ai toujours souhaité le bien de Mwali.


Je voudrais ainsi vous dire, qu’au vu des résultats, je n’accepte pas qu’il s’agit d’un désavoeu des mohélien à mon égard. Les mohéliens veulent de moi et m’aiment. Ils savent eux-même que j’aime Mwali et que je souhaite pour cette île plus de bien que certains qui se prétendent Mohéliens mais qui veulent en réalité anéantir Mwali, pour leur intérêts propres.


Mes frères, les élections qui ont eu lieu aux Comores et particulièrement à Mwali ont prouvé que nous sommes bel et bien en démocratie. Le fait que des opposants aient gagné en majorité, que des candidats du pouvoir qui affirment avoir été victimes de fraudes aient engagé et perdu des recours, est la preuve que la démocratie règne dans ce pays et c’est ce que j’ai voulu et que je souhaite. Je ne cherche pas à savoir si leurs recours sont justifiés ou pas puisque la Cour Constitutionnelle a tranché et désigné ceux qui ont gagné et ceux qui ont perdu. Rien ne m’a donné satisfaction, plus que le fait que les candidats qui avaient comme emblème le baobab ont été battus sans que personne ne vienne barrer des routes, bruler des pneux ou bloquer la circulation. Au contraire, ils se sont soumis au verdict de la majorité qui fait la Loi.


Ainsi lorsque j’ai rencontré la Ministre Kassim la première fois après les élections, je lui ai dit qu’il en était ainsi bien qu’elle ait toute mon affection et que j’aurais souhaité qu’elle représente les femmes, l’ile de Mwali et la Nation toute entière. Mais qu’y faire ? La première chose que je lui ai dite c’est qu’il s’agit de la démocratie. Or en démocratie, la majorité peut devenir minoritaire. Ainsi si une personne accepte aujourd’hui la démocratie parce qu’elle a gagné et la refuse demain si elle est vaincue, c’est qu’il n’est pas démocrate. La démocratie veut qu’on se plie à la volonté de la majorité. Certes dans un pays, les gens peuvent avoir des divergences et s’opposer en tout point mais ce qui est recherché, c’est qu’après, on se résigne à la volonté de la majorité. C’est celà qui est bien pour le pays.


A ce jour, nous sommes des élèves de la démocratie. Celà ne signifie point que tout est parfait ni que toute notre Constitution est parfaite. Si celà était dans mes possibilités, j’aurais bien voulu réviser cette constitution sur beaucoup de points. Mais lors du référendum, nous n’avons réformé que ce qui nous paraissait prioritaire. Je sais que dans quelques années, les comoriens comprendront la necessité d’autres révisions. Mais ce qui est essentiel c’est d’avoir admis que toute réforme, toute révision de la constitution ou d’une loi en vigueur dans le pays, se fera par la voie du vote, suivant la règle selon laquelle c’est la majorité qui fait la Loi. Une fois ce principe admis tout se passera bien. Refuser ce principe nous ferait revenir en arrière, à l’époque où d’autres systèmes non bénéfiques dirigeaient le pays. Refuser ce principe ternirait l’image positive que renvoyons au monde aujourd’hui.


Ainsi, je félicite une fois encore les Comores pour la tenue régulières des ces élections qui se sont déroulées dans la transparence comme vous avez pu le lire dans le communiqué des observateurs internationaux qui a qualifié le scrutin, Dieu merci, de globalement positif. C’est une fierté pour nous.


Après celà et puisque je me trouve à Mwali et parce que Ba Soilih a abordé la question à mon corps défendant, je voudrais en homme d’honneur, répondre à une question politique par des réponses politiques. Nombreux sont peut-être ceux qui voudraient savoir ce que je pense de la présidence tournante dont certains ont fait aujourd’hui un emblème.


Mes frères, je vous dis qu’il y a aux Comores, ceux qui croient à la tournante et les autres. Pour ma part, ,je fais partie de ceux qui croient à la tournante. Celà ne date pas d’aujourd’hui. Vous savez que lors de l’adoption de la constitution, d’aucuns n’y croyaient pas mais la constitution a été approuvée. Je pense, moi, que tant qu’il y aura des idées séparatistes, la tournante doit demeurer. C’est une façon de désarmer les séparatistes. Je crois ainsi à la tournante et, comme j’ai pu devenir Président grace à la tournante, je souhaite transmettre à un enfant de Mwali ce pouvoir comorien pour être exercé par Mwali. C’est mon souhait. J’y crois sincèrement.


Quant à savoir quelle date, 2012, 2010, 2012 2013 ou tout autre date, la réponse à cette question n’aura pas s réponse aujourd’hui et ne ne viendra pas de moi. Ce que je peux vous dire, c’est que je suis un démocrate. C’est la constitution en vigueur qui règlera la question.

N’oubliez pas que tout ceci a commencé quand je vous ai dit qu’il n’était pas normal que nous organisions des élections tous les ans dans ce pays. J’ai été élu en 2006 ; en 2007 il y a eu des élection à Ngazidja et Mwali. Celà necessitaient des financements. En 2008 nous avons organisé les élections de Ndzouani. En 2009 nous devions organiser les élections législatives. En 2010, devraient avoir lieu les élections présidentielles, conformément à la constitution. En 2012, nous devrions recommencer le cycle avec les élection de Mwali et Ngazidja et en 2013, celles de Ndzouani. Il s’ensuit qu’il y a des élections tous les ans. Je vous ai dit, mes frères que celà n’était pas normal. Je vous ai demandé d’accepter que nous harmonisions ces élections puisque les mandats ne sont pas les mêmes et que les uns ont un madat de quatre an tandis que d’autres ont des mandats de cinq ans. Je vous ai alors fait cette proposition. Déjà, d’aucuns disaient que le Président Sambi veut prolonger son mandat d’un an ou deux pour rester au pouvoir. Mais puisque ma volonté était d’harmoniser les mandats et regrouper les élections, nous avons entamé des discussions, Mohamed Abdouloihabi, Mohamed Ali Said, Moussa Toyb et moi-même tandis que les partis politiques engageaient des pourparlers à Moroni, pour parvenir à un consensus. L’unanimité s’est vite faite autour du principe de l’harmonisation mais les divergences sont apparues sur la date, chacun ayant une durée pour son mandat. Pour ma part, j’avais un mandat de quatre ans.


Je vous demande donc un peu de patience pour que je vous explique ma position sur cette question et vous donne ma réponse. J’avais donc un mandat de quatre ans lors de mon élection. Les Présidents ou les Gouverneur avaient des mandats de cinq ans. Par conséquent mon propre mandait prenait fin en mai 2010 tandis ceux de Mohamed Ali Said et Abdouloihabi finissait en 2012 et alors que celui de Moussa Toyb n’arrivait à son terme qu’en 2013. Chacun aurait voulu accomplir le terme du mandat qui lui a été confié. Aucun accord n’est sorti des discussion, chacun défendant sa position. Je l’ai dit et celà n’était un secret pour personne. Les journaux en ont parlé.


Ainsi, je me suis rendu compte qu’aucun consensus ne se dégeait sur la date des élections. Car il ne s’agissait pas de prolonger ou d’écourter un mandat mais bel et bien de fixer une date pour regrouper les élections. Or à partir du moment où la durée des mandats n’était pas la même, il était inéluctable que les conséquences de cette harmonisation aboutisse à une prolongation ou à une réduction du délai des mandats. Voilà le fond du problème. Faute de consensus, que falllait-il faire puisque nous étions en démocratie ? J’ai alors proposé de laisser aux citoyens le soin de trancher sur cette question. Le référendum a donc eu lieu.


Ici, je voudrais donner une indication pour montrer que mon intention n’est pas de m’éterniser au pouvoir. Par Allah le Tout-puissant, Dieu sait que je suis conscient des responsabilités qui sont les miennes. Or je souhaite avoir l’agrément de Dieu avant le votre. Je prie pour que Dieu m’accorde de quitter ce pouvoir avec son agrément. Par conséquent mon désir n’est pas le pouvoir mais le bien du pays, aujourd’hui et demain.


Si vous ne l’avez pas oublié, rappelez-vous que le Petit livre vert portant loi référendaire, proposait dans sa première version, que le mandat du Président de l’Union qui passait de quatre à cinq ans s’appliquait pour le président en exercice, en l’occurence AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI. Mais dès qu’il a été dit que je souhaitais ainsi prolonger mon mandat - demandez aux membres du Gouvernement et aux magistrats - j’ai immédiatement demandé que cette disposition soit retiré du projet. Or, si cette disposition étaient maintenue et adopté comme telle, j’aurais pu en toute légalité accomplir mon mandat de quatre ans plus un. Mais dans ma volonté d’appliquer les règles démocratiques, et souhaitant que toute réforme ait l’approbation de la majorité des comoriens, j’ai demandé le retrait de cette proposition.


Egalement, lorsqu’il a été proposé que l’Assemblée ait la décision sur la question de l’harmonisation, j’ai préféré que ce soit plutôt le congrès qui vienne trancher, sachant que cette décision aurait comme conséquence soit une diminution soit une prolongation de la durée d’un mandat. Je savais que les majorités sont plus difficiles à atteindre dans un congrès mais je voulais que toute réforme institutionnelle dans ce pays se fasse dans la légalité et la démocratie, selon la règle majoritaire. Je souhaitais donc que ce soit la majorité des élus qui ait le dernier mot dans le cadre d’un congrès qui inclut les conseillers des îles. Personne ne savait qui serait candidat et à fortiori qui serait élu. J’ai pourtant voulu que ce soit la majorité des comoriens par la voix de ses représentants au congrès qui vienne décider.


Ainsi, mes frères, je voudrais vous dire, que la tournante reste en vigueur et que nous qui détenons le pouvoir y croyons. Ainsi, la question qui se pose n’est pas de savoir s’il y aura tournante ou pas mais plutôt quand auront lieu les élections dans le cadre de l’harmonisation.

Je le dis aujourd’hui à haute voix, alors que je me trouve à Mwali que, par Allah le Tout-puissant, je me soumettrai à ce qui sera décidé par le congrès prévu par la constitution comorienne parce que c’est la démocratie. Voilà ce que je peux répondre. Que celui qui souhaite donc les élections en 2010, commence dès aujourd’hui sa campagne auprès des congressistes pour leur expliquer que les intérêts de ce pays résident dans une harmonisation en 2010. Que celui qui préfère 2011 aille le leur expliquer et fasse sa campagne non pas auprès de vous ou moi mais à ceux qui vont trancher sur la question. Que celui qui a une préférence pour une date fasse sa campagne. Moi je ne m’en mèle pas.


Lorsque je me trouvais à Anjouan avec les députés nouvellement élus, l’un d’eux m’a dit : "qu’en dites-vous, Monsieur le Président ?" Je lui ai répondu que je n’en dirai rien et que je ne donnerai aucune consigne. "C’est vous les responsables de ce pays qui devez dire où se trouvent son intérêt, aujourd’hui et demain. Voilà pourquoi vous avez été élu. Que celà ne vienne pas de moi. Vous savez parfaitement que la constitution comorienne a prévu le congrès regroupant tous les élus pour décider en dernier ressort, non pas sur la prolongation d’un mandat car d’aucun verront leur mandat écourté, si à la date fixé, leur mandat est encore en cours. Celà pourrait être ennuyeux pour eux mais il en est ainsi dans un vote comme celà a été le cas ici à Mwali dernièrement et comme il en sera lors de l’élection des maires demain. Les divergences existeront mais la majorité fait la Loi. Je m’en tiens à celà. Si un mohélien veut donc savoir mon point de vue, ma réponse est là. Je ne souhaite pas rester au pouvoir, ne serait-ce que 24 heures, sans le consentement des comoriens. Voilà pourquoi j’ai souhaité, non pas une décision du parlement seul mais la tenue du congrès qui, en plus du référendum, a le pouvoir de réviser la constitution.


Ainsi, mes frères de Mwali, ce que je peux vous dire, c’est de ne pas vous embarquer sur cette affaire au point d’en oublier le pays. Ce pays vient de loin. Nous venons de loin. Nous avons connu bien des troubles. Alors, aujourd’hui que nous sommes entrés à l’école de la démocratie, vous devez vous efforcer pour que les Mohéliens qui souhaitent le bien pour Mwali et des Mohéliens, soient toujours de la partie et évitent de se marginaliser. Vous qui avez été choisis par les Mohéliens pour rechercher ce qui est bon pour eux et pour tous les comoriens, vous ne devez pas rester à l’écart. Autrement vous pourriez perdre la chance qu’offre la volonté des comoriens de rester en démocratie.


