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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 00:02

Faits-Divers

Lu pour vous / Source : CLICANOO.COM | Publié le 14 novembre 2009

Alors que trois anciens militaires se sont échappés de leur prison de Moroni, en Grande-Comore, dans la nuit du 18 au 19 octobre pour rejoindre Mayotte via Anjouan, onze camarades de l’ancien président d’Anjouan Mohamed Bacar sont toujours assignés à la Réunion. Rencontre avec l’un d’eux. Mahmoud Douclin (Photo), 48 ans, est l’ex-commissaire auprès de la présidence pour l’évaluation et la protection du patrimoine d’Anjouan. Avant, il était ministre des Finances.

  

Anjouan. Ils étaient 26 au départ. Quatre sont partis au Bénin, dont le président déchu Mohamed Bacar. Onze ont obtenu l’asile politique. Et onze autres restent assignés à la Réunion. Sans papiers. Mahmoud Douclin, 48 ans, est un de ceux-là. "Ce n’est pas une vie", lâche-t-il. Pour seul papier d’identité, il sort une feuille aux pliures déchirées. C’est un arrêté de reconduite à la frontière. Mais Mahmoud comme ses dix autres camarades ne peuvent pas être expulsés vers Anjouan où ils craignent pour leur vie. C’est l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRAH) qui le dit.


Tous ces Anjouanais faisaient partie des proches de Mohamed Bacar, ce 25 mars 2008, quand l’Union africaine a débarqué sur l’île tourmentée de l’archipel des Comores. Mahmoud a pris place à bord du kwassa-kwassa qui a conduit Mohamed Bacar à Mayotte. "Ils sont partis par une mer démontée ce jour-là", raconte un observateur qui souhaite conserver l’anonymat. Ils pensaient obtenir l’asile. "Seuls les moins gradés ont eu l’asile politique", remarque Mahmoud Douclin. Lui avait le grade de commandant.

Depuis mars 2008, comme ses camarades, il est passé par la détention dans le cadre d’un véritable marathon judiciaire avant d’être assigné à résidence sur la base aérienne 181. Puis tous ont d’abord dû signer deux fois par semaine au commissariat ou à la brigade de gendarmerie la plus proche de leur domicile. Aujourd’hui, ils doivent signer une fois par mois. Moins contraignant. Sans papier, ils ne peuvent pas quitter l’île.


"Nous voulons être traités humainement"


Quant à un éventuel retour à Anjouan, Mahmoud Douclin n’y pense pas pour le moment : "Il faut toujours imaginer le pire." Et de se reprendre : "Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir." Car la famille de Mahmoud Douclin est restée à Anjouan. Il arrive parfois à avoir des nouvelles. "Mais quand le père n’est pas là, c’est la galère", poursuit-il. Les autres Anjouanais bacaristes sans asile politique arrivés à la Réunion en mars 2008 sont dans cette même situation. Pas de travail. Pas de ressources. "Et pas d’ONG qui s’occupe de nous." Mahmoud Douclin poursuit : "Ceux qui arrivent à avoir quelques ressources les envoient à leurs familles." Certains proches des bacaristes, restés à Anjouan, ont été inquiétés au début. Des maisons de membres de leurs familles ont été détruites. Des violences ont été exercées. Parmi ceux qui sont restés, certains ont été emprisonnés puis relâchés. D’autres sont toujours en détention. C’était le cas de ces trois militaires - un lieutenant, un adjudant-chef et un sergent-chef - qui se sont fait la belle de la prison de Moroni dans la nuit du 18 au 19 octobre pour rejoindre Mayotte en passant par Anjouan. Ils demandent désormais l’asile politique et ont obtenu une attestation provisoire de séjour. Mahmoud Douclin demande : "Nous ne pouvons pas être assignés éternellement. Nous voulons être traités humainement."


Nicolas Goinard


Quinze Anjouanais assignés à Mayotte


Mohamed Abdou Madi, ancien ministre du tourisme de Mohamed Bacar, est lui aussi assigné. Ils sont quinze Anjouanais dans ce cas à Mayotte. Car c’est sur l’île au lagon qu’il vit depuis mars 2008. A Pamandzi plus exactement sur Petite-Terre. Contacté par téléphone, il souhaite s’exprimer sur les conditions de vie de ceux, qui comme lui, ont fui Anjouan à bord d’un kwassa-kwassa en compagnie du président renversé. Une ironie du sort quand on sait que c’est par ce mode de transport maritime guère stable que de nombreux Anjouanais ont quitté le régime de Bacar. Les partisans de Mohamed Bacar s’estiment rejetés. Mohamed Abdou Madi appuie : "Nous sommes libres de circuler au niveau de la commune mais nous n’avons pas le droit de travailler." Et de conclure sur son envie de retour au pays : "Ce serait lâche de rester à Mayotte si on n’espérait pas rentrer à Anjouan un jour. Pour le moment, on ne sait pas comment." Cette probabilité, les autorités anjouanaises la craignent. Une rumeur persistante dit que ce retour des hommes de Bacar se prépare.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 20:48

