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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 20:08


Contentieux France/Comores : Réponse à l'ambassadeur de France en Ethiopie
Suite à la lettre que l'ambassadeur de France en Ethiopie a adressée aux diverses représentations diplomatiques d'Afrique en poste à Addis-Abeba le 28 janvier 2009 (voir ICI), ci-dessous une réponse appropriée de Monsieur Saidali Mohamed, ancien  premier ministre Comorien  sous Djohar. Espérons que les actuels dirigeants Comoriens suivront ce bel exemple même si à notre avis " le train est déjà parti "à cause de notre naiveté et notre amateurisme en diplomatie. Hélas !



Malgré, la pertinence de toutes les résolutions prises par l'Assemblée générale des Nations unies, depuis l'accession des Comores à la souveraineté en 1975 , condamnant la France pour sa présence illégale à Mayotte, cette dernière n'a jamais obtempéré; s'employant bien au contraire à diviser l'archipel aux quatre îles en soutenant les revendications régionales. La France n'a jamais ignoré qu'elle est devenue en 1841 acquéreuse d'une terre usurpée par le prince Malgache Andrianatsouly, chassé de son royaume, sur la Côte malgache, et accueilli comme réfugié privilégié par le Sultan de Mayotte, Boina Combo, selon des accords de voisinage, entre le royaume sakalava de la Côte malgache et le royaume de Mayotte. Les autorités Françaises remettent en cause la légitimité des revendications comoriennes, d'une part par l'argument selon lequel l'unité politique comorienne n'a jamais été acquise avant la colonisation et d'autre part que les agissements français s'appuient sur le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, en d'autres mots la France répond simplement au vœux du « peuple Mahorais » et cela bien que ces derniers présentent « des traits identitaires partagés » avec leurs voisins selon l'ambassadeur de France en Éthiopie. Que faut-il donc pour constituer un peuple? Une identité « commune » ou « partagée »? selon les critères reconnus, qu'en est-il de la Corse? Quant à l'unité politique, pour ceux qui ignorent l'histoire des Comores, la période de la pré-colonisation fut marquée par le règne des sultans qui se partageaient l'archipel et étaient souvent issues de la même famille. Ainsi le dernier souverain de la Grande Comore le Sultan Said Ali ben Said Omar et celui d'Anjouan le Sultan Mohamed Sidi ben Said Omar étaient demi-frères. Mohamed sidi a régné à Anjouan bien qu'il soit né à Mayotte de mère mahoraise et y ait été élevé jusqu'à son intronisation. Le domaine royal situé dans la ville de kani à Mayotte appartient toujours aux héritiers de la dernière famille royale d'Anjouan. En somme l'Histoire démontre que ces principautés furent gérées et administrées par des souverains de mêmes lignées familiales, comme l'ancienne Gaule qui est devenue, aujourd'hui, la grande France.

De grâce, son excellence, Monsieur l'ambassadeur, où sont, aujourd'hui, les anciennes Contrées de la Gaule?......la Vendée, la Bretagne, la Provence, la Bourgogne, la Picardie, avec leurs Comtes, leurs Ducs, leurs lois, leurs langues et leurs coutumes, qu'est ce que nous faisons des nationalistes Corses, des nationalistes Basques....etc...etc
Vous feriez preuve de beaucoup de lucidité en temporisant la marche vers la départementalisation de Mayotte, et ainsi permettre l'ouverture du débat (qui aurait déjà dû avoir lieu depuis bien des décennies) de telle sorte que toutes nos populations, aussi bien françaises métropolitaines que comoriennes des quatre îles soient bien informées des enjeux de ce processus qui les concerne tous. Le peuple Français doit être informé dans son ensemble, on ne peut plus laisser à l'écart la Métropole Française des affaires de l'Outre-Mer.

En conclusion, je reste convaincu que si la force et l'impatience peuvent brutaliser et détruire, la sagesse et la lucidité peuvent harmoniser, réconcilier et bâtir.
SAID ALI MOHAMED
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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 19:35

  Suite à la noble position récente des Ministres africaines des affaires étrangères sur la question de Mayotte (voir ICI), vous trouverez ci-dessous la lettre que l'ambassade de France en Ethiopie a adressée aux diverses représentations diplomatiques d'Afrique en poste à Addis Abeba le 28 janvier 2009. Une lettre pleine de contrevérités historiques et qui ne tient pas juridiquement. En effet, Seul le droit international doit être appliqué ici. Le droit français n'a pas de vocation universelle.


La position de l'Union des Comores est dépassée et contestable au regard du droit international. Malgré des traits identitaires partagés, l'archipel des Comores n'a jamais présenté d'unité politique avant la colonisation. Celle-ci n'est pas davantage parvenue à achever un quelconque processus d'intégration. Ainsi, de 1946 à 1974, les Mahorais et leurs représentants librement élus ont toujours refusé leur rattachement aux Comores. Le principe fondamental de l'intangibilité des frontières issues de la colonisation, sur lequel s'appuient les Comoriens pour asseoir leur revendication de souveraineté sur Mayotte, doit être concilié avec un autre principe fondamental, celui de la liberté des peuples à disposer de leur propre avenir. Ainsi, les Comores et Mayotte forment un archipel dont l'éclatement n'est pas dû à l'action de l'ancienne puissance coloniale mais à la volonté du peuple mahorais d'exercer son propre droit à l'autodétermination. Par le référendum du 28 septembre 1958, la France a achevé le processus de décolonisation de ses anciennes colonies. Fidèle à ce principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, elle reste guidée par le double souci de ne pas garder au sein de la République des populations d'Outremer qui ne le désirent pas et de ne pas rejeter hors de la République des populations qui désirent y rester. Ainsi, ne pourrait-elle décider du rattachement de Mayotte aux Comores sans l'assentiment des Mahorais