Voilà pour ceux qui souhaitaient entendre ma réponse sur la question de la tournate abordée par Ba Soilihi. Je crois à la tournante. Quant à savoir la date, ce sont vos élus, réunis en congrès qui décideront de la durée des délais restant pour les mandats de Mohamed Ali Said, Mohamed Abdouloihabi, Moussa Toyb et Sambi. L’harmonisation des mandats et le regroupement des élections sont inéluctables. Quand ? Dieu seul le sait. les élus en décideront. Que celui qui souhaite voir triompher son point de vue entre en campagne dès aujourd’hui. C’est ce que la consititution en vigueur aux Comores a prévu, depuis le référendum auquel vous avez participé en masse. Toute révision, toute réforme institutionnelle se fera par les urnes.


Ainsi mes frères, le grand espoir de ce pays réside dans la démocratie et dans le respect des lois en vigueurs. Je comptais apporter ces réponse plus tard mais puisque la question m’a été posée à Mwali je donne la réponse à Mwali pour que vous connaissiez ma position sur la question relative à la présidence tournante. Je crois à la tournante mais ce sont vos nouveaux élus dans l’ensemble du pays qui en fixeront la date.


Nous espérons que la démocratie suivra son cours dans ce pays et que plus jamais, personne ne viendra nous imposer une dictature qui nous ferait revenir en arrière et qui remettrait en cause la confiance et la bienveillance que la communauté internationale a à notre égard. Nous sommes à l’école de la Démocratie et nous devons y rester.


Après, je voudrais, comme je l’ai dit aux élus à Ngazidja et Ndzouani, dire au député de la mouvance qui se trouve parmi nous que l’Assemblée de l’Union sortante a bloqué beaucoup de choses et freiné bien des iniatives. J’estime, qu’à partir du moment où beaucoup d’élus déclarent soutenir la politique en cours, que ces initiatives reprendront.

J’ai donné mes conseils aux députés élus à Ndzouani et Ngazidja et je le répète pour notre député ainsi qu’à tous les autres à Mwali, même s’ils sont absents, d’aider le Gouvernement, d’abord pour trouver un remède au mal qui ronge la Fonction publique...

A suivre .....


Pour voir la 2eme partie et la fin cliquez ICI
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 14:26
Vous trouverez ci-dessous le discours prononcé le 16 décembre 2009 par le Président Comorien à la Conférence  de Copenhague sur les changements climatiques. Nous avons surligné en jaune quelques passages qui nous paraissent très intéréssants et concernent directement les Comores.

Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES

Allocution de Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, Président de l’Union des Comores, A l’occasion de la Quinzième Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques - décembre 2009

Copenhague, Danemark, le 16 décembre 2009.


Excellence Monsieur le President,

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Honorables délégués,

Mesdames, Messieurs,


Je voudrais saisir l’heureuse opportunité qui m’est offerte de m’adresser à cette auguste assemblée, pour remercier le Gouvernement et le peuple danois, pour l’accueil très chaleureux qui nous est réservé depuis notre arrivée dans ce beau pays et pour les bonnes dispositions prises en vue de la réussite de cet important Sommet.

L’engagement du Royaume du Danemark au service de la coopération internationale pour le Développement Durable, ainsi que les qualités humaines et le dévouement personnel de ses très hautes autorités, constituent des atouts précieux qui nous réconfortent dans notre espoir de pouvoir parvenir à des conclusions satisfaisantes, au cours de la présente Conférence.


Monsieur le Président ;

Honorable assistance ;


Notre planète est en proie à une dérive climatique d’une gravité exceptionnelle. Ce constat a déjà été fait à Rio de Janeiro, il y a dix sept ans.


Nous devons donc saisir l’opportunité de cette forte mobilisation, qui témoigne d’une volonté commune d’agir en faveur d’une planète viable et plus propre, pour faire les compromis nécessaires en vue de parvenir à une position commune susceptible de sauver notre planète.

En effet, tous nos continents, riches ou pauvres, vivent sous la menace constante des effets néfastes des changements climatiques.


Nos pays souffrent de la détérioration de leurs moyens de subsistance et de la dégradation du capital naturel et d’autres, les Petits Etats Insulaires, sont tout simplement menacés d’être purement et simplement submergés, sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer.


Dans le cas de mon pays, l’Union des Comores, la montée du niveau marin, à l’horizon 2025 pourrait entraîner le déplacement d’une grande partie de la population ainsi que la destruction de certaines de nos infrastructures économiques.


Les ras de marée qui se sont produites en 2008 dans les quatre îles, qui composent mon pays, y compris Mayotte qui est toujours sous administration française, ainsi que les pluies diluviennes qui se sont abattues cette année dans certaines localités du pays, sont un témoignage de l’ampleur du phénomène des changements climatiques.


Les prévisions effectuées en 2003 montrent que certaines localités vont pâtir de la remontée du niveau de la mer qui pourrait détruire une partie des édifices et entraîner le déplacement de 10 à 75% des habitants de certains villages et jusqu’à 100% pour certains d’entre eux.

Les mêmes prévisions indiquent que les disponibilités en eau par habitant seront réduites du fait de l’assèchement de 63 rivières sur les 75 recensées en 1960 dans l’ensemble des îles.

Par ailleurs, on a observé depuis ces trente dernières années, une augmentation de la température moyenne annuelle de 1° Celsius, qui a entraîné un accroissement de la fréquence des cyclones depuis 1987.

Les impacts de cette augmentation se ressentent déjà sur le développement socio-économique avec l’amplification et l’expansion du paludisme et d’autres maladies à transmissions vectorielles.


En outre, si les températures océaniques devaient, elles aussi, s’élever de 1.5° Celsius par rapport à la normale, comme en 1997, il y aurait des impacts potentiellement dramatiques sur la sécurité alimentaire et le tourisme qui représente un des secteurs de croissance économique du pays.


Ainsi, l’Union des Comores, pays africain et Petit Etat Insulaire en Développement compte parmi ces nations qui subissent déjà de plein fouet, les effets néfastes des changements climatiques et qui en paient le plus lourd tribut.


Or, ce qui est injuste c’est que les conclusions issues de la communication nationale initiale sur les changements climatiques laissent apparaître que les Comores font partie des pays pour lesquels les émissions de gaz à effet de serre sont insignifiantes alors que les absorptions par les puits sont très élevées.


Mon pays regorge d’immenses potentialités en ressources hydroélectrique, solaire, éolienne et géothermique. Un soutien financier et technologique pour leur mise en valeur est indispensable pour lui permettre de participer à l’effort global d’atténuation et à améliorer le bien-être économique et social de la population.


Excellences ;

Mesdames et Messieurs ;


Nous sommes réunis ici pour répondre à des questions cruciales : Comment sauver la planète ? Qui est responsable des dégâts causés ? Qui doit en payer le prix ? Comment créer un nouvel élan de solidarité entre les pays riches et les pays pauvres ?

Une chose est certaine, nous sommes tous dans le même bateau, ou bien nous nous engageons à faire prévaloir l’intérêt général et nous sauvons ainsi l’humanité toute entière, ou nous persistons à faire prévaloir les intérêts nationaux et le bateau coulera, emportant tout avec lui.


Nous devons parvenir à un Accord historique et juridiquement contraignant, juste, intégral et effectif en vertu du paragraphe 9 de l’article 3 du Protocole de Kyoto élargissant les engagements de réduction des gaz à effet de serre des pays développes à partir de 2013, conformément aux préceptes de la science.

Ces nouveaux engagements doivent permettre de maintenir l’augmentation de la température au dessous de 1,5 degré Celsius par des réductions d’au moins 45% en 2020 et d’au moins 80 à 95% en 2050 par rapport au niveau de 1990.


Dans ce contexte, le renforcement des capacités humaines et institutionnelles de l’Afrique, notamment à travers la création et le soutien de centres régionaux d’excellence, sur les changements climatiques constitue, un moye indispensable pour lui permettre de se préparer à court et à long terme, à des chocs complexes, hors de portée.


Excellences ; Mesdames et Messieurs ;


Les conclusions de Copenhague ne doivent, en aucun cas, se substituer au Protocole de Kyoto, qui doit demeurer la base juridique de réduction des émissions au-delà de 2012.

Il nous faut également un accord légalement contraignant au titre du plan d’action de Bali pour une mise en œuvre durable et efficace de la Convention à travers des actions de coopération à long terme.


Nous devrons, donc, nous assurer de l’engagement des pays industrialisés à assumer, du fait de leurs responsabilités historiques, le plus gros des efforts nécessaires, conformément au principe de la responsabilité commune, mais différenciée des Etats.

A cet égard, un engagement financier conséquent de la part des pays nantis est requis et devrait être piloté par de nouveaux arrangements institutionnels plus transparents, plus flexibles et participatifs.


D’autre part, nous ne saurons réussir notre pari commun sans un Accord sur le développement, le transfert et l’accessibilité de technologies propres et adaptées pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation.

Bien évidemment, nous sommes conscients des gros moyens financiers que les pays riches investissent en faveur des recherches technologiques, et par conséquent, de leur souci de vouloir préserver la confidentialité des résultats de leurs découvertes.

Toutefois, la gravité de la situation est telle qu’elle nécessite des sacrifices. En effet, si ces technologies ne sont pas vulgarisées, si elles ne sont pas mises à la disposition du développement durable, comme le sont les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, notre combat pour une planète propre et sans danger risque d’être inutile.

Seules ces technologies et notamment celles liées au développement des énergies nouvelles et renouvelables permettront à nos pays d’aller de l’avant et d’éviter de répéter les erreurs du passé qui sont responsables de la situation dramatique actuelle.


Je voudrais, pour terminer, Excellences, Mesdames et Messieurs, dire le plein espoir que nous nourrissons de voir cette Conférence sur les changements climatiques, aboutir à un succès historique, pour que vivent le multilatéralisme et la solidarité internationale.


Je vous remercie.

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 10:04
Le Président Comorien, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, s'est exprimé hier, jeudi 24 septembre,  à la 64ème séssion ordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies (N.U) à New York. pour la prémière fois, à notre connaissance, un Président comorien a débuté son intervention par le "sujet sensible qui touche à l'unité et à l'intégrité des Comores, à son histoire, au droit international mais aussi à la paix dans la région de l'Océan indien" à savoir "la question de l'île comorienne de Mayotte" et non pas par les remerciements à l'ONU. C'est tout à son honneur. La suite sera aussi à son déshonneur.

En effet, en commençant la lecture des premières lignes de ce discours, on a, juste quelques sécondes, pour se réjouir. car le déchantement rattrape vite le lecteur. En tout cas pour tout lecteur qui s'investit dans le combat pour "le retour de Mayotte dans son giron naturel". Hélas !

Le Président Sambi,en réalité, nous a paru très décévant sur "ce sujet sensible". Il n'a fait,en fait, que présenter sa fameuse proposition de "louer l'île de Mayotte à la France". Son joujou dépuis quelques mois. Il en a fait part à son peuple le jour de l'aid el kabir de l'année dernière et récemment à Anjouan. Maintenant c'est au tour de "prendre à temoin la Communauté internationale"avec sa "nouvelle proposition de reglément de ce différend". Pas plus. Le comble est que "ces nouvelles propositionsdevraient rentrer dans le cadre des négociations entre la France et les Comores".  Encore des discussions bilatérales hypochrites entre le "nadzi" - le coco - et le "bwé" - la pierre - qui aboutiront à rien pour les Comores et les comoriens. Même pas un mot de regret sur le report de la question alors qu'il avait déclaré juste avant son départ pour New York qu'il partait à l'Assemblée Générale de l'ONU "saisie de la question de Mayotte à la demande exprèsse de (mon) gouvernement" !  

Voilà un Président qui n'a pas arrêté de marteler ces derniers temps que le dossier de Mayotte devait revenir sur le bureau de l'ONU. Et le jour J, il ne trouve à faire que de préconiser la poursuite des blablas bilatéraux inutiles. Il avait multiplié les initiatives diplomatiques - on avait assisté à une véritable préssion diplomatique sur l' Union africaine, la Ligue des Etats arabes, la Conférence Islamique... afin qu'elles défendent  la noble cause comorienne « contre l’occupation illégale de Mayotte, l'île comorienne» par la France.

Avec un tel discours, l'on comprend maintenant pourquoi l'Assemblée des Nations Unies a « décidé de reporter à une date non précisée, l’examen du point intitulé « Question de l’île comorienne de Mayotte ».  En effet, on ne peut pas vouloir régler lun contentieux dans le cadre des discussions bilatérales et le régler à l'ONU. Allez demander à  L'Union Africaine, la Ligue des Etats arabes... si elles comprennent quelque chose dans ces contradictions flagrantes.  Mais si cela peut les rassurer qu'elles sachent que même certains comoriens n'y comprennent rien.