 Source : HALIDI-BLOG-COMORES

Fait divers :

4.166000fc soit 8467,48 euros, c’est la somme dérobée au bureau de la SNPSF (Societé Nationale  des Postes et des Services Financiers) de Ouani à Anjouan dans la nuit de vendredi à samedi. Le constat amer a été fait le samedi matin par le receveur du bureau. Pourtant, il n'y a pas eu d'effraction des portes selon ce dernier. Seul le tiroir dans lequel l'argent se  trouvait a été cassé.

L'argent dérobé était destiné entre autres aux opération habituelles et au paiement des salaires des employés dudit bureau.

L'enquête confiée à la brigade de la gendarmerie de Ouani suit son cours pouraboutir à l'arrestation rapide du (ou des) coupable (s).  Le receveur et quatre agents du bureau ont été entendus. 

A suivre.                                                                                           

Mohamed El-had
Un de nos informateurs à Anjouan
HALIDI-BLOG-COMORES 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 20:32

Les clés de la municipalité de Ouani ont été remises le mercredi dernier, au nouveau maire, Monsieur Abdoulhalim Mohamed Bacar, professeur de français diplômé de l'ENES (Ecole Nationale Supérieure) de M'vuni nommé par un arrêté du gouvernorat de l'île d'Anjouan en date du 05 octobre 2009. Celui-ci remplace Abdou Zoubert qui a dirigé  la commune durant à peu près un an.

Il s'avère que ce remplacement a été sollicité par les responsables de la mosquée du vendredi avec lesquels l'ancien maire était en conflit ouvert pour des raisons que nous ignorons ainsi qu'une partie de la population de Ouani laquelle souhaiterait donner un nouveau souffle à la conduite des affaires de Ouani. Nous osons espérer que cette fois ci, la commune d'Ouani s'est vue offrir la personne qu'il faut. L'avenir nous le dira. car les querelles politiciennes stériles et ridicules dont font preuve les "enfants" de cette commune qui rêvent de devenir maire  depuis la mise en place des communes sur l'île il y a une dizaine d'années ne favorisent pas sa bonne gestion et l'entrave de retrouver son dynamisme d'antan. Ouani était un exemple en matière d'actions de developpement communautaire de telle sorte que beaucoup de comoriens pensaient qu'elle allait être une commune de référence. Hélas ! Tel n'est pas le cas actuellement. Les maires changent mais la situation ne change pas. Bien au contraire.

Avec la nomination d'Abdoulhalim Mohamed Bacar, Ouani compte son cinquième maire en une dizaine d'années ! C'est un peu trop et c'est triste pour une commune qui voudrait avancer. Deux ou trois ans en moyenne pour un maire ! Sans stabilité à la tête de ce poste, rien  de profond ne se fera et le bricolage et l'amateurisme flagrant en matière de gestion communale auxquels nous assistons continueront.

Le nouveau maire se fixe comme priorités , la l
utte contre la délinquance juvénile
l’interdiction de l’extraction du sable de mer et surtout faire de la ville de Ouani, une cité propre et rayonnante.

Il  compte énormément sur la participation des résidents à travers les associations folkloriques, communautaires... pour concrétiser ses projets.


Voilà des priorités nobles qui necessitent le soutien de tout le monde. Nous lui souhaitons bonne réussite, attendons de voir et ensuite....

Espérons aussi qu'il privilégiera la transparence et la communication. Qu'il mettra  fin  à ces occupations et constructions illégales et inadmissibles sur les terrains communaux et lancera un débat publique sincère sur la gestion de la Commune depuis sa création et son devenir sans tabou. Car tous les Ouaniens de Ouani et d'ailleurs ont le droit de savoir et de comprendre ce qui s'y passe réellement.  Sans transparence, on peut vainement esperer le changement.
                                                                                    
  Halidi Allaoui et Mohamed El-had
HALIDI-BLOG-COMORES

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 18:52

Source : HALIDI-BLOG-COMORES


Très tôt, dans la matinée d’hier (Samedi 3 octobre 2009)  un habitant de Pagé, zone périphérique de Mutsamudu, le chef lieu de l'île, a découvert un cadavre à quelques mètres du premier pont en provénance de Mutsamudu. Il s’agit du corps de Youssouf Abdou Allaoui.