La France, qui continue d'apporter son appui sans faille au redressement économique de l'Union des Comores et à en défendre les intérêts, en particulier auprès des grands partenaires multilatéraux, préconise aujourd'hui une approche globale et pragmatique du conflit de souveraineté sur Mayotte qui soit favorable aux deux parties. Le voisinage de Mayotte, terre française, et des Comores crée une solidarité régionale et une dynamisme de développement commun, que la France cherche à promouvoir. Cette disponibilité renouvelée s'exprime au travers du Groupe de travail de haut niveau (GTHN) qui, par la volonté partagée des présidents Sarkozy et Sambi, cherche à encadrer et à encourager, dans un cadre strictement bilatéral, de façon consensuelle, apaisée et constructive, des relations concrètes de coopération mutuellement profitables entre Mayotte et l'Union des Comores. Le compromis réaliste défendu par le GTHN offre la seule alternative au débat stérile qui oppose la France et les Comores depuis 30 ans. Il exige de chacun qu'il "mette de côté", sans y renoncer aucunement, des revendications de souveraineté qui sont, en tout état de cause, inflexibles et difficilement conciliables. En conséquence, il devrait impliquer de la part de l'Union des Comores la cessation de l'expression multilatérale de sa revendication, notamment devant l'Assemblée Générale des Nations-Unies et l'Union Africaine.

La "départementalisation" de Mayotte est un processus interne de droit français, engagé de longue date et qui n'affecte en rien le contentieux territorial franco-comorien. La France n'impose pas la transformation de Mayotte en département. Conformément à sa Constitution, celle-ci doit être soumise à l'approbation des Mahorais, ce qui devrait être fait le 29 mars. La consultation des Mahorais sur l'évolution du statut administratif de leur collectivité est sans conséquences sur l'appartenance de Mayotte à la France, consacrée par la Constitution. Les Mahorais sont déjà français et ne le seront pas davantage après le scrutin. Il ne s'agit pas d'un référendum d'auto-détermination. Le principal effet de la départementalisation portera sur les modalités selon lesquelles les lois et règlements de la République française seront applicables de plein droit à Mayotte.

Dans ce contexte de blocage comorien sur la prochaine consultation populaire à Mayotte, la France estime que la seule solution constructive réside, non dans la relance stérile d'une guerre de positions, en particulier dans les instances internationales, mais dans l'accélération des travaux du GTHN sur les relations Comores-Mayotte. Il s'agit d'avancer rapidement vers la création d'une " communauté de l'archipel " qui sera chargée d'organiser et de promouvoir les relations entre les quatre îles dans tous les domaines, de faciliter l'intégration de Mayotte dans son environnement régional et d'offrir ainsi aux Comores une perspective concrète de rapprochement avec l'île française et de développement économique et social durable. "
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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 16:29

Interview : Elarif Oukacha : « il faut laisser le peuple trancher »
Moroni, vendredi 06 février 2009 (HZK-Presse)Le ministre de l'aménagent du territoire, des infrastructures, de l'urbanisme, de l'habitat et des investissements de l'Union, M. Mohamed Elarif Oukacha nous a accordé cette interview hier soir pour donner son point de vue au sujet de l'avant-projet de loi référendaire que le Président Sambi souhaite prochainement soumettre au peuple comorien pour approbation.

Question : M. Le ministre, partagez vous l'initiative du président de l'Union visant à réviser la constitution ?

Mohamed Elarif Oukacha : Tout à fait, je suis parfaitement d'avis et je partage cette initiative. Le président et son gouvernement se sont entendus de corriger certains articles de la constitution basés surtout sur le partage des compétences entre l'Union et les îles en changeant notamment les appellations des chefs des exécutifs des îles, communément appelés « Présidents » pour devenir des « gouverneurs ». Pour rassurer la population de l'authenticité et de l'esprit de l'autonomie des îles, ces derniers seront toujours élus au suffrage universel. L'initiative de réviser la constitution consiste à réduire aussi la fréquence des élections et leur coût, en harmonisant le calendrier.

Question : Comment expliquez-vous l'idée du président de vouloir proroger son mandat d'une année ?

MLO :
Le président ne veut ni prolonger et ni renouveler son mandat en lisant l'avant-projet, encore mieux la tournante est bien mentionnée dans le texte. Quoi qu'il en soit, le président de la république a présenté un avant-projet et sollicite justement l'avis de tout le monde : les politiques, la société civile et tous les citoyens et là-dessus je crois qu'il n'y a pas de polémique possible.

Question : Pouvez vous donner des assurances à l'opinion que le mandat du président actuellement en fonction se terminera en mai 2010 et qu'il y a aura des élections ?

MLO :
C'est ce qui est prévu dans la constitution et jusqu'à preuve du contraire, pas de changement. En principe son mandat prend fin au mois de mai 2010. Seulement, pour les élections je ne peux rien dire car l'avant-projet prévoit que seuls les députés de l'Union qui seront issus des prochaines législatives [prévues vers avril-mai 2009] fixeront les dates des élections présidentielles.