Vous pouvez lire l'intégralité du discours du Président Sambi (fichier en pdf) en, cliquant ICI

Quant à nous, nous arrêtons maintenant de blablater et "partons avec nos cinquante". Oui nous allons nous occuper de nos affaires. En tout cas ça ne sera certainement pas se moquer des comoriens.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 12:38

Vous trouverez ci dessous le discours très important traduit par le bloggueur Theophile KOUAMOUO (http://kouamouo.ivoire-blog.com) du Président americain Barack OBAMA. Ce discours riche qu'on peut qualifier de référence pour l'Afrique et qui interprète quiconque se soucie du developpement de l'Afrique est prononcé hier  (Samedi 11 juillet 2009) à Accra, la capitale du Ghana


 

obama_air_force_one.jpgBon après-midi à tous.
C’est un grand honneur pour moi d’être à Accra et de parler aux représentants du peuple du Ghana. Je suis profondément reconnaissant pour l’accueil que j’ai reçu, comme le sont Michelle, Malia et Sasha Obama.

L’histoire du Ghana est riche, les liens entre nos deux pays sont forts, et je suis fier que ce que ma première visite en Afrique subsaharienne en tant que président des Etats-Unis d’Amérique soit celle-ci.


Je voudrais remercier madame la “speaker” (président du Parlement, ndt) et tous les members de la Chambre des représentants de nous accueillir aujourd’hui. Je voudrais remercier le president Mills pour son leadership remarquable. Aux anciens presidents – Jerry Rawlings et l’ancien Président Kufuor –, au vice president, au chef du pouvoir judiciaire, merci pour votre extraordinaire hospitalité et les institutions magnifiques que vous avez bâties ici au Ghana.


Je vous parle à la fin d’un long voyage. Je l’ai commencé en Russie pour un sommet entre deux grandes puissances. J’ai voyagé en Italie pour une rencontre entre les plus grandes puissances économiques. Et je suis venu ici au Ghana pour une raison simple : le 21è siècle sera façonné non seulement par ce qui arrivera à Rome, à Moscou ou à Washington, mais aussi par ce qui arrivera à Accra.

Ce que je dis traduit la vérité simple d’une période où les frontiers entre les peoples sont débordées par nos connexions. Votre prospérité peut agrandir la prospérité de l’Amérique. Votre santé et votre sécurité peuvent contribuer à la santé et à la prospérité du monde. Et la force de votre démocratie peut aider l’avancée des droits humains pour les peuples du monde entier.


Je ne vois pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part ; je vois l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté… comme des partenaires au nom du futur que nous voulons pour tous nos enfants. Ce partenariat doit être fondé sur une responsabilité et un respect mutuels. Et c’est de cela que je veux parler avec vous aujourd’hui.

Nous devons partir d’un postulat simple : l’avenir de l’Afrique est entre les mains des Africains.

Je le dis en toute connaisance du passé tragique qui a souvent hanté cette partie du monde. Après tout, j’ai le sang de l’Afrique dans mes veines, et l’histoire même de ma famille témoigne des tragédies et des triomphes de l’histoire de l’Afrique.


Certains d’entre vous savent que mon grand-père était cuisinier pour les Britanniques au Kenya, et que, malgré le respect qu’on lui portait en tant qu’aîné dans son village, ses employeurs l’appelaient « boy » durant la plus grande partie de sa vie. Il était à la périphérie des luttes de libération au Kenya, mais il a été tout de même été emprisonné brièvement pendant la période répressive. Dans sa vie, le colonialisme n’était pas seulement la création de frontières artificielles ou le commerce inégal – c’était quelque chose qu’il expérimentait personnellement, jour après jour, année après année.

Mon père a grandi en élévant des chèvres dans un petit village, très loin des universities américaines où il devait aller pour s’instruire. Il est devenu adulte à un moment plein de promesses pour l’Afrique. Les combats de la génération de son père avaient donné naissance à de nouvelles nations, dont la première a justement été le Ghana. Les Africains ont été éduqués et se sont affirmés eux-mêmes dans de nouvelles voies. L’Histoire était en marche.

Mais malgré le progres qui a été fait – et il y a eu des progress considérables dans de nombreuses parties de l’Afrique – nous savons aussi que la plus grande partie de la promesse reste à accomplir. Des pays comme le Kenya avaient un PIB supérieur à celui de la Corée du Sud à ma naissance. Ils ont été largement dépassés. Les maladies et les conflits ont ravagé des parties du continent africain.


Dans de nombreux endroits, l’espoir de la génération de mon père a cédé le pas au cynisme, souvent au désespoir. Il est facile de pointer du doigt les autres et de les blâmer pour ces problèmes. Oui, une carte coloniale sans grand sens a contribué à la naissance des conflits. L’occident a souvent regardé l’Afrique comme une pourvoyeuse de matières première ou une source de ressources plutôt que comme un partenaire. Mais l’Occident n’est pas responsable de la destruction de l’économie de Zimbabwe durant cette dernière décennie, ou des guerres dans lesquelles les enfants sont enrôlés comme combattants. Dans la vie de mon père, c’est en partie le tribalisme, le clientélisme et le népotisme dans le Kenya indépendant qui a compromis durablement sa carrière, et nous savons que ce genre de corruption est toujours une réalité quotidienne pour beaucoup trop de personnes.


Nous savons aussi que cela n’est pas toute l’histoire. Ici au Ghana, vous nous montrez un visage de l’Afrique qui est trop souvent pas assez mis en lumière par un monde qui voit seulement la tragédie ou le besoin de charité. Le peuple du Ghana a travaillé dur pour établir la démocratie sur des fondations solides, avec les transferts pacifiques du pouvoir répétés, y compris dans le cadre d’élections très serrées. Et d’une certaine manière, je peux dire que l’opposition mérite autant de crédit que la majorité. Et, avec une meilleure gouvernance et une société civile émergente, l’économie du Ghana a connu des taux de croissance impressionnants. Ce progrès est moins grandiloquent que les combats de libération du XXè siècle, mais ne nous trompons pas : au final, il sera plus significatif. Parce que s’il est important de se libérer du contrôle d’autres nations, il est encore plus important de bâtir sa propre nation.


Donc, je crois que ce moment est tout aussi prometteur pour le Ghana et pour l’Afrique que le moment où mon père devient adulte et où de nouvelles nations naquirent. C’est un nouveau moment de grande promesse. C’est seulement maintenant que nous avons compris que ce ne sont pas seulement les géants comme Nkrumah et Kenyatta qui détermineront l’avenir de l’Afrique. Au contraire, il s’agira de vous – les hommes et les femmes du Parlement ghanéen – et du peuple que vous représentez. Il s’agira des jeunes qui regorgent de talent, d’énergie et d’espoir qui peuvent revendiquer le futur que beaucoup dans les générations précédentes n’ont jamais réalisé.

Pour réaliser, cette promesse, nous devons premièrement reconnaître une vérité fondamentale  qui a été concrétisée au Ghana. Le développement dépend de la bonne gouvernance. Elle est l’ingrédient qui a manqué à trop d’endroits, trop longtemps. C’est le changement qui peut dévérouiller le potentiel de l’Afrique. Et cette responsabilité ne peut être endossée que par les Africains.


Pour ce qui concerne l’Amérique et l’occident, notre engagement doit être mesuré au-delà des dollars que nous dépensons. J’ai plaidé pour un accroissement substantiel de notre aide internationale, qui est dans l’intérêt de l’Afrique et de l’Amérique. Mais le vrai signe du succès n’est pas d’être une source perpétuelle d’aide. Il s’agit d’être des partenaires dans la construction d’un changement qui transforme.

Cette responsabilité mutuelle doit être le fondement de notre partenariat. Et aujourd’hui, je vais me concentrer sur quatre questions critiques pour le futur de l’Afrique et de tous pays en voie de développement : la démocratie, les opportunités, la santé et la résolution pacifique des conflits.


Premièrement, nous devons soutenir les gouvernements forts et durablement démocratiques.

Comme je l’ai dit au Caire, chaque nation accouche de la démocratie de sa manière à elle, et en conformité avec ses propres traditions. Mais l’Histoire présente un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur propre peuple, qui gouvernent par le consentement et non la coercition, sont plus prospères, sont plus stables et réalisent plus de succès que les gouvernements qui ne le font pas.


Tenir des élections ne suffit pas. Il s’agit aussi de ce qui arrive entre les élections. La répression peut prendre plusieurs formes, et de nombreuses nations, y compris celles qui tiennent des élections, font face à des problèmes qui condamnent leurs peuples à la pauvreté. Un pays ne peut créer de richesse si ses leaders exploitent l’économie pour s’enrichir eux-mêmes, ou si la police peut être achetée par des trafiquants de drogue. Personne ne veut investi dans un pays où le gouvernement accapare des commissions de 20%... ou où la direction de l’autorité portuaire est corrompue. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la règle de brutalité et au gangstérisme. Cela n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, y compris même si vous y mettez une élection. Et aujourd’hui, il est temps que ce style de gouvernance s’arrête.


Au XXIè siècle, les institutions compétentes, sérieuses et transparentes sont les clés du succès – parlements forts, forces de police honnêtes, juges indépendants… presse indépendante, secteur privé dynamique, société civile. Ce sont des choses qui donnent vie à la démocratie, parce que c’est ce qui compte dans la vie quotidienne des peuples.

Les Ghanéens ont choisi la règle constitutionnelle au-delà de l’autocratie et ont fait preuve d’esprit démocratique, ce qui permet à l’énergie de votre peuple de s’exprimer. Nous le voyons à travers des leaders qui acceptent la défaite avec élégeance – le fait que les opposants du président Mills étaient debout à côté de lui pour m’accueillir la nuit dernière quand je suis descendu de l’avion en dit beaucoup sur le Ghana ; le fait que ceux qui ont gagné résistent à ceux qui appellent à instrumentaliser le pouvoir contre l’opposition de manière malhonnête. Nous voyons cette vérité. Nous la voyons à travers une policière comme Patience Quaye, qui a aidé à traduire en justice le premier trafiquant d’êtres humains au Ghana. Nous la voyons à travers les jeunes qui plaident contre le clientélisme et participent au processus politique.


A travers l’Afrique, nous avons vu des exemples innombrables de personnes prenant leur destinée en main et qui sont acteurs d’un changement qui va du bas vers le haut. Nous l’avons vu au Kenya, où la société civile et les entrepreneurs se sont mis ensemble pour aider à mettre fin à la violence électorale. Nous l’avons vu en Afrique du Sud, où les trois-quarts de la population a voté durant les récentes élections – la quatrième depuis la fin de l’apartheid. Nous l’avons vu au Zimbabwe, où le réseau de soutien aux élections a bravé une répression brutale pour affirmer le principe selon lequel le vote de chaque individu est un droit sacré.

Il ne faut pas se méprendre : l’Histoire est du côté de ces braves Africains, et non pas du côté de ceux qui utilisent les coups d’Etat et les changements de constitution pour rester au pouvoir.
L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, elle a besoin d’institutions fortes.

Cela dit, l’Amérique ne cherchera pas à imposer un système de gouvernement à une autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine son propre destin. Mais ce que l’Amérique fera, c’est augmenter l’assistance aux individus et aux institutions responsables, qui agissent pour la bonne gouvernance, pour des parlements qui signalent les abus de pouvoir et s’assurent que les voix de l’opposition sont entendues, pour la règle de droit, qui assure le caractère équitable de la justice, pour la participation civique, qui pousse le peuple à s’impliquer, sur des solutions concrètes à la corruption comme l’expertise des fraudes et les services automatisés, le renforcement des centres d’appel, la protection des arbitres permettant l’avancement de la transparence et de la responsabilité.

Et nous apportions ce soutien. J’ai engagé mon administration à accorder plus d’attention à la corruption dans nos rapports sur les droits de l’homme. Partout, les gens devraient avoir le droit de commencer une activité économique ou de se former sans avoir à payer un bakchich. Nous avons la responsabilité de soutenir ce qui agissent de manière responsable et d’isoler ceux qui ne le font pas, et c’est exactement ce que l’Amérique fera.


Cela nous conduit directement à notre deuxième axe de partenariat : soutenir un développement qui apporte des opportunités au plus grand nombre. Avec une meilleure gouvernance, je ne doute pas que l’Afrique tient une promesse : celle d’une prospérité plus partagée. Regardez l’extraordinaire succès des Africains dans mon pays, l’Amérique. Ils se portent très bien. Ils ont le talent, l’esprit d’entreprise. La question est, comment s’assurer qu’ils réussissent ici, dans leurs propres pays ? Le continent est riche en ressources naturelles. Et des entrepreneurs dans le monde du téléphone mobile aux petits fermiers, les Africains ont montré leur capacité et leur engagement à créer leurs propres opportunités. Mais les vieilles habitudes doivent aussi être brisées. La dépendance aux matières premières – ou les économies basées sur une seule exportation – ont tendance à concentrer la richesse dans les mains d’une minorité et à rendre les peuples trop dépendants de la conjoncture.