Youssouf Abdou Allaoui est un jeune garçon originaire de Ouani qui était connu sous le pseudonyme de Koudina.    Il y a quelques années, il avait décidé de quitter sa ville natale pour aller s'installer à Pagé, le village d’origine de sa feue maman où il vivait paisiblement. Sa mort soudaine  paraît  mystérieuse. D'autant plus qu'il est trouvé dans un état surprenant.


 Selon des sources médicales, le pauvre garçon saignait du nez et avait des côtes cassées. Donc l'on écarte pas l'hypothèse d'un assassinat perpetré par  un groupe des gens.


En tout, cas c'est l'hypothèse privilégie par la famille proche de la victime.  Koudina a été assassiné ! Par qui et pourquoi ?


D’après le service d’enquête de la gendarmerie d'Anjouan, la  personne qui a découvert le cadavre a été interpellée pour être entendue . Et à l’heure où l’on vous rélate cette histoire macabre, quatre autres personnes, des amis proches de la victime, sont aussi intérrogées et entendues par les enquêteurs.


Ces cinq personnes  sont actuellement  en garde à vue.  L'enquête suit son cours. Un juge d'instruction va probablement les auditionner dans les jours à venir.  
  A faire à suivre……………..


Mohamed Elhad
Un de nos informateurs à Anjouan
HALIDI-BLOG-COMORES
 

                                                                                       
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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 10:57

Source : Alwatwannet / 08 mai 2009

Les partisans du rejet de la révision jettent l’éponge et s’en remettent à la décision de la Cour constitutionnelle et au peuple. C’est ce que nous a déclaré Soundi Abdoulatuf (Photo), qui a été désigné par ses pairs comme coordinateur de la campagne. Pourquoi donc cet abandon ? Soundi s’explique : ‘‘nous avions décidé de tenir nos meetings depuis le début de la semaine dernière à Ouani, mais on nous l’a interdit. Face à cette situation, nous avons décidé tout bonnement de laisser faire le pouvoir. Car ce qui est normal et démocratique à Moroni ne l’est pas à Anjouan’’.

Allaoui Djanffar, le président de la Commission électorale insulaire, déclare pour sa part, qu’ ‘‘il n’y a jamais eu d’interdiction de meeting ou de réunion de l’opposition. Ils savent très bien que pour tenir un meeting, il y a des autorisations à prendre et un calendrier à respecter. A notre niveau, ils avaient l’autorisation de tenir leur meeting, mais il leur fallait demander l’autorisation de la SNPSF, car le meeting devait se tenir à Msirojou et l’espace devant abriter la tribune, appartient à la SNPSF’’.

A Patsy, au siège de la Commission électorale insulaire, le programme de campagne de l’opposition y est toujours affiché. Allaoui Djanffar cite un courrier qui lui a été envoyé par l’opposition ‘’me demandant d’appeler toutes les parties prenantes à ce référendum pour une concertation, j’ai donné une suite favorable en convoquant toutes les parties à une discussion. Seule l’opposition ne s’est pas présentée. Elle, qui avait demandé la rencontre’’.

Ce qui préoccupe le plus les observateurs politiques à Anjouan est l’issue finale de ce scrutin. Certains craignent un taux d’abstention élevé. Le président de la Commission insulaire électorale reconnaît “les difficultés financières’’ auxquelles ils sont confrontés qui limiteraient leur marge de manœuvre pour piloter un scrutin parfait.

A dix jours du référendum, aucune campagne de mobilisation de masse n’est organisée par les partisans du “Non’’, laissant ainsi le terrain aux seuls partisans du ‘’Oui’’.

A Anjounan, il y a ceux qui soutiennent le projet de révision car le président l’a dit, et pour eux c’est forcément le meilleur, mais il y a aussi ceux qui font campagne pour le ‘’Oui’’ dans ‘‘l’espoir de prouver qu’ils sont capables de faire mieux que les autres (ceux qui gouvernent ndlr’’), nous dit avec amertume un jeune universitaire de Patsy avant d’ajouter que ‘’l’opposition qui se dit muselée, profite de quelques maladresses au début de la campagne pour rentrer dans sa coquille hermétique’’, face aux propos rassurants du président Sambi.