Question : Certains leaders estiment qu'au regard de l'avant-projet, l'autonomie des îles est vidée de sa substance, quel commentaire faites-vous ?

MLO :
L'autonomie des îles n'est pas du tout vidée. Par rapport à la régulation des institutions, celle-ci reste préservée. Les îles disposeront toujours de leur droit à adopter leur budget, gérer leurs propres affaires et comme je l'ai indiqué, les chefs des exécutifs ou futurs « gouverneurs » seront élus au suffrage universel.

Question : Revenons-en aux derniers événements de Mwali où vous venez d'assister à la lecture d'un « Hitma » au sujet des prochaines présidentielles... (Sans pouvoir terminer la question)

MLO :
personnellement, j'estime que les initiateurs de cette action jouent avec le coran, n'ayant pas d'argument pour convaincre les mohéliens. Puisque la population les a rejetés, ils se réfugient derrière le « Hitma ». La « Comunat » [Commission pour l'unité nationale et la tournante] cherche plutôt à manipuler la population mohélienne. Mais en réalité la population comorienne partage l'idée de la reforme de la constitution dans sa majorité. Cette initiative est bien appréciée. Le Président ainsi que le gouvernement propose une reforme institutionnelle. A chacun de nous de proposer librement son idée, tout en laissant au peuple le droit souverain de trancher en dernier ressort.
Propos recueillis par A.N
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans INTERVIEWS
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 13:27

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 


Moroni, jeudi 05 février 2009 (HZK-Presse)
– Après la sortie en 2007 de son livre « Moroni Blues », qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité l’incompréhension au sein de l’intelligentsia de la place, et même parfois une critique sévère contre l’auteur et ses complices qui ont cherché à le défendre, à le soutenir, dans cette volonté de forcer les siens au débat contre les replis communautaires de toutes sortes, et surtout contre un principe de reproduction bête du « même » dans un monde fait de « divers », l’auteur récidive en revenant avec sa version théâtrale, sur les planches de l’Alliance Franco-comorienne demain soir à 19h, avec la complicité de quatre hommes qui chercheront ensemble à donner un sens à l’espérance, dans cet imaginaire qui les unit pour le meilleur comme pour le pire.

 

Une création de Soeuf Elbadawi qui s’inscrit dans le rêve selon lequel « Moroni  demeure un « prétexte » pour parler du rejet de l’autre en ces années d’imagination et de créolisation ». C’est donc  « une rêverie à quatre » personnes à la marge d’une cité rongée par le passé et qui en oublie de miser sur l’utopie d’une nouvelle fratrie à inventer. Un texte qui parle de repli communautaire, tout en conviant le public au festin des imaginaires indianocéaniques  sur des îles qui ressemblent à s’y méprendre aux îles Comores.

 

Mis en scène par Robin Frédéric, ce spectacle sera joué par Soeuf Elbadawi, les chanteurs Mahorais Mikidache et Mtoro Chamou célèbres dans la musique de l’archipel des Comores, pour avoir emporté les prix RFI.

 

Le répertoire que nous présentera ce soir Soeuf Elbadawi s’inscrit dans le théâtre d’art, impliqué dans le développement des idées. Artiste et journaliste, Soeuf pose une question cruciale sur la revendication identitaire dans ces îles confrontées aux mutations et métissages multiples auxquelles elles appartiennent.

 

Au cours d’une conversation à bâton rompu, nous avons recueilli les impressions des acteurs l’instant d’une pose de répétition générale.

 

Pour Robin Frédéric, metteur en scène célèbre dans l’océan indien, « rêverie à quatre invente cette histoire du monde à l’échelle des îles. Du Maroni à Moroni, il n’y a qu’un pas. Soeuf apporte les ingrédients dans un projet intime de mémoire d’enfance, dans ce parcours avec des adultes qui veulent faire en sorte que sur la scène tout devienne possible. L’émotion de Mtoro ni d’ici ni de là-bas permet de prendre le spectacle dans ce qu’elle a d’émotion et permet au spectateur de se retrouver face à lui-même. La polémique suscitée par la sortie du livre Moroni (chapitre II), comme vous venez de le remarquer, résulte du fait que ceux qui l’on contesté ne l’on pas lu. Je peux comprendre dans la mesure qu’il y ait polémique parce que ce n’est pas toujours facile de lire. Mais à travers le texte de ce soir, les spectateurs comprendront mieux le contexte et se réconcilieront.

 

Pour le chanteur de folk Mtoro Chamou, c’est déjà une première qu’un grand-comorien et deux Mahorais s’installent en commun en tant qu’habitants des îles d’un même archipel, pour parler de devenir  dans un même langage, tout en dépassant les clivages politiques. Il s’agit simplement de se trouver rassemblés dans le même partage, bercé par la musique. Enfin ces enfants pourront se réunir sans que la politique les divise. 

 

Quant à Mikidache, l’autre artiste mahorais de talent, il affirme que « l’oralité facilite la compréhension » et qu’il n’y a « rien de subversif pour des gens qui rêvent d’un monde sans frontières », qui témoigne l’empêchement de tourner en rond. « Ici ou là-bas quand on a une histoire on le retrouve dans le monde entier. Il n’ya pas qu’à Moroni que ça se passe, les gens vivent dans une case repliés dans leur tête ».

