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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 20:23

 
A l'aube du referendum constitutionnel aux Comores, l'association Les amis de l'Université des Comores organise le samedi 7 mars 2009 une « Table ronde sur la révision constitutionnelle aux Comores ». Cette table ronde a pour but d'offrir un cadre d'échange et de dialogue sur le projet de révision constitutionnelle. Elle sera animée par des jeunes chercheurs comoriens désireux d'apporter leurs éclairages. Les personnes qui souhaitent y prendre part sont priées de s'inscrire au plus tard le lundi 2 mars. Cette rencontre participe à une réflexion en cours sur les institutions politiques comoriennes. Un colloque interdisciplinaire est prévu à cet effet pour la fin 2009.
Inscrivez-vous par mail lesamiduc@yahoo.fr et si vous souhaitez déjeuner sur place, prévoyez 15 euros.

Adresse : Mairie du 15e, 31 rue Peclet, 75015 Paris
Métro : Vaugirard
Bus : 39, 70, 80, 88, arrêt mairie du 15e

Programme de la Table ronde sur la révision constitutionnelle aux Comores
1- Matin :
9H à 10H00 : Accueil des participants et petit déjeuner
10H00
Ouverture de la Table ronde par Said Mohamed Saïd Hassane
__________________________________________________________________________________
10h05 :
La naissance du nouvel ensemble comorien : la Constitution du 23 décembre 2001
Présidence Mahmoud Ibrahime

10h10 :
Said Abasse AHAMED, doctorant en sciences politiques
« Retour sur les négociations et la sortie de crise »
10h25 :
Kamlati Bacar, Enseignante
« La genèse de la Constitution du 23 décembre 2001 aux Comores »
10h40 :
Kamal Saïd
, doctorant en anthropologie du droit, Université Paris 1,
« La crise identitaire et la naissance des nouvelles institutions comoriennes »
10h55 :
Abdelaziz Riziki, Docteur en droit de l'Université de Rabat (Maroc)
« Le constitutionnalisme comorien »
11h20 :
Débat
__________________________________________________________________________________
Pause déjeuner de 12h00 à 14h00
__________________________________________________________________________________
Après-midi
14h00 :
Les caractères essentiels de la Constitution du 23 décembre 2001
Présidence Elanrif Saïd Hassane
14h05 :
Saïd Mohamed Said Hassane, Docteur en droit de l'Université d'Orléans
14h20 :
Ben Cheikh Charaf, doctorant en droit constitutionnel
« La constitution et l'autonomie des îles »
14h35 :
Moncef Saïd Ibrahim, juriste
« La constitution à l'épreuve de la pratique »
14h55 :
Débats

__________________________________________________________________________________
Pause 15h45 à 16h00
__________________________________________________________________________________
16h00 :
La Constitution du 23 décembre 2001 doit-elle évoluer ?
Présidence Saïd Mohamed Said Hassane
16h05 :
Kambi Abdelatuf, doctorant en gestion, Université de Saint-Quentin-en-Yvelines
« L'Etat, c'est d'abord un concept économique »
16h20 :
Youssouf Saadi, doctorant en droit constitutionnel
« Analyse commentée du projet de révision constitutionnelle »
16h35 :

Halidi Allaoui, juriste
« Quelle union pour les Comores ? »
16h55 :
Débat
17h45 :

Synthèse et clôture des travaux par Mahmoud Ibrahime
__________________________________________________________________________________
Le comité scientifique :
Abdelaziz Riziki, Docteur en droit
Elanrif Said Hassane, Docteur en science politique, conseiller à l'ambassade des Comores
Mahmoud Ibrahime, Docteur en Histoire, professeur de lycée
Said Abasse Ahmed, Doctorant en science politique, collaborateur parlementaire
Said Mohamed Said Hassane, Docteur en droit, attaché d'enseignement et de recherche à l'université d'Orléans.
Table Ronde organisée conjointement par les Amis de l'Université et la revue Tarehi
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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANNONCES
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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 12:30

 

Mayotte : Le référendum du 29 mars pourrait-il être reporté?
C'est du moins ce que sous-entend et préconise l'ancien premier ministre Edouard Balladur dans les colonnes du Figaro.

Le quotidien a invité Edouard Balladur à s'exprimer sur les problèmes que traverse l'outre mer français actuellement alors qu'il va remettre au chef de l'État deux projets de loi-cadre reprenant les propositions du comité sur les collectivités territoriales.

A la question de savoir si la crise aux Antilles pourrait être résolue par une modification constitutionnelle, l'ancien premier ministre dit qu'il « est probable qu'à cette occasion la question de l'avenir du statut des départements et des régions d'outre-mer sera posée ».
Il reprend un voeu d'Yves Jégo de « réfléchir aux institutions de l'outre-mer français, dans le respect, bien entendu, du principe d'égalité ».

Mais surtout, il souhaiterait qu'« en attendant que se tiennent ces États généraux, [...] toute décision modifiant le statut actuel dans telle ou telle Région de l'outre-mer soit suspendue. » précisant, concernant Mayotte qu'il « pense au statut de Mayotte, dont la modification pourrait peut-être être reportée ».
Il s'en explique en avançant que « chacun pourrait le comprendre, jusqu'à ce qu'on y voie plus clair sur l'ensemble des institutions d'outre-mer ».
Il n'est cependant pas insensible aux problèmes que cela poserait : « je sais que cela pose le problème du respect du calendrier déjà fixé ».
Mais, rien n'est fait, « Le comité ne s'est pas prononcé sur ces questions et s'est borné à proposer qu'une Assemblée unique se substitue aux conseils régionaux et aux conseils généraux qui régissent le même territoire ». Une mesure qui apparaît déjà dans le projet de départementalisation de Mayotte qui ne disposerait effectivement que d'une seule assemblée, si le oui l'emporte.

Il est évident que si ce référendum devait être reporté, cela ne pourrait qu'exaspérer, à savoir dans quelles proportions, une population qui attend cette ultime consultation « depuis 50 ans ». Il semble peu probable que le gouvernement prenne ainsi le risque d'embraser le futur cinquième département d'outre-mer qui s'est fait très discret dans le conflit qui oppose les DOM au gouvernement depuis plus d'un mois.
E.T.
Malango Mayotte
D'après Le Figaro
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Mariama HALIDI MALANGO - dans MAYOTTE
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 10:27

Source : Malango / vendredi 27 février 2009 7h53

OCHA, le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, exprime son inquiétude quant aux deux référendums organisés aux Comores et à Mayotte et de la coïncidence des dates.

 

Dans un papier d'analyse publié par IRIN, l'agence onusienne dresse un portrait dépassionné de la situation qui prévaut dans l'archipel.

D'un côté, « les Comores se trouvent aujourd'hui confrontées à une situation inextricable à l'heure où elles tentent de réformer un système de gouvernance qui absorbe quatre cinquièmes de leur PIB, car elles risquent ce faisant de raviver les tentations sécessionnistes que la Constitution avait été conçue pour prévenir ».