Au Ghana par exemple, le pétrole apporte de grandes opportunités, et vous avez été très responsable dans la préparation de l’arrivée de cette nouvelle source de revenu. Mais comme beaucoup de Ghanéens le savent, le pétrole ne peut pas devenir le nouveau cacao. De la Corée du Sud à Singapour, l’histoire montre que les pays réussissent quand ils investissent dans leur propre peuple et dans les infrastructures… quand ils font la promotion de plusieurs produits d’exportations, développent une force de travail compétente et créent de l’espace pour les petites et les moyennes entreprises qui créent de l’emploi.

Au fur et à mesure que les Africains s’approcheront de cette promesse, l’Amérique sera plus impliquée et tendra sa main. En diminuant les ressources qui vont aux consultants européens et à l’administration, nous voulons mettre plus de ressources dans les mains de ceux qui en ont besoin, en formant les gens à faire plus pour eux-mêmes. C’est pourquoi notre initiative pour la sécurité alimentaire (3,5 milliards de dollars) se focalise sur les nouvelles méthodes et technologies pour les agriculteurs – et non simplement sur l’envoi de producteurs ou de produits américains. L’aide n’est pas une fin en soi. L’objectif de l’assistance étrangère doit être de créer les conditions pour qu’elle ne soit plus nécessaire. Je veux voir les Ghanéens non seulement dans une situation d’autosuffisance alimentaire, je veux les voir exporter de la nourriture dans les autres pays et gagner de l’argent. Vous pouvez le faire.


Cela dit, l’Amérique peut faire plus pour promouvoir le commerce et l’investissement. Les nations riches doivent ouvrir leurs portes aux produits et services venant de l’Afrique de manière significative. Cela sera un engagement de mon administration. Et là où il y a de la bonne gouvernance, nous pouvons accélérer la prospérité à travers des partenariats public-privé qui permettent des investissements dans de meilleures routes et dans l’électriité, dans le renforcement des capacités et la formation à l’entreprenariat, dans les services financiers qui ne s’arrêtent pas aux villes mais aussi aux zones pauvres et rurales. C’est aussi notre propre intérêt – parce que si des personnes sortent de la pauvreté et si de la richesse est créée en Afrique, de nouveaux marchés s’ouvrent pour nos propres produits. Donc, c’est mutuellement profitable.

S’il y a un secteur qui représente à la fois un péril indéniable et une promesse extraordinaire, c’est l’énergie. L’Afrique est l’endroit du monde qui produit le moins de gaz à effet de serre, mais qui est le plus menacé par le changement climatique. Une planète plus chaude va répandre la maladie, moins de ressources en eau et une production agricole qui réduit créent des conditions qui produiront plus de famine et plus de conflits. Tous – et particulièrement le monde en développement – nous avons la responsabilité de ralentir cette tendance – à travers la mitigation et la manière donc nous utilisons l’énergie. Mais nous pouvons aussi travailler avec les Africains à transformer cette crise en opportunité.


Ensemble, nous pouvons bâtir un partenariat au nom de notre planète et de la prospérité en aidant les pays à accélérer leur accès à l’électricité tout en effaçant les phases les plus salissantes du développement. Pensez-y : à travers l’Afrique, il y a beaucoup de vent et d’énergie solaire, de l’énergie biothermique et des biocarburants. De la Vallée du Rift aux déserts d’Afrique du nord, des côtes de l’Ouest aux plantes de l’Afrique du Sud - les généreux dons de la nature peuvent générer leur propre énergie, et participer à l’exportation d’une énergie propre et utile.

Ces pas valent plus que les chiffres de la croissance sur une balance des paiements. Ils évoquent une jeune personne éduquée qui peut avoir un travail et s’occuper de sa famille ; un agriculteur qui peut écouler sa production sur le marché ; un entrepreneur avec une bonne idée pour commencer un business. Il s’agit de la dignité du travail ; il s’agit de l’opportunité qui doit exister pour les Africains du XXIè siècle.

La gouvernance est vitale pour saisir cette opportunité ; elle a également une forte importance pour la troisième problématique dont je veux parler : le renforcement de la santé publique.

Dans les années précédentes, d’énormes progrès ont été fait dans plusieurs parties de l’Afrique. Beaucoup plus de personnes vivent de manière productive avec le VIH/SIDA, et ont accès ont médicaments dont ils ont besoin. J’ai vu une merveilleuse clinique et un hôpital qui se spécialise sur la santé maternelle. Mais beaucoup trop de personnes continuent de mourir de maladies qui ne devraient pas les tuer. Quand des enfants meurent d’une piqûre de moustique, quand les mères meurent en enfantant, nous savons que des progrès restent à faire.

A cause de bourses – souvent offertes par des nations donatrices – plusieurs médecins et infirmiers africains vont à l’étranger, ou travaillent pour des programmes qui se concentrent sur une seule maladie. Et cela crée des disparités dans les soins primaires et la prévention de base. Dans le même temps, les Africains, individuellement, doivent aussi faire des choix responsables qui préviennent la dissémination de la maladie, en faisant la promotion de la santé publique dans leurs communautés et pays.


A travers l’Afrique, nous voyons des exemples de personnes qui résolvent ces problèmes. Au Nigeria, un effort interreligieux de chrétiens et de musulmans a montré un exemple de coopération pour s’attaquer au paludisme. Ici au Ghana et à travers l’Afrique, nous voyons des idées innovantes pour réduire les disparités dans les soins – par exemple, à travers les initiatives de e-santé qui permettent à des médecins dans des grandes villes de soutenir ceux des petites villes.

L’Amérique soutiendra ces efforts dans une stratégie cohérente et globale, parce que dans ce XXIè siècle, nous sommes appelés à agir par notre conscience mais également par notre intérêt commun, parce que quand un enfant meurt d’une maladie qui pouvait être prévenue au Ghana, cela nous diminue, où que nous soyons. Et quand la maladie n’est pas prise en charge dans un coin du monde, nous savons qu’elle peut se répandre au-delà des océans et des continents.

C’est pour cette raison que mon administration a consacré 63 milliards de dollars pour faire face à ces défis. Nous appuyant sur les efforts considérables du Président Bush, nous allons continuer à prendre en charge le combat contre le VIH/SIDA. Nous allons continuer à poursuivre l’objectif de mettre fin aux décès causés par le paludisme et la tuberculose, et nous allons travailler à éradiquer la polio. Nous allons combattre les maladies tropicales négligées. Nous n’allons pas faire face à la maladie de manière isolée – nous allons investir dans les systèmes de santé publique qui vont promouvoir le bien-être et se consacrer à la santé de la mère et de l’enfant.


Alors que notre partenariat se fonde sur notre foi en un meilleur avenir, nous allons mettre fin aux destructions qui sont causées, non par la maladie, mais par la violation des droits de l’homme – ainsi, le dernier axe de notre propos.

Laissez-moi être clair : l’Afrique ne correspond à la caricature grossière d’un continent en guerre perpétuelle. Mais si nous sommes honnêtes, pour beaucoup trop d’Africains, les conflits sont une partie de leur vie, de la même manière que le soleil. Il y a des guerres centrées sur la terre et des guerres centrées sur les ressources. Et il est beaucoup trop facile pour ceux qui n’ont pas de conscience de manipuler des communautés entières dans des combats entre religions et ethnies.


Ces conflits sont une verrue sur le nez de l’Afrique. Nous avons tous des identités différentes – tribales et ethniques, religieuses et nationales. Mais définir quelqu’un en opposition à quelqu’un qui appartient à une tribu différente ou qui adore un prophète différent n’a pas de place au XXIè siècle. La diversité de l’Afrique devrait être une source de force, et non une cause de division. Nous sommes tous des enfants de Dieu. Nous partageons tous des aspirations communes – vivre en paix et en sécurité, accéder à l’éducation et aux opportunités, chérir nos familles, nos communautés et notre foi. Cela représente notre humanité commune.

C’est pourquoi nous devons refuser l’inhumanité au milieu de nous. Ce n’est jamais justifié, jamais justifiable de cibler des innocents au nom de l’idéologie. Quand une société force des enfants à tuer lors de guerres, elle se condamne à mort. C’est l’ultime marque du crime et la lâcheté de condamner les femmes au viol répété et systématique. Nous devons porter témoignage de la valeur de chaque enfant du Darfour et de la dignité de chaque femme du Congo. Aucune foi, aucune culture ne devrait tolérer les outrages qu’on leur fait subir. Et nous devons tous nous engager pour la paix et la sécurité nécessaires au progrès.

(…)

L’Amérique a la responsabilité de travailler avec vous en tant que partenaire pour faire advancer cette vision, non seulement avec des mots, mais en venant en appui aux capacities africaines. Quand il y a un génocide au Darfour ou des terroristes en Somalie, il ne s’agit pas seulement de problèmes africains – ce sont des défis de sécurité globale, et ils demandent une réponse globale.

C’est pourquoi, en même temps que nous sommes prêts à coopérer à travers la diplomatie, l’assistance technique et le soutien logiqtique, nous prendrons la tête des efforts pour que les criminels de guerre soient responsables de leurs actes.

Permettez-moi d’être clair : notre « Commandement Africain » ne servira pas à prendre pied en Afrique, mais à faire face à ces défis communs pour la sécurité de l’Amérique, de l’Afrique et du monde.


A Moscou, j’ai parlé du besoin d’un système international au sein duquel les droits universels des êtres humains sont respectés, et les violations de ces droits combattues. Cela doit inclure un engagement à soutenir ceux qui résolvent les conflits pacifiquement, à sanctionner et à arrêter ceux qui ne le font pas, et à aider ceux qui souffrent. Mais au final, ce sont les démocraties dynamiques comme le Botswana et le Ghana qui vont faire reculer les causes des conflits et faire avancer les frontières de la paix et de la prospérité.

Comme je l’ai dit plus tôt, l’avenir de l’Afrique est entre les mains des Africains.

Les peuples d’Afrique sont prêts à revendiquer cet avenir. Et dans mon pays, les Africains Américains – y compris des immigrants récents – ont réussi dans tous les secteurs de la société. Nous l’avons fait en dépit d’un passé difficile, et nous avons tiré des forces de notre héritage africain. Avec des institutions fortes et une forte volonté, je sais que les Africains peuvent vivre leurs rêves à Nairobi, Lagos, Kigali, Kinshasa, Harare et ici même à Accra.


Vous savez, il y a 52 ans, les yeux du monde étaient sur le Ghana. Et un jeune prédicateur dénommé Martin Luther King est venu ici, à Accra, pour voir l’Union Jack descendre, et le drapeau ghanéen s’élancer dans le ciel. C’était avant la marche sur Washington et avant le succès du mouvement des droits civiques dans mon pays. Le Dr King a été interrogé sur le sentiment qu’il éprouvait à voir la naissance d’une nation. Il a dit : « Cela renouvelle ma conviction dans la victoire ultime de la justice ».


Maintenant que cette victoire doit être réalisée une fois de plus, elle doit être la vôtre. Et je parle particulièrement à la jeunesse à travers l’Afrique et ici même au Ghana. Dans des endroits comme le Ghana, la jeunesse représente la moitié de la population.

Vous devez savoir une chose. Le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de tenir vos leaders responsables, et de construire des institutions au service du peuple. Vous pouvez servir au sein de vos communautés et utiliser votre énergie et votre instruction pour créer de nouvelles richesses et pour construire de nouvelles connexions avec le monde. Vous pouvez vaincre la maladie, mettre fin aux conflits et provoquer le changement de la base au sommet. Vous le pouvez. Oui, vous le pouvez… parce qu’en ce moment, l’histoire est en marche.


Mais ces choses peuvent être réalisées si et seulement si vous devenez responsables de votre avenir. Cela ne sera pas facile. Cela demandra du temps et des efforts. Il y aura des souffrances et des retours en arrière. Mais je peux vous promettre une chose : l’Amérique sera avec vous à chaque pas que vous poserez – en tant que partenaire, en tant qu’ami. L’opportunité ne viendra pas d’ailleurs. Elle viendra des décisions que vous prendrez, des choses que vous ferez, de l’espoir que vous aurez dans votre cœur.


Ghana, la liberté est ton héritage. Maintenant, il est de ta responsabilité de construire sur les fondements de cette liberté. Et si tu le fais, nous regarderons dans plusieurs années des endroits comme Accra et nous raconterons le temps où la promesse s’est réalisée ; le temps où la prospérité s’est forgée, où la souffrance a été vaincue, où une nouvelle ère de progrès a commencé. Le temps présent peut être le temps où nous observons une fois de plus le triomphe de la justice. Oui, nous le pouvons (Yes we can).

Merci beaucoup. Que Dieu vous bénisse. Merci.