 

Et le Metteur en scène de conclure : « ce spectacle me fait retrouver des images et des gens qui m’ont laissé énormément des souvenir d’il y a dix ans dans ce pays. Il n’y a pas de raison qu’ici ça ne marche pas. Une fois que j’ai travaillé avec des musiciens et chanteurs sans expérience du théâtre, ce qui m’a passionné dans mon travail c’est un bonheur de travailler avec des chanteurs ».

 

Haled A. Boina

050209/hab/hzkpresse/12h00

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 13:24

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions

 

Moroni, vendredi 06 février 2009 (HZK-Presse) – Deux semaines après la publication par le chef de l’Etat de son avant-projet de loi référendaire, la majorité des partis politiques et des organisations de la société civile est d’avis pour reconnaître au Président Ahmed Abdallah Sambi de demander une révision de la constitution de l’Union. Les uns estiment que le président aurait mieux fait de sursoir son projet pour préparer la riposte contre l’organisation par la France d’un référendum à Mayotte, c’est notamment l’opinion de maître Ali Abdou El-Aniuou, Moustoifa Said cheik (FD), du porte parole du « comité Maore », du leader du parti Ridja, chacun y va de son argumentation.

 

Pour les autres, le chef de l’Etat devait patienter et surtout se conformer à l’article 37 de la constitution qui empêche toute modification qui porterait atteinte aux sacro-saints principes de l’autonomie des îles et de la présidence tournante dont le tour échoit en 2010 à Mohéli. Mais de l’avis du député Maarouf de Mutsamudu, rejoignant celui d’un magistrat ou encore d’un ancien juge constitutionnel, « l’avant-projet de loi référendaire crée plusieurs confusions ».

 

Au ministère de l’aménagement du territoire que dirige M. Elarif Oukacha, une des trois personnalités mohélienne à siéger au gouvernement central, les choses ne sont pas aussi simples. Selon l’un de ses conseillers, s’appuyant sur les articles 8, 17 et 19 de l’avant-projet, les citoyens croient dure comme fer que le président de l’Union « s’est taillé une loi à sa mesure ».

 

C’est sans doute de là que vient la regrettable confusion. Il dira en substance qu’à la lumière de ce texte, l’on peut s’interroger si « Sambi sollicite réellement la prolongation de son mandat d’une année ou briguer un nouveau mandat de cinq ans ? ». A en croire le conseiller, le projet présidentiel mériterait d’être clarifié sur le point de savoir si « le nombre quatre qui devient cinq dans l’article 8 de son avant-projet sera mis en vigueur à compter de la date de son investiture le 26 mai 2006 et l’opinion se prononcerait différemment ».

 

Avec l’intervention de la communauté internationale dans le processus de révision de la constitution, la démarche semble porter ses fruits. Et ce pour éviter un nouveau « dialogue de sourds » comme en décembre 1997 quand l’Union Africaine (OUA) avait invité les protagonistes de l’époque à définir la nouvelle architecture pour rétablir l’ordre institutionnel aux Comores. Autant dire que les avis divergent entre ceux qui s’opposent catégoriquement à la tenue de tout référendum avant mai 2010, et ceux qui soutiennent l’initiative du président de l’Union visant à procéder aussi vite que possible au toilettage de la constitution.

 

A sa sortie d’une rencontre au siège de l’Union Africaine à Moroni, le leader du parti Chuma et député à l’assemblée de l’Union, M. Said Ali Kemal, reste catégorique : « bien que j’étais contre cette constitution, en démocrate averti je me suis incliné devant le verdict des urnes, la majorité des comoriens s’étant prononcée favorablement au référendum du 23 décembre 2001. Ainsi, on doit l’appliquer scrupuleusement jusqu’au bout, en respectant notamment le terme du mandat du président de l’Union fixé à quatre ans ». Et le prince Kémal d’ajouter qu’il faut respecter le tour de Mohéli qui doit absolument commencer dès le 26 mai 2010.

 

Le dirigeant du Chuma dit être conscient que pour mener le processus référendaire dans un climat serein et apaisé en mars ou avril prochain, « il y a lieu que le collège électoral soit convoqué, et que les listes électorales soient révisées… » En tout état de cause, « nous ne voulons plus de ce référendum » s’insurge Kemal, qui soupçonne le président Sambi de vouloir « tricher ». Il a prêté serment sur le coran de respecter la constitution, rappelle-t-il, et voilà qu’il veut jouer à la prolongation de son mandat.

 

Refusant d’entrer dans le contenu de l’avant -projet de loi, Kemal ne cache pas son hostilité à tout référendum constitutionnel avant le 26 mai 2010, tout en restant ouvert au dialogue en espérant pouvoir fléchir le président Sambi pour qu’il retire son projet de révision.

 

A. Nabahane

060209/an/hzkpresse/6h00

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 13:32

Source : Alwatwan.net/04 février 2009

Un coup dur pour le champion en titre comorien qui doit accueillir, le 14 février 2009 à Mitsamiouli, ses bourreaux tanzaniens.

La formation de football de Mirontsi à Anjouan, Etoile d’or a été écrasée en phases éliminatoires de la ligue de football de la Confédération africaine de Football (Caf) par Young Africans de Tanzanie par le score sans appel de 8 buts à 1. Cette rencontre a été disputée samedi dernier au stade international de Dar-es-Salm. Un coup dur pour le champion en titre comorien, cela malgré un match nul d’un but à égalité durant les premières 45 minutes.