Elle note que « la situation est d'autant plus complexe que la France a décidé de tenir un autre référendum sept jours plus tard, le 29 mars, sur l'île controversée de Mayotte, pour faire approuver la départementalisation de celle-ci ».

Pour Ocha, « la proximité temporelle des deux votes devrait faire monter la température politique sur les quatre îles ».

Revenant sur la structure politique issue des accords de Fomboni en 2001, elle explique que « les îles de l'archipel sont chacune dotées de leur propre assemblée, d'un président et d'un grand nombre d'autres prérogatives, qui absorbent environ 80 pour cent du budget annuel du gouvernement central ».

« Pour un pays de 800 000 habitants, avoir quatre présidents, quatre gouvernements, quatre Assemblées et 36 ministères n'est pas réaliste... nous devons être plus modestes », a dit à IRIN Abdourahim Said Bacar, porte-parole du gouvernement de l'Union.

D'autant que cette Constitution de 2001 n'a « pas empêché Mohamed Bacar de faire main basse sur Anjouan » et que « l'Union africaine a dû intervenir manu militari pour rétablir la démocratie ».

D'un autre côté, Ocha remarque que « Mayotte, la quatrième île de l'archipel, perçue comme partie intégrante des Comores par de nombreux Comoriens et comme un élément de la Cinquième République par la France, constitue une diversion inopportune pour Ahmed Abdallah Sambi, président de l'Union, à l'heure où il s'efforce de réduire les dépenses de l'Etat et de débloquer des fonds pour le développement ».

Les projets de référendum proposés prévoient, entre autres mesures, de concentrer les pouvoirs au profit du gouvernement de l'Union, et de réduire les pouvoirs des gouvernements autonomes de chaque île, et les frais qu'ils engendrent, en rétrogradant les présidents des îles au rang de gouverneurs, et les ministres et parlementaires aux rangs de commissaires et conseillers.

Ocha fait aussi le triste constat que « les Comores se classent au 134e rang sur 177 à l'indice de développement humain des Nations Unies, et les revenus de la population comorienne diminuent en termes réels depuis 20 ans ; ils avaient atteint 633 dollars par habitant, en moyenne, en 2004 ».

Des tensions de plus en plus vives

« Il a été proposé de prolonger le mandat du gouvernement actuel de l'Union de quatre à cinq ans, ce qui a provoqué la colère d'une majorité d'opposants à la réforme constitutionnelle, et alimenté les soupçons de l'opposition, selon laquelle il s'agirait là d'un premier pas franchi par le président Sambi en vue de l'établissement d'un pouvoir dictatorial et d'un régime illimité.

Aucun représentant de Mohéli n'a encore occupé la présidence tournante de l'Union prévue par la Constitution de 2001, et l'île n'apprécierait pas d'être privée de son mandat prévu en 2010 si le résultat du référendum faisait pencher la balance en faveur de la réforme.

M. Said Bacar, le porte-parole de l'Union, a noté que Mohamed Abdoulwahab, président de la Grande Comore, et Mohamed Ali Said, président de Mohéli, étaient également opposés au référendum, car ils risquaient d'être rétrogradés au poste de gouverneurs.

Le gouvernement de l'Union s'attend quant à lui à ce que soit approuvée, à l'issue du référendum, l'instauration d'une nouvelle bureaucratie politique, allégée, mais selon des sources diplomatiques, deux scénarios sont possibles : l'acceptation et l'approbation de la nouvelle Constitution par toutes les parties ; ou le rejet par les partis d'opposition, à la suite duquel leurs partisans seront mobilisés et descendront dans la rue, et en réaction, le président Sambi déclarera l'Etat d'urgence pour contenir les troubles civils.

Les partis d'opposition ont d'ailleurs appelé au boycott du référendum, bien que, selon M. Said Bacar, la Constitution actuelle permette au président de l'Union de le tenir. M. Said Bacar a dit avoir entendu parler de « réunions secrètes convoquées pour rechercher des mercenaires ; comme vous pouvez l'imaginer, c'est ridicule », compte tenu de « notre triste passé ».

La question de Mayotte

L'agence onusienne fait également une analyse de la situation géo-politique de Mayotte en estimant que « les Comores revêtaient une importance stratégique pour la France en raison de leur localisation, à l'entrée nord du Canal du Mozambique, à mi-chemin entre le Mozambique et Madagascar, et restent importantes aujourd'hui encore, selon Chris Ayangafac, chercheur principal à l'Institut d'études de sécurité, une cellule de réflexion africaine ».

« La côte est de l'Afrique fait l'objet d'un intérêt de plus en plus marqué en partie parce que l'on cherche à contrer la présence croissante de l'Iran dans cette zone et aux Comores, et que la présence accrue de la France permet de la contrebalancer », a-t-il expliqué.

Pour M. Ayangafac, le référendum organisé par la France à Mayotte est un « rejet de diverses déclarations internationales », et sa « revendication sur Mayotte est un développement de la colonisation ».

« L'accession de Mayotte au statut de département français, si les citoyens l'approuvaient à la majorité absolue, comme bon nombre s'y attendent, permettrait aux insulaires d'acquérir certains avantages, notamment de percevoir des pensions, des allocations chômage et un salaire mensuel minimum de 400 dollars ».

L'agence insiste sur la différence de niveau de vie entre les îles de l'archipel : « les Mahorais jouissent d'un niveau de vie 10 fois supérieur aux Comoriens, ainsi que d'un accès à l'éducation et aux services médicaux pour tous, selon le ministère ».

Pour M. Ayangafac, le référendum de Mayotte « est légal, mais pas légitime. Il n'est pas légitime car il bafoue [la résolution] 1514 [(XV), des Nations Unies] ». L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 1514 (XV) en 1960, alors qu'une vague de décolonisation commençait à déferler sur le monde.

Ocha rappelle les objectifs de cette résolution qui stipule que « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies ».

Pour l'agence, « la France a fait fi des revendications des Comores en les mettant devant le fait accompli ». « La possibilité d'une départementalisation de Mayotte doit être soumise à l'approbation des Mahorais, en vertu de la Constitution française... Il ne s'agit pas d'un référendum, mais d'une consultation populaire », selon les déclarations du ministère de l'Intérieur.

Le ministère français de l'intérieur insiste sur un aspect de cette consultation qui est souvent source de confusion : « La consultation populaire de mars 2009 n'est pas un nouveau vote permettant de déterminer si Mayotte devrait ou non appartenir à la France ; l'appartenance de Mayotte à la République française a été garantie dans la Constitution lorsque Mayotte a été incluse dans la liste des "collectivités d'outre-mer" françaises, en vertu de l'Acte constitutionnel du 28 mars 2003 ».

« Le ministère a exprimé un certain étonnement face à l'indignation du gouvernement comorien au sujet du référendum de Mayotte : en septembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy et le président Sambi avaient en effet formé un groupe de travail de haut niveau (GTHN) chargé de « chercher un moyen consensuel, calme et constructif d'encadrer et de développer des relations centrées sur le développement entre Mayotte et l'Union des Comores ».