Kamal Ali Yahoudha

 

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Mariama HALIDI Alwatwan - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 22:49

Source : HALIDI-BLOG-COMORES

 
Le premier rassemblement de l’Alliance pour la Stabilité et le Développement des Comores (ASDC) qui devrait avoir lieu le mardi 28 avril sur la place de Msirojou dans la municipalité d’Ouani a été saboté par la mairie de la ville. A savoir que l’ASDC s’oppose au Referendum de la révision constitutionnelle prévu le 17 mai prochain sur l’ensemble des trois iles.

 

Vu le retard d’accomplissement des formalités en vue l’organisation du meeting dans la commune de Ouani, la mairie de la ville a saboté le meeting de l’Alliance pour la stabilité et le développement des Comores, en avançant l’argument que la demande d’autorisation du rassemblement du 28 avril n’avait pas obtenu un accord.

 

Ainsi le meeting n’est pas autorisé à avoir lieu dans la commune en ce jour. D’après Zoubert Abdou, Maire de Ouani l’ASDC n’a pas respecté les conditions de la commission électorale. Il s’agit de fournir une formalité légale en présentant un calendrier signé par la commission électorale.

 

« C’est un coup préparé par le gouvernement central afin d’empêcher l’opposition de faire un meeting » doute Abdallah Mohamed (Photo, Archives HALIDI-BLOG-COMORES), membre de l’ASDC. Il ajoute que « dans les années passées, les candidats qui veulent transmettre leurs communications au public passent par la mairie au lieu de la commission électorale ».

 

Pour éviter le chevauchement entre deux candidats, l’ASDC a présenté une lettre à la mairie de la commune juste trois jours avant le meeting. « Peut être, la Mairie a reçu une instruction venant d’en haut de ne pas donner une autorisation pour ce meeting » confie A. Mohamed. Enfin, « le parti ASDC envisage une réunion dans la semaine pour décider de ce sa conduite pour les jours à venir » conclut-il.

 

Mohamed Elhad
un de nos collaborateurs à OUANI
HALIDI-BLOG-COMORES

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 10:19

Source : Alwatwan.net / 01 avril 2009

Barakani, le village natal de l’ex-rebelle Mohamed Bacar, voisin de la ville de Wani, a été encore une fois le théâtre d’affrontements. Le problème foncier est à l’origine de ce drame qui frappe des familles entières. Il suffit d’une étincelle pour que les deux voisins se déclarent la guerre. Déjà meurtris par des anciennes querelles causées par des problèmes de parcelles de terrain, à d’abord Seleya, zone forestière, puis aujourd’hui à Marsatra, une sorte de limite entre Wani et Barakani.

Cette fois-ci des maisons en pailles et en tôles ont été détruites par des jeunes Waniens qui disent que les personnes résidentes occupent ces parcelles illégalement. Sur place, le décor laisse supposer la violence des attaques. Tout a été ravagé dans a zone.
Ahmed Mohamed Charif se déclarant propriétaire des lieux, a tenté de récupérer les terrains à plusieurs reprises pendant le régime Bacar. Il a essuyé un non-recevoir des autorités. Après la chute de Bacar, il a relancé les démarches, qui se sont faits plus insistantes ce dernier mois.

Un mois avant, une maison a été détruite par la personne qui s’en réclame mais a été reconstruite le lendemain même par les occupants. Les “ultimatums et les menaces ne pouvant rien”, selon lui, il a passé à l’acte, ordonnant la destruction des habitations par des jeunes de son village.

La crise dégénère, se généralise, les Barakaniens d’un coté, les Waniens de l’autre. A Wani, le mouvement se radicalise à tel point qu’un individu qui habite une parcelle, même à titre gracieux, est sommé de l’abandonner ou de la louer. Les démarches entreprises pour apaiser les tensions n’ont pas, à ce jour, abouti.

Mounira Ahmed

 

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 14:26

Source : Alwatwan.net / 24-03-09

Premier anniversaire du débarquement. Journée de fête et de regain d’espoir à Anjouan

Parade-militaire Les moments forts de la fête ont cependant été la décoration du président tanzanien et son chef d’état-major par le chef de l’Etat comorien, ou encore la savoureuse prestation offerte par les jeunes recrues de l’armée comorienne dans leur parade, qui décrit un Karibu (bienvenue) sur le sol après un complexe tour de positionnement.