C’est l’aspect physique de la rencontre qui a mis à mal la tactique d’Etoile d’or. L’équipe dispose des bons pions, mais elle ne se serait pas suffisamment bien préparée pour ce grand rendez-vous, selon l’ancien coach des Coelacanthes, Ali Mbayé Camara : ‘‘j’ai juste travaillé avec ce club dix jours avant la date du match. C’est normal que les joueurs qui ont manqué de souffle durant la seconde partie, aient encaissé tous ces buts’’.

Malgré cette douloureuse expérience, la formation de Mirontsi doit accueillir, le 14 février 2009 au stade international de Mitsamiouli, ses bourreaux Tanzaniens.

63 buts ont été marqués sur les différends stades abritant ces matchs. Après le large score des Tanzaniens face aux Comoriens, l’irréprochable formation égyptienne, championne en titre de la compétition, Al Ahly a humilié l’ As Police de Niger par le score de 6 buts à 1. Les Marocains des Forces armées du royaume ou Far Rabat ont écrasé également les Capverdiens de Sc Praia par le score de 6 buts à 1.

Dix neuf rencontres ont été organisées le week-end dernier dans dix-sept différents stades du continent. Deux matchs n’ont pas été joués. Le match entre Ferroviario Maputo de Mozambique et Kcc d’Ouganda est annulé. L’autre match, à rejouer, est celui de l’Academy Ny Antsika de Madagascar au stade Tamponaise de la Réunion en raison des vives tensions sociales et politiques qui font rage dans la Grande île.

Les meilleurs clubs de cette phase seront mis aux prises au 1/16e de finale de la plus grande compétition africaine de clubs champions.

Elie-Dine Djouma

 

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 13:26

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Société

 

Moroni, mercredi 04 février 2009 (HZK-Presse) Hamanvou à 15 km de Moroni présente de nombreux atouts pour recevoir les déchets ménagers de la capitale et ses environs. C’est ce qui est ressorti de deux études, l’une sur l’étude d’impact environnemental des implantations des décharges contrôlées des déchets ménagers et l’autre sur la monographie de la commune de Hamanvou. Les résultats de ces deux expertises financées par le Programme de coopération décentralisée (PCD) sont rendus publics hier mardi à la salle de conférence de l’Université.

 

Le site identifié et étudié par les experts est situé entre Bambani et Milépvani dans la région d’Itsandra au nord de Moroni. Mais loin d’un dépôt d’ordure, il s’agit d’un endroit de traitement des déchets ménagers du grand Moroni, première agglomération urbaine du pays. Il est prévu non seulement un tri sélectif des déchets, mais aussi des opérations de compost pour recycler les ordures.

 

« Le terrain en question ne fait pas partie des zones naturelles protégées. Il n’est pas cultivé. Le site est même éloigné de 1,5 Km des deux villages les plus proches », explique Boinaidi Ali Said, un des experts qui ont mené l’étude d’impact environnemental. Seulement, il subsiste « des risques de contamination des nappes phréatiques liés à la perméabilité du sol. Il nécessitera donc une épuration des eaux de la lixiviation. En plus, l’endroit est inaccessible », poursuit l’expert.

 

Ces limites du site de Hamanvou sont prises en compte dans une autre étude monographique effectuée sous l’égide du PCD, qui propose des solutions alternatives par rapport à l’aspect sociologique notamment. Un ensemble de mesures sont envisagées pour permettre le bon fonctionnement du site.

 

Ces mesures vont « de la construction de nouvelles routes pour rallier le village de Hahaya, les autres localités de la région Hamanvou et la décharge. Il en est ainsi de la réhabilitation du centre de santé et une grande prise en compte des intérêts locaux et des potentialités de la région », soutient Hassane Bacar Mlatrédé, un des experts qui ont réalisé l’étude. L’implantation de cette décharge aurait déjà eu l’aval de la commune de la région contrairement au début.

 

Ces études sont établies en fonctions des spécificités et des réalités de la région. Le maire de cette commune déclare que « recevoir les ordures de Moroni, c’est donner la capitale tout son sens. Et ce n’est pas une honte car aujourd’hui, les deux parties ont discuté sur de bonnes bases dans l’intérêt de tous ». Mais, prévient le premier magistrat de cette commune qui abrite aussi l’aéroport, « si les clauses du contrat ne sont pas respectées, la municipalité se réserve le droit de dire non ».

 

L’étude sur l’impact environnemental ne concernait pas seulement Hamanvou. D’autres sites capables d’abriter des décharges de déchets ménagers sont identifiés et examinés dans les autres régions de Ngazidja (Mitsamiouli, Foumbouni) et Domoni à Anjouan. Cependant, la mise en place de ces sites nécessite beaucoup d’efforts et de synergies de la part des associations, des communes, des partenaires et de l’Etat.

 

Le PCD qui est à l’origine de ces études, se montre « disponible dans sa mission d’appui institutionnel, de formation et de cofinancement », a précisé Yves Chunleau, directeur du programme financé sous le 9ème FED de l’Union européenne. Pour faciliter la mise en œuvre rapide des recommandations, un expert de haut niveau dans le domaine du compost est attendu aux Comores incessamment, a-t-on assuré.