Ce partenariat, a expliqué le ministère, avait pour avantages, entre autres, de permettre le développement de la coopération économique et commerciale entre les îles, et notamment «le ravitaillement de Mayotte en produits frais aux Comores plutôt qu'en Europe», l'apport d'une aide éducative, et la signature de deux accords sur la santé.

« Etant donné que la revendication de souveraineté de Moroni [capitale des Comores] sur Mayotte est unanimement soutenue par la classe politique dans son ensemble, les autorités comoriennes ne peuvent pas y renoncer. Toutefois, la détermination des Mahorais à n'être pas comoriens étant tout aussi inflexible, toute décision en ce sens serait matériellement impossible, quel que soit le souhait du gouvernement français », selon le ministère.

La rupture récente, par les Comores, du statu quo accepté consistant à reporter la « question comorienne de Mayotte » à plus tard dans l'agenda de l'Union africaine, constitue, de l'avis du ministère, « un pas en arrière, difficile à comprendre ».

Malango avec IRIN

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 09:27
A l’occasion  de leur 2ème anniversaire, les Editions de La Lune organisent, le samedi 28 février 2009,un café littéraire spécial. Ce café se tiendra à L’Espace le Scribe L’Harmattan au 21 bis, rue des écoles 75005 Paris de 18H30 à 22H.

Vous serez en compagnie de douze écrivains, des essayistes et des musiciens. Ce sera un grand moment de dialogues, de rencontre et de convivialité

Nous vous attendons nombreux pour Café littéraire de la Lune.

Auteurs présents :

Sophie Kuoch
Noël Walterthum
Sylvain HARIGA
Florence Kasprzycki
Abdoulatuf Bacar
Luc Chaumette
Patrice Ahmed Abdallah,
Oupa Diossine LOPPY
Bruno Bonvalet
Colette Coquis
Souef Mohamed El-Amine

Intermédes en musique avec :

Artistes présents

Nicolas Peigney
Ali M. Boléro
Noël Walterhum

--
Les éditions De La Lune
www.editions-delalune.com
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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANNONCES
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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 13:49

 



Fomboni, jeudi 26 février 2009 (HZK-Presse) Dans le cadre du débat très houleux qui divise la classe politique sur le projet de loi référendaire de révision de la constitution de 2001, à l'initiative du président de la république, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, HZK-Presse et La Gazette des Comores ont interviewé le Coordonateur du gouvernement central à Mohéli, M. Said Ali Dahalane pour recueillir son point de vue et l'analyse qu'il fait de la situation actuelle.

Question : Monsieur le coordinateur, vous êtes le représentant du Gouvernement de l'Union des Comores à Mohéli, à l'heure qu'il est, la question qui préoccupe tout le monde surtout les mohéliens est la révision de la constitution, mais surtout le prolongement d'une année du mandat du président Sambi. Quelle est votre position dans cette affaire ?

Said Ali Dahalane :
Je ne voie pas en quoi cette révision suscite des polémiques pendant que notre constitution actuelle, en son article 37 donne de plein droit au président de l'Union la faculté de consulter directement le peuple en cas de besoin. C'est ce qu'il est en train de faire et c'est la démocratie.

Question : Certains politiciens, mohéliens surtout, montrent que c'est une tentative qui vise à léser la population mohélienne sur son droit à prendre à son tour le gouvernail des Comores en 2010, d'autre disent que le président parle d'une année de plus, mais cela peut aller jusqu'en 2013 ou 2015, car tout dépendra, selon la dernier intervention du président, des députés qui vont venir mais surtout de l'interprétation de ces 5 ans. Qu'en dites-vous ?

S.A.D :
Cette inquiétude, pour moi, c'est juste une manifestation de l'impatience de certains à diriger le pays, pendant que d'autres ne savent même pas ce qu'ils feront une fois élus. Je dirais même que ce sont des gens mal intentionnés car le but de la révision est d'harmoniser les élections pour la réduction des dépenses que l'Etat n'arrive pas à assurer, pour ces multiples élections. D'autant qu'il n'est écrit nul part dans la constitution qu'une modification de la constitution doit se faire par un président mohélien.

Question : Vous savez que nombreux sont ceux qui acceptent que notre constitution est lourde et complexe et apprécient la reforme mais pour certains, Sambi doit quitter le pouvoir en 2010 et laisser le président entrant le soin d'appliquer cette nouvelle reforme qui sera proposée. Ne serait-il pas une solution pour éviter les polémiques ?

S.A.D :
C'est une façon de voir les choses pour chacun, mais devons-nous rappeler que c'est une constitution comorienne mais pas mohélienne, je le répète, que ce n'est pas forcément nécessaire que l'application commence par un président mohélien.

Question : Des mobilisations de masses contre la tenue de ce referendum se succèdent actuellement partout à Mohéli comme à Ngazidja. Quelles sont vos dispositions en tant que responsable du gouvernement central à Mohéli, pour éviter d'éveiller les vieux démons du séparatisme ?

S.A.D :
Je lance un appel à mes compatriotes d'user de toute leur intelligence pour suivre le chemin de la démocratie qui est un chemin de la paix, pour exprimer leurs idées et éviter toute sorte de violence qui ne nous mènera nulle part, mais au contraire nous fera reculer d'avantage. Chers politiciens, jeunes cadres comoriens et surtout mohéliens, la paix est le seul gage pour faire sortir ce pays du chaos. Voilà que les investisseurs étrangers commencent à frapper à nos portes, n'allons pas perdre cette opportunité pour sauver notre pays. Mohéli a la réputation d'être la « Genève des Comores », alors ne perdons pas cet atout pour des raisons minimes.
Propos recueillis par Mouayad Salim
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans INTERVIEWS
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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 11:44

Le Président SAMBI appelle l'Iran à investir aux Comores.

Le Président SAMBI appelle l’Iran à investir aux Comores.
Le Président SAMBI appelle l'Iran à investir aux Comores


Au cours du grand rassemblement tenu à Hamramba (siège du parlement comorien) le Président de l'Union des Comores, Son Excellence Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, a prononcé un discours en langue nationale, dont voici la traduction :



Monsieur le Président et Cher Frère
Honorable Délégation venue d'Iran
Honorable Assistance

Que Dieu vous protège.

J'adresse d'abord une prière à Allah, pour qu'Il m'aide à m'acquiter de ma tache d'aujourd'hui et pouvoir parler au nom du peuple comorien.

J'ai trois sujets à vous entretenir :

Présentez d'abord les Comores à nos honorables hôtes.

Monsieur le Président et Cher Frère Honorable Délégation venue d'Iran

Alors que vous avez devant vos yeux les Comores dont vous entendiez parler, permettez-moi de vous dire ce qu'il vous faut savoir de ce pays.