Anjouan a bien été au rendez-vous pour son premier accueil d’un chef d’Etat. La journée du mercredi toute entière, consacrée à la fête, a, selon certains, ravi la vedette à une traditionnelle Ide el Fitr et même un 6 juillet. De Wani, où a atterri à 9 heures la délégation tanzanienne, devancée une heure avant par celle du président comorien et du corps diplomatique, à la place Mzingaju, où avait lieu la fête, la marée humaine formait une clôture infinie des deux côtés de la voie. Si bien que pour aller doucement et pouvoir saluer tout le monde, le cortège des présidents a mis environ une heure pour parcourir les 5 kilomètres séparant l’aéroport de la capitale.
Parmi la pléthore d’invités (nationaux et étrangers) arrivés sur le lieu du défilé militaire, la personne de ustadh Soulaymane (tel que appelé par le président Sambi) a recueilli une ovation particulière. En fait, pendant un laps de temps, une partie non négligeable de l’assistance a confondu l’envoyé spécial du colonel Kaddafi avec le Guide de la Jamahiriya. Rien de moins!
Les moments forts de la fête ont cependant été la décoration du président tanzanien et son chef d’état-major par le chef de l’Etat comorien, ou encore la savoureuse prestation offerte par les jeunes recrues de l’armée comorienne dans leur parade, qui décrit un Karibu (bienvenue) sur le sol après un complexe tour de positionnement.
Avant que le spectacle ne commence à s’émousser sur la place célèbre place, l’entrée au pont de Mtsambamwe, sur la voie principale de Gungwamwe, était déjà bondée de monde. C’est ici que la manifestation joyeuse allait se poursuivre, avec l’inauguration de la succursale d’Exim Bank, abritée dans un bâtiment de location situé sur les lieux. Avant que le ruban ne soit coupé par le président Ahmad Abdallah Sambi, Yogesh Malec, le président directeur général d’Exim Bank a rappelé : “On est ici pour voir le président Sambi honorer sa promesse, celle d’ouvrir cette boite ici à Anjouan, un an après Ngazidja. Nous le remercions de nous permettre de mener nos activités sur le sol comorien, qui est, contrairement à ce que l’on dit, plein de ressources inexploitées.” Yogesh Malec a promis de doter la représentation anjouanaise d’exim Bank des dernières innovations technologiques afin de faire profiter sa clientèle du meilleur service bancaire.

MS



Fête de la libération à Ndzuwani : deux grands discours au stade de Missiri
 

Kikwete-a-Ndzuwani Le diable a donc été chassé, mais le président s’interroge sur “ce qu’ont gagné les Anjouanais depuis leur libération?” Son constat à ce sujet reste amer. L’île est toujours “marquée des empreintes d’une sévère pauvreté, perceptible partout.” Le président de l’Union a appelé à un “apaisement des cœurs”, car le bonheur ne doit, à sa connaissance, être loin. Sambi demande juste qu’on lui fasse confiance : “Croyez-moi, je connais des choses que vous ne connaissez pas.” Le président Kikwete, pour sa part, ne doute pas de la volonté des Comoriens de vouloir du bien à leur pays, mais appelle les uns les autres à mettre un terme aux tiraillements inutiles qui n’ont pour rôle que de miner ses véritables potentialités.

Mercredi après-midi, à l’occasion du meeting organisé au stade de Missiri pour la célébration du premier anniversaire de la libération d’Anjouan des mains des rebelles, deux discours ont été prononcés par les deux chefs d’Etat, comorien et tanzanien. Au préalable, Fundi Anlimdine de Domoni, parlant au nom des Anjouanais, a remercié le numéro un tanzanien ainsi que la Libye, le Sénégal et le Soudan pour “avoir prêté main forte à notre libération.” “Espérons que par la même démarche courageuse nous obtiendrons Mayotte. Les anjouanais sont confiants là-dessus ; ce soi-disant référendum de départementalisation sera peut-être un régal le matin, mais deviendra un vomi l’après-midi,” conclut-il.
Tout de suite après, le président Sambi prit la parole, faisant un récapitulatif de la situation à l’origine de cette célébration : “Il y a dans ce pays, des gens qui n’aiment pas voir les Comores en paix. Ils se sont laissés utiliser et nous avaient plongés dans la tourmente et la tristesse. Ces gens avaient tout d’abord assuré aux Anjouanais que s’ils hissaient le drapeau français, ils deviendraient des français. Leur mensonge s’est vite révélé, alors ils ont changé de mot d’ordre, mettant en avant un “manque d’équité” entre les îles pour proposer ensuite la division. Mais peu à peu, les Anjouanais se sont interrogés sur la validité de leurs thèses. C’est alors qu’ils ont transformé Anjouan en une gigantesque prison, où beaucoup d’exactions ont été commises. Des exactions qui ont touché tout le monde, y compris moi même.”
Le diable a donc été chassé, mais le président s’interroge sur “ce qu’ont gagné les Anjouanais depuis leur libération?” Son constat à ce sujet reste amer. L’île est toujours “marquée des empreintes d’une sévère pauvreté, perceptible partout.” L’exemple choisi est celui des 1520 élèves du primaire qui partagent sept salles de classes, à Hadda, dans le Nyumakele. La même situation se prévalant dans d’autres localités.