 

 

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 22:52

Discours à la Nation du Président de la République du 8 juin 2009

Ci-dessous la traduction en français du discours en langue nationale à la nation du Président de l'Union desComores du 08 juin 2009 :

« - Honorables Comoriennes et Comoriens, des quatre îles et de la Diaspora, Jeunes et Adultes, Hommes et Femmes, Vous tous qui me comprenez lorsque je m'adresse à vous, Que Dieu vous protège, vous honore, et fasse de vous des bienheureux, dans ce Monde et dans l'Au-delà.

Une fois encore, j'ai jugé opportun de m'adresser à vous, comme il est de mon devoir de le faire à chaque grande occasion, dans le bonheur ou le malheur, pour vous annoncer qu'à la suite du
référendum du 17 mai 2009, je viens de signer les premiers actes et de prendre les premières mesures de la mise en œuvre de la nouvelle Constitution.

Je sais que vous avez voté pour que des changements interviennent dans le pays et, notamment, pour que les Présidents des îles et leurs ministres, soient respectivement dénommés Gouverneurs et Commissaires et pour que les anciens députés des îles soient appelés Conseillers.

Ainsi, conformément aux prérogatives que vous m'avez données en adoptant la
Loi référendaire du 17 mai et en attendant la mise en place de l'Assemblée de l'Union et des conseils des îles, et en me basant sur les articles 22 et 23 de la nouvelle Constitution, j'ai commencé à signer des actes allant dans le sens de votre volonté de doter le pays d'institutions stables et de mettre fin aux conflits.
En effet, l'article 22 dispose, je cite : « Les dispositions nécessaires à l'application de la présente loi référendaire feront l'objet soit, d'ordonnances soit, de décret pris en Conseil de Ministres ». L'article 23 : stipule pour sa part que : « La présente loi entre en vigueur dès sa promulgation par le Président de l'Union dans les sept jours suivant la proclamation des résultats du référendum par la Cour Constitutionnelle. » Je devais donc vous tenir informés que je viens ainsi de commencer la mise en ouvre de ces dispositions.

Vous avez également exprimé à l'occasion du référendum, votre volonté d'harmoniser les mandats électifs et réduire le nombre de scrutins. Comme vous le savez, aucune loi ne régit l'élection des anciens députés des îles, devenus aujourd'hui Conseillers. Je tiens ainsi à vous informer que je signerai, dans les heures qui viennent, les actes permettant de tenir ces élections pour éviter les problèmes. Voilà quelques un des premiers fruits de votre vote du 17 mai.

Je saisis cette opportunité pour vous tenir un langage auquel je ne vous ai pas habitué et vous informer de l'état de la Nation pour vous préparer aux changements à venir.
En effet, je souhaite vous parler des finances publiques. Je vous ai souvent dit que la Loi des finances qui, comme vous le savez, est adoptée chaque année par les députés, ne me satisfait pas dans son état actuel. Là aussi, des changements sont nécessaires pour prendre en compte les problèmes des comoriens. Les Comoriens ont des problèmes d'eau, d'énergie, de routes, d'écoles et de santé. De nombreux foyers et de villages entiers n'ont toujours pas d'électricité ou de routes et manquent d'hôpitaux. En effet le problème des infrastructures routières reste entier.

Certes il existe un fonds pour entretenir les routes mais il n'y en a pas pour en construire et la plupart des comoriens continuent à vivre dans des cases en paille ou en tôles, peu propice à la santé et à l'hygiène.

Or, tout cela ne se reflète dans aucun des chapitres de la Loi de finances.

Pour illustrer mon propos, je vais vous exposer l'état des recettes et des dépenses publiques pour l'année passée, en espérant ainsi, montrer aux Comoriens, comment est utilisé leur argent.

Pour rappel, les recettes de l'Etat proviennent des douanes, des impôts, de la Société des Hydrocarbures, des régies, de la SNPSF et enfin des aides budgétaires extérieures. Voilà une réalité de notre pays, que vous devez connaître. Je ne suis pas de ceux qui considèrent la politique comme l'art du mensonge.
Au total, les recettes effectives de l'Etat pour l'année 2008 s'élèvent à 17.497.137.609 francs.
Ainsi, en 12 mois, les douanes ont versé 7.913.872.051, les sociétés d'Etat 4.202.934.007, les Hydrocarbures 342.000.000 les régies 824.124.306, et la SNPSF 1.467.000.000. Les aides extérieures s'élèvent au total à 1.973.381.291, selon les comptes qui m'ont été fournis par le Trésor Public.
Pour les dépenses, la priorité va au remboursement de la dette extérieure, soit 1.914.378.898. Certes cette somme pourrait servir à financier la construction de nos écoles, à nos besoins en eau et en énergie, à nos infrastructures routières et à l'équipement de nos hôpitaux.

Toutefois, nous avons maintenu cette priorité car notre crédibilité auprès des institutions financières internationales, nos discussions avec elles et les relations avec le FMI et Banque Mondiale dépendent de notre capacité à honorer nos engagements.

C'est ainsi que nous devons prier pour que le 25 juin prochain, notre pays obtienne ce qu'il demande depuis des années : non seulement un programme avec ces institutions mais également la possibilité de bénéficier de l'effacement de la totalité de sa dette, car il nous reste encore 86 milliards à rembourser. D'ici cette échéance, notre pays doit payer 10 millions de dollars, pour bénéficier d'un nouveau programme. A cet effet j'ai eu, encore aujourd'hui, à passer de nombreux coups de fil. Ne manquez donc pas de faire l'invocation des saints de ce pays, pour que nous puissions, avoir la chance non seulement de bénéficier de l'effacement de notre dette extérieure mais aussi de pouvoir régler, en une seule fois, notre dette intérieure.

Pour toutes ces raisons et comme vous le voyez, la priorité accordée au règlement de la dette, à hauteur de 2 milliards de francs, ne doit pas vous offusquer.

Mes chers compatriotes,

12.357.783.993 francs sur 17 milliards, ont servi à la paie des salaires des agents de l'Etat, pour 10 mois sur les 12 mois de l'année 2008. N'oubliez pas qu'en outre l'année 2008 a vu le débarquement d'Anjouan et les élections dans cette île qui ont également occasionné de grandes dépenses à l'Etat. A cela, il faut ajouter les dépenses de fonctionnement de l'Etat.

J'ai ainsi voulu vous parler de cette réalité-là : notre pays a consacré 71% de ses recettes aux paiements des salaires en 2008 et les prévisions de 2009 annoncent 79 ou 80%. C'est votre argent en tant que citoyens et contribuables. Vous devez tous par conséquent et notamment les jeunes, être les gardiens vigilants des fonds publics et veiller à sa dépense à bon escient et dans votre intérêt.

Nous devons changer de comportement, au risque de voir s'accumuler davantage encore les arriérés de salaire ou de ne pouvoir rien payer du tout.
Si demain un Gouverneur veut recruter, ce qui est normal, il doit néanmoins obtenir l'autorisation de la Haute Autorité. Cela aidera le pays. C'est pourquoi j'ai demandé le recensement des agents de l'Etat et l'assainissement des effectifs sans distinguer les fonctionnaires de l'Union et des îles.
En effet, pour moi il n'y pas de différence entre ceux qui servent le pays et l'Etat au niveau de l'Union ou à celui des îles. Il faut donc identifier les fonctionnaires car il n'est pas normal que des personnes soient payées à ne rien faire et laisser prospérer les recrutements politiques.

Je saisis cette occasion pour dire ceci aux syndicats : si quelqu'un doit veiller, être le premier gardien et aider à faire cesser l'anarchie dans la fonction publique, c'est bien les syndicats, pour que les travailleurs soient payés. Les mesures annoncées ont pour objectif l'intérêt du pays et ne visent pas des catégories. Les salaires qui sont versés à ceux qui ne font que jouer aux cartes sur les ordinateurs de bureaux, pourront ainsi servir à d'autres usages, notamment l'aide aux entreprises. Si tous les Ministres se mettent à recruter, ce serait comme le poison dans le miel. En effet les agents payés à ne rien faire, contribuent à enterrer le pays.

Nos frères de la diaspora savent eux, que les recettes de l'Etat proviennent des citoyens et que même leurs téléviseurs font l'objet de redevances.
Dieu fasse que nos débats futurs portent non pas sur nos maigres recettes mais sur nos priorités et les priorités de nos priorités car on n'en est pas encore là. Nous avons peu de recettes, nous devons donc les dépenser à bon escient. C'est pourquoi j'ai demandé qu'à partir du paiement du mois passé, des prélèvements soient effectués sur les indemnités des agents des superstructures.

Comoriennes, Comoriens,

Dieu fasse que les actes que j'ai commencés à signer bénéficient au pays et à vous tous qui avez décidé de doter le pouvoir et les prérogatives à un seul Président, un seul Gouvernement et bientôt une seule assemblée dont les députés seront les gardiens de l'Etat et les contrôleurs des fiances publiques.
J'espère que ma prochaine adresse à la Nation sera pour vous annoncer de bonnes nouvelles du FMI et des autres organisations financières.
Que la Paix et le Salut soient sur le Prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons et que Dieu vous comble de ses bienfaits ».
Source : Beit-Salam
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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 21:34
 
Vous trouverez ci-dessous la traduction du discours à la nation en shikomori  du Président de l'Union des Comores, Monsieur Ahmed Abdallah Sambi de ce soir (Mercrédi 20 mai 2009)


Discours à la Nation de Son Excellence MonsieurAHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, Président de l'Union des Comores  du mercrédi 20 mai 2009.

Après les louanges à Allah et les salutations au Prophète, à sa famille et à ses compagnons, le Président de la République s'est adressé à la Nation en langue nationale, en ces termes :

Honorable Comoriennes et Comoriens, des quatre îles et de la Diaspora, Jeunes et Adultes, Hommes et Femmes, Vous tous qui me faites l'honneur de m'écouter et de me comprendre,

Que Dieu vous assiste, vous honore, vous protège et fasse de vous des bienheureux, dans ce Monde et dans l'Au-delà.

J'ai le grand honneur de m'entretenir aujourd'hui avec vous, citoyens comoriens, pour vous adresser mes chaleureuses félicitations et mes sincères remerciements, pour avoir honoré les Comores et rehaussé le pays.
En effet, alors que je vous ai demandé de me suivre, si vous estimez que mes propositions sur le référendum étaient en faveur des intérêts du pays, vous avez fait la démonstration de votre grande maturité politique et de votre disponibilité à aider le pays.
En vous rendant dans les bureaux de vote, à l'occasion de ce référendum et avec un taux de participation bien supérieur à celui du référendum d'adoption de notre constitution en 2001
, malgré les intimidations et les menaces, vous avez fait preuve d'un patriotisme qui honore notre pays et notre drapeau.
Chaque Comorien doit aujourd'hui se sentir fier de vivre dans un pays démocratique où triomphe l'Etat de droit.

Je vous félicite, pour avoir accepté de jeter les bases d'une nouvelle architecture institutionnelle qui facilitera la tache de mes successeurs qui n'auront plus désormais à gérer des conflits de compétence.
Vous méritez d'autant plus ces félicitations que la Communauté internationale et au moins trois de mes homologues Chefs d'Etat m'ont déjà contacté pour vous féliciter à travers moi, pour votre sagesse, votre patriotisme ainsi que pour votre sens élevé de l'intérêt de notre pays et votre aspiration au progrès.

Le référendum du 17 mai ouvre les portes du bien-être car, j'en suis convaincu, il aura permis de lever les doutes qu'auraient pu légitimement avoir les investisseurs étrangers, désireux de venir dans notre pays.
En effet, aujourd'hui, ils ont en face d'eux comme interlocuteur, un seul Président, un seul gouvernement et une seule constitution. Voilà un des résultats de l'acte que vous avez posé le 17 mai. Nous verrons que dans les semaines et les mois à venir, plus d'investisseurs désireront venir s'installer dans notre pays.

Je vous remercie en mon nom propre et en tant que Président de la République pour avoir fait la démonstration que vous êtes un peuple libre, courageux et patriote.
Ceux qui se sont désolés de n'avoir pas pu voter, ne sont pas moins méritants car ils ont été les gardiens vigilants de la paix et de la sécurité dans nos villes et villages. Je les remercie tous.

Je remercie les jeunes ainsi que les personnalités qui ont occupé de grandes responsabilités dans ce pays et qui, à cette occasion encore, ont jeté le poids de leur expérience et de leur prestige, dans la balance en vous appelant à voter pour le oui.

Je remercie les Ulémas qui se sont dressé en faveur du bien de ce pays. Je remercie les femmes qui ont su si bien, défendre leurs intérêts et ceux de leurs enfants.
Je remercie notre Armée qui a en charge la sécurité de notre pays et qui, une fois encore, a fait montre d'une grande responsabilité, notamment en dissuadant les gens malintentionnés de perpétrer des méfaits et en contribuant à la réussite du scrutin.
Je remercie les différentes branches de l'information et de la communication pour leur engagement et leur contribution.