Les Comoriens sont une population composée de gens venus d'Afrique, dont le Mozambique, la Tanzanie et le Kenya, de l'Arabie, principalement le Yémen, Oman et al-Djazira. Tels sont nos origines.

Mais vous devez également savoir que le sang des gens venus de Chiraz, coule dans les veines de bien des comoriens de Ngazidja, mais surtout de Ndzouani et plus particulièrement de la ville de Domoni, où existe une de nos plus anciennes lieu de culte, la Mosquée des Chiraziens.

Notre langue comorienne est formée de swahili, d'arabe et de mots perses venus d'Iran. Pour ceux l'ignorent Bandar, rangué, mbuzi, siniya, kitani et même shahula (chelo) zilo sont des mots farisy, en plus de nombreux autres mots.

Ainsi donc votre sang, votre langue et votre culture se trouvent aux Comores.

Venus d'Iran vous avez ainsi rejoins un pays dont le sol a été foulé par vos ancêtres.

Je vous dirais ensuite, que les comoriens sont tous musulmans sauf à Maoré où ils sont pourtant à plus de 97%.

Sachez également que les Comoriens sont du rite de l'Imam Chafii (que Dieu l'agrée) dont tous les comoriens sont fiers.

De même, le soufisme se rencontre à travers les confréries Chaduly, Rifayi et Kadiry, plus d'autres confréries encore.

D'autre part, les comoriens sont pour la plupart des agriculteurs et des pêcheurs, les fonctionnaires représentant moins de 10% de la population.

Les comoriens sont fiers dans cette région du monde où leur pays ressemble à une fleur ou un arbre de l'Islam sur un terrain non islamique.

Permettez-moi ensuite de vous entretenir d'une chose qui nous fait mal mais dont nous n'avons pas honte de parler : notre pays est extrêmement pauvre.

Savez-vous par exemple, qu'il n'existe pas un seul immeuble à 5 étages et que les comoriens ignorent donc l'ascenseur ?

Savez-vous qu'aucun hôpital public ne possède un scanner, que de nombreux villages sont sans une seule salle de classe ?

Voilà une image de notre pays. Mais une autre image se superpose à celle-là : celle d'un pays qui a eu de grands Hommes, de grands érudits, de saints hommes, qui ont écrit aussi bien dans le domaine de religion que dans la poésie.

Je voudrais en second lieu, dire quelques mots aux Comoriens et leur parler de l'Iran et des iraniens, d'abord pour corriger une erreur qui leur est commune : les iraniens sont des musulmans non arabes et qui ne parlent pas la langue arabe. Leur histoire et leur civilisation sont des plus anciennes du monde.

De nos jours, la révolution conduite par l'Imam Khomeiny voici 30 ans, a apporté l'un des changements majeurs intervenus dans le monde ces dernières décennies.

30 ans de révolution mais aussi 30 ans d'embargo : un embargo qui a privé les iraniens de leurs biens confisqués, de leur droit d'acquérir la technologie moderne. Pour illustrer mon propos, même l'achat d'un avion Boeing ne leur est pas permis et certains médicaments leur sont interdits.

Une chose positive en cela : les iraniens ont appris à fabriquer leurs propres médicaments et leurs propres petits avions.

Je voudrais enfin vous parler de la dernière conséquence de l'embargo : les iraniens viennent de lancer leur propre satellite dans l'espace, issu de l'intelligence de l'Islam, sans l'aide technologique de qui que ce soit.

Voilà le grand pays dont les dirigeants nous rendent visite aujourd'hui.

Le troisième mot est pour notre ami le Président iranien, notre hôte d'honneur : puisque vous êtes parmi nous, cher Frère, nous vous demandons deux choses que vous possédez : le savoir et l'argent.

Pas la zakat (la charité), mais nous vous invitons à venir investir dans notre pays et à encourager les compagnies iraniennes à le faire dans des entreprises gagnant-gagnant avec les comoriens.

Nous serions heureux si des hommes d'affaires iraniens venaient investir dans notre tourisme, un domaine qui serait rentables pour eux et pour nous.

Venez investir dans la pêche. Venez ouvrir des usines de fabrication de véhicules que vous pourriez vendre dans la région, que ce soit à Madagascar, au Mozambique ou en Afrique du Sud.

Je serai heureux également qu'ils viennent construire des dépôts de pétrole et faire des Comores, aujourd'hui un pays non producteur, un pays exportateur de pétrole.

Ainsi donc, au nom des Comoriens, je dis au Président AHMADINEJAD et à sa délégation : apprenez-nous à pêcher au lieu de nous nous servir du poisson à manger.

Pour terminer nous vous offrons ce que nous possédons : la prière, pour que Dieu protège votre pays.

Sachez que vous avez ici, des frères qui vous aideront par leurs prières.

Enfin, pour récompensez l'honneur que vous nous faites en dirigeant vos pas vers nous, j'ai l'honneur, de vous élever, au nom du peuple Comorien et des pouvoirs qui me sont conférés, à la dignité de Grand Croissant, de l'Ordre du Croissant Vert des Comores.

Que la Paix soit avec vous.

Je vous remercie.


Source : beit salam
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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 00:41
Le journal Témoignages a publiéles opinions du professeur André Oraison sur le contentieux franco-comorien. Cette personne, peut, tout au plus, être considérer comme un observateur qui souhaite apporter un éclairage juridique sur la question et en aucun cas comme un acteur du conflit. Un collectif de citoyens et associations comoriens, et le ‘‘Collectif des associations et des amis des Comores’’ (Caac) se considérant partie prenante de ce litige et estimant avoir légitimité et intérêt à lui apporter commentaires et contradictions a adressé un droit de réponse à Témoignages qui, malheureusement ‘‘n’a pas voulu publier notre droit de réponse malgré notre insistance’’, selon les rédacteurs de ce ‘‘droit de réponse’’ dont nous publions de larges extraits.

Les lecteurs de Témoignages ont eu à lire, ces dernières semaines, une série d’articles du Professeur Oraison qui, sous couvert du professionnel du droit, livre en réalité une interprétation juridico-politique tendancieuse du contentieux franco-comorien sur l’île comorienne de Mayotte. Il a bien sûr montré que du point de vue du droit international l’Etat comorien est irréprochable dans cette affaire, que c’est lui qui a raison. Mais l’éminent professeur de droit explique qu’il est improbable que la France, puissante et forte, accepte d’être jugée par une juridiction onusienne. La solution souhaitable donc pour les Comores, ce ‘‘pot de terre’’ fragile, est de laisser faire la France, ce ‘‘pot de fer’’ contre lequel elles ne peuvent rien. Cqfd. Belle démonstration juridique d’un éminent professeur de droit, dont on peut se demander s’il ne serait pas en service commandé.

Il ne s’agit nullement pour nous, en tant que société civile de citoyens comoriens, d’apporter une contradiction technique à un praticien du droit public, mais d’exposer des considérations qui semblent lui échapper pour nous opposer à une manipulation des évidences ; parce que le problème du cas maorais est volontairement réduit à une analyse interprétative sous l’angle de la forme. Nous maintenons que la question de l’île comorienne de Mayotte, plus que du juridisme, relève de la politique, de la diplomatie et de l’organisation politique du monde, telle que définie dans la Charte de l’organisation Des Nations Unies.