“Cessez les querelles intestines”

Une situation “en partie entretenue par la croissance rapide de la population dans l’île, qui atteindrait à l’heure actuelle 600 habitants au kilomètre carré.” Mais, convaincu que le surnombre peut des fois servir au développement (l’exemple est pris chez les Chinois), le président de l’Union a appelé à un “apaisement des cœurs”, car le bonheur ne doit, à sa connaissance, être loin. Sambi demande juste qu’on lui fasse confiance : “Croyez-moi, je connais des choses que vous ne connaissez pas.”
Le président Kikwete, pour sa part, ne doute pas de la volonté des Comoriens de vouloir du bien à leur pays, mais appelle les uns les autres à mettre un terme aux tiraillements inutiles qui n’ont pour rôle que de miner les véritables potentialités. “Cessez les querelles intestines, car c’est une cause de régression. Et n’écoutez pas les séparatistes…” Le “président le plus populaire d’Afrique”, comme l’a affectueusement nommé l’animateur de la cérémonie, s’est d’ailleurs félicité d’avoir été “un bon voisin, qui se doit d’éteindre le feu chez le voisin”. Allusion faite au soutien décisif que la Tanzanie a apporté à l’opération Démocratie aux Comores, dont il se réjouit des résultats, surtout “pour n’avoir occasionné aucune perte humaine.”
Mais la Tanzanie, comme l’a pré annoncé le président Sambi, ne nous soutient pas uniquement dans la guerre, mais aussi dans le développement. Aussi, Jakaya Kikwete a révélé les autres buts de sa visite aux Comores : “Nous sommes issus des mêmes origines (ethniques, ndlr), les Samba, les Makombe, les Wagnassa, comme vient de le souligner mon frère (parlant du premier orateur, Fundi Anlimdine). Il nous faut donc renforcer ces liens de fraternité.” C’est donc certainement une raison suffisante pour décider le président Kikwete de “réviser le coût du visa d’entrée en Tanzanie” ou de “le supprimer tout simplement”, avec l’aval des autorités comoriennes. Par cet acte, le chef de la République unie de Tanzanie souhaite impulser le commerce bilatéral, et renforcer la coopération dans le domaine de la Santé, des Transports et de la Communication.
Il faut dire que le partenariat entre les deux pays dans ces domaines existe déjà, mais d’une manière un peu “anarchique” et peu développée. Le président Kikwete ne se targue pas de pouvoir “remorquer” les Comores, mais assure que les tanzaniens sont prêts à partager le peu qu’ils ont avec leurs frères comoriens.

Moussa Sardou

 

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Mariama HALIDI ALWATWAN - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 09:55
Source : Alwatwan.net / 06 janvier 2009

La visite du président au camp de la gendarmerie nationale de Hombo n’a pas été dictée par le hasard. Si l’on en croit certains faits, il se passe à Anjouan des choses pas tout à fait claires... Le camp de la gendarmerie nationale de Hombo, à Mutsamudu, a reçu le matin du 1er janvier la visite du chef de l’Etat Ahmed Abdallah Sambi. Les hommes en kaki auraient pu, s’ils avaient eu le temps, préparer un toast pour l’événement. Mais vite, ils devaient se rendre compte que le premier magistrat du pays n’était pas venu pour trinquer. Et visiblement, il était très en colère, d’après les journalistes et les nombreuses personnes présents. L’événement était en effet relayé en direct par l’antenne locale de la radio nationale et plusieurs personnes y ont été conviées à assister.