Je remercie tous ceux qui étaient en charge de l'organisation du scrutin ainsi que toutes les autorités de l'Etat qui ont tout mis en œuvre, en vue du bon déroulement du référendum. Je les remercie notamment pour avoir accepté de s'abstenir, comme je le leur ai demandé, de faire usage du bien public, dont leurs véhicules de fonctions, au cours de la campagne électorale.

Comoriennes, Comoriens, mes Chers frères et sœurs,

Pour la première fois, nous avons organisé et réussi un scrutin, aussi bien dans ses aspects financiers et de ressources humaines qu'en matière de sécurité, sans l'aide étrangère à laquelle nous avions pris l'habitude de recourir, y compris en matière de finances et d'assistance militaire. Nos partenaires nous en ont félicité et reconnu notre capacité dans l'avenir, à organiser des élections libres, démocratiques et transparentes.

Je remercie tous les Comoriens y compris ceux de l'Etranger qui, faute d'avoir pu voter, ont appelé leurs concitoyens et leurs familles au pays à voter en faveur du changement, convaincus de la nouvelle image que projette notre pays à l'extérieur.

Je vous remercie tous, de n'avoir pas suivi les appels au boycott, à la violence et aux incendies, en allant voter pour dire oui au changement, au même titre que je remercie ceux qui ont voté non et pour qui nous avons du respect.

Désormais, nous sommes en droit d'attendre les fruits immédiats, à moyen et long terme, du référendum.
Le premier fruit est d'abord que notre pays est désormais ancré dans le rang des pays stables et démocratiques.
Le second fruit est mon engagement, en ma qualité de Président, à faire la preuve, que j'ai bien compris le message que vous m'avez adressé en mettant en œuvre rapidement les mesures attendues.

Vous avez fait votre choix. J'ai compris que vous souhaitiez des changements dans ce pays. Je saisis ainsi cette occasion pour vous annoncer quelques mesures.

Dans l'immédiat, j'ai demandé au Gouvernement, la mise en place d'une commission chargée d'émettre les avis et propositions, sur les mesures et les changements qu'implique l'adoption de la révision constitutionnelle. Je sais qu'ils sont à l'œuvre.

Pour les mois qui viennent, j'ai demandé au Gouvernement qui l'a accepté, l'instauration d'une seule Fonction Publique qui regroupera tous les agents de l'Etat qui seront tous identifiés et dont les états salariaux seront connus, aussi bien à Ngazidja, à Mwali qu'à Ndzouani. En effet, parmi les dysfonctionnements inacceptables, est le fait normal, que des fonctionnaires soient payés par l'Etat sans que le Chef de l'Etat que je suis, soit informé de leur rôle et de leur revenu. J'ai à cet effet demandé aux responsables de l'Administration d'établir désormais un seul état de salaires et de procéder au paiement par virement ou via les banques souhaité par le fonctionnaire, de tous les salaires en même temps et dans toutes les îles, pour éviter l'inconvénient des salaires non versé, notamment dans les îles autonomes.

J'ai également demandé au Gouvernement de procéder à la réduction des indemnités pour les mandats politiques afin que les économies ainsi réalisé soient affectées à la construction de salles de classe, aux activités et aux infrastructures destinés à la jeunesse et aux sports et à la résolution des problèmes d'adduction d'eau des Comoriens. Je voudrais ainsi qu'à compter du mois prochain, des prélèvements à déterminer, de 10, 15 ou 20%, soient faits non sur les salaires de base, mais sur les indemnités du Chef de l'Etat, des Ministres et des autorités des Gouvernorats.

J'ai enfin demandé au Gouvernement de mettre en place une brigade de contrôle des prix des denrées de première nécessité sur les marchés, notamment le riz, l'huile et les autres denrées, pour lutter contre les fraudeurs. Il n'est pas normal par exemple, que le prix homologué du riz ordinaire ne soit pas respecté. Je veillerai au respect de cette mesure.
Dans les jours et semaines à venir, nous devons voir concrètement les fruits du référendum du 17 mai.

J'ai demandé aux Gouverneurs des trois îles, à venir me rencontrer vendredi, pour que nous puissions parler de l'immédiat et de l'avenir de notre pays, dans l'intérêt de tous les Comoriens d'Anjouan, de Mohéli et de la Grande-Comore et dans le respect des institutions.

Mes chers compatriotes,

Nous avons ouvert une nouvelle page de nos institutions qui appelle en priorité, la mise en place d'une assemblée capable d'aider le Gouvernement à aller de l'avant. Aujourd'hui, encore plus qu'hier, tout comorien doit pouvoir apporter sa contribution et non seulement demander à son pays de lui être utile. Aux fonctionnaires je demande ainsi de cesser les mauvaises habitudes et d'apporter des changements dans leurs bureaux. Aujourd'hui les responsabilités au sein de l'Etat sont claires et les Comoriens ont souhaité des changements. Dans ce domaine, je serai plus vigilant, aujourd'hui encore plus qu'hier. Que ceux qui ne sont pas en mesure de les respecter en tirent les conséquences et se démettent de leurs fonctions.

Comoriennes, Comoriens,

Je m'entretiendrai à nouveau avec vous pour vous faire partager mes rêves pour ce pays, convaincus que vous m'aiderez à les réaliser et à porter le drapeau du changement dans notre pays.

Nous avons un seul Etat, un seul et même pays dont l'unité et la cohésion lui donneront la force nécessaire et la capacité à nous apporter le bien-être auquel nous aspirons.
Dieu nous a assistés en nous aidant à libérer par les armes, l'Ile d'Anjouan. Nous avons gagné sans effusion de sang. Il vient de nous prouver son amour pour nous et notre pays en incitant nos adversaires non pas à voter non mais à prôner le boycott et l'abstention. Nous devons, par notre obéissance et notre confiance en Dieu, lui en rendre grâce et l'en remercier en exprimant notre reconnaissance envers ses bienfaits, notamment en aimant notre pays et son unité et en respectant les honorables personnalités qui visitent notre pays et en préservant les biens de nos investisseurs étrangers.
Chaque bienfait a un prix. Nous avons payé le prix du débarquement, nous devons payer ainsi celui du référendum car nous devons bientôt à mettre en place notre assemblée et je vous invite dors et déjà à bien choisir.

A nos compatriotes de la diaspora, je leur demande de se tenir bien informés de ce qui se passe dans leur pays, loin de la désinformation, grâce notamment à la radio nationale, avant de pourvoir accéder aux images par satellite que nous souhaitons pour bientôt.

Merci à tous d'avoir aidé le pays. Qu'Allah bénisse le Prophète Muhammad Que Dieu vous récompense en bien.
Source : Beit-Salam
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 12:01

Dans son adresse à la nation d'hier soir (mercredi 15 avril 2009), le président de l'Union des Comores, Monsieur Ahmed AbdallahSambi a annoncé la date du 17 mai 2009 pour la tenue du référendum de révision de la constitution de 2001. La campagne référendaire se déroulera du 26 avril au 15 mai 2009.

Pour l'harmonisation des élections, le président a décidé de soumettre cette question aux « députés qui seront élus par la suite, à en fixer la date. Cela respecte la volonté des uns et des autres », a-t-il dit.

Le chef de l'Etat demande à ceux qui refusent ces changements de faire usage de la démocratie en faisant campagne contre le projet de loi référendaire.
Nous publions ci-dessous l'intégralité de son discours selon la transcription de Beit-Salam.



Le Président de la République s'est adressé à la Nation.

Discours à la Nation de Son Excellence MonsieurAHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, Président de l'Union des Comores

Après les louanges à Allah et les salutations au Prophète, à sa famille et à ses compagnons ; le Président de la République s'est adressé à la Nation en ces termes :
Honorables Comoriennes et comoriens, de l'Intérieur du pays et de la diaspora : que Dieu vous protège.

Comme je vous l'ai promis, je voudrais vous entretenir aujourd'hui d'un sujet important qui concerne aussi bien l'avenir de notre pays que son présent.
Je souhaiterais auparavant, vous rappeler une chose que vous ne devez jamais perdre de vue : lorsque vous m'avez élu, vous m'avez donné la mission de rechercher et de préserver les intérêts du pays et, comme le médecin, trouver les remèdes adéquats contre les maux qui frappent notre pays.

Comme j'ai eu l'occasion de l'évoquer à plusieurs reprises dans mes discours, notamment après la libération de l'Ile d'Anjouan, j'ai fait le constat du dysfonctionnement de nos institutions et des conflits de compétences qui opposent en permanence, le Président de l'Union à ceux des îles autonomes.

Comme mon prédécesseur qui ne parvenait pas à s'entendre avec les présidents des îles, l'incompréhension s'est installée entre moi et les autorités insulaires.
J'avais espéré trouver une meilleure issue mais j'ai fini par comprendre que ces conflits n'étaient pas dus aux personnes mais à la nature séparatiste de certaines dispositions de notre constitution.

Quand j'ai acquis la conviction que ces conflits persisteront tant que les racines du séparatisme ne seront pas arrachées de ce pays, j'ai alors jugé indispensable de faire réviser cette constitution, du moment que notre texte fondamentale, approuvé par le peuple, m'en donne le droit.
J'estime en effet que la révision de notre constitution qui instaure quatre Gouvernements, quatre parlements et quatre constitutions, demeure une des solutions à apporter aux problèmes de notre pays capable de le faire progresser.
C'est pourquoi j'ai pris l'initiative de demander aux Comoriens, par la voie du référendum, la révision de notre constitution.

La multiplicité des scrutins constitue par ailleurs une source de grandes dépenses d'énergie et d'argent, qui pourraient être utilisés à meilleur escient, dans les domaines cruciaux de l'eau, de l'électricité, de l'éducation ou de la santé.
En effet, alors que j'ai été élu en 2006, les Présidents des îles de Ngazidja et de Mwali ont été élus à leur tour en 2007 et celui de Ndzouani l'a été en 2008. Les élections législatives devront avoir lieu en 2009 et en 2010, à nouveau, l'élection du Président de l'Union. Si nous devons revenir aux élections des présidents de Ngazidja et de Mwali en 2012, à celles du Président de Ndzouani en 2013 pour revenir aux présidentielles de l'Union en 2010, je comprends comme tout homme doué d'intelligence peut s'en rend compte, au vu de ce calendrier, qu'il y a en perspectives de nombreuses occasion de divisions dans notre pays.
J'ai alors pris l'initiative de la révision de certaines dispositions de notre Loi fondamentale comme celle-ci m'y autorise.
En effet, nous sommes en démocratie où c'est le peuple qui choisit ses gouvernants et exerce sa souveraineté par la voie du référendum ou par l'intermédiaire de ses représentants.
Permettez-moi de vous faire lecture de l'article 3 de la constitution ; je cite « La souveraineté appartient au peuple qui l'exerce, dans chaque île et dans l'ensemble de l'Union, par ses représentants élus ou par la voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice »
L'article 37 stipule par ailleurs, je cite : « l'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de l'Union et au moins un tiers des membres de l'Assemblée de l'Union. Pour être adopté, le projet ou la proposition de révision doit être approuvé par les deux tiers du nombre total des membres de l'Assemblée de l'Union ainsi que par les deux tiers du nombre total des membres des Assemblées des Iles ou par référendum... »
C'est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Personne d'autre, fut-il président ou Chef de l'Etat ne peut s'attribuer cette souveraineté, à cette différence prêt, que le Président de l'Union ou le tiers de l'Assemblée de l'Union ont seuls l'initiative de la révision. Mais pas la décision de son adoption n'appartient qu'au peuple s'il le décide en majorité par la voie du référendum ou par les deux tiers du congrès des assemblées qui le représentent.
Ainsi, c'est en me basant sur la Constitution que je vous demande officiellement aujourd'hui cette révision, conformément aux articles 3 et 37 qui donnent toute sa légalité à mon initiative.
Mais comme vous le savez, depuis que j'ai annoncé cette initiative, beaucoup de choses ont été dites.
Pour ma part, j'ai pris le soin de publier un avant-projet, par respect pour les citoyens comoriens et, comme vous en avez été témoins, j'ai fait appel aux présidents des îles en premier.
J'ai ensuite appelé toute la population pour recueillir les avis de tous. Le dialogue inter-comorien, appuyé par la communauté internationale, a enfin émis de nombreuses propositions.
Avant de boucler le projet à soumettre au référendum, j'ai à nouveau convié les présidents des îles pour recueillir leurs avis en vue d'un consensus et afin de préserver la paix et le calme dans le pays. Je leur ai ainsi donné l'occasion de me soumettre leurs propositions.
J'ai enfin souhaité les rencontrer une autre fois à Beit-Salam, en présence des deux Vice-présidents, après lecture du communiqué qu'ils ont publié à l'issue de leur rencontre d'Anjouan.