Le professeur Oraison démontre avec maintes références juridiques que le problème épineux de la question Maoraise ne peut trouver de solution dans la pratique du droit international et que d’autre part, le traitement de la question est en tout point conforme au droit public français, dont il est bien connu que la partie française le fait évoluer au gré de ses besoins, de ses intentions alors que le droit international est le même pour tous.

Nous notons cependant avec satisfaction qu’est reconnue dans les développements du professeur Oraison une interprétation restrictive de principes universels tel que le ‘‘droit des peuples à disposer d’eux-mêmes’’ par la partie française, et que donc la mauvaise foi de celle-ci est même perçue par un juriste aussi émérite. Ce dernier n’envisage pourtant pas les moyens d’action du gouvernement comorien que sous leur aspect judiciaire en soulignant l’impossibilité ou les difficultés de leur mise en œuvre. Quels sont donc les fondements du droit international?
- Les conventions internationales, tantôt générales, tantôt spéciales, établissant des règles expressément reconnues par les États en litige;
- La coutume internationale comme preuve d’une pratique générale, acceptée comme étant le droit;
- Les principes généraux de droit reconnus par les nations civilisées.

Ainsi, donc tous les traités et accords conclus entre la France et les Comores, toutes les résolutions des Nations unies, toutes les chartes fondatrices des diverses institutions dont les états sont membres concourent à l’élaboration de ce droit international. Ainsi donc, les diverses décisions ou résolutions adoptées par les divers organes de l’Onu font jurisprudence, ainsi que celles de la Cour internationale de Justice. La difficulté réside toujours dans les moyens de mise en œuvre et d’application contre des membres siégeant au Conseil de Sécurité de l’Onu.

Coutume internationale et la loi du plus fort

De même, la coutume internationale ne saurait être celle de la loi du plus fort. Faut-il souligner que nombre de conflits sont traités autrement que par la voie judiciaire, qu’à cet égard, l’Organisation des Nations unies a institué une ‘‘commission des sanctions’’ parmi d’autres instruments? Rappelons par exemple que l’embargo contre l’Irak a été décidé par les seules Nations unies, que le devoir d’ingérence a été institué, essentiellement, pour des motifs humanitaires et qu’ainsi la Communauté internationale a su s’affranchir de procédures judiciaires.
Le chapitre 2 de la Charte de l’Onu est explicite :
Article 2. ‘‘L’Organisation des Nations unies et ses membres, dans la poursuite des buts énoncés à l’article 1, doivent agir conformément aux principes suivants :
- L’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses membres.
- Les membres de l’organisation, afin d’assurer à toute la jouissance des droits et avantages résultant de leur qualité de membre, doivent remplir de bonne foi les obligations qu’ils ont assumées aux termes de la présente charte.
- Les membres de l’organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.
- Les membres de l’organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies.
- L’organisation fait en sorte que les Etats qui ne sont pas membres des Nations unies agissent conformément à ces principes dans la mesure nécessaire au maintien de la paix et de la sécurité internationale’’.

On pourrait en conclure que les deux états comorien et français sont en infraction avec cette charte :
- la France, parce qu’elle foule aux pieds les principes de l’intégrité territoriale comorienne, et qu’elle se refuse à toute négociation sur la question, se soumettant ainsi aux exécutifs maorais, qui d’ailleurs en droit public français n’ont pas d’injonction à donner au gouvernement.
- les Comores parce qu’elles ne mettent en œuvre aucun des instruments qui sont à leur disposition, et que leurs errements respectifs occasionnent des milliers de morts dans le canal du Mozambique, lesquels suffiraient à faire jouer le droit d’ingérence, voire de crime contre l’Humanité!
Ainsi en fait acte l’article 33 de la charte.
- “Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d’enquête, de médiation, de conciliation, d’arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d’autres moyens pacifiques de leur choix’’.
- Est affirmé le fait que la résolution d’un conflit peut connaître d’autres issues que la voie judiciaire. Ainsi les Nations unies ont également élaboré un ‘Agenda pour la paix’’ publié le 17 juin 1992 dans sa 47e session dans lequel il recommande le respect et l’usage de l’article 6 de la charte. Entre autres dispositions, il prévoit que toute négociation engagée dans le cadre du règlement d’un conflit préalablement soumis aux Nations unies doit faire l’objet de l’approbation du Conseil de sécurité, dans lequel ne peuvent voter les pays qui sont parties du conflit.

Le professeur Oraison nous explique d’ailleurs que la condamnation de la France étant quasiment certaine, celle-ci ne consentira jamais à soumettre la question à la Cour Internationale. Cette conception intègre les a priori selon lesquels ni la population maoraise, ni les autorités comoriennes n’évolueraient dans de nouvelles directions.

On peut par exemple se demander si, avec le statut départemental, la société Maoraise ne va pas connaître des ruptures encore plus profondes, si la généralisation des formes d’assistanat ne va pas démanteler davantage l’économie balbutiante Maoraise, d’autant plus que ce statut ne contribuera pas à résoudre le problème migratoire. Rien n’indique non plus que la France ne finira pas par restreindre les dispositifs d’assistance ou leur accès, le processus étant déjà engagé ! Toutes ces ruptures, les difficultés et disparités prévisibles peuvent entraîner des difficultés sociales et politiques, surtout si dans le même temps, les Comores finissaient par bénéficier d’investissements des pays du Golfe et qu’un essor touristique apparaissait enfin.

A l’Onu et non dans les assemblées et juridictions nationales

C’est pourquoi on aurait tort de balayer, comme le fait le professeur Oraison, alors même que la pugnacité des Comores est constante, l’hypothèse du règlement par les voies judiciaires, l’avenir n’appartenant à personne, et la pérennité des revendications comoriennes se justifiant aussi longtemps qu’une solution équitable n’aura pas été trouvée entre la France et les Comores!

Le professeur Oraison affirme le postulat selon lequel, conformément à la Charte de l’Onu, un ‘‘état souverain ne renonce pas à ces droits et ne reconnaît pas, en principe, un droit de sécession au profit de ses collectivités composantes’’. Nous sommes d’accord avec le professeur sur ce point! Et nous dirons que là où s’élaborent le droit et la reconnaissance des états dans leurs frontières internationalement reconnues, c’est aux Nations unies et non dans les assemblées et les juridictions nationales! Sinon, tout le monde pourrait dans cette logique absurde, dessiner le monde à sa convenance.

Nous nous bornerons à rappeler que les Comores sont, au même titre que la France, un Etat souverain reconnu par la communauté internationale comme étant le 141ème membre de l’Onu, composé de quatre îles : Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande Comore. La France qui dispose pourtant du droit de veto, ne s’est nullement opposée à cela. La charte des Nations unies, donne à chaque Etat les mêmes droits et les mêmes prérogatives et à l’assemblée générale, un pays égal une voix.