 

Ahmed Abdallah

040209/aa/hzkpresse/6h00

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 23:28

Mardi 3 Février 2009 - 21:33:51  - 

 

Source : Malango - Mayotte

   
   
 

 

 

 

En ce début d’année, la classe politique comorienne ne chôme pas. Le projet de révision constitutionnelle qui vise entre autres à prolonger d’un an le mandat du président de l’Union, n’a pas tardé à faire débat.

Alors que le pouvoir se prépare à l'organisation du référendum -probablement au mois de mars prochain-, l'opposition se mobilise pour faire front contre le projet gouvernemental. Et pour cela elle s'engage à « tout mettre en œuvre pour faire échec à ce projet », lit-on dans une déclaration rendue publique le 30 janvier dernier et signée par vingt formations politiques dont la CRC, le Chuma, le Ridja, ect…

Arguant « des risques » que ferait courir cette échéance sur l'unité nationale, - des hommes politiques de l'île de Mohéli menacent de faire sécession s'ils n'obtiennent pas gain de cause- elle appelle au rejet du référendum constitutionnel. Dans la rue l'opinion reste divisée. D'un côté, il y a ceux qui adhérent entièrement au projet référendaire, d'autre part ceux qui le soutiennent mais qui ne sont pas d'accord pour que le président Sambi prolonge son mandat et enfin ceux qui s'opposent farouchement à toute révision constitutionnelle.

En fait, pour les pourfendeurs du projet de révision constitutionnelle, il s'agit d'un prétexte pour le président Sambi, dont le mandat se termine en mai 2010, de s'éterniser au pouvoir.

À Mwali, île à qui échoit le tour de la tournante en 2010, après Ngazidja (2002-2006) et Ndzouani (2006-2010), un grand rassemblement auquel prenaient part plusieurs personnalités politiques de l'île ainsi que d'autres venant de la Grande-Comore, s'est tenue le week-end dernier à l'appel de la coordination mohélienne pour l'unité nationale (COMUNA) pour dénoncer « toute révision de la constitution ».

Lors de cette réunion, les discours étaient clairs : « Mwali défendra ses droits jusqu'au bout », ont clamé les différents intervenants. « Ne pensez pas que nous allons perdre notre temps à examiner cet avant-projet de loi référendaire proposé par le chef de l'Etat, je vous dis que le référendum n'aura pas lieu à Mwali un point et c'est tout », a déclaré le ministre Abdallah Saïd Sarouma, porte parole du gouvernement de Mohéli à l'assistance.

« Nous disons au président de l'Union Ahmed Abdallah Sambi d'accepter de partir à l'expiration de son mandat. Nous espérons que le 26 mai 2010, il cédera la place à un Mohélien », a poursuivi l'ancien président de l'île Mohamed Saïd Fazul.

Et l'ancien premier ministre et membre de la Crc, Hamada Madi Boléro de rappeler au chef de l'Etat « qu'il lui reste 480 jours » avant la fin de son mandat. Rappelons que cette manifestation intervient quelques jours seulement après le passage dans l'île du président Sambi pour expliquer aux habitants les tenants et aboutissants de son projet. La réunion qui s'est tenue à Fomboni a été précédée d'une prière collective Hitma destinée « à attirer la colère de Dieu sur tout ressortissant de Mwali qui accepterait les propositions de révision constitutionnelle ». Un bœuf a été sacrifié à cette occasion et enterré sur la place de l'indépendance. Une manière originale de défendre des droits politiques. En effet, alors que sous d'autres cieux, la politique signifie confrontation d'idées, aux Comores, les hommes politiques semblent adopter le Hitma comme arme dans la lutte politique.

Bref rappel des faits. Lors des dernières élections présidentielles de l'île autonome de Ngazidja, l'avocat Saïd Larifou avait adopté le même procédé à l'encontre de ceux qui le qualifiaient de « chrétien ». Au début du mois de janvier, le président Sambi confiait aux journalistes qu'il a fait lire un Hitma à Mutsamudu à l'encontre de « tous ceux qui racontent des ragots » à son égard. On se demande d'où vient cette pratique qui visiblement semble adoptée par certains dans le seul but de court-circuiter tout débat politique dans le pays. Traduirait-elle une absence de stratégies politiques et d'idées de la part de nos politiciens ? Le doute est permis….

C'est dans ce contexte plutôt tendu que l'envoyé spécial du président de la commission de l'Union africaine aux Comores, Francisco Madeira, tente de renouer le dialogue entre les différentes parties. Il devrait se rendre ce mardi à Mohéli. À en croire, la Gazette des Comores on s'acheminerait vers une table ronde de toutes les forces vives du pays dans les prochains jours pour trouver un compromis sur l'épineuse question de la révision constitutionnelle initié par le président Sambi.


Faissoili Abdou (Avec la Gazette des Comores et l'Afp).