Sambi avait un message, direct et clair, à passer aux gendarmes : ‘‘J’attire votre attention. Vous êtes là pour servir le peuple, et pas pour le terroriser, que ceux parmi vous qui ne peuvent s’en tenir à cela, s’en aillent ![/i]’’. Au chef du commandement régional de l’armée nationale, le colonel Ahmed Daoud, le président lance : ‘‘[i]Je vous tiens responsable des bavures de vos hommes et si vous ne les punissez pas, c’est vous qui serez puni!’’. Pris au dépourvu, un gendarme avoue : ‘‘Je ne m’attendais pas du tout à ça[/i]’’.

Interrogés après la salve présidentielle, des gendarmes ont soutenu que le président ‘‘[i]ne devait pas venir les humilier devant la population, et qu’il devait passer par leurs supérieurs hiérarchiques’’[/i]. Mais c’est sans doute oublier que le président de la République demeure aussi le chef des armées et que c’est lui qui nomme les ‘‘[i]supérieurs’’. Ce qui est sûr, c’est que la visite du président n’a pas été dictée par le hasard. Et sa colère, sans doute bien justifiée si l’on en croit les réactions de la population. De l’avis de celle-ci ‘‘ il y a de l’excès, dans le rôle de maintien de l’ordre qu’assurent les gendarmes et les militaires de l’île[/i]’’. Lors de son dernier séjour à Anjouan, le chef de l’Etat en était averti. Par groupe ou en solo, beaucoup sont les habitants qui s’en sont plaints auprès de lui. Il l’a lui-même fait savoir.
Selon un commandant de compagnie de la gendarmerie de l’île, Charaf Soufou, c’est l’histoire de deux jeunes gens évadés de la prison de Patsy et retrouvés sauvagement rossés par leurs traqueurs, qui est à l’origine de tout.

 ‘‘[i]Mansoib et Bassam sont arrivés à l’hôpital (emmenés par leurs bourreaux) complètement amochés’’, confie-t-il. Trop c’est trop! Le chef de compagnie avoue avoir lui-même été révolté par l’état dans lequel se trouvaient les jeunes gens et leur a suggéré de porter plainte, sitôt rétablis. Il précise en outre qu’il s’agissait là d’un ‘‘acte isolé, commis par deux ou trois soldats (mais pas des gendarmes, la nuance est pour lui importante) de la Force comorienne de défense (Fcd)’’.

 L’affaire des prisonniers en fuite rattrapés et battus à mort (d’après l’avis de plusieurs personnes jointes par téléphones), tient lieu d’un cas d’abus parmi d’autres, nombreux, recensés sur l’île depuis les événements de novembre dernier à Bandrani.

Des militaires auraient dit : ‘‘Si Anjouan est réputée être dure, eh bien nous allons y mettre de l’ordre[/i]’’. ‘‘[i]Le problème c’est que, de l’avis des habitants, leurs agissements dépassent le cadre de maintien de l’ordre’’.

Cependant, de l’avis général, ces agissements outranciers des militaires et gendarmes dans leur rôle remonte à bien avant les émeutes de Bandrani. Lors de la pénurie aigue du carburant en juin, un pompiste de Pagé a vu ses cuves vidées de force par un groupe de soldats qui ont vendu d’autorité tout leur contenu à qui ils voulaient avant de lui remettre l’argent et de s’en aller comme si de rien n’était. Des agissements similaires avaient été constatés ailleurs dans l’île.
Mais, c’est le cas des deux jeunes prisonniers en fuite qui allaient être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, et faire monter au créneau le président lui-même.

Sardou Moussa
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Mariama HALIDI Alwatwan - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 12:15

LE rapport de l’Observatoire des Droits de l’Enfant de la Région de l’Océan Indien (ODEROI) sur "Les Adolescents dans l’Océan Indien : Nouveau Contexte, Nouveaux Enjeux" a été présenté le 19 décembre 2008 à l’Alliance Française de Mutsamudu à l’Ile comorienne d’Anjouan, après son lancement, le 16 mai à Moroni. La cérémonie, présidée par le ministre de l’Education nationale, en présence, entre autres, du Ministre des Relations extérieures et de la Coopération de l’Union des Comores, du Président de l’île autonome d’Anjouan, de la Commission de l’Océan Indien (COI), de Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) Comores et Madagascar et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) de Maurice, ainsi que des jeunes, a été l’occasion de revenir sur la situation des adolescents dans la région de l’océan Indien, et en particulier aux Comores.