Prusse, Allemagne nazie, frontières ‘‘internationalement reconnues’’

Dans cette même logique, l’histoire de France nous a appris effectivement qu’un pays souverain, fut-il faible à un moment de son histoire, ne renonce pas pour autant à une portion de son territoire : celle concernant l’annexion, par la Prusse, de l’Alsace et de la Lorraine, et celle de l’occupation d’une partie importante du territoire français pendant la deuxième guerre mondiale par l’Allemagne nazie, lorsque la France n’était pas en capacité militairement de défendre son territoire, en sont une parfaite illustration.

La Prusse comme l’Allemagne nazie auraient pu organiser toute sorte de consultations sur ces territoires et les gagner puisqu’elles disposaient de la supériorité de la force, étaient seules juges et parties. Les instruments juridiques n’existant pas à l’époque, c’est par des jeux d’alliance que les conflits s’internationalisaient ; aucun français digne de ce nom n’aurait reconnu pour autant la validité de la force et du fait accompli qui en découleraient.

Nous prendrons donc acte que notre professeur affirme que le cas de l’île comorienne de Mayotte ‘‘n’est pas seulement une question de statut interne et de pur droit public français’’. Effectivement, il s’agit aussi d’un cas de casus belli, qui peut faire école au niveau international, car d’autres territoires sont contestés, et qui met en échec les principes de décolonisation et la paix mondiale.
Nous dirons aussi qu’en la matière, le droit international a été dit par les multiples résolutions de l’Onu et que la France s’obstine à refuser leur mise en œuvre. Elle se pose pourtant, cyniquement, en grande donneuse de leçon en matière de respect des frontières internationales des Etats!
Le président français s’était fortement investi pour la résolution du conflit ayant opposé la Russie à la Géorgie sur l’Ossétie et l’Abkhazie, afin de faire respecter le droit international. La contradiction française revient à ceci : Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères de Géorgie, M. Gregori Vachadze, M. Bernard Kouchner écrit : ‘‘Vous connaissez l’attachement de la France, comme celui de l’Union européenne, à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie, dans ses frontières internationalement reconnues. Le peuple géorgien peut compter sur l’engagement résolu de la France pour obtenir un règlement pacifique et négocié des conflits géorgiens’’. Pourquoi ces principes essentiels ne sont-ils pas respectés aux Comores?

Désorganisation politique de la planète

Les consultations de 1976 et 2000 ont été organisées illégalement, par l’Etat français, sur un territoire où son autorité n’était plus reconnue. La Communauté internationale les tient d’ailleurs pour nulles et non avenues et l’a exprimé, sans aucune ambiguïté, dans la résolution 31/4 du 21 octobre 1976, par laquelle l’Organisation des Nations Unies rejette :
- toute forme de référendums ou consultations qui pourraient être organisés ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France ;
- toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte ;
- et considère que «la présence de la France à Mayotte constitue une violation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République indépendante des Comores».
(..)
Le professeur Oraison évoque un droit légitime des Maorais à vivre ‘‘librement’’… à l’instar de beaucoup de peuples qui ‘‘le font savoir par tous les moyens possibles’’.
Fichtre ! La liberté ne serait-elle possible que sous le drapeau français? C’est oublier que les Comores sont aujourd’hui un Etat démocratique ou les citoyens élisent leur président, leurs députés, et même les exécutifs décentralisés. En adoptant ainsi le discours du Mouvement maorais Mdm, c’est oublier aussi que la Constitution comorienne prévoit une large autonomie des îles qui laisse toute latitude à l’exécutif maorais pour définir son mode d’administration.
De la même façon est relevé dans son article ‘‘le droit inaliénable de 200 000 Maorais de rester français’’. Voici que soudain, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est devenu le ‘‘droit de rester français’’! Faut-il souligner que le fait d’être français n’est qu’un état de la personne et en aucun cas un gage d’autonomie … et de libre disposition de soi-même. Ce juriste confondrait-il le droit des peuples aux droits des personnes?

L’article 11 de la Constitution française énumère les cas de recours au referendum et l’article 88.5 élargit ceux-ci à l’intégration dans l’Union européenne de nouveaux Etats. Il est paradoxal que le peuple français puisse décider si la Turquie pourra intégrer l’Union européenne et qu’il ne soit pas en mesure de décider si un territoire qui est contesté à la France par la Communauté internationale et le droit international, doive être intégré à la République!

La réalité, c’est que cela exigerait que l’Etat français joue la transparence et laisse le débat public s’imposer alors que celui-ci s’est cantonné entre pouvoir et réseaux de la Françafrique. Cela risquerait d’attirer l’attention des pays européens qui ont tous réaffirmé la souveraineté de l’Etat comorien sur l’île de Mayotte, en votant les résolutions de l’Onu y relatives, mais que la France veut rendre complices de son imposture. Il ne fait aucun doute pour personne que les motivations maoraises sont uniquement liées au sous-développement de l’île et aux aspirations à bénéficier des avantages sociaux en vigueur en France. L’importante émigration maoraise à La Réunion et à Marseille en est l’illustration. Elle consiste le plus souvent à aller cueillir ces minimas sociaux et n’a rien à voir avec une volonté d’adhésion aux valeurs républicaines françaises ou à un quelconque attachement des Maorais à la France.
(...)
Depuis l’instauration du Visa Balladur (illégal en droit international) en 1995, entre 6000 et 10000 femmes, enfants et jeunes, ont péri dans ce bras de mer que jadis, les Comoriens franchissaient sans encombres depuis des lustres. C’est devenu le plus grand cimetière marin du monde, pendant que des sommes considérables sont investies dans des procédures de reconduite à la frontière avec des méthodes qui, rendues publiques, ont soulevé l’indignation des opinions et même de la Commission européenne qui a rappelé à l’ordre le gouvernement français.

Oui, nous disons que le droit international est en notre faveur ;
Oui, nous disons que le monde s’est doté d’instruments de paix et que nous continuerons à dénoncer les manquements de la France aux principes universels ;
Oui, nous disons qu’aucun pays ne peut l’ignorer sous peine de contribuer à la désorganisation politique de la planète. Jamais nous ne renoncerons à Mayotte, Jamais.

Le professeur Oraison serait-il en ‘‘service commandé’’? Mais voilà que soudain, le professeur Oraison, dans son argumentation, quitte son pré carré juridique pour revêtir l’habit du moraliste politique, et du politologue averti!
Quel vilain pays que ces Comores qui ont donné une si mauvaise image de marque depuis 1976? Pays incapable de se réformer, pays qui encouragerait ou laisserait se développer une émigration de plus en plus importante vers l’île de Mayotte!