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 22:07

Nous vous proposons ci-dessous un article de Darkaoui Allaoui, blogueur et intellectuel mahorais dans lequel il explique les raisons pour lesquelles il appelle les mahorais à voter blanc le 29 mars 2009. Cet article est  publié sur son blog : http://alldark.over-blog.com/ 


Trois raisons pour le Vote blanc


Un homme politique doit être sincère


P

oint de fatalité de la sujétion . Jeunesse ! Jeunesse ! Jeunesse ! Appropriez-vous votre avenir au sein de la République. Point de crainte non fondée. Personne ne peut se substituer à vous pour faire le choix de votre avenir institutionnel. Je vous le dis, personne ! Les actions des autorités comoriennes  répondent à des convenances diplomatiques  des deux pays.  Elles ne doivent en rien être source de précipitation dans votre choix. Ce dernier  sera exempt de remords, s’il vous est suffisamment éclairé. Jeunesse, faites votre choix,  mais un choix éclairé. Il n’y a consentement éclairé que si tout est mis en œuvre pour rendre le choix libre. Or, aujourd’hui, le politique n’œuvre en rien pour vous offrir une telle liberté. Je soutiens et crois fort qu’un politique doit être sincère. Ce qui ne semble pas être l’apanage de beaucoup de nos acteurs politiques à Mayotte,  s’impose à eux, aujourd’hui,  plus que jamais, car nous engageons notre responsabilité aujourd’hui, pour l’Avenir de nos enfants chez eux à Mayotte.  Beaucoup d’élus mahorais ne semblent pas avoir pris la mesure de la responsabilité qui leur incombe en occultant consciemment ou inconsciemment le contenu de ce qui est convenu d’appeler le Pacte  pour la départementalisation de Mayotte.

Un  "oui" à forte connotation carriériste


L’unité des acteurs politiques mahorais de tout bord − MDM force d’alternance à part−  a bien quelque chose d’impensable, il y a encore quelques mois ! Socialistes, UMP, MDM, … dans une cette coalition aussi  acrobatique qu’incohérente, soulève quelques questions :

1/ le "oui" est-il sérieusement  menacé ?                  


Ce n’est pas ce qui apparaît au vue de ce qui est mis en œuvre, puisque le Préfet Denis Robin ;  sur une interview  récente sur RFO, de façon assez subliminale ;  a laissé entendre le contraire.


2/ le "oui " étant alors acquis, que peut cacher une telle coalition ?


A l’instar du MDM force d’alternance, pourquoi les partis politiques du pays ne se sont pas engagés individuellement dans  la campagne pour le « oui ». La raison est bien simple. C’est de pacte en accord secret qu’il faut comprendre cette unité de façade. Cinq sièges  font l’objet de convoitises : deux au palais Bourbon (sénat), un à l’Hôtel Banana (présidence du conseil général et régional bientôt) et très probablement deux à l’assemblée nationale. A l’évidence, tout acteur politique qui se hasarderait  à émettre la moindre critique s’éliminerait de lui-même de la course à l’un  de ses sièges ; mais encore mieux, il y a fort à parier que certains accords secrets, entre ces divers acteurs de partis politiques régissent le partage des sièges. L’opportunisme a ceci de cynique : le court terme enferme le long terme. Un tel accord, est loin de faire l’affaire du MDM force d’alternance détenteur du seul siège à l’assemblé nationale (…).

Ce "va-t-en oui", de nature politicienne, est purement et simplement carriériste.


Pourtant, le pacte est tout sauf un projet d’avenir serein pour le mahorais de basse ou moyenne catégorie. Il a du bon et surtout beaucoup de moins bon. Personne ne peut prétendre − avec le discernement sérieux – que la consolidation d’une union ancienne, justifie autant de sacrifices unilatéraux. Le mahorais se départementaliserait  plus par les devoirs et contraintes que par les droits, notamment les droits sociaux. Les effets bénéfiques recherchés dans ce processus de la départementalisation, telles que la préservation de la structure familiale mahoraise et la préservation de la culture mahoraise, ne verront pas le jour de si bonne heure. Plus que jamais, le mahorais sera contraint, d’une part , de partir à la pêche des avantages sociaux (qui ne seront effectifs à Mayotte que dans environ 25 ans !), et,  d’autre part, de fuir les charges nouvelles qui vont peser sur lui. Un tel procédé garantira de fait, l’émoussement progressif des us et coutumes, ainsi que la culture mahoraise.


J’accuse


J’accuse, pour l’ensemble de ces raisons, les principaux acteurs politiques à Mayotte, d’adopter une posture malsaine pour des intérêts purement individuels ;

J’accuse, les principaux acteurs politiques à Mayotte de vouloir volontairement faire porter une charge lourde pour les prochaines générations devant une départementalisation mal préparée et acquise à la hâte ;


J’accuse, les principaux acteurs politiques à Mayotte de confondre volontairement  solidarité nationale avec la solidarité familiale, et de faire porter une charge de plomb aux générations proches, en leur demandant de commencer le financement des avantages sociaux de demain, aujourd’hui.


Pour ces trois raisons, le 29 mars 2009, j’appelle mes concitoyens à opter pour le vote blanc.

                                                                                   Darkaoui le 30/01/2009 
                                                                                    Source : http://alldark.over-blog.com/

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 23:19

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions

 

Moroni, vendredi 30 janvier 2009 (HZK-Presse) Le ministre de la justice en charge des relations avec le parlement et les institutions des îles, M. Mmadi Ali tient à rappeler que son parti le FNJ, ainsi que d’autres tels que Chuma et Pasoco s’étaient déjà opposés à l’actuelle constitution lors du référendum du 23 décembre 2001, prédisant les difficultés de son application. S’exprimant en qualité de dirigeant du FNJ, il estime que les arguments avancés à l’époque devaient convaincre.