La jeunesse souffre, écoutez-la

« La jeunesse souffre. Elle appelle au secours. Écoutez-la », a lancé la jeune présentatrice, en vue de manifester son cri d’alarme face aux différents fléaux que rencontrent les jeunes Anjouanais. Des fléaux que l’adolescente Nasma Zaidou a largement énumérés lors de sa présentation du rapport de l’ODEROI. Elle a, en effet, procédé à un tour d’horizon des multiples défis auxquels font face les adolescents de la région, tels qu’évoqués dans le rapport, notamment en matière d’éducation, de formation professionnelle, de travail, de sexualité précoce, des comportements à risques, de santé et du bien-être et des loisirs.
Une présentation saluée par le représentant de l’UNICEF pour Madagascar et Maurice, Bruno Maes, qui a souligné que l’Union des Comores est le pays de la COI ayant la plus forte urbanisation avec un pourcentage urbain qui passerait, comme l’évoque l’étude, de 37% à 51% d’ici 2025. Ce qui susciterait beaucoup d’interrogations sur l’avenir de ces jeunes qui souhaitent devenir, comme l’a déclaré Nasma Zaidou, les dirigeants de demain. « Je pourrai, peut-être, devenir un jour Présidente de la République, pourquoi pas ? », a-t-elle ajouté pour sensibiliser les autorités politiques, les partenaires et les adultes à donner la chance aux jeunes pour mieux préparer leur avenir.


Donner la chance aux jeunes pour mieux préparer l’avenir

Mais, pour ce faire, un certain nombre de défis doit être relevé. Il s’agira d’un défi en termes de services de santé, d’éducation, d’insertion professionnelle, de pauvreté urbaine et de socialisation qui devront suivre le même rythme. « C’est vous, les adolescents et jeunes des Comores, qui devrez vivre avec les conséquences des décisions que nous prenons aujourd’hui », a déclaré le représentant de l’UNICEF. Et d’ajouter : « vous avez le droit de faire entendre votre voix, mais aussi la responsabilité d’agir. Et nous, nous avons le devoir de vous écouter et la responsabilité de vous soutenir ».
Un message qui vient à point nommé, avec la mise en place officielle, lors de la cérémonie, d’un Parlement des jeunes Anjouanais qui sera, comme l’a affirmé son Président, le jeune Edine Hamid, une sorte de rupture avec le passé. En effet, malgré le nombre élevé des jeunes et des enfants à Anjouan, qui constituent une part importante de la population, les jeunes se plaignent de n’être ni associés, ni consultés dans la prise des décisions qui les concernent. Ce Parlement - qui a vu le jour le 25 novembre de cette année - est donc une source d’espoir pour ces derniers, d’autant plus qu’il vise à favoriser l’éducation à la citoyenneté et la participation des jeunes à la prise des décisions les concernant. Il conviendrait de rappeler qu’il est le deuxième du genre, à l’heure actuelle, au niveau de l’océan Indien, après le Conseil des Jeunes de l’île de La Réunion.


Associer les jeunes Anjouanais dans les décisions

Ce Parlement des jeunes regroupe 25 élèves issus des différents établissements scolaires des 25 circonscriptions d’Anjouan. Selon le Président de l’île, Moussa Toybou, cette initiative est une réponse de son gouvernement aux doléances soulevées par les jeunes afin de les associer davantage dans les décisions qui les concernent, en cette année décrétée par l’Union Africaine comme l’année de la jeunesse africaine. A noter que l’Union des Comores attend l’installation du Parlement au niveau de trois îles pour mettre en place le Parlement des jeunes de l’Union, tel que l’a annoncé le Ministre de l’Education nationale, Kamaldine Afraitane, qui lisait le discours du Président de l’Union des Comores, Sem Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Et de poursuivre, pour justifier ses propos, que cela, en vue d’une meilleure prise en compte des avis des jeunes dans les politiques et programmes du développement du pays. « Notre politique de la jeunesse validée en juin 2001 doit être actualisée pour tenir compte des recommandations de l’étude sur les adolescents et des dispositions de la Charte africaine de la Jeunesse », a-t-il souligné.
Cela démontre que le rapport de l’ODEROI sur "Les Adolescents" a commencé à porter ses fruits aux Comores, avec, entre autres, la mise en place de ce Parlement, qui a été également saluée par la représentante du Secrétaire général de la COI, Fatoumia Ali Bazi, avant d’appeler les jeunes Comoriens à participer davantage dans l’émission de télévision "Jeunes 5/5" qui consiste à donner la parole aux jeunes pour s’exprimer, échanger et agir sur différents points les concernant. En tout cas, l’espoir est de mise.


Loulou Alfeine,
Chargée de communication à l’ODEROI
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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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