Disons de suite que les gouvernements comoriens ne sauraient interdire ou réglementer l’émigration vers Mayotte, sans se mettre en contradiction avec le principe affirmé dans toutes les lois fondamentales comoriennes, selon lequel La République des Comores est un Etat constitué de ses quatre îles, dont Mayotte. Comment dès lors exclure cette quatrième île du territoire à l’intérieur duquel la circulation des biens et personnes est réputée libre? Ce serait reconnaître au niveau international que Mayotte est juridiquement sortie de l’ensemble comorien. (...)

‘‘Déstabilisation’’ de la société traditionnelle ou tentative de formatage?

Après l’indépendance comorienne, l’instauration des divers régimes a eu lieu sur intervention directe des services spéciaux français, ce que personne ne niera. Qu’il s’agisse du coup d’état d’Ali Soilih, de son renversement et assassinat par le mercenaire français Bob Denard, de l’instauration d’un régime de ces mêmes mercenaires français, avec la complicité des autorités françaises, qui lui a permis de contourner l’embargo vers l’Afrique du Sud, de la rédaction de la Constitution de l’époque rédigée par des experts français, de la déportation par la France du premier président Comorien élu démocratiquement Saïd Mohamed Djohar, après qu’il ait été renversé par le même mercenaire français Bob Denard en service commandé.

Et donc maintenant, la France serait en droit d’exiger, pour les Comores, une mise aux normes politiques avant de consentir à discuter du cas Maorais! Puisqu’on parle d’image de marque, la question se pose de savoir laquelle a le plus souffert : celle d’un jeune Etat soumis aux vicissitudes des menées de la Françafrique, ou celle d’un grand Etat qui méprise les aspirations à la démocratie de peuples qu’il a asservi pendant plusieurs siècles?

Pitoyable, donc l’image de marque d’un des pays les plus pauvres de la planète! La pauvreté serait donc une honte, mais que dire de l’état de l’île comorienne de Mayotte, pourtant administrée et soutenue par une des cinq plus grandes puissances économiques du monde, depuis 1841! Ce serait donc la faute aux Comoriens qui déstabilisent l’île? C’est oublier que dans les autres Dom, existe aussi un état endémique de chômage, que les retards socio-économiques sont également criants, et force est de reconnaître que ce n’est pas la faute aux Comoriens!

A propos de coopération franco-comorienne

Pire, l’afflux des ‘‘clandestins comoriens’’ serait en passe de déstabiliser la ‘‘société traditionnelle maoraise’’. Comment les traditions Maoraises pourraient-elles être déstabilisées par des groupes qui respectent les mêmes valeurs religieuses, coutumières et matrilinéaires? N’est ce pas plutôt la tentative de formater la société maoraise selon les normes occidentales qui serait le plus à même d’amener cette déstabilisation? N’est ce pas plutôt la désignation de boucs émissaires en la personne de gens tout à fait semblables, les fables de différences ethniques ou linguistiques qui concourent à cette déstabilisation?
Disons à monsieur Oraison qu’on peut réformer des systèmes politiques, économiques, mais qu’on ne réforme pas si facilement des sociétés. Celles-ci muent dans un long processus d’adaptation, même si on essaie quelquefois de tordre les esprits. Que personne, et surtout pas le professeur Oraison ne fasse l’erreur de croire que les Comoriens exigent que Mayotte rentre sans condition dans le giron comorien. La revendication du moment est celle de non mise en œuvre du referendum de départementalisation, et l’ouverture de négociations sous l’égide internationale. Le préalable d’un développement probable de l’économie comorienne avant celles-ci est une argutie politique, surtout en période de crise. Les Comores ne seraient pas le seul pays à connaître sur leur territoire des disparités économiques. C’est aussi méconnaître les effets de la synergie qui résulteraient d’une libre circulation des biens et des personnes entre les îles, lesquelles contribueraient à diffuser les facteurs de croissance sur les quatre îles.

Un mot sur la coopération franco-comorienne! Il est essentiel de constater que celle-ci ne s’est jamais exercée loyalement. La plupart du temps, elle se résume à un échange monétaire ou d’assistance contre l’abandon ou la mise en sommeil des revendications comoriennes sur Mayotte. Les pouvoirs comoriens obtenant des soutiens à leur régime contre leur silence sur la question maoraise, et quelques accords spécifiques marginaux. L’exemple le plus édifiant étant le silence comorien à l’assemblée générale des Nations unies dès l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République française en 1995, la dernière résolution, condamnant la France, datant de 1994. L’ère Chirac s’est illustrée d’ailleurs par la période la plus cynique des relations franco-comorienne, puisqu’elle vit la déportation du président Saïd Mohamed Djohar à la Réunion par des éléments de l’armée française, et l’obtention d’une signature du putschiste Azali, valant sursis à nos revendications en échange d’une reconnaissance de légitimité et de quelques accords de coopérations de dupe.

Aussi, l’appel du professeur Oraison à une coopération active, s’il est légitime, devrait aussi se pencher sur la nature de celle-ci et constater qu’elle n’est qu’un outil supplémentaire au service du bras armé du colonialisme. Les intérêts à la coopération de la partie française sont infiniment plus égoïstes et politiques que ceux de la partie comorienne, d’autant plus que celle-ci vient, grâce à l’instauration du ‘‘Groupe de travail de haut niveau’’ (Gthn), de placer les dispositifs sous le contrôle des exécutifs maorais, ce qui est une perversion. (...)
Notre professeur tend en tout point à désigner un Etat coupable et responsable de ses malheurs, qui serait les Comores et qui n’aurait d’autres opportunités et solutions que d’aménager son sort avec le premier responsable de ses misères. Nous n’avons pas évoqué le rôle joué par la France et des officines maoraises dans les dernières tentatives de sécession dont les Comores ont été victimes.

Chers experts, Jamais nous ne renoncerons à l’île comorienne de Mayotte!

On peut imaginer toutes les formes et les procédures possibles qui pourraient conduire à échéance plus ou moins lointaine au retour de l’île comorienne de Mayotte dans son espace politique et géographique naturel, mais tant qu’on n’aura pas posé comme préalable la loyauté des parties, la question restera conflictuelle et dangereuse pour la paix dans la région et partant dans le monde. C’est un aspect de la question que n’a pas abordé notre juriste. Le principal regret à sa lecture, c’est de voir un expert se mettre au service de l’idéologie de la loi du plus fort. Cela, c’est un autre problème! Sans nous lancer dans une polémique malsaine, nous nous interrogeons sur les éventuelles officines au service desquelles, aurait pu se rapporter la publication de ces articles.

Il nous apparaît légitime que des voix citoyennes fassent enfin face aux experts, pour leur signifier que : Jamais nous ne renoncerons à l’île comorienne de Mayotte, Jamais! Nous appelons d’ailleurs nos compatriotes Maorais à dire Non au référendum organisé par la puissance occupante, le 29 mars 2009 !