 

« L’architecture institutionnelle en elle-même est budgétivore, rien que pour sa mise en place. La constitution renforce aussi l’esprit séparatiste en permettant la coexistence dans un même pays de quatre constitutions, quatre gouvernements, quatre parlements, autant de drapeaux et d’hymnes… », martèle-t-il.

 

Selon lui, maintenir ce type d’organisation de l’Etat « c’est légitimer le sentiment d’insularité au lieu de renforcer le patriotisme et l’idée d’appartenir à une nation pour partager un destin commun entre nos îles ». Rappelant les faits, depuis les pourparlers inter-comoriens de Fomboni sur la résolution de la crise séparatiste anjouanaise, M. Mmadi Ali garde encore en mémoire les trois commissions chargées chacune séparément de missions précises. Or à ses yeux seule la commission chargée de la réconciliation nationale a donné des résultats à travers l’accord cadre du 17 février 2001 [qui a créé le nouvel ensemble comorien doté d’une très large autonomie des îles, ndlr].

 

Par contre à la place de la commission chargée de rédiger un projet de constitution, des experts étrangers et nationaux y compris Mohamed Abdouloihabi [actuel chef de l’exécutif de l’île de Ngazidja], mandaté à l’époque par la coalition de l’opposition contre Azali, ont rédigé l’actuelle constitution. Pour le ministre, « ce n’est pas réellement le fruit escompté mais l’opposition défendait l’argument selon lequel en votant favorablement, Azali allait quitter le pouvoir aussi vite qu’il avait pris par la force un certain 30 avril 1999 ».

 

Dans l’objectif de rectifier les imperfections, le ministre dira que l’initiative du président vise surtout à harmoniser les élections, et à s’attaquer au caractère budgétivore de nos institutions actuelles. Interrogé sur la concomitance du référendum constitutionnel avec la consultation sur la « départementalisation » de Mayotte, au même mois de mars prochain, le ministre estime qu’il n’y a aucun risque de confusion dans l’opinion. « En tenant un tel scrutin sur cette île reconnue par le droit international comme faisant partie de l’Etat comorien, la France sait qu’elle viole ce droit et les résolutions des Nations Unies », soutient le ministre de la justice.

 

Estimant que la riposte du gouvernement de l’Union des Comores est entreprise eu égard aux discours du président Sambi dans le concert des Nations, le ministre rasure que la question de Mayotte sera introduite à l’ordre du jour de l’AG des Nations Unies. Et Mmadi Ali d’ajouter que « toute nouvelle élection à Mayotte est nulle et non avenue ».

 

Quant à la question de la prorogation d’une année du mandat de l’actuel chef de l’Etat, le ministre de la justice ne voit pas d’inconvénient car « la proposition consiste à harmoniser les élections » pour en réduire la fréquence jugée trop rapprochée.

 

A en croire un juriste constitutionnaliste qui a requit l’anonymat, l’initiative du président de l’Union d’organiser un référendum « viole la constitution » au regard de la loi fondamentale dans son chapitre titre IV de la compétence de la Cour Constitutionnelle (article 31) qui s’appuie en même temps sur la loi électorale en vigueur, donnant des compétences aux juges constitutionnels en matière de contentieux électoral, y compris le référendum.

 

C’est ainsi que cet homme de loi se fonde sur lesdites prérogatives de la haute juridiction, dont le chapitre VI intitulé « De la révision de la constitution », qui stipule dans son article 37 « qu’aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’unité du territoire et à l’intégrité des frontières institutionnellement reconnues… ainsi qu’à l’autonomie des îles », pour contester la légalité de l’avant-projet de loi référendaire portant révision de la constitution.

 

Au regard de l’avant-projet du président Sambi, le juriste estime que la Cour constitutionnelle devrait user de ses compétences pour s’autosaisir face à toute violation du processus référendaire. Ses membres ont le devoir d’user de ces prérogatives pour déclarer que le projet en question « porte atteinte à l’autonomie des îles » soutient le juriste. Le président de l’Union aurait mieux fait de retirer son projet pour ne pas être accusé « d’acte de forfaiture » a-t-il laissée entendre.

 

Pour le secrétaire général du parti CRC [Convention pour le renouveau des Comores], Houmed Msaidié, son parti prendra sa position dans le cadre de la coalition de l’opposition, avec les institutions insulaires et l’assemblée de l’Union. Néanmoins, il dira en substance que « le président Sambi doit ouvrir les yeux et observer que le séparatisme a mis ce pays dans une crise née à partir d’Anjouan ». « L’on a vécu cinq ans de conflit de compétence notamment avec Mohamed Bacar et trois ans de fausse promesse avec lui », ajoute-t-il.

 

« En s’entêtant à organiser ce référendum, il risque surtout de compromettre la paix civile avec son intention de proroger son mandat d’une année ». Houmed Msaidié soupçonne aussi le régime actuel de vouloir « criminaliser les délits d’opinion pour mieux réprimer ses opposants ». Elu au suffrage universel, « Sambi chercherait-il à s’installer confortablement au pouvoir ? » s’interroge le leader de l’ancien parti au pouvoir. Et Msaidié d’ajouter que « la loi n’est pas rétroactive ! ». Pour lui le mandat présidentiel demeure de quatre ans.

 

A.Nabahane

300109/an/hzkpresse/6h00

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