Permettez-moi de vous faire l'écho de nos entretiens. Le Président Moussa Toyb a expliqué qu'il souhaitait aller jusqu'au bout de son mandat, en 2013 et proposé que les autres mandats soient prorogés jusqu'à cette date. Le Président Mohamed Ali Said tout en affirmant sa volonté de terminer son mandat, rejetait, quant à lui, toute prolongation de mandat du Président de l'Union. Le Président Abdouloihabi souhaitait pour sa part terminer son mandat. Il a néanmoins proposé que la question de l'harmonisation des mandats soit discutée et tranchée par les députés. Le Président de Mwali a alors accepté l'idée de soumettre le calendrier des élections au congrès des députés.
S'adressant au Président Moussa Toybou, pour lui demander s'il consentirait à écourter son mandat, le Président de Mwali a eu cette réponse : « dans l'intérêt du pays, je suis prêt à sacrifier un an de mon mandat pour que les élections puissent avoir lieu en 2012 ». Le Vice-président a alors avancé comme date des élections, fin 2011 avec prise de fonction des présidents, début 2012.

En résumé, j'ai senti qu'un compromis était trouvé sur la nécessité de réviser certaines dispositions de la constitution et pour harmoniser les mandats. Il ne restait plus qu'à retenir une date pour la tenue des élections.
Il était convenu au cours de cette rencontre que les présidents des îles allaient se retrouver mais malheureusement, samedi, c'est un constat d'échec des discussions qui a été annoncé.
J'ai alors estimé qu'il était temps que je tire les conclusions en vertu des pouvoirs que vous m'avez conférés.
Entre-temps, j'ai reçu ce matin, une correspondance signée par les Président de Ngazidja et le Président de Mwali m'annonçant qu'ils étaient disposés à harmoniser leurs mandats au mien pour que l'élection du Président de l'Union puisse avoir lieu en 2010.
J'étais heureux que cette proposition que j'avais déjà faite pour écarter l'idée qui m'était prêtée de vouloir prolonger mon mandat, ait obtenu leur sage adhésion.
Mais c'est avec regret que j'ai reçu par la suite une correspondance du Président Moussa Toybou, me faisant part de sa volonté et de son droit de terminer son mandat en 2013.
J'aurais aimé qu'il accepte la proposition faite mais force est de constater que le consensus entre les Présidents des îles, que j'ai appelé de mes tous vœux, n'a pas été ainsi trouvé.
Il me revient alors de décider, en tenant compte de l'intérêt supérieur de la Nation.
Je vous informe ainsi que j'ai retenu la date du 17 mai 2009 pour la tenue du référendum de révision de notre constitution, la campagne référendaire devant se dérouler du 26 avril au 15 mai.
Chaque comorien pourra se prononcer en toute conscience par oui ou par non sur les propositions qui lui seront soumises.
Sur les points de divergences, j'ai décidé, après réflexion et consultation, de soumettre la question de l'harmonisation aux députés qui seront élus par la suite, à en fixer la date. Cela respecte la volonté des uns et des autres.
Pour ma part, je ne souhaite aucunement prolonger mon mandat et je ne souhaite pas qu'une question de date divise la Nation.
A ceux qui ne sont pas pour cette révision, je leur demande pourquoi ils veulent me priver de mon droit d'initiative. Pourquoi voudraient-ils imposer une autre voie que celle de la démocratie ? Je demande ainsi, à ceux qui s'opposent à ces changements, de les refuser non par les menaces et les intimidations qui seraient un fâcheux précédent mais par les voies démocratiques.

Comoriennes et Comoriens,

Nous avons rendez-vous avec notre Histoire. Notre pays a aujourd'hui besoin de paix et de calmes, conditions essentielles de notre développement car favorables aux investissements.
Aucune personne, aucune autorité, aucun parti et aucun groupement ne peut s'arroger le droit de nous imposer sa volonté au détriment de la volonté de la majorité de notre peuple qui seule, fera la Loi et décidera de la révision constitutionnelle.
Ce n'est le propriétaire d'une radio ou d'une télévision qui doit imposer ses volontés au peuple.
Pour leur part, les élus du peuple qui, à l'heure actuelle, nous sont inconnus, seront appelé le moment venu, à trancher sur la question de l'harmonisation des mandat et du calendrier des élections, afin d'éviter les querelles et les divisions entre les îles et au sein de toute la Nation.
Je félicite nos frères Abdouloihabi et Ali Said pour leur adhésion à une harmonisation des élections en 2010. J'aurais souhaité que le Frère Moussa Toybou se joigne à eux. Toutefois l'absence de consensus m'oblige à trancher.
Je souhaite que personne n'ait recourt aux intimidations et aux menaces et que seule la démocratie et la volonté du peuple appelé à trancher, prévalent.
Les changements doivent intervenir suivant les voies démocratiques.
Pour terminer, j'exprime ma sympathie à tous ceux qui sont victimes des dégâts dus aux intempéries en espérant pouvoir, avec l'aide de Dieu, les venir en aide.

Comoriennes et comoriens,

Votre destin est entre vos mains. Le 17 mai c'est la majorité d'entre vous qui décidera. Par la suite les élus nationaux et insulaires décideront de la date des élections.

Je vous remercie.
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 20:52
 LE PRESIDENT SAMBI REÇOIT LE PRESIDENT TANZANIEN JAKAYA MRISHO KIKWETE EN VISITE OFFICIELLE AUX COMORES


Le Président de la République Unie de Tanzanie est arrivé Moroni


Il était 14 heures, heure des Comores, lorsque son avion a atterri à l’aéroport International Prince Said Ibrahim de Hahaya. Le Président de la République Unie de Tanzanie entame ainsi une visite officielle de 3 jours en Union des Comores, et répond à l’invitation du Président AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI qui l’a convié à pour prendre part au premier anniversaire de la libération de l’Ile d’Anjouan dont la réussite doit beaucoup à celui qui à l’époque, assurait la présidence de l’Union Africaine.

La libération de l’Ile d’Anjouan a également réussi grâce à l’armée tanzanienne qui a fourni les principaux éléments du contingent que l’Union Africaine a engagée au cours de l’opération « Démocratie aux Comores » qui a mis fin à la rébellion anjouanaise. Le Président KIKWETE et le Président SAMBI auront une rencontre en tête à tête au Palais présidentiel de Beit-Salam mardi à 16 heures avant de participer ensemble, à un rassemblement populaire au Palais du Peuple
.

 


Source : beitsalam.km  / mardi 24 mars 2009

Allocution du Président SAMBI du 23 mars 2009 : « nous n’oublierons jamais que vous nous avez apporté la paix et la stabilité dans notre pays »

Après les louanges à Allah, les salutations au Prophète Muhammad et à ses compagnons et les invocations à l’assistance, l
e Président de la République a prononcé en langue nationale l’allocution dont voici la traduction :


Excellence Monsieur le Président de l République amie de Tanzanie ;
Distingués Membre de la délégation tanzanienne ;
Honorables Ulémas ;
 Mesdames et Messieurs ;
Honorable assistance.


En pareil jour, je ne dois livrer que deux messages, l’un à l’adresse de mon frère Jakaya Mrisho KIKWETE, Président de la République Unie de Tanzanie et à sa délégation et le second à l’adresse de la population comorienne.

Excellence Monsieur le Président,

Je voudrais, en mon nom personnel et au nom de tous les comoriens d’hier, d’aujourd’hui et de demain, vous dire que nous ne vous oublierons jamais.

A aucun moment, nous n’oublierons cette époque où notre pays a failli se disloquer et où vous nous avez apporté, aux Comores, la paix et la sécurité.

 L’Histoire écrira en encre d’or sur des pages en argent que l’Etat comorien, victime de ses ennemis, a failli disparaître mais que des amis ont décidé de l’aider à renaître.

Ce pays est aujourd’hui heureux de vivre et son président peut parler en son nom à l’extérieur.

Aujourd’hui, après la paix, les comoriens attendent de la Tanzanie de l’aide économique car elle en a les moyens et l’expérience.

Nos deux gouvernements se sont rencontrés et j’espère que les programmes qu’ils ont élaborés seront appliqués.

Monsieur le Président, le message que je vous livre se lit sur tous les visages de tous les comoriens : merci, « shukran, msotra, ahsante sana »

Je voudrais ensuite m’adresser aux comoriens.

Mes chers compatriotes, dotés d’intelligence, capables d’observer et de comprendre le langage dans lequel Dieu parle à ses créatures : la visite de hautes personnalités dans notre pays est un message que Dieu vous envoie.

En effet depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, c’est la troisième fois qu’il est honoré par une visite officielle d’un Chef d’Etat : celle du Président français, François Mitterrand et, il y a peu de temps seulement, celle du Président iranien.

Aujourd’hui, c’est un ami, un frère et un voisin qui est venu nous rendre visite.

Si le Président Yasser Arafat est venu dans notre pays c’est en tant leader d’un mouvement de libération. Si le Président Thabo MBEKI d’Afrique du Sud est venu dans notre pays c’est dans le cadre d’une visite de travail.

Ainsi, aujourd’hui, l’accueil, en un court laps de temps deux Chef d’Etat, est la preuve que les Comores ont une bonne odeur à l’extérieur et c’est le signe que la paix, la sécurité et la stabilité, qui sont notre plus grande richesse, s’installent dans notre pays.

Nous devons alors nous réjouir de constater que des frères dont les tanzaniens, sont aujourd’hui disposés nous aider.

Je voudrais à ce stade de mon propos, dire au Président de la Tanzanie qu’il est des nôtres, un ami, un frère, un voisin.

Avant de terminer, je voudrais renouveler nos remerciements à l’Union Africaine qui a donné l’aval au Président tanzanien pour qu’il vienne aider à la libération de l’île d’Anjouan.

Avant de céder la parole à mon frère, je voudrais le remercier d’avoir été, récemment encore, à Addis-Abeba, parmi les dirigeants africains qui ont condamné le référendum organisé à Mayotte.

 Au nom de tous les comoriens nous remercions l’Union Africaine et tous les pays membre de notre organisation continentale, qui ne nous abandonnent jamais quand on veut amputer notre pays d’une partie de son territoire, Mayotte.

 Merci, merci et merci

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 10:37

"Je dois prendre des décisions importantes dans les jours qui viennent et choisir la meilleure solution pour notre pays"

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE S’EST ADRESSE A LA NATION CE SAMEDI SOIR :"Je dois prendre des décisions importantes dans les jours qui viennent et choisir la meilleure solution pour notre pays"
Le Président de l'Union des Comores, Son Excellence Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI s'est adressé à la Nation en langue nationale, samedi soir, 21 mars, 2009.
Après les Louanges à Allah et les salutations à son Prophète Muhammad, le Chef de l'Etat a livré à la Nation, le message suivant :


Comoriennes et Comoriens des quatre îles, de l'intérieur du pays et de la diaspora,

Que Dieu vous protège et vous accorde ses bienfaits ici-bas et dans l'au-delà.
J'ai souhaité, une fois encore, m'entretenir aujourd'hui avec vous, comme j'ai pris l'habitude de le faire, à chaque moment important de la vie de la Nation.

Aujourd'hui, je sais que vous attendez avec impatience, la suite que j'entends donner au référendum sur la réforme de nos institutions.
Je suis conscient de votre attente et du doute de certains d'entre vous, à propos de la date de cette consultation.
Je voudrais vous assurer que nous irons inéluctablement vers les changements importants dont dépendent l'évolution et la vie de notre pays pour les années à venir.
Toutefois, je dois vous demander de patienter encore et de m'en laisser le temps nécessaire.
Cette patience, je vous l'ai demandé lorsque j'ai appelé à la libération de l'Ile d'Anjouan alors que certain n'y croyaient pas, que d'autre encore manifestaient leur impatience et que d'autre enfin, les détracteurs et les rebelles eux-mêmes, disaient qu'on tardait à agir, se demandant en raillant, si on y allait à dos de chameau.
La population s'impatientait alors. Mais j'ai pris le temps qu'il fallait pour réussir cette opération. Vous n'avez pas regretté votre patience et votre confiance en moi
Aujourd'hui, il y a une similitude des situations. Je ne souhaite pas que les changements projetés échouent. C'est pourquoi, je souhaiterais prendre le temps d'examiner les propositions émises concernant
l'avant projet que je soumis à tous.
En effet, des propositions pertinentes, que j'ai acceptées, ont été suggérés pour améliorer cet avant projet. Ainsi, si les changements sont inéluctables, ils doivent intervenir en temps et en heure.