22 Janvier 2009

[i]Pour la société civile de la diaspora comorienne
Le Collectif des associations et des amis des Comores (Caac)
Mail : caac.comores@gmail.com

Pour accéder aux articles du professeur Oraison, concernés par ce droit de réponse :
1.- Témoignages du samedi 27 décembre 2008 (page 10)
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=34248
2.- Témoignages du lundi 29 décembre 2008 (page 10)
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=34270
3.- Témoignages du mardi 13 janvier 2009 (page 9)
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=34542
4.- Témoignages du mercredi 14 janvier 2009 (page 9)
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=34549
5. http://amis.univ-reunion.fr/Conference/presentation/260/[/i]

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 23:21
Dernière minute

C'est confirmé par radio Comores et le gouvernement de l'Union des Comores. Le président de la république iranienne , Monsieur  Mahmud Ahmadinejad (photo) accompagné d'une forte délégation (Ministres et hommes d'affaire), est attendu demain (mercrédi) en visite officielle à Moroni. Il se trouve en ce moment en visite officielle au Kenya.

L'Iran est devenu un partenaire important des Comores dépuis l'arrivée au pouvoir du Président Ahmed Abdallah Sambi. 

HALIDI-BLOG-COMORES
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 23:11

Source : Malango-mayotte.com

La banque fédérale du commerce (BFC) du consortium Comoro Gulf Holding a été inaugurée officiellement hier après midi par le chef de l’Etat comorien Ahmed Abdallah Sambi en présence du prince Al-Jaber Moubarak Al-Sabah du Koweit.

L’ouverture de la BFC, porte à trois le nombre de banques commerciales présentes dans l’archipel, après la Banque pour l’Industrie et le Commerce (BIC), une filiale de la BNP Paris Bas et l’Exim Bank, qui a commencé ces activités depuis l’année dernière. L’inauguration de cette nouvelle banque va permettre aux Comores de « combler le retard que nous avons accumulé pendant plus d’un quart de siècle », a indiqué, docteur Mohtar Ahmed. Rappelons que depuis 1975, la BIC était la seule banque d’escompte aux Comores.

Pour le président Sambi, l’ouverture de cette banque signifie que « nous avons retrouvé la confiance de nos partenaires ». « Une telle institution servira a appuyé l’économie de notre pays qui manque cruellement de ressources financières », a-t-il ajouté. « C’est une grande victoire pour la pays et l’économie comorienne. En l’espace de deux ans nous avons inauguré deux banques. Cela va nous ouvrir d’autres espace économique dans le monde », a déclaré Chamsoudine Ahmed, le président de l’organisation du patronat des Comores.

Au cours d’une séance de questions réponses avec les journalistes, Marwan Kheirddine, un des responsables de la BFC, a nié les informations faisant état du retrait de leur licence par la Banque Centrale des Comores. « Nous avons notre licence », a-t-il affirmé. La banque fédérale, qui a comme directeur général, le Libanais, Badih Abdallah, un expert en gestion comptable, a recruté 17 agents, tous de nationalité comorienne et dispose d’un fond de démarrage de 10 millions d’euros. « Dès demain matin nous allons commencer nos activités », a précisé Marwan Kheirddine.

Faissoili Abdou

 

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Mariama HALIDI Malango - dans BANQUES
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 13:57

 

Conférence internationale sur l’habitat : Le projet vise la construction de 75 000 logements
Moroni, lundi 23 février 2009 (HZK-Presse) – Le président de la république l'a précisé lors de la conférence de presse qui a suivi l'ouverture solennelle des travaux, hier lundi 23 février, « qu'il faut que ce forum international arrive à déterminer les voies et moyens de construire au moins 75 000 logements pour la population à faible revenu ». Pour tenter de résoudre cette équation, 100 professionnels et spécialistes nationaux appuyés par une quinzaine d'experts venus de l'extérieur, vont échanger les idées dans cette conférence internationale baptisée « Baticom ».

D
epuis ce dimanche où a eu lieu l'ouverture technique des travaux, au Palais du peuple, les participants ont abordé les thèmes relatifs au cadre légal, l'habitat économique et développement durable, la stratégie de financement et accès aux crédits et enfin la mise en place d'une agence nationale immobilière.
« La conférence va évoluer dans une dynamique visant à établir une base de discussion des volets économiques et financiers de la stratégie nationale en matière d'habitat aux Comores. Le forum n'est qu'un moyen de faire la lumière sur ces deux volets en particulier. Les deux éléments qui constituent un obstacle pas facile à surmonter pour les gens à revenu limité, vont être traités dans ce symposium », explique Nasser Dassouki qui est le chargé de communication de Baticom.

Parmi les problèmes auxquels ces experts doivent faire face, figure la question du foncier. La terre aux Comores est soumise à plusieurs droits, coutumier et moderne. Le domaine étatique est presque inexistant car vendu à tour de bras à des particuliers. Mais le président de la république assure « qu'un projet de loi est en cours d'élaboration pour codifier ce domaine très complexe ».

La deuxième problématique que le forum doit régler est relative aux moyens d'accès très faibles de la population en matière de crédit immobilier. Pour Baba Mountaz, un des experts iraniens, « le problème du foncier et du manque de moyens se pose partout et pourtant, on a trouvé des solutions. C'est pourquoi nous sommes ici. Notre objectif est d'accélérer le rythme de construction et faciliter le processus car chaque année, ce sont 400 maisons qui sont construites aux Comores » pour répondre à la forte demande et espérer réduire sinon éradiquer l'habitat insalubre, une des trois grandes promesses de campagne du président Sambi.

La conférence arrive à point nommé, si les recommandations arrivent à détourner les obstacles de la première phase. Le diagnostic de l'habitat présenté au palais du peuple est alarmant. Le dernier recensement indique que 63% des murs des habitations aux Comores sont en tôle, en bois ou en feuille. C'est 62% de la population qui y vit. « Face à cette situation préoccupante, il ne faut pas se contenter de constat indigné, mais trouver des solutions », nous dit le ministre de l'aménagement du territoire et de l'habitat.
Elarif Oukache ajoute que « le président a fait un rêve et il est entrain de le matérialiser avec son gouvernement ». En tout cas, la réalisation du rêve prend du temps. Depuis les premières heures du mandat d'Ahmed Abdallah Sambi élu en mai 2006, ses efforts n'ont pour l'instant accouché que trois unités de production de briques en terre cuite, qui ne sont pas encore utilisables.

Au cours de la cérémonie d'ouverture, le locataire de Beit-Salam accuse ses collaborateurs pour expliquer les lenteurs, pour ne pas dire l'échec de son projet phare. « J'ai toujours écouté les conseils de mes collaborateurs alors qu'ils n'étaient pas toujours les meilleurs. J'ai débloqué 15 millions rien que sur mes fonds noirs, et les résultats sont très maigres. Non seulement, ils ont mal conseillé mais m'ont fait de la surfacturation », accuse-t-il.

Cette conférence réjouit néanmoins le secteur privé, notamment la Chambre de commerce qui a co-organisé l'événement avec Comoro Gulf Holding, car selon son président, « quant le bâtiment va, tout va ».
Ahmed Abdallah
Agence comorienne de presse (HZK-Presse
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