Je sais que vous attendez de moi que je vous dise le sort de l'avant projet et que je vous annonce la date du référendum. Toutefois, compte tenu des responsabilités qui sont les miennes, je souhaite que la réforme de nos institutions intervienne dans un climat apaisé, afin qu'elle apporte de vrais solutions à nos problèmes. C'est pourquoi, je vous demande de patienter encore.

Je vous demande d'autant plus cette patience, que nous allons accueillir, dans les jours qui viennent, une honorable délégation en provenance de la Tanzanie, conduite par le Président de ce pays frère.
En effet, je ne souhaite pas que notre politique intérieur interfère avec ce grand événement.
J'invite ainsi les comoriennes et les comoriens, à faire honneur à nos hôtes tanzaniens, avec qui nous partageons la culture, l'amitié et des valeurs de paix et de bon voisinage et qui ont aidé à recouvrer l'intégrité de notre pays.
Je vous demande donc d'accueillir d'abord nos hôtes avec toute la dignité requise et de leur réserver un accueil mérité, un accueil à la comorienne.
Je vous demanderais ensuite, de me donner le temps de terminer les consultations que j'ai entamées, car le sujet du référendum est d'importance.
Je sais que la majorité des comoriens désirent les changements que j'ai proposés et que d'autres encore souhaitent le maintien du statu quo. Mais, comme je l'ai dit, je n'ai pas fini mes consultations.
En effet j'ai invité les Présidents des Iles à venir me rencontrer lundi afin que je puisse les écouter, une fois encore, et recueillir leur avis.
Mes chers compatriotes,
Je reste convaincu que le référendum reste la meilleure voie pour modifier notre constitution.

Je sais que la constitution me donne le droit d'en prendre l'initiative et je sais également que je le regretterais toute ma vie si je ne le faisais pas, sachant que la réforme de nos institutions est une des solutions à nos problèmes.
Je vous demande donc de m'accordez la même confiance, le même soutien et les mêmes prières que vous m'avez accordés lors du débarquement d'Anjouan car cette fois, comme à l'époque, il s'agit de trouver des remèdes aux maux dont souffre notre pays.
Mais sachez qu'il y ceux qui ne souhaitent que du bien pour ce pays.

Pour ma part, j'ai toujours suivi la voie légale. Si je ne le fais pas et que ceux qui en ont la compétence, me le disent je me conforme à la légalité. C'est ainsi que je me suis toujours
soumis aux arrêts de la Cour Constitutionnelle.
Certains me dénient le droit de modifier la constitution. Je vous dis que cela n'est pas exact.
Lisez l'article 3 de la Constitution : "La souveraineté appartient au peuple qui l'exerce, dans chaque île et dans l'ensemble de l'Union, par ses représentants élus ou par la voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice".
Cela signifie que le vrai pouvoir appartient au peuple et que lui seul peut trancher sur les changements, par voie référendaire.
L'article 37 de la Constitution dispose par ailleurs que "L'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de l'Union et au moins un tiers des membres de l'Assemblée de l'Union. Pour être adopté, le projet ou la proposition de révision doit être approuvé par les deux tiers du nombre total des membres de l'Assemblée de l'Union ainsi que par les deux tiers du nombre total des membres des Assemblées des Iles ou par référendum".
Ainsi, je ne comprends pas ceux qui me disent que je ne respecte pas la constitution.
Certes le même article dispose qu'"Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'unité du territoire et à l'intangibilité des frontières internationalement reconnues de l'Union ainsi qu'à l'autonomie des îles".
Toutefois les changements que je propose ne concernent pas ces sujets.
Je voudrais ainsi vous rassurer tous, notamment les gens instruits : je ne fais que suivre la légalité pour faire de notre pays, un pays de démocratie non régi par la force ou les armes, ni par d'autre voie que celle acceptée par le peuple. Par contre le refus du référendum n'est pas légal.

Citoyens de l'intérieure et de la diaspora,

L'idée de la révision constitutionnelle m'est venue après la libération de l'Ile d'Anjouan.
Cette constitution n'était pas faite dans l'intérêt du pays et porte en elle de nombreux dysfonctionnement dont l'existence de quatre présidents, quatre parlements, quatre gouvernements et quatre constitutions.
La preuve est désormais faite, notamment par les incessants conflits de compétences entre les gouvernements des îles et celui de l'Union.

Au nom de la Nation, du pays, de l'Islam, pouvons-nous nous permettre de tenir tous les ans des élections qui nécessitent du temps, de l'énergie et de grands moyens financiers ?
Nous avons voté en 2006 pour les présidentielles de l'Union, en 2007 pour les Présidents de Mwali et de Ngazidja, en 2008 pour le Président de Ndzouani. En 2009 nous devons élire l'Assemblée de l'Union et, à nouveau, en 2010, le Président de l'Union pour revenir à Ngazidja et Mwali en 2012, à Ndzouani en 2013 et renouer avec l'élection du président de l'Union en 2014. Nous ne devons pas ainsi fermer les yeux.

Voilà une des raisons qui justifient la révision de notre constitution. Si quelqu'un a d'autres propositions pour résoudre le problème de la multiplicité de nos institutions et de la fréquence de nos élections, qu'il les fasse.

Lors de la
conférence intercomorienne et après, un seul sujet a semblé préoccuper les gens : le mandat de l'actuel Président de l'Union.
J'ai en effet proposé l'harmonisation à cinq ans, de l'ensemble des mandats, permettant ainsi de ne tenir que deux élections en 5 ans.
On m'a alors prêté l'intention de vouloir prolonger mon mandat comme cela se pratique dans d'autres pays du monde. Je vous prends à témoin que telle n'est pas mon intention. Si tel était le cas, pourquoi ne vous aurais-je pas demandé la possibilité de renouveler mon mandat ?
Que l'harmonisation des mandats à cinq ans me donne une année de plus, je n'en disconviens pas. Mais je suis tout aussi disposé à retenir le mandat de 4 ans pour vous prouver que ce n'est pas la prolongation de mon mandat qui me préoccupe. Otez donc de vos idées, que je souhaite avoir un an de plus car, sincèrement, je cherche une solution aux problèmes qui se posent à notre pays pour qui je suis prêt à verser mon sang afin qu'il vive mieux.
Dès lors, j'invite les autres à penser d'abord aux intérêts du pays avant les leurs.

Mes chers compatriotes,

Je dois prendre des décisions importantes dans les jours qui viennent et choisir la meilleure solution pour notre pays :
► Retirer le projet de révision constitutionnelle ? Ce n'est pas une solution.
► Tenir les élections du Président de l'Union en 2010, en même temps que celle des Présidents des îles et laisser ainsi la présidence tournante aller à Mwali ?
► Ou décider de tenir ces mêmes élections en en 2011, 2012 ou 2013 ?
En tous les cas, il me faudra prendre une décision pour harmoniser les mandats et réduire la fréquence et le coût des élections. Mes consultations des jours à venir, me permettront de prendre la décision adéquate. La vie des comoriens dépend de ces réformes.
Je ne suis pas de ceux qui considèrent la politique comme l'art du mensonge et de l'hypocrisie.

Mes chers compatriotes,

Un autre défi nous attend : la France souhaite faire du territoire comorien de Mayotte un département français.
C'est une initiative que nous devons condamner. Je sais que vous êtes derrière moi sur ce sujet et que la communauté internationale est avec nous.
Toutefois nous devons revendiquer dans la paix.
L'Union Africaine a condamné le référendum français à Mayotte. D'autres organisations et de hautes personnalités prendront position dans les jours qui viennent.
Nous devons, pour notre part, parler à la France, le langage qu'elle comprend : celle du droit et de la civilisation.
Je voudrais ainsi dire aux français une chose que je ne leur ai dite : faites d'abord un référendum en France sur le sujet.
En effet, Mayotte est comorienne et l'a toujours été. D'ailleurs, la capitale des Comores s'y trouvait.
Les Mahorais ne seront jamais des français à part entière. Ils auront leurs papiers mais resteront toujours des comoriens
.
La question « souhaitez vous que Mayotte devienne française » doit être posée au peuple libre de France, pas aux Mahorais sous la colonisation et qui, par conséquent, ne sont pas libres.
Je le dis par la voix de la sagesse et de la paix, qui constituent notre bravoure et notre patriotisme car Mayotte française, cela n'a aucune signification pour nous. Ainsi nous savons d'avance les résultats du référendum : ils sont nuls et non avenus.

Mayotte française ? Si ce référendum se tenait en France, je suis certain que le peuple français ne l'accepterait pas.
Comoriens de l'intérieur et de la diaspora,

J'ai voulu m'entretenir avec vous sur ces défis. Nous avons pu ensemble libérer l'île d'Anjouan. Nous devons nous unir pour affronter le défi de la réforme de nos institutions et celui de la libération totale de notre pays. Je sais de quoi je parle.

Mes chers compatriotes,

J'ai de l'affection pour vous et je sais que c'est réciproque. Je vous demande alors de me faire confiance.
Ce pays a des ennemis puissant à l'extérieur que nous ne devons pas laisser faire si nous voulons nous en sortir, renforcer notre unité et éviter l'éclatement de notre pays.
Pour terminer, je voudrais vous redire toute ma fierté pour l'accueil chaleureux et l'hospitalité généreuse que vous réservez à nos hôtes étrangers. Cela honore notre pays et lui donne une bonne image.

Je vous en remercie.

Que la Paix et la bénédiction de Dieu soient sur vous.

Source : Beit-Salam
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 22:59

Discours de Monsieur  Abdallah Mohamed chef de la délégation de l’opposition d’Anjouan à la réunion plénière du 7/03/09.

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(Photo : Abdallah Mohamed lors de la signature des accords de Fomboni en 2000)


Monsieur le Président du Dialogue Inter Comorien,

Messieurs les Représentants de la Communauté Internationale ici présents,

Cher collègues participants au Dialogue Inter Comorien,

Honorables invités,

Mesdames, Messieurs,


A la question de savoir si le Président de l’Union quittera ses fonctions au terme de son mandat c'est-à-dire en 2010, conformément à la tournante, les représentants du gouvernement sont restés évasifs au sein de la Commission chargée de l’examen de l’Avant projet de loi portant révision de la constitution de 2001.


Mais leur comportement observé tout au long des deux jours qu’ont durée nos travaux, nous a convaincus de la détermination du pouvoir d’organiser dans les meilleurs délais un referendum pour la révision de la Constitution aux fins de permettre au Président de l’Union de se maintenir au pouvoir au delà de 2010.


Les raisons avancées n’ont pas été convaincantes, en tout cas, elles ne justifient pas son maintien au pouvoir au-delà de 2010.


Avant d’examiner l’avant-projet il était nécessaire que la Commission ait des informations fraîches sur la Constitution en vigueur, le contexte politique qui a conduit à son adoption, sa démarche et les objectifs qui lui ont été assignés.


Nous nous sommes chargés de cette tâche, sans parti pris, étant donné que nous avions eu le privilège de participer aux travaux de son élaboration en 2010 et que nous voulions mettre à la disposition de la Commission toutes les informations utiles pour lui permettre de travailler en toute sérénité (voir ICI).


Que ne fut notre surprise de nous voir reprocher d’inventer des choses qui ne figuraient dans aucun document légal et dont la véracité ne pouvait pas être prouvée.


Pourtant, nous réaffirmons qu’il était convenu d’évaluer cette Constitution en 2014 c'est-à-dire après que chaque île aurait dirigé le pays sous le régime de cette Constitution. C’est la logique.


Il y a eu pire. Les représentants du Gouvernement ont contesté au Délégué de l’Assemblée de l’Union sa qualité de représentant de cette institution au sein de la Commission tout simplement parce que ce dernier a eu l’audace d’exprimer des positions qui se rapprochent de celles défendues par les parties de l’Opposition sur certains points de l’ordre du jour.


En d’autres termes quand la position du Délégué de l’Assemblée Nationale rejoint celle des représentants du Gouvernement c’est normal. Dans le cas contraire c’est anormal.

C’est tout simplement scandaleux.


La bonne gouvernance commence par là : elle doit être impulsée à partir du sommet. Ce sont les Gouvernements qui doivent donner le bon exemple.


En ce moment précis, nous ne voudrions pas être Mohélien, pour rien au monde. Nous comprenons la frustration des Mohéliens et leur sentiment d’impuissance devant une injustice.

Nous le partageons.


Croyez nous, nous avons tout tenté pour éviter cela, hélas !

De cette auguste institution, symbole de la démocratie aux Comores, nous lançons un appel désespéré au Président de l’Union pour qu’il renonce à la prolongation de son mandat et permette à la tournante de tourner en 2010. J’espère de tout mon cœur que notre appel sera entendu.


Notre première pensée était de faire une grève de la faim, à compter de ce jour et jusqu’à ce que notre appel soit entendu par le Président de l’Union. Mais, on risque de nous laisser mourir donc nous renonçons.


Je vous remercie